07/12/2016

Les alinéas au placard. L'abrogation du délit d'homosexualité (1977-1982) par Antoine Idier

Titre : Les alinéas au placard. L'abrogation du délit d'homosexualité (1977-1982)
Auteur : Antoine Idier
Éditeur : Cartouche 2013
Pages : 201

Entre 1977 et 1982 le Code pénal français change. Il passe d'un délit d'homosexualité, hérité du régime de Vichy, à une abrogation de ce délit sous la férule socialiste de François Mitterrand. Mais un tel changement ne se déroule pas sans raisons. Pourquoi et comment est-il devenu difficile, si ce n'est impossible, d'accepter un délit spécifique à une orientation sexuelle ? Quels sont les personnes et les arguments qui permettent d'abroger cette particularité de la loi ? Antoine Idier, s'intéresse à la presse, aux hommes et femmes politiques, aux militant-e-s de l'époque et aux archives afin de mieux comprendre l'histoire et le contexte de cette abrogation. Il y répond en 7 chapitres.

Le premier, le troisième et le cinquième présentent les associations de droit et de défense des personnes homosexuelles. L'auteur y examine la mise en place de nombreuses associations de nature politique après Arcadie. Que ce soit le FHAR, le GLH ou encore le CUAR les années 70 sont l'occasion de tenter plusieurs expériences afin de se faire entendre. Certaines tentent d'atteindre le niveau politique par des appels ou des sondages tandis que d'autres sont révolutionnaires. Le CUAR, par exemple, s'intéresse d'abord à la défense des personnes interdites de travail avant de se porter sur l'abrogation du délit d'homosexualité. Ces associations agissent dans un contexte qui permet, de plus en plus, le retournement des accusations contre les tribunaux. Comme exemple, l'auteur s'intéresse à deux affaires qui font du bruit au niveau national.

Les quatre autres chapitres s'intéressent plus précisément à la mise en œuvre politique de révision du Code pénal français et, spécifiquement, à l'abrogation du délit d'homosexualité. L'auteur montre qu'il existe plusieurs phases. Tout d'abord, la présidence de Valéry Giscard d'Estaing nomme une commission chargée de la réécriture du Code pénal. Les membres entendent Michel Foucault. De plus, les débats s'inscrivent dans un contexte de remise en cause de l'ordre moral pénal avec une attention particulière à l'homosexualité et à l'enfance (un débat qui nous surprend beaucoup lorsque nous vivons dans les années 2000). Mais ce n'est qu'un début qui, rapidement, est mis en sommeil alors que la présidence souhaite agir sur la criminalité. C'est au Sénat que la seconde phase se met en place. Un sénateur propose, et réussit, à faire abroger le délit d'homosexualité. Cependant, l'Assemblée Nationale refuse cette abrogation. Ce n'est qu'après la victoire socialiste que l'abrogation est possible. L'auteur nous explique que le contexte a changé. Bien que les arguments contre, et pour, soient identiques les associations se sont largement mobilisées en faveurs des socialistes tout en montrant leur force en nombre. Rapidement, la nouvelle présidence accepte plusieurs revendications et parvient, difficilement, à convaincre les député-e-s.

Ce livre est particulièrement intéressant à lire dans le contexte actuel, suisse ou français. En effet, la France a voté le droit au mariage pour les personnes de même sexe mais refuse le débat sur la PMA et la GPA ce qui crée une insécurité juridique importante pour certains enfants au nom de leur protection (je ne dis pas que la PMA et la GPA sont une bonne idée mais je considère qu'un débat est nécessaire). En Suisse, les choses avancent en direction d'un droit au mariage mais lentement. Dans les deux cas, on retrouve des arguments proches de ceux que le livre décortique. Les personnes favorables souhaitent la fin d'une discrimination tandis que les opposants parlent de défense d'une morale et des enfants face à une orientation sexuelle qualifiée de dangereuse voir proche de la criminalité. Replacer ces arguments dans une histoire plus ancienne, bien que récente, permet de démontrer qu'il existe des précédents.

Image : Amazon

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04/12/2016

Good Omens par Neil Gaiman et Terry Pratchett

Titre : Good Omens
Auteurs : Neil Gaiman et Terry Pratchett
Éditeur : Corgi books 2014 (1990)
Pages : 414

Il y a longtemps, très longtemps, deux personnes ont volé une pomme. Le problème c'est que la pomme n'était pas ordinaire. Ce petit vol qui, actuellement, ne ferait même pas lever les sourcils d'un juge a mené au bannissement des deux personnes d'un petit coin nommé Paradis. Les êtres éternels ne furent pas tout à fait d'accord et c'est ainsi qu'a commencé la guerre entre les enfers et le paradis. Lorsqu'un démon tente un humain un ange tente d'empêcher cette tentation et, au fil du temps, un équilibre fut atteint. Un équilibre en attente de l'événement qui permet de mettre fin à la guerre. Celui-ci a souvent été prédit mais ne fut jamais accompli. Une nouvelle prédiction semble prévoir la fin des temps pour samedi prochain. Les armées éternelles se rassemblent, les chiens de l'enfer sont libérés, les cavaliers de l'Apocalypse s’élancent ! Mais une petite chose manque. Il semble que personne ne soit capable de trouver l'antéchrist.

Neil Gaiman et Terry Pratchett... Deux auteurs célèbres. Le premier est connu pour son travail dans les comics et les romans (American God et Sandman par exemple). Le second est le créateur du Disque-Monde, un travail de 41 livres qui a commencé en 1985. Quand deux auteurs pareils décident d'écrire un livre un seul choix s'offre à vous : le lire. Car même mauvais un livre écrit par ces deux personnes aura toujours quelque chose de particulier.

Selon l'antéscriptum et les différents postscriptum, l'idée de ce livre provient de Gaiman. Celui-ci et Pratchett ont ensuite travaillé ensemble pour créer un livre qui leur permettre de rire tous les deux et, avec un peu de chance, de faire rire d'autres personnes. Vu qu'il y a eu 4 éditions je pense que l'on peut dire, sans trop de risques, qu'un certain nombre de personnes trouvent ce livre drôle. Je fais partie de ces gens. Bien entendu, l'intrigue ressemble fortement à une blague sur fond de personnages incapables de réussir leur jobs (d'une certaine manière c'est assez réaliste). Mais elle est plaisante et fonctionne assez bien. De nombreuses scènes sont plutôt bien écrites et assez drôles et je me suis pris à réellement imaginer les personnages agir de la manière décrite. Je me suis bien amusé, ce fut un bon moyen de passer un week-end d'hiver au chaud avec du thé (de noël) et c'est parfait.

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**** J'ai passé un bon moment.
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Image : Éditeur

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18:06 Écrit par Hassan | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |  Facebook

03/12/2016

I, Daniel Blake / Moi, Daniel Blake

Daniel Blake est un ouvrier de 59 ans qui vit à Newcastle. Il a toujours travaillé. Il s'est occupé seul de sa femme, malade. Il a payé ce qu'il devait payer et a toujours évité de demander des aides. Il est l'incarnation de la dignité ouvrière. Alors qu'il se trouve sur un chantier il tombe soudain d'un échafaudage. Les médecins lui expliquent qu'il a fait une crise cardiaque et qu'il faudra un certain temps avant de pouvoir retourner au travail. Durant son incapacité, il reçoit des aides d'invalidité afin de pouvoir continuer à vivre dans son appartement. Cependant, il lui est soudain demandé de remplir un questionnaire pour qu'un décisionnaire examine son éventuelle incapacité au travail. Et le couperet tombe, il est considéré comme capable de travailler et les aides lui sont coupées. Daniel Blake ne comprend pas cette décision et essaie de trouver une porte de sortie. Mais est-ce possible ?

Je ne connais pas particulièrement bien l'état des débats politiques sur les aides sociales an Grande-Bretagne. Mais j'en sais assez pour savoir que, comme ici et ailleurs, elles sont considérées comme couteuses et symptomatique d’une soi-disant culture de l'assistance par des personnes qui fraudent. Récemment, la Grande-Bretagne a lancé un vaste programme de privatisation de l'aide sociale et de "rationalisation" de celle-ci. Les travailleurs/euses sont maintenant en concurrence et doivent être capable de productivité (est-ce seulement possible dans l'aide sociale ?). Alors que les personnes bénéficiaires doivent justifier de leur incapacité. Ce film s'inscrit dans ce contexte.

L'histoire de Daniel Blake et de Katie Morgan est l'histoire de deux personnes qui se heurtent à une administration incompréhensible. Tout au long du film, on nous montre une administration qui suit des normes de rationalisation. On numérise les documents nécessaires, on met en ligne les formulaires et les offres et demandes d'emploi, on "normalise" les compétences dont celles de créer un CV. Le but est de contrôler les personnes et de les punir si besoin est. On observe deux personnages se heurter à ces règles si précises qu'elles en deviennent inhumaines. Durant le film, on a l'impression d'observer une administration absurde face à une aide sociale privée, dans le sens d'organisée par des personnes privées et non au sens d'une privatisation, qui fonctionne humainement au cas par cas. Mais est-ce vraiment absurde ? N'est-ce pas le fonctionnement logique et normal d'une administration conçue pour analyser, contrôler et punir ? En cela, le film se rapproche des études sociologiques de Jean-Marc Weller et de Vincent Dubois (que je lirais un jours).

Je vois un second thème dans ce film. En effet, la réalisation nous présente deux personnes. La première est Daniel Blake, un ouvrier de 59 ans. La seconde est Katie Morgan une jeune ancienne londonienne. Pourquoi le film s'intéresse-t-il à ces deux personnages ? Ne pourrait-il pas mettre en scène qu'une seule personne ? Ce serait, en effet, possible. Aussi bien Katie Morgan que Daniel Blake se heurtent à une administration incompréhensible et à un manque de protection de la part du droit. Honnêtement, le personnage de Katie Morgan pourrait créer un film avec bien plus de Pathos qui se rapproche de la vie de femmes du passé mais aussi d'aujourd'hui. À mon avis, la différence est celle des capacités de la classe ouvrière face à la précarité. Daniel Blake a vécu dans ce monde. Il a de nombreuses connaissances qui n'hésitent pas à l'aider en cas de besoin tout comme il les aide si possible. Il privilégie la rencontre en face à face franche et honnête ce qui est montré par sa recherche d'emploi qui se porte vers les personnes qui habitent et travaillent dans le milieu. Il connait parfaitement les associations capables de fournir de l'aide et, surtout, il a une connaissance des techniques qui permettent de pallier aux manques de tous les jours et aux petits travaux nécessaires dans une maison ou un appartement. Face à lui nous avons une femme, seule avec deux enfants. Katie Morgan est isolée dans tous les sens du terme. Elle a quitté, sans que cela ne soit son choix, son milieu de vie et donc son réseau. Elle ne connait personne ni aucune association ou institution. Elle est, dans tous les sens du terme, démunie. Le film présente un transfert de ces connaissances. Petit à petit, Daniel Blake montre à Katie Morgan comment survivre tout en l'aidant sans rien attendre. D'une certaine manière, j'y ai retrouvé une partie de ce qu'écrit Richard Hoggart dans La culture du pauvre (un livre que je conseille)

Ainsi, nous avons un très bon film qui, sans trop de pathos, essaie simplement de présenter la vie de personnes qui essaient simplement de survivre alors qu'elles sont contrôlées et punies par une administration conçue pour atteindre une "rentabilité" et donc diminuer le nombre de personnes qui peuvent recourir à l'aide sociale. Alors que la rhétorique des fraudeurs et de la "culture de l'assistance" est prégnante dans les médias et le monde politique il est salutaire qu'un film décide d'en prendre le contre-pied pour mieux voir les conséquences de ces discours.

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***** Des acteurs et actrices parfait-e-s, un thème difficile mais maitrisé. Un film que je conseille.

Image : Allociné

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30/11/2016

1848. Naissance de la suisse moderne par Cédric Humair

Titre : 1848. Naissance de la suisse moderne
Auteur : Cédric Humair
Éditeur : Antipodes 2009
Pages : 167

Qu'est-ce que la Suisse ? Quelle est son origine ? Doit-on trouver la réponse dans les écrits de Jules César durant la guerre des Gaules ? Ou vaut-il mieux observer une histoire bien plus récente ? Autant de questions qui font débats. L'auteur a décidé, tout en se justifiant en introduction, de se concentrer sur la période 1815-1857. Il explique que les années antérieures sont intéressantes et nécessaires pour comprendre la construction du pays mais que cela ne peut pas s'intégrer dans le travail qu'il compte faire et la méthodologie appliquée. Le propos du livre concerne donc la Diète et la mise en place de la confédération après la guerre du Sonderbund jusqu'à la "stabilisation" du pays, pour reprendre le terme de l'auteur, aussi bien au niveau international qu'intérieur. Pour son examen, l'auteur met en place deux parties de deux et trois chapitres.

La première partie se concentre sur la période de la Diète ainsi que sur la Guerre civile. L'auteur essaie d'y expliquer les raisons de l'explosion guerrière en se concentrant sur trois facteurs : politique, économie et relations internationales. Le pays, sous le régime de la Diète, se trouve sous un état qui fonctionne difficilement. Afin de pouvoir mettre en place une décision l'idée majoritaire est que tous les cantons doivent être d'accord. La nécessité de l'unanimité rend toutes décisions et les réformes particulièrement difficiles. De plus, le pays est soumis à plusieurs séparations au niveau des cantons. Ceux-ci contrôlent les postes, la monnaie et les frontières. Ces différentes séparations posent des problèmes et des opportunités au niveau économique. Les opportunités concernent la protection des locaux face à la concurrence européenne. Mais il est aussi très difficile d'être concurrent au niveau international lorsqu'on doit traverser plusieurs frontières, plusieurs postes et payer un grand nombre de taxes. Ainsi, l'auteur montre que les volontés de changements dépendent, en partie, du contexte économique local. De plus, les tensions sont de plus en plus importantes au niveau interne, plusieurs révolutions armées, avec un monde externe prompt à influencer la politique suisse. Ces multiples tensions débouchent sur la guerre de Sonderbund qui se termine avec la défaite des cantons du Sonderbund et une nouvelle constitution alors que l'Europe fait face à des conflits révolutionnaires.

La seconde partie, de trois chapitres, se concentre sur la consolidation du pays au niveau politique, économique et international. L'auteur explique que, après la guerre, les vainqueurs décident d'intégrer les vaincus dans le système. Ainsi, les mesures de rétorsions sont limitées. De plus, les réformes politiques tendent à mettre en place un consensus tout en permettant une réforme plus facile que précédemment. Cependant, au début du nouveau régime, le pouvoir est tenu par les réformistes libéraux tandis que les conservateurs sont écartés. Dans le même temps, le pays est centralisé, dans certaines limites. Ainsi, les barrières douanières sont levées, la poste et la monnaie deviennent fédérales et, progressivement, les chemins de fer sont construits pour être, plus tard, nationalisés. Cette centralisation permet un essor économique du pays alors que les frais tombent et que les voyages et les communications deviennent de plus en plus facile. Dans un dernier chapitre, l'auteur place le pays, libéral, dans le contexte d'une Europe conservatrice qui s'inquiète de ce petit pays qui a réussi une réforme démocratique. À plusieurs reprises, des crises éclatent et, souvent, la confédération échoue à agir et se repose sur des alliés de poids que sont les USA et la Royaume-Uni. Selon l'auteur, les autorités de l'époque ont sacrifié, à court terme, la force politique ai niveau international au profit de l'économie.

Au final, ce petit livre qui se concentre sur une période restreinte est plutôt réussi. L'auteur évite de ne parler que d'anecdotes pour mieux les placer dans une méthodologie précise basée sur quelques facteurs explicatifs. Ce livre met en question la force prédominante de l'explication confessionnelle, pour parler de la guerre civile, au profit d'explications plus larges prenant en compte l'économie. Ce livre permet de mieux comprendre la mise en place de la Confédération dans sa forme actuelle et la culture politique que l'on connait. Personnellement, je l'ai trouvé très intéressant et je conseille vivement.

Image : Éditeur

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26/11/2016

La ferme des animaux par George Orwell

Titre : La ferme des animauxproduct_9782070375165_195x320.jpg
Auteur : George Orwell
Éditeur : Gallimard
Pages : 160

Une petite ferme en Angleterre. Le propriétaire est un alcoolique qui ne prend pas soin de ses animaux. Ses aides font le minimum. La vie est dure pour le bétail. Illes travaillent, sont exploités et ne mangent pas toujours à leur faim. Mais l'un des cochons a eu un rêve. Ce rêve est celui d'une République des animaux libéré-e-s de la tyrannie humaine. Peu avant de mourir, il en parle à ses comparses. Personne ne pense que la révolution aura lieu mais on s'y prépare. Et soudain, sans crier gare, le propriétaire est expulsé ! Les animaux se sont libéré-e-s et les cochons prennent la direction des opérations. Cependant, petit à petit, les choses changent tout en restant pareils. La révolution a-t-elle vraiment eu lieu ?

Il y a très longtemps que je souhaite lire la Ferme des animaux. C'est un roman qui est resté tardivement dans ma liste de livres à lire (qui ne désemplit pas vraiment...). Mais j'avais toujours autre chose à faire, à voir ou à lire. Que penser de ce roman ? Tout d'abord, la lecture est très agréable. Le style est simple sans être simpliste. Les mots et les événements ont toujours un but précis et rien ne semble être placé au hasard. Le roman est court mais il est complet.

En effet, bien qu'il soit court Orwell réussit à tout mettre dans ces pages. Bien entendu, les personnes qui connaissent un peu la révolution bolchevique et ses suites comprendront beaucoup de choses. Car ce livre parle de révolution en s'attachant à un exemple précis. Dès les premières pages, on sait exactement à qui et quoi s'attaque l'auteur. Et il le fait bien. Non seulement il montre de quelle manière une élite se forme mais il illustre aussi de quelle manière celle-ci, progressivement, se pense élite et se voit comme méritant des exceptions. Petit à petit, on observe des personnages prendre le dessus et se rapprocher de ce qui était vilipendé auparavant. De plus, l'auteur nous montre de quelle manière la langue et les faits peuvent être manipulés au fil du temps (un thème que l'on retrouve dans 1984). Comment remettre en doute le discours du gouvernement quand celui-ci nous prouve qu'il a raison ? Bref, c'est un livre aussi intéressant qu'il est court. Une lecture facile et très enrichissante.

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***** Court, bien écrit, intéressant et parfaitement maitrisé.

Image : Éditeur

24/11/2016

Partir en beauté. L'art et le métier des funérailles en pays fribourgeois par Lorenzo Planzi et Jean Steinauer

Titre : Partir en beauté. L'art et le métier des funérailles en pays fribourgeoisbc5f6c1e0a1d1346cd4f6ad452847189.jpg
Auteurs : Lorenzo Planzi et Jean Steinauer
Éditeur : Société d'histoire du canton de Fribourg 2016
Pages : 114

Qu'est-ce que la mort ? Comment la société apprivoise-t-elle la fin d'une vie ? Quels sont les changements dans les rites au cours du temps ? Ce sont autant de questions posées dans cet ouvrage autours de l'histoire d'une entreprise de pompes-funèbres. Les auteurs répondent à ces questions à l'aide d'archives de l'entreprise, de sources annexes et d'entretiens dans 5 chapitres. Le premier, et le dernier, concernent directement l'entreprise. Au début du livre, les auteurs présentent l'origine genevoise de l'entreprise puis son arrivée en terre fribourgeoises en 1916. Alors que le contexte genevois est très difficile aussi bien du point de vue religieux - les catholiques sont minoritaires - que financier - il y a de nombreuses autres entreprises - le contexte fribourgeois est celui d'une friche. Tout est encore très traditionnel et personne ne fait de la mort son véritable métier. Le dernier chapitre, lui, se concentre sur la partie fribourgeoise et montre de quelle manière Murith SA s'est étendue progressivement en suivant les changements sociaux concernant les rites.

Le second chapitre se concentre sur les gestes pratiqués sur le corps de la personne morte et, surtout, le passage d'un savoir commun à une professionnalisation. Les auteurs montrent que les gestes sont d'abord pratiqués, suivant un rite précis, par les proches du défunt. Ce n'est que plus tard que la toilette est pratiquée par des personnes payées pour cela et qui tentent de créer une impression de calme. Puis, progressivement, ce sont les membres des professions de la santé qui commencent à pratiquer ces soins. Il y a donc une transmission d'un savoir et la création d'une profession.

Le troisième et le quatrième chapitre sont destinés au sens des rites. Le premier s'intéresse à la cérémonie tandis que le second nous parle de la différenciation économique au travers des types d'enterrement. Ces deux chapitres permettent de montrer une progression dans les rites. De la tradition très rigide on passe aux cérémonies laïques beaucoup plus libres. En effet, pendant longtemps les rites sont très précis et selon l'état de la personne morte - suicide, catholique ou non catholique - seuls certains rites sont permis ou possibles. Ce qui n'implique pas que des résistances ne soient pas possibles. Mais l'enterrement est aussi un moyen, et l'occasion, de différencier la personne par le choix d'une cérémonie plus ou moins fastueuse. Les auteurs, d'ailleurs, décident de faire le récit de trois cérémonies publiques : l'abbé Bovet, Joe Sifert et Tinguely. Selon les auteurs, bien que ces cérémonies soient très particulières elles sont aussi chacune inscrites dans leur époque. De la tradition et des valeurs conservatrices on passe à des valeurs aussi traditionnelles que modernes pour ensuite passer à un homme qui incarne la réussite économique et la richesse.

Ce petit livre fait l'histoire d'une entreprise. À travers cette histoire c'est le sens des rites et de la mort qui nous sont expliqués. Et, plus important, les changements que ceux-ci traversent durant le XXème siècle. J'ai trouvé cette histoire très intéressante malgré que je ne connaisse pas le thème. Les auteurs, à l'aide d'archives et de cas concrets, nous montrent des personnes prises dans un moment difficile et de quelle manière on les accompagne.

Image : Éditeur

22/11/2016

Ex Machina 5 par Brian K. Vaughan et Tony Harris

Titre : Ex Machina 4
Auteurs : Brian K. Vaughan et Tony Harris
Éditeur : Urban comics 19 août 2016
Pages : 320

Ce tome contient les numéros 41-50 et special 4. C'est la fin pour le maire Hundred. Il atteint sa dernière année à la mairie de la ville. Et il décide de s'y préparer en faisant une promesse au peuple : soit il réussit soit il quitte la ville pour toujours. Dans le même temps, il essaie de se préparer et de préparer son administration à ses prochaines campagnes. Celles-ci sont beaucoup plus ambitieuses et pourraient propulser le maire vers la Maison Blanche. Tout semble parfait pour une carrière politique sans obstacles. Et si un petit grain de sable venait gripper la grande machine ? Et si on apprenait que le passé du maire n'est pas tout blanc ? Et si le maire était forcé de remettre son costume pour arrêter une menace jamais rencontrée auparavant ?

Ce comics est terminé. Que penser de la prestation des auteurs ? Personnellement, j'ai beaucoup aimé l'intrigue dès le début. Pour une fois, on nous montrait pourquoi les super-héros sont une mauvaise idée. Illes sont dangereux, pas entrainés et peuvent créer plus de problèmes qu'illes n'en résolvent. Le génie des auteurs est d'avoir mis en parallèle le super-héros et son travail bien plus productif en tant que maire. Il y travaille beaucoup mieux et réussit à changer quelques petites choses. Enfin, les auteurs laissaient imaginer une menace assez peu claire et sous-jacente dans tous les numéros. Ce dernier tome permet d'en savoir beaucoup plus car le maire s'y confronte enfin après n'avoir rien vu pendant quatre ans. Mais je suis tout de même un peu déçu car je trouve que l'intrigue est résolue un peu trop rapidement. On sent qu'il fallait boucler l'histoire et ne pas dépasser.

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**** Un très bon comics malheureusement terminé un peu vite.
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Image : Éditeur

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20/11/2016

Ex Machina 4 par Brian K. Vaughan et Tony Harris

Titre : Ex Machina 4
Auteurs : Brian K. Vaughan et Tony Harris
Éditeur : Urban comics 24 juin 2016
Pages : 272

Ce tome contient les numéros 30-40 publiés dans Ex Machina deluxe edition book 4. Le maire Hundred entame sa quatrième année de mandat. Et il est temps de penser à la suite. Que deviendra-t-il après avoir été maire de New York ? Que souhaite-t-il accomplir ? Est-ce que son bilan est réellement bon ? Autant de questions qui pourraient aussi propulser sa carrière que n'en faire qu'une simple anecdote de bas de page. Et il n'est pas le seul à se poser des questions. Une ancienne admiratrice voudrait bien se rendre visible et imposer une conduite à Hundred. Pire, ou mieux, le Pape souhaite le rencontrer.

Ce tome est composé de deux grandes intrigues et de trois numéros qui se suffisent à eux-mêmes. Le numéro 34, par exemple, est un bon moyen de nous présenter le point de vue de la commissaire présente depuis le début mais dont les idées sont assez peu développées. Concrètement, ce tome permet de lancer le début de la fin. Ainsi, les décisions locales sont moins dépeintes que dans les tomes précédents. Au contraire, ce sont les niveaux internationaux et nationaux qui prennent le devant de la scène. Pour cela, les auteurs décident de parler d'une rencontre avec le Pape et de la Convention nationale républicaine. Ces deux intrigues permettent au personnage de poser la question de son futur et de l'usage de ses pouvoirs. Sont-ils diaboliques ? Peut-il faire plus ? Mais surtout, est-ce que nous saurons enfin d'où ils viennent ?

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**** Les auteurs commencent à préparer la fin de leur création et c'est plutôt réussi.
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Image : Éditeur

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Les animaux fantastiques / Fantastic beasts and where to find them

J.K. Rowling a écrit un certain nombre de textes annexes à sa saga Harry Potter. L'un d'eux est un dictionnaire censé faire partie des livres de cours de l'école Poudlard. Il est écrit par Newt Scamander. Et pourquoi ne pas en faire un film ? Ou, du moins, écrire une histoire autours de la constitution de ce livre ? Les années 20, l'Europe magique vit dans la peur d'un mage noir nommé Grindelwald. Celui-ci attaque les moldus sans prendre en compte le danger d'exposition que cela implique pour le reste de la communauté. Et soudain, il disparait. De l'autre côté de l'Atlantique New York est la proie de nombreux événements inexpliqués. Ils sont tellement nombreux que la découverte de la communauté magique est imminente tandis que des groupes de haines commencent à se constituer contre les mages. C'est dans ce contexte que Newt débarque avec une valise remplie de créatures mythiques. Malheureusement, ces dernières s'échappent.

Il y a du bon, du moins bon et des opportunités manquées. En ce qui concerne le bon, le film a la bonne idée de nous placer dans un contexte différent. Ce n'est ni la même époque, ni le même lieu ni les mêmes personnages que dans Harry Potter. Bien entendu, on a déjà rencontré Grindelwald mais de manière très indirecte. De plus, le contexte d'un mage noir qui s'attaque aux moldus est connu. Mais il est intéressant de passer d'une école aux rues de New York et d'un enfant à un jeune homme. Les personnages sont assez intéressants. Newt est montré comme jeune et avec assez peu de capacités sociales. Mais ce sont surtout les deux sœurs, Tina et Queenie Goldstein, qui sortent de l'écran. Elles sont drôles, intéressantes et plus que capables. L'image est magnifique. Que ce soient les rues ou les objets magiques voir même les créatures il semble qu'il y ait eu une réelle envie de rendre tout cela réel. J'ai particulièrement aimé l'horloge qui marque le danger que la communauté magique soit découverte. Cependant, on reste dans du classique avec des explosions et une lutte entre le bien et le mal au milieu d'une immense destruction avec une solution magique parce que c'est magique.

Personnellement, je trouve que l'intrigue aurait pu être différente. J'ai l'impression que le film souhaite parler des créatures mais les oublie au profit d'autre chose sans, pour autant, vraiment en parler. J'aurais apprécié voir plus de créatures. Une intrigue qui se dirige vers la sauvegarde des espèces et de la nécessité de vivre avec elles. En fait, il aurait été possible de faire de ce film, et de ses futures suites, une sorte de road movie avec un arrière fond écologique bien pensé. Mais, malheureusement, ce choix semble ne pas avoir été pris en compte.

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*** Un peu de magie est toujours une bonne idée. Mais ça ne suffit pas.
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Image : Allociné

Site officiel

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19/11/2016

Only ever yours par Louise O'Neill

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Auteure : Louise O'Neill
Éditeur : Quercus books 3 juillet 2014
Pages : 400

Le futur, la Terre est morte. Une grande partie des continents sont maintenant sous l'eau. La vie animale comme végétale n'est qu'un lointain souvenir. Personne ne sait vraiment à quoi ressemble le monde car l'humanité, mourante, s'est réfugiée sous-terre. L'extérieur n'est plus qu'un vague souvenir. Dans ce monde la population a drastiquement chuté. C'est la raison pour laquelle les ancêtres ont décidé qu'il était couteux d'avoir des bébés féminins. Il est bien mieux de les créer en éprouvettes. Et puisqu'on peut les créer pourquoi ne pas en profiter pour les rendre "parfaites » ? Ces femmes sont ensuite éduquées. Elles doivent apprendre à être féminines et à accepter leur rôle dans une société masculine. Elles n'ont que trois choix : être une compagne chargée de faire des enfants mâles pour un héritier précis, devenir des concubines qui prennent en charge le bien-être physique des hommes ou encore devenir des "chastes" chargée de l'éducation des jeunes filles. L'une de ces filles est Freida. Nous la suivons dans son quotidien de dernière année et ses efforts pour être la parfaite compagne d'un homme.

Tout d'abord, j'ai décidé de lire ce roman après la présentation que Tête de Litote en a fait. Je l'en remercie et je vous invite à vous rendre sur sa chaine. Only ever yours pourrait être classifié dans les Young Adults post-apocalyptiques. L'intrigue nous permet de suivre une jeune personne, une femme, qui vit dans un contexte futuriste dictatorial. De nombreux romans de ce genre ont réussi à capter l'attention et même à être adaptés au cinéma avec plus ou moins de réussites. Cependant, Only ever yours me semble différent. En effet, il n'y a pas un gramme d'espoir dans ce livre. Sa lecture est peut-être particulièrement difficile. Alors que vous pensez que le pire est passé vous découvrez, par une simple mention, que les choses sont au-delà de l'horrible. Bref, ce n'est pas un livre que l'on apprécie lire mais c'est un roman qui tente de nous faire réfléchir sérieusement au monde contemporain.

Comment fonctionne le monde créé par Louise O’Neill ? Les femmes sont qualifiées d'inférieures (d'ailleurs les prénoms féminins sont écrits sans majuscules au contraire des prénoms masculins). Leurs buts sont soit la procréation, soit la sexualité soit l'éducation. Il n'y a aucun espoir d'échapper à ces trois choix. On pourrait penser que ce n'est qu'une simple société de classe sexiste mais les choses sont bien pires que cela et le talent de l'auteure est de nous en montrer juste assez pour nous laisser peindre ce que cela implique.

Premièrement, tout est écrit selon le point de vue de Freida. Bien que cela nous empêche d'avoir un point de vue global on entre véritablement dans le corps et l'esprit du personnage. Et c'est ici que se trouve, à mon avis, le génie de l'auteure. Louise O'Neill décrit parfaitement bien une atmosphère étouffante, aliénante, dans laquelle Freida tente difficilement de survivre. Tout est construit pour créer cette atmosphère. L'auteure décrit extrêmement bien ce qui permet cette atmosphère. Les miroirs omniprésents, le jugement constant, l'importance de l'apparence sur tout le reste, l'importance de faire des enfants, l'incapacité à se retrouver seule. Et les choses sont pires quand on apprend, vaguement, comment fonctionne l'extérieur. Il en ressort une société sexualisée, remplies d'abus physiques et psychologiques contre les femmes, raciste, patriarcal, grossophobe, homophobe et tout cela au nom de la survie et de la nature. Mais surtout, ça parle de nous.

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**** Je ne crois pas que l'on puisse apprécier une lecture aussi déprimante. Mais on peut louer le talent de l'auteure et sa capacité à décrire le fonctionnement d'un monde pour mieux parler du notre.
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Image : Éditeur

18/11/2016

Evil Empire 2. La désunion fait la force par Max Bemis, Andrea Mutti et Joe Eisma

Titre : Evil Empire 2. La désunion fait la force
Auteurs : Max Bemis, Andrea Mutti et Joe Eisma
Éditeur : Glénat comics 6 juillet 2016
Pages : 128

Ce tome contient les numéros 5-8 publiés dans Evil Empire volume 2. Dans le tome précédent les États-Unis étaient enfoncés dans un débat sur le bien et le mal alors que le candidat républicain à la présidentielle professait sa croyance et la liberté totale. Suite à sa mort, le candidat démocrate, Sam Duggins, aidé par sa sœur, Julia Duggins, gagne la présidence. Lors de son discours il professe sa croyance en la même philosophie et appelle le peuple des États-Unis à agir comme il lui semble nécessaire. Personne ne s'y attendait, personne ne comprend ce qui se déroule, alors que le pays sombre petit à petit dans la violence sans fin. Les règles n'ont plus cours et seules les conséquences des actions peuvent avoir une répercussion tant que personne n'est empêché d'agir. Mais, en secret, une résistance s'organise autour de la chanteuse Reese Greenwood.

J'avais beaucoup aimé le premier tome. C'était une bonne surprise, les auteurs prenaient leur sujet au sérieux et tentaient réellement de montrer de quelle manière un débat peut déraper et devenir le fondement d'une modification tellement importante du régime en place et des valeurs d'un pays que celui-ci devient dangereux voir fasciste. Bien entendu, ce comics s’insère dans un contexte américain face à un certain Trump au discours dangereux qui permet de justifier des personnes tout aussi dangereuses que lui (mais ne nous cachons, nous ne somment pas meilleurs). Ce second tome m'a paru moins réussi pour une raison très importante : je n'y crois pas !

Les auteurs sont les même, le style est le même, le sujet est toujours pris au sérieux mais je n'y crois pas. La raison en est simple : tout cela me semble trop facile. Je ne parle pas du débat qui justifie des violences sur une partie de la population (on voit les effets de l'élection Trump en ce moment même). Je ne parle pas non plus de la capacité d'un président d'user de ses pouvoirs pour défendre et étendre son point de vue. Non, je n'y crois pas parce que c'est trop rapide et trop facile. Le comics se déroule sur trois mois après l'élection et le pays est déjà pratiquement à feu et à sang. Or, à mon avis, il devrait au minimum y avoir une guerre civile interne et pas seulement une petite résistance. Dans ce comics, tout fonctionne comme si rien n'arrêtait Sam et Julia. Même au niveau international les choses ne sont pas crédibles. Certains des actes pratiqués devraient, au minimum, déboucher sur une guerre et non un effondrement pur et simple des nations en une journée. Bref, ce n'est pas crédible.

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*** Après une très bonne surprise un second tome beaucoup moins réussi et surtout beaucoup moins crédible.
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Image : Éditeur

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East of west 5. Vos ennemis sont partout par Jonathan Hickman, Nick Dragotta et Frank Martin

Titre : East of west  5. Vos ennemis sont partout
Auteurs : Jonathan Hickman, Nick Dragotta et Frank Martin
Éditeur : Urban comics 27 mai 2016
Pages : 136

Ce tome contient les numéros 20-24 publiés dans East of West volume five : All those secrets. En cette seconde année de l'apocalypse la guerre a commencé. Le Texas est fini tandis que la Nation Infinie parcoure les cieux. Mais les autres nations n'ont pas encore bougé leur pion, du moins pas en public. Car, derrière les écrans, les pions s'avancent aussi bien sur le terrain économique que militaire. Pendant ce temps, la bête marche dans les bois des nations. Et son père est sur ses traces. Que feront les élus et les cavaliers lorsque ces deux personnes se rencontreront ?

East of West a toujours été lent même dans la guerre. Hickman pose des pions mais ne hâte pas son intrigue. Il montre comment les choses avancent mais il ne s'intéresse pas au spectaculaire. Il veut seulement montrer des humain-e-s (ré)agir face à un événement tellement vaste qu'il en devient incompréhensible : la fin du monde. Et son portrait n'est guère flatteur. Alors que la plupart des personnes ignorent la menace d'autres se rassemblent en secret afin de prendre le pouvoir et de guider la destruction par tous les moyens. Ce tome est donc toujours aussi lent. La fin approche mais on sait qu'elle ne sera pas une flamboyante rencontre entre plusieurs armées. On aura, probablement, des personnages qui régleront leurs comptes entre-elleux.

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**** Toujours aussi intéressant, un rythme plus que tranquille qui permet de s'intéresser aux personnages plus qu'aux événements.
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Image : Éditeur

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09:17 Écrit par Hassan dans BD/Comics, Comics, science-fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |  Facebook

12/11/2016

Downton Abbey saison 6 et The Finale

J'ai enfin pu terminer Downton Abbey après six magnifiques saisons. La vie continue à Downton Abbey. La famille tente de s'habituer à l'absence de Tom Branson. Celle-ci force Mary à prendre le contrôle du domaine tandis que sa sœur essaie de s'occuper du magazine qu'on lui a laissé en héritage. Pendant ce temps, une petite révolution se forme tandis que les grands du village se heurtent sur la question de l'hôpital. Celui-ci devrait être mêlé à une plus grande structure et tout le monde n'en est pas ravi. C'est aussi la saison des amours. Plusieurs femmes de la famille trouvent des compagnons malgré les drames. Et, parfois, doivent lutter pour les conserver. En bas, la modernité fait aussi son entrée. Plusieurs employé-e-s essaient de trouver une nouvelle voie tandis que d'autres essaient de créer une famille.

Downton Abbey est une série que j'aime particulièrement. Elle réussit à me faire et pleurer alors qu'il ne se déroule pas grand-chose. Elle est aussi particulièrement belle. Les décors ne sont battus que par les magnifiques costumes portés par les acteurs et actrices. Celleux-ci sont, d'ailleurs, particulièrement bon et j'avoue sans honte adorer le jeu de Maggie Smith dont chacune des répliques pourraient être parmi mes préférées. J'ai accompagné Downton pendant six saisons. J'ai vu les personnages changer. Mais, plus encore, j'ai vu une série qui tentait de montrer des changements sociaux par les yeux de l'aristocratie et du peuple unis dans une grande maison. Mis à part le drame, c'est un thème au centre de cette dernière saison qui voit les personnages changer énormément et tous et toutes pour le mieux.

Mis à part les qualités de la série ce thème, qui se déroule sur six saisons, est-il bien mis en scène ? Depuis le début, et je continue à le penser, j'ai l'impression que la série réussit en échouant. Elle réussit car on observe les changements et leurs effets, Les filles Crawley passent de futures mères à business women en quelques années (tout en restant dans le cadre du mariage et de la maternité). Les hommes doivent accepter ces changements et sont incarnés par Carlson et le père de famille, Robert Crawley. Ces deux personnages incarnent le patriarcat et le système de classe aristocratique. Ils incarnent la peur face à un avenir incertain et différent. Alors oui, de ce point de vue la série réussit. Mais elle échoue à montrer ce qu'est la violence de classe et la violence patriarcale. Les deux hommes qui l’incarnent, même si c'est malgré eux, ne réagissent jamais. Ils commencent par dire non puis par dire oui et ensuite accepter. Rien ne provient réellement d'une lutte. Tout semble se dérouler naturellement sans que personne ne perde ni ne gagne. De ce point de vue, la série échoue.

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***** Une magnifique dernière saison pour une série que j'aime beaucoup.

Image : Site officiel

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18:33 Écrit par Hassan dans contemporain, Histoire, série | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : downton abbey | | | |  Facebook

11/11/2016

Descender 2. Lune mécanique par Jeff Lemire et Dustin Nguyen

Titre : Descender 2. Lune mécanique
Auteurs : Jeff Lemire et Dustin Nguyen
Éditeur : Urban comics 30 septembre 2016
Pages : 120

Ce second tome contient les numéros 7-11 publiés dans Descender Vol. 2 : Machine Moon. Il y a dix ans la galaxie se réveillait face à d'énormes machines, les moissonneurs (non, pas ceux de Mass Effect). Celles-ci ont détruit les mondes majeurs de la galaxie puis sont parties. Il y a dix ans ont commencé des destructions systématiques des robots, les botgroms. La galaxie, depuis, est affaiblie tandis que la peut du retour des moissonneurs est dans tous les esprits. Dix ans plus tard un robot de dernière génération se réveille, Tim 21. La galaxie est immédiatement en état d'alerte car ce robot pourrait bien permettre de comprendre ce que sont les moissonneurs. Immédiatement, plusieurs groupes sont envoyés pour le récupérer, ou le détruire. Tim 21 est rapidement capturé par les Gnishiens mais la résistance robotique le sauve.

Ce comics tient une place spéciale depuis que je l'ai découvert. Je le trouve tout simplement beau. J'aime énormément les choix graphiques qui sont, à mon avis, très réussis. J'apprécie aussi de découvrir un univers petit à petit sans précipitation. C'est encore plus vrai pour ce second tome qui n'avance pas l'intrigue trop vite tout en offrant des éléments précieux pour celle-ci. Ainsi, nous en savons plus sur le frère de Tim, sur les robots et nous avons des indices sur le prochain récit.

Je pense que le récit pose la question de l'enfance. Pour cela, les auteurs placent Tim 21 face à Tim 22. Le premier est un robot bourré d'émotions et de tristesses. Le second n'a connu que la curiosité et la jalousie. La différence tient aux personnes qui les ont entourées. Alors que Tim 21 a été entouré de personnes capables de donner de l'amour Tim 22 n'a connu que la solitude. Et ces différents passés ont des impacts très importants sur le fonctionnement des robots dans le présent. Bien entendu, on peut se demander si un robot capable d'apprendre et de changer selon son environnement est réellement une simple machine. J'ai l'impression, que le récit se dirige dans cette direction en offrant des caractéristiques humaines aux robots.

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**** Un second tome tout aussi beau que le premier et qui avance gentiment.
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Image : Éditeur

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07/11/2016

Doctor Strange

New-York, la ville des Avengers mais aussi la ville de l'un des neurochirurgiens les plus talentueux du monde. Son talent est aussi impressionnant que son ego et son arrogance. Oui, je parle du docteur Stephen Strange. Mais alors qu'il utilise son natel en conduisant une voiture de sport, dépassant la vitesse autorisée, afin de se rendre à une conférence il est responsable d'un accident. Apparemment, le génie n'implique pas d'être responsable en conduisant. Ses mains sont détruites et donc sa carrière est terminée en l'état. Rien ne semble pouvoir réparer les dégâts dont il est responsable. Strange pourrait bien sombrer dans la folie et le désespoir s'il n'avait pas entendu parler d'une guérison miraculeuse. Celle-ci le conduit à pourchasser une rumeur : Kamar-Taj.

Pour l'instant, le MCU est resté scientifique. Tous les humain-e-s (on attend toujours la première femme à posséder un film la concernant) ont des habilités qui requièrent une explication scientifique. Même Thor est présenté comme le représentant d'une civilisation scientifiquement avancée et non comme l'incarnation d'un mythe. De plus, le MCU a créé un style particulier, efficace, mais qui commence à fatiguer. Heureusement, marvel et disney ont réussi, de temps en temps, à nous surprendre que ce soit avec Guardian of the Galaxy ou Ant-Man. Ce film propose de mettre en avant le côté magique du MCU en se basant sur l'un des personnages les plus puissants de l'univers Marvel : Doctor Strange. Malheureusement, ce personnage est aussi très dangereux, narrativement parlant, du point de vue de l'appropriation culturelle. Et je pense, sans n’être concerné ni expert, que ce film entre entièrement dans le piège sans même le questionner. Je pense en particulier au whitewhasing du Ancient One joué par Tilda Swinton. Mais ce n'est pas le seul aspect et je préfère vous envoyer vers un article du site The Mary Sue qui en parle certainement mieux que je ne le pourrais jamais.

Est-ce que j'ai aimé le film ? Je dirais que oui. Je l'ai trouvé visuellement beau. Bien que cela ne soit pas révolutionnaire après un Inception (que je devrais regarder un jours). J'ai beaucoup aimé les acteurs et actrices. Tilda Swinton est des plus talentueuses comme d'habitude tandis que Cumberbatch (et son torse, et sa voix) est toujours aussi charismatique à l'écran. Les autres personnages sont bien choisis. Mordo est plutôt intéressant et j'espère qu'il sera plus développé à l'avenir. C'est aussi le cas pour le vilain du film dont les motivations sont compréhensibles mais pas assez bien décrites pour qu'on le comprenne réellement. Ce qui en fait un vilain Marvel générique au même titre que tous les autres. Le propos sur la nécessité des règles et la nécessité de savoir quand les briser n'est pas inintéressant mais manque de profondeur. J'ai tout de même été très positivement surpris par la volonté de Strange de ne pas tuer (même s'il échoue). Si je me souviens bien, c'est la première fois qu'un héros marvel l'énonce si clairement. Les autres films montrent des meurtres à foison dans une esthétique qui fait oublier ce que l'on regarde. Outre les scènes d'action, je pense aussi en particulier à l'usage des drones dans Civil War. J'espère que cet aspect sera concrétisé et plus important à l'avenir.

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**** Pas aussi bon que je ne le pensais mais plutôt beau. Et il y a Tilda Swinton. Et il y a Cumberbatch.
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Image : Site officiel

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09:10 Écrit par Hassan dans Comics, Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : doctor strange, marvel, mcu | | | |  Facebook

05/11/2016

Checkmate 1. Le jeu des rois par Greg Rucka, Judd Winick, Jesus Saiz, Joe Bennett et Matthew Clark

Titre : Checkmate 1. Le jeu des rois
Auteurs : Greg Rucka, Judd Winick, Jesus Saiz, Joe Bennett et Matthew Clark
Éditeur : Urban comics 30 septembre 2016
Pages : 440

Ce premier volume contient Checkmate 1-15 et Outsiders 47-49. Durant Infinite Crisis une agence d'espionnage avait été détournée afin de s'attaquer à tous les métahumain-e-s de la Terre. Ce détournement avait pris la forme, au final, d'une IA capable de contrôler une bonne partie de l'humanité. Mais ces événements sont passés. Et bien que Checkmate soit contrôlé par une nouvelle royauté il se pose la question de sa continuité. Faut-il faire de Checkmate une agence reconnue par l'ONU et contrôlée par le Conseil de sécurité ? Qui peut diriger cette agence ? Et quelles sont ses cibles ? Car le monde est en danger. Que ce soit la société des super-vilains ou la secte Kobra les groupes souhaitant détruire le monde sont nombreux et les héros ne sont pas toujours capables de les en empêcher.

J'avoue, j'ai presque tendance à acheter ce qu'écrit Greg Rucka sans trop réfléchir. Bien que j'aie du mal avec le style graphique Rucka a écrit Gotham Central et Queen and country. Ce sont deux très bons comics qui réussissent, pour le premier, à donner plus de substance à la police de Gotham et, pour le second, à entrer dans une agence d'espionnage. Je me réjouis de lire 52 et le prochain titre Wonder Woman sous sa direction. Donc, Rucka qui écrit sur une agence assez spéciale, qui fonctionne comme un échiquier, après des événements importants c'était trop pour ne pas m'attirer. Et j'ai beaucoup apprécié. Les personnages principaux ne sont pas tous et toutes développé-e-s au même niveau mais les personnages qui sont développés sont très intéressants. J'ai beaucoup aimé en apprendre plus sur Beatriz Dacosta par exemple. Les intrigues internes sont plutôt bien mises en scènes. Et j'aime beaucoup voir un peu moins de super-héros ou de les voir dans une situation différente. Personnellement, j'ai beaucoup apprécié ma lecture, malgré quelques numéros ou passages un peu moins bons, et je me réjouis de lire la suite.

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**** Une bonne surprise sur une idée qui m'intriguait.
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Image : Éditeur

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Doctor Who saison 9

Le Docteur est de retour pour l'une des saisons que je préfère dans la nouvelle série ! Après s'être rabiboché avec Clara qui se remet difficilement, mais sûrement, d'une mort proche les deux ami-e-s repartent pour de nouvelles aventures sur Terre, mer et dans l'univers. Et l'univers leur offre de quoi bien s'amuser. Que ce soit une station de recherche hantée, une révolution ou encore une rue cachée aux yeux des humain-e-s (non je ne parle pas de Harry Potter). Mais derrière ces aventures se cache une quête plus importante débutée lors de la saison 8. Car tout le monde se pose la question. Mais ou se cache Gallifrey ?

Je vais le redire, encore et toujours, la saison 9 fait partie de mes favorites. Je ne déteste qu'un seul épisode (Sleep no more). C'est une saison un peu spéciale car elle est la dernière sous la direction de Steven Moffat. J'avoue en être heureux car même si Moffat sait écrire et sait créer l'envie de voir la suite il ne sait ni conclure ni écrire des personnages féminins. Il sait entendre les critiques et jouer avec mais il ne sait pas les comprendre. C'est aussi la fin de Clara. Un personnage que j'ai apprécié et je me réjouis de découvrir la nouvelle compagne. Cette saison 9 hausse dramatiquement le niveau après plusieurs saisons de moins en moins bonnes. Elle réussit aussi à fonctionner presque exclusivement sur des doubles-épisodes plutôt réussis.

Outre la recherche de Gallifrey, qui ne prend pas une place des plus importantes, le thème de la saison est Clara. Lors de la saison 8 elle apprenait à suivre le Docteur récemment régénéré. Sous cette saison, elle est, souvent, le Docteur. Elle lui apprend à vivre, à bien se comporter et à comprendre les humain-e-s (j'adore les cartes de relations sociales). Clara est une enseignante dans tous les sens du terme pour un Docteur aux réactions parfois extrêmes. Mais c'est aussi une compagne qui commence à prendre des risques et toute la question concerne l'effet de ceux-ci. Les fans réguliers de la série ont, bien entendu, noté les différents indices au fil de la saison. Les autres garderont la surprise. Je vous souhaite une bonne et magnifique saison 9 avant une saison 10 en 2017 !

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***** L'une de mes saisons préférées ! Avec un Docteur et une Clara magnifiquement campé-e-s par Peter Capaldi et Jena-Louise Coleman.

Image : Site officiel

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02/11/2016

Black Science 4. Sur les rives du Léthé par Rick Remender, Matteo Scalera et Moreno Dinisio

Titre : Black Science 4. Sur les rives du Léthé
Auteurs : Rick Remender, Matteo Scalera et Moreno Dinisio
Éditeur : Urban comics 26 août 2016
Pages : 128

Ce tome contient les numéros 17-21 publiés dans Blackscience vol. 4 : Godworld. Le dernier saut a été particulièrement malheureux. Rebecca, n'écoutant que son désir, a tout fait pour rejoindre un monde dans lequel son frère jumeau est vivant. Mais ses actions ont détruit le pilier et dispersé l'équipe dans plusieurs mondes. Grant a vécu trois ans sans voir ses enfants. Il essaie, tant bien que mal, de construire un pilier. Mais il est proche du désespoir. Et pendant qu'il se morfond son équipe et ses enfants sont en danger. Pire encore, il commence à comprendre à quel point les voyages entre dimensions sont dangereux non seulement à cause des menaces qui se déplacent mais aussi à cause de lui.

Le thème de ce tome pourrait être la dépression. En effet, nous commençons alors que trois ans ont passé. Mais nous ne l’apprenons pas tout de suite. Car avant de rechercher son équipe et ses enfants Grant doit sortir de son désespoir. La première partie du tome, la plus réussie depuis le début à mon avis, est un plongeon dans la dépression de Grant et les raisons de celle-ci. Pour cela, les auteurs nous montrent le passé de Grant. Celui-ci permet de mieux comprendre certaines décisions mais surtout pourquoi il agit ainsi. Une bonne partie de ce tome est une confrontation entre Grant et son passé. Encore une fois, je trouve que cette mise en scène est très réussie et permet de me dire que ce quatrième tome est le meilleur de la série actuellement.

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***** Une plongée réussie dans l'esprit de Grant !

Image : Éditeur

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31/10/2016

Storks / Cigognes et Cie

Depuis des temps immémoriaux les cigognes ont livré les bébés à des parents en attente. Mais c'est un travail difficile aussi bien physiquement que moralement. Car les bébés sont des êtres fragiles. Lorsque l'une des cigognes perd pied il est décidé d'abandonner la livraison de bébé. À la place, les cigognes décident de livrer des paquets en partenariat avec Amazon ! Euh... non... c'est autre chose mais définitivement pas Amazon car ce serait probablement violer plusieurs lois. Bref, tout va bien. Les profits sont en hausses. Les humain-e-s sont ravie-s. Et l'une des cigognes, Junior, est particulièrement heureuse. Car c'est bientôt son tour de devenir le boss des livraisons. Mais il reste un obstacle : une humaine et le bébé qu'elle a créé.

Que penser de ce film ? Est-il d'un niveau capable de se faire apprécier aussi bien des parents, des adolescents et des enfants ? Est-ce une horreur du même type que les Minions (un film à oublier) ? Ou quelque chose qui se trouve entre les deux ? À mon avis, c'est plutôt un film moyen. Les blagues peuvent être assez drôles mais elles sont aussi souvent très exagérées ou utilisées trop souvent (l'exemple parfait étant les loups). Les différentes piques sur la vie de parents sont loin d'être mauvaises. J'ai plus de mal avec les personnages humain-e-s qui me semblent moins drôles et plus classique. On découvre un couple coincé dans le travail et un jeune enfant qui semble ne jamais se rendre à l'école. Je pense aussi que le film souffre de ne pas suivre un thème précis. Il est, souvent, très facile. Et, parfois, je me suis demandé quel est l'intérêt de celui-ci.

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** Mouais... bof.
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Image : Site officiel

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18:16 Écrit par Hassan dans Enfant, Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : storks, cigognes et cie | | | |  Facebook

29/10/2016

Black Science 3. L'impossible odyssée par Rick Remender, Matteo Scalera et Moreno Dinisio

Titre : Black Science 3. L'impossible odyssée
Auteurs : Rick Remender, Matteo Scalera et Moreno Dinisio
Éditeur : Urban comics 15 janvier 2016
Pages : 136

Ce tome contient les numéros 12-16 publiés dans Black Science Vol. 3 : Vanishing Pattern. Le dernier saut a été difficile. Un double de Grant est mort et la femme de celui-ci, Sara, est en colère. Dans le même temps, Nate fait une crise par manque d'insuline. Le monde dans lequel le groupe se trouve semble abandonné. Mais une force armée s'y trouve et ressemble étrangement à des romains. Rapidement, le groupe apprend que ce monde avait aussi un groupe chargé de trouver le moyen de traverser les dimensions. Et elleux aussi n'ont amené que la mort. De plus en plus, il apparait que les sauts sont loin d'être aléatoires.

Remender se calme encore un peu plus. On pourrait diviser le tome en deux intrigues. Premièrement, plusieurs courtes parties des numéros permettent de visiter encore un peu plus le passé des personnages. On en apprend plus sur Pia et sur Shawn mais aussi sur la famille de Grant (ce dernier est toujours un homme particulièrement abject). La seconde partie est la prise de conscience des effets de la technologie qui permet les sauts. Non seulement le pilier suit un chemin déjà tracé mais celui-ci débouche sur des mondes détruits et en guerre. La prise de conscience est rude mais elle permet à Grant de retrouver le but qu'il s'était fixé. Un tome essentiel, donc, pour l'avancée psychologique des personnages et aussi pour continuer à instaurer l'ambiance négative de l'histoire.

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**** J'apprécie toujours autant l'histoire de Remender même s'il prend son temps pour mettre en place les choses.
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Image : Éditeur

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L'idéologie du glaive. Préhistoire de la chevalerie par Jean Flori

Titre : L'idéologie du glaive. Préhistoire de la chevaleriel-id%C3%A9ologie-du-glaive-pr%C3%A9histoire-de-la-chevalerie.jpg
Auteur : Jean Flori
Éditeur : Droz 1 janvier 2009
Pages : 205

Il y a longtemps j'adorais l'histoire médiévale. Je découvrais un monde à la fois proche et très différent. Une histoire qui avait été manipulée en direction d'une légende noire alors qu'il y avait énormément de beauté. Mais je me suis beaucoup plus intéressé à la période contemporaine. Pourtant, je souhaitais revenir un peu à la période médiévale. Et quoi de mieux que de lire l'ouvrage qui annonce l'histoire de la chevalerie de Jean Flori ?

Jean Flori propose d'examiner les sources ecclésiastiques afin de comprendre de quelle manière ce qu'il nomme l'idéologie chevaleresque. Il prend en compte l'histoire des IX au XI siècle. Son but est d'examiner les écrits afin de mettre en évidence la mise en place progressive d'une société d'ordre dont les chevaliers. Ceux-ci, selon Flori, s'inscrivent dans certaines valeurs défendues par l’Église. Le livre est divisé en trois parties de 9 chapitres.

La première partie, semences, permet à Flori de nous expliquer la relation entre la guerre et la chrétienté. Alors que les premiers chrétiens voyaient le meurtre et la guerre en négatif la guerre devint, progressivement, une nécessité voir une bonne chose. Pour cela, il est nécessaire de comprendre de quelle manière l’Église a fonctionné dans le cadre de l'Empire romain. Lorsque les chrétiens sont minoritaires il est possible de refuser le service. Mais que faire lorsque l'Empire devient majoritairement chrétien ? Il devient nécessaire de défendre par les armes le territoire pour éviter la perte de l’Église. Cette partie permet aussi de débuter l'histoire des ordres qui sont censés être au centre du fonctionnement médiéval. Ceux-ci n'existent pas encore mais une justification de la hiérarchie sociale commence à être débattue à l'aide de la théologie.

La seconde partie, germination, permet de mettre en évidence un lien entre les évêques et les rois. Progressivement, une forme de dualité des rôles est mise en place entre les serviteurs de l’Église et les rois. Ces derniers ont la charge de pacifier le monde aussi bien à l'intérieur des terres que face aux dangers extérieurs. Pour cela, on utilise des justifications théologiques qui permettent de théoriser les rôles de tout le monde. Ainsi, Flori nous explique que la paix est défendue par une alliance entre le pouvoir ecclésiastique et le pouvoir séculier. Cependant, le pouvoir royale devient progressivement moins fort ce qui nous mène à une multiplication des pouvoirs locaux et à la troisième partie.

Celle-ci, nommée croissance, permet en particulier de particulier des paix et des trêves divines. En effet, le pouvoir royale est devenu incapable d'imposer la paix. Il échoue à mettre en place ses devoirs. De plus, les pouvoirs locaux armés sont de plus en plus nombreux et se font la guerre. Il devient donc nécessaire de mettre en place des institutions capables d'imposer la paix. Pour cela, l'Église se porte sur le peuple. À l'aide du peuple, des trêves sont mises en place. Celles-ci sont nombreuses - preuve de leur incapacité à les imposer ? - et s'imposent sur deux points. Premièrement, certaines personnes sont protégées contre la guerre. Ce sont les paysans mais aussi les guerriers qui ne sont pas en armes et les membres de l’Église. Certains lieux sont aussi protégés. De plus, des périodes sont définies durant lesquelles toutes activités guerrières sont interdites. Mais cette entrée dans le siècle et l'ordre des militaires par les membres de l’Église et le peuple est en contradiction avec le fonctionnement théorique des ordres. Ainsi, la même période permet d'observer une défense importante de ces ordres et leur définition stricte.

 Au final, Flori écrit un livre qui peut faire office d'introduction à ses travaux ultérieurs sur la chevalerie. Bien que le propos soit intéressant j'ai eu beaucoup de mal à entrer dans le livre et à m'intéresser au sujet. C'est, bien entendu, de ma propre faute et d'autres personnes pourraient trouver ce livre passionnant.

Image : Éditeur

28/10/2016

Black Science 2. La boîte de Pandore par Rick Remender, Matteo Scalera et Dean White

Titre : Black Science 2. La boîte de Pandore
Auteurs : Rick Remender, Matteo Scalera et Dean White
Éditeur : Urban 7 mai 2015
Pages : 136

Ce second tome contient les numéros 7-11 publiés dans Black Science vol. 2 : Welcome, Nowhere. Dans le tome précédent on apprenait qu'un certain Grant a inventé une machine capable de traverser les murs de la réalité afin de voyager dans ce qu'il nomme l'infinivers. Malheureusement, ce "pilier" est défectueux et le groupe emmené par Grant se perd dans les dimensions parallèles. Certains sont déjà mort-e-s. Grant est même considéré comme mort et sa disparition a mis à mal le groupe. En effet, les enfants de Grant se sont enfuis forçant Kadir à les rechercher. Le groupe est secondé par le chaman kidnappé précédemment. Cependant, dans de multiples univers de nombreux Grant créent des piliers et d'autres personnes essaient de s'en emparer. Il semblerait que la machine soit encore plus dangereuse que prévue.

Le tome précédent nous jetait dans la piscine en nous intimant de nager. On ouvrait à peine une page qu'une catastrophe se mettait en place. Ce tome permet de mieux construire certains personnages en particulier Grant, Kadir, Nate et Pia. On comprend un peu mieux qui illes sont et quels sont les envies qui leur permettent de survivre. Plus encore, ce tome permet d'introduire la menace posée par le pilier. Le Chaman l'explique précisément mais ce sont certains personnages qui permettent de mieux comprendre pourquoi cette invention est une mauvaise idée. Il faut aussi noter les magnifiques dessins. Remender aime créer des mondes particuliers et chacun sont sublimés par des styles très différents. On passe de rues sortis d'un film noir à une forêt luxuriante. Un bon second tome qui, encore une fois, ne place pas trop d’éléments.

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**** La surprise passée on se pose un peu mais on ne sait encore presque rien de l'intrigue.
*****

Image : Éditeur

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23/10/2016

Black Science 1. De Charybde en Scylla par Rick Remender, Matteo Scalera et Dean White

Titre : Black Science 1. De Charybde en Scyllablack-science-tome-1-33864-270x445.jpg
Auteurs : Rick Remender, Matteo Scalera et Dean White
Éditeur : Urban 13 février 2015
Pages : 176

Ce tome contient Black Science vol. 1: How to fall forever (numéros 1-6). J'ai mis longtemps à me décider à lire Black Science. Je connais Remender et j'aime bien son travail. Mais je n'étais pas certain d'apprécier Black Science. Après de longs mois je me suis décidé. Nous sommes à une époque indéterminée. Une bande d'humain-e-s fuient face à des bestioles qui semblent ne pas leur vouloir beaucoup de bien. On apprend qu'il est nécessaire de trouver un ingrédient précis afin de faire fonctionner une machine et de partir dans un autre univers. Car ces humain-e-s sont des membres de la Ligue Scientifique Anarchiste. Ensemble, illes ont réussi à briser la barrière entre les mondes et de voyager entre les univers parallèles. Mais illes ne savent pas comment rentrer et tout semble vouloir les tuer. Non ce n'est pas une adaptation de Sliders. C'est le nouveau comics de Remender !

Il y a une chose à dire sur Remender : il aime créer des lieux et des univers colorés. Immédiatement, il nous plonge dans l'action sans nous donner beaucoup d'informations. Ce n'est qu'après un ou deux numéros qu'on en sait un peu plus sur les personnages et l'intrigue. Remender ajoute aussi quelques flash backs afin de nous donner un peu d'information sur la raison des problèmes de l'équipe. Bref, concrètement, les voyageurs se trouvent dans l'infinivers. Celui-ci a la forme d'un oignon chaque couche étant un univers complet avec, au centre, la première décision. Tout y est possible. Les personnages sont aussi bien des scientifiques que des enfants ou encore des managers. Pour l'instant, les deux plus importants sont Grant, anarchiste et inventeur de la machine, et Kadir. Bien que l'on puisse être en faveurs de certains personnages Remender réussit à justifier les actions de certain-e-s tout en diminuant la sympathie pour d'autres. Au final, c'est un bon début.

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**** Une série qui commence bien et qui m'a accroché. Mais comment sera la suite ?
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Image : Éditeur

21/10/2016

Batman et Robin 6. A la recherche de Robin par Peter J. Tomasi, Patrick Gleason et Andy Kubert

Titre : Batman et Robin 6. À la recherche de Robin
Auteurs : Peter J. Tomasi, Patrick Gleason et Andy Kubert
Éditeur : Urban 21 octobre 2016
Pages : 192

Ce tome contient Batman and Robin 29-34 et Robin rises: Omega 1 publiés dans Batman and Robin Vol. 6: The hunt for Robin. Il y a quelques temps Damian Wayne, Robin, est mort. Suite à cette mort le Batman, Bruce Wayne, est devenu incontrôlable. Il a parcouru les rues de Gotham jours et nuits sans se reposer. Il a manipulé allié-e-s et personnes afin de trouver un moyen de ramener Damian à la vie. Et quand il s'est enfin calmé il a appris que Ra's al Ghul a volé les corps de Damian et de sa mère, Talia. Bien que Batman soit furieux il a dû attendre et s'occuper de Double Face et de la mafia locale. Mais, maintenant, Ra's et la Ligue des Assassins ont toute son attention. Jamais Batman ne les laissera manipuler le corps de son fils et il est prêt à voyager dans le monde entier et en enfer s'il le faut pour empêcher Ra's d'accomplir ses plans.

Ce tome 6 fait suite à un tome 4 très réussit et un tome 5 bien moins réussit. Ce dernier continue à ne faire office que de transition car le tome 6 reste dans la veine du 4. Batman a accepté la mort de son fils mais sa quête pour retrouver son corps le mène à collaborer avec plusieurs membres de la Ligue de Justice comme il a collaboré avec la Famille dans le tome 4. Bien que les Batman and Robin soient liés au batverse ils n'étaient pas très impliqué dans l'univers DC. Ce tome 6 fait exception. Il nous plonge dans une nouvelle ligue et fonctionne en parallèle d'intrigues liées à la Ligue de Justice. Personnellement, je trouve que cela nuit au fonctionnement du titre qui est censé être beaucoup plus précis. Mais, au moins, il permet d'introduire la suite.

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**** Un second tome qui fait office de transition. Meilleur que le précèdent mais moins bon que le reste de la série.
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Image : Éditeur

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15/10/2016

Daredevil saison 1

Avant la série il y avait le film. Ce film avait fait un gros flop. Avant la série il y avait le Marvel Cinematic Universe. Celui-ci fonctionne assez bien malgré un manque flagrant d'enjeux. Il existait aussi l'idée de créer des séries qui s'y inscrivent. Outre Agent Carter les personnes qui prennent les décisions ont laissé Agent of Shield qui est censée être une sorte de colonne vertébrale chargée de remplir le vide entre les films. Cependant, ces mêmes personnes ont aussi décidé de mandater Netflix. La première série sortie de leurs cartons est Daredevil. Elle est suivie par Jessica Jones, une réussite, et maintenant Luke Cage puis, bientôt, Iron Fist et Defenders. Comme vous le savez, ou pas, la particularité de Netflix est de diffuser tous les épisodes en même temps ce qui permet de faire du binge watching tout en n'ayant pas à attendre la suite semaines après semaines.

Matt Murdock et Foggy Nelson viennent de quitter un cabinet prestigieux et un avenir radieux de fortune et de réussite sociale. Leur but est de créer un cabinet chargé de défendre les personnes qui n'ont rien. De leur donner une chance dans la dure jungle de la loi. Pour cela ils ouvrent dans un milieu pauvre et rempli de criminalité : Hells Kitchen. Bien que les deux avocats travaillent de jours Matt, lui, travaille aussi de nuit. En effet, la nuit il porte un costume entièrement noir et s'attaque aux criminels et aux brutes du quartier. Mais Matt se rend rapidement compte que son combat le mène à se heurter à un milieu très bien organisé. Car le quartier est sous le contrôle d'un conglomérat de quatre groupes criminels sous la direction d'un certain Wilson Fisk. Mais qui est cet homme ? Quel est son but ? Et comment vaincre quelqu'un qui contrôle tout ?

Cette série place deux personnes face à face : Matt Murdock et Wilson Fisk. À leur côté il y a d'autres personnages mais ce sont ces deux personnes qui sont importantes car elles sont semblables sur de nombreux points. En effet, aussi bien Murdock que Fisk souhaitent changer leur quartier. Le premier répond à la corruption par le combat anonyme, le fait de devenir un justicier. Le second essaie de contrôler les institutions afin de reconstruire la ville à son image et selon ses souhaits. Ce qui change est la méthode. Le premier tente de combattre et le second tente de contrôler la criminalité en lui offrant un cadre et, surtout, de l'argent. La série pose donc la question de la légitimité du combat de Murdock face à un monde tout aussi illégitime. Bien que Daredevil soit très réussi il y a plusieurs problèmes. Tout d'abord, je trouve dommage que les autres personnages restent dans l'ombre de la stature de Murdock et de Fisk. Ce ne sont presque que des figurants dans un drame plus important. Pourtant, j'aurais aimé en savoir plus sur un grand nombre d'entre elleux comme Vanessa et Wesley pour n'en citer que deux. Ensuite, la ville est singulièrement vide. On ne sait rien sur elle ni sur ses habitant-e-s sauf quelques rares exceptions. On a l'impression que le quartier n'est que le décor d'un affrontement et non un lieu de vie qui subit où se modifie. J'espère que ces quelques problèmes seront corrigés dans la saison 2 et la 3 qui n'est pas encore diffusée.

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**** Une série intéressante, bien mise en scène et bien plus intéressante que les films du Marvel Cinematic Universe.
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Image : Site officiel marvel

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11:27 Écrit par Hassan dans BD/Comics, Comics, Marvel, série | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : daredevil, marvel, netflix | | | |  Facebook

Captain Fantastic

Dans les montagnes des États-Unis, au sein d'une magnifique forêt, un jeune homme se cache dans les buissons. Il se prépare à chasser. Ce jeune homme fait partie d'une famille de six enfants. Leur père et leur mère pensent que le monde extérieur est inadéquat. Illes ont donc décidé de vivre dans la nature et d'enseigner à leurs enfants. Le monde de cette famille est partagé entre la chasse, l'entrainement et l'apprentissage à l'aide de livres parfois très avancés. Ce qui importe n'est pas d'apprendre par cœur mais de forger une opinion argumentée. Mais ce petit monde vole en éclats lorsque leur mère se suicide après des mois de thérapie. Malgré le danger et l'étrangeté la famille décide de se rendre au Nouveau-Mexique pour l'enterrement. Ce départ est l'occasion de mettre en question ce qui semble connu et ce qui semble juste.

Je vois deux thèmes dans ce film. Le premier est celui de l'éducation. Les enfants sont éduqués librement dans une forêt. Leurs cours se divisent en plusieurs phases. Il y a tout d'abord les cours de survie. C'est l'occasion de savoir comment vivre dans la nature sans rien. D'être capable de se soigner et de chasser. Il y a des cours physiques qui permettent d'avoir un corps en pleine forme. Et des cours de cultures. Ceux-ci sont réglés par le père et permettent de s'intéresser à des thèmes parfois très avancés tel que la théorie M. Il est intéressant que la parole du père, et des livres, ne sont pas évangiles. Les enfants sont encouragés à poser des questions et à expliquer les thèmes avec leurs propres mots. Face à cela nous avons, dans une scène, des enfants qui connaissent l'école. Eux sont incapables de répondre aux questions et de penser seuls. J'ai tendance à y voir une tension entre une éducation qui prend en compte les capacités de réflexions des enfants et l'éducation scolaire, standardisée, qui tente d'inculquer une certaine somme de connaissances spécifiques et mesurable par des notes avant d'exercer la réflexion.

Un second thème pourrait être la parentalité. En effet, les deux parents essaient d'offrir ce qu'illes pensent adéquat pour leurs enfants. Pour cela plusieurs règles sont mises en place. Celles-ci concernent la manière de parler, de se comporter, d'obéir et d'aider. Ces règles concernent aussi l'attitude des parents. À plusieurs reprises, on observe le père répondre très franchement à ses enfants sur des questions difficiles. Certaines personnes pourraient penser que ces enfants ne sont pas capables de comprendre les concepts impliqués. D'autres pourraient penser que les thèmes sont inadéquats pour des enfants. Personnellement, je suis plutôt en faveurs de répondre franchement et précisément aux questions afin d'éviter qu'un sujet devienne tabou ou incompris. Mais c'est mon avis personnel. On observe aussi une personne qui pense prendre les bons choix les remettre en cause. Face à un monde différent ses méthodes semblent dangereuses voir abusives. Et nous commençons à nous demander si cet homme est si sympathique que cela. Il se pose cette même question et ses enfants aussi. La réalisation permet donc de se faire sa propre opinion face à des moments qui sont, parfois, dangereux.

Au final, Captain Fantastic est un beau film avec un Viggo Mortensen en forme. On nous offre une histoire triste mais qui réussit à relier des moments d'émotions à des moments d'humour. Personne ne nous dit ce qui est bien ou mal. La réalisation nous laisse décider seul ce que l'on pense tout en confrontant cette famille à d'autres familles et à la société. La fin est particulièrement belle et réussie. Personnellement, je le conseille.

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***** Viggo Mortensens possède une magnifique barbe !

Image : Site officiel

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10:57 Écrit par Hassan dans contemporain, Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : captain fantastic | | | |  Facebook

09/10/2016

Hermaphrodites and the Medical Invention of Sex par Alice Domurat Dreger

Titre : Hermaphrodites and the Medical Invention of Sex9780674001893.jpg
Auteure : Alice Domurat Dreger
Éditeur : Harvard University Press 2000
Pages : 268

Qu'est-ce que le sexe ? Plus précisément, qu'est-ce qui différencie les hommes des femmes (et inversement). Durant des siècles la question s'est posée dans le monde médical. L'auteure, Alice Domurat Dreger, tente de répondre à la question en examinant l'histoire de l'hermaphrodisme (ou intersexualité pour les personnes qui choisissent ce terme). Bien qu'il existe quelques sources écrites par les intéressé-e-s même la plupart des écrits concernant l'hermaphrodisme au XIXe siècle sont médicaux. Ce sont les docteurs qui examinent les patient-e-s qui expliquent leurs trouvailles et les questions et réponses apportées du point de vue médical. L'auteure a récolté ces écrits et les examine dans 7 chapitres. Le dernier, la conclusion, est spécifiquement dédié à notre époque et à l'effet des actes chirurgicaux sur les enfants, les familles et l'éthique.

Dans ce livre je pense que l'on peut observer deux fils rouges. Premièrement, la question de la différence des sexes est posée. Alors que notre époque différencie le sexe, naturel, du genre, social, et de la sexualité ces termes sont indifférenciés au XIXe siècle. Ainsi, être une femme implique de se comporter en femme, d'avoir un corps féminin et d'être attirée par les hommes. Être un homme implique un corps masculin, un comportement masculin et d'être attiré par les femmes. En gros, comme le dit l'auteure, un corps possède obligatoirement un sexe, et un seul, qui implique des conséquences aussi bien comportementales que de sexualités. Cependant, cette division de l'humanité est attaquée par l'existence de deux groupes de personnes. Premièrement, les personnes attirées par des personnes de même sexe. Ensuite, les personnes au sexe anatomique douteux. Sous le terme douteux on comprend une difficulté à catégoriser la personne en tant qu'homme ou femme. Ainsi, les docteurs de l'époque se voient forcé d'une part d'agir sur les corps afin de les "normaliser" mais aussi de redéfinir l'hermaphrodisme afin que la règle d'un sexe unique par corps soit respectée par la nature.

Le second fil rouge concerne la pratique médicale. Celui-ci est particulièrement mis en avant dans la conclusion mais il traverse tout le livre. En effet, les docteurs dans leur quête de normalisation agissent selon l'impression qu'un sexe douteux implique des problèmes psychiatriques (dont, par exemple, l'homosexualité). Il devient nécessaire de cacher l'imperfection, à notre époque, afin d'éviter les problèmes posés. De plus, il est nécessaire de défendre un certain ordre social. Celui-ci peut être défendu par la publicité qui permet de réassigner une personne dans sa "véritable" identité et donc d'empêcher des mariages ou des comportements. Mais c'est aussi un moyen de défendre la sexualité qualifiée de normale, soit la pénétration. Ainsi, plusieurs auteur-e-s expliquent que les actes chirurgicaux sont basés sur une idéologie hétéro-sexiste. Enfin, le livre pose la question des pratiques éthiques du corps médical. Est-il normal d'agir sur un corps sans le consentement de la personne ? Peut-on réellement exercer une chirurgie lourde sans avoir d'informations sur les effets à long terme ? Le secret, défendu par des praticiens, est-il une atteinte au droit des patient-e-s ?

Au final, ce livre est extrêmement intéressant. En effet, il pose des questions sur les pratiques paternalistes d'un corps de métier qui possède un pouvoir important sur nos corps. Bien que les docteurs décrits étaient certains de leur bon choix ceux-ci ont pu être douloureux pour les patient-e-s et avoir un impact négatif sur leurs vies. Il montre aussi que les sexes ne sont pas aussi "naturels" qu'on ne le croit. Ceux-ci, en effet, sont examinés et compris dans une époque, une culture et une idéologie précise mais aussi un état de la connaissance des corps humains.

Image : Éditeur

08/10/2016

Batman Terre-un. 2 par Geoff Johns et Gary Frank

Titre : Batman Terre-un. 2batman-terre-1-tome-2-270x406.jpg
Auteurs : Geoff Johns et Gary Frank
Éditeur : Urban 29 février 2016
Pages : 168

Ce second tome contient Batman Earth-One vol. 2. Dans le tome précédent Bruce Wayne débutait sa quête de justice. Son enquête sur la mort de ses parents l'a conduit à s'intéresser au maire de Gotham : Cobblepot. Mais ce dernier n'était pas responsable et, après avoir menacé Bruce, il est mort assassiné par Alfred Pennyworth. Il a aussi fait la connaissance de Jim Gordon et de Bullock. Alors que le premier commence à s'affirmer comme l'exemple de la police non-corrompue le second, lui, tombe dans le désespoir après avoir vu ce qui reste des victimes d'un tueur en série local. Bien que le maire soit mort Gotham n'est pas en sécurité. De nouvelles menaces se mettent en place. Outre le réseau criminel de l'ancien maire un terroriste s'attaque à la bourgeoisie de la ville. Et des rumeurs de crocodile tueur se répandent dans la ville. Bruce est-il vraiment prêt à devenir le Batman ?

Terre 1 est une série de comics qui permettent de créer des histoires en dehors de la continuité. Mais les suites sont très longues à venir. Ainsi, le premier tome date de 2013 ! J'avais bien aimé sa lecture. Les auteurs nous décrivaient un Batman encore jeune, faillible. Ce second tome continue sur cette lancée. La légende commence à être bâtie mais une grande partie de ce qu'est le Batman n'existe pas encore. Bruce vit seul, cloîtré, et il n'enquête pas il combat. Cependant, ce tome permet de rajouter des personnages connus ou de leur donner un peu plus de substance. Il prend aussi des décisions inattendues et je me demande si cela débouchera sur quelque chose. Le tome reste donc dans la lignée du précèdent.

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**** Une lecture sympathique pour un comics qui peut prendre des directions différentes de ce dont on a l'habitude.
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Image : Éditeur

14:44 Écrit par Hassan dans BD/Comics, Comics, DC | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : batman, terre 1, dc, urban, geoff johns, gary frank, earth one | | | |  Facebook

Hell or High Water / Comancheria

Les USA, le Texas, un matin. Il fait déjà chaud alors que le soleil se trouve bas sur l'horizon. La ville est silencieuse. Il n'y a personne dans les rues poussiéreuses. Les pipelines sont aussi nombreux que les avis de fermeture des entreprises et les avis de saisie des maisons. Une femme se rend à son travail dans une petite banque locale qui a l'air d'être construire en préfabriqué. Mais aujourd'hui n'est pas un matin comme les autres. Ce matin deux hommes l'attendent, armés, et lui demandent de vider les caisses. C'est le début d'une suite d'attaques de banques dans les petites villes du Texas. Les deux hommes qui en sont coupables savent ce qu'ils veulent, savent combien de temps il leur reste et ne cherchent pas à être plus intelligent que les banques. Ils ne prennent que ce qui est nécessaire. Pour les arrêter on leur envoie deux rangers aux trousses. L'un d'eux est presque à la retraite et c'est probablement sa dernière affaire.

Je ne savais pas trop ce que je souhaitais voir cette semaine. Je suis assez sceptique face au dernier Tim Burton (bien entendu je peux me tromper). Je n'avais pas envie d'aller voir le dernier film français non plus. Et soudain je suis tombé sur la bande annonce de Hell or High Water / Comancheria. On y voyait deux hommes attaquer des banques suivis par un ranger d'un certain âge. L'ambiance dégagée par la bande annonce m'a tout de suite attiré. Et celle-ci fonctionne aussi durant le film. On suit des hommes qui vivent dans un univers poussiéreux et délabré. Il y a de vieilles maisons, des villes mortes, des restaurants sans clients, ... Il y fait chaud et le désespoir est partout. Nous avons vraiment l'impression de tomber dans un monde sans avenir dans lequel la pauvreté et le désespoir sont une fatalité qu'il est impossible de vaincre.

Dans ce film on nous offre quatre personnes. Elles sont toutes différentes sans être forcément bien caractérisées. C'est, probablement, l'un des rares points faibles du film. Les personnages ne sont pas toujours bien écrits. Ces quatre personnes ont des envies et des buts légèrement différents. Le premier aime voler, il aime l'impression que lui donne le vol et la fuite. Le second est méthodique. Il sait ce qu'il veut et pourquoi. Son but n'est pas de continuer ad æternam mais d'atteindre un certain point pour un but précis. Face à eux il y a deux rangers. L'un est un jeune peu développé. Le second est un vieux ranger qui aime la chasse et qui incarne l'esprit du Texas. Et tout ce petit monde parle et joue dans un décor magnifique avec la crise économique en toile de fond. Ce qui donne l'impression que, sans excuser les vols, attaquer des banques est en partie justifié car celles-ci détruisent familles, avenir et villes dans leur envie de faire des bénéfices. Bref, un film que j'ai beaucoup apprécié. Un film qui dose très bien ses scènes. Il est lent mais sans tirer sur la longueur. Les scènes d'actions sont strictement nécessaires et ont de réelles conséquences. Un film que j'aurais tendance à conseiller.

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***** Une belle ambiance sans moralité inutile.

Image : Allociné

Site officiel

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09:48 Écrit par Hassan dans contemporain, Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : comancheria | | | |  Facebook

06/10/2016

Batman. L'énigme de Red Hood par Judd Winick, Doug Mahnke, Shane Davis et Jeremy Haun

Titre : Batman. L'énigme de Red Hoodbatman-lenigme-de-red-hood-270x417.jpg
Auteurs : Judd Winick, Doug Mahnke, Shane Davis et Jeremy Haun
Éditeur : Urban 29 avril 2016
Pages : 512

Ce tome contient Batman 635-341 et 646-650, Batman Annual 25 et Red Hood: The lost days 1-6. Depuis la mort de Sue Dibny le monde DC est de pire en pire, de plus en plus sombre. Gotham a connu de nombreuses épreuves entre les vilain-e-s et l'épisode No Man's Land. Et Batman a des soucis avec une invention de son cru. Mais la ville frémit de nouvelles rumeurs. Il semble que quelqu'un prenne en cible les trafiquants et les malfrats de Gotham. Bien qu'il soit sans pitié il s'attaque à des personnes spécifiques. Et ses activités mettent à mal l'empire difficilement construit par Black Mask. Mais son existence est-elle un mythe ou une réalité ? Même Batman a du mal à le savoir et lorsqu'il trouve cette personne il ne peut que se poser la question : qui se cache derrière le masque rouge ?

Le tome est constitué de trois parties. Dans la première et la seconde nous avons la confrontation proprement dite. La troisième offre des informations sur des points obscurs de l'histoire. On aurait presque pu la mettre avant les deux autres mais cela aurait pu gâcher la surprise. Il faut se souvenir, tout de même, que l'identité du Red Hood n'allait pas de soi. Bien entendu un Jason était apparu dans Silence mais, à l'époque, c'était un usurpateur. Jason semblait bel et bien mort. Cette saga était l'occasion de le remettre sur le devant de la scène. On pourrait croire que l'intrigue est un moyen de confronter deux visions : la justice aveugle de Batman mais soumise à des règles et la vengeance aveugle et sans pitié de Jason. Il y a un peu de ça. L'histoire permet de se demander pourquoi Batman ne tue pas la bande de psychopathes qui vivent à Gotham ce au prix de la mort de personnes innocentes. Mais, le reste de l'histoire permet de comprendre que l'intrigue concerne la trahison et la déception. L'histoire de ce tome est celui d'un enfant se sentant abandonné par son père et c'est plutôt réussi.

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**** Une histoire connue mais efficace
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Image : Éditeur