11/11/2018

Saga 9 par Fiona Staples et Brian K. Vaughan

Titre : Saga 9
Auteur-e-s : Fiona Staples et Brian K. Vaughan
Éditeur : Image Comics 26 septembre 2018
Pages : 152

Ce volume 9 contient Saga 49-54. À moins que je ne me trompe, ce volume est le dernier avant un an. La petite famille de Marko et Alana continue leur périple dans l'univers. Illes ont enfin réunis le Robot Prince IV et son fils Ecuyer. Par la même occasion illes ont accepté Ghüs comme baby-sitter et deux journalistes. Bien que personne ne soit en faveurs de raconter leur histoire aux journalistes ces deux hommes ont besoin de protection et de revenir chez eux. Durant le voyage, ils proposent à Marko et Alana d'écrire leur histoire et. En échange, de leur offrir nouvelles identités et nouveaux corps afin de vivre finalement en paix. La proposition est alléchante si elle est possible. Le petit groupe décide donc de se reposer un peu sur une ile en réfléchissant.

SPOILERS

Saga est à la fois très commun et magnifiquement écrit et mis en scène. Tout semble très lent et ne concerner que la vie de tous les jours et pourtant on ne sait jamais ce qui va arriver à la prochaine page. Ce tome de Saga, comme d'autres, est pacifique. Le groupe atterrit sur une planète et en profite pour ses ressourcer et permettre à chacun de choisir de partir ou de rester. Et pourtant, en quelques pages les deux auteur-e-s nous font beaucoup de mal !

Saga volume 9 se termine par la réunion de trois hommes. Le Prince Robot IV, Marko et Le Testament. Ce dernier a besoin de redevenir un indépendant et souhaite venger la mort de son amie. Il a toujours vécu dans la violence et ne comprend pas la possibilité de la paix. Le Prince Robot IV est un soldat aristocratique qui méprise les personnes qu'il considère inférieure. Cependant, il n'a pas hésité à sacrifier sa position pour sauver son fils, et la fille de Marko. C'est un homme en reconstruction qui essaie de se créer une nouvelle vie, se rapprochant de Petrichor comme potentielle compagne. Et enfin nous avons Marko. Il est aussi soldat mais il est en faveurs des solutions pacifiques quand cela est possible. Il ne tue que par nécessité et jamais par colère, par peur de ses propres réactions. Ce n'est pas un positon facile et le personnage est très souvent mis en face de décisions difficiles. La confrontation de ces trois personnages est magnifiquement écrite et prend en compte les caractéristiques de tout le monde. Mais c'est aussi une fin très difficile, d'autant plus lorsqu'on sait que la suite ne sera pas disponible avant longtemps.

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***** Ce volume fait très mal.

Image : Éditeur

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10/11/2018

Runaways 2. Best friends forever par Rainbow Rowell, Kris Anka, Craig Yeung, Matthew Wilson et Triona Farrell

Titre : Runaways 2- Best friends forever
Auteur-e-s : Rainbow Rowell, Kris Anka, Craig Yeung, Matthew Wilson et Triona Farrell
Éditeur : Marvel 30 octobre 2018
Pages : 136

Ce second tome contient Runaways (2017) 7-12. Depuis peu, Gert est revenue à la vie à cause de son ancien petit ami. Mais elle n'apprécie pas vraiment ce nouveau monde dans lequel elle a toujours 16 ans. Le groupe s'est séparé. De nombreuses catastrophes ont eu lieu. Et surtout une partie des mineures se sont retrouvées en famille d’accueil. La première mission de Gert est donc de retrouver Molly et de revenir dans leur maison. Mais bien que Molly soit heureuse de retrouver ses ami-e-s elle ne souhaite pas disparaitre pour autant, elle veut rester à l'école. Nico et Chase sont dans le même cas puisque les deux tentent de trouver un travail.

SPOILERS

Cette nouvelle série n'est pas tout à fait comme la précédente. Le danger des parents criminels qui contrôlent la ville n'est plus présente. Le groupe se trouve réunis surtout par nostalgie mais illes ont grandis depuis leur dernière rencontre et illes doivent accepter le passé de tout le monde. On sait, par exemple, qu'une partie a été Avengers tandis que d'autres préfèrent ne pas dire ce qui leur est arrivé.

Ce second volume possède un thème fort : est-il nécessaire de grandir ? Cette question est posée à Molly qui reçoit la possibilité d'avoir 13 ans pour l'éternité (quelle horreur !). Bien entendu, la question est plus difficile que simplement vivre pour toujours. Elle implique de comprendre la place de Molly et de comprendre ce qu'implique devenir adulte. Ainsi, la scénariste nous montre ce qu'apprécie Molly actuellement. Mais elle montre aussi les difficultés que ressentent les membres du groupe face à leur vie. Trouver un travail, construire une relation romantique stable et adulte, accepter certaines responsabilités malgré ses craintes, ... La scénariste nous présente cela d'une manière simple et efficace, permettant de se souvenir de sa préadolescence tout en étant très heureux que cela soit terminé !

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**** Un second volume qui me donne envie de continuer une série prometteuse, malgré un cliffhanger que je n'apprécie pas beaucoup.
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Image : Goodreads

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Raven daughter of darkness 1 par Marv Wolfman, Pop Mhan et Lovern Kindzierki

Titre : Raven daughter of darkness 1
Auteurs : Marv wolfman, Pop Mhan et Lovern Kindzierki
Éditeur : DC 23 octobre 2018
Pages : 152

Ce premier volume contient Raven daughter of darkness 1-6. Raven est une adolescente élevée dans une autre dimension. Elle est aussi une magicienne membre des Teen Titans. Il y a peu, elle a décidé de vivre avec la famille de sa tante afin de le connaitre et de comprendre comment les gens vivent sur Terre. Son souhait d'éviter les problèmes a échoué lorsqu'elle a dû combattre une menace mystérieuse. Cet acte a permis au monde d'apprendre ou elle se trouvait. Alors qu'elle continue de vivre avec sa tante une armée et des personnes sans visages semblent combattre afin de prendre le contrôle de son destin. Mais pourquoi souhaite-t-on sa mort ?

SPOILERS

La première série Raven était aussi simple qu'efficace sans être extrêmement réussie non plus. Je l'avais surtout parce que j'apprécie le personnage. Cette seconde série continue sur la même lancée, avec le même scénariste. Raven se trouve au lycée, elle a une famille et elle doit attaquer des menaces magiques. Ce sont des ingrédients simples mais souvent utilisés : place un être exceptionnel face à des problèmes de tous les jours. En ce qui concerne Raven, il faut ajouter les difficultés pour elle de s'intégrer et de comprendre qui elle est et ce qu'elle souhaite devenir. L'idée qu'elle est aussi bonne que mauvaise est souvent mise en avant dans la série, elle est un équilibre.

Ce premier volume ajoute quelques personnages mais surtout offre une nouvelle famille à Raven. En effet, une partie des adversaires du tome sont en fait ses sœurs qui essaient de vaincre leur père, le diable nommé Trigon. On nous explique de quelle manière ce diable fait pour avoir des enfants : il cherche des femmes assez fortes pour porter ses filles dans le but de se créer une armée. Leur naissance est forcée et il semble que la relation des femmes avec Trigon l'est aussi. La lutte des sœurs de Raven est donc autant une prise d'autonomie qu'une revanche face à un père qui ne veut qu'user d'elles et non leur offrir une vie.

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*** Pas exceptionnel mais dans la continuité de la série précédente.
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Image : Éditeur

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Harbinger l'intégrale par Joshua Dysart, Khari Evans, Barry Kitson, Clayton Henry et Rafa Sandoval

Titre : Harbinger l'intégrale

Auteurs : Joshua Dysart, Khari Evans, Barry Kitson, Clayton Henry et Rafa Sandoval

Éditeur : Bliss comics 26 octobre 2018

Pages : 928

CW : Viol

Cette intégrale contient Harbinger 0-25, Bleeding Monk 0, Harbinger Wars 1-4, Harbinger : Omegas 1-3 et Harbinger : Faith 0. Bliss comics publie un certain nombre d'intégrale depuis le début de leur existence. Une partie est d'ailleurs disponible en format PDF. Ces intégrales permettent de lire des récits complets sans avoir à chercher toutes ses parties. Harbinger se déroule alors que le monde ne connait pas la vérité sur Toyo Harada. Pour les journalistes et les politicien-ne-s, Toyo Harada est un capitaliste qui utilise ses ressources pour aider le monde. Mais quelques personnes savent que Toyo Harada dirige une fondation qui se bat secrètement contre une entreprise sous contrôle de l'état des États-Unis afin de créer des êtres humains dotés de pouvoirs. Cette lutte en coulisse prend un tournant lorsque Toyo Harada recrute un jeune homme qui pourrait bien être aussi puissant que lui : Peter Stanchek. Mais ces deux personnes se soutiendront-elles ou se combattront-elles ?

SPOILERS

Cette série nous permet de connaitre plusieurs personnes et leurs idéologies différentes. D'un côté, il y a le projet Rising Spirit. Ce projet considère les humain-e-s comme des propriétés qu'il convient d'utiliser même si cela met des vies innocentes en danger. De l'autre, nous avons Toyo Harada et sa fondation Harbinger. Il se considère comme le futur sauver de l'humanité et crée un culte de la personnalité autours de lui. Enfin, nous avons Peter Stanchek qui est impliqué sans comprendre ce qui lui arrive. Peter Stanchek et Toyo Harada sont aussi puissants l'un que l'autre mais aussi très différent. Peter est sans domicile, se drogue et ne se lie à presque personne. Toyo Harada, bien que d'origine modeste, est l'une des personnes les plus riches du monde. Il est aussi convaincu de sa supériorité et de son droit à diriger l'humanité. Ils sont secondés par différents personnages plus ou moins intéressants. J'ai un faible pour Faith dont j'adore l'aspect optimiste.

Cette intégrale s'intéresse donc fortement à Toyo Harada et à sa lutte contre Peter Stanchek. C'est un personnage que je connais depuis Imperium, qui se déroule après Harbinger, et que l'on rencontre aussi dans Unity. Bien que ses actes puissent être qualifiés de terroriste dans Imperium, je n'ai pas tout à fait compris pour quelle raison il est considéré comme un vilain. Cette intégrale répare ce problème en montrant Toyo Harada dans toute son arrogance. Il n'hésite pas à sacrifier des vies pour se sauver. Il manipule tout le monde sans se poser de questions. Il met d'autres personnes en danger parce qu'il pense être plus intelligent. Le personnage est très intéressant et on peut accepter ses buts. Mais il est clair qu'il n'est pas sympathique et ce tome explicite pourquoi des personnes ayant connaissance de ses actes le suivent. C'est moins une question d'idéologie que de foi, de loyauté et surtout un moyen d'éviter que Toyo Harada ne commence à se considérer comme une divinité. Face à son envie d'agir, Peter Stanchek incarne le souhait de ne pas s'impliquer, d'abord pas paresse puis, à la fin du récit, par nécessité face à l'étendue de ses pouvoirs.

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**** Une très longue intégrale pour une intrigue très intéressante.

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Image : Éditeur

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09/11/2018

Batman Detective Comics 7. Batmen Eternal par James Tynion IV, Javier Fernandez, Eddy Barrows et Alvaro Martinez

Titre : Batman Detective Comics 7. Batmen Eternal
Auteurs : James Tynion IV, Javier Fernandez, Eddy Barrows et Alvaro Martinez
Éditeur : DC 11 septembre 2018
Pages : 176

Ce volume 7 contient Detective Comics 975-981. Si j'ai bien compris, ce tome est le dernier écrit par James Tynion IV. Batman, Tim Drake et Batwoman ont décidé de créer une force militaire autours du Batman afin de vaincre les criminels et les menaces importantes pour la ville de Gotham. Le but est de créer la paix pour les habitant-e-s. Mais cette force de maintien de la paix a inquiété la population et les pouvoirs publics, surtout lorsque l'un des membres, Clayface, a perdu le contrôle et a commencé à mettre la ville en danger. Cela a poussé Batwoman à tuer Clayface pour éviter d'autres morts. Mais sa décision est-elle adéquate ? Peut-on tuer lorsqu'on prétend être membre de l'équipe de Batman ?

SPOILER

Lorsque j'ai lu la fin du dernier volume et commencé celui-ci je m'attendais à des numéros centrés sur les conséquences des actes de Batwoman. Je pensais que les différents personnages prendraient un camp ou l'autre selon qu'illes pensent que parfois il n'y a pas d'autre choix que la létalité. Ce n'est pas la direction prise par les auteurs. Le procès de Batwoman est assez court et pose moins la question de ses actes que des actes de Batman et de Tim Drake. Lorsque Batman a recruté Batwoman souhaitait-il aider Tim Drake ou éviter que Batwoman ne soit recruté par la colonie ? Ce procès est donc relativement court mais il reste tout de même surprenant.

Le centre de ce volume, et de la série, est plutôt Tim Drake. L'équipe qu'il met en place devait permettre de créer une force Batman capable de survivre à Bruce Wayne et à l'absence de Tim Drake en tant que Robin. Ce dernier souhaitant étudier afin d'aider le monde différemment. La légitimité d'agir comme héros a souvent été mise en question dans la série, Spoiler décidant de ne plus agir ainsi. Au centre de l'intrigue est aussi la question de l'avenir potentiel de Tim Drake. La série nous montre un Tim Drake adulte obligé de prendre en main le manteau de Batman après la mort de ses ami-e-s et l'échec d'autre personne. Mais moins qu'une Gotham pacifiée on nous présente une ville soumise à la terreur par un Batman qui ne respecte ni les lois ni la vie privée. La fin de cette série essaie de montrer deux choses. Premièrement, on nous explique comme ce futur a pu avoir lieu. En second lieu, l'intrigue essaie d'éviter que Tim Drake ne devienne comme son futur. Pour cela, il doit renoncer à l'idée que Batman est indispensable et qu'il est le seul à pouvoir l'aider. Bien que la fin de la série soit un peu rapide, j'aurais apprécié une dernière confrontation idéologique entre Batwoman et la Colonie contre Batman, elle est efficace et permet de conclure les différentes intrigues.

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**** Une fin efficace avant qu'une nouvelle équipe ne prenne cette série en main.
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Image : Éditeur

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Batman White Knight par Sean Murphy et Matt Hollingsworth

Titre : Batman White Knight
Auteurs : Sean Murphy et Matt Hollingsworth
Éditeur : DC 9 octobre 2018
Pages : 232
CW : Violences policières, violences médicales

Ce tome contient Batman: White knight 1-8. Après l'échec, annoncé, de DC You et la destruction de la branche Vertigo DC a créé un nouveau label : Black Label. Encore jeune, cette branche doit se spécialiser dans des récits en dehors de la continuité dans une direction qualifiée de plus adulte. White Knight débute comme dans toute bonne histoire entre le Joker et le Batman. La batmobile se gare près d'Arkham. Mais la personne qui en sort n'est pas Batman. C'est Jack Napier, alias le Joker. Il y a un an, le Joker a été guéri après une dernière course-poursuite entre lui et Batman. Enfin débarrassé de l'identité du Joker, Napier décider de s'attaquer au plus grand vilain de Gotham. Un être qui sème la terreur sans jamais être mis en cause : Batman.

SPOILERS

Je n'aime pas le Joker. C'est un personnage qui m'insupporte et je déteste que l'on écrive encore sur sa relation avec Harley Quinn. Cependant, je comprends que les scénaristes aiment placer le Joker avec Batman. Ce sont deux faces d'une même pièce et l'idée qu'ils se soient créés mutuellement et qu'ils se comprennent mieux que personne n’a été récemment mise en avant par Scott Snyder. White Knight suit exactement la même logique. Jack Napier est décrit comme une personne qui essaie simplement de créer un spectacle. Le Batman est la meilleure personne pour l'aider. Mais Napier, sous son identité de Joker, est aussi fasciné par le Batman.

Ce qui change est la manière d'écrire cette histoire. Au lieu de se placer du côté de Batman, un mal nécessaire dans une ville en danger permanent. Les scénaristes posent la question des méthodes et du message que l'existence même du Batman implique. Selon les scénaristes, l'existence du Batman est l'incarnation de la corruption d'une ville. D'une part, les dégâts créés par ses activités sont payés par le contribuable. Mais surtout, Batman ne répond devant personne. Il n'écoute pas la police, il n'agit pas en accord avec elle. Cela permet de mettre en scène des pages qui montrent Batman attaquant une manifestation pacifique, mettant en danger des civils et détruisant des bâtiments de la ville.

Cette histoire est aussi fortement contemporaine. Les scénaristes essaient d'éviter de trop donner leur point de vue. Des positions opposées, mais en dialogue, sont donc mises en scène par deux journalistes : un homme conservateur qui utilise des termes très connotés comme SJW et une femme qui semble être de gauche. Je me demande si cette manière de faire est adéquate dans le contexte actuel. Le terme Social Justice Warrior est utilisé comme un moyen d'attaquer la pertinence de réflexions de gauche et donc de les étouffer dans l’œuf. Heureusement, ces dialogues sont coupés par des scènes qui montrent les obligations de la police et des politiques face aux actions dangereuses du Batman. L'œuvre s'inscrit aussi dans un contexte racial très particulier : les émeutes et les tueries d'hommes noirs par une police raciste. Pour mettre cela en avant les auteurs expliquent que Gotham a connu des émeutes avant le nettoyage de la police par Gordon. Mais on nous montre aussi que les quartiers pauvres, habités par des personnes racisées, sont abandonnés par les pouvoirs publics. Poussant ces quartiers à se gérer seuls et, dans ce comics, à pousser à l'élection de Jack Napier à un poste politique. Les auteurs vont jusqu'à redessiner des scènes prises en photos par des journalistes contemporains !

J'apprécie aussi que la relation entre le Joker et Harley Quinn soit enfin décrite pour ce qu'elle est : une relation toxique avec un homme abusif. Les auteurs expliquent qu'une première Harley Quinn s'est enfuie, alors que le Joker menaçait de tuer un Robin, et qu'elle fut remplacée par une seconde Harley Quinn. Une partie importante de ce livre s'intéresse à la relation du Joker avec Harley. L'une est l'incarnation d'une relation mutuellement consentie qui rend les deux membres meilleurs. Tandis que la seconde incarne une relation toxique basée sur les abus physiques et psychiques. Bien que cela arrive tardivement, il est intéressant de décrire Harley Quinn comme une force positive dans la vie du Joker, ce qui permet de donner la grande révélation sur l'identité d'Harley et ses actes dans Gotham.

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***** Non cette histoire n'est pas parfaite et j'aurais aimé plus de numéros pour les auteurs. Mais c'est probablement le meilleur comics autours de Batman, de la batfamily et du Joker que je connaisse.

Image : Éditeur

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01/11/2018

The infinite loop 2. Nothing but the truth par Pierrick Colinet, Elsa Charretier et Daniele Di Nicuolo

Titre : The infinite loop 2. Nothing but the truth
Auteur-e-s : Pierrick Colinet, Elsa Charretier et Daniele Di Nicuolo
Éditeur : IDW mai 2018
Pages : 128

Ce volume 2 contient les numéros 1-4. Le premier Infinite Loop fut une très bonne surprise. J'avais beaucoup aimé l'histoire qui jouait à la fois sur les voyages dans le temps, une relation entre deux femmes et les exclusions dans une société qui se dit tolérante et pacifiée. En peu de numéros, les auteur-e-s critiquaient fortement le racisme, le sexisme et l'homophobie d'une société tout en mettant en scène des hommes à la masculinité toxique et un nice guy qui ne devient utile que lorsqu'il laisse les femmes agir, se contentant de les aider sans les guider. Ce second volume est la suite directe, les anomalies sont acceptées mais une grande partie est envoyée dans des camps de réfugiés. Teddy est à la recherche d'une anomalie qui a disparu. Elle tombe sur une ville qui n'accepte plus la réalité et ne souhaite que vivre dans des faits alternatifs, fournis par un homme qui se prétend docteur et qui prétend savoir mieux que personne ce dont la population a besoin.

SPOILERS

Tout comme le premier volume, le principal défaut est le nombre restreint de numéros. Seulement 4 pour parler de vérité, de capitalisme, de démocratie et de politique. Uniquement 4 pour à la fois suivre Teddy en aventure dans la ville du mensonge et Ano qui essaie d'arracher une loi en tant que députée au congrès des États-Unis. Tout va très vite et on espère plus d'informations sur certains points. En particulier, l'intrigue autours d'Ano est très frustrante puisqu'on ne sait pratiquement rien sur son travail de députée. On apprend à peine qu'elle et Teddy se sont séparées, pour mieux se voir en secret.

Ce second volume est fortement lié au contexte politique actuel, aux États-Unis comme ailleurs en occident. Les politicien-ne-s et les citoyen-ne-s vivent avec une technologie qui permet de créer une version alternative de la réalité, plus acceptable et plus proche de leurs envies. Ces mensonges sont vendus par un personnage qui prend le nom de Docteur. Il aurait été facile de s’engouffrer dans une brèche et de critiquer vertement la population pour son acceptation des mensonges. Les scénaristes prennent une autre direction. Illes expliquent que les mensonges sont bien plus faciles à vendre lorsque la réalité n'offre plus aucun rêve, plus aucun espoir. Ainsi, la ville du mensonge est-elle une ancienne ville riche qui a perdu tous ses emplois après le départ des industries. Les politicien-ne-s sont décrits de manière bien plus critique. Ce sont des personnes qui refusent d'agir sur la réalité, préférant défendre un idéal qui n'a jamais existé afin de garder leur pouvoir. Dès qu'Ano démontre leurs mensonges elle est expulsée par la force et considérée comme une traitresse.

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**** Un second volume intéressant mais bien trop court !
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Image : Éditeur

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Wakfu saison 3

La confrérie du Tofu a sauvé le monde a plusieurs reprises. Illes ont commencé par combattre Nox qui, pour atteindre ses enfants, menaçait de détruire un peuple entier. Illes ont continué avec Quilby qui voulait s'enfuir du monde en le détruisant tout en préparant une invasion de démons. Enfin, illes se sont confrontés à l'une des légendes de leur monde, découvrant par la même occasion que l'un des leurs est une divinité. Depuis, les membres de la confrérie se reposent chacun de leur côté. Pinpin et Evangeline s'occupent de leur famille. Amalia suit ses devoirs de princesses et futures reines de son peuple. Yugo, lui, cherche son frère, Adamaï, après leur dispute sur l'usage de leurs pouvoirs. Après plusieurs années, Adamaï réapparait. Mais au lieu de la retrouvaille attendue il s'attaque à Pinpin et Evangeline afin de leur voler leurs enfants.

SPOILERS

Chacune des saisons de Wakfu posait une question particulière autours d'un vilain précis. Le premier ne voulait que réparer ses erreurs et retrouver sa famille. Le second ne souhaitait qu'éviter la solitude et l'ennui. Le troisième posait la question de l'usage de pouvoirs divins (mais ce fut le moins bien écrit puisque le thème ne durait que trois épisodes). Cette troisième saison pose la question des divinités et de leur rôle. La réalisation met en place une nouvelle confrérie qui accuse les divinités de ne pas se soucier des personnes qui les adorent. Elles resteraient entre-elles sans agir face aux malheurs. Les membres de cette confrérie sont tous et toutes des enfants de divinités, qui possèdent un certain nombre de pouvoirs. Mais illes ont été abandonnés par leurs parents avant même leur naissance. Il y a donc deux questions : le rôle des divinités dans le monde et la responsabilité parentale. Il est dommage que la série ne s'y intéresse pas autant qu'au plan du vilain de la saison qui consiste en la destruction des divinités et leur remplacement par d'autres.

Bien que j'apprécie Wakfu je sais que la série possède un certain nombre de problèmes, ainsi que cette saison en particulier. La saison 3 a lieu presque entièrement dans une tour que l'on monte petit à petit afin d'atteindre le dernier méchant et sauver la princesse. Ceci implique un manque criant de diversité dans les décors. Au contraire des deux premières saisons qui utilisaient les voyages pour cela. On perd aussi le lien avec la population du monde que la confrérie du Tofu aidait régulièrement. Mais cette saison étend aussi les problèmes des deux premières. Premièrement, je déplore que Pinpin retrouve un bras au lieu de continuer à se battre en usant de son propre corps. Il y a aussi un énorme problème de sexisme. Celui-ci existait déjà, par exemple l'épisode des "princesses moches", mais il est démultiplié ici. Evangeline n'est qu'une mère défendue par ses enfants et son mari. Amalia est décrite comme une princesse dont le seul intérêt de la saison est sa relation avec Yugo. Pire encore, certains épisodes sont particulièrement dérangeants. L'un des premiers est une suite de fessées donnée par un homme adulte à une petite fille qui essaie simplement de se défendre, ainsi que sa famille. Un autre se déroule chez un fétichiste qui ne souhaite qu'une chose : arracher les sous-vêtements de la confrérie même sans leur accord si nécessaire. Je ne peux que me demander pour quelle raison ces personnages et ces épisodes ont été écrits ainsi et ce que pensaient les personnes chargées de les valider.

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** Bien moins intéressante que les deux premières saisons elle étend les problèmes de sexisme de la série
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Site officiel

Image : IMDB

wakfu

09:55 Écrit par Hassan dans Fantasy, série | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : wakfu | | | |  Facebook

28/10/2018

The unbelievable Gwenpool 4. Beyond the fourth wall et 5. Lost in the plot par Christopher Hastings, Gurihuru, Irene Strychalski et Rachelle Rosenberg

Titres : The unbelievable Gwenpool 4. Beyond the fourth wall et 5. Lost in the plot
Auteur-e-s : Christopher Hastings, Gurihuru, Irene Strychalski et Rachelle Rosenberg
Éditeur : Marvel 2 janvier 2018 et 24 avril 2018
Pages : 112 et 112

Ces deux volumes contiennent The unbelievable Gwenpool 16-20 et 21-25. Gwen Pool se trouve dans l'univers Marvel depuis un certain temps. Mais elle n'a appris qu'il y a peu que certains personnages sont des duplicatas de personnes réelles. Bien entendu, elle décide d'aller trouver sa famille et découvre son frère qui essaie de la faire revenir dans le monde réel. Mais est-ce réellement un retour ? Ou alors Gwen Pool se trouve-t-elle toujours dans l'univers Marvel ? Et pourquoi deviendrait-elle une menace d'importance pour les personnages de cet univers ?

SPOILERS

Le quatrième volume s'intéresse aux raisons qui ont poussé Gwen Pool à entrer dans l'univers Marvel. On découvre une personne aux nombreux talents mais qui d'une part n'ose pas les utiliser et qui a peur de l'état du monde. L'imagination est donc un bon moyen de survivre. Ce volume permet aussi de questionner le destin de Gwen Pool. Son premier numéro la présentait comme une femme qui ne fait pas attention aux conséquences si cela lui permet de s'amuser. Mais elle souhaite devenir une héroïne. Malheureusement, ses souhaits se confrontent à la manière dont elle écrite. Faut-il suivre ce qu'on souhaite pour elle ou suivre ce qu'elle veut devenir ?

Le dernier volume met en place la fin de cette série. Gwen Pool étant capable de voir sa fin approcher à, bien entendu, peur et essaie de forcer sa série à continuer. On observe donc un personnage qui essaie de créer des aventures afin de ne plus être annulé. Mais on nous montre aussi quelqu'un qui essaie de réparer les dégâts commis lors de son arrivée. Il y a donc une progression entre le premier volume et son désintérêt pour les habitant-e-s de l'univers Marvel et le dernier alors qu'elle essaie d'aider tout le monde. Bien entendu, le scénariste nous explique que Gwen Pool ne va pas vraiment disparaitre puisqu'elle pourra entrer dans d'autres séries.

Ce sont deux volumes bien plus posés. Qui s'intéressent moins à rire qu'à comprendre ce qui arrive à Gwen Pool et à la manière dont elle réagit. Ces deux derniers tomes sont aussi ceux qui jouent le plus avec l'idée de vivre dans un comics puisque Gwen Pool est capable d'entrer et de sortir à volonté mais aussi de naviguer dans sa série selon ses besoins.

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**** Deux volumes qui concluent de manière satisfaisante la série
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Image : Amazon et Amazon51Iqeo6hh1L._SX323_BO1,204,203,200_.jpg

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27/10/2018

The unbelievable Gwenpool 3. Totally in continuity par Christopher Jastings, Myisha Haynes, Gurihiru, Alti Firmansyah et Rachelle Rosenberg

Titre : The unbelievable Gwenpool 3. Totally in continuity
Auteur-e-s : Christopher Jastings, Myisha Haynes, Gurihiru, Alti Firmansyah et Rachelle Rosenberg
Éditeur : Marvel 29 août 2017
Pages : 160

Ce volume 3 contient Unbelievable Gwenpool 11-15 et Gwenpool holiday special: Merry mix-up 1. À la suite de son combat contre MODOK Gwenpool est devenue la cheffe d'une entreprise d'hommes de mains qui s'attaquent à certaines menaces en échange d'argent. Mais leur client n'a pas apprécié les actes de Gwen Pool et l'entreprise, ainsi que les employé-e-s, n'a pas résisté. Le petit groupe de mercenaire qui acceptait les ordres de Gwen Pool s'est séparé, chacun-e-s allant de son côté. Gwen en profite pour s'intéresser à plusieurs emplois jusqu'à ce qu'elle soit forcée de se réunir avec son ancien groupe dans ce qui ressemble fortement à un jeu vidéo.

SPOILERS

Les deux tomes précédents mettaient en place le personnage, son style ainsi qu'une galerie de personnes chargées de l'attaquer ou de l'aider. Il est donc presque normal que Gwen Pool se soit retrouvée à la tête d'une armée de soldat habillés comme elle. Ce troisième tome reste dans la veine des précédents. Les différentes situations sont plus ou moins difficiles selon que Gwen Pool se retrouve face à de simples figurant-e-s ou des personnages plus importants. Ce qui la pousse à chercher à se confronter à ces personnages importants.

Ce troisième tome permet aussi de confronter Gwen Pool au reste de l'univers Marvel. Elle a déjà rencontré Thor et Miles Morales. Cette fois les auteur-e-s l'envoient rencontrer Kate Bishop ainsi que le nouveau Ghost Rider. Bien qu'elle connaisse tous leurs secrets on la montre encore essayer de ne pas trahir les secrets des personnages qu'elle appréciée. Cela permet de créer des rencontres assez sympathiques. Elle rencontre aussi Deadpool, qui est aussi un personnage ayant conscience d'exister dans une œuvre de fiction. Gwenpool fonctionne assez bien, mais surtout pour les personnes qui connaissent les œuvres en question.

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*** Pas mauvais mais tout le monde ne va pas apprécier.
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Image : Amazon

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The unbelievable Gwenpool 1. Believe it et 2. Head of M.O.D.O.C.K. par Christopher Hastings, Gurihiru, Danilo S. Beyruth, Tamra Bonvillain, Irene Strychlski et Rachelle Rosenberg

Titres : The unbelievable Gwenpool 1. Believe it et 2. Head of M.O.D.O.C.K.
Auteur-e-s : Christopher Hastings, Gurihiru, Danilo S. Beyruth, Tamra Bonvillain, Irene Strychlski et Rachelle Rosenberg
Éditeur : Marvel 29 novembre 2016 et 28 mars 2017
Pages : 152 et 136

Ces deux volumes contiennent The unbelievable Gwenpool 0-4 et 5-10, Gwenpool Special 1. Howard le Canard, un personnage peu connu de l'univers Marvel, est obligé d'enquêter sur un vol commis contre Black Cat. Ce vol a été mis en place par une certaine Gwen Pool qui a ensuite vendu l'objet à Hydra. Selon Gwen Pool, elle a décidé de mettre un costume afin d'éviter de mourir en tant que simple figurante de l'univers Marvel. Mais alors qu'elle traite ce monde comme un jeu elle va devoir comprendre que pour ses habitant-e-s les conséquences sont réelles.

SPOILERS

Gwenpool n'aurait jamais dû fonctionner. Son personnage est celui d'une jeune femme fan de comics qui entre, soudainement, dans l'univers Marvel. Elle fait donc exactement ce que tout le monde ferait à sa place, elle traite cet univers comme un lieu imaginaire dans lequel elle est capable de tout faire sans risquer de mourir. Étant capable de comprendre les procédés scénaristiques ainsi que les secrets des personnages elle peut donc facilement s'en sortir sans trop de problèmes. Ainsi, ce personnage permet de rigoler du fonctionnement de l'univers Marvel en ne s'attachant pas aux personnages principaux mais à leurs némésis ou encore aux personnes ordinaires, comme les policiers. Pour l'instant, c'est assez drôle. Mais je ne sais pas si cette série fonctionnera sur le long terme.

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26/10/2018

The Mighty Thor 3. The Asgard/Shi'Ar war et 4 The war Thor

Titre : The Mighty Thor 3. The Asgard/Shi'Ar war et 4 The war Thor
Auteurs : Jason Aaron, Steve Epting, Russel Dauterman, Valerio Schiti et Mahmud Asrar
Éditeur : Marvel 19 juillet 2017 et 18 janvier 2018
Pages : 156 et 136

Ces deux volumes contiennent Mighty Thor volume 7 13-19 et 20-23 ainsi que Generations: The unworthy Thor and the Mighty Thor. Le Conseil des Royaumes est toujours paralysé par l'indécision et les machinations de Malekith. Pendant que les débats et les décisions sont bloquées les elfes s'enfuient en masse de leur Royaume et sont accueillis par les nains. Mais une partie des Royaumes n'accepte pas l'absence d'action. La Ligue des Royaumes est reconstituée afin de sauver la reine des elfes de l'emprise de Malekith. Mais cela sera-t-il suffisant alors que deux grandes menaces planes sur Asgardia ? Des menaces qui pourraient impliquer la création d'un nouveau Thor. Un Thor qui se veut dieu de la guerre.

SPOILERS

Dans ces deux nouveaux tomes Jason Aaron continue sur sa lancée mythologique tout en développant sa propre histoire. En effet, Aaron ajoute de nouveaux éléments à l'histoire de Thor, éléments qui semblent se trouver dans d'autres productions Marvel. Mais il continue aussi son intrigue de base. Celle-ci a commencé par une question simple : qu'est-ce qui rend une divinité digne d’adoration ? Ce thème continue alors que Thor, alias Jane Foster, est mise au défi par deux divinités qui se considèrent plus puissantes qu'elles. Alors que ces divinités tentent de gagner en lançant des épreuves meurtrières Thor refuse et essaie d'aider les personnes mises en danger. Pour Jason Aaron la réponse est simple, une divinité digne est une divinité qui fait attention au bien-être des habitant-e-s de l'univers.

Aaron continue aussi à développer sa guerre des Royaumes. Loin de s'attacher à créer des combats majestueux entre des êtres surpuissants il préfère d'abord montrer la difficulté d'agir contre la guerre et surtout face à ses conséquences. Ainsi, il explique rapidement que la chute de l'un des Royaumes pourrait conduire à une famine générale tandis qu'il montre des réfugié-e-s qui essaient de survivre. Ces réfugié-e-s sont rapidement assassiné-e-s ce qui permet de lancer l'existence du War Thor, qui ne vit que pour la vengeance. Jason Aaron n'essaie donc pas de cacher les horreurs de la guerre. Des personnes meurent, pas seulement des adultes mais aussi des enfants. Et la vengeance n'est pas non plus une solution. Car l'autre camps est aussi constitué de personnes innocentes. Face au War Thor Jane Foster essaie d'expliquer que la guerre ne peut être stoppée que par une forme de compassion pour les personnes innocentes et non par la vengeance sur un peuple entier considéré comme coupable et inhumain.

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**** Il ne reste qu'un seul tome avant la fin de cette série. Il doit conclure beaucoup d'éléments tout en répondant aux promesses d'une guerre des Royaumes dévastatrices. J'espère qu'il sera dans la lignée de ces deux tomes.
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25/10/2018

The Mighty Thor 1. Thunder in her veins et 2. Lords of Midgard par Jason Aaron, Russell Dauterman, Rafa Garres et Frazer Irving

Titre : The Mighty Thor 1. Thunder in her veins et 2. Lords of Midgard
Auteurs : Jason Aaron, Russell Dauterman, Rafa Garres et Frazer Irving
Éditeur : Marvel 17 mai 2016 et 30 novembre 2016
Pages : 136

Ces deux volumes contiennent Mighty Thor volume 7 1-5 et 6-12. De grands changements ont eu lieu en Asgardia. Thor n'est plus, il est remplacé par l'Odinson. Car Thor Odinson, prince d'Asgard, n'est plus capable de soulever Mjolnir. À sa place une femme a réussi à le soulever et Odinson, reconnaissant ses capacités, a décidé de lui donner son nom. Mais Odinson a disparu. Freyja est enfermée dans les donjons pour s'être révoltée contre les actions d'Odin. Celui-ci règne mais sans sortir de son trône, se contentant d'espionner son royaume et de punir les personnes qui douteraient de lui. La guerre civile risque d'exploser en Asgardia alors que les Royaumes ont besoin d'aide. Car une alliance entre plusieurs entités a eu lieu qui débouche sur la guerre. Les premières victimes sont les elfes.

SPOILERS

Cette série débute immédiatement après la fin de la dernière alors que nous apprenions que Jane Foster est Thor après un combat contre Odin. Il est donc normal de retrouver Freyja en prison puisqu'elle a décidé de se battre contre son mari Odin. Ce dernier, dans cette série, incarne le "glorieux passé masculin". Il veut revenir à un temps durant lequel il agissait comme bon il lui semblait sans prendre en compte les besoins ni les souhaits de ses sujets et des Royaumes. Odin ne comprend pas pour quelle raison son statut pourrait être mis en cause que ce soit par de simples personnes ou des femmes comme Freyja ou la nouvelle Thor. Il agit donc en homme et décide de les punir pour souhaite l'égalité. L'écriture montre bien que la position d'Odin est non seulement arrogante mais qu'elle est aussi en dehors des réalités. Personne ne le soutient, sauf son frère.

Mais cette série met aussi en place un événement longtemps annoncé par le scénariste : une guerre des Royaumes. Bien que celle-ci ait un aspect magique, les espèces impliquées sont des elfes, des nains et des géants qui utilisent de la magie, elle a aussi un aspect bien plus concret. En effet, la guerre débute à la fois par les attaques du roi des elfes noirs, aspect magique, et par les attaques de l'entreprise Roxxon. Celle-ci est décrite comme une entreprise prédatrice que son chef, Dario Agger, utilise pour récolter des richesses et détruire la Terre. Il ne s'intéresse pas aux conséquences de ses actes si celles-ci ne lui permettent pas de devenir un peu plus riche. Il est l'incarnation du capitalisme sans conscience et même s'il doit se confronter à Thor son véritable ennemi est Rosalid Solomon, une agente du SHIELD spécialisée dans l'environnement. Cette guerre est donc aussi une guerre pour le contrôle des ressources et l'extension du capitalisme.

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**** Jason Aaron continue de nous proposer une Thor intéressante mêlée aussi bien à des affaires mythologiques que très terrestres.
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21/10/2018

First Man / First Man : Le Premier Homme sur la Lune

Le programme Apollo qui permit l'envoi sur la Lune de plusieurs équipes d'astronautes est probablement le plus célèbre des programmes d'exploration spatiale. Apollo 11 est sûrement la mission la plus connue puisqu'elle fut le premier alunissage réussit, Neil Armstrong étant le premier homme à marcher sur la Lune. Si on pose la question, il est probable que la mission Apollo 13 soit aussi citée avec d'autres catastrophes de l'aventure spatiale. Ce film se veut un biopic à la fois fidèle, respectueux et intimiste autour de la personne de Neil Armstrong entre son dernier vol en X-15 et sa rentrée sur Terre après son alunissage. La réalisation essaie de montrer le fonctionnement du programme lunaire de la NASA depuis les tests technologiques des Gemini jusqu'aux missions Apollo. On nous fait aussi rentrer dans l'intimité d'un homme montrée comme stoïque, incapable d'exprimer ses émotions et très professionnel.

SPOILERS

Que l'on soit clair, ce film est une ode à l'aventure spatiale américaine. Les réussites communistes sont mentionnées, comme des échecs pour les USA ce qui est en accord avec le contexte de l'époque. La réalisation aurait pu se perdre et ne pas parler des mises en causes ni des contraintes placées sur le projet de la NASA. Ce n'est pas le cas, on nous montre que tout le monde ne pense pas que l'argent soit utile dans le contexte de guerre et de pauvreté des USA. On nous montre aussi les échecs du programme, parfois dangereux. L'explosion d'Apollo 1 est particulièrement rempli d'émotions. Ce sont surtout les enterrements qui se succèdent qui montrent le danger que représente ce programme. La manière dont les fusées sont filmées est aussi particulièrement impressionnant. L'écran, les décors, vibrent avec un son presque assourdissant. On pourrait presque ressentir ce qu'implique le fait de partir dans l'espace dans le nez d'une gigantesque bombe chargée de carburant. On se demande surtout comment ces machines ont pu rester en une seule pièce et comment des personnes ont pu accepter d'entrer à l'intérieur.

Étant un biopic, le film se concentre sur Neil Armstrong et Janet Elizabeth Shearon, les deux sont mariés. Je ne sais pas si la manière de représenter Neil Armstrong est réaliste. On nous montre un homme profondément affecté par la mort de sa fille. Mais surtout un homme incapable de parler à ses amis, à sa femme et encore moins à ses enfants. Cette incapacité à exprimer ses sentiments conduit à une scène durant laquelle Armstrong fait ses bagages frénétiquement pendant que Janet Elizabeth Shearon lui demande de s'arrêter afin de parler à ses enfants, de les préparer à la possibilité de sa mort. En effet, Neil Armstrong est dépeint de manière respectueuse comme une personne très professionnelle. Un travailleur incapable de s'arrêter qui ne pense qu'à ses missions et refuse presque de s'amuser. Les conséquences du programme sont visibles à travers Janet Elizabeth Shearon qui observe les dégâts de la mort des astronautes sur leurs familles. Bien que je ne sache pas la vérité concernant cette famille, cette peinture de son fonctionnement me semble trop respectueuse et pas assez critique. Je me demande ce que voulait faire la réalisation.

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**** Un film qui respecte énormément son personnage et la conquête spatiale. Ce respect est presque trop important et parfois on a presque l'impression que certaines étapes ne sont qu'anecdotiques.
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Image : Site Officiel

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20/10/2018

Midnighter 2. Hard par Steve Orlando, Aco, Hugo Petrus, Davis Messina et Romulo Fajardo Jr,

Titre : Midnighter 2. Hard
Auteurs : Steve Orlando, Aco, Hugo Petrus, Davis Messina et Romulo Fajardo Jr,
Éditeur : DC 25 octobre 2016
Pages : 168

Ce second volume contient Midnighter 8-12 ainsi que deux numéros classiques. Dans le volume précèdent Midnighter et Apollo se quittaient à cause des méthodes de Midnighter. En effet, ce dernier a tendance à considérer que la seule solution est de faire du mal, voire de tuer, les personnes qui font du mal aux innocent-e-s. Le fait qu'il ait été programmé pour tuer n'excuse pas ses activités en ce qui concerne Apollo. Ce changement a conduit Midnighter à s'ouvrir à d'autres personnes et à se lier romantiquement avec un homme qui utilise ses sentiments pour lui faire du mal. Après avoir survécu Midnighter est recruté par Spyral afin de retrouver une arme volée par la Suicide Squad. Cette recherche permet à Midnighter de comprendre qu'Amanda Waller essaie de recréer ce qui a permis à Midnighter d'exister et il ne veut pas la laisser faire.

SPOILER

Le premier volume était très intéressant. Derrière la brutalité du personnage principal on voyait un homme tenter de se lier à d'autres hommes que ce soit pour des relations courtes ou plus longues. La série n'hésitait pas à montrer l'identité de Midnighter ni ses matinées avec d'autres hommes. Cela donnait une certaine cohérence à la série qui essaie de montrer qui est Midnighter et pourquoi il agit comme il le fait. Il est certes brutal mais seulement envers les personnes qu'il considère mériter sa brutalité.

Ce second volume est moins cohérent. Le scénariste essaie de lier son intrigue au monde plus large de l'univers DC en ajoutant à la fois Spyral et la Suicide Squad. Le problème c'est que je n'apprécie pas la Suicide Squad alors que Spyral ne fait sens qu'autours de Grayson, du moins selon moi. Bien que le scénariste essaie de montrer le danger d'user d'armes de plus en plus puissantes ou la nécessité de les utiliser en vue de créer de la sécurité cet aspect est minimisé par des scènes de combats qui empêchent une véritable réflexion. Ce second volume échoue donc largement à créer une intrigue intéressante mais il permet au moins de remettre en place le couple de Midnighter et d'Apollo.

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*** Un second volume beaucoup moins intéressant que le premier car les auteurs essaient de relier leur intrigue à l'univers DC sans que cela ne soit véritablement utile.
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Image : Éditeur

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16/10/2018

Noumenon Infinity par Marina J. Lostetter

Titre : Noumenon Infinity
Autrice : Marina J. Lostetter
Éditeur : Harper Voyager 14 août 2018
Pages : 576

Il y a près de 2000 ans, l'humanité a envoyé 12 convois dans l'espace chargés d'étudier des points intéressants de l'espace. Seul Noumenon est revenu sur une terre bien différente avec des informations concernant une mégastructure dans le système Lq Pyx. Malgré les réticences des autorités terriennes, une seconde mission est décidée afin de compléter la super structure et de comprendre l'espèce qui semble l'avoir construite, ou qui semble avoir tenté de continuer sa construction. Là encore, le temps impliqué sera énorme. De plus, une seconde mission pourrait bien donner des informations importantes sur Lq Pyx. Car le convoi 12 qui a étrangement disparu n'est pas perdu.

SPOILERS

Noumenon Infinity est la suite directe de Noumenon. Bien que le premier chapitre se déroule bien avant l'envoi des convois, alors que le convoi 12 est réaffecté sous la direction de Vahni Kapoor, titulaire d'un doctorat sur le mode de propulsion utilisé par les convois. Tout comme dans Noumenon, on suit plusieurs points de vue dans des chapitres consacrés après un temps plus ou moins long. Mais cette fois nous avons la perspective du convoi 12 et celle du convoi 7. Alors que ce dernier permet de mettre en avant les changements sociologiques dû à la construction de la mégastructure et de la division de la flotte afin de comprendre les aliens le convoi 12 s'intéresse au mystère de leur arrivée dans une région et un temps inconnu. Ces deux points de vue fonctionnent très bien tout en se mêlant afin de donner de nombreuses réponses à l'intrigue générale.

Le premier tome se concentrait sur les voyages et les changements culturels et sociologiques, avec le choc du retour sur Terre comme problème majeur de la seconde partie. Ce second tome s'intéresse toujours autant à ces changements mais l'autrice, Marina J Lostetter, s'amuse avec des temporalités bien plus importantes et plusieurs convois. Comme dans le premier tome, ces changements sont logiques et basés sur un fonctionnement antérieur. Mais le convoi 7 s'intéresse bien plus à la construction de la mégastructure et à l'effet que celle-ci a sur l'équipage. Pendant la lecture, on passe d'une attente à la construction puis à la fin de celle-ci pour mieux continuer sur l'impression d'une erreur destructrice et enfin une impression de merveilleux. Lors de toutes ces étapes, ce qui compte n'est pas la division mais la mise en place d'une société unie en direction d'un but commun, que celui-ci soit la survie, une œuvre ou la recherche scientifique. L'autrice nous donne un point de vue optimiste sur l'humanité, certes imparfaite mais capable de tout si on lui donne un but futur.

Enfin, je suis dans l'obligation de mentionner la diversité mise en place par l'autrice. Cette question est particulièrement importante alors que les communautés concernées demandent une véritable diversité et non une annonce externe sans que rien ne puisse permettre de le deviner au sein de l’œuvre, une annonce dont J.K. Rowling est malheureusement devenue une experte à la tristesse de nombreuses personnes. Premièrement, les personnages sont de cultures et de provenance diverses, ce qui était le cas aussi du premier roman. Mais les personnages du convoi 12 ne sont pas clonés selon leur potentiel génétique, une décision remise en cause dans ce roman, mais selon leurs capacités et les besoins du convoi en termes scientifiques. Illes ne sont pas élevés dans un monde conçu pour les préparer mais proviennent de cultures différentes. De plus, l'autrice n'hésite pas à user de personnages à la sexualité et à l'identité de genre différents. Le premier tome donnait le point de vue d'une lesbienne. Ce tome nous offre une asexuelle en relation polyromantique et une femme transgenre. Ces caractéristiques ne sont pas mises en question mais sont décrites comme une part de l'humanité. Ainsi, l'autrice ne justifie pas leur existence, ces personnages sont ce qu'illes sont. Bien que j'apprécie cet effort, je ne me permettrais pas de juger de la réussite ou de l'échec de l'autrice à bien représenter ces identités. Je terminerais sur l'impression que certaines scènes n'auraient probablement pas pu être écrites par un homme.

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***** Le premier tome a été l'une de mes meilleures surprises en SF de l'année. Je me suis immédiatement procuré le second tome qui, selon moi, est meilleur que le premier. J'espère que Marina J. Lostetter écrira encore beaucoup de romans.

Image : Éditeur

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14/10/2018

Den skyldige / The Guilty

Asger Holm est un policier du Danemark actuellement affecté à la centrale téléphonique, le 112. Son travail implique de recevoir les appels d'urgence de la population, récolter un maximum d'informations sur les circonstances et la localisation des personnes et transférer ces informations aux patrouilles de police afin de les envoyer sur les lieux en besoins d'aide. C'est un travail monotone, difficile et ennuyeux. Mais tout change lorsque Asger reçoit l'appel d'une jeune femme inconnue qu'il ne peut localiser avec précision. Rapidement, il comprend que celle-ci a été enlevée et mime une conversation avec sa fille. Alors qu'Asger envoie la police tenter de retrouver cette femme dont il ne connait que peu de choses il essaie de l'aider et de réunir le plus d'informations possibles sur son identité, son kidnappeur et sa famille.

SPOILERS (des gros spoilers)

Ce film se déroule entièrement dans deux salles d'une centrale d'appel. L'image est sombre avec seulement la lumière des écrans et du bureau. L'ambiance est donc très froide. On ne voit rien de l'extérieur et toutes les informations nous sont communiqués, ainsi qu'à Asger, au travers des appels téléphoniques. Au film du temps, on ressent la frustration croissante d'Asger qui essaie de comprendre ce qui se déroule tout en ne pouvant pas chercher lui-même les indices dont il a besoin car ce n'est pas son travail. Ce n'est souvent qu'après-coup que l'on apprend ce qui se déroule et donc que l'on apprend l'étendue réelle du problème.

Ce film est aussi l'histoire de deux personnes. La première est Asger qui est provisoirement assigné à la centrale d'appel après avoir tué un homme, en légitime défense selon lui. On ne sait que peu de choses sur les circonstances sauf que le procès a lieu le lendemain et qu'un partenaire est son témoin. Ce n'est qu'à la fin du film que l'on apprend ce qui s'est réellement déroulé, donnant tout son sens au titre du film. En parallèle, la police poursuit un homme qu'elle pense être coupable de kidnapping et de meurtre. Tout semble l'accuser, il a été condamné pour violences, il a perdu la garde de ses enfants lors de son divorce et sa fille parle d'une dispute entre lui et son ex-femme après une visite dans la chambre d'un des enfants, encore bébé. Ces indices ne sont donnés que petits à petits afin de faire monter la tension. Nous avons donc ceux hommes. Un est coupable mais le cache. Tandis que l'autre est présumé coupable mais il est encore poursuivi. Ce sont deux hommes violents dont on ne connait pas les circonstances. Ce n'est que tardivement que toutes les explications nous sont données, changeant complétement la perspective du film.

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***** Un très bon huis-clos dont la tension monte rapidement

Image : Site officiel

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10:03 Écrit par Hassan dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : den skyldige, the guilty | | | |  Facebook

11/10/2018

52. 4 par Geoff Johns, Grant Morisson, Greg Rucka, Mark Waid et Keith Giffen

Titre : 52. 4
Auteurs : Geoff Johns, Grant Morisson, Greg Rucka, Mark Waid et Keith Giffen
Éditeur : Urban comics 28 septembre 2018
Pages : 344

Ce tome 4 contient 52 40-52, The origin of Black Adam de 52 16 et The Origin of Steel de 52 15. Les événements de l'année sans Superman, Batman et Wonder Woman commencent à se relier entre-eux. Alors que des personnes plus secondaires ont pris les devants de la scène le monde criminel en a profité pour essayer de prendre le contrôle. Luthor est enfin démasqué ainsi que son programme qui permet à tout le monde de posséder des pouvoirs. La secte du crime continue de lancer son ambitieux programme tout en essayant de tuer Batwoman. Mais personne n'avait pris en compte Black Adam qui, après avoir perdu sa famille, se venge en détruisant un pays entier puis en attaquant la Chine. Sera-t-il possible de l'arrêter à temps ?

SPOILERS

Il y a un sentiment d'urgence dans ces derniers numéros. En effet, on nous promet une intrigue sur un an avec des conséquences importantes et des plans reliés entre-eux. Mais il y a de nombreux points d'intrigues et tous les relier n'est pas facile. Ainsi, la chute de Luthor est-elle très, trop, rapide tandis que le combat de Black Adam contre la Chine ne dure qu'un épisode. Cela est un peu court pour ce qui est décrit comme une troisième guerre mondiale. Je déplore aussi que le personnage soit ramené au point de départ, tout son développement étant annulé.

Les autres intrigues, scientifiques, la secte du crime et intergang, sont reliées au sein d'un complot de la secte du crime qui contrôle aussi bien intergang que les scientifiques enlevés. Ce complot d'une grande ampleur devient beaucoup moins ambitieux alors que leur seul acte est de tenter de tuer Batwoman. Heureusement, cette intrigue permet de revoir quelques pages de Batwoman, bien qu'elle n'y soit pas à son avantage. Finalement, on peut se demander s'il n'aurait pas été nécessaire de donner plus de temps à ce nombre impressionnant de scénaristes aux styles si différents.

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*** Une conclusion abrupte pour une longue série.
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Image : Éditeur

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Johnny English Strikes Again

Le MI7 est la victime d'une attaque d'ampleur inégalée. Un pirate a trouvé le moyen d'entrer dans la base de données des renseignements britanniques et de rendre public l'identité des agent-e-s du MI7. Cette catastrophe a des conséquences incalculables alors que le Royaume Uni s'apprête à organiser une rencontre entre les pays les plus riches de la planète. Personne ne peut enquêter car il n'y a plus aucun agent-e-s. La Première ministre ordonne de faire revenir les membres du MI7 qui se trouvent à la retraite. Cela implique Johnny English, actuellement enseignant de géographie dans une petite école privée. Lorsqu'on lui demande de revenir il s'exécute avec le plus grand plaisir.

SPOILER

Ce troisième film s'intéresse à un thème très actuel : la place de la gouvernance par l'informatique dans nos vies. Bien que l'intrigue débute par une série s'attaque informatique contre les infrastructures britanniques et européennes, on comprend rapidement que le but du méchant est de prendre le contrôle des informations créées par les états et leur population. Selon son argumentation, ces données permettent de créer des algorithmes capables d'éviter les plus gros problèmes actuels : des bouchons aux problèmes de santé. Bien entendu, il n'explique pas immédiatement que cela implique une destruction de la démocratie telle qu'on la connait et un gouvernement par une élite capable de comprendre les algorithmes. Cette démission des élites politiques traditionnelles s'explique par leur incapacité à comprendre les enjeux de l'informatique. Ce point est incarné par la Première ministre qui se contente de signer tout ce qu'elle trouve si cela lui permet de gagner quelques points grâce à la proximité du jeune et beau méchant.

Ce film pourrait donc être assez intéressant. À travers l'humour il pourrait dénoncer la fascination ignorante envers les nouvelles technologies et les miracles que celles-ci pourraient permettre pour notre société, sans jamais penser aux conséquences. La réalisation s'amuse du décalage entre le jeune, beau et intelligent méchant qui use de tout ce qui est neuf, comme les imprimantes 3D, et Johnny English incapable d'utiliser un IPad, de comprendre la réalité virtuelle et qui décide de rouler dans une vieille voiture plutôt qu'une hybride remplie d'aides à la conduite. À certains moments, Johnny English incarne même le passé en se retrouvant dans un costume traditionnel ou en armure. Malheureusement, l'humour me semble très forcé. Plutôt que de laisser les situations parler par elles-mêmes la réalisation explicite toujours, au travers des dialogues, ce qui va se dérouler. Pire encore, l'humour ressemble plus à une série de sketch collés artificiellement ensemble pour construire un film d'une longueur acceptable. Ce qui aurait pu devenir un film intéressant échoue donc largement.

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*** Parfois c'est drôle
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Image : IMDB

Site officiel

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10:23 Écrit par Hassan dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : johnny english strikes again | | | |  Facebook

08/10/2018

The good place 1

Il existe un certain nombre de séries qui prennent une position humoristique sur la mort. On peut penser à Dead Like Me qui profite de la mort pour parler de la vie ou encore Pushing Daisies au style si coloré. The Good Place, qui m'a été conseillé, se déroule après la mort. Lorsque l'on meurt les activités que l'on a eu sur Terre sont dénombrées selon qu'elles soient positives ou négatives. Le résultat permet de classer les personnes soit dans le Mauvais Endroit soit dans le Bon Endroit. Ce dernier est un lieu très exclusif réservé aux meilleures personnes ayant été vivantes. Eleanor Shellstrop vient tout juste de mourir. Elle se réveille dans une salle d'attente dans laquelle on lui annonce qu'elle est acceptée dans le Bon Endroit. Le problème c'est qu'Elenaor est loin d'être une bonne personne.

SPOILER

Les séries humoristiques qui fonctionnent réellement sont rares. Même s'il existe de nombreuses productions dans ce genre leur humour est souvent fainéant, mal écrit et peut rapidement devenir une honte secrète pour les personnes qui les regardent. Je compte sur les doigts d'une seule main les séries qui restent drôles après plusieurs années et sur de nombreuses saisons, malgré quelques longueurs de temps en temps. Leurs points communs sont de prendre au sérieux l'humour et les cibles des blagues. On rit avec les personnages et non pas des personnes. Lorsque ces personnages se comportement mal l'écriture permet de comprendre que c'est le cas. The Good Place est dans cette veine. Les situations dans lesquelles se trouvent Eleanor sont drôle parce que son comportement est déplacé, ce qui est montré et jugé comme tel.

Ce qui rend cette série particulièrement bien écrite concerne aussi son message. Au lieu de se contenter de parler de la mort par le rire la production décide de parler de philosophie. Pour cela, outre Janet et Michael qui sont des êtres éternels, on nous offre 4 personnages. Tahani est une membre de la haute société anglo-saxonne qui a lancé de nombreuses organisations de charité tout en accomplissant un haut degré d'éducation. Chidi est un chercheur spécialisé en philosophie de l'éthique. Jason est un DJ trafiquant de drogue. Et Eleanor est une personne égocentrique incapable du moindre acte de gentillesse. Le personnage de Chidi permet à la production de nous parler d'éthique par les grands philosophes, résumés rapidement. Ensuite, Eleanor se retrouve dans une situation qui implique l'usage de ce qu'elle a appris ou de ce que Chidi explique. Je me souviens particulièrement bien d'un dilemme éthique qui concerne la possibilité de tuer une personne si cela permet de sauver la vie d'une autre personne. La série ne nous offre pas de réponse mais complexifie la question en offrant de nouvelles informations au fur et à mesure de l'épisode. Ce type de scène me permet de considérer que cette série est probablement l'une des mieux écrites du moment et qu'elle mérite d'être largement connue.

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***** Probablement l'une des meilleures séries actuellement en cours. Ne me lisez pas, regardez la série.

Image : Site officiel

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14:29 Écrit par Hassan dans série | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : the good place | | | |  Facebook

06/10/2018

The expanse 1

L'humanité, un futur proche, a réussi à créer un moteur qui donne la possibilité de coloniser le système solaire. Depuis, la Terre s'est unie autours des Nations Unis et a colonisé la Lune. Des dômes ont été montés sur Mars qui est devenu une nation militariste indépendante qui n'a qu'un seul but : créer un monde habitable. Les deux planètes vivent dans une paix militaire relative et prennent le contrôle de la ceinture d'astéroïde, habitée par les Belters depuis plusieurs générations. Celleux-ci ce sont liés au sein d'une confédération qualifiée de terroriste aussi bien par la Terre que par Mars. Tout fonctionne dans un équilibre instable qui pourrait bien être mis à mal alors que deux vaisseaux disparaissent soudainement. La réponse à leur destruction est-elle aussi simple qu'elle parait ?

SPOILERS

Depuis Battlestar Galactica je n'ai pas trouvé de série SF ayant lieu principalement dans l'espace qui prenne au sérieux son univers. Battlestar Galactica créait une technologie et un univers politique pour ensuite montrer de quelle manière les humain-e-s interagissent à l'intérieur. Cette série prend très au sérieux son univers et en particulier sa technologie. Tout y est à la fois familier et très avancé. Ainsi, le fonctionnement de cet univers est compréhensible tout en ne jouant pas sur la magie de la science pour expliquer les réussites ou les échecs des personnages. Lorsque la gravité disparait les personnages utilisent des bottes magnétiques. Les vaisseaux doivent être réparés à la main, ce qui est sale. La défense passe par des balles physiques et non des boucliers énergétiques.

Cette première saison doit aussi nous permettre de comprendre le statu quo politique de cet univers grâce au point de vue de plusieurs personnages. Ainsi, on comprend que Mars est une grande puissance militaire et une société créée en vue d'atteindre un but spécifique. La Ceinture est contrôlée par les deux planètes mais elle est aussi déstabilisée par une alliance syndicale qui pourrait se transformer en mouvement nationaliste. Ce point de vue nous est fourni par Miller, enquêteur au profit d'une corporation sur un astéroïde contrôlé par la Terre. Enfin, le point de vue de la Terre est offert par une membre importante de son administration. Elle est décrite comme une personne sans pitié connaissant parfaitement le jeu politique et l'état stratégique du système solaire. Cet équilibre est brisé par un joueur inconnu dont l'identité n'est que très progressivement dévoilé par un équipage naufragé et ses tentatives de survivre. Bien entendu, ceci n'est qu'un résumé très rapide d'une série riche aussi bien au point de vue de l'écriture que de l'image, qui est magnifique. Je ne regrette pas d'avoir essayé de la regarder et je vais faire mon possible pour rattraper mon retard.

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***** Une première saison qui démarre très fort. Elle utilise à son avantage les dix épisodes qui lui sont offerts pour débuter une intrigue et un univers complexe.

Image : Site officiel

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18:10 Écrit par Hassan dans science-fiction, série | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : the expanse, syfy | | | |  Facebook

Supergirl 3

Supergirl a vaincu les terroristes de Cadmus. Mais elle a été obligée d'accepter leur aide afin d'empêcher l'invasion des Daxamites, le peuple de Mon-El. Malheureusement, la seule manière de vaincre durablement les Daxamites a été de polluer l'atmosphère terrestre au plomb, empêchant Mon-El de continuer à vivre sur Terre. Depuis, Kara Danvers met en cause l'existence de son alter-ego humaine. Au lieu de souffrir des pertes difficiles et de devoir travailler dans le cadre civil ne serait-il pas plus logique de devenir Supergirl à plein temps ? D'oublier son identité humaine et de devenir l'un des êtres les plus puissants de la Terre sans prendre le temps de connaitre les gens et de se lier à d'autres personnes ? Cela pourrait-il lui permettre de survivre à la nouvelle menace qui se réveille sur Terre ?

SPOILERS

La première saison de Supergirl était moyenne mais résolument positive. Dès la seconde saison, la CW prend la série en main et décide d'en faire une série anti-trump. L'intrigue concernait la migration et la nécessité d’accueillir les personnes dans le besoin afin de les aider à vivre et à offrir leurs richesses au monde. La CW allait jusqu'à créer une femme présidente issue de l'immigration alien qui débute son arrivée sur les écrans en légalisant toutes les personnes migrantes qui vivaient auparavant en cachette. Cette troisième saison continue sur cette lancée en créant un personnage masculin : Morgan Edge. Cet homme est décrit comme un être puissant, riche, blanc, qui veut prendre le contrôle de la ville à la suite des destructions de l'invasion daxamite. Il déteste Léna Luthor ainsi que Supergirl et fait tout ce qu'il peut pour les détruire ou les enfermer. La réalisation de la série va jusqu'à créer une manifestation, contrôlée par Edge, qui chante "lock her up" devant les locaux de Luthor. Le parallèle ne pourrait pas être plus clair.

Malheureusement, cet homme disparait assez rapidement pour laisser la place au véritable propos de cette saison. Quelle est la différence entre la divinité et l'humanité. Kara, en tant que Supergirl, approche la divinité avec un nombre restreint de points faibles. Tandis que Kara humaine souffre régulièrement de la perte d'ami-e-s et d'amants. Pendant la première partie de la saison, elle choisit de donner plus d'importance à son côté divin, Supergirl, avant de comprendre que son humanité lui donne bien plus de chance de gagner. En effet, Supergirl, lorsqu'elle combat des êtres de sa puissance, est montrée comme froide et détachée. C'est son humanité qui lui donne l'occasion de ressentir de la compassion et de l'amour. Cette dichotomie est incarnée par les Tueuses de mondes qui sont des êtres artificiels créés par Kryptons. Leur humanité est combattue voire abandonnée afin de laisser place à une grande puissance mais aussi à l'absence total d'empathie. La fin de la saison donne aussi la possibilité d'une confrontation entre Kara et Lena Luthor. Bien que le développement de leur relation soit logique j’espère que nous n'aurons pas un développement débouchant sur un combat entre les deux femmes.

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*** J'ai un peu moins apprécié cette saison, plus intimiste et moins politique, mais je garde mon intérêt pour les personnages et les intrigues.
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Image : IMDB

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09:25 Écrit par Hassan dans science-fiction, série | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : supergirl, cw | | | |  Facebook

L'ile aux cannibales. 1933, une déportation-abandon en Sibérie par Nicolas Werth

Titre : L'ile aux cannibales. 1933, une déportation-abandon en Sibérie
Auteur : Nicolas Werth
Éditeur : Perrin 2006
Pages : 204

Nicolas Werth est connu pour être un spécialiste de l'URSS et l'un des auteurs du Livre noir du communisme (que je n'ai pas lu). Dans ce petit ouvrage il s'intéresse à l'ile de Nazino, en Sibérie. Selon des témoignages oraux, la petite ile inhospitalière fut le théâtre d'actes inhumains suivi de la mort de nombreuses personnes au point qu'une commission d'enquête fut mise en place peu de temps après les événements. Mais moins que cette petite histoire c'est le processus global de déportation que souhaite comprendre l'auteur en partant de l’arrivée : l'ile de Nazino.

L'auteur divise son travail en 5 chapitres qui permettent de mieux comprendre la raison des déportations. Le premier chapitre dévoile le plan derrière ces déportations. Loin d'être de simples actes de destruction le but est double. Premièrement, il semble nécessaire aux autorités communistes de vider la campagne et les villes d'éléments considérés comme dangereux, en particulier les Koulaks mais aussi les anciens membres de l'état tsaristes. En second lieu, cette déportation doit être un moyen de prendre le contrôle de territoire peu habités et d'en faire des lieux productifs par le travail des déportés.

Cependant, le troisième chapitre montre les difficultés de la mise en place de ce plan. En effet, une population importante est destinée à la déportation. Mais comment les déporter, qui déporter et surtout qu'en faire à l’arrivée ? L'auteur démontre que les autorités policières suivent les ordres de la manière la plus large possible. Les personnes déportées peuvent aussi bien être des criminel-le-s que de simples passants qui allaient au marché sans leur passeport ou encore des membres éminents du partis. Les décisions sont rapides, sans recours et les déporté-e-s ne sont pas écouté-e-s. Pire encore, les villes et villages chargés d’accueillir cette population ne sont pas préparés. Les autorités ne savent pas forcément quel type de population va arriver, leur nombre et ne possède pas les ressources en hommes nécessaires pour la surveillance. L'auteur montre aussi les difficultés d'approvisionnement pour vêtir et nourrir les déporté-e-s.

Ceci débouche sur l'échec total de la déportation à Nazino. L'auteur nous explique que les autorités locales ne savent pas combien de personnes vont arriver ni leur profil. Au lieu de paysans endurcis capables de travailler la terre ce sont des citadins. Celleux-ci ont été largement dépouillé par les éléments criminels de la déportation et peuvent arriver peu vêtu-e-s, voire nu-e-s, affamé si ce n'est déjà mort. Alors que les infrastructures de transit sont remplies il est difficile de transférer la population, par manque de bateaux. Les populations qui se retrouvent en Sibérie ne savent pas construire de logements ni cultiver. Rapidement, la famine s'installe et des actes de cannibalisme ont lieu. Ce contexte n'est pas aidé par des gardes qui n'hésitent pas à profiter de la situation pour devenir un peu plus riche ou qui font actes de cruauté contre les personnes déportées.

Partant d'une histoire précise, qui a donné lieu à une enquête officielle, l'auteur essaie de nous faire comprendre le fonctionnement des déportations : de la décision policière à la mise en place des infrastructures. Ce qu'il nous montre est un acte administratif qui ne prend pas en compte la situation réelle et qui est rapidement dépassée par les décisions personnelles des autorités locales et de la police. Par cet exemple, l'auteur essaie de nous faire comprendre le fonctionnement global d'une politique qui débouche sur des centaines de milliers de morts dans un contexte de famine pour les populations paysannes de l'URSS. Sans pouvoir juger de la place de ce livre dans l'historiographie, n'étant pas un spécialiste de l'URSS, je peux tout de même considérer ce livre comme intéressant pour comprendre le fonctionnement de l'état communiste en Russie sous Staline.

Image : Éditeur

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30/09/2018

Noumenon par Marina J. Lostetter

Titre : Noumenon
Autrice : Marina J. Lostetter
Éditeur : Harper Collins 8 janvier 2017
Pages : 432

2088, un astrophysicien du nom de Reggie Straifer découvre une anomalie autours d'une lointaine étoile. Il a de la chance car, pour la première fois, la Terre est à la fois en paix, unie et capable d'envoyer des vaisseaux pour des voyages interstellaires. Le monde décide de créer plusieurs groupes de vaisseaux pour des missions qui prendraient 200 ans pour l'équipage mais près de 2000 ans en ce qui concerne la Terre. Tout doit être minutieusement préparé tout en permettant assez de souplesse pour s'adapter aux problèmes inattendus. La mission mise en place par Straifer est la seule à offrir la possibilité de découvrir une intelligence extraterrestre, même si celle-ci est minime. L'équipage est constitué en conséquence et la mission prend le nom de Noumenon.

SPOILERS

Il y a longtemps que je n'avais pas ressenti autant de plaisir face à un livre de SF. L'intrigue est simple : il y a un objet étrange quelque part dans l'espace pourquoi ne pas envoyer une équipe l'étudier. C'est le début de beaucoup de livres de SF prenant place dans l'espace. Ce livre prend le soin de s'intéresser largement au fonctionnement de la mission et à la manière dont les vaisseaux et l'équipage sont conçus afin de survivre pour plusieurs siècles. L'autrice offre aussi un sens du merveilleux. Elle donne l'espoir d'observer, à travers ses pages, l'humanité choisir de partir dans l'espace pour la simple envie de mieux comprendre l'univers. Au fur et à mesure que le vaisseau se rapproche de sa destination je me suis pris à ressentir l'anticipation, les craintes et les souhaits de l'équipage. J'ai eu l'impression de vivre leur étonnement car l'autrice a pris soin de rendre les personnages uniques malgré la construction du roman en plusieurs fenêtres lors d'épisodes précis du voyage.

J'apprécie aussi énormément l'intérêt premier de l'autrice. Elle n'essaie pas de trop expliquer le fonctionnement du vaisseau ni de l'objet, ce n'est pas un roman de Hard Science. Elle s'intéresse bien plus aux individus mais aussi à la société dans son ensemble. Chacune des fenêtres prend le point de vue d'une personne précise qui possède un rôle précis, dépendant de son héritage génétique en vue de créer une société stable. Le fonctionnement de cette société est explicité par les impressions de ces personnages qui commentent les changements nécessaires ou souhaités mais aussi les problèmes. Petit à petit, l'autrice nous montre une société changer, s'adapter, selon les besoins du moment. Lostetter n'oublie pas la Terre qui disparait rapidement pour ne réapparaitre que tardivement. Les changements sont un choc aussi bien pour la personne qui lit le roman que pour les membres de l'équipage. Un choc à la mesure du temps passé et des changements économiques, sociologiques, politiques mais aussi technologiques. Les idées de l'autrice sont à la fois intéressantes, logique dans le cadre de son roman et profondément déprimantes.

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***** L'un des meilleurs romans de SF lu cette année. Je me réjouis de lire sa suite, déjà sortie sous le titre de Noumenon Infinity.

Image : Éditeur

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29/09/2018

L'Opposition à l'avortement : du lobby au commando par Fiammetta Venner

Titre : L'Opposition à l'avortement : du lobby au commando
Autrice : Fiammetta Venner
Éditeur : Berg International 1 janvier 1995
Pages : 197

Le droit à l'avortement est récent et encore difficile à atteindre dans certains pays occidentaux. Il est régulièrement remis en question par des groupes religieux traditionalistes. L'autrice de ce livre a décidé d'étudier l'étendue et le fonctionnement de ces groupes. Elle le fait dans quatre chapitres tout en ajoutant un appendice particulièrement important. Ce dernier, qui n'est pas à jours, regroupe les noms des associations, les actions commandos et les actions en justice jusqu'à l'année 1995.

Le premier chapitre permet à l'autrice de faire un historique de l'accès au droit à l'avortement, et aux luttes contre, pour la France du XXème siècle. Ce sont des informations connues et l'autrice ne s'y attarde pas trop, bien qu'il soit dommage qu'elle ne se soit pas intéressée à une autre histoire que celle de la France ce qui aurait pu être intéressant pour mieux comprendre les liens internationaux mis en place contre le droit à l'avortement.

Le second chapitre entre dans le sujet en examinant le fonctionnement des associations qui luttent contre le droit à l'avortement. L'autrice démontre qu'il existe trois formes d'actions précises par des associations différentes. Cependant, elle explique que les personnes peuvent être membres de plusieurs associations et que plusieurs types d'actions peuvent fonctionnement ensemble. La première action concerne le lobbyisme. Les militant-e-s contactent médecins et politicien-ne-s afin de soumettre des informations sur l'avortement et pousser à refuser ces actes et la continuité de leur légalité. Bien que l'action de lobbyisme ait permis de créer des groupes politiques et médicaux en accord avec les personnes contre l'avortement celles-ci peuvent être vues comme frustrantes par des militant-e-s. Un second type d'action peut être utilisé afin de s'attaquer directement aux femmes qui souhaitent avorter. L'action peut consister soit en une information avec des pressions soit en un harcèlement à l'aide d'insultes et de lecture des dossiers médicaux. Un troisième type d'action sont les commandos qui consistent en la destruction de biens matériels afin d'empêcher tout acte médical d'avortement.

Le troisième chapitre s'intéresse à l'idéologie et identifie trois sources. La première est le fondamentalisme religieux basé sur une lecture traditionnelle de la bible et de la société. Dans cette optique, la place des femmes est à la maison afin de s'occuper du ménage et de créer des enfants à la chaine. Les hommes ont un rôle extérieur, au travail. En ce qui concerne le contrôle du corps, celui-ci est pensé comme fondamentalement anti-chrétien car il implique de "voler" à la divinité sa propriété. Ainsi, toutes les recherches et actes médicaux sont refusés au nom de la religion. Une seconde source est la relativisation du génocide des Juifs. En effet, les avortements sont considérés comme un génocide en cours avec bien plus de victimes. Pire encore, les Juifs, comme groupe, sont considérés comme les coupables de cet acte et donc auraient exagérés leurs souffrances. Enfin, il existe des groupes féministes dit de droites qui militent en faveurs du retour aux valeurs féminines : la maternité. Elles considèrent qu'il existe une complémentarité des sexes basées sur une différence fondamentale entre hommes et femmes.

Enfin, le quatrième chapitre s'intéresse aux soutiens. L'autrice démontre que les antiavortements français bénéficient de milieux provenant des États-Unis qui fournissent des informations, des enseignants, des méthodes mais aussi des films et articles vendus directement traduits en français. Ces milieux sont aussi largement soutenus par l'église catholique, jusqu'à la papauté. Les évêques n'hésitent pas à soutenir des actions non-violentes comme violentes tout en fournissant matériel et lieux de réunions. Enfin, les milieux d'extrême-droite soutiennent aussi ces militant-e-s. Ici, l'autrice examine la France, la Belgique et l'Allemagne et essaie de démontrer les liens avec des groupes parfois très proche du nazisme.

Ce livre est ancien, 1995. Il a été écrit alors que le droit à l'avortement était encore pénalisé en Suisse (celui-ci a été dépénalisé en 2002 par la solution des délais). Il s'intéresse spécifiquement à la France et débute une analyse du fonctionnement de ces groupes sur le minitel. De nombreuses informations, liste des groupes et d'actions en justice, devraient être remises à jours tandis que l'Internet est totalement absent de l'analyse de l'autrice, celui-ci n'étant pas aussi important qu'aujourd'hui. Cependant, l'autrice nous donne de nombreuses informations intéressantes. Le fonctionnement des actions des antiavortements, par exemple, me paraît être toujours d'actualité et pourrait permettre une action politique dans le but de protéger les femmes victimes de leur harcèlement ainsi que le personnel hospitalier.

Image : Amazon

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28/09/2018

Prez 1. Corndog-in-chief par Mark Russell, Ben Caldwell et Mark Morales

Titre : Prez 1. Corndog-in-chief
Auteurs : Mark Russell, Ben Caldwell et Mark Morales
Éditeur : DC 9 février 2016
Pages : 144

Ce volume contient Prez 1-6 et DC sneak peek : Prez 1. Prez est une jeune femme de 19 ans. Elle vit aux États-Unis en 2036. Le monde a beaucoup changé. Les ressources naturelles sont de moins en moins nombreuses. Plusieurs pays ont disparu à cause du réchauffement climatique. Mais les États-Unis restent la grande puissance qui fait la guerre dans plusieurs pays afin de sauvegarder ses intérêts. Cependant, la présidence est organisée par des corporations aux richesses de plus en plus importantes. Dans ce contexte les candidats officiels ne sont pas élus à la présidence. Mais Prez devient la présidente après avoir été filmée lors d'un accident dans un fast-food.

SPOILERS

Je suis honnêtement surpris que ce comics ait été édité par DC. Il est en dehors de leur ligne éditoriale habituelle. Il n'y a pas de super-héros qui usent de leurs pouvoirs pour défendre la loi. Il n'y a qu'une jeune femme pauvre qui se retrouve impliquée dans d'énormes problèmes sans y être préparée mais qui essaie de faire au mieux avec le peu d'aide qu'elle reçoit. Malheureusement, la série a été annulée avant d'atteindre sa conclusion et nous ne connaitrons jamais la fin de l'intrigue bien qu'elle me semble plutôt intéressante.

Ce comics est très riche. Il s'attaque frontalement aux problèmes de la politique des États-Unis de 2016. Le pays attaque d'autres nations au travers de robots pilotés par des jeunes se croyant dans des deux vidéos. La candidature est décidée selon un système de vote par les réseaux sociaux et non selon les propositions. Mais ce qui rend ce comics si pertinent c'est sa capacité à se moquer tout en dénonçant et ceci aussi bien en écrivant précisément ce qui se déroule ou simplement par le dessin. Ainsi, en parcourant les pages de ce volume on apprend que l'aide alimentaire n'est proposée que si les personnes qui en ont besoin acceptent d'être utilisés comme support de publicités. Les réfugié-e-s climatiques sont parqués dans des zoos humains. Et les débats ne sont pas de confrontations d'idées mais l'occasion de noyer l'adversaire sous des arguments fallacieux afin de gagner le support du public pour des lois dangereuses.

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***** un OVNI qui n'hésite pas à s'attaquer frontalement à notre époque et aux politicien-ne-s.

Image : Éditeur

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La Prophétie de l'horloge / The house with a clock

Lewis, 10 ans, a récemment perdu ses deux parents. Il rejoint sa seule famille : son oncle Jonathan. Celui-ci vit dans une petite ville dans un immense manoir rempli de livres et d'horloges. Il organise fréquemment des soirées poker avec sa voisine, Florence. Bien que les deux adultes s'insultent mutuellement illes s'apprécient beaucoup et aiment passer du temps ensemble. Selon Jonathan, il n'y a aucune règle dans cette maison. Lewis essaie de passer outre la mort de ses parents tout en cherchant l'amitié dans sa nouvelle école. Être un peu étrange n'aide pas. Vivre dans la maison hantée de la ville rend la chose encore plus difficile. Bien que Lewis rie de l'idée que son manoir soit hanté il se rend rapidement compte qu'il s'y passe des choses étranges. Les meubles bougent, les peintures se modifient et le bruit d'une horloge résonne à travers les murs tandis que son oncle parcoure les couloirs du manoir la nuit tombée.

SPOILERS

Une chose au moins est réussie dans ce film : le sens du merveilleux face à la découverte de la magie par un jeune enfant de 10 ans. Dès que Lewis rencontre son oncle on comprend que cet enfant est surpris. Il est intimidé par le manoir. Il a peur des petits bruits durant la nuit, des craquements du plancher. Et il est émerveillé par la magie même s’il ne la comprend pas. Il est naturel que Lewis ne souhaite qu'une chose : apprendre à devenir magicien. Un souhait qui implique de longues études mais qui ne nécessite pas de dons (coucou l'élitisme d'Harry Potter). Ce merveilleux est aidé par une maison mise en scène comme un lieu étrange, dangereux mais aussi beau. La maison est un personnage à part entière avec ses bons côtés mais aussi sa part d'ombre. Elle aide les habitant-e-s mais elle peut aussi combattre si nécessaire ou si l'ordre lui est donné par son possesseur original.

Bien que la mise en scène soit réussie, les effets spéciaux sont plutôt convaincants, et que l'intrigue soit simpliste mai efficace le film n'est pas aidé par l'humour de Jack Black. Même si j'ai apprécié les piques que se lancent Jonathan et Florence, celle-ci est montrée comme une sorcière bien plus compétente que Jonathan, le reste de l'humour n'est pas très élaboré. À plusieurs reprises, le lion de la maison est montré faisant ses besoins en dehors de sa litière. Une bonne partie des scènes de fin est passée à combattre du vomi de courges. Et je ne parle pas du bébé Jonathan dont le seul acte est de se faire pipi dessus. J'aurais apprécié quelque chose d'un peu plus construit.

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*** De jolies images mais un humour douteux.
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Image : Allociné

Site officiel

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27/09/2018

Midnighter 1. Out par Steve Orlando, Aco, Stephen Mooney, Alec Morgan et Romulo Fajardo JR

Titre : Midnighter 1. Out
Auteurs : Steve Orlando, Aco, Stephen Mooney, Alec Morgan et Romulo Fajardo JR
Éditeur : DC 23 février 2016
Pages : 144

Ce volume 1 contient Midnighter 1-7. Le Midnighter n'a pas de passé. Il ne sait pas d'où il provient ni qu'elle est son histoire. Il ne sait que peu de choses. Il est amoureux d'Appolo. Il aime se battre. Il a été construit pour vaincre par la Jardinière. Son plaisir le plus important provient de ses combats contre des brutes qui s'attaquent aux personnes innocentes. Mais sa vie va devenir bien plus compliquée lorsqu'il apprend que la Jardinière a été cambriolée par une personne capable de la vaincre ainsi que les défenses de son domaine. Des technologies dangereuses sont maintenant à la disposition de tout le monde. Il n'en faut pas plus pour que le Midnighter décide d'user de ses poings.

SPOILERS

J'avais entendu parler du personnage et je voulais mieux le connaitre en lisant Midnighter and Appolo. Ce fut une histoire que j'ai appréciée mais elle est la suite de deux volumes de la série Midnighter. J'ai donc décidé de les lire. Celle-ci commence alors que le couple s'est brisé par l'incapacité de Midnighter de savoir comment ne pas se battre et la colère d'Appolo face aux horreurs subies par Midnighter. Les numéros sont divisés entre les combats et les rendez-vous avec des hommes. Le scénariste est très clair, ce sont en grande partie des coups d'un soir, sauf un seul personnage. Le scénariste n'hésite pas non plus à montrer la sexualité de Midnighter, que ce soit par des préservatifs ou en entrant dans la chambre de son personnage. La série refuse de s'excuser de parler d'un personnage gay et c'est une très bonne chose.

Bien que l'intrigue principale concerne le vol de technologie par quelqu'un d'inconnu et l'enquête menée par Midnighter cela ne me semble pas être le plus important dans cette série, même si cette intrigue permet de créer des pages plutôt violentes en accord avec le fonctionnement du personnage. La question principale, j'ai l'impression, concerne la possibilité pour Midnighter de vivre une vie de couple plus ou moins normale sans connaitre son passé et tout en luttant contre des criminel-le-s. Que les scènes de combats soient coupées par des scènes prenant place dans sa vie de couple et quelques scènes du passé doit probablement être voulu, afin de montrer ses problèmes mais aussi de quelle manière il tente de résoudre sa vie.

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**** Violent, montre clairement que son personnage a une sexualité, je ne mettrais pas ce comics dans toutes les mains mais il est suffisamment différent de la ligne éditoriale classique de DC pour être intéressant.
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Image : Éditeur

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26/09/2018

Qui a peur de la mort (Who fears death) par Nnedi Okorafor

Titre : Qui a peur de la mort (Who fears death)
Autrice : Nnedi Okorafor
Éditeur : Actu SF octobre 2017
Pages : 552
CW : Viols, esclavage, excision, génocide

Qui a peur de la mort, de l'autrice Nnedi Okorafor, commence à être de plus en plus connu. Le roman est un succès, des lecteurs et lectrices en parlent de plus en plus et l'histoire pourrait être adaptée sur HBO, sous l'égide de George R. R. Martin. J'ai découvert ce roman à la suite de ce large intérêt et j'avoue que j'en attendais beaucoup à la suite des critiques très positives que j'ai lu.

Qui a peur de la mort est le nom de l'héroïne du roman, Onyesonwu. Onysonwu est une jeune fille née dans le désert après que sa mère ait fui les horreurs de la guerre et de son passé. Onyesonwu est une fille du viol entre sa mère, une Okeke à la peau noire, et un homme Nuru, un homme à la peau claire. Ceci fait d'Onyesonwu une Ewu soit une paria dans les deux peuples car on les considère comme maléfiques. Mais Onyesonwu n'est pas une simple jeune femme. Elle est capable de sorcellerie et elle souhaite être entrainée à tous prix afin de se défende contre les maléfices de son père génétique. Cependant, la tradition interdit d'enseigner la sorcellerie aux femmes.

SPOILERS

Ce roman est sombre. Il n'hésite pas à s'intéresser à des horreurs et à les décrire précisément tout en explicitant leur but. Ainsi, c'est la première fois que je lis une scène d'excision, la signification du rituel dans ce roman mais aussi son but : protéger les jeunes femmes en empêchant la sexualité. Bien entendu, l'autrice dénonce ce but en demandant pour quelle raison ce sont les jeunes femmes qui doivent faire un effort et non les hommes. L'autrice décrit aussi très précisément, dès la page 30, le viol dont Najeeba, la mère d'Onyesonwu, fut victime. Là aussi, l'autrice utilise cet acte pour parler du viol comme arme de guerre. Elle explique que les hommes Nurus usent du viol afin de détruire les Okekes par le sang. Une destruction qui atteint aussi la société puisque les enfants de ces actes sont des parias car considérés comme maléfiques.

Ce roman est sombre dans un autre contexte : la mort y est omniprésente. Dès la première page, le père adoptif d'Onyesonwu meurt malgré les efforts de sa fille. Ce n'est que la première perte qu'elle subit. Le roman est rempli de ces pertes qui construisent la vie d'Onyesonwu, elle-même sait exactement de quelle manière elle va mourir. Ce rythme de morts donne l'impression que l'autrice considère que la vie est formée de celles-ci. Nous partons avec des ami-e-s, de la famille, et celleux-ci disparaissent petit à petit. Cependant, Onyesonwu est une femme qui refuse la mort. Son but est de survivre puis de trouver un moyen de vivre comme toutes les autres personnes. Ce n'est pas selon sa volonté qu'elle devient une sorcière puissante et crainte mais parce que ses actes sont nécessaires pour permettre au monde de changer, si possible dans une direction plus favorable.

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**** L'une de mes meilleures lectures cette année. L'écriture est très fluide mais les événements peuvent être difficiles à lire.
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Image : Éditeur

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21/09/2018

Runaways 1. Find your way home par Rainbow Rowell, Kris Anka et Matthew Wilson

Titre : Runaways 1. Find your way home
Auteur-e-s : Rainbow Rowell, Kris Anka et Matthew Wilson
Éditeur : Marvel comics 1 mai 2018
Pages : 136

Ce volume 1 contient Runaways (2017) 1-6. Les Runaways sont quelques adolescent-e-s dont les parents sont des criminels. Après l'avoir appris illes ont décidé de fuir puis de combattre leurs parents et de réparer le mal fait à la ville de Los Angeles. Avec le temps, ils ont connu plusieurs pertes mais aussi des ajouts, le fils d'Ultron par exemple. Du point de vue des éditions la série a connu son heure de gloire sous Brian K. Vaughan, avant de perdre en qualité par suite de la volonté de lier ce groupe aux événements Civil War et Secret Invasion. Pour se terminer sous un nouveau scénariste considéré largement comme ayant détruit la série pour de bon. Cette nouvelle série se déroule quelques années plus tard. Chacun des membres des Runaways est parti faire son chemin. Mais Chase a décidé de retourner dans le passé afin de tenter de sauver Gert en la ramenant dans le présent, une époque dans laquelle Nico pourrait sauver son ancienne amie.

SPOILERS

J'attendais beaucoup de cette nouvelle série, tout en était surpris de son retour. Ma première lecture de Runaways reste un très bon souvenir. Derrière une intrigue plutôt simple se cache une écriture efficace avec des choix pertinents, par exemple celui du traitre inattendu et logique à la fois. J'étais déçu du choix éditorial consistant à lier le groupe aux événements plus larges de Marvel. Selon moi, cette série ne fonctionnait pas assez bien dans ce contexte puisque les jeunes Runaways ne s'intéressent pas à ce que font les adultes de l'univers Marvel. Heureusement, les derniers numéros de Vaughan restent intéressants tout en ouvrant quelques idées.

J'avoue que je n'ai pas lu les épisodes écrits par le successeur de Vaughan, et je ne planifie pas de le faire. Il me manque donc quelques éléments et je craignais que la scénariste fasse de nombreuses références. Heureusement, elle nous donne les éléments manquants au fil du temps tout en expliquant pour quelle raison le retour de Gert est une nécessité, elle serait la clé du fonctionnement du groupe et son départ équivaut aux débuts des problèmes du groupe. Il est donc assez facile d'entrer dans ce premier volume

L'intrigue est assez simple, connue même. Les jeunes adultes, mis à part Gert et Molly, tentent de se réunir tout en essayant de passer outre les changements connus après leur séparation. Après avoir appris que l'un de leurs parents est dangereux, illes essaient de sauver leur amie et de survivre malgré leur amateurisme. Cependant, cette intrigue permet surtout de relier à nouveau les différents personnages. La scénariste ne prétend pas qu'il est simple de revenir vers des ami-e-s que l'on a perdu de vue. Ce n'est que difficilement que chacun-e décide à recommencer à s'entre-aider et se faire confiance à nouveau.

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*** Un premier volume qui repose les bases du groupe et de leur relation
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Image : Amazon

Éditeur

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