22/04/2017

Life / Life origine inconnue

Dans un futur proche l'ISS est toujours dans l'espace. La station est de plus en plus importante et elle est toujours financée. Régulièrement, des modules sont ajoutés afin de la rendre plus efficiente. Récemment, les autorités terriennes ont décidé de mettre en place un nouveau module dédié à une seule et unique expérience dont les ramifications sont énormes pour l'humanité. Car, il y a près d'un an, une sonde envoyée sur Mars a trouvé des traces de vie. La sonde est maintenant de retour. 6 personnes sont envoyées dans l'espace afin d'étudier les échantillons et de comprendre cette nouvelle forme de vie. Les réponses, et les questions, que l'étude implique justifie un financement exorbitant mais aussi, et surtout, la mise en place de défenses jamais vue. Quoi de mieux que l'espace pour empêcher une contamination ? Mais l'étude ne se déroule pas comme prévu.

Il est impossible de voir Life est de ne pas penser à d'autres films. La première référence qui nous vient en tête est, bien entendu, Gravity. En effet, Life se déroule dans le même environnement. Une partie importante de l'image est comparable aussi bien au début du film qu'à la fin. Personnellement, je trouve que cette iconographie est très efficace. Elle me permet de ressentir le danger de l'espace et le cocon très mince qui protège les personnages d'une mort certaine (et particulièrement horrible, je vous laisse googler l'effet du vide spatial sur le corps humain). Le problème, c'est que Life se déroule après Gravity et, donc, donne l'impression d'avoir volé des images sans penser à se créer une identité propre. Ce n'est pas le seul film auquel on pense. Alien vient immédiatement en tête. Un être venu d'une autre planète qui se balade dans un vaisseau confiné, des humain-e-s qui essaient de savoir où se trouve l'alien et comment s'en débarrasser, l'impression que le danger est partout... Nous avons déjà vu ça depuis le premier film de la saga Alien. Bien que le martien créé pour le film soit différent et semble bien fonctionner dans le cadre particulier de l'ISS il n'est pas non plus parfait. Bien que cela semble voulu, il est trop identifiable pour créer la même impression d'étrangeté ressenti dans Arrival. Enfin, et c'est le plus gros problème à mon avis, on ne s'intéresse pas aux personnages. On connait extrêmement peu de chose de leur vie, de leur passé, de leurs émotions. Étant donné que l'on n'arrive pas à s'identifier il est très difficile de s'attacher à elleux et de ressentir des craintes et des émotions lors des problèmes rencontrés. Bref, le plus gros problème de ce film est de n'avoir aucune identité propre et de se retrouver en concurrence directe avec des œuvres bien meilleures.

Le second plus gros problème est le scénario. Celui-ci est très efficace. Nous commençons l'histoire par la passion scientifique. Quelque chose d'énorme est arrivé et tout le monde, dans la station et dans le monde, souhaite en faire partie et aider à comprendre ce que cette découverte implique. Diffuser en directe, sur Times Square, un événement scientifique est tout de même magnifique ! Les scientifiques de la station ont tout autant de passion et observent avec attention la beauté d'un organisme inconnu qui grandit. Seule une scientifique a des craintes. Ainsi, le ton du film est d'abord celui du triomphe de la science et de la beauté de la recherche. Dans un second temps, le ton change complètement et devient celui d'un thriller spatial. D'un seul coup, l'organisme lui-même change de forme et devient plus menaçant tandis que les événements se précipitent. On passe de la beauté d'une découverte à la lutte contre un prédateur qui tente de survivre dans un environnement hostile. Le problème, c'est que le scénario est rempli de plot holes. Ainsi, on nous explique que les cellules de l'organisme sont indifférenciées et possèdent des caractéristiques musculaires, neurales et d'observation. Pourtant, l'organisme montré plus tard donne l'impression d'un corps différencié avec des organes de mouvement, des organes de force musculaire et, surtout une tête. On passe de la digestion par un cocon à la digestion par l'ingestion. Bref, il me semble que les scénaristes ne savaient pas vraiment quoi faire de l'organisme. Le problème concerne aussi les solutions et les activités de l'équipage. Pourquoi tenter de vider d'oxygène la station alors que l'alien est montré dans l'espace en train de survivre ? Pourquoi ne pas envoyer une des capsules sur Terre avec un message enregistré ? Et surtout, pourquoi l'alien s'attaque immédiatement aux communications Terre-ISS qui sont immédiatement coupées alors que l'on nous explique que la station fonctionne sur le principe de redondance ? Bref, il y a de gros problèmes d'écritures malgré un scénario efficace.

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**** Le film est clairement rempli de problèmes, dont le manque d'identité propre. Cependant, il a bien fonctionné sur moi malgré de nombreuses incohérences.
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Image : Site officiel

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10:34 Écrit par Hassan dans Film, science-fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : life, origine inconnue | | | |  Facebook

21/04/2017

Gold

Kenny Wells est le dernier membre d'une famille de prospecteurs. Son grand-père a trouvé une colline e il a creusé. Son père a créé une entreprise qui gère plusieurs propriétés ainsi que les droits de prospections. Mais tout cela se déroulait dans le passé. Car, dans les années 80, Kenny Wells est pratiquement ruiné. Il a perdu ses bureaux, il a perdu sa maison et son équipe, de plus en plus mince, travaille dans un bar. Sa femme, Kay Wells, croit toujours en lui mais ne croit pas au retour de l'entreprise. Kenny ne survit plus que par la fumée et l'alcool. Mais, un soir, il fait un rêve. Il rêve d'une gigantesque mine en Indonésie. Une mine tellement vaste qu'elle ferait de lui l'homme le plus riche du monde. Le digne héritier de sa famille. Il se lance dans cette quête et rencontre un géologue, Michael Acosta. Ce dernier a trouvé la plus grande mine de cuivre au monde est pense que de l'or se trouve en Indonésie. Mais ce rêve est-il trop beau pour être vrai ?

Ce film est le quatrième que je vois au cinéma cette année. Oui, j'ai eu un ralentissement qui n'est pas dû à ma volonté. Mais j'aime toujours autant me rendre dans les salles obscures. Cette semaine, je n'avais pas vraiment de coups de cœurs mais j'étais intrigué. Gold fait partie des films qui m'intriguent et que je vais voir pour me faire une idée. Il fait aussi partie de ces films qui s'attaquent aux scandales financiers. Ces films, venus des États-Unis, commencent souvent par un homme (et c'est à dessein que je ne parle pas des femmes qui sont, dans ces films, des bijoux qui permettent d'illustrer la descente ou la montée dans l'échelle sociale), seul face à tout le monde, qui rêve de réussir. Cet homme sait qu'il a raison et que le système a tort. Mais il ne peut pas facilement le prouver. Heureusement pour lui, d'autres hommes décident de le croire. Coup de chance, c'est une réussite et le croyant se retrouve dans les hautes sphères de la richesse et des finances et doit survivre à ce monde décrit de manière peu sympathique voir décadente. Cet homme, dans ce film, est Kenny Wells. Personnellement, j'ai détesté ce personnage. Ce n'est pas le seul personnage que l'on peut ne pas aimer et d'autres sont pires. Ces hommes incarnent le rêve américain de grandeur et de richesse. Michael Acosta, lui, incarne l'homme qui a les pieds sur terre mais il cache autre chose. Seule Kay est sympathique. Et son rôle est de défendre la classe moyenne travailleuse face aux riches qui ne connaissent pas la vraie vie. Ces pauvres sont décidément des gens qui savent vivre ! Bref, déjà là le film me pose un problème.

Mon second problème avec ce film concerne le ton. J'ai déjà vu des films qui traitent de la finance et des scandales en prenant le parti de personnes antipathiques ou en considérant que personne n'est responsable. Parfois, c'est justifié. Margin Call, par exemple, montre des personnages essayant de sauver la peau de leur entreprise en trahissant leurs clients. Personne n'est directement responsable du problème mais les personnages travaillent activement à détruire des vies et leurs actes se terminent sur des faillites et des licenciements. The big short reprenait le même thème mais avec le point de vue des gagnants, des personnes qui ont parié sur la destruction de nombreuses vies qui ne souhaitaient qu'accomplir leurs rêves. Ces films montrent que les responsabilités sont plus diffuses et dépendent moins des personnes que d'un système entier. Cependant, ces deux films échouent à mettre en avant les responsabilités qui ne dépendent pas du système mais des choix possibles fait à l'intérieur de celui-ci. Qui a décidé de ne pas vérifier ? Qui a décidé de détruire des vies ? Et, pour Gold, qui a mis en place l’arnaque ? car Gold ne répond pas à cela. Il se termine sur l'idée que personne n'est réellement responsable. Tout le monde était de bonne foi. Pourtant, il y a bien une personne responsable du début de l'arnaque, même si d'autres personnes ont échoué à surveiller le fonctionnement de la mine.

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*** Je suis mitigé, ce n'est pas un mauvais film, il me semble assez bien écrit mais il échoue à aller au bout de son thème.
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Image : Site officiel

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09:43 Écrit par Hassan dans contemporain, Film, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : gold | | | |  Facebook

19/04/2017

Inception

7 ans après tout le monde il est temps pour moi de réparer un manque flagrant dans ma culture cinématographique des blockbusters venus des États-Unis : Inception. En effet, je n'avais pas eu l'occasion de le voir et ce n'est que hier soir que j'ai décidé d'emprunter le film à ma bibliothèque local (on peut faire ça) pour me faire une idée. Inception est un film de Christopher Nolan après deux Batman et Le Prestige (que je n'ai pas vu non plus mais il se trouve dans ma liste). Le film débute lors d'une fête. Plusieurs personnages dialoguent. Certains de ces personnages sont des braqueurs qui souhaitent ouvrir un coffre caché dans un bureau. On pourrait croire à une scène classique. Mais il y a une différence. Les personnages ne sont pas dans la réalité mais dans un rêve commun qui permet d'entrer dans la partie la plus intime d'une personne. C'est un boulot dangereux et difficile. Mais la personne que l'on suit, Cobb, est l'un des plus talentueux du monde. Ses capacités seront mises à rude épreuve quand on l'engage non pas pour voler une idée mais pour en implanter une.

Inception est un film compliqué. Il ne l'est pas parce que l'intrigue est compliquée. Il ne l'est pas non plus parce que les personnages sont compliqués ni parce que l'univers est fouillé. Les personnages sont, pour la majorité, peu développé. Ce sont des rôles dans une équipe. Il y a le commanditaire et plusieurs spécialistes : l'architecte, l'imitateur, le chimiste et l'enquêteur. Les personnages sont principalement définis par leurs rôles dans l'équipe de Cobb. Ce dernier, joué par Leonardo di Caprio, est le plus développé. En effet, durant le film nous en apprenons plus sur son histoire et l'intérêt pour lui de réussir cette mission. On peut ajouter sa femme, Mal. Mais cette dernière a encore moins de substance que le reste de l'équipe et ne sert qu'à faire avancer le personnage principal. L'univers, lui, existe mais n'est pas décrit. Nous savons que Nolan décrit un monde qui permet d'envahir les rêves grâce à une technologie militaire. Nous savons aussi que certaines personnes se droguent pour rêver tandis que d'autres se préparent aux possibles invasions. Mais rien de tout cela ne nous est montré on doit créer nous-même le contexte. Pire encore, il est expliqué que l'esprit humain réagit à une invasion mais cela n'est jamais bien expliqué.

Au final, moins que les personnages, l'intrigue ou l'univers ce qui importe dans ce film est le thème. Qu'est-ce que la réalité ? Comment peut-on différencier le rêve du réel ? Au fur et à mesure, les personnages s'enfoncent dans des rêves élaborés pour cacher leur nature. Bien que rien ne soit réel tout semble être vrai. Il peut donc devenir difficile de revenir au monde alors que l'on risque de tout perdre. Ce thème est implanté dans le personnage de Cobb et lié à un thème bien plus intime : le deuil. En effet, Cobb a perdu sa femme mais ne peut pas la laisser partir. Elle est encore présente dans tous ses rêves et il lui est impossible de la laisser partir. En conclusion, nous avons un film qui utilise une intrigue simple avec des images spectaculaires mais que nous avons, en grande partie, déjà rencontrée pour mettre en place un film à plusieurs niveaux et nous faire questionner sur la nature même de la réalité.

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**** Un beau film. Ce n'est pas un chef d’œuvre mais c'est, assurément, un bon film dont la photographie est maitrisée afin de donner des scènes impressionnantes.
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Image : Allociné

Site officiel

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08:41 Écrit par Hassan dans Film, science-fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : inception | | | |  Facebook

16/04/2017

Jessica Jones: Alias 2. Pourpre par Brian M. Bendis et Michael Gaydos

Titre : Jessica Jones: Alias 2. Pourpre
Auteurs : Brian M. Bendis et Michael Gaydos
Éditeur : Panini comics 4 mai 2016
Pages : 336

Ce second tome contient les épisodes 16-28 d'Alias ainsi que What if Jessica Jones had joined the Avengers 1. Jessica Jones est une détective privée de New York. Elle a eu une courte carrière d'héroïne. Celle-ci s'est brusquement terminée du jour au lendemain. Depuis, Jessica Jones a troqué le costume clinquant avec une veste en cuir et des bottes. Elle s'occupe des petits problèmes du petit monde de la ville sans faire trop de vagues malgré quelques ennuis qu'elle peut avoir de temps en temps. Elle se rapproche aussi bien de Luke Cage, l'homme fourmi ou encore Matt Murdock dont elle est la garde du corps. Cependant, Jessica Jones est de plus en plus connue. Ainsi, on la contacte de plus en plus concernant des affaires étranges. Et, pire encore, alors qu'elle rentre chez elle une jeune femme habillée comme Spider-Man lui demande de l'aide avant de fuir.

L'épisode What If mis à part, ce tome est constitué de trois parties. La première concerne l'enquête sur Spider Woman, la second est l'origine de Jessica Jones et la dernière concerne Killgrave et son lien avec Jessica Jones. Ce second tome continue sur la lancée du premier en étant réaliste. Jessica Jones agit comme une femme réelle et non comme un personnage de comics. Elle jure, elle engueule, elle se bat quand c'est nécessaire mais en détestant cela. Lorsqu'elle se trouve avec un homme les deux adultes sont nus. Bref, c'est un comics qui ne censure pas.

Ce refus de censurer se retrouve dans les intrigues qui sont toutes particulièrement violentes non seulement physiquement mais aussi psychologiquement. Ce second tome est rempli d'abus. Ceux-ci sont aussi bien psychologiques que physiques allant jusqu'aux viols. Donc, si vous souhaitez lire ce comics préparez-vous. Le thème commun des intrigues concerne donc les abus. Et, pour cela, les auteurs (dont aucun n'est de genre féminin) utilisent des personnages masculins abuseurs. Que ce soit des dealers qui utilisent les corps des femmes ou Killgrave qui peut utiliser tout le monde contre leur gré. Ainsi, l'histoire de Jessica Jones est fortement impactée par sa rencontre avec celui-ci. L'écriture de leur histoire commune est particulièrement glaçante.

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***** Tout aussi bon que le premier tome, des intrigues horribles

Image : Site de l'éditeur

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15/04/2017

Injustice les dieux sont parmi nous 7. Année 4 - 2ème partie par Brian Buccellato, Tom Taylor, Bruno Redondo et Mike S. Miller

Titre : Injustice les dieux sont parmi nous 7. Année 4 - 2ème partie
Auteurs : Brian Buccellato, Tom Taylor, Bruno Redondo et Mike S. Miller
Éditeur : Urban comics 7 avril 2017
Pages : 168

Ce tome contient Injustice: Gods among us year four 8-12. Le combat contre les divinités continue. Sur les marches du Hall de la Justice les humain-e-s et les anciennes divinités se sont battues. Le fils de Zeus est mort au combat. Ce qui force Zeus à agir. Il supprime les pouvoirs de Shazam, exile Superman et pose un ultimatum au monde : vénérez les dieux de la Grèce et oubliez vos fausses divinités. Mais le monde n'est pas en accord. Les personnes croyantes refusent de suivre l'ultimatum tandis que la Ligue de Justice se cache en Atlantide. L'humanité, elle, se demande si elle n'a pas perdu un tyran pour en retrouver un autre. Dans le même temps, Plastique Man trouve enfin la prison secrète de Superman.

Cette série entre dans des eaux troubles. Depuis quelques temps, il me semble que le scénariste oublie l'histoire qu'il doit conter et essaie de faire d'autres choses. Batman n'est presque plus rien. Son personnage est à peine un fantôme manipulé par les événements et les autres personnages. Superman n'est qu'une brute assoiffée de sang qui ne prend même pas la peine de parler à ses alliés. Tout se passe comme si les auteurs n'arrivaient pas à imaginer faire se battre Batman et Superman. Alors des situations qui imposent une alliance sont créées en oubliant totalement la mise en place du régime de Superman. Ainsi, la fin du tome tombe comme un cheveu sur la soupe. L'Annual, scénarisé par Tom Taylor, est, par contre, de bien meilleure qualité et réussit à remettre en place l'ambiance des premiers tomes tout en se concentrant sur un personnage un peu ridicule et qui, pourtant, fait peur à Superman. On retrouve, enfin, l'impression de tyrannie que crée le personnage de Superman dans cette histoire.

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*** Une qualité en baisse à peine sauvé par un annual très sympathique sur lequel on retrouve l'ancien scénariste.
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Image : Site officiel

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14/04/2017

Injustice les dieux sont parmi nous 7. Année 4 - 1ère partie par Brian Buccellato, Bruno Redondo, Mike S. Miller et Juan Albarran

Titre : Injustice les dieux sont parmi nous 6. Année 4 - 1ère partie
Auteurs : Brian Buccellato, Bruno Redondo, Mike S. Miller et Juan Albarran
Éditeur : Urban comics 17 février 2017
Pages : 168

Ce tome contient Injustice: Gods among us year four 1-7. Lors de l'année 3 Batman a été manipulé par Constantine dans le but d'éliminer Trigon. Loin de s'excuser, Constantine annonçait à Bruce Wayne qu'il existait d'autres moyens de vaincre Superman. Depuis, la résistance se cache sur Terre. Personne ne peut la trouver et elle n'agit plus. La résistance est moribonde alors que Superman est plus puissant que jamais. Bien que presque plus personne ne peut le contester il s'apprête à mener un nouveau combat. Les dieux et déesses de la mythologie grecque décident d'armer les Amazones et de se lancer dans la guerre contre Superman afin de reprendre le contrôle de la terre et de l'humanité. Superman est-il assez puissant pour vaincre une divinité ? Et que fera Wonder Woman face à son peuple ?

Tous les défauts du tome précédent se retrouvent ici. Il n'y a que des scènes sans logiques qui se suivent pour donner un "beau combat" de jeu vidéo sans penser à l'intrigue. Batman se morfond et ne dit rien. Alors oui, il est intéressant de montrer un Batman qui se remet en question. Mais cela n'implique pas de ne rien faire... Pire encore, quand Batman revient personne ne réagit. Renee est totalement gâchée sans aucune raison. Les personnages partent mais reviennent sans même prendre le temps de réfléchir alors qu'une remise en cause des méthodes et du leadership de Batman aurait pu être très intéressant. Pire encore, Wonder Woman réagit comme une idiote sans se rendre compte du piège dans lequel elle se lance. Enfin, la guerre menée par les divinités est simpliste. Les personnages ne font rien puis passent à l'attaque puis attendent à nouveau sans raisons... Ce tome est un gros gâchis scénaristique.

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*** Brian Buccellato n'a aucune idée de comment utiliser les personnages et ne sait pas quelle histoire raconter. Il se contente de remplir des pages automatiquement.
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Image : Site officiel

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Thud! (Discworld 34, City Watch 7) par Terry Pratchett

Titre : Thud ! (Discworld 34, City Watch 7)
Auteur : Terry Pratchett
Éditeur : Corgi 13 février 2014
Pages : 464

Ankh-Morpork est une cité multiculturelle. Le cauchemar de certain-e-s politicien-ne-s de notre monde. Mais la cité fonctionne malgré les complots pour déposer Vetinari et revenir à "Avant". Cependant, tout n'est pas parfait. En effet, depuis quelques temps des nain-e-s traditionalistes parlent à leurs compatriotes. Illes leurs expliquent que les Nain-e-s sont supérieur-e-s au reste du monde. Que seule la vie dans la terre vaille la peine, la surface n'est qu'un rêve. Mais surtout, il leur est expliqué que les trolls sont des ennemis naturels qu'il faut exterminer. Les problèmes posés par ces paroles sont si importants que même la garde en souffre. Mais rien ne saurait la préparer au meurtre de l'un de ces nain-e-s traditionaliste. Les trolls sont accusés alors que la fête de la bataille de Koom Valey approche. Vimes a beaucoup à accomplir alors que trois trônes vacillent face à la perspective d'une guerre qui pourrait tout engloutir.

Comme souvent, dans le cadre du cycle de la garde, l'intrigue parle des ethnies et des problèmes qui peuvent exister. Depuis le début du Disque-Monde, Pratchett a transformé Ankh-Morpork pour en faire une ville sûre - plus ou moins en tout cas - avec une population non-humaine de plus en plus importante et qui, malgré les humain-e-s, s’intègre assez bien. Dans le même temps, le fonctionnement politique des nain-e-s a été fortement développé tandis que les trolls ne sont plus des brutes sans cervelles même si leur histoire n'est pas très développée. Ce tome ajoute une couche en donnant plus de substance à l'histoire des trolls mais aussi en développant la faction traditionaliste des nain-e-s. Par la même occasion, Pratchett égratigne les politicien-ne-s qui préfèrent créer des divisions plutôt que de relier des populations différentes. Pratchett se base aussi sur l'histoire d'une ancienne bataille. Il montre de quelle manière l'histoire peut être utilisée par des politicien-ne-s pour défendre une certaine position. Il montre aussi comment on réagit lorsque ce que l'on croit vrai est, en fait, une invention.

Mais Pratchett ne serait pas Pratchett s'il ne prenait pas le temps de se moquer de notre époque. Ce tome est l'occasion de s'en prendre à The da Vinci code. Les personnages de ce tome découvrent une histoire cachée que seule un trésor permet de comprendre. Pour cacher cette vérité un groupe se constitue afin de détruire toutes les traces qui en restent. Mais cette vérité, le secret de la Koom Valey, est cachée dans une peinture d'un artiste fou ! Vimes essaie de comprendre et suit des indices disséminés par plusieurs gouvernements. Si ce n'est pas une histoire qui vous rappelle quelque chose vous avez beaucoup de chance ! Ce petit plus, cette petite gentille moquerie, donne une saveur de plus à un tome déjà très bon et bien assez riche.

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***** Terry Pratchett a atteint sa vitesse de croisière et le Disque-Monde sa maturité.

Image : Site officiel

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12/04/2017

Injustice les dieux sont parmi nous 6. Année 3 - 2ème partie par Tom Taylor, Brian Buccellato, Bruno Redondo et Mike S. Miller

Titre : Injustice les dieux sont parmi nous 6. Année 3 - 2ème partie
Auteurs : Tom Taylor, Brian Buccellato, Bruno Redondo et Mike S. Miller
Éditeur : Urban 8 juillet 2016
Pages : 184

Ce tome 6 contient Injustice: Gods among us year three 7-12 et annual 1. Lors de cette troisième année Batman s'allie à John Constantine afin de vaincre Superman. Pour cela, il accepte de kidnapper Raven et d'accomplir un pacte avec un démon. Malheureusement, d'autres forces magiques sont en accord avec Superman. La créature du marais par exemple mais aussi, et c'est une surprise, le Spectre dont la puissance est presque inégalée. Mais Batman a réussi à placer Superman dans un sommeil magique et son règne en est fragilisé. Le combat n'est pas terminé et l'une des prédictions de Madame Xanadu est accomplie : Wonder Woman est de retour et elle fera tout son possible pour sauver Superman et châtier ses ennemis !

Que penser de ce nouveau tome et de son changement de scénariste ? Personnellement, j'ai beaucoup moins apprécié. Injustice pose la question du pouvoir absolu, de la tyrannie, de la nécessité d'agir en commun et de la résistance. Pour cela, Superman avait été posé comme l'homme bon qui tombe et Batman l'homme mauvais mais moral. Ça fonctionne assez bien malgré l'impression que les tomes enchainent les combats sans vraiment avance. Un problème rendu plus important encore par le fait que l'on connait la fin. On sait que Superman gagne et que seul l'intrigue du jeu vidéo permet à Batman de finalement le vaincre. Le comics est censé nous montrer un processus et non une suite de combats. Malgré tout, ça fonctionnait encore assez bien.

Malheureusement, ce nouveau tome oublie le processus pour ne créer que des situations arbitraires dont la résolution est mal écrite. L'exemple parfait est le secret derrière le comportement du Spectre. Pire encore, ce tome donne l'impression de ne créer que des combats sans aucune substances comme si le jeu était figé. Mais le pire, à mon avis, est Wonder Woman. Depuis le début je me suis demandé pour quelle raison une femme qui incarne une guerrière chargée de défendre la paix se range dans le camp de Superman. Ce tome nous donne la réponse et elle pose de nombreux problèmes. Non seulement, à mon avis, la raison de Wonder Woman est mauvaise. Mais, en plus, elle détruit tout possibilité d'exister pour elle-même. Il aurait été bien plus intéressant de laisser Superman dormir et de donner à Wonder Woman le leadership. Enfin, l'évolution d'Harley Quinn est effacée. Durant les tomes précédents elle expliquait ne plus vouloir vivre une relation abusive. Ce tome la voit tomber amoureuse d'un homme après qu'il l'ait frappée au combat... Ce tome me donne l'impression d'un gâchis.

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*** Tout se passe comme si les personnes en charge ne savent pas quoi faire de l'intrigue ni des personnages.
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Image : Site officiel

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11/04/2017

Game of thrones 6

Westeros existe toujours, malgré les batailles et les humain-e-s qui tentent de tout détruire. Le mur tient encore, les grandes maisons sont loin d'être mises à mal et la religion officielle est encore plus forte qu'auparavant sous la direction d'un fanatique aux pieds nus. La fin de la saison 5 était emplie de cliffhanger. Plusieurs personnages était mis en danger alors que de nombreux événements avaient lieu en même temps. La saison 6 reprend immédiatement. Cersei est mise à mal, John Snow est mort et Daenarys a disparu. Il semble que Westeros soit pacifié malgré quelques lieux de résistances. Mais les impressions sont trompeuses. Le nord se prépare à l'invasion et à la guerre tandis que Petyr Baelish a pris le contrôle de la maison Aryn. Cette fausse impression de sécurité cache une instabilité profonde. Et les Lannister ne sont plus la maison qu'ils étaient sous Tywin. De l'autre côté de la mer, Tyrion s'habitue à gouverner au nom de Daenerys. Mais ses efforts pourraient bien être un échec.

La saison 5 est la moins bonne de la série. Plusieurs raisons peuvent être avancées pour l’expliquer : il fallait préparer la transition entre l'absence de livres et la série, des facilités scénaristiques, trop de personnages et de lieux en même temps... Je pense que le pire épisode est le 509 qui voit Stannis décider de brûler sa fille, Shireen, au mépris de toute la construction de son personnage. C'était un épisode écrit par des fainéants qui se sont contentés de choquer pour choquer sans prendre en compte une once de logique. On pouvait donc craindre pour la suite de la série alors que les scénaristes devaient oublier la béquille que sont les livres. Heureusement, il me semble que cette saison 6 repart sur de bonnes bases. Elle commence à terminer une bonne partie des intrigues qui ont pu être oubliées auparavant. Les scènes violentes sont toujours présentes mais elles sont moins inutiles que l'exemple que j'ai donné. Au contraire, il me semble qu'elles servent à montrer l'horreur de ce que vivent les personnages plutôt que de choquer gratuitement (mais il est possible de ne pas être d'accord avec moi).

À mon avis, l'exemple le plus frappant est Sansa Stark. Ce personnage, durant les premières saisons, est impliqué dans des événements et avec des personnes sans y avoir été préparée. Elle tente, avec difficultés, de survivre. Lors de la saison 4, elle s'enfuit de la capitale pour se retrouver en relative sécurité. Durant plusieurs saisons, on nous a dépeint un personnage qui apprend pour survivre et, finalement, on lui permet de vivre. Mais la saison 5 utilise Sansa dans l'une des scènes les plus controversées et mal écrites de la série (les scènes les plus controversées sont toutes du même genre et les scénaristes n'ont jamais compris le problème...). Cette scène est non seulement mauvaise mais elle ne rend pas non plus justice à Sansa. Heureusement, la saison 6, elle, nous permet de retrouver une Sansa mature qui lutte contre son frère pour prouver ses capacités et n'hésite pas à le contredire ou à agir sans lui. Sans y est dépeinte comme bien plus capable que son frère encore un peu naïf. Bref, Sans est enfin actrice de son destin.

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**** Une saison qui pose de bonnes bases pour le début de la fin et une bouffée d'oxygène après une mauvaise saison 5.
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Image : Site officiel

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09:34 Écrit par Hassan dans Fantasy, série | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : game of thrones | | | |  Facebook

05/04/2017

Loki Agent of Asgard 1. Trust me par Al Ewing et Lee Garbett

Titre : Loki Agent of Asgard 1. Trust me
Auteurs : Al Ewing et Lee Garbett
Éditeur : Marvel 2 septembre 2014
Pages : 120

Ce premier volume contient Loki : Agent of Asgard 1-5 ainsi que All-New Marvel Now ! Point One 1. Loki est Loki. Un dieu asgardien de la discorde et de la ruse. Dans le cadre de Marvel, il est aussi l'ennemi de Thor et donc, par extension, des Avengers et de la Terre. Mais Loki veut s'échapper de cette histoire. Il souhaite créer une nouvelle réalité pour ce qu'il est. Il souhaite effacer le passé et créer un nouveau Loki toujours aussi rusé mais qui n'est pas le dieu du mal tel qu'il est décrit par tout le monde. Pour retrouver une virginité il accepte de travailler pour la mère de tout : Freyja. Loki est maintenant un agent d'Asgard. Sa mission est simple : retrouver et capturer les dieux asgardiens afin de les ramener à leur place : Asgard. Mais le comportement de Freyja est étrange. Pourquoi souhaite-t-elle, soudainement, ramener les dieux chez elleux ? Que cache-t-elle dans ses cachots ? Et Loki est-il réellement un dieu changé ?

Loki est, dans le Marvel Cinematic Universe, le seul vilain intéressant (en dehors des séries Netflix). Il n'est donc pas étonnant que je l'apprécie. Il est rusé, il aime créer des énigmes, il est capable de se métamorphoser et de changer de sexe. En plus, j'apprécie particulièrement l'histoire des Vikings et la mythologie nordique bien que sa traduction en comics soit peu fidèle. L'idée de faire de Loki un agent chargé des missions en faveurs d'Asgard m’intriguait. Cette identité me semble plus proche du Loki original que du simple vilain dieu du mal que nous voyons dans les autres histoires. Dans le cadre de ce premier volume, Loki est aussi rajeuni, rendu plus "beau" et plus drôle et sympathique.

Bien qu'il ne soit pas forcément utile de chercher trop loin, il me semble que l'histoire parle d'identité. Ayant lu un certain nombre de livres de Pratchett dernièrement il n'est pas surprenant que ce thème me reste en tête. Loki, dans ce volume, essaie d'échapper au destin des dieux asgardiens et surtout à son destin. Il veut oublier son identité passée et se créer une nouvelle identité. Pour cela il accepte un pacte : une bonne action efface un crime passé. Car, selon Loki, les anciennes histoires ont du poids et cela pourrait le faire retomber dans son identité passée. Un thème assez pratchettien en quelque sorte. Sans être flamboyante, l'intrigue est bien menée, drôle et plaisante à lire. J'ai particulièrement apprécie le second épisode qui se déroule en plein milieu d'un speed dating !

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**** Pas de grandes réflexions mais une intrigue plutôt bien menée pour un personnage que j'apprécie.
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Image : Éditeur

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04/04/2017

Captain America Sam Wilson 1. Not my Captain America par Nick Spencer, Daniel Acuña, Paul Renaud et Joe Bennett

Titre : Captain America Sam Wilson 1. Not my Captain America
Auteurs : Nick Spencer, Daniel Acuña, Paul Renaud et Joe Bennett
Éditeur : Marvel 3 mai 2016
Pages : 136

Ce premier volume contient les numéros 1-6 de Captain America, Sam Wilson. Suite à une aventure que je n'ai pas lue le Captain America n'est plus le même. Steve Rogers, après des années de service et un bon moment passé au froid, est vieux. Il est trop vieux pour prendre le bouclier et défendre les valeurs des États-Unis. Il décide donc de nommer un successeur. Celui-ci n'est autre que l'un de ses amis les plus proches : Sam Wilson alias le Faucon. Sam Wilson change le style de Captain America. IL peut voler, il utilise des oiseaux et surtout il décide de quitter le gouvernement et le SHIELD afin d'aider les personnes qu'il pense pouvoir aider au lieu de suivre des ordres qu'il n'accepte pas toujours. Ce choix l'amène à prendre des positions qui ne sont pas populaires et, rapidement, la question Captain America devient brulante au niveau politique. Sam Wilson serait un traitre et il est de moins en moins apprécié.

Captain America, et particulièrement Steve Rogers, n'est pas le personnage qui m'intéresse le plus. Il est l'étendard des valeurs des États-Unis et, en tant que tel, est plus un symbole lointain plutôt qu'un personnage réel. Pour moi, le Captain America a autant d'intérêt que Superman en tant que symbole : pas grand-chose. Bien entendu, il y a eu des histoires intéressantes avec Steve Rogers. Mais ce run avec un Captain tenu par un nouveau personnage me semble bien plus intéressant. En effet, dès le début Sam Wilson, et donc les auteurs, explique qu'il souhaite s'impliquer de manière bien plus importante en politique. Cela conduit Sam Wilson à dénoncer des politicien-ne-s ainsi qu'à s'attaquer directement au SHIELD. La rupture est mise en scène lors d'une confrontation avec un-e whistleblower qui dévoile des secrets militaires (hello Snowden).

Mais ce qui change rend ce volume vraiment intéressant est la manière dont l'intrigue est menée. Il est dommage que celle-ci soit coupée par la transformation de Captain en loup mais ce n'est qu'un détail. Les auteurs ont décidé de s'attaquer directement aux discours politiques actuels aux USA et l'ombre de Donald Trump est très proche. Ainsi, le premier groupe de vilain-e-s est une milice citoyenne qui patrouille sur la frontière entre les USA et le Mexique. Captain est confronté à un groupe raciste, qualifié d'imbéciles par Steve Rogers, qui prétend défendre le pays face à la criminalité et la maladie. On trouve bel et bien l'idée que "l'étranger" est responsable de tous les malheurs depuis le chômage jusqu'à la nécessité de choisir sa langue lorsqu'on contacte l'administration. Les auteurs vont encore plus loin, en effet, ils décident de confronter le Captain à un groupe industriel qui finance et utilise les milices citoyennes dans le but de faire de l'argent. Ici, Sam Wilson se retrouve au centre de la bourse de New York et ses combats sont entrecoupés par des prédictions sur l'effet qu'ont les actions de Sam Wilson sur la bourse.

Au final, ce premier volume consacre un nouveau Captain aux buts bien plus proches des problèmes actuels. Tellement proche que seule le contexte Trump peut expliquer l'intrigue dépeinte par les auteurs. Ceux-ci, à mon avis, réussissent leur pari mais cela n'a pas dû plaire à tout le monde. Les dessins, eux, sont plutôt à mon goût dans un style que j’apprécie particulièrement pour les 3 premier épisodes. Je suis curieux de voir la suite.

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**** Un premier volume que j'ai apprécié. Ce ne sera pas le cas de tout le monde.
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Image : Éditeur

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01/04/2017

Going postal (Discworld 33, Moist von Lipwig 1) par Terry Pratchett

Titre : Going postal (Discworld 33, Moist von Lipwig 1)
Auteur : Terry Pratchett
Éditeur : Corgi 13 février 2014
Pages : 496

Moist von Lipwig n'est qu'un nom. Un nom inconnu car son détenteur a utilisé de nombreux alias durant sa carrière d'escroc. Mais la justice du Patriciens, et la garde, l'ont rattrapé. Après plusieurs mois dans un cachot à creuser le mur avec une cuillère il est enfin soumis à la mort par pendaison pour ses nombreux crimes et les dégâts qu'il a commis. Mais, le Patricien a d'autres plans. Après avoir sauvé la vie de Moist von Lipwig il lui soumet un choix: prendre la tête de la poste d'Ankh-Morpork ou prendre la porte (suivie d'une chute fatale). Ce que Moist von Lipwig ne sait pas c'est que la poste n'est plus qu'une coquille vide. Le bâtiment est en déliquescence, ses biens ont été volés, il n'y a plus que deux employés ainsi qu'un chat et les couloirs sont remplis de lettres qui n'ont pas été acheminées! Relancer la poste est un travail qui pourrait bien ne se terminer qu'à la mort. De plus, les citoyen-ne-s de la ville font maintenant confiance aux Clacks pour acheminer leur message en vitesse et en sécurité bien que le réseau soit de plus en plus cher et de moins en moins fiable. Comment une poste qui peut mettre plusieurs mois à donner une lettre peut-elle concurrencer un service quasiment instantané?

Encore une fois, on retrouve le thème favori de Pratchett: les histoires et leur pouvoir. Deux personnages dans ce roman utilisent des histoires afin de gagner de l'argent et de l'influence sur les autres personnes. Ce sont Moist von Lipwig et Reacher Gilt. Les deux expliquent que leur réussite ne dépend pas de leur capacité mais de leur réussite à vendre une histoire. Ainsi, ce tome est, en quelque sorte, une confrontation entre deux histoires construites et mise en scène par deux escrocs. Cependant, à mon avis, le thème principal de ce tome, premier de son cycle mais que l'on pourrait relier à Industrial revolution, est le capitalisme. En effet, les clacks sont une invention d'un groupe de personnes qui essaient de nouvelles choses. Dans ce tome, il est expliqué que ces personnes ont été volées par un consortium de financiers qui ont manipulé les chiffres en grands maîtres. Les capitalistes sont dépeints comme des ignorants imbéciles qui ne comprennent pas le système qu'ils possèdent mais qui ne souhaitent que créer de l'argent. Ainsi, on peut voir dans la seconde privatisation des Clacks une forme de privatisation d'un bien public. Il y a un réseau qui demande de la maintenance et un service impeccable. À partir du moment où des privés achètent le tout, la maintenance est mise à l'arrêt tandis que le service devient de moins en moins bon au service d'un profit plus important. Ainsi, Pratchett décrit ce qui arrive quand on privatise un réseau.

Bien entendu, on ne peut pas ne pas voir une lutte entre l'internet et la poste. Bien que les Clacks ressemblent bien plus au télégraphe qu'à l'internet le fonctionnement est proche du WEB. Ainsi, l'un des groupes se nomme GNU. Pratchett serait-il linuxien? Ce même groupe aime pirater le système afin d'y implanter ses propres codes et d'en vérifier le fonctionnement. Les employé-e-s des Clacks sont elleux-même des passionné-e-s qui bricolent quand cela est possible. On pourrait même penser que le fonctionnement des codes des Clacks est proche du fonctionnement de l'Internet avec des messages clairs et accessibles et tout un univers sombre qui permet au web de fonctionner. La lutte avec la poste est aussi celle entre l'efficacité et la rapidité et l'univers plus charnel des lettres. Moist von Lipwig joue, bien entendu, avec les problèmes des Clacks mais il démontre aussi que les lettres ont des effets bien plus intenses qu'un message virtuel. Ainsi, les premières lettres délivrées dans le tome crée des drames qu'ils soient romantiques ou des émeutes! Au final, Pratchett signe ainsi une forme d'ode aux lettres tout en ne descendant par l'internet en flammes.

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***** Encore une fois, un tome qui s'inscrit dans un Disque-Monde mature qui permet de s'intéresser à son fonctionnement réel tout en faisant le lien avec notre propre monde.

Image: Site officiel

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29/03/2017

A hat full of sky (Discworld 32, Tiffany Aching 2) par Terry Pratchett

Titre : A hat full of sky (Discworld 32, Tiffany Aching 2)
Auteur : Terry Pratchett
Éditeur : Harper Collins septembre 2015
Pages : 400

Tiffany Aching a maintenant 11 ans. Il y a deux ans qu'elle a vaincu la reine des fées en combat singulier. Mais elle ne sait pas exactement comment elle a accompli cet exploit. Il y a exactement deux ans que Granny Weatherwax lui a signifié son respect et lui a offert un chapeau de sorcière invisible. Cette même journée, il avait été expliqué à Tiffany Aching que lorsqu'elle serait prête une sorcière viendrait la chercher pour l'emmener en apprentissage. Son territoire serait mis en observation pendant son départ en attendant son retour. Il est maintenant l'heure de partir. Bien que Tiffany ne sache pas vraiment ce qu'est la sorcellerie elle se rend rapidement compte que ce n'est pas du tout ce qu'elle pensait. Faire attention aux petits soucis du voisinage ne semble pas être un acte particulièrement magique. Alors elle essaie de petits tours. Mais ce qu'elle pense être parfaitement inoffensif pourrait bien mettre sur sa trace un prédateur aussi ancien que puissant.

Lors du premier tome du cycle de Tiffany Aching je concluais sur l'impression que le livre créait un personnage. Toutes les aventures de Tiffany n'étaient que des moyens pour elle de découvrir son identité de sorcière et son lien avec son territoire. Ce second tome s'inscrit dans cette même impression. Bien que Tiffany sache ce qu'elle est cela n'implique pas qu'elle sache qui elle est. Quoi de mieux, pour parler d'identité, que d'utiliser une jeune adolescente? Ainsi, ce tome permet à l'auteur de confronter Tiffany Aching à ses paires et aux identités imposées par un monstre venu des débuts des temps. Les sorcières sont, chez Pratchett, une sororité large et peu régulée. Il existe une ou deux institutions mais les personnages sont souvent seuls. Ainsi, la quête d'identité de Tiffany Aching lui permet de découvrir plusieurs styles de sorcellerie et de décider de celle qui lui convient. Ces styles se divisent en deux: la sorcellerie modeste mais toujours présente de Granny Weatherwax et de l'enseignante de Tiffany Aching et la sorcellerie qui utilise des objets et qui essaie d'avoir du style. D'une certaine manière, on trouve dans ces deux styles une tension entre ce qui est pensé archaïque et ce qui est vu comme moderne.

De plus, ce tome est probablement l'un de ceux qui parle le plus de la puissance des histoires. C'est un thème presque universel sur le cycle du Disque-Monde mais certains livres s'y attachent de manière plus importante que d'autres. À mon avis ce tome fait partie de ceux-ci. En effet, Granny Weatherwax y personnifie l'importance des histoires pour non seulement aider les autres mais aussi imposer le respect. Les histoires n'ont pas forcément besoin d'être racontées ni d'être la vérité il faut simplement qu'elles existent. Mais, si j'ai bien lu, les histoires sont aussi des moyens de se créer une identité. Il y a toute une scène, probablement la meilleure du livre à mon avis, qui explicite cette idée. En conclusion, Pratchett signe un second tome d'un cycle qui possède tout ce qui fonctionne dans le Disque-Monde mais qui est, ici, mature et non en construction.

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**** Un bon second tome pour un cycle encore jeune. Je me réjouis de lire la suite des aventures de Tiffany Aching.
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Image: Site officiel

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27/03/2017

Monstrous Regiment (Discworld 31, Industrial Revolution 3) par Terry Pratchett

Titre : Monstrous Regiment (Discworld 31, Industrial Revolution 3)
Auteur : Terry Pratchett
Éditeur : Corgi 13 février 2014
Pages : 480

Borogravia est en guerre. Borogravia est toujours en guerre. Le petit pays est soumis à une monarchie dont le rôle est d’intercéder auprès d'un dieu capable d'interdire la couleur bleu et le chocolat. Régulièrement, Borogravia déclare la guerre après qu'une partie de terrain change de main suite à un changement de lit de la part d'une rivière déclarée frontière naturelle. Mais cette guerre pourrait bien être perdue. En effet, la duchesse de Borogravia est probablement morte. Son héritier est le dirigeant de l'un des pays ennemis et il n'hésite pas à envahir sa voisine pour donner un peu plus de légitimité à ses ambitions. Pire encore, cette invasion est soutenue par les grandes puissances dont Ankh-Morpork qui envoie un corps expéditionnaire sous la direction de Vimes. Mais une petite troupe de recrue se lève entre les citoyen-ne-s de Borogravia est les ennemis. Ces recrues sont les dernières et les moins bien fournies mais elles ont l'immense avantage d'être toutes des femmes.

Ce tome est probablement le plus féministe des livres du Disque-Monde. Bien entendu, Pratchett avait déjà créé des personnages féminins et même parlé des choix possibles ou impossibles. Les naines en sont l'exemple puisque celles qui vivent à Ankh-Morpork rejettent la tradition et souhaitent avoir le choix de s'habiller comme elles le souhaitent. Mais ce livre décide de ne prendre que des femmes comme personnages principaux. Il y a des hommes, mais ils se trouvent soit en dehors de l'intrigue pour apparaître de temps en temps soit sont des imbéciles chanceux (ou des imbéciles tout court). Dans ce tome, on observe une petite troupe de recrues tenter de cacher leur identité de femmes dans le cadre d'un milieu très masculin. Pratchett aurait pu simplement en rire mais il utilise ce début d'intrigue pour mettre en question le partage des tâches ainsi que le fonctionnement genré de la société. Il va même très loin quand on connaît le dénouement de l'intrigue.

Pratchett utilise aussi ce tome pour parler de politique étrangère. Je l'ai déjà dit (je crois), Ankh-Morpork ressemble beaucoup aux USA. C'est une ville qui possède une grande puissance économique et une identité culturelle forte qui est exportée dans le monde entier. Par contre, la ville ne possède pas d'armée très importante. Vimes est ici l'incarnation de la puissance étrangère qui décide de se mêler des affaires d'autres pays pour des raisons monétaires. D'ailleurs, Vimes n'est jamais capable d'user de l'excuse officielle et éclate de rire avant de la terminer: libérer les peuples opprimés. Face à cette ingérence, Borogravia est l'exemple du petit pays qui n'est pas aussi avancé qu'Ankh-Morpork mais est fier de son histoire. Pour enrober tout cela, Pratchett ajoute un peu de réflexion sur la propagande, en particulier les journalistes de guerre. Après tout, ce n'est qu'une variante du grand thème de Pratchett: la puissance des histoires et de la croyance en elles.

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**** Un tome plutôt bon qui réussit à se détacher de personnages envahissants et bien intégré au Disque-Monde.
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24/03/2017

The wee Free Men (Discworld 30, Tiffany Aching 1) par Terry Pratchett

Titre : The wee Free Men (Discworld 30, Tiffany Aching 1)
Auteur : Terry Pratchett
Éditeur : Corgi 29 avril 2004
Pages : 279

L'une des personnages dont on me parle depuis un bon moment apparaît enfin: Tiffany Aching. Tiffany est une jeune fille de 9 ans. Elle vit dans une bergerie avec sa famille constituée de beaucoup de sœurs et de son petit frère, le seul enfant mâle de la famille. Ses journées sont divisées par les travaux qu'elle doit accomplir pour sa famille et faire attention à son frère qui ne souhaite de la vie que de recevoir des friandises. Mais la vie sympathique de Tiffany va changer. En effet, les fées souhaitent revenir dans le monde. Les monstres commencent à prendre forme dans les forêts et les rivières tandis que son petit frère est enlevé. Mais Tiffany n'est pas une simple petite fille de 9 ans. Elle est une sorcière de 9 ans (bien qu'elle ne soit pas entraînée). Et les sorcières n'apprécient pas lorsqu'on vole ce qui leur appartient.

Ce tome est un nouveau livre écrit à destination des enfants. Ainsi, Pratchett décide de parler des histoires et des contes de fées. Il utilise tout ce que l'on connaît et que les enfants connaissent et montre pourquoi ces histoires sont bêtes. Pendant qu'on y est... autant utiliser un personnage du même âge que le public cible. Mais l'intrigue n'est pas aussi simple. J'ai l'impression que, derrière l'aventure et la quête, Pratchett parle de deuil. Tiffany a perdu sa grand-mère récemment. Celle-ci est pourtant très présente dans le récit et dans la vie de Tiffany. À plusieurs reprises, l'intrigue s'arrête pour expliquer de quelle manière la Grand-Mère aurait réagi face à des événements précis qu'ils soient des injustices ou de simples soirées jusqu'au climax du livre.

Malheureusement, je n'ai pas exactement apprécié ce livre. Je l'ai trouvé trop facile. Comme si Tiffany ne pouvait pas échouer. Mais il est possible que ce soit voulu. Peut-être est-il plus intéressant de penser le personnage de Tiffany comme un personnage en construction durant l'intrigue. Au début du livre, Tiffany Aching ne sait rien ni ne comprend rien, elle agit selon ce qu'elle pense juste. Elle ne fait que suivre son instinct. L'intrigue lui permet de mettre en doute ce qu'elle pense savoir et de découvrir non seulement l'identité de sa famille mais aussi ce qui est réel, l'identité de son ennemi et surtout sa propre identité. À mon avis, le livre est un moyen facile de créer Tiffany. Mon problème est donc dû au fonctionnement même du tome. Ce qui explique pourquoi j'ai, d'un seul coup, énormément apprécié la fin du livre. Tiffany est enfin créée.

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*** D'un côté j'ai trouvé ce tome laborieux... de l'autre il crée un personnage qui pourrait donner un nouveau souffle au cycle des sorcières.
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Image: Site officiel

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23/03/2017

Night Watch (Discworld 29, City watch 6) par Terry Pratchett

Titre : Night Watch (Discworld 29, City watch 6)
Auteur : Terry Pratchett
Éditeur : Corgi 13 février 2014
Pages : 480

La garde est en alerte. Un tueur, Carcer, parcoure les rues de la cité. La garde est habituée aux assassin-e-s qui suivent un code et sont parfaitement à l'aise dans le cadre d'une soirée entre personnes civilisées. Mais un tueur c'est autre chose. Surtout que celui-ci tue des gardes. Il tue et en rit. Clairement, il est fou et sa disparition ne peut que rendre le monde un tout petit peu plus sûre pour toutes les autres personnes et surtout celles qui se trouvent à moins de 50Km de Carcer. Heureusement, Carcer est piégé aux alentours de l'Université Invisible. La nuit tombe et l'orage tonne alors que Vimes se lance à la poursuite après avoir laissé sa femme accoucher seule. Vimes, un tueur, de la magie et un orage? Cela n'augure rien de bon... Soudain, Vimes se réveille sur un lit à Ankh-Morpork plusieurs décennies dans le passé lors des heures les plus sombres de la ville.

Enfin! Enfin j'ai atteint le tome dont on me parle depuis le début! Le tome qui est censé montrer à quel point Pratchett peut être génial quand il écrit. Et ce tome est dense, très dense. Les livres faisant parties du cycle de la garde parlent souvent de gouvernement. Mais aucun, à mon avis, n'en a parlé aussi bien que celui-ci. Pratchett décide de placer Vimes dans une ville en proie à un Patricien devenu fou après une tentative de meurtre (je te vois Néron!). La ville est donc en proie à la peur devenue folie de son leader. Celle-ci est tellement importante que toutes personnes un peu en dehors de la loi deviennent suspectes de trahison et de rébellion. Bien entendu, une telle politique crée, automatiquement, des rebelles. Et là Pratchett décide de devenir très sombre. Il aurait été possible d'écrire un tome qui célèbre la beauté de la rébellion face à l'injustice. Certains personnages sont dans cette idée. Mais Vimes permet à Pratchett d'exprimer une pensée très cynique de la vie politique. Les rebelles sont simplement des personnes qui veulent survivre et qui se trouvent embarquées dans les évènements. Pire, les personnes à la tête des rébellions ne sont pas forcément, et même jamais, meilleurs que les tyrans. Bref, comme le dit Vimes, les rébellions ont tendance à rapidement recréer ce qu'elles critiquent. Pratchett crée même un personnage spécifiquement pour incarner cette idée!

Le cycle de la garde est aussi l'occasion de parler de la police et du fonctionnement de la justice. La garde, depuis le premier tome du cycle, est passée d'un corps corrompu et impuissant à une véritable force publique capable d'arrêter le Patricien sans même sourciller. Comme je l'ai déjà dit, Vimes est l'incarnation de ce changement puisqu'à chaque hausse de l'importance de la garde Vimes gagne en stature politique et publique. Là encore, ce tome traite ce thème à un point jamais atteint auparavant dans le cycle. Les idées de Pratchett sont tout simplement trop nombreuses pour réussit à toutes les résumer. Je pense que l'envoi de Vimes à une époque durant laquelle la garde est un ramassis de personnes corrompues est une très bonne idée. Après plusieurs tomes qui ont développé la garde voir ce qu'elle était permet de créer un choc à la personne qui lit et de mieux traiter le tome. De plus, Pratchett place une seconde garde face à la Night Watch: les Cable Street Particulars. Il faut lire avec attention ce qu'est ce groupe. Ce sont des policiers qui surveillent, vivent en secret et refusent de donner leurs identité. Leur rôle est de trouver les rebelles ou les personnes dangereuses et de les emprisonner puis de les écouter. Le fonctionnement de cette police secrète coupable de torture pourrait être utilisée par beaucoup de monde dont certain-e-s candidat-e-s à certaines hautes fonctions politiques. Je me suis particulièrement intéressé à leur chef qui personnifie Cesare Lombroso et sa thèse du criminel né. Un homme intelligent incapable de comprendre que ses idées n'ont aucune place dans le fonctionnement pratique du monde. Bref, lisez Night Watch c'est un très bon tome et l'un des plus riches.

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***** Probablement le meilleur tome à l'heure actuelle. Ce tome continue sur le tournant bien plus sombre que prend Discworld.

Image: Site officiel

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19/03/2017

The amazing Maurice and his educated rodents (discworld 28) par Terry Pratchett

Titre : The amazing Maurice and his educated rodents (discworld 28)
Auteur : Terry Pratchett
Éditeur : Corgi 26 mai 2011
Pages : 288

Nous connaissons tous et toutes l'histoire. Une ville est envahie par les rats. Les habitant-e-s et les autorités décident de faire appel à un être de légende: le joueur de flûte. Et celui-ci, après quelques aventures, s'occupe des rats. On apprend qu'il faut toujours payer la personne qui joue de la flûte. Mais ne pourrait-il pas y avoir un peu plus de substance à l'histoire? Et si, au lieu d'un homme si talentueux que sa flûte contrôle les rats, il y avait un homme qui suit les ordres des rats? Un homme qui se contente de jouer après que les rats aient fait croire à une invasion? On pourrait faire pas mal d'argent avec une idée de ce genre!

Au final, ce tome 28 continue dans la lignée du précédent: un livre destiné aux jeunes. Ici, Pratchett brode sur une histoire bien connue des personnes qui lisent les frères Grimm. Cet ajout est assez réussi et on se prend à trouver logique que le flûtiste soit membre d'une petite troupe de voleurs (même si celle-ci est constituée de rats et d'un chat). Pratchett utilise un thème qu'il apprécie: l'importance d'une bonne histoire. Si l'histoire est bien racontée avec une fin acceptable tout le monde va l'accepter. Deux personnages incarnent cette idée. Le premier est Maurice. Le chat, malgré son ironie, sait que la survie du groupe dépend du bon fonctionnement de l'histoire qui va être vendue aux villes et villages traversés. Malicia, elle, est une experte en histoires. Elle connait leur fonctionnement et elle s'attend à ce que certaines choses suivent un certain code narratif (et, de manière surprenante, c'est le cas). Au final, ce tome nous parle de l'importance d'une bonne histoire non seulement pour la vie de tous les jours mais aussi pour tenir une ville, ou un pays, face aux incertitudes de l'avenir. Jusqu'à ce que l'histoire devienne la réalité.

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*** Un tome sympathique mais vite oublié.
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Image: Site officiel

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18/03/2017

The last Hero (Discworld 27, Rincewind 7) par Terry Pratchett

Titre : The last Hero (Discworld 27, Rincewind 7)
Auteur : Terry Pratchett
Éditeur : Gollancz 13 septembre 2007
Pages : 176

Cohen le barbare s'ennuie. Il a réussi à prendre le contrôle d'un continent entier avec seulement quelques compagnons aussi âgé que lui. Son gouvernement est un souffle de liberté après les horreurs des anciens empereurs. Mais l'Empire envoie un message au Patricien. Ce dernier prévient le reste du monde en quelques heures. Cohen, le nouvel empereur, est parti après avoir kidnappé un barde. Il semble que Cohen ait décidé qu'une dernière chevauchée serait un bon moyen de réparer un vieux problème entre les divinités et les humain-e-s. Cohen compte rentre le feu, avec des intérêts. Et cela pourrait bien amener la fin du monde. Une dernière mission est mise en place pour arrêter l'homme le plus connu du Disque-Monde. Trois personnes sont choisies: Leonard de Quirm, Carrot et Rincewind qui préfère venir de son plein gré plutôt que de se retrouver mêlé aux événements par un hasard des plus suspects.

Ce tome 27 a été écrit pour des enfants et ça se voit. Ce n'est pas une question de taille mais d'intrigue. Contrairement à certains autres tomes, celui-ci laisse de côté une bonne partie de l'ironie à laquelle on était habitué. Le résultat est navrant en ce qui concerne les personnages. Leonard n'a jamais vraiment été développé mais Carrot est simplement un homme avec des muscles et une épée tandis que Rincewind perd tout ce qui fait son charme malgré la qualité bien moindre de la plupart des intrigues qui le mette en scène. Le Patricien reste un peu plus drôle que la moyenne avec une vision particulière du fonctionnement de l'Université Invisible. Bien entendu, on pourrait dire que ce tome parle de la Mémoire. Celle qui permet à des personnes de se lancer dans des idées ou des quêtes pour devenir immortel dans des sagas (et des livres d'histoire). Mais je trouve que cette idée est assez mal mise en place. On ne comprend que tardivement ce qui se déroule et il me semble que les évènements ne font que se suivre pour le plaisir d'exister sans s'insérer dans l'intrigue.

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** Il suffit de m'imaginer en train de bailler. Au moins il se lit rapidement.
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Image: Site officiel

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The thief of time (Discworld 26, Death 5) par Terry Pratchett

Titre : The thief of time (Discworld 26, Death 5)
Auteur : Terry Pratchett
Éditeur : Corgi 10 octobre 2013
Pages : 432

Les Auditeurs sont de retour. Illes ont échoué à mettre Mort à la retraite. Illes ont échoué à tuer le Père Porcher. Mais illes n'abandonnent pas! Cette fois leur problème est administratif. En effet, contrairement à un certain politicien français, les Auditeurs aiment l'administration. Illes adorent créer des fichiers, avoir des régulations et suivre les ordres et ce depuis la naissance de l'univers. Malheureusement, il existe une chose dans l'univers qui détruit tout sens de l'ordre. Une horreur qui se retrouve dans tous leurs cauchemars. Dans l'univers il y a de la vie. Et la vie a une tendance à être chaotique. Le pire ce sont ces humain-e-s qui sont, non seulement, l'incarnation du chaos mais aussi des créateurs de concepts incompréhensibles. Pour arrêter tout cela les Auditeurs décident de mettre fin au Temps. Mais les 5 cavaliers de l'apocalypse se soulèvent et leurs alliés sont un balayeur, son apprenti, Susan et une boite de chocolat.

Je suis triste. Je pensais que, enfin, j'aurais pu lire un Death que je puisse apprécier. Après tout, ce tome a tout pour plaire. Des moines qui en savent moins sur la sagesse ancestrale qu'un balayeur, un jeune homme à la destinée intéressante, du chocolat et surtout Susan Sto Hellit. En plus, Death n'est finalement pas central à l'histoire. Il est présent mais il se contente de lancer l'intrigue. Au moins on ne le retrouve pas en dehors de son rôle traditionnel comme la majorité du cycle. En parlant de Susan, son personnage continue à s'améliorer tout en gardant son identité majeure. Elle est logique, elle est éduquée et elle sait comment traiter les enfants. Ses scènes en tant que professeure d'une école sont très bien écrites et, à mon avis, la meilleure partie de ce roman. J'ai aussi bien aimé la description des Auditeurs et les conséquences de leur incarnation. Cependant, au final je n'ai pas grand-chose à dire. Je n'ai pas apprécié ce tome que je trouve à la fois lent et long et sans véritable ajout pour le Disque-Monde. Le cycle de Death continue à ne pas me plaire.

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** Je me suis ennuyé, malgré Susan et ses aventures dans une classe d'enfant.
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Image: Site officiel

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13/03/2017

The truth (Discworld 25, Industrial revolution 2) par Terry Pratchett

Titre : The truth (Discworld 25, Industrial revolution 2)
Auteur : Terry Pratchett
Éditeur : Corgi 10 octobre 2013
Pages : 448

Il y a longtemps, les citoyen-ne-s d'Ankh-Morpork ont eu l'idée de graver des pages pour faire plusieurs copies d'un même document. La technologie n'avait pas été développée de manière plus importante car de nombreuses personnes et guildes voyaient d'un mauvais œil un accès trop important à l'écriture. Après tout, que deviennent les mots sacrés et les formules magiques quand on peut les réutiliser pour un livre de cuisine? Mais le centenaire de la roussette se termine. Il est temps pour la ville d'entrer dans la modernité. Et, justement, des nains ont trouvé le moyen d'inventer l'imprimerie! Ils comprennent à peine ce qu'ils ont créé qu'un certain William se demande s'il ne pourrait pas utiliser ce nouvelle instrument pour écrire une petite feuille de nouvelles. Il pourrait l'éditer une fois par jours et même payer des gens pour y écrire! C'est ainsi que le plus grand cauchemar de François Fillon arrive sur le Disque-Monde: la presse libre est née! Et il est plus que l'heure d'une telle presse. Car le patricien est accusé de tentative de meurtre. Mais les faits semblent mener à d'autres personnes.

Qu'est-ce que la vérité? Comment l'atteindre et surtout comment la reconnaître? Pratchett se lance, dans ce tome 25, dans l'examen du quatrième pouvoir. Honnêtement, il réussit à examiner et décrire ce qu'est la presse. Pour cela, il crée un personnage venu des couches sociales supérieures, intelligent, qui essaie de ne pas être son père et qui aime écrire mais surtout qui veut, à tous prix, trouver la vérité. La manière dont son idée de lettre envoyée à quelques personnes se développe rapidement en un journal édité quotidiennement est très intéressante. En peu de pages, le journal est créé, les journalistes arrivent, la concurrence est lancée et le journalisme d'investigation se forme malgré les critiques de la garde. Mieux que ça, Pratchett montre que la publicité est un bon moyen de vérifier et de stopper ce que font les personnes puissantes tout en expliquant que les personnes qui fondent, ou possèdent, les journaux ne sont pas des membres des classes populaires.

Mais ce livre est aussi très pessimiste. Oui, le journal de William s'intéresse à la vérité, publie des enquêtes, cherche les sources et n'hésite pas à se corriger si nécessaire tout en trouvant des tournures de phrases qui permettent d'éviter de mentir tout en ne donnant pas toute la vérité. Mais, Pratchett décrit aussi les problèmes de la presse en créant une concurrence. Le journal concurrent, un 20 minutes d'Ankh-Morpork, ne se soucie pas de recherches ou de sources. Il se contente d'écrire ce qui lui a été rapporté sans essayer de vérifier. Et Pratchett décide de montrer que non seulement ce concurrent se vend mieux mais que, en plus, il intéresse bien plus les lecteurs et lectrices. Comment le dit Pratchett à la fin du livre: il y a ce qui intéresse les gens et ce qui est important pour les gens. Malheureusement, selon l'auteur, ce qui est important n'intéresse pas et n'est pas lu. Mais cela implique-t-il qu'il n'y a pas de conséquences?

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***** Un livre réussi, bien écrit mais aussi pessimiste. Ce tome ajoute encore un peu plus de richesse au Disque-Monde et c'est une très bonne chose.

Image: Site officiel

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12/03/2017

The fifth elephant (Discworld 24, city watch 5) par Terry Pratchett

Titre : The fifth elephant (Discworld 24, city watch 5) par Terry Pratchett
Auteur : Terry Pratchett
Éditeur : Corgi 10 octobre 2013
Pages : 464

Les nains ont une vie politique un peu étrange. Les rois sont des ingénieurs un peu plus élevés que les autres et on n'en sait pas beaucoup plus. C'est donc une surprise pour Sam Vimes d'apprendre qu'il est envoyé au couronnement du nouveau roi des nains. Son rôle semble être moins de gouverner que de prendre des décisions juridiques. Mais il est essentiel pour définir ce qu'est un nain. Ainsi, le patricien envoie Sam Vimes, en tant que Duc d'Ankh-Morpork, dans le pays d'Überwald. Uberwald est une contrée forestière, sans véritables lois et avec plusieurs facteurs adverses qui tentent de prendre plus ou moins de contrôle dans le cadre d'une entente séculaire. Malheureusement, l'entente est contestée par une faction particulière: la famille d'Angua. Et Sam Vimes, comme à son habitude, se trouve embourbé dans une histoire qu'il ne comprend pas. Mais il soupçonne quelque chose. Un crime a probablement eu lieu et il est de son devoir de le résoudre avec diplomatie et un Troll armé d'une arbalète de siège.

Avec les Sorcières, la garde est mon cycle préféré. Les personnages sont très réussis, les situations à la fois drôle et intéressante à comprendre et Pratchett ne se prive pas d’asticoter le fonctionnement de notre société, ses lois et ses juges. Dans ce tome, Pratchett s'attaque à beaucoup de choses. On retrouve une ambiance faussement gothique, de vastes complots et des personnes ordinaires victimes des personnes qui se croient importantes. L'une des idées qui traverse le tome est celui de la modernité face à la tradition. Ankh-Morpork est qualifié de phare de la civilisation. Les idées nouvelles y fleurissent et ce tome 24 introduit les Clack qui permettent une communication rapide entre des villes éloignées. Ankh-Morpork est aussi une ville multiculturelle qui accepte les différences des individus et des groupes. Il n'est donc pas étonnant que de nombreux peuples y viennent tout en gardant des liens avec leurs origines. Face à cela, Pratchett décrit Überwald, une contrée qui ne connait pas encore de lois mais la tradition. Toutes les factions que rencontre Sam Vimes essaient de garder un lien avec le passé. C'est particulièrement vrai en ce qui concerne les loups-garous dont le souhait de garder la tradition permet de justifier un nouvel ordre plaçant des races supérieurs au-dessus de races inférieurs (franchement, l'analogie est transparente...).

Mais Pratchett pose aussi la question du changement. Celui-ci existe-t-il vraiment? L'intrigue du livre se résout à l'aide de cette question. Bien que la fin ouvre vers un changement elle le fait en défendant une forme de permanence symbolique. Oui, tout change, mais cela implique-t-il que la modernité est différente du passé? Et j'ai l'impression que Pratchett s'est bien amusé à donner la réponse à l'énigme qui ouvre le livre à l'aide d'un groupe particulier: les Igors. Igor est un être qui est en constant changement, mais il se modifie à l'aide des objets du passé qu'il réutilise et réarrange selon son bon plaisir. Je crois que Pratchett s'est bien amusé à placer la réponse sous notre nez.

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***** La garde est un cycle que j'apprécie encore et toujours avec des personnages toujours aussi attachant! Malheureusement, cette journée est aussi l'anniversaire de la mort de Terry Pratchett. Deux ans ont déjà passé.

Image: Site officiel

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10/03/2017

Carpe Jugulum (Discworld 23, Witches 6) par Terry Pratchett

Titre : Carpe Jugulum (Discworld 23, Witches 6)
Auteur : Terry Pratchett
Éditeur : Corgi 10 octobre 2013
Pages : 416

Le royaume de Lancre se prépare à prendre part à de sérieuses réjouissances. En effet, le roi et la reine ont une enfant. La petite n'a pas encore de noms mais ce petit problème fait partie du rituel normal. Le roi a même demandé à un prêtre d'Om de venir baptiser sa fille. La reine, elle, a décidé de donner le nom de Granny Weatherwax à l'enfant. Bref, tout ira bien alors que les riches mangent de petits plats avec de l'alcool et que les pauvres s'amusent avec de la bière et de la vraie nourriture! Malheureusement, le roi a plein d'idées pour aider Lancre. Et l'une de ces idées est d'inviter les voisin-e-s d'Uberwald pour fêter la naissance. Bien que, diplomatiquement parlant, ce pourrait être une bonne idée le roi a oublié que la famille dirigeante d'Uberwald est composée de vampires. Il ne faut pas plus de quelques heures pour que les vampires prennent le contrôle de Lancre. Malheureusement pour elleux, les sorcières décident de s'intéresser aux vampires... un intérêt qui pourrait bien être mortel.

Encore une fois, les sorcières réussissent à me plaire (malgré un tome précédent un peu faible...). Il se passe beaucoup de choses dans ce livre. Pratchett se moque beaucoup des vampires tout en essayant d'expliquer pourquoi il est important de rester classique. Je pense aussi que le thème principal de Pratchett, dans ce tome, est la foi. Et, plus précisément, la foi en l'importance religieuse de certains objets et rituels. Ainsi, les vampires du livre réussissent à passer outre leur foi que certains objets peuvent leur faire du mal. Oublier leur croyance en la puissance de ces objets leur permet d'y survivre. En parallèle, le prêtre d'Om montre un voyage différent. Oats est un homme d'Eglise qui doute car il en sait trop. Bien qu'il connaisse les rituels et les objets il n'arrive pas à différencier la vérité des mensonges. Ce n'est qu'en oubliant l'importance des objets qu'il retrouve une forme de certitude puis de foi. Personnellement, je trouve ce personnage intéressant et j'aimerais bien le retrouver plus tard.

On retrouve aussi la question de Granny Weatherwax. Lors du dernier tome du cycle, j'avais l'impression que l'identité de Granny allait rapidement se poser à nouveau. Ce nouveau livre me donne raison. Terry Pratchett place son personnage face à ce qu'elle est vraiment. Granny est-elle une personne fondamentalement mauvaise ou fondamentalement bonne? Les décisions qu'elle prend  sont-elles mauvaises ou bonnes? À plusieurs reprises, Granny est confrontée à ces questions et au poids que cela implique pour son esprit. Au final, Granny fait partie de ces personnages qui ont conscience de leur tendance à vouloir faire du mal. Ces personnages savent quelle est leur identité et décident de placer tous leurs efforts pour éviter de tomber dans ce qu'illes considèrent comme mauvais. Ce qui permet à Granny d'expliquer à partir de quel moment débute la mal. Et je suis d'accord avec elle.

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***** Encore un livre du cycle des Sorcières que j'apprécie!

Image: Site officiel

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06/03/2017

The last continent (Discworld 22, Rincewind 6) par Terry Pratchett

Titre : The last continent (Discworld 22, Rincewind 6)
Auteur : Terry Pratchett
Éditeur : Corgi 1 février 2006
Pages : 416

Rincewind n'aime pas voyager. Il souhaite vivre tranquillement chez lui, se rendre sans soucis à son travail d'adjoint au libraire et manger sans être interrompu par une catastrophe. Rincewind n'a pas de chance. Depuis le début de la série il est ballotté entre toutes les différentes nations du Disque-Monde au point de se retrouver non seulement dans des lieux particulièrement dangereux mais aussi au sein de royaumes oubliés. Après s'être rendu dans l'Empire Agatéen, et avoir aidée une révolution sans le vouloir, Rincewind se retrouve sur un continent oublié et inconnu: XXXX. Il y fait chaud, l'eau est rare (mais la bière est abondante), les locaux sont sympathiques et tout ce qui bouge semble vouloir le tuer. Une après-midi ordinaire pour Rincewind. Malheureusement, il se retrouve embarqué, encore une fois, dans une quête dont le but est de sauver le monde et ses habitant-e-s.

Je suis plutôt déçu du cycle de Rincewind. La majorité des livres ne m'ont pas plus. Le seul que j'apprécie et Interesting Times. Donc, je suis rentré dans ce tome 22 avec une certaine crainte. Je me demandais si ce tome retomberait dans les travers précédents ou si Pratchett avait réussi à atteindre ce qui fonctionnait dans Interesting Times. Ce livre ne réussit ni à être aussi bon qu'Interesting Times ni à être aussi difficile à lire que les autres Rincewind. En fait, j'ai l'impression de retrouver le problème principal de Maskerade. Les personnages, et l'intrigue, avancent tout seul comme sous l'effet d'une écriture automatique. Les situations fonctionnent, Pratchett crée un continent qui ressemble fortement à l'Australie et en rigole un peu, les personnages suivent ce qu'illes sont sans accrocs. Mais un livre qui fonctionne n'implique pas un bon livre. A la lecture, je me suis contenté de suivre l'intrigue sans vraiment m'y sentir impliqué tout en comprenant assez rapidement le nœud du problème. Au final, je suis assez content de l'avoir terminé pour pouvoir passer à autre chose. Si possible, un tome plus intéressant.

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*** Le livre fonctionne, mais il ne fait rien de plus
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Image: Site officiel

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04/03/2017

Jingo (Discworld 21, Citywatch 4) par Terry Pratchett

Titre : Jingo (Discworld 21, Citywatch 4)
Auteur : Terry Pratchett
Éditeur : Corgi 1 novembre 1998
Pages : 416

Ankh-Morpork est la ville la plus grande du Disque-Monde. Dans le passé, elle était à la tête d'un empire sans commune mesure dans l'histoire. Actuellement, Ankh-Morpork est une ville cosmopolite sans armée (mais qui possède les dettes de tous les pays voisins). Tout fonctionne plus ou moins bien dans une ville qui abrite tous les peuples du monde avec les envies de se taper dessus qui vont avec. Les guildes tiennent tout cela en place avec la garde de la ville de plus en plus puissante sous l'égide de Vimes. Cependant, au milieu de la mer qui séparer Ankh-Morpork de l'empire klatchien, une petite île sort des eaux. Un lieu particulièrement important stratégiquement parlant. Mais qui possède les droits sur ce territoire? Rapidement, les personnes de bonnes volontés laissent la place à des personnes en quête de gloire et tout le monde commence à parler de la nécessité d'une guerre.

Jusqu'à maintenant mon tome préféré était Small Gods. Bien qu'il reste bien haut dans la liste j'avoue qu'il a laissé la place à ce tome 21. Terry Pratchett a réussi un coup de maître. Non seulement l'intrigue est maîtrisée mais les situations et les dialogues sont hilarants! Et si cela ne suffisait pas, Pratchett réussit à traiter de nouveaux thèmes presque à la perfection.

L'un des thèmes traité est assez logique et déjà vu dans le cycle de la garde: les crimes, la vérité et la justice. Mais, bien plus important, la question se pose des crimes trop importants pour être vus et traités par la police. Durant le tome, plusieurs personnages insultent Vimes que ce soit en parlant de son intelligence, de son rôle de chien de garde ou encore son métier. En effet, le rôle de la garde est de faire en sorte que la ville fonctionne en paix et, pour cela, s'attaque aux incivilités et aux crimes. Mais que faire lorsque les criminels ne sont pas les pauvres et les impuissants mais les personnes en charge des décisions politiques. Pire encore, que faire lorsque ces mêmes hommes sont adorés par une population prête à les suivre? Si l'on lit un peu attentivement, on observe que la réponse de Pratchett tient en peu de mots: la publicité internationale et l'humiliation.

Ce qui me permet de parler du second thème qui me semble important: la guerre. Ou, plus précisément, les effets des discours guerriers sur la population. Ici, Pratchett décrit des patriotes, des guerriers, des généraux mais aussi des profiteurs et surtout des incompétents. Même le début du conflit est ridicule! Mais Pratchett montre qu'un conflit ridicule n'en a pas moins des effets importants. Il commence par décrire une ville en proie au racisme qui commence à s'en prendre aux personnes qualifiées d'ennemies simplement parce qu'elles viennent d'ailleurs (même lorsqu'elles sont nées sur place). Pratchett décrit la perte du pouvoir civil face au pouvoir militaire qui peut mettre en place des mesures illégales sans en répondre devant la loi, car le pouvoir militaire n'est pas celui des procédures mais celui des armes. Le tome permet aussi d'observer des personnes parfaitement ordinaires souhaiter se battre et devenir des soldats au nom d'un idéal patriotique. Il y a de nombreuses références, que ce soit Jules César ou encore les plumes blanches offertes aux lâches lors de la Première guerre mondiale. Pratchett écrit de très bonnes scènes qui touchent au cœur du problème tout en faisant rire.

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***** À mon avis, l'un des deux meilleurs tomes sur les 21 que j'ai lu pour l'instant.

Image: Site officiel

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03/03/2017

Logan

Nous sommes en 2029. Après une longue vie Logan se trouve au sud des États-Unis. Il conduit une limousine de location pour une entreprise. Après une histoire mouvementée les X-Men n'existent plus. Pire encore, les mutant-e-s semblent ne plus naître. L'espèce est en voie d'extinction et il est rare d'en croiser un membre. Leurs aventures ne sont plus que des histoires pour comics book. Mais Logan n'est pas seul. Il vit avec Caliban et, ensemble, ils s'occupent d'un Charles Xavier dont les pouvoirs semblent poser de gros problèmes. Logan ne souhaite qu'une chose: vivre en sécurité tout en s'occupant de Charles. Malheureusement, une femme le reconnaît et tente de lui parler. Elle essaie de lui demander de protéger une jeune fille nommée Laura.

J'avais trouvé le premier Wolverine très mauvais. Le second était pire encore. Ces deux films m'ont poussé à détester le personnage de Wolverine et ses passages, surtout les récents, dans les X-Men m'ont beaucoup déçu (alors que d'autres personnages bien plus intéressants auraient pu prendre la charge de l'intrigue... oui je parle de toit Days of future past). Et soudain on me parle d'un troisième film, conclusif, autours du même Wolverine. J'étais sceptique. Et, d'un seul coup, j'entends que ce film serait particulièrement réussi! J'étais très intrigué vu l'histoire cinématographique du personnage. Malheureusement, je n'ai pas aimé.

En fait je suis un peu ennuyé. Les acteurs et actrices principales sont plutôt talentueuses. Pour les deux acteurs, ils jouent les personnages depuis longtemps et ce film leur donne l'occasion de créer une petite différence. Ainsi, Xavier semble regretter quelque chose dans son passé. Sans trop en dire, il est logique que ce qu'il a fait ne puisse que détruire Charles Xavier. Son être entier est en contradiction avec les actes qui l'ont brisé. Wolverine, lui, devient un personnage dépressif. Contrairement aux autres films ce n'est plus une machine de guerre indestructible. Son corps commence à lâcher et son esprit a déjà abandonné. Bref, nous avons deux personnages qui sont sur leur fin et le film met en place des scènes réussies sur le sujet. Face à eux, nous avons Laura qui est très bien jouée et qui fait un peu peur. Bref, les personnages sont plutôt réussis et certaines scènes fonctionnement très bien. Mais je trouve l'intrigue très ennuyeuse. Je n'ai pas aimé suivre l'histoire, je n'ai pas aimé son fonctionnement et je n'ai pas aimé la mise en scène du combat. Au final, j'avoue que le film est plutôt bien écrit mais je ne peux pas dire que j'ai apprécié.

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*** Pas mauvais, mais je n’ai pas aimé
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Image : Site officiel

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02/03/2017

Hogfather (Discworld 20, Death 4) par Terry Pratchett

Titre : Hogfather (Discworld 20, Death 4)
Auteur : Terry Pratchett
Éditeur : Corgi 6 juin 2013
Pages : 432

Les Auditeurs de la réalité ont échoué à contrer La Mort une fois. Alors qu'ils pensaient l'avoir détruite elle est revenue plus puissante que jamais. Mais l'administration de l'univers n'en a pas terminé avec le Disque-Monde. Car, sur ce monde, il existe des êtres bien pires que les personnifications anthropomorphiques, des êtres pires que les plantes ou les animaux. Sur ce monde il existe des humain-e-s! Et les humain-e-s ont la faculté de croire, donc de créer dans un univers qui devrait, selon les Auditeurs, être en ordre et non soumis au chaos des croyances. Alors les Auditeurs décident de tenter quelque chose. Pourquoi ne pas demander aux humain-e-s de travailler contre leur propre capacité? Pourquoi ne pas leur demander de tuer un être immortel? Un certain homme avec un embonpoint et un habit rouge qui a l'habitude d'offrir des cadeaux lors de la plus courte des journées d'hiver par exemple.

Je l'ai déjà dit, le cycle de la Mort est loin d'être mon préféré. Je trouve que Pratchett a mis en place la même histoire avec quelques changements. Ce tome, par contre, est l'un de ceux qui ont été adapté en film et qui sont sortis en DVD. Je le connais donc assez bien et je le regarde de temps en temps. Mais que penser du livre?

Je n'ai eu aucune surprise. Le film est très fidèle envers la livre. Bien entendu, certaines scènes n'apparaissent pas mais une grande partie de l'intrigue est identique. Le problème, c'est que l'adaptation est celle que j'apprécie le moins. Je déteste, en particulier, Teatime (mais c'est probablement voulu) ainsi que les Sorciers que je trouve peu utiles. Ce problème se retrouve donc dans le livre qui laisse une large place à l'intrigue des Sorciers. Le tome décide aussi de s'attaquer directement à l'un des thèmes principaux de Pratchett: la puissance de la croyance. Malheureusement, ce thème était beaucoup mieux mis en scène dans Small Gods qui reste l'un de mes tomes préférés. Bref, je préfère vous conseiller Small Gods.

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*** Meilleur que les autres Death mais moins bon que Small Gods qui reste bien plus intéressant en ce qui concerne le traitement du thème de la croyance.
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Image : Site officiel

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26/02/2017

Feet of clay (Discworld 19, Citywatch 3) par Terry Pratchett

Titre : Feet of clay (Discworld 19, Citywatch 3)
Auteur : Terry Pratchett
Éditeur : Corgi 1 mai 1997
Pages : 416

Depuis l'arrivée de Carrot la garde a bien changé. Elle est passée d'une punition pour des personnes incompétentes dont la plus grande réussite est d'éviter un tragique accident aux voleurs qui pourraient se prendre une porte ou tomber dans la rue à une vraie force de sécurité publique. La garde est maintenant bien remplie de nombreuses personnes et races. Elle commence même à tenter de comprendre ce qui pourrait devenir un examen scientifique de choses qui pourraient être des indices. La garde aura bien besoin de ces nouvelles capacités. Des meurtres ont lieu et, semble-t-il, personne n'est coupable. Pire encore, le Patricien a été empoisonné. Le capitaine Vimes ne risque pas d'apprécier qu'on l'empêche de trouver la personne responsable puis de la punir.

Qu'est-ce que la vie? Est-ce naturel? Est-ce un don d'une divinité? Est-ce que l'on peut créer la vie? Plus précisément, les robots sont-ils des objets ou des êtres vivants. La question se pose dans de nombreuses œuvres de la SF. Bien entendu, on ne peut pas ne pas parler d'Isaac Asimov et de son énorme production autours des robots. On retrouve une partie de l'idée des lois de la robotique avec le parchemin qui permet aux golems de Pratchett de penser. Battlestar Galactica est, en partie, créée autour de la différence entre une forme de vie artificielle, les cylons, et une forme de vie naturelle, les humain-e-s. À la fin (spoiler alert), on apprend que la différence n'est pas si importante qu'on ne le pensait. Et nous avons aussi cet énorme univers qu'est Star Wars. Je suis très perturbés par les robots de Star Wars qui semblent bien plus en vie qu'on ne le croit. Y aurait-il une forme d'esclavage dans Star Wars? Nous retrouvons cette idée dans ce roman. Les golems sont montrés comme des êtres qui acceptent tout travail sans se plaindre. Ils sont utilisés pour des travaux difficiles et dangereux qui tueraient un être humain. Ils sont vendus et possédés et ne peuvent pas parler. Pourtant, ils sont détestés à cause de leur manière d'être, de leur supposée stupidité (qui cache un ordre mal expliqué de la part des humain-e-s) et de l'idée qu'ils volent les emplois des gens. D'une certaine manière, on pourrait penser que ce roman décrit surtout la lutte en direction de sa propre liberté d'un golem.

Comme cela est l'habitude dans le cycle de la garde la question de la justice et de la vérité est aussi posée. La garde, lors du premier tome du cycle, est un ramassis de personnes incapables, détestées et qui n'ont pas eu d'autres choix que d'y entrer. Depuis l'arrivée de Carrot, la garde change vers une direction beaucoup plus centrale dans le fonctionnement de la société. L'importance grandissante de la garde est parallèle à la stature sociale de son commandant qui devient l'une des principales de la guilde des assassins. Ce qui compte pour Vimes, et la garde, est la justice et la vérité. Vimes fera tout son possible pour atteindre une fin qu'il estime convenable et se fâchera avec autant de personnes que possible pour trouver la vérité. D'une certaine manière, il montre pourquoi une police est nécessaire dans une ville. Il permet aussi de montrer qu'elles sont les personnes qui méritent vraiment de voir un policier leur poser des questions. À plusieurs reprises, Vimes accepte des petits crimes de la part de personnes pauvres pour mieux s'attaquer à des personnes riches qui se pensent en sécurité grâce à leur position et à leur pouvoir. La seule chose qui empêche Vimes de réussir à brûler la moitié des nobles de la ville est le Patricien (ainsi que la loi dans une moindre mesure).

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**** Comme souvent, le cycle de la garde fonctionne bien et ce tome ne déroge pas à la règle
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Image : Site officiel

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25/02/2017

Maskerade (Discworld 18, Witches 5) par Terry Pratchett

Titre : Maskerade (Discworld 18, Witches 5)
Auteur : Terry Pratchett
Éditeur : Corgi 6 juin 2013
Pages : 384

Que faire lorsque l'on s'ennuie? Il existe plusieurs réponses à cette question selon la personne à laquelle elle est posée. Agnes Nitt, par exemple, décide de se faire nommer Perdita X et de se rendre à Ankh-Morpork. Elle y découvre un lieu destiné exclusivement à l'opéra. Heureusement pour elle, il se trouve qu'elle est une très bonne chanteuse. Elle décide, naturellement, d'entrer dans l'opéra et de tenter sa chance. Mais elle n'est pas aussi populaire qu'une autre chanteuse bien qu'elle soit bien meilleure. Pire encore, il semble que l'opéra soit hanté par un fantôme qui apprécie particulièrement les meurtres. En ce qui concerne Granny Weatherwax, elle cherche à passer outre l'ennui. Et pour cela elle décide que les affaires des autres la concernent. Par exemple, pourquoi ne pas redresser une injustice financière commise par un éditeur d'Ankh-Morpork? Et si, par la même occasion, elle décide de s'occuper d'un fantôme ce ne serait que coïncidence.

J'ai apprécié une grande partie du cycle des Sorcières. Elles ont toutes une personnalité attachante qui fonctionnent assez bien. Le cycle est particulièrement réussit car les sorcières sont simplement des personnes un peu plus intelligentes que les autres qui utilisent une bonne dose de ruses pour arriver à leurs fins. Mais, ce roman ne fonctionne pas aussi bien que les autres. Les situations me semblent un peu trop faciles comme si Pratchett se contentait de laisser les personnages fonctionner sans trop se poser de questions. Mis à part cela, je pense que la parodie est assez facile à comprendre.

Cela dit, j'ai l'impression que le thème de ce roman pourrait avoir des répercussions plus lointaines. En effet, à mon avis, ce qui importe dans ce tome est l'idée d'identité. Le fantôme n'est qu'une identité qui se révèle au monde. La personne qui se trouve derrière me masque n'est pas identique à la personne qui le porte. D'une certaine manière, le masque est ici un révélateur de vérité. Parallèlement, il semble que Granny ait des problèmes avec son identité. Elle devient, progressivement, l'un des personnages les plus puissants de l'univers du Disque-Monde. Granny en est consciente et se rend compte qu'il lui serait facile de punir et agir dans l'impunité. Mais elle souhaite rester Bonne tout en souhaitant être Mauvaise. Je me demande comment son personnage va tourner dans les futurs tomes.

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*** Un tome intéressant mais que j'ai moins apprécié
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Image : Site officiel

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22/02/2017

Interesting times (Discworld 17, Rincewind 5) par Terry Pratchett

Titre : Interesting times (Discworld 17, Rincewind 5)
Auteur : Terry Pratchett
Éditeur : Corgi 1 octobre 2005
Pages : 432

Après une désastreuse aventure touristique, le retour d'un sourcier, son bannissement dans les enfers suivis de son retour par l'invocation d'un jeune homme Rincewind jouit d'une petite pause bien méritée sur une île paradisiaque, bien pourvue en poissons et en noix de coco et, surtout, sans que personne ne puisse le retrouver. Il n'y a qu'une seule chose qui manque: des patates. Mais nous parlons de Rincewind. Ce bon moment ne peut que se terminer de manière abrupte à l'aide d'un sort lancé par les magiciens de l'Université de l'Invisible. Il semble que les divinités aient décidé que ce moment serait proche. Car Ankh-Morpork a besoin de Rincewind. L'Empereur du continent perdu Agatéen a envoyé une missive au patricien. L'Empire réclame un magicien. Et pourquoi ne pas envoyer le pire d'entre-eux? Ce n'est pas comme s'il pouvait revenir.

Aurais-je enfin trouvé un tome du cycle de Rincewind que j'apprécie? Il semblerait que ce soit enfin le cas! Après quatre tomes voici, enfin, un livre que je trouve intéressant avec Rincewind à l'intérieur! Non seulement les personnages sont drôles et plutôt bien amené mais les situations le sont tout autant. De plus, on retrouve Two Flowers et sa magnifique naïveté ainsi que Cohen et ses solutions aussi simple que directes.

Pratchett utilise un certain nombre de thème dans ce livre comme le bon gouvernement, les révolutions et la civilisation. Celui qui m'a le plus parlé est un thème récurrent dans le Disque-Monde: l'importance de la croyance en une histoire. En effet, l'intrigue de ce tome repose sur une histoire. Celle des deux premiers tomes du Disque-Monde. Et, surtout, leur effet sur une civilisation fermée qui ne connaît pas l'extérieur. En effet, Two Flowers, après être rentré, a décidé d'écrire un récit sur son voyage. Mais alors que l'Empire Agatéen est décrit comme extrêmement codifié le reste du Disque est très chaotique. Ainsi, le livre de Two Flowers devient une sorte de livre rouge, banni par le pouvoir et donc possédé par tout le monde. Ce thème est encore développé lors de la dernière confrontation alors que Rincewind décide de créer une histoire. La propagande y est décrite comme un moyen certain de détruire une armée. Plus important encore, ce n'est pas de créer une histoire qui importe mais de refuser son existence. En effet, expliquer la réalité est plus difficile que de nier l'existence de cette même réalité. Alors que Rincewind invente une rumeur elle est relayée par des personnes à sa solde qui lui permettent de devenir importante en niant sa réalité (très fort, souvent et surtout en étant très inquiet). Rapidement, il devient impossible pour les autorités en charge de gérer le problème puisque nier la réalité de la rumeur revient à lui donner du crédit. Ça ne vous rappelle rien?

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**** J'attends ça depuis longtemps, un Rincewind que j'apprécie!
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Image : Site officiel

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19/02/2017

Soul music (Discworld 16, Death 3) par Terry Pratchett

Titre : Soul music (Discworld 16, Death 3)
Auteur : Terry Pratchett
Éditeur : Corgi 1 mai 1995
Pages : 384

La Mort est triste. Sa fille adoptive, ainsi que le mari de cette dernière, sont mort-e-s. Illes laissent derrière eux une jeune fille, Susan, qui se trouve actuellement dans un internat afin de recevoir une éducation avant de se marier. Mais la Mort ne se remet pas de la mort de deux des personnes le plus proches de lui. Mort souhaite oublier et pour cela il existe une grande variété de méthodes. Alors Mort décide de laisser les choses en plan et de tenter d'oublier aussi bien le passé que le futur. Mais cela va-t-il vraiment fonctionner. Et, pendant ce temps, Susan se trouve obligée de remplir les devoirs de son grand-père. Mais elle n'aime pas le fonctionnement naturel des choses. Celui-ci est bien trop illogique. Alors elle décide de sauver quelqu'une. Une personne qui n'est pas vraiment importante, un simple musicien. Mais celui-ci est sauvé par la musique avant que Susan ait eu le temps d'agir.

Il y a eu trois romans sur la Mort. Dans les trois romans la mort décide de partir sans prévoir de remplacement. On pourrait croire que l'univers aurait prévu quelque chose après la seconde catastrophe... Bref, j'ai l'impression que les romans sur Mort sont toujours basés sur le même sujet. Mort part, un-e remplaçant-e est prévu-e mais rend les choses pires qu'elles le sont, Mort revient et remet en marche tout le système après en avoir appris un peu plus sur l'humanité. Au bout de trois livres on commence à comprendre comment tout cela tournera.

Ce tome est aussi l'occasion de parler de musique. Encore une fois, Pratchett inclut dans son univers un concept qui n'est pas censé s'y retrouver. Ce fut le cas pour le cinéma et c'est aussi le cas ici puisque le Rock and Roll occupe la scène du Disque-Monde. Cela permet de se moquer un peu de tout ce qui entoure l'industrie musicale des groupes aux fans en passant par les agents. Bien que ce ne soit pas mauvais j'ai eu du mal à entrer dans l'histoire et je me suis un peu ennuyé. Il y a de bons moments mais trop peu nombreux à mon goût.

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*** Pas aimé, tout simplement. Mais je ne peux pas qualifier le livre de mauvais.
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Image : Site officiel

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