Hassan's Stories

  • Histoire des femmes en occident 2. Le Moyen Âge sous la direction de Christiane Klapisch-Zuber, Georges Duby et Michelle Perrot

    Titre :  Histoire des femmes en occident 2. Le Moyen Âge

    Direction : Christiane Klapisch-Zuber, Georges Duby et Michelle Perrot

    Éditeur : Perrin 2002

    Pages : 692

    Lorsqu'on s'intéresse à l'histoire des femmes voire aux études genre en histoire on a forcément entendu parler d projet d'Histoire des femmes en occident. Dans les années 90, Michelle Perrot et Georges Duby, deux historien-ne-s important-e-s en France, ont pris la direction d'une gigantesque œuvre en 5 tomes réunissant les contributions de nombreuses personnes afin d'offrir les informations les plus contemporaines sur les connaissances que l'on a des femmes en occident dans l'histoire. Ces 5 livres suivent la chronologie scolaire classique et ce second tome s'intéresse à la période médiévale. Une période dont je ne connais pas grand-chose en ce qui concerne ce thème.

    Le livre est divisé en 4 grandes parties constitués d'un nombre variables de chapitres. La première partie s'intéresse aux discours masculins sur les femmes. Les autrices y examinent un grand nombre de thème. On commence avec le regard clérical, pour passer sur le fonctionnement du corps, suivre sur les types de femmes, le mariage et terminer sur la mode féminine. Ces nombreux chapitres permettent de mieux comprendre de quelle manière était pensée la place des femmes lors de la période médiévale. On observe que celles-ci sont divisées selon leur état marital : célibataire, mariées et vierges. Ce dernier état étant le plus favorisé par les clercs tandis que le mariage doit rester le plus chaste possible. J'ai surtout apprécié le chapitre sur la mode qui permet non seulement de mieux connaitre les habits portés par les femmes mais surtout les normes strictes derrière l'habillement.

    La seconde partie permet de replacer les femmes dans les stratégies matrimoniales. Celle-ci comment par une longue étude des droits romains et barbares au début du Moyen Âge. L'autrice y explicite les tensions entre plusieurs normes tandis que l'Église ne possède pas encore les moyens d'intervenir de façon importante dans les couples. Un second chapitre s'intéresse à l'époque féodal. Au travers de plusieurs textes, l'autrice y examine la manière dont les femmes peuvent user du mariage à leur avantage, ou le subir. Un texte de Duby suit sur l'amour courtois. Celui-ci y est pensé non comme une forme de romantisme mais un jeu de séduction, dont les mots sont très guerriers, qui permet à un jeune chevalier célibataire de tenter de se rapprocher de femmes qui lui sont interdites dans le cadre de la société féodale, créant une forme de danger. Enfin, un dernier chapitre examine la place des femmes dans la société médiévale aussi bien dans le mariage et l'enfantement, dans la religion qu'en tant que travailleuse.

    La troisième partie permet de communiquer des informations tirées de l'archéologie et de l'analyse des images que la période nous a communiqué. Le premier chapitre, archéologique, permet de retrouver des gestes et outils mais aussi des lieux de vies. Tandis que le second chapitre, que j'ai beaucoup apprécié, examine la manière dont sont pensées les femmes grâce à une large iconographie. Le propos est très riche et les exemples nombreux. Cependant, il est dommage que cette édition ne publie les images qu'en petit format et en noir et blanc.

    Enfin, la dernière partie examine la manière dont les femmes ont pu user de l'écrit pour communique leurs vies. C'est, selon moi, le chapitre le plus ardu de ce livre. L'autrice utilise de nombreuses références aussi bien latines que d'écrivaines, et j'ai eu du mal à bien comprendre ce qu'elle tentait d'expliquer. Il suit une publication de propos rapportés à un inquisiteur lors de la lutte contre les cathares. Dans les deux cas, on comprend que les femmes étaient capables, à l'époque, de communiquer et de suivre leurs propres idées malgré, parfois, le danger que cela implique.

    Après ma lecture du tome 5 j'ai donc enfin lu le second tome de cette gigantesque Histoire des femmes en occident. Bien que certains chapitres et introductions soient ardus à lire je suis heureux de m'être lancé dans ce livre. Même si celui-ci a plus de 20 ans, on apprend toujours beaucoup de choses sur l'histoire des femmes. Il faut mentionner aussi la gigantesque bibliographie qui a été mise à jour pour la décennie 1990-2000.

    Image : Éditeur

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  • Shazam

    1974, un enfant est envoyé dans un endroit étrange. Là, un vieil homme lui annonce qu'il est à la recherche d'un champion afin de protéger le monde des sept péchés. Mis à l'épreuve, cet enfant prouve son incapacité à résister aux tentations des péchés il est donc expulsé et juste après sa famille est impliquée dans un accident de la route. Des années plus tard, Billy Batson a fugué d'une des nombreuses familles qui l'ont accueilli. Malgré tout, il est accepté par une nouvelle famille dont les parents ont connu les placements et dont tous les enfants sont adoptés. Tentant de partir à nouveau il est envoyé chez le même sorcier qui décide de lui offrir son pouvoir et de le nommer champion. Bien qu'il possède à présent de grands pouvoirs Billy n'a que 14 ans. Il ne sait pas quoi faire de toute cette force ni qu'elle est son rôle réel. Il devra apprendre rapidement car les péchés ont choisi leur propre champion et celui-ci se prépare à le combattre.

    SPOILERS

    Au vu du fonctionnement du vilain du film et du héros, Shazam, il semble clair que la question principale concerne la famille. Le vilain provient d'une famille sans mère dans laquelle il n'a jamais été apprécié. Il est moqué pour son incapacité à devenir un homme et tous les malheurs connus lui sont reprochés. On apprend qu'il est même banni des réunions de l'entreprise familiale. Le héros, Billy, est l'enfant d'une fille-mère qui l'a perdu, on apprend plus tard qu'il a été abandonné, mais qui arrive dans un milieu familial aimant qu'il regarde avec suspicion au vu de son passé. Alors que le vilain rejette tous liens familiaux Billy, lui, apprend à accepter l'amour qui lui est offert et donc à partager son pouvoir afin de réussir à gagner : devenant un peu plus homme.

    Ce passage du statut d'orphelin à celui de membre d'une famille marque aussi le passage de l'irresponsabilité enfantine à la responsabilité adulte masculine. En effet, lorsque Billy se considère comme seul il utilise ses pouvoirs comme moyens d'amuser la population, de recevoir de l'argent et de tenter d'entrer dans des lieux normalement interdit (par exemple acheter de la bière ou entrer dans un club de striptease). Dès qu'il accepte sa famille il devient, même si cela est peu montré vu que l'on atteint la fin du film, bien plus responsable et commence enfin à aider les gens au lieu de réagir à ce que ses actes ont provoqué. On pourrait d'ailleurs critiquer la vision de la masculinité, en tout cas corporel, que le film met en avant. En effet, Billy partage son pouvoir avec ses frères et sœurs. Ses sœurs possèdent un corps féminin adulte normé. Mais cet aspect est bien plus fort avec les garçons de la famille. Sans pouvoirs, nous avons un jeune geek à lunette, un enfant gros qui essaie de se faire des muscles et un jeune enfant handicapé. Dès que Billy transfère ses pouvoirs tous ces attributs sont supprimés pour atteindre une norme corporelle masculine parfaite. Le jeune geek n'a plus besoin de lunettes. Celui-ci qui veut avoir des muscles est soudainement musclé et mince. Et Freddy, normalement handicapé, devient valide dans une scène qui permet de montrer sa canne tomber et le personnage être capable de voler. Je ne crois pas que ceci soit entièrement conscient, mais le film défend l'idée qu'un homme a des muscles, est mince et valide.

    *

    **

    *** Un film sympathique mais un peu long.

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    *****

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    dc,shazam

  • L'europe en enfer 1914-1949 par Ian Kershaw

    Titre :  L’Europe en enfer 1914-1949
    Auteur : Ian Kershaw
    Éditeur : Seuil 2016
    Pages : 640

    On ne présente plus Ian Kershaw, connu pour ses travaux sur le nazisme et hitler. Dans son dernier livre, récemment traduit en français, l'auteur décide de s'attaquer à un sujet énorme. En deux livres, il compte faire l'histoire de l'Europe durant le XXème siècle. Ce premier tome se concentre sur les années 1914 à 1949 soit les deux guerres mondiales ainsi que l'entre-deux guerres. La période est dense, remplie de modifications sociales importantes. L'historiographie est tout aussi importante et Kershaw ne prétend pas faire une nouvelle recherche. Il se repose sur une importante bibliographie qu'il présente en fin d'ouvrage. Naturellement, il est illusoire de prétendre résumer un tel livre. Il vaut mieux présenter son fonctionnement.

    Le livre est divisé en 10 chapitres qui, mis à part le 9, sont chronologiques. Dans ces chapitres l'auteur essaie de nous montrer le fonctionnement d'une époque extrêmement dense. Il débute naturellement sur la course à la Première guerre mondiale qui a mené à des changements importants en Europe, particulièrement à l'est. Il continue ensuite sur plusieurs chapitres qui se concentrent sur l'entre-deux guerres. Ceux-ci permettent, certes, de montrer un certain optimisme malgré les problèmes économiques mais aussi une marche vers la mise en cause des démocraties, aussi bien par le fascisme que par le communisme, et les tensions ethniques basées sur l'idée d'état-nation. Ces chapitres permettent donc d'avoir une compréhension globale de la course à la guerre. Après une large explication, Kershaw nous parle enfin des événements de la Deuxième guerre mondiale puis examine ses conséquences en Europe afin de terminer son tableau en 1949, alors que la Guerre Froide et la division du monde et du continent européen sont définitifs.

    Bien entendu, même 600 pages ne sont pas suffisantes pour parler de tous les événements et de tous les pays. Ian Kershaw explique en introduction ce qu'il doit aux nombreuses recherches historiques sur l'Europe. Il est nécessaire, pour son travail, de synthétiser la plupart des sujets touchés. Cependant, ce livre permet tout de même d'avoir une vision globale de 50 ans d'histoire européenne. Mieux encore, l'auteur nous présente les événements d'Europe de l'est, une histoire que je connais que peu. Sans encore connaitre le prochain tome, il me semble que nous aurons là un futur classique qui permettra aux personnes qui le souhaitent de connaitre 100 ans d'histoire européenne par la lecture de seulement deux livres dont les bibliographies vont probablement permettre d'aller plus loin sur la plupart des sujets.

    Image : Éditeur

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  • The 100 saison 5

    TW : Cannibalisme

    Lors de la saison 4 le monde est mort une second fois. Alors que les centrales nucléaires du monde entier augmentent régulièrement le taux de radiation ambiant, une vague de mort s'abat sur le monde et menace d'atteindre les quelques poches de survies humaines. Durant les derniers jours, l'humanité s'est battue afin de ne pas mourir et 3 groupes se sont séparés : un petit groupe a réussi à atteindre l'espace afin d'attendre que la Terre soit habitable à nouveau, Clarke vit sur le sol seule et 1500 personnes ont atteint un bunker afin d'y survivre pendant de longues années sans pouvoir sortir. Mais personne ne savait qu'un transport de prisonnier se rend lentement en direction de la Terre. L'équipage ne sait rien des événements qui ont mené à la fin du monde et illes ne savent pas comment fonctionne la société. Il n'en faut pas beaucoup plus pour créer une nouvelle guerre centrée sur l'unique point vert de la Terre. Le contrôler implique la survie. Le perdre équivaut à la mort.

    SPOILERS

    Pendant plusieurs saisons le but de la série est de montrer un groupe de personnes globalement positives trouver le moyen de survivre dans un environnement dangereux. Que ce soit sur Terre ou dans l'espace seule la survie compte et permet de justifier des actes difficiles. Cependant, en particulier lors de la saison 2, il est clair que les personnes que l'on observe ne sont pas des monstres mais que leurs actions sont dictées par la nécessité. Dès la saison 3, la série pose la question de la légitimité de la survive de manière bien plus intense vu que l'un des personnages commet un génocide puis use des même tactiques que ceux qu'elle combat dans la saison 2. Cette saison 5 continue sur cette lancée. On se demande s'il existe réellement une personne qui mérite son humanité vue que tout le monde a accompli des actes très discutables qui peuvent potentiellement mettre en danger la survive de l'humanité.

    Ce qui me mène à ce qui se déroule à la fin de cette saison. Toutes les saisons précédentes, malgré les problèmes, permettent d'imaginer un avenir meilleur qui, au minimum, permet une survie. Dans tous les cas cet avenir est détruit par des problèmes humains et la guerre. Mais ce point ne met pas l'humanité en danger. Dans cette saison, les scénaristes décident de créer une guerre de fin du monde. Personne ne peut en revenir indemne et les actes peuvent empêcher la survive de l'humanité. Malgré les luttes de tout le monde, la Terre ne se remet pas des actes de l'humanité et seule la fuite permet la survie. Ce qui mènera à la prochaine saison que j'espère intéressante.

    *
    **
    *** Une saison un peu artificielle, un nouvel ennemi tombe littéralement du ciel, qui rend la plupart des personnages peu sympathiques. Ça se regarde si on aime la série mais je me demande quand elle se terminera.
    ****
    *****

    Image : IMDB

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  • L'opinion allemande sous le nazisme de Ian Kershaw

    Titre :  L'opinion allemande sous le nazisme
    Auteur : Ian Kershaw
    Éditeur : CNRS 1995
    Pages : 591

    Ian Kershaw est l'un des historiens les plus connus ayant travaillé sur le nazisme. Pourtant, je ne l'ai que peu lu. Je ne connaissais de lui que son essai "Qu'est-ce que le nazisme." Étant dans l'obligation de m'intéresser plus avant à la période 1918-1939 j'ai décidé de lire plus attentivement les écrits de Kershaw sur le sujet. Ce livre n'est pas son premier mais alors que ses productions s'intéressaient jusque-là à hitler il essaie, dans cette recherche, de comprendre de quelle manière les allemand-e-s réagissent face à la prise de pouvoir nazie. Loin des deux mythes de la résistance totale ou de l'acceptation totale Kershaw essaie de nous expliquer de quelle manière la population peut refuser certains actes tout en soutenant le régime de manière globale. C'est la raison pour laquelle il préfère utiliser le mot de dissension, comme il l'explique en préface et en introduction.

    Le livre est divisé en deux parties qui examinent les mêmes sujets : paysannerie, classe ouvrière, bourgeoisie, les églises et les réactions face aux persécutions subies par les juifs et les juives. La première partie s'intéresse aux années 1933-1939 et la seconde aux années 1939-1945. L'auteur essaie de nous expliquer de quelle manière ces différentes parties de la société réagissent et sont traitées par le pouvoir nazi. En ce qui concerne la paysannerie, le problème principal concerne la mainmise importante du gouvernement dans leurs affaires. Ce sera encore plus le cas en pleine guerre alors que la main-d’œuvre est de plus en plus rare. La paysannerie doit fournir des denrées à un certain prix tout en ayant l'obligation de refuser les liens avec les commerçants de religion juive, ce qui crée des problèmes économiques. La classe ouvrière, elle, est infiltrée par les organes du parti afin de mettre à mal la force du communisme et des syndicats au sein des usines. Pour cela, le régime crée des organisations chargées de rendre la vie ouvrière plus facile mais aussi d'offrir des loisirs contrôlés. En ce qui concerne la bourgeoisie, l'auteur s'intéresse beaucoup aux fonctionnaires et en particulier aux enseignants. Bien que ceux-ci soient souvent résolument en accord avec le régime, cela n'empêche pas des critiques importantes de la part d'élites du parti. Dans les trois cas, la population pouvait être en faveurs du régime mais l'auteur nous explique que celle-ci rentre rapidement dans une forme d'apathie politique afin de simplement vivre au jours le jours.

    Ian Kershaw essaie aussi de comprendre les réactions des églises. Dans le cadre du régime nazi, la chrétienté devrait être oubliée au profit d'autres formes de croyances. Cela a conduit à des attaques contre la place des églises au sein de la société, par exemple dans le cadre scolaire ou sur la place des crucifix dans les écoles. Si Kershaw nous parle des églises c'est parce que ces organisations ont été capables de créer des mouvements de résistance contre les décisions du régime. Ces résistances portent principalement sur leur place dans la société, mais aussi sur la mise en place de l'euthanasie des catégories considérées inutiles de la population. Cependant, Kershaw démontre que ces résistances se forment dans un cadre légal et ne permettent pas de créer une mise en cause majeur du régime. Les prêtres ont tendance à déclamer leur loyauté envers hitler tout en saluant la guerre contre l'URSS. Enfin, l'auteur s'attaque au difficile sujet des réactions de la population face aux spoliations et au génocide. Kershaw ne pense pas que le génocide était inconnu, des rumeurs ont existé, mais il essaie de prendre en compte la géographie. Ainsi, les allemands de l'est ont probablement plus de connaissances des crimes du régime que ceux de l'ouest. Il apparait que les tueries de masses ne soient pas vues favorablement, cependant l'antisémitisme est une opinion admise et les actes du régime contre les juifs sont largement soutenus. Ainsi, même si la population ne soutient pas les actes de violences, extrêmes, cela n'implique pas un accord avec d'autres décisions comme les spoliations, les ghettos ou la déportation en dehors du pays. Loin de dédouaner la population allemande, Kershaw tente ici de montrer la complexité de ses opinions.

    Bien entendu, je n'entends pas présenter toute la richesse de ce livre dans ces quelques lignes. Une partie importante de la réflexion et des exemples utilisés par Ian Kershaw ne s'y retrouvent pas. Je ne peux qu'inviter à lire un ouvrage bien documenté, dont les réflexions permettent de comprendre les complexités des opinions publics sans cacher les crimes ni le racisme de la population sous le régime nazi. J'ai particulièrement apprécié l'usage du concept de dissension qui permet de mettre en avant aussi bien les résistances que les accords avec le nazisme pour les mêmes groupes sociaux.

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  • Injustice 2. 4 par Tom Taylor, Bruno Redondo, Daniel Sampere, Mike S. Miller et Xermanico

    Titre : Injustice 2. 4
    Auteurs : Tom Taylor, Bruno Redondo, Daniel Sampere, Mike S. Miller et Xermanico
    Éditeur : DC 11 décembre 2018
    Pages : 160

    Ce volume 4 contient Injustice 2 18-24. Il y a peu de temps, Bruce Wayne et Rha's Al'Guhl ont combattu pour d'une part sauver des enfants et ensuite éviter que les plans de Rha's ne puissent être mis en branle. Malheureusement, ce fut un échec et l'entier du gouvernement des États-Unis est mort. Pire encore, une première frappe civile a détruit une ville entière. Bruce Wayne, questionné par ce qui reste du gouvernement et du parlement, comprend qu'il ne peut pas continuer ainsi. Il est temps d'augmenter la taille de ce qui reste de la Ligue des Justiciers en sauvant les Titans.

    SPOILER

    Les tomes précédents se concentraient sur les personnages annexes de l'univers DC afin de les mettre en avant et remplacer un grand nombre de morts. Les combats, bien qu'existants, étaient moins importants que la construction d'un univers et des problèmes que celui-ci connait. Ce tome se concentre sur deux intrigues, une liée aux Titans et la seconde aux attaques de Rha's. Dans les deux cas, les scénaristes ont pris le parti de lancer des combats spectaculaires avec des enjeux importants puisque les personnes qui meurent sont nombreuses, parfois immédiatement après leur introduction. Même si la construction de l'univers est moindre, la vitesse de l'action permet de ne pas s'ennuyer tout en récoltant quelques indices qui mènent au second jeu.

    *
    **
    ***
    **** Peu bavard, mais spectaculaire. Si vous aimez l'univers des séries Injustice vous allez aimer ce quatrième tome.
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    Image : Éditeur

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  • Captain Marvel

    Les années 90, sur une planète éloignée une femme, Vers, est entrainée afin de faire partie de l'élite de sa nation. Un groupe de personnes spécialisées dans le combat et l'exfiltration. Leur travail est dangereux et implique des responsabilités et des pouvoirs importants. Leur raison d'être est de vaincre face à une espèce capable de changer son apparence à volonté afin d'infiltrer des planètes pour les envahir après. Lors d'une mission Vers est kidnappée. Ses souvenirs sont analysés. Et elle se retrouve sur une planète éloignée dont les habitant-e-s n'ont aucune idée des guerres qui se déroulent dans la galaxie. Vers va devoir agir vite si elle compte sauver une planète entière face à une race dont le seul but de l'existence semble être la guerre.

    SPOILERS

    Ce film n'est pas parfait. Certaines scènes ne sont pas tout à fait réussies et le rythme est parfois un peu étrange. Ce dernier point est souhaité par la réalisation puisque Carol Danvers est sujette à des flash-back lorsqu'elle comprend une partie de son histoire. Ce film concerne moins une intrigue générale que l'histoire de Carol Danvers. On la découvre amnésique et, au fur et à mesure, elle récupère son histoire personnelle et donc son identité. D'une simple soldate elle devient une personne individuelle qui prend ses propres décisions. Ce processus passe aussi par son passage d'apprentie à celui d'héroïne. Dès le début, le film et les personnages, masculins, principaux lui déclarent qu'elle n'est pas assez forte, pas assez entrainée et qu'elle a besoin d'eux. Lors d'une scène précise, elle comprend que ce qu'elle pensait être des échecs n'étaient que des épisodes durant lesquels elle se relève afin de continuer à se battre. À partir de ce point, elle refuse d'essayer de prouver ses capacités pour simplement les utiliser.

    Le film s'intéresse aussi à la guerre. Dès le début, on apprend que Carol Danvers est une soldate impliquée dans une guerre entre deux espèces. L'une de ces espèces est qualifiée de terroriste tandis que l'autre est considérée comme bénéfique. Les Skrulls ayant la capacité de changer de forme peuvent s'infiltrer et agir dès que tout est prêt. Illes sont donc accusé-e-s de nombreux actes de terreurs et seuls les Krees, l'espèce alliée avec Carol Danvers, peuvent lutter afin d'éviter leur propagation. Pendant une bonne partie du film, cette présentation n'est pas modifiée. Cependant, on observe les Krees bombarder des civils pendant que des équipes au sol n'hésitent pas à tuer toutes personnes potentiellement Skrulls. Plus tard, on comprend que cette présentation de la guerre était un mensonge. Les Krees ont détruit la planète des Skrulls et celleux-ci ont dû se cacher avant d'essayer de trouver une nouvelle planète. La lutte entre les deux espèces implique des tactiques de guerre qui peuvent être présentées comme terroristes mais dépendent aussi de l'asymétrie de la situation. Les Krees deviennent une espèce impérialiste qui ne recule devant rien pour imposer ses idées, malgré les coûts en vie.

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    **** Si vous cherchez un divertissement, ce film réussit parfaitement à jouer son rôle. Il permet aussi d'introduire Carol Danvers que nous allons revoir dans un prochain film
    *****

    Image : Site officiel

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  • La République de Weimar 1919-1933 par Horst Möller

    Titre : La République de Weimar 1919-1933
    Auteur : Horst Möller
    Éditeur : Tallandier 2011
    Pages : 367

    La République de Weimar est une période que je ne connais que peu. Bien entendu, je sais que celle-ci tombe après la nomination de hitler au poste de Chancelier. Je sais aussi qu'elle a connu un début mouvementé, révolutionnaire. Mais ces faits n’expliquent pas les raisons de sa chute. Pourquoi un monde politique démocratique perd pied et permet la mise en place d'une dictature qui, dès les premiers jours, réprime et tue les opposants détruisant toute forme de légalité républicaine. Afin de nous permettre de comprendre les raisons derrière la chute de cette République l'auteur met en place 3 grandes parties.

    La première partie se concentre sur les deux présidents que connu Weimar : Ebert et Hindenburg. Dès les premiers mots le problème est posé "Le premier [Ebert] incarne les chances de la République, le second [Hindenburg] son échec." Ebert, selon l'auteur, est une personnalité de gauche qui s'intéresse plus aux problèmes concrets qu'aux idéologies. Son entrée à la présidence lui permet de calmer la Révolution afin de mettre en place une forme démocratique de gouvernement, qui inclut les opposants. Bien que sa personne fût décriée par ses alliés et ses ennemis, l'auteur ne cache pas une son admiration envers un homme qui n'a jamais dévié de son idéal démocratique. Le second président, Hindenburg, incarne l'ancien régime prussien. Ce général a connu la Prusse, la création du Reich et la chute de celui-ci. Bien que son organisation militaire soit responsable, il dénonce les élites de Weimar comme responsables de l'échec allemand, créant par là une théorie du complot qui aura beaucoup de défenseurs.

    La seconde partie s'intéresse au fonctionnement et à la création de la République. L'auteur y explicite la création de la Constitution. Celle-ci devait à la fois abaisser les pouvoirs présidentiels et éviter un parlement trop fort. Cependant, Weimar entre rapidement en crise à cause de problèmes externes et internes. À l'interne, une partie importante de l'état reste anti-démocratique et jamais la République n'eut le temps ou les moyens de remplacer ces personnalités. À l'extérieur, ce sont les dettes et humiliations du traité de Versailles. Bien que tous les partis demandent sa renégociation, ce sont les partis républicains qui sont considérés comme coupables. Les coûts des réparations ont aussi un impact important sur les capacités économique de Weimar, ce qui sera aggravé lors des différentes crises connues par l'Allemagne et le monde. Ce chapitre démontre que, dès sa création, la République était particulièrement fragile. Mais cela n'implique pas une chute future.

    Dans la troisième partie, l'auteur se concentre sur les années 1930-1933. Leur examen permet de comprendre les raisons derrière la chute de Weimar. S'appuyant sur son analyse précèdent, il explique que Weimar perd son caractère démocratique. Souvent mis en minorité par le parlement, le gouvernement et la présidence usent et abusent de la procédure de dissolution du parlement. Cette méthode permet d'agir sans contrôle parlementaire pendant plusieurs mois tout en évitant les remises en cause des décrets présidentiels. De plus, le gouvernement use de plus en plus des procédures d'état d'urgence afin de s'attaquer à des problèmes internes, créant un précédent qui permet de justifier la suspension de droits fondamentaux. Ces diverses procédures, dans un contexte international de plus en plus suspicieux envers la démocratie, ont tendances à affaiblir les partis républicains, incapables de travailler ensemble, et de renforcer les extrêmes aussi bien communistes que nazis qui refusent d'entrer au sein d'un groupe démocratique. Tout est prêt pour que la République chute lorsque hitler est nommé Chancelier.

    Ce livre m'a permis de bien mieux comprendre non seulement les raisons de la fin de la République de Weimar mais aussi le fonctionnement de la dictature. L'auteur nous explique que la dictature s'appuie sur une impression de légalité en utilisant des procédures prévues dès la création de la Constitution. Il faut expliquer que l'auteur s'appuie surtout sur un examen politique et juridique. La Constitution et les changements politiques sont fortement analysés. Bien que Möller s'intéresse aussi aux artistes et aux intellectuels, la population n'est que peu présente dans ce livre.

    Image : Éditeur

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  • Mary Queen of Scotts / Marie Stuart Reine d'Écosse

    XVIème siècle, Mary Stuart, veuve du roi de France, retourne dans sa partie ancestrale. Son demi-frère a régné en son nom depuis le départ de Mary pour la France. L’Écosse, bien qu'indépendante de l'Angleterre, a suivi l'entrée de sa sœur dans la religion protestante. Mary Stuart, elle, est catholique. Son arrivée pose donc de nombreux problèmes. Des problèmes qui s'étendent lorsqu'il devient clair qu'elle souhaite garder sa couronne. Certains conseillers sont forcés de partir bien qu'elle tente de créer une tolérance religieuse pour son peuple. De plus, elle souhaite être reconnue comme l'héritière d'Elizabeth pour le trône d'Angleterre. Une reconnaissance qui créerait des problèmes importants pour un royaume qui refuse un retour au catholicisme. Les deux reines tentent de se parler alors que leurs conseillers intriguent au sein de leurs cours respectives.

    SPOILERS

    La bande annonce m'avait fait penser à un film qui montrait une relation conflictuelle entre deux reines. Mais ce conflit n'est que peu présent. Les deux reines ne se voient, dans le film, qu'une unique fois et s'écrivent bien plus. Ces lettres montrent, selon le film, un souhait de créer une relation de respect et d'amitié mutuel entre deux personnes à la fois proches et différentes. En effet, là ou Elizabeth est montrée comme prudente, elle refuse de se marier par peur des intrigues, et âgée (bien que pas trop...) Mary est dépeinte comme jeune, belle, maternelle et courageuse. Alors qu'Elizabeth refuse d'entendre parler des intrigues contre Mary, cette dernière n'hésite pas à user d'armes et à prendre la tête d'une armée en armure. Là ou Elizabeth semble subir son conseil, Mary manipule tout le monde. Moins qu'une confrontation le film montre deux personnes différentes qui se retrouvent dans des situations équivalentes : être des reines qui gouvernent à des hommes qui usent d'intrigues.

    Justement, cette confrontation qui n'existe que peu est effacée par les actions masculines. Elizabeth annonce, dans le film, qu'elle est forcée à devenir un homme car se marier impliquerait le risque de perdre son pouvoir face à un homme qui souhaiterait devenir un roi. Mary se trouve dans ce problème. Son mariage est un moyen pour elle de sécuriser son statut. Mais rapidement les hommes de sa cour, et son mari, intriguent afin d'abaisser son pouvoir et de donner la couronne à un homme. Malgré toutes ses réussites, elle est forcée à se soumettre à plusieurs groupes d'hommes qui souhaitent le pouvoir. Bien entendu, ces tentatives se basent sur la prétendue immoralité de la reine Mary, accusée de tromper son mari et de se marier après avoir assassiné son premier mari. Ces attaques sur sa prétendue immoralité permettent de justifier sa déposition. Ainsi, le film permet d'illustrer la difficulté pour une femme, reine, de garder son pouvoir face à des hommes qui la considèrent comme naturellement inférieure.

    *
    **
    ***
    **** malgré des raccourcis, des sauts temporels et probablement beaucoup d’erreurs historique j'ai beaucoup apprécié ce film
    *****

    Image : IMDB

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  • Le Moyen Âge en Occident par Stéphane Coviaux et Romain Telliez

    Titre : Le Moyen Âge en Occident
    Auteurs : Stéphane Coviaux et Romain Telliez
    Éditeur : Armand Colin 6 février 2019
    Pages : 293

    Encore une fois, je présente ici un manuel destiné aux étudiant-e-s en bachelor qui présente l'histoire globale de l'époque médiévale. Ce livre est divisé en deux grandes parties, chronologiques, mais ce sont les divisions internes à ces parties qui sont les plus intéressantes. En premier lieu, les auteurs s'intéressent à l'histoire globale selon une division classique entre bas et haut moyen-âge, soit les Vème au Xème siècle et XIème au XVème siècle. Les auteurs mettent en avant les changements politiques mais aussi sociaux et religieux. Ces deux parties permettent de réviser facilement les principales informations sur l'époque médiévale. En cas de besoin, on peut se reporter au glossaire. En cas d'intérêt plus large, une bibliographie thématique a été inclue en fin d'ouvrage.

    Rien ne justifierait l'achat de ce manuel, d'autres livres examinent la période de manière plus exhaustive, si l'on ne prenait pas en compte les autres types de chapitres. En effet, les auteurs ajoutent en fin des deux parties des chapitres spécifiques : grands événements, figures de l'époque, textes commentés, cartes commentées, images commentées, chronologie et surtout dissertations corrigées. Ce livre offre donc un grand nombre d'informations sur des sources d'époque mais aussi à l'aide de cartes et d'événements et personnes choisies.

    Ainsi, ce manuel est un outil de travail. Bien que les personnes qui n'étudient pas la période peuvent y trouver un grand nombre d'informations et de sources commentées les auteurs s'intéressent surtout aux étudiant-e-s. À l'aide des différents chapitres, les personnes qui s'intéressent à la période médiévale dans leurs études peuvent trouver les informations de bases, une bibliographie, des exemples sous forme de sources et surtout des dissertations corrigées qui permettent de construire un travail à la fois clair et basé sur des recherches récentes. Bien entendu, ce qui rend ce livre intéressant pour les étudiant-e-s le rend tout aussi intéressant pour les enseignants du secondaire II qui peuvent se baser sur lui pour préparer leurs cours et leurs exercices.

    Image : Éditeur

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  • The Lego Movie 2. The second part

    Le monde des Legos ne s'en ai jamais remis. Il y a 5 ans, après avoir vaincu Lord Business, des aliens se sont rendus dans Lego City et l'ont détruite. Dès qu'une reconstruction était tentée, les aliens de planète Duplo revenaient et détruisaient à nouveau. Les personnes qui ont tenté de sauver leur univers ont disparus. 5 ans plus tard, le monde a changé. Les habitant-e-s de Lego City vivent au sein d'un désert avec les ruines qui ont pu être sauvées. Le monde est brutal, sans espoir ni faiblesses. Seul Batman est capable de protéger leur monde. Mais Emmet, lui, reste positif et essaie de créer un peu de beauté au sein de son monde. Du moins, jusqu'à ce que les aliens reviennent.

    SPOILERS

    Ce second film reprend immédiatement à la fin du premier. Il fonctionne exactement sur le même type d'humour. Au travers de legos, de nombreuses références sont mises en place envers la pop culture (avec l'arrivée de Bruce Willis). Ces références fonctionnement très bien, malgré quelques moments moins réussis. Bien entendu, le film prend en compte l'âge des protagonistes humains puisque le nouveau monde Lego est créé sur une base dystopique qu'un enfant de 10 ans ne va pas connaitre. Les aliens elleux, sont basé-e-s sur les gammes lego friends et les Duplos.

    Le film fonctionne aussi sur une double intrigue. La première, celle qui concerne les legos, implique l'union entre deux mondes différents qui ne se comprennent pas. Cette union se forme au sein d'un mariage que certains personnages essaient d'arrêter. La seconde intrigue se base sur celle-ci pour parler de la vie de famille. L'une des parties est contrôlées par un jeune adolescent. Le second univers par une jeune fille. Les deux ne jouent pas avec les mêmes gammes de legos mais la jeune fille souhaite toutes les relier afin de jouer avec son grand frère. C'est le refus de ce dernier, qui pense avoir des histoires plus intéressantes, qui crée l'intrigue du film. Ainsi, là où le premier défendait l'imagination le second défend l'union des différences.

    *
    **
    ***
    **** Une suite réussie, tout aussi drôle que le premier film
    *****

    Image : IMDB

    Site officiel

    the lego movie

  • Evil Empire 3. Land of the free par Max Bemis et Victor Santos

    Titre : Evil Empire 3. Land of the free
    Auteurs : Max Bemis et Victor Santos
    Éditeur : Boom 6 septembre 2016
    Pages : 122

    CW : inceste, meurtres, viols, tortures

    Depuis peu de temps, les USA sont entrés sous un nouveau régime nommé l'Empire du mal. Pire encore, un coup terroriste a permis de faire tomber les régimes du reste du monde afin d'unir le globe sous cette nouvelle forme de politique. Depuis, le monde n'est que chaos et destruction. Mais il existe encore des personnes capables de résister et qui souhaitent s'attaquer aux visages de ce nouveau monde. Auront-illes le temps de le faire avant que la dernière carte du régime ne soit lancée ?

    SPOILERS

    Je le dis immédiatement, ce troisième volume est mauvais. Le premier était intéressant. Le second perdait en intérêt. Ce troisième volume est une horreur. Il commence par faire mal en usant de dessins immondes qui ne cache pas une intrigue tout aussi mal écrite. Au lieu d'une réflexion sur ce qui permet le lien social, les auteurs se contentent de partir en roue libre afin de terminer laborieusement le dernier épisode. Je ne souhaite même pas en dire plus sauf une chose : passez votre chemin.

    *
    ** Aussi mal dessiné que mal écrit
    ***
    ****
    *****

    Image : Amazon

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  • Green Lantern: Earth One 1 par Gabriel Hardman, Corinna Bechiko et Jordan Boyd

    Titre : Green Lantern: Earth One 1
    Auteur-e-s : Gabriel Hardman, Corinna Bechiko et Jordan Boyd
    Éditeur : DC 20 mars 2018
    Pages : 144

    Harold Jordan fut un membre de la NASA. Il est maintenant membre d'une équipe de minage chargée d'explorer les astéroïdes afin de trouver les ressources nécessaires pour les industries terriennes. Il ne veut plus jamais retourner sur Terre et encore moins faire partie d'un groupe. Mais le nouvel astéroïde qu'il doit examiner cache bien plus que du métal. Harold Jordan y trouve un vaisseau. À l'intérieur se trouvent un robot, une lanterne verte et un alien portant un anneau vert. Après un accident, Harold Jordan enfile l'anneau et découvre qu'il peut survivre au vide. Il vient d'entrer au sein d'une civilisation galactique dont il n'avait aucune idée de l'existence.

    SPOILERS

    Ce que j'apprécie dans la gamme Earth One, malgré les retards et les abandons, est la possibilité de suivre une histoire complète sans avoir besoin de connaitre tout ce qu'il y a à connaitre sur un personnage. Cette gamme permet aussi de recréer les origines plus facilement. Les auteur-e-s de ce Green Lantern l'ont bien compris. Bien que l'on puisse déplorer une aventure qui prend encore en compte Hal Jordan au moins il est différent. Au lieu d'une personne arrogante et inutilement courageuse les auteur-e-s en font un pilote qui refuse d'user d'une machine qu'il ne connait pas, considérant que cela est dangereux pour lui et ses collègues.

    De plus, les auteur-e-s laissent de côté une grande partie de la mythologie. Illes préfèrent donner un univers dans lequel les Green Lanterns ont disparu après une guerre contre des robots. À présent, le corps n'est plus qu'une légende avec quelques personnes qui se sont donnés les anneaux par héritage. Ce n'est que petit à petit que l'on en apprend plus sur le fonctionnement de cet univers. Les auteur-e-s ont pris la décision d'inverser la mythologie puisque les Manhunters arrivent après les Green Lanterns, au lieu du contraire. Il est malheureusement dommage que la fin du volume annonce une suite potentielle, vu les nombreux abandons que connait la gamme.

    *
    **
    ***
    **** Un volume que j'ai apprécié, mais qui risque malheureusement de ne pas donner de suite
    *****

    Image : Éditeur

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  • Ralph breaks the internet / Ralph 2.0

    En 2012 un film revenait sur l'époque des salles d'arcades à l'aide de Ralph. Ce dernier est un vilain d'un jeu mais souhaite devenir, un jour, un héros. Sa quête implique de casser son jeu est de se perdre dans la salle d'arcade. 6 ans après, cette même salle fonctionne toujours aussi bien. Sugar Rush est l'un des jeux les plus populaires, en particulier Vanellope. Cette dernière s'ennuie sans son jeu qu'elle trouve trop prévisible. Une tentative de Ralph de l'aider mène à casser le jeu. Pour le réparer, il est nécessaire de se rendre sur l'internet afin de découvrir une pièce détachée spécifique. Mais le monde de l'internet est plus dangereux que prévu.

    SPOILERS

    Ce film est destiné à des enfants et leurs parents. Logiquement, il essaie de parler aux deux publics et offre plusieurs niveaux de lectures. Internet y est expliqué aux enfants, parfois d'une manière peu subtile. Bien que l'internet soit montré comme une ville impressionnante le film n'oublie pas de mettre en scène les aspects moins reluisants, comme les pop-ups ou les spams mais aussi les commentaires haineux et les virus. En ce qui concerne les parents, le film est rempli de références à la culture populaire mais aussi à des sites bien connus.

    Mais le film m'a aussi surpris par l'un des messages mis en avant : la relation toxique créée par Ralph avec Vanellope. Bien que je me sois attendu à des scènes, très drôles, avec les princesses Disney je ne pensais pas que cela irait beaucoup plus loin. Je m'étais trompé. Vanellope est montrée comme une femme qui rêve de changements. Ralph y est montré comme un homme qui fait tout pour empêcher son amie d'atteindre son rêve, allant jusqu'à le détruire. Il est dominateur, il essaie de l'empêcher de se faire de nouvelles amitiés et il refuse d'être considéré comme responsable des problèmes de Vanellope. Au lieu de montrer Vanellope essayant de rester amie, voire plus, le film lui permet de détruire son amitié avec Ralph tant que ce dernier n'est pas excusé et ne fait pas un effort de changement. Ce n'est qu'après, que les deux personnages peuvent commencer à reconstituer leur amitié. Sans user du mot, il est clair que Ralph y est toxique et que seule la compréhension de ses actes peut lui permettre de réparer sa relation avec Vanellope.

    *
    **
    *** Un film plutôt sympathique (je veux les t-shirts des princesses)
    ****
    *****

    Image : IMDB

    Site officiel

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  • Alita: battle angel

    La Terre, un lieu non-identifié, 500 ans après notre ère. L'humanité avait réussi. Nous avions atteint Mars et la Lune grâce à une technologie qui permet de relier cerveau humain et corps robotique. Les sources d'énergies étaient sans fins permettant de faire voler les villes. Mais une guerre a eu lieu. Plus personne ne connait les raisons de celle-ci mais en peu de temps toutes les villes volantes sont tombées. Il n'en reste qu’une : Zalem. En dessous, autours de la décharge créée par les déchets tombés de Zalem, est formée Iron City. Les cyborgs y sont nombreux et aucune police ne défend la population sauf une élite de chasseurs de primes. Le Docteur Dyson Ido y travaille et un jour il découvre la tête d'Alita, tombée de Zalem. Il lui rend un corps mais elle ne sait rien de son passé. Malgré sa naïveté et son amour pour les gens elle comprend rapidement qu'elle a un talent : le combat.

    SPOILERS

    J'étais très sceptique face à ce film. Je ne connaissais pas l'univers d'origine et je ne savais pas de quelle manière il pourrait être adapté. En tout cas, les images sont belles. Zalem est lointaine sans être écrasante alors qu'Iron City semble être construite par des déchets. Le symbole est transparent : une élite supérieure et des inférieurs qui peuvent espère, un jour, monter dans l'échelle sociale, bien que, comme le dit l'un des personnages, il pourrait être mieux d'être un roi des pauvres qu'un esclave des riches. Malheureusement, ces belles images sont détruites par un film très brouillon. La réalisation veut trop en dire en trop peu de temps et on a à peine le temps de comprendre un aspect de cet univers qu'on nous lance sur l'une des intrigues pour ensuite réexpliquer l'univers. Pour finir, on ne comprend rien : on suit l'intrigue sur la découverte du passé d'Alita, l'intrigue "policière", l'intrigue amoureuse, l'intrigue générale qui pourrait implique un second film, l'intrigue sportive et on nous montre le fonctionnement de ce monde. Il y a trop pour trop peu de temps. Ce qui implique une simplification importante des personnages et des liens entre les intrigues créant le second problème.

    Celui-ci est très simple : les personnages sont peu intelligents et réagissent sans raisons. Dyson Ido dit en savoir peu, mais il en sait beaucoup, mais il en sait peu... En revanche il refuse d'aider Alita mais finalement il accepte de l'aider parce que... je ne sais pas mais il y a une question de paternité alors qu'il n'est pas le père d'Alita mais qu'il lui a donné le nom et le corps de sa fille (un peu morbide...). Son ex-femme, Chiren, est prête à tout pour aller à Zalem mais finalement elle change d'idée en 2 secondes et aide Alita. Alita elle-même est construite comme très naïve mais on peut le comprendre vu qu'elle n'a pas de souvenirs. Hugo, cependant, est le personnage le plus insupportable du film et son histoire d'amour avec Alita m'exaspère. Les événements eux-mêmes se déroulent rapidement, sans liens logiques, simplement parce qu'il faut créer un film avec un peu d'action, certes bien mis en scène, mais peu intéressant. Tout cela se termine sur une scène frustrante au possible qui annonce une suite qui pourrait ne jamais avoir lieu.

    *
    ** Je déconseille fortement
    ***
    ****
    *****

    Image : Site officiel

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  • Happy Death Day 2u / Happy birthdead 2 you

    CW: Suicides

    Il y a quelques années, un film sans prétentions mais sympathique à regarder était sorti. On suivait une jeune étudiante, Tree, au comportement horrible, membre d'une fraternité, qui se faisait tuer le jour de son anniversaire pour se réveiller le même matin et recommencer toute la journée. Après bien des péripéties et un grand nombre de morts elle réussit à devenir un peu meilleure, elle se réconcilie avec son père et avec la mort de sa mère et elle trouve enfin la personne qui tente de la tuer depuis le début de ses aventures. Tree pense être enfin sauvée de cette boucle infernale et de ses morts à répétition. Mais la boucle va recommencer et cette fois le tueur n'est plus la même personne. En revanche, elle risque enfin de comprendre pourquoi cette boucle a eu lieu et comment l'arrêter définitivement.

    SPOILERS

    Le premier film était sympa, sans être particulièrement bon. Le but était d'offrir un moment pour s'amuser et ça fonctionnait. Le second film reprend exactement les mêmes idées. Il y a une boucle, un tueur avec un masque qui en cache un second et de nombreuses morts. La construction du film est rigoureusement identique : ce qui doit être la dernière scène est annulée afin de sauver tout le monde. Même les motivations de l'héroïne sont identiques : reprendre le contrôle de sa vie et accepter la mort de sa mère. L'unique changement notable est l'explication du phénomène, dû à une expérience scientifique.

    Le film n'offre donc aucune surprise, même si le tueur a changé. Cependant, il semble que certaines idées ont été abandonnées en cours de route. Alors que la victime de la boucle n'était pas Tree et que l'identité du tueur permettait de penser à quelque chose de différent le scénario repart rapidement sur Tree et sa boucle sans jamais l'expliquer. Pourquoi ne pas avoir accepté ces changements plus importants ? Je n'en ai aucune idée. De plus, le film se rapproche des comédies d'adolescents et d'universités en ajoutant des scènes ridicules avec un doyen qui semble ne pas connaitre son travail et le retour d'une amie de Tree qui devient encore plus problématique qu'elle ne l'était déjà.

    *
    **
    *** Un film qui n'offre rien de nouveau. Il n'est ni réussit ni raté il se contente de copier le premier
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    *****

    Image : Site officiel

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  • How to train your dragon : The hidden world / Dragons 3 : Le monde caché

    Berk est plus prospère que jamais. Hiccup est le chef incontesté du village et, avec ses ami-e-s, il a fait de Berk un havre de paix entre dragons et humain-e-s. Plus encore, il lutte contre les personnes qui chassent et tuent les dragons, offrant un lieu de vie à ces derniers. Mais Berk n'est plus un petit village méconnu. Il est devenu le centre des dragonniers et le nombre importants de dragons qui s'y trouvent en font une cible. Alors que Hiccup réussit toutes ses attaques, les trappeurs décident de demander l'aide d'une légende : l'homme qui a tué tous les nightfury. Après avoir bien réfléchi, il semble qu'il n'existe qu'une solution : se cacher définitivement avec tous les dragons.

    SPOILERS

    Ce qui rend la saga Dragon si intéressante sont ses relations. Le premier film montrait la nécessité de ne pas suivre les pas de ses parents. Le second expliquait que les enfants peuvent être semblables à leurs parents. Ce dernier film marque le passage à la vie adulte et aux responsabilités. Bien que Hiccup soit chef depuis le second film, ce troisième film permet de montrer ce que sont les responsabilités qu'une personne choisie comme cheffe doit accepter. Ces responsabilités impliquent de créer une forme de stabilité mais aussi de prendre en compte les souhaits des personnes mises sous sa protection. Non seulement Hiccup doit accepter que son paradis des dragons ne soit pas forcément souhaité par tout le monde. Mais il doit aussi permettre aux dragons de posséder leur propre destin.

    Malheureusement, ce discours sur les responsabilités passe par un discours très classique sur le mariage, l'amour et les enfants (que je ne suis pas le seul à avoir remarqué si j'en crois les discussions autour de ce film sur les réseaux sociaux). Celui-ci est double, tout comme Hiccup et Toothless sont deux chefs les deux doivent accepter l'amour et la nécessité d'élever une nouvelle génération. Hiccup est poussé par les hommes de son village d'accepter un mariage avec Astrid afin de devenir un véritable chef. Astrid, elle, est poussée par la mère d'Hiccup à accepter un rôle de confidente et de conseillère capable d'aider Hiccup à être un meilleur chef. Jamais personne ne prend en compte leurs souhaits. Une scène seulement marque leur impression de ne pas être prêt à un mariage. Toothless, lui, découvre l'existence d'une femelle de son espèce. Il est poussé par Hiccup à la charmer. Cette intrigue est explicitée par les personnages qui expliquent que les nightfurys sont monogames, la relation entre les deux dragons est donc proche d'un mariage. Faire des enfants et se marier sont donc montrés comme des nécessités qui permettent d'entrer dans l'âge adulte, un discours classique qui oublie les autres possibilités.

    *
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    ***
    **** Un dernier film, réussit, d'une saga que j'aime toujours revoir
    *****

    Image : Site officiel

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  • Le moyen âge en occident par M. Balard, J.-Ph. Genet et M. Rouche

    Titre : Le moyen âge en occident
    Auteurs : M. Balard, J.-Ph. Genet et M. Rouche
    Éditeur : Hachette supérieur 11 janvier 2017
    Pages : 367

    La période médiévale est l'une des plus compliquée à comprendre. Elle est reconstituée par des penseurs de la Renaissance qui souhaitaient se rapprocher de l'Antiquité. Elle a une durée longue de près de 1 000 ans. Et surtout nous sommes victimes d'une vision à la fois négative et romantique de la période. Ce livre, destiné à des étudiant-e-s, permet de mettre à plat les connaissances les plus récentes sur la période médiévale et de mieux comprendre sa complexité. Il est divisé en trois parties selon que les auteurs examinent le haut, le classique ou le bas moyen-âge.

    Le haut moyen-âge dure de 410 à 1050 dans ce livre. C'est une période charnière puisque l'europe occidentale passe du système de l'empire romain au système médiéval. Mais les changements ne sont pas brusques. Ils se mettent en place au cours des siècles par la mixité entre aristocratie romaine et barbare. Les royaumes des peuples qualifiés de barbares prennent une part de plus en plus importante en occident. Alors que les premières arrivées sont souhaitées, comme moyen de défense, cela implique rapidement un changement de mœurs et de droit. En effet, le droit romain a fonctionné avec d'autres types de droit. Les barbares suivent leurs propres codes tout en essayant de se rapprocher du fonctionnement de Rome. C'est aussi une période de consolidation et de création de l’église catholique. Toutes les populations ne sont pas converties ou sont converties à des hérésies. La conversion est fondamentale pour comprendre la réussite des Francs face aux autres royaumes. Cette période voit aussi la création et la destruction d'une nouvelle idée impériale sous la forme de l'Empire carolingien. Basé sur les relations directes entre nobles et empereur, le système est rapidement dévié pour justifier des possessions privées et des luttes contre l'empereur carolingien.

    La fin de l'empire carolingien ouvre la période classique, XIème au XIIIème siècle ici. Le fonctionnement de la période est basé sur la possession de la terre et les liens féodaux. Ceux-ci étaient d'abord un moyen de contrôler les nobles et d'assurer leur loyauté. Mais au lieu de garder la terre les empereurs la donnèrent et perdirent le contrôle de la possession. Pire encore, l'empire fut divisé en plusieurs royaumes avec des rois peu puissants et des nobles attachés à leur indépendance. Les prérogatives royales sont intégrées aux droits des seigneurs qui s’insèrent dans un réseau complexe de féodalité et de serment de loyauté. L'église, elle, tente de pacifier la période tout en acceptant la création d'ordres monacaux chargés de prêcher et d'éduquer la population.

    La troisième période, XIVème-XVème, est à la fois une période de perte et de recréation. D'une part, le monde occidental connait une forte perte économique et humaine à la suite des épidémies de peste. De plus, les luttes contre les hérésies commencent à prendre de l'importance alors que des mouvements s'attaquent au fonctionnement de l'église catholique. Mais c'est aussi le début d'un renouvellement du monde artistique et scientifique. Les auteurs antiques sont utilisés afin de justifier les réformes tandis que le monde de l'art connait de nouveaux mouvements basés sur l’individu qu'est l'artiste. Cette période annonce ce que l'on nomme la renaissance qui pourrait être considéré comme faisant partie de la période médiévale.

    Deux aspects sont, selon ce livre, cruciaux pour comprendre le monde médiéval : l'église et l'état. Ces deux organes peuvent être en lutte mais l'église unifie le monde médiéval occidental autours d'une philosophie et d'une croyance. L’état, quant à lui, se crée selon les tensions entre les organes centraux et les seigneurs. Ces derniers veulent garder leur puissance mais l'importance des rois est de plus en plus importante à la fin de période face aux besoins militaires et financiers. Petit à petit, les seigneurs perdent leurs prérogatives et sont contrôlés par une administration de plus en plus importante. De plus, les auteurs ont ajouté, comme de coutume dans cette collection, une chronologie et de nombreuses cartes.

    Image : Éditeur

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  • Black Lightning saison 1

    CW : Racisme d'état, violences policières, expérimentations humaines à caractère raciste

    Jefferson Pierce est une personnalité importante de la ville de Freeland. Non seulement il fait partie des leaders de sa communauté. Mais il est aussi le proviseur d'un établissement scolaire important. En tant que proviseur, il a réussi à protéger ses élèves, les guide mais aussi à éviter que son établissement ne soit transformé en prison pour des raisons dites de sécurité. Cependant, le contexte global reste difficile. Alors que la police use régulièrement de son pouvoir pour s'attaquer à de jeunes hommes racisés la ville est gangrenée par un gang ainsi que la drogue. Tout change lorsque les filles de Jefferson, Jennifer et Anissa, sont kidnappées après avoir refusé les avances d'un garçon. Jefferson décide de renouer avec son passé : le héros nommé Black Lightning. Bien que son retour soit salué par la communauté, il implique aussi des dangers pour sa famille.

    SPOILER

    Bien que la saison 1 ne fasse que 13 épisodes, ce qui implique un final un peu rapide pour cette saison, la production a touché à de nombreux sujets durant les épisodes. Ce qui frappe est l'importance de la communauté. Jefferson Pierce est noir, il est proviseur d'un établissement qui semble contenir un grand nombre de personnes racisées aussi bien au sein des étudiant-e-s que des employé-e-s et il est l'une des personnes importantes de la communauté. Dès le premier épisode, l'une de ses filles est au commissariat après une manifestation contre les violences policières tandis que, sur le retour, sa famille est menacée d'une arme à feux car il est soupçonné d'être un voleur. Régulièrement, la série met en avant les idées de la communauté à l'aide de journalistes. Mais elle met aussi en avant les problèmes rencontrés : violences et drogues en particulier. Bien que la série ne construise pas un propos très critique, l'incarcération massive de jeunes hommes racisés est mentionnée comme un problème tandis que le double standard qui conduit à parler de Black Lightning comme d'un justicier et les blancs des super-héros est au centre du fonctionnement de la série.

    Les relations entre les citoyen-ne-s racisé-e-s et l'état sont donc importantes dans cette série. Bien que celle-ci déroule une intrigue concernant une agence fédérale et ses expérimentations illégales cela n'implique pas que la production ne se base pas sur la réalité. Ainsi, au cours de la série, on apprend que la première expérimentation débute alors que les populations noires se révoltent. Le but est de créer une drogue qui permette de contrôler les populations. Ici, la police est une alliée du pouvoir puisque les agences fédérales usent de tous les moyens pour attaquer les personnes ayant un peu de capacité de défense. Que ce soit par la force ou le mensonge on observe la police user de stratagèmes contre des jeunes et des personnalités.

    De plus, cette série ajoute l'importance de la famille. Jefferson Pierce, contrairement aux autres séries, recommencent une carrière qu'il a abandonné afin de protéger sa famille. Cependant, son envie d'aider est connue aussi par son ex-femme, médecin, et sa fille ainée qui non seulement donne cours, étudie la médecine, milite mais devient une héroïne à part entière. L'intrigue concernant sa seconde fille n'est pas encore particulièrement développée en ce qui concerne ce point. Mais il est clair, dès la fin de la saison, que la série ne parle pas d'un homme mais bien d'une famille qui agit pour se protéger et protéger leur communauté.

    *
    **
    ***
    **** Courte mais plutôt bien construite. Les personnages sont convaincants et l'intrigue intéressante. Je me réjouis de voir la suite
    *****

    Image : IMDB

    black lightning,dc,cw

  • Batwoman 3. Fall of the house of Kane par Marguerite Bennett, Fernando Blanco et John Rauch

    Titre : Batwoman 3. Fall of the house of Kane
    Auteur-e-s : Marguerite Bennett, Fernando Blanco et John Rauch
    Éditeur : DC 22 janvier 2019
    Pages : 168

    Ce volume 3 contient Batwoman 12-18. Kate Kane a été envoyée par Batman afin de combattre une organisation terroriste vendant des armes capables de détruire des nations entières. Mais cette quête a aussi impliqué de revenir sur ses pas, sur son passé et sur une année durant laquelle elle a côtoyé une cheffe de guerre sur une île sans lois. Cette femme lui a récemment annoncé que seule son retour chez elle permettrait à Kate de sauver sa sœur. Envahi par les doutes et l'impression d'être coupable, Kate se rend donc au dernier endroit qui a pu être une maison pour elle et sa sœur.

    SPOILER

    J'ai lu que cette série était moins appréciée. Elle n'a en tout cas pas la magnifique écriture que lui a offert Greg Rucka mais non seulement les dessins sont beaux mais la scénariste a le mérite de placer Kate Kane sur un chemin qui lui correspond. Prenant acte de son passé, la scénariste lui a offert une année oubliée. Elle suit aussi les événements les plus récents afin de la placer contre Batman, et lui offrir une victoire bien pensée. Mieux encore, cette série construit sur la mythologie déjà connue sans donner trop d'informations. Si on en sait plus sur la raison de l'attaque subie par la famille Kane, il y a encore assez de mystères pour permettre de continuer.

    Mais cette série répare aussi ce qui a fait le plus de mal au personnage. Durant la précédente série le première équipe créative avait démissionné. Elle avait été remplacée par une nouvelle équipe qui avait détruit tout ce qui avait été construit. Batwoman était seule, attaquée par une vampire et finalement la série fut stoppée au grand soulagement de tout le monde. Lors des derniers épisodes de cette nouvelle série, la scénariste fait le bon choix de réparer cette erreur. Elle replace Kate Kane et Renee Montoya dans le cadre d'une relation romantique alors que Kate, sa soeur Elizabeth et Julia Pennyworth vivent ensemble.

    *
    **
    ***
    **** Une série que j'ai apprécié avec une fin que mérite le personnage
    *****

    Image : Éditeur

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  • Geoff Johns présente Green lantern intégrale 5 par Geoff Johns, Tony Bedard et peter J. Tomasi

    Titre : Geoff Johns présente Green lantern intégrale
    Auteurs : Rick Remender, Matteo Scalera et Moreno Dinisio
    Éditeur : Image Comics 31 octobre 2018
    Pages : 112

    Les intégrales de Green Lantern regroupent tous les volumes parus à ce jour. En revanche, cette cinquième intégrale s'intéresse à des épisodes jamais édités soit Green lantern 53-67, Green lantern corps 58-60 et Green lantern emerald warriors 8-10. Cette intégrale débute juste après la guerre contre la mort. Le corps des Green lanterns a dû accepter une alliance avec tous les autres corps afin de vaincre l'entité de la mort ce qui a libéré l'entité de la vie. La guerre est terminée mais une nouvelle menace s'attaque aux différentes entités. Hal Jordan décide de s'allier à des membres d'autres corps afin de les sauver et de les expulser de la Terre. Mais les Gardiens risquent de ne pas aimer cette alliance.

    SPOILERS

    Cette intégrale semble fonctionner en lien avec l'épisode Brightest Day, que je n'ai pas lu. En utilisant cette nouvelle lanterne Geoff Johns ajoute d'autres éléments à la mythologie qu'il manipule depuis plusieurs années. On en sait donc enfin plus sur ces entités mais aussi sur leur pouvoir et sur les origines des Lanterns et des problèmes connus par les Gardiens. Loin d'être une erreur, on apprend que leur premier corps a été manipulé par l'un de leurs membres : Krona.

    Mais ce tome permet aussi d'ouvrir l'intrigue à ce qui arrive lors des New 52 lorsque l'univers DC fut recréé. Les dernières pages s'ouvrent sur le statu quo d'Hal Jordan mais aussi des autres membres humains du corps ainsi que sur la mort de Mogo. De plus, Geoff Johns continue à ajouter des éléments afin de continuer son intrigue. Outre le Premier Lanterne, il tente surtout de montrer en quoi les Gardiens deviennent dangereux et commencent à se méfier de leurs corps, une intrigue qui se conclut lors du quatrième tome de Green Lantern publié par Urban Comics.

    *
    **
    *** Une intégrale qui donne parfois l'impression de ne pas donner toutes les informations nécessaires. Mais elle permet de prouver que Geoff Johns avait préparé ses idées, même si la fin de son run fut plutôt médiocre selon moi.
    ****
    *****

    Image : Éditeur

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  • Black Science 8. Later than you think par Rick Remender, Matteo Scalera et Moreno Dinisio

    Titre : Black Science 8. Later than you think
    Auteurs : Rick Remender, Matteo Scalera et Moreno Dinisio
    Éditeur : Image Comics 31 octobre 2018
    Pages : 112

    Ce volume 8 contient les épisodes 35-38. Grant et Sara ont tout perdu. Leur monde d'origine a été attaqué par deux espèces, l'une parasitaire et l'autre génocidaire, avant que Kadir ne tente d'envoyer leur univers au-delà de tous liens avec le reste des univers. Il n'y a pratiquement pas d'espoir de les retrouver mais ni Grant ni Sara n'ont abandonné. Et les deux sont convaincu d'une chose : il faut atteindre le centre des univers pour avoir une chance, même infime, de retrouver leurs enfants. Mais cela demande de lutter et de découvrir la réalité derrière le multivers.

    SPOILERS

    Ce volume 8 est divisé en deux parties distinctes mais qui fonctionnent entre-elles et avec le reste de l'histoire. La première partie forme une thérapie à la fois individuelle pour Grant et Sara et commune pour leur couple. Durant les autres volumes, nous avons observé ces deux personnages se détruire mutuellement. Cette thérapie permet non seulement de leur offrir une nouvelle voie, mais aussi de leur permettre de faire le deuil de leurs enfants et donc de sauver le multivers. Derrière un discours de l'importance de la parole Remender n'oublie donc pas son intrigue générale ni les dangers des voyages entre univers parallèles.

    La seconde partie se déroule, enfin, au centre du multivers. Bien que les auteurs ne nous aient donné que quelques indices et théories, un personnage apparaissait régulièrement comme une forme d'observateur, la vérité est à la fois simple et inattendue. On comprend enfin les raisons des voyages des différents Grant mais aussi la vérité derrière le centre du multivers. Celui-ci est un monde dans lequel les individus vivent des vies différentes, au sein d'autres mondes qui ne sont, pour elleux, que des simulations. Les voyages de Grant sont un moyen de détruire ce multivers afin de sauver les individus du centre. Une destruction simplifiée par l'idée que ces univers parallèles n'existent pas vraiment. Ce huitième volume permet donc à la fois de s'intéresser aux individus et à l'intrigue générale d'une manière, à mon avis, parfaitement maitrisée. Je ne peux dire qu'une chose : vivement la suite !

    *
    **
    ***
    ****
    ***** Un volume à la fois intimiste et mythologique. Un plaisir à lire.

    Image : Éditeur

    black science,later than you think,image comics,rick remender,matteo scalera,moreno dinisio

  • Doctor Who. Combat Magicks par Steve Cole

    Titre : Doctor Who. Combat Magicks
    Auteur : Steve Cole
    Éditeur : BBC books 22 novembre 2018
    Pages : 272

    CW : Nombreuses morts

    La Doctor et ses ami-e-s voyagent ensembles depuis plusieurs semaines. Mais leur dernier voyage est plus mouvementé que prévu. Illes traversent quelque chose dans l'atmosphère terrestre ce qui pousse la Doctor à atterrir. Le groupe se retrouve en Gaule romain. Ce ne serait pas un problème si le lieu de leur atterrissage n'était pas aussi le lieu de la bataille entre les Romains, les Huns et leurs alliés respectifs. Mais le groupe n'a pas le temps d'observer la création sanglante de l'histoire car des êtres étranges semblent manipuler les événements sous le couvert de la magie. Il n'en faut pas plus pour que la Doctor décide de s'impliquer, malgré les risques.

    SPOILERS

    J'étais curieux de savoir comment les auteurs de ces livres allaient traiter le groupe et la Doctor. Pendant longtemps, seule une ou deux personnes voyageaient dans le TARDIS et cette nouvelle Doctor est bien plus pacifique que ses anciennes incarnations. Il semble que les auteurs et autrices aient reçu certaines informations car le fonctionnement du roman est proche de celui de la saison 11. L'aspect science-fiction et la Doctor ne sont pas aussi importants. Steve Cole se concentre sur l'époque durant lequel a lieu l'intrigue. Il décrit les généraux importants ainsi que les raisons derrière leurs combats, sans pour autant écrire un livre d'histoire. Comme dans la saison 11, quelques faits sont donnés par l'auteur. De plus, la Doctor est tout aussi bricoleuse que dans la série et fait tout pour rester pacifique.

    La caractérisation du groupe et de certains personnages est proche de la série. Cela permet de créer quelques situations cocasses, comme Ryan qui essaie de faire peur à une romaine grâce à son natel. Malheureusement, l'intrigue générale ne m'a pas convaincu. Inclure les ennemis dans l'histoire de Rome et des barbares est intéressant. Cela permet aussi de montrer que la Doctor ne passe pas inaperçue. Mais j'ai l'impression que l'intrigue est trop lente. Steve Cole prend trop de temps à décrire la future bataille et les actes des ennemis au lieu de nous donner des indices sur leur fonctionnement ainsi que de faire avancer l'intrigue.

    *
    **
    *** Un roman moyen même s'il réussit à rester fidèle aux personnages de la série.
    ****
    *****

    Image : Éditeur

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  • Colette

    Je me dois de l'avouer, je ne connaissais pas cette autrice ni son histoire avant d'aller voir le dernier film qui met en scène sa vie. Le film débute lors de sa jeunesse en campagne et se termine lors de sa séparation. Colette est une jeune femme qui connait bien la vie campagnarde. Elle n'a malheureusement pas beaucoup de possibilités pour le futur vu la pauvreté de ses parents. Mais un auteur connu de Paris semble tomber amoureux d'elle. Cette personne est connue sous le nom de Willy. Il est l'un des personnages les plus en vues de la ville et il aime ce statut mondain, ainsi que les liens que cela implique. Mais il est aussi quelqu'un de plus pauvre qu'il ne l'avoue, ne réussissant pas à payer les auteurs dont il publie les œuvres, sous son nom. Lors d'une période particulièrement difficile, il enjoint Colette à écrire ses souvenirs d'enfance sous une forme romancée. Avec surprise, le couple se rend compte que ces œuvres sont une grande réussite demandée partout.

    SPOILERS

    Willy est d'abord montré de manière positive. Il est un auteur connu et célébré avec une certaine richesse selon ce que l'on nous montre. Sa relation avec Colette est formée d'une grande complicité et leur amour est difficile à nier. Cependant, petit à petit, ce portrait est brisé pour montrer ce qu'il est réellement. On apprend qu'il implique sa femme dans l'écriture de ses lettres et des travailleurs pour écrire ses romans. Son but est de recevoir assez d'argent pour financer son train de vie. Jamais il n'accepte une remise en cause du fonctionnement de son ménage, laissant Colette dans l'ignorance subissant les problèmes sans pouvoir s'y préparer ni avoir son mot à dire. Pire encore, le film le montre comme une personne paternaliste qui n'hésite pas à enfermer Colette pour la forcer à écrire, sans prendre en compte ses besoins et désirs personnels. Alors qu'il accepte que Colette ait des relations avec des femmes ou des personnes qu'il identifie comme féminine, il refuse toutes relations avec un homme. Lui, en revanche, n'hésite pas à la tromper en refusant de suivre les règles qu'il impose à Colette. Willy est donc un homme toxique qui ment, manipule et vole allégrement les personnes qui se trouvent dans sa vie.

    L'intrigue concernant Colette est très différente. Le film débute sur la présentation de cette jeune femme. Son but est le mariage et même si elle se méfie de Paris elle apprécie de vivre avec Willy en tant que couple officiel. Colette est une provinciale qui ne comprend ni la mode ni les relations mondaines que son mari aime tant. Au début du film, elle accepte toutes les demandes de ce dernier jusqu'à ce qu'elle le trouve avec une prostituée. À partir de ce point, les choses changent de plus en plus. Premièrement, son couple s'ouvre un peu et elle commence à avoir une relation extra-conjugale avec une autre femme. Petit à petit, ces relations lui permettent de s'ouvrir à un monde différent de la ville de Paris. Elle se lie à des femmes mais aussi des personnes que l'on pourrait qualifier de transgenre, je pense en particulier à Mathilde de Morny, marquise, qui, si j'ai bien entendu, est genré au masculin par Colette. Ainsi, on nous présente la libération sexuelle de Colette qui passe de femme mariée à un homme à femme bisexuelle ayant des relations extra-conjugales qui lui donnent bien plus de moments heureux que sa vie avec Willy. En parallèle, elle commence à se détacher de Willy. Elle le comprend de plus en plus comme une personne qui l'utilise pour son propre bien et non comme quelqu'un qui lui donne l'occasion de devenir meilleure. Malgré ses chantages et son paternalisme, elle réussit à le quitter et à devenir son propre nom. Son émancipation est donc aussi sociale puisqu'elle n'a plus besoin d'un homme pour être connue et reconnue en tant qu'artiste.

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    **** Un film très calme mais qui, derrière un aspect très académique, défend une émancipation radicale de son personnage principal.
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    Image : IMDB

    Site officiel

    colette

  • La république romaine et son empire. De 509 à 31 av. J.-C. par Michel Humm

    Titre : La république romaine et son empire. De 509 à 31 av. J.-C.
    Auteur : Michel Humm
    Éditeur : Armand Colin 7 mars 2018
    Pages : 320

    La République et l'Empire romain font partie des histoires qui me fascinent le plus. J'ai toujours envie de comprendre de quelle manière une petite cité du Latium a pu devenir une puissance européenne et faire tomber à la fois ses voisines, la civilisation hellénistique, et Carthage. Heureusement, il existe de nombreux ouvrages qui étudient des aspects spécifiques de cette histoire. Pour les personnes qui souhaitent une synthèse, il existe des manuels plus ou moins complets et faciles à lire. Ce livre fait partie d'une collection destinée à fournir les informations les plus récentes pour comprendre la civilisation de la République romaine. Pour cela, l'auteur divise son livre en trois grandes parties.

    La première partie permet à Michel Humm de nous expliquer le fonctionnement de la République. Bien que celui-ci dépende du contexte, révoltes et guerres, l'auteur préfère d'abord nous donner les informations les plus importantes afin de mieux nous expliquer les changements. Selon l'auteur, la République romaine fonctionne sur la tradition. Les magistratures ne sont pas détruites mais peuvent être rénovées pour fonctionnent dans un cadre historique particulier. Dans cette grande partie, nous pouvons donc comprendre le fonctionnement légal et religieux des magistratures romaines mais aussi l'importance du passé, que l'auteur dépouille de sa mythologie. Mieux encore, cette partie permet de décrire l'espace de la cité et son fonctionnement dans le temps.

    La seconde partie s'intéresse aux événements. L'auteur y montre de quelle manière Rome réussit à prendre le contrôle du Latium, de l'Italie puis du monde méditerranéen. Loin de considérer que l'Empire était inévitable, l'auteur explique que Rome est d'abord une partie d'une alliance locale regroupant des cités-états de même puissance. Ce n'est que plus tard, en particulier après l'expulsion des rois étrusques, que cette alliance fut dominée par Rome. L'extension fut donc d'abord lente et se concentra sur l'Italie, sans toucher aux cités grecques du sud. Ce n'est que lorsque la relation entre Rome et ces cités se posa que les guerres contre Carthage eurent lieu. Les deux premières furent particulièrement dangereuses pour Rome mais elles permirent à la Cité d'entrer dans des relations internationales et de contrôle des territoires extérieurs à l'Italie. À la suite de ces guerres contre Carthage, Rome s'est aussi intéressée à la Grèce qui entra, petit à petit, sous con contrôle aux dépens des royaumes hellénistiques. Cette expansion fut rapide mais elle fut aussi stoppée et l'Empire de la République et géographiquement proche de l'Empire du Principat.

    Enfin, la troisième partie se concentre sur les conséquences de l'expansion romaine. En effet, celle-ci implique richesses mais aussi des problèmes de gestion. Les institutions de la Cité et ses magistrats n'étaient pas prêts à gouverner un territoire si vaste. Bien que des institutions furent développées pour permettre un gouvernement décentralisé, de nombreux problèmes ne furent pas résolus. En particulier, les inégalités entre les citoyens romains et les latins et italiens furent la cause d'une révolte importante qui déboucha sur une extension large de la citoyenneté. Pire encore, l'idée de servir une République perdit de l'importance en faveurs de la puissance de quelques hommes possédant puissances militaires, politiques et religieuses. Bien que Sylla ait souhaité user des magistratures pour rénover la Cité dans une direction stable, son travail permit de justifier des pouvoirs exceptionnels de Pompée, César puis Octave le futur Prince Auguste.

    Les manuels sont rarement faciles à lire. L'exercice implique de synthétiser de nombreux éléments, ce qui peut impliquer un nombre trop important d'informations en peu de pages mais aussi de passer à côté de points qui intéressent plus que d'autres. Heureusement, ce livre réussit à être intéressant à lire tout en donnant les informations nécessaires pour comprendre la République romaine. L'auteur ajoute aussi un certain nombre d'images qui permettent d'illustrer son propos mais aussi de mieux comprendre le contexte géographique. Je conseille donc sa lecture aux personnes qui souhaitent mieux comprendre l'histoire de la République puis d'user de la bibliographie pour étendre les connaissances de thèmes plus spécifiques.

    Image : Éditeur

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  • Flash 4

    À la suite de son combat contre Savitar Flash a accepté son enfermement au sein de la Speed Force. Son départ a créé un vide à Central City mais les membres de son équipe sont capables de s'occuper des menaces que la ville subit depuis plusieurs années. Cependant, un nouveau vilain oblige l'équipe à trouver un moyen de faire revenir Flash en ville. En effet, celui-ci refuse de se rendre tant que le vrai Flash ne sera pas revenu. Bien que tout le monde soit heureux de retrouver Barry Allen, son retour fait partie d'un plan long de plusieurs années afin de permettre à une personne bien précise de prendre le contrôle du monde. Cette fois ce n'est pas simplement un flash maléfique qui veut assassiner tout ce qui bouge. Non, cette fois l'équipe se confronte à un génie d'un niveau jamais vu dont le but, selon lui, est positif. Mais il s'attaquera à toutes personnes qui se placent sur son chemin.

    SPOILERS

    Pour la première fois depuis la création de la série le vilain de la saison n'est pas un flash maléfique qui souhaite s'attaquer personnellement à Barry Allen. Cette fois, le vilain est une personne réfléchie qui n'agit que selon les besoins de son plan. Malheureusement, bien que j'aie apprécié cette saison, je n'ai pas été convaincu par l'intrigue générale. On nous présente un personnage qui est censé avoir tout calculé depuis des années. Chacun des épisodes, ou presque, s'inscrit dans ce plan. En dehors des cours 4 épisodes qui placent Barry Allen en prison, dans la cellule de son père, j'ai du mal à croire en ce grand plan. Les scénaristes donnent plutôt l'impression d'écrire un épisode puis de tenter de l'inscrire dans le cadre général avec une dernière scène autours du vilain de cette saison.

    Pire encore, selon moi, le thème général n'est pas vraiment développé. Le Thinker, comme ce vilain est nommé, tente de détruire toute technologie. Il considère que celle-ci est mauvaise pour l'humanité. Vu que la série Flash s'attaque aux conséquences d'une explosion due à une recherche scientifique il y avait, ici, une bonne base pour créer un débat politique interne à la série. On aurait pu faire du Thinker un professeur à la tête d'un mouvement anti-technologique. Au vu des problèmes rencontrés par la ville il aurait été simple de créer une attention médiatique et populaire avec des articles, des manifestations et des débats politiques. Dans ce cadre, l'apparition des métas-humains ne serait pas une question de criminalité individuelle mais une question de dérive technologique. Petit à petit, il aurait été possible de faire dérailler le Thinker dans une direction plus dangereuse jusqu'à sa révélation en tant que super vilain. Malheureusement, la série ne fait rien de tout ça. Ce n'est que tardivement que les idées du vilain sont présentées et seulement pendant quelques minutes. Nous n'avons donc tout simplement pas le temps de vraiment réfléchir au thème porté par cette saison, car les scénaristes n'ont pas eu l'occasion non plus de nous en donner le temps.

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    **
    *** Une saison qui change un peu les choses, mais qui échoue à traiter de manière adéquate son thème.
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    *****

    Image : IMDB

    dc,flash

  • Chronicles of Amicae 1. City of broken magic par Mirah Bolender

    Titre : Chronicles of Amicae 1. City of broken
    Autrice : Mirah Bolender
    Éditeur : Tor books 20 novembre 2018
    Pages : 400

    Laura est une jeune femme comme les autres. Elle n'est pas particulièrement riche mais elle n'est pas pauvre non plus. Elle vit au jours le jours, aidant sa tante à l'élever. Comme beaucoup de personnes, elle cherche un travail qui lui permette de subvenir à ses besoins. C'est lors de cette recherche qu'elle tombe sur une annonce qui l'a fait rêver : être une Sweeper. Leur travail est de vaincre les monstres qui s'attaquent à des objets magiques. Des monstres créés il y a des siècles lors d'une guerre coloniale. C'est un travail dangereux. Rendu plus dangereux encore alors que la cité d'Amicae considère être en sécurité grâce à ses murs. Les Sweepers ne sont plus que deux pour éviter à la cité de tomber. Pire encore, illes sont régulièrement attaqué sur le plan politique et médiatique.

    SPOILERS

    Ce roman est la première production de son autrice. Il est donc parfaitement acceptable qu'il ne soit pas parfait et je trouve l'idée prometteuse. On ne suit pas un homme dont le destin est de sauver le monde. Il n'y a pas de prophétie apocalyptique. Ce n'est même pas une guerre. Cet univers se déroule 500 ans après la guerre. La population s'est concentrée dans des villes protégées dont la technologie a avancé en même temps que l'usage d'une magie de plus en plus couteuse. C'est, d'ailleurs, le contrôle de cette magie qui a lancé la guerre coloniale. L'idée que, pour se défendre, des monstres aient été créés est intéressante. Tout aussi intéressante est l'aspect de plus en plus intelligent de ces monstres selon le lieu géographique et le temps de gestation. Les Sweepers, chargés de les détruire, ne sont pas des héros mais une forme de police parallèle spécialisée. Laura doit donc apprendre sur le tas et elle ne réussit rien qui ne soit dû à sa propre intelligence ou à l'aide d'autres personnes aussi formées qu'elle. C'est plutôt rafraichissant.

    Cependant ce premier tome connait un certain nombre de problèmes. Pendant une bonne partie du roman, on n'a pas l'impression de retrouver une intrigue. Bien que des indices soient placés, ce n'est que tardivement que l'on comprend les problèmes. Ceux-ci sont avant tout de nature politique et économique, l'envie de faire plus d'argent aux dépens d'une organisation jugée obsolète. Il faut donc s'accrocher pour enfin comprendre ce que l'autrice souhaitait mettre en place. La construction de l'univers n'est pas non plus parfaite. Plutôt que d'intégrer le racisme de cette société dans son fonctionnement l'autrice semble simplement nous expliquer que certaines populations sont mises au ban de la société, voire mises en esclavage. Cette procédure affaibli fortement le propos, d'autant que les victimes de ce racisme semblent être proche de la culture japonaise. Malheureusement, le roman joue sur l'idée d'utiliser la culture japonaise dans le cadre d'un univers de fantasy mais échoue. Nous restons dans un cadre très occidental.

    *
    **
    ***
    **** Un premier roman prometteur mais l'autrice ne va pas au bout de ses idées et j'ai un peu l'impression de m'être fait avoir.
    *****

    Image : Éditeur

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  • East of West 8 par Hickman, Dragotta et Martin

    Titre : East of West 8
    Auteurs : Hickman, Dragotta et Martin
    Éditeur : Image Comics 21 août 2018
    Pages : 136

    Ce volume 8 contient East of west 35-38. Le monde n'est pas tel qu'il devrait être. Un événement ancien a changé le destin des États-Unis, divisés en plusieurs nations. Suivant un message en trois parties, un groupe de personnes se proclament élues ont décidé de pousser leur continent dans une direction précise. Mais le contrôle commence à leur échapper. Alors que des pèlerins commencent à former une armée et que la guerre menace les élue-s sont chassées, une personne après l'autre.

    SPOILERS

    Ce tome s'occupe des conséquences de ce qui nous a été montré auparavant. Il place plusieurs personnages sur une trajectoire de confrontation et les auteurs n'hésitent pas à sacrifier certains de leurs personnages pour continuer leur intrigue. Bien entendu, les surprises existent et certaines personnes que l'on pensait perdues restent en place. Je pense d'ailleurs que la fin de ce tome pourrait être contredite à l'avenir. De ce point de vue, les auteurs suivent ce qu'ils nous ont promis.

    Je suis tout de même déçu. Le tome 7 semblait montrer une relation en train de se construire entre Mort et Babylone, son fils. Mais nous ne voyions que des extraits. Dans ce tome 8, on en sait un peu plus sur la construction de cette relation et les inquiétudes de Mort en ce qui concerne les actes subis par son fils. Malheureusement, les auteurs ne se concentrent pas assez à mon goût sur leur cheminement. J'aurais préféré que ces deux personnages n'aient pas à entrer si tôt dans le reste du monde et puissent construire une relation mutuelle.

    *
    **
    ***
    **** Déçu que Mort et Babylone ne soient pas au centre de ce tome mais celui-ci reste dans ce qui nous a été promis.
    *****

    Image : Éditeur

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  • Doctor Who 11

    Le Docteur est mort alors que les Cybermen tentaient de prendre le contrôle d'un vaisseau générationnel. Ayant refusé d'accepter sa régénération il retrouve sa première version lors d'un noël passé. Les deux enquêtent sur une entreprise venue du futur avant que chacun n'accepte de changer. Il en ressort une Doctor, jouée par Jodie Whitaker. Comme toutes ses incarnations, elle commence par perdre le contrôle du TARDIS et tombe au milieu d'un combat entre humain-e-s et aliens à Sheffield. Elle ne sera pas seule longtemps et pourra rapidement compter sur l'aide d'un petit groupe local prêt à la suivre dans ses aventures.

    SPOILERS

    Cette saison est différente car elle marque une étape importante dans la série. Tout comme la saison 5, elle est un point d'entrée parfait. La musique, le showrunner (Chibnall), le cast, ... tout change pour ce nouveau début. Celui-ci a rapidement fait les titres car il implique la première femme à jouer la Doctor de l'histoire de la série. Mais le nouveau showrunner décide aussi de lui offrir un groupe d'ami-e-s dont 2 membres sont des personnes racisées. On peut difficilement faire mieux pour un nouveau début. Les acteurs et actrices sont magnifiques et leurs relations est magnifiquement mis en scène. Malheureusement, Yaz reste un peu à l'écart puisque cette saison se concentre sur le lien entre Graham, personnage favoris de tout le monde et amateur de sandwich, et Ryan, son petit-fils.

    Vu qu'elle est la personnage principale de la série, cette nouvelle Doctor fut très observée. Chacune des incarnations est particulière, bien qu'un côté sombre soit commun. Cette nouvelle Doctor est beaucoup plus pacifique et inactive que les autres incarnations. Elle refuse tout acte de violence, de mort et n'hésite pas à laisser ses ennemis s'enfuir. Le refus de la violence est une caractéristique importante du personnage, mais jamais elle ne fut si extrême depuis le début de la nouvelle série. Plus encore, la Doctor peut refuser d'agir et laisser les événements suivre les cours. Je pense qu'il faut voir ici les idées du nouveau showrunner qui préfère éviter une Doctor trop importante pour revenir à une simple voyageuse. Plusieurs scènes de cette saison auraient été écrites très différemment par Moffat, pour le pire selon moi. En effet, ce refus d'agir implique un grand respect des personnes et événements. Que ce soit sois Matt Smith ou Peter Capaldi, le Docteur aurait immédiatement aidé Ryan à vaincre sa dyspraxie. Cette Doctor le respecte assez pour ne pas lui imposer son aide alors qu'il n'a rien demandé. Ce choix permet aussi de rendre certains épisodes bien plus intenses émotionnellement, la Doctor devant accepter sa place dans la société et ce que cela implique comme l'a montré l'épisode sur Rosa Parks

    Il faut parler des épisodes. Si l'on commence par les points négatifs il faut mentionner le manque d'épique, de discours flamboyant. Aussi bien sous RTD que sous Moffat, le Docteur était devenu un être de légende capable de vaincre des armées par la seule force d'un discours. Ces épisodes sont beaucoup plus calmes et il est rare que je m'en souvienne longtemps. Souvent, les ennemis ne sont pas des êtres précis mais des abstractions qui implique de penser le fonctionnement de la société en termes de racisme, de sexisme mais aussi de système économique. Cependant, il faut prendre en compte les bonnes idées. Chibnall revient à l'idée de créer une succession d'épisodes SF et historiques avec un peu d'éducation. On mentionne des technologies, des faits historiques mais aussi des personnages. Personnellement, j'ai beaucoup apprécié les épisodes historiques. Deux d'entre-eux auraient pu être ratés, mais la production semble avoir évité les dangers de parler de Rosa Parks et de la partition des Indes dans Doctor Who. Je ne sais pas dans quelle direction ira la série à présent, mais malgré ses défauts en termes de scénarios, un peu simplistes, et de caractérisations, surtout pour les ennemis, j'apprécie de nouveau départ qui prend le pari de faire pratiquement l'inverse de ce qu'ont mis en place RTD et Moffat.

    *
    **
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    **** Une saison parfaite ? Loin de là. Mais Chibnall, la production et le cast ont le courage de nous envoyer dans une direction différente de ce dont on avait l'habitude, avec réussite selon moi, et cela doit être salué
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    Image : BBC

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  • The Expanse 1 L'éveil du leviathan par James S.A. Corey

    Titre : The Expanse 1 L'éveil du Léviathan
    Auteur : James S.A. Corey
    Éditeur : Actes Sud 2014
    Pages : 640

    À une époque future indéterminée l'humanité a découvert un nouveau mode de propulsion permettant de créer une accélération importante. Cette découverte a permis la colonisation de la Lune et de Mars mais aussi de la ceinture d'astéroïde. Le système solaire reste divisé. La Terre semble unie sous l'égide des Nations Unies. Elle possède une alliance difficile avec Mars dont l'arsenal militaire est récent. Les deux planètes contrôlent la ceinture à l'aide de taxes et des ressources nécessaires pour survivre. Mais celle-ci est aidée par une organisation paramilitaire qui milite pour la liberté des personnes qui vivent dans la Ceinture. En effet, non seulement ces personnes sont taxées mais elles travaillent pour des entreprises privées qui envoient des milices s'occuper de la police. Dans cet équilibre instable un transporteur d'eau civil est détruit par un vaisseau que personne ne semble capable d'identifier.

    SPOILERS

    Comme beaucoup de personnes, je pense, j'ai découvert cet univers à l'aide de la très bonne série de Netflix. Voulant en savoir plus, et avancer plus vite que la série, j'ai souhaité lire le premier tome. Celui-ci se déroule après la première saison de la série, à moins que je ne me trompe. Contrairement à la série, nous ne suivons que deux personnes : Miller un inspecteur de police sur Cérès et Holden second puis capitaine d'un vaisseau civil. Les deux personnages se trouvent impliquées dans des événements qui conduisent à la prise de contrôle de l'avenir de l'humanité. Malheureusement, aucun de ces deux personnages ne m'ont convaincu. Miller est une caricature de vieux policier usé qui s'implique trop dans une dernière affaire tandis qu'Holden est la caricature du type sympa à la morale qui ne souffre aucune exception. Si l'on ajoute des vies privées consternantes de bons sentiments et de sexualités on arrive à la limite de ce que je peux accepter sans soupire d'exaspération.

    Malheureusement, l'intrigue en souffre. La série a pris le bon choix d'utiliser un certain nombre de points de vue qui permettent d'une part d'observer ce qui arrive et de garder un certain mystère, en particulier en ce qui concerne Mars. Les points de vue abordés dans le roman sont trop éloignés pour donner le même intérêt. En effet, le roman essaie de nous dépeindre une situation politique et économique tendue. On nous explique les forces en présences mais aussi leurs équilibres puis on ajoute un événement qui crée une cascade catastrophique et incontrôlée. Mais les deux personnages points de vue sont trop éloignés pour pouvoir donner une impression plus forte de l'effet des événements du roman. Ils se contentent de réagir face à des informations parfois anciennes. Je n'ai donc pas autant réussi à entrer dans l'intrigue malgré une construction intéressante de cet univers. Finalement, je doute fortement continuer à lire cette série de romans.

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    *** Un roman que je ne peux pas qualifier de mauvais mais qui ne réussit pas à me convaincre
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    Image : Éditeur

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