19/08/2017

Sherlock saison 4

Sherlock, lors de la saison 3, a dû d'occuper d'une personne bien plus intelligente que lui et surtout bien plus puissante. C'est, probablement, l'un des pires personnages qui ait été écrit pour la télévision et dans la série Sherlock. Suite à cela, Sherlock Holmes était exilé par son frère, dans le cadre d'une mission suicide. Mais le piratage des télévisions du royaume entier par un Moriarty force la couronne à rappeler Sherlock afin d'enquêter sur l'un des criminels les plus célèbres de l'époque, un criminel censé être mort. L'épisode de noël permet de répondre à la question de la mort de Moriarty en recréant le XIXème siècle. Pour cette saison 4, Sherlock est de retour à notre époque. Et il est temps d'enquêter sur le retour de Moriarty. Mais cela risque de faire ressortir d'anciens secrets.

Le plus grand gâchis de cette saison et, à mon avis, Mary Watson. Mais cela pose un problème car la saison est construite sur ce moment de gâchis, et la construction fonctionne. Mary, durant la saison 3 et l'épisode de noël, est décrite comme une femme plus intelligente que Sherlock, aussi compétente en armes à feu que Watson, voir même probablement plus compétente, avec un passé que l'on ne connait pas mais que l'on peut deviner. Mary est un personnage très intéressant qui possède le potentiel de placer Sherlock et Watson à l'arrière-plan. Elle est aussi la femme de John Watson et une mère. Ce qui lui arrive dans le premier épisode de la saison 4 n'a donc pas beaucoup de sens pour moi. Pourquoi se sacrifice ? Pourquoi prendre la peine de construire ce personnage pour, ensuite, n'en faire qu'un artifice scénaristique censé ne faire avancer que les histoires des hommes de la série ? À mon avis, il y a ici un potentiel qui fut totalement abandonné et détruit par les scénaristes.

Durant les différentes saisons de cette série on a observé un détective peu humain devenir de plus en plus proche d'un groupe très restreint de personnes. Les enquêtes comptent moins que les relations entre Sherlock et d'autres personnages et il n'est pas rare qu'une affaire ait un impact direct sur celles-ci. De plus en plus, cette série est passée du style policier à l'histoire de famille. Cette saison, à mon avis, est la quintessence de cette évolution. Le second épisode permet de réparer une relation détruite mais c'est surtout le troisième, et dernier, épisode qui se centre sur la question de la famille et des relations amicales. Toutes les personnes qui entourent Sherlock sont remises en question et il est probable que cette fin de saison aura un impact lors de la prochaine saison (si elle a lieu un jour). Sans trop en dire, ce dernier épisode opère aussi un renversement de valeur entre l'intelligence et l'émotion. Sherlock a toujours défendu l'intelligence face aux émotions, qualifiées négativement. Mais, dans cette saison, les émotions sont considérées comme supérieures à l'intelligence qui, seule, risque de tourner une personne en un monstre. C'est, à mon avis, une très bonne saison malgré une décision que je regrette et déplore concernant le personnage de Mary Watson.

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**** Bien écrit, un rythme soutenu, difficile de rester de marbre.
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10:23 Écrit par Hassan dans série | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : sherlock, bbc | | | |  Facebook

18/08/2017

Loki agent of asgard 3. Last days par Al ewing et Lee Garbett

Titre : Loki agent of Asgard 3. Last days
Auteurs : Al Ewing et Lee Garbett
Éditeur : Marvel 13 octobre 2015
Pages : 136

Ce volume 3 contient Loki : agent of Asgard 12-17. Nous avions quitté Loki en bien mauvaise posture. Son identité a été détruire, il est banni d'Asgard et considéré comme mort par les divinités. Pire encore, sa seule amie a décidé de l'abandonner. Et tout ceci est causé par le Roi Loki du futur. Mais pourquoi le futur Loki souhaiterait-il détruire son passé ? Comment Loki a-t-il pu changer après être devenu une force bénéfique ? Et surtout, comment Loki peut-il survivre à la fin de tout, au retour du Ragnarök ! Pour réussir à redevenir lui-même Loki devra changer et surtout préserver ce qui fait son essence, même si cela implique de ne jamais être apprécié par ses semblables.

Encore une fois, les auteurs restent dans le même thème : l'importance des histoires. Mais ils utilisent ce thème pour modifier encore un peu leur personnage. Durant le tome précèdent Loki perd sa capacité à mentir et, donc, à raconter des histoires. Il perd aussi son statut de divinité asgardienne. Ce tome est un moyen de lui rendre son identité par des moyens détournés. Pour cela, les auteurs mettent en avant plusieurs choix possibles afin de permettre à Loki de redevenir lui-même. Ce volume est bien meilleur que le second. En effet, ce dernier souffre d'être trop lié à des évènements spécifiques de l'univers Marvel. Celui-ci est lié à la fin de cet univers mais les auteurs décident de ne pas y toucher. Les préparatifs se forment sans le personnage, sauf sa version future, et la fin décide de laisser ouverte la possibilité de retrouver Loki mais sans l'envoyer sur le monde de Doom. C'est, à mon avis, une très bonne idée qui permet de conclure avec élégance cette histoire.

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**** Un dernier tome qui reste dans la continuité des autres mais qui réussit là où le second échoue.
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Image : Éditeur

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Loki agent of asgard 2. I cannot tell a lie par Al Ewing, Lee Garbett et Jorge Coelho

Titre : Loki agent of asgard 2. I cannot tell a lie
Auteurs : Al Ewing, Lee Garbett et Jorge Coelho
Éditeur : Marvel 12 mai 2015
Pages : 112

Ce volume 2 contient les épisodes 6-11. Loki est le dieu du mensonge et de la tricherie. Il aime mettre en place des plans afin de vaincre ses ennemis d'une manière inattendue. C'est ainsi qu'il a compris que Asgard contient un prisonnier mystérieux. Après avoir réussi à entrer dans les donjons du royaume Loki se rend compte que le prisonnier n'est autre que lui-même. Mais un lui qui provient du futur et qui semble être retourné à l'amour du mal. Au lieu de rester l'agent d'Asgard Loki décide de fuir. Mais il a à peine le temps de réfléchir que le monde est envahi par la vague de haine lancée par le Crâne Rouge puis pas un sort d'inversion lancé par Doom. Loki n'est plus le dieu du mal mais le dieu du bien. Et son plus grand ennemi est Thor, devenu incapable de porter son marteau.

Dès les premières pages de Loki agent of Asgard il est clair que les auteurs s'attachent fortement au thème des histoires. Selon eux, les divinités ne sont rien d'autre que des histoires et la magie implique simplement d'imposer un récit à l'univers. Le premier volume se concentrait sur la réécriture du passé de Loki afin de lui permettre de ne plus être emprisonné par son histoire, connue de tout le monde. Ce second volume s'attache aux histoires que l'on se raconte à nous même. En effet, Loki se ment lorsque le sort d'inversion se met en place. Il n'est pas un héros mais un vilain qui tente de changer. De plus, Loki se ment lorsqu'il pense pouvoir atteindre une forme de rédemption. L'intrigue de ce second volume s'attaque au crime qu'il a commit afin de se recréer et implique des conséquences importantes pour le personnage et ses relations aux autres divinités ainsi qu'aux humain-e-s qui l'entourent.

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*** Bien que j'apprécie beaucoup Loki, et cette série, ce volume est bien trop intégré à l'évènement Axis qui ne nous est pas présenté ainsi qu'à la quête de Thor et de Loki pour retrouver Angela. Sans cela, j'aurais bien mieux apprécié ce volume.
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Image : Éditeur

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17/08/2017

Rome et son empire par Michel Christol, Daniel Nony, Clara Berrendonner et Pierre Cosme

Titre : Rome et son empire
Auteur-e-s : Michel Christol, Daniel Nony, Clara Berrendonner et Pierre Cosme
Éditeur : hachette supérieur 2014
Pages : 304

Les livres d'histoire sont souvent très spécialisés, se portant sur un thème ou évènement précis. Les manuels ont un autre but : donner les informations les plus modernes de manière concise sur un thème ou une époque large. Ce manuel entre dans cette catégorie puisque les auteur-e-s examinent l'histoire de la Rome depuis sa fondation mythologique jusqu'à la chute de la ville de Rome, qui marque le début de la période médiévale. La période est très large et couvre des moments très différents ainsi que des évènements de crise rapides. C'est pour cette raison que les auteur-e-s ont divisé leur manuel en quatre parties.

La première partie se concentre sur les origines de l'Empire romain. En cinq chapitres les auteur-e-s s'intéressent aussi bien à la mythologie qu'à la Rome de rois. C'est une histoire un peu difficile car les origines mythologiques se mêlent à des histoires postérieures et aux traces archéologiques. On nous montre une ville qui n'avait rien de ce qu'elle devint plus tard. En effet, elle est d'abord une cité monarchique sous la coupe des étrusques avant de bannir les rois et de créer une forme de République, basée sur deux peuples. C'est aussi une époque durant laquelle la ville de Rome commence à prendre le contrôle de l'Italie pour, ensuite, s'attaquer à sa concurrente : Carthage.

La seconde partie part de la mise en place de la République à la création de l'Empire. En effet, bien que la ville ait banni les rois cela n'implique pas que les structures politiques dont on nous parle en cours d'histoire sont déjà en place. D'une partie il faut prendre en compte un contrôle des institutions politiques par une élite, la noblesse, d'autre part il faut s'intéresser au fonctionnement de la plèbe qui force des réformes afin d'être prise en compte. Malgré tout, cette République connait plusieurs crises, en particulier économique, avec des tentatives de réformes qui se terminent dans le sang. Les auteur-e-s nous décrivent les premiers débuts des guerres civiles qui se termineront par la bataille d'Actium, et le triomphe d'Auguste.

Dans une troisième partie, qui débute après la crise de la fin de la dynastie des Julii, les auteur-e-s s'intéressent au fonctionnement de l'Empire après qu'il ait été définitivement accepté. Ces quatre chapitres permettent de décrire un fonctionnement politique, administratif et militaire bien rôdé malgré des problèmes internes et externes. Cette partie se termine sur une crise, au IIIème siècle, qui début la dernière partie du livre. Celle-ci tente d'expliquer les causes des problèmes de l'Empire romain ainsi que les tentatives de solutions. Ainsi, on nous montre des empereurs mis en place par l'armée, ce qui débouche fréquemment sur des usurpateurs. Mais aussi des réformes économiques et religieuses qui font de l'Empire un État chrétien sous le contrôle d'un Empereur chrétien. Les causes de la chute de Rome sont aussi explicitées et prennent en compte aussi bien l'incompréhension envers les peuples dit barbares que les problèmes internes qui ont dévasté l'armée romaine.

Ce manuel est court si l'on prend en compte l'importance de la période ainsi que le nombre important de thèmes étudiés. Outre ceux-ci, les auteur-e-s ont la bonne idée de joindre plusieurs cartes, un index, des extraits de sources mais aussi des bibliographies thématiques, faisant de ce manuel un outil indispensable pour les étudiant-e-s. De plus, certains chapitres sont assortis d'un état de la recherche sur un thème précis qui permet de mieux comprendre l'historiographique actuelle.

Éditeur

Image : Amazon

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14/08/2017

The dark tower / La tour sombre

L'univers n'est pas tel qu'on le croit. Outre notre monde, la Terre, il existe une multitude de terres plus ou moins différentes. Ces terres sont protégées par une tour qui empêche le chaos extérieur d'atteindre les êtres vivants. Mais la tour est attaquée. Sur monde différent du nôtre une guerre a lieu entre un homme en noir qui utilise des enfants afin de détruire la tour et le dernier pistolero dont le devoir sacré est de la défendre. Mais cette guerre est aussi devenue une histoire de revanche entre deux êtres que la mort rejoint. Sur notre terre, à New York, un enfant voit ces évènements lors de son sommeil. Bien que nous n'en ayons pas conscience il fait partie des rares êtres qui possèdent un don, le sien est tellement fort qu'il pourrait bien détruire la tour à lui tout seul.

Je vais d'abord parler des bons points. Les acteurs et actrices sont convaincantes. Les rôles semblent avoir été bien distribués et on apprécie beaucoup les relations entre les différents personnages, en particulier entre l'homme en noir et le pistolero. L'univers de Stephen King me semble bien mis en scène. Le passage d'un monde à l'autre est réussi et permet avec brio de donner une impression de familiarité étrange. Mieux encore, le fonctionnement d'une société alternative à la nôtre me semble réussi.

Malheureusement, le film a un gros problème : son univers. Celui-ci n'est pratiquement pas expliqué. Bien que certaines références pourraient donner l'impression que l'on ouvre la voie à des suites, ce qui serait possible, j'ai eu l'impression de manquer d'informations pour réellement comprendre les enjeux de l'intrigue. Le fonctionnement de cet univers n'est presque pas expliqué et l'on ne comprend pas pourquoi la tour est si importance ni pour quelle raison certaines personnes souhaitent la détruire. Pire encore, on ne comprend pas les pouvoirs de Jack Chambers. Dès le début, on nous explique que ces pouvoirs sont importants et parmi les plus puissants ce cet univers. Mais jamais ceux-ci ne sont expliqués ni montrés. Ce qui rend la fin du film un peu difficile à accepter puisque jamais on ne nous montre ces pouvoirs et leurs limites.

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*** Il me manque beaucoup d'informations sur le contexte de l'intrigue pour pouvoir réellement juger de l'adaptation.
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Image : Site officiel

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11/08/2017

Superior Spider-Man. Prélude par Dan Slott et Humberto Ramos

Titre : Superior Spider-Man. Prélude
Auteurs : Dan Slott et Humberto Ramos
Éditeur : Panini comics 7 juin 2017
Pages : 136

Ce tome contient Amazing Spider-Man (1963) 698-700. Panini a édité le cycle Superior Spider-Man de Dan Slott en 6 tomes. Ce cycle est l'une de mes premières lectures. J'ai beaucoup apprécié lire les aventures d'un Spider-Man différent, car peu sympathique. Mais de quelle manière Otto Octavius a-t-il réussi à prendre le contrôle du corps de Peter Parker. Et comment Peter a-t-il réussi à garder une certaine forme dans l'esprit d'Otto Octavius ? Ce tome débute alors qu'Otto Octavius est aux portes de la mort, après avoir tenté de détruire le monde. Il est enfermé au Raft mais toute la population craint une possible fuite. Cependant, Otto Octavius a un plan. Et celui-ci lui permet de prendre le contrôle de son pire ennemi. Mais Peter Parker se laissera-t-il faire ?

Il est dommage que Panini n'ait pas édité ces trois numéros, assortis de deux autres histoires, dans le premier tome du Superior Spider-Man. En effet, la surprise est un peu gâchée puisque l'on connait déjà le plan d'Otto Octavius. Cela n'empêche pas le premier numéro d'être une réussite. On suit une journée normale du Spider-Man et ce n'est qu'à la fin que l'on apprend que Peter Parker est déjà vaincu. Plus important, alors que l'esprit d'Otto sera manipulé par les souvenirs de Peter ce tome montrer Peter changé par les souvenirs et la manière de penser d'Otto. Ceci donne un parallèle intéressant avec la suite d l'intrigue. On pourrait presque avoir souhaité un peu plus de numéros pour la confrontation entre ces deux personnages, cependant cela aurait mis à mal le plan d'Otto Octavius. Au final, ce tome est intéressant pour les personnes qui souhaitent compléter le cycle du Superior Spider-Man mais il n'offre pas grand-chose de plus à l'intrigue.

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*** Loin d'être essentiel même s'il lance quelques idées qui seront développées plus loin.
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Image : Éditeur

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08/08/2017

The Shepherd's crown (Discworld 41, Tiffany Aching 5) par Terry Pratchett

Titre : The Shepherd's crown (Discworld 41, Tiffany Aching 5)
Auteur : Terry Pratchett
Éditeur : Corgi 2 juin 2016
Pages : 336

Le Disque est en ébullition. Les personnes les plus puissantes ressentent un changement majeur qui touche aux fondations de l'équilibre du pouvoir. En effet, Granny Weatherwax est morte. Cet évènement permet aux sorcières de se réunir et toutes acceptent l'idée de Granny : Tiffany Aching devrait prendre la place ouverte, même si elle possède déjà une maison, et les devoirs qui vont avec, chez elle. Posséder deux lieux dans lesquels il faut prendre soin de la population demande beaucoup d'efforts. Tiffany commence donc à se chercher des apprenties, voir même un apprenti. Après tout, l'époque de Granny Weatherwax est terminée et elle doit suivre son identité et non celle de sa prédécesseur. Bien qu'elle arrive, plus ou moins, à jongler entre Lancre et the Chalk une menace pourrait bien être trop pour elle. En effet, la mort de Granny a rendu les barrières entre les mondes moins fortes. Et les elfes ont bien envie de revenir sur le Disque-Monde.

Après 40 tomes - certains moyens, d'autres mauvais et du génie - celui-ci, le numéro 41, est le dernier livre qui se déroule dans le Disque-Monde. En effet, Sir Terry Pratchett l'a écrit lors de sa dernière année de vie, avec de l'aide. Sa famille est très claire, et je suis d'accord, il n'y aura pas d'édition de textes inédits ni de contrats avec d'autres auteur-e-s afin de continuer la série. Le Disque-Monde est une création de Sir Terry Pratchett et le restera. La lecture de ce dernier tome est donc un peu particulière puisque nous avons là les derniers mots, écrits, de Terry Pratchett à ses lecteurs. La dernière histoire qu'il conta au monde. Les deux textes placés à la fin du livre sont particulièrement émouvants à lire et montrent que l’œuvre de Pratchett restera pendant un bon moment dans les cœurs de ses fans.

Pour terminer cette aventure Pratchett a décidé de donner le premier rôle à Tiffany Aching. Depuis le début, ce personnage est celui d'une jeune fille, puis d'une jeune femme, loin d'être parfaite mais qui apprend de ses erreurs et de ses observations. Entre le premier tome de ses aventures et celui-ci elle a beaucoup changé en âge et en statut. D'une débutante elle est passée à la successeur de l'une des sorcières les plus puissantes de l'histoire du Disque. Et Pratchett a la bonne idée de nous montrer une Tiffany Aching qui doute de ses capacités mais qui décide de faire son travail malgré cela, jours après jours. Bien que le livre ne sont pas exempt de problèmes, j'ai un peu de mal avec la bataille mise en place par Pratchett, il conclut avec brio l'histoire d'une petite fille brillante devenue une sorcière reconnue et respectée, grâce à ses actes et à son sens de sa propre identité.

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***** Moins que ce tome c'est toute une œuvre qui se conclut ici que, malgré certains échecs en ce qui me concerne, j'ai énormément apprécié lire et découvrir.

Image : Site officiel

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05/08/2017

La Révolution française 1789-1799 par Michel Vovelle

Titre : La Révolution française 1789-1799
Auteur : Michel Vovelle
Éditeur : Armand Colin 2015
Pages : 220

La Révolution française est l'un de ces grands moments de l'histoire que nous sommes censés connaitre. On en parle un peu partout et, selon le pays, c'est une référence majeure. Pourtant, la Révolution n'est qu'un évènement court qui s'est terminé par un coup d'état et un Empire. Alors pourquoi s'y intéresser ? Parce que la Révolution française a pensé des textes qui se trouvent au centre de la pensée démocratique occidentale. Il est donc nécessaire de les replacer dans le contexte de production afin de mieux comprendre ce qui se cache derrière mais aussi de passer outre.

L'auteur est un spécialiste qui, ici, écrit un manuel destiné principalement à un public étudiant. Ainsi, le but principal est le synthétisme d'un évènement et non son analyse complète ou l'entrée dans une école précise. L'auteur, Michel Vovelle, tente donc de construire son livre selon plusieurs points d'analyses qui devraient permettre de mieux comprendre la décennie 1789-1799 mais aussi de donner un minimum de connaissances sur le sujet, ce qui implique 6 chapitres. Le dernier étant un retour sur l'historiographie pour cette troisième édition.

Le premier chapitre est le plus évènementiel. L'auteur y décrit chronologiquement ce qui se déroule pendant la Révolution ce qui permet de construire les autres chapitres à la suite. Ce chapitre permet aussi de mieux comprendre les causes non seulement de la Révolution mais aussi de la fin du régime du Directoire. Il est suivi d'un chapitre qui examine les constructions institutionnelles et le fonctionnement du système politique. Les informations sont nombreuses sur des sujets qui, parfois, n'ont pas été mis en applications. Ces deux chapitres sont suivis de trois chapitres plus "humains". En effet, l'auteur y examine des sujets aussi divers que l'armée, la culture ou la violence. Ces trois chapitres sont ceux qui donnent le plus de substances au livre mais ce sont aussi ceux qui s'intéressent le plus à des thèmes précis. On voit ici la nécessité de parler d'un sujet vaste tout en mettant en avant des idées précises, examinées par des historien-ne-s.

En conclusion, ce livre réussit parfaitement à atteindre son but. Il donne une chronologie des évènements, examine le fonctionnement de l’État et s'intéresse aux aspects plus culturels tout en s'ouvrant aux conséquences pour le reste du monde, aussi bien en ce qui concerne les colonies que l'Europe. Mieux encore, l'auteur joint de nombreux extraits de sources qui permettent d'illuminer certains points précis du propos. Une grande partie de ces sources sont déjà connues mais les avoir à disposition n'est jamais inutile. Enfin, le grand nombre de sujets étudiés permet de choisir ceux que l'on souhaiterait mieux connaitre, en suivant la bibliographie que l'auteur met en place.

Image : Éditeur

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31/07/2017

Raising Steam (Discworld 40, Moist von Lipwig 3) par Terry Pratchett

Titre : Raising Steam (Discworld 40, Moist von Lipwig 3)
Auteur : Terry Pratchett
Éditeur : Corgi books 2013
Pages : 474

Moist Von Lipwig est un escroc. Mais un escroc utile à la société depuis que Vetinari lui a mis la main dessus afin de le condamner à mort, puis de lui expliquer que sa survie ne dépend que de ses capacités à suivre les ordres. Mais Moist von Lipwig découvre qu'il apprécie son nouveau travail. Non seulement il peut user de toutes ses capacités peu légales mais, en plus, il est apprécié et aide l'État à fonctionner. Ses plus grandes réussites, la poste et la banque, ne sont maintenant guère plus que des formulaires à signer tandis que Moist tente de se faire apprécié par les employé-e-s. Mais quelqu'un se prépare à tout changer. Après plusieurs siècles un ingénieur a finalement réussi à utiliser la vapeur comme moyen de propulsion. Ce n'est, pour l'instant, qu'un jouet. Cependant Vetinari, Harry King, Moist von Lipwig et Simnel ont des plans importants. Bientôt le train couvrira le territoire entier et va permettre des relations diplomatiques simplifiées et rapides. Du moins si un groupe de traditionalistes ne tentent pas de tout détruire.

Je pense que ce tome est parfait pour illustrer ce qui était en train d'arriver à Pratchett. Bien entendu, les quelques tomes précèdent en sont aussi des exemples. Mais j'ai l'impression que celui-ci montre particulièrement bien les symptômes d'un grand écrivain malheureusement malade (Terry Pratchett meurt deux ans plus tard). Tout d'abord, l'intrigue est étrange. On se trouve dans une forme de mélange entre une intrigue d'avancée scientifique et sociale, telle que le cycle Moist von Lipwig en traite, et une intrigue politique sur fond de culture telle qu'on en retrouve dans le cycle de la garde. Le lien n'est pas, bien entendu, innocent et les bonnes idées sont nombreuses. Ainsi, les traditionalistes fonctionnement parfaitement dans l'univers créé par Pratchett. Ils s'insèrent dans un contexte connu dont on connait les changements. Mieux encore, Pratchett essaie de montrer ce que la "modernité" implique pour certains peuples et factions qui perdent en pouvoir et en statut et qui luttent pour garder un pied dans le monde. Cette perte de pouvoir et de statut ne peut, comme le monde l'auteur, déboucher que sur une forme de violence et de replis sur les traditions ou sur un changement majeur du fonctionnement de la société. Mais cette intrigue est doublée de celle du train qui me semble bien moins intéressante malgré les nombreuses références et bonnes idées. Pratchett donne l'impression de coller une idée sur le Disque-Monde sans vraiment se poser de questions puis de dessiner quelque chose autours.

Pire, les personnages sont de moins en moins fidèles à ce que Pratchett a créé. Je ne dis pas qu'il y a une évolution qui pose problème. Les personnages du Disque-Monde ont changé et fonctionnent très bien pour autant. Car ce changement était logique et en accord avec leur fonctionnement. Tout comme le tome précèdent, le symptôme est particulièrement fort chez Vetinari et Vimes, mais Moist von Lipwig n'est pas en reste. Ces trois personnages, et les secondaires ainsi que celleux plus importants, sont extrêmement bavards et explicitent toutes leurs actions. Pratchett a réussi a créé des personnages qui savent ce qu'illes font et n'ont pas besoin d'en parler, c'est une part de leur identité. Dans ce tome, et le précèdent, illes expliquent tout. Il n'est pas rare de lire Moist décrire son fonctionnement pour expliquer ses idées et ses réussites en tant qu'escroc. Vetinari est passé d'un tyran de génie à une sorte d'enfant qui refuse les explications et se vexe lorsque des mots-croisés lui résistent. Vimes n'est plus un policier qui cache son côté sombre et doute de l'existence d'un être de vengeance pour l'utiliser explicitement face aux nain-e-s, un problème déjà vu dans le tome 39. Les personnages perdent en subtilité et en identité. Ce qui faisait leur charme, la capacité à reconnaitre les règles non écrites de leur univers de fiction, disparait et se change en un explicite beaucoup moins intéressant.

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*** ceci était l'avant-dernier tome de la série. De nombreux problèmes vu précédemment sont exacerbés et cela me donne des craintes pour le tome final que Pratchett n'a pas réellement pu terminer comme il le souhaitait.
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Image : Site officiel

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30/07/2017

Valerian et Laureline et la cité des 1000 planètes / Valerian and Laureline and the city of a thousand planets

Durant le XXème siècle une rencontre eu lieu entre un vaisseau américain et un vaisseau soviétique, en apesanteur deux hommes de pays ennemis se sont serrés la main. Le film commence sur ce symbole et le continue alors que de nombreux pays entrent dans la course à l'espace et joignent leurs efforts en liant leur vaisseau à une station spatiale en construction. La technologie avance et l'humanité s'unir petit à petit. Mais, un jour, le vaisseau n'est pas humain mais alien. Pour la première fois dans l'histoire humaine une poignée de main a lieu entre notre espèce et une autre. La station continue à grandir alors que de nombreuses espèces s'y joignent. Nommées Alpha elle est le symbole de la paix et de la recherche du savoir entre toutes les espèces de l'univers. Mais il existe une menace au centre de la station. Deux agents sont chargé-e-s d’investiguer : Laureline et Valerian.

Je suis très ennuyé pour parler de ce film. Premièrement, il est beau. Les effets spéciaux sont convaincants, Luc Besson s'est lâché et essaie de mettre en place une grande diversité dans les espèces et les décors (même si certains ne sont vu que brièvement). Il est difficile de ne pas être happé par cet univers qui commence d'une manière très optimiste, un lien pacifique entre plusieurs peuples et espèces, et termine par la nécessité de suivre une certaine morale. J'ai beaucoup apprécié que les contacts aient lieu de manière pacifique. Trop souvent, à mon gout, un contact est vu comme l'occasion d'une guerre et non d'un essai de vivre ensemble. Alpha est, en fait, le symbole du multiculturalisme malgré la centralité des hommes blancs (et je dis hommes car les femmes sont presque inexistantes). J'ai aussi apprécié l'intrigue principale qui permet de lever le voile sur un secret. Bien entendu, on devine assez rapidement que tout n'est pas aussi simple qu'on nous le présente mais ça reste intéressant.

Par contre, j'ai détesté une chose précise du film. Cette chose est Valerian. J'ai bien aimé Laureline qui est efficace est professionnelle. Valerian, par contre, est lourd. Dès le début du film il ne fait que tenter d'expliquer encore et encore pour quelle raison Laureline devrait accepter de se marier avec lui. Pourquoi est-il si important de répéter une question à laquelle une réponse a déjà été donnée sous la forme d'un catégorique non ? De plus, je ne crois pas en leur couple. Il n'y a aucune chaleur entre les deux et la confiance que porte Valerian en Laureline ne lui sert qu'à prouver qu'il serait un nice guy... On ne croit donc ni à la réalité de leur relation ni à la sincérité de Valerian et cela implique qu'il est difficile de s'y intéresser alors que ce gros lourd de Valerian tente de draguer.

Je suis donc très mitigé. D'une part j'ai apprécié l'intrigue et le spectacle d'une station intégrant une grande diversité, ce qui se rapproche d'un mass effect. De l'autre, je n'ai pas été convaincu par le couple formé par Valerian et Laureline et j'ai l'impression que beaucoup d'aspects ont été réglés un peu trop rapidement. La réalisation, Luc Besson, aurait pu mieux développer l'aspect moral, la diversité et le respect des cultures de l'univers et du monde.

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*** Choix par défaut car je ne sais trop quoi en penser.
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Image : Site officiel

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22/07/2017

Secret wars Spider-Man renouveler ses voeux par Dan Slott et Adam Kubert

Titre : Secret Wars Spider-Man renouveler ses vœux
Auteurs : Dan Slott et Adam Kubert
Éditeur : Panini 5 juillet 2017
Pages : 120

Ce tome contient Amazing Spider.Man: renew Your Vows (2015) 1-5. Il y a quelques années J. Michael Straczynski était responsable de la série Spider-Man. Il a mis en place plusieurs idées que j'ai plutôt appréciée. Mais la fin de son run est très controversée. En effet, non seulement il ajoute un élément mythologique à Spider-Man, non seulement il crée un retour de Gwen Stacy (même si pas vraiment) mais en plus, après Civil War, il tue la tante de Peter et force le couple Parker, Peter et MJ, à accepter de n'avoir jamais été marié !

Actuellement, la personne en charge de Spider-Man est Dan Slott, lui a décidé de parler d'un Spider-Man sous le contrôle d'Otto Octavius même si cela est maintenant résolu. Mais, en ce qui concerne Secret Wars, le scénariste a été dans une autre direction. Et si le pacte qui a détruit le mariage entre Peter et MJ n'avait jamais eu lieu ? Le couple a maintenant une fille. Mais les héros ayant des pouvoirs disparaissent un à un. Les Avengers, elleux-même, sont assassinés par un être se nommant le régent, en charge de cette région du monde de Fatalis. Peter Parker, pensant à sa fille, décide de se cacher et de cacher sa famille. Mais est-ce possible de résister à un être tout puissant ? Et que faire de son vœu de ne jamais plus tourner le dos aux personnes dans le besoin ?

J'apprécie beaucoup Dan Slott. J'ai beaucoup aimé Superior Spider-Man. Donc, je me suis dit que prendre ce tome annexe au Secret Wars serait une bonne idée. Dan Slott décide de détruire les Avengers et de cacher Peter Parker. C'est élégant sur deux points. En effet, d'une part les vœux de mariage de Peter et MJ sont renouvelés et, d'autre part, Peter est confronté à son choix d'aider toutes personnes dans le besoin, par sa fille qui a grandi avec les histoires de son père le héros. Plutôt que de mettre en scène une décisions égoïste Dan Slott décide d'en faire une question de famille. De quelle manière les Parker peuvent-illes survivre tout en aidant les autres personnes de la région ? L'intrigue que cela crée est, selon moi, parfaitement en accord avec les personnages mis en scène. Malheureusement, là encore, il est dommage que les conséquences n'existent pas et que la série soit si courte.

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**** J'apprécie Dan Slott et ce dernier ne me déçoit pas ici. Bien que je déplore que la série soit courte et qu'elle soit si rapidement oubliée pour le nouvel univers Marvel.
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Image : Éditeur

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Secret Wars par Jonathan Hickman et Esad Ribic

Titre : Secret Wars
Auteurs : Jonathan Hickman et Esad Ribic
Éditeur : Panini comics 5 juillet 2017
Pages : 312

Ce tome contient Free comic book day: secret wars (2015) 0 et secret wars (2015) 1-9. Hickman, durant son run sur Avengers, New Avengers et Times runs out a organisé la destruction de l'univers marvel. Lors d'une longue préparation il a patiemment construit son intrigue afin non seulement de rendre les Avengers plus puissants mais aussi de créer une menace telle que l'univers Marvel n'en a jamais connu : la fin de tout. Ce tome clôt cette longue période de préparation. Il ne reste plus que deux univers avant que le multivers et la vie ne soient définitivement détruit. Les deux Terres se préparent à une guerre pour le droit de vivre et pour tuer son adversaire. Après la catastrophe, un nouveau monde est créé. Un patchwork de ce qui a été détruit sous l'égide de Fatalis, devenu un dieu. Personne ne se souvient de rien. Mais il existe des vaisseaux qui ont survécu et dont les passagers pourraient être surpris de ce qu'il est advenu de l'humanité.

J'ai, personnellement, apprécié le run d'Hickman. J'aime les intrigues qui prennent en compte des problèmes complexes à comprendre et à résoudre (ce qui explique pourquoi j'apprécie la saga l'Aube de la nuit de Peter F. Hamilton). Le début de ce tome est spectaculaire alors que nous observons tous les personnages que nous connaissons tenter de se battre ou de se mettre à l’abri. Dans un second temps, Hickman présente le fonctionnement de ce nouveau monde tout en sortant les personnages qu'il a sauvé de leur léthargie. Pour, bien plus tard, créer un combat pour l'avenir du multivers.

Il est difficile de tout comprendre sans avoir lu ce qui se déroulait auparavant. Les personnages font fréquemment mentions aux évènements qui ont déjà eu lieu afin de permettre d'expliquer l'état actuel des choses. De plus, ce tome n'est qu'une partie de l'évènement qui s'inscrit dans de nombreuses autres histoires. Mais il permet de poser les bases puis de passer à l'intrigue proprement dites. Celle-ci est efficace et j'apprécie que l'on prenne le temps de nous expliquer le fonctionnement du monde selon Fatalis. Malheureusement, ce n'est qu'une version alternative et, très rapidement, tout est remis à plat. Bien que cela clôt élégamment les choses je trouve dommage que l'on ne puisse pas rester plus longtemps dans ce monde alternatif afin de réellement le vivre.

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**** Un run que j'ai apprécié qui se termine plutôt bien dans ce tome. Même si je trouve dommage que les conséquences soient si facilement effacées et que l'on ne puisse pas explorer le Battleworld plus à fond sur plus de temps. Comme s’il fallait remettre tout en place le plus rapidement possible et, d'une certaine manière, tout effacer.
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Image : Éditeur

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21/07/2017

Dunkirk / Dunkerque

Comme beaucoup de monde, j'ai commencé à m'intéresser à ce film lorsque la bande annonce est sortie. J'apprécie Nolan et ses œuvres que je trouve plutôt, en règle générale, maitrisées. Je me demandais ce que ferait Nolan face à un événement tel que l'évacuation de Dunkerque lors de la Seconde guerre mondiale. Le film commence dans les rues de la ville. On suit un jeune soldat qui ne fait que chercher à aller aux toilettes et à fumer. Mais Dunkerque est pratiquement complétement sous le contrôle des forces allemandes. Sur la plage, près de 400 000 soldats attentent l'évacuation des troupes. Mais les navires sont peu nombreux, les quais encore moins présents et la Royal air force presque invisible. Pendant ce temps, l'aviation allemande et l’artillerie pilonnent la plage tandis que des u-boat patrouillent. L'évacuation semble impossible.

Ce dont je vais parler peut être considéré comme un point faible, mais je ne suis pas d'accord. Le film ne crée pas de héros flamboyant dont on suit les aventures. La réalisation, à la place, a décidé de suivre plusieurs personnages dont on connait à peine les noms. Ces différentes personnes permettent de parler aussi bien de la place, de la mer que de l'air en suivant, sur une chronologie commune, leurs aventures pour évacuer Dunkerque. Il n'y a pas une seule personne, il y a une multitude de personnes qui essaient simplement de survivre. Les combats, face à face, sont très rares et, la plupart du temps, l'ennemi ainsi que l'ami ne sont que des anonymes que l'on rencontre au hasard de la journée. D'ailleurs, jamais on ne voit un seul visage allemand. Ce sont soit des tirs, soit de l’artillerie soit des avions de chasse ou des bombardiers. Cette dépersonnalisation permet de peindre une guerre loin d'être glorieuse. Une guerre durant laquelle la vie n'a que peu de valeurs. En suivant les différents personnages anonymes ont ne peut que penser aux nombreux autres soldats morts, sans que jamais l'on ne connaisse leurs noms. Tout le monde est en danger.

Autant le film ne crée pas de héros autant il ne parle pas d'héroïsme au sens classique des films de guerre. Une dernière charge glorieuse durant laquelle les ennemis tombent sous les balles n'existe pas. Au contraire, le seul héroïsme, dans ce film, est celui qui consiste à sauver d'autres personnes. Alors que les militaires sont pratiquement inactifs, passant leur temps à attendre ou boire du thé. La RAF est montrée comme une force qui tente de protéger le plus de personnes en abattant les chasseurs et bombardiers allemands. Mieux encore, ce sont les civils qui sont les plus héroïques. Ces nombreux bateaux qui se sont rendus à Dunkerque afin d'aider l'évacuation des soldats. Ainsi, le film semble nous expliquer que tuer n'est pas héroïque, sauver au prix possible de sa vie, par contre, est la quintessence de l'héroïsme.

Le film est beau, la musique est parfaite et accompagne les évènements au lieu de les forcer, la réalisation est maitrisée. Mais les critiques français-e-s et des historien-ne-s de la guerre ont mis en avant deux manques importants. Premièrement, on ne comprend rien à l'évènement. On ne sait pas pour quelle raison l'évacuation a lieu ne la raison pour laquelle les forces allemandes n'attaquent que peu. On peut expliquer cela par la nécessité de rester au niveau des simples soldats qui ne savent pas pour quelles raisons les batailles se déroulent, devant faire confiance aux officiers. Un manque plus important concerne les français. On ne les voit pratiquement jamais sauf lors d'une barricade et un jeune soldat qui essaie de fuir. Bien que l'évacuation, selon mes lectures de novice en ce qui concerne l'histoire de la guerre, ait été rendue possible par la résistance acharnée des français, ceux-ci ne sont jamais présent. Tout se passe comme si les anglais sont les seuls à sa battre. Ce manquement est probablement le plus gros problème du film puisque l'effacement de la résistance française, et de leur destin tragique puisque ces troupes seront emprisonnées et maltraitées, efface une grande partie de l'histoire de la bataille et de sa complexité ainsi que des conséquences.

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**** Un film maitrisé, une image et une musique qui fonctionnent parfaitement, de très bonnes idées. Il est dommage de n'avoir pris en compte que les troupes britanniques.
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Image : Allociné

Site officiel

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08:46 Écrit par Hassan dans contemporain, Film, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : dunkerque, dunkirk, nolan | | | |  Facebook

Saga 7

Titre : Saga 7
Auteur-e-s : Fiona Staples et Brian K. Vaughan
Éditeur : Urban comics 19 mai 2017
Pages : 152

Ce tome contient Saga 37-42 publiés dans l'édition originale Saga volume six. Pour la première fois depuis longtemps Marko, Alana et Azel sont réunis, ainsi que leur baby sitter fantôme Izabel. Mais la recherche d'Azel a couté cher. La mère de Marko est toujours en prison alors que la famille recueille un nouveau membre en la personne de Petrichor. Mais les changements sont tout aussi nombreux. Il est possible qu'Azel puisse être, prochainement, une grande sœur. Tandis que le robot Prince attend avec impatience de retrouver son fils. Tout irait bien si le vaisseau n'était pas en panne de carburant, forçant un atterrissage sur le pire endroit de la galaxie : Phang.

Saga est l'un de mes comics préférés pour de nombreuses raisons, que je ne suis pas toujours capable d'exprimer. J'aime suivre cette famille aux problèmes si communs dans une galaxie vivante et diverse mais détruite par une guerre sans fin. Tomes par tomes, les auteur-e-s ajoutent quelques informations, un peu de complexité et enrichissent encore plus ce qu'illes ont créé.

Saga est aussi une série qui ne s’embarrasse pas de belles histoires et de fins heureuses. Cela ne veut pas dire qu'il n'y a pas de belles histoires. Mais les fins heureuses sont beaucoup moins nombreuses. À mon avis, parfaitement subjectif, ce tome est le pire en ce qui concerne les fins. Rien n'est fait pour épargner les personnes qui lisent la série. Je ne sais pas ce qui m'a le plus touché dans les horreurs et les scènes tristes de ce tome. Plutôt que de sauver tout le monde les auteur-e-s préfèrent prévenir que, dans la vraie vie, des gens meurent, disparaissent et sont cruels. Alors pourquoi raconter un mensonge dans ce comics ?

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***** Un tome toujours aussi bon avec des scènes particulièrement déchirantes

Image : Éditeur

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20/07/2017

L'empire romain par Patrick le Roux

Titre : L'empire romain
Auteur : Patrick le Roux
Éditeur : PUF janvier 2015
Pages : 127

Nous connaissons probablement tous et toutes l'Empire Romain. Un territoire gigantesque dirigé par la ville de Rome sous les Césars. Il est probable que certaines personnes connaissent aussi le destin de l'Empire tel qu'il est simplifié : le retour de la grandeur après la corruption de la République ; une lente désagrégation face à la corruption et aux invasions barbares. Certaines autres personnes font le lien direct entre ces idées et le fonctionnement actuel du monde. Nous serions les nouveaux romains, phare de la civilisation, en danger d'invasions barbares et seule la connaissance du passé permet de le comprendre et de préparer la lutte. L'histoire de l'Empire romain est très mal comprise. Pire, cette incompréhension est utilisée pour justifier des idéologies spécifiques. Ce petit livre, de la question que sais-je, ne répond pas à toutes les questions. L'auteur ne livre ni toute l'histoire ni toutes les données. Mais il synthétise les connaissances actuelles en quelques thèmes.

Ainsi, le premier chapitre est plutôt chronologique. Il permet d'expliciter les évènements qui ont permis la mise en place de l'Empire, en particulier en se concentrant sur les guerres civiles de la République. L'auteur nous montre une construction spécifique destinée à répondre à des problèmes précis. Plutôt qu'une création ex nihilo l'Empire et ses institutions ont été mis en place progressivement et fonctionnent en parallèle des institutions républicaines, encore en place. Ce qui permet à l'auteur de mieux expliquer de quelle manière fonctionne le gouvernement de Rome. Il explicite non seulement les pouvoirs de l'Empereur mais aussi ses relations avec la ville de Rome, les provinces et les populations locales. Ce qui permet de mettre en avant la figure de l'Empereur et des magistrats en tant que symbole de l'Empire.

Le chapitre suivant permet à l'auteur de rebondir pour parler des populations. Après un court exercice comptable, et critique au ce sujet, l'auteur s'intéresse de manière plus importante au fonctionnement des Cités et au fonctionnement de la société. Ainsi, il nous montre que la société romaine est fortement hiérarchisée mais qu'il est possible pour les descendant-e-s de monter en grade. Il termine sur un chapitre qui pose la question des résistances et des révoltes. Bien entendu, il nous parle des révoltes militaires, des Empereurs qui ont volé leur titre (surtout parce qu'ils ont perdu). Mais il nous parle aussi des relations avec les Juifs et les Chrétiens, teintées d'incompréhensions sur le fonctionnement des religions monothéistes. Il explicite aussi les relations avec les peuples qui sont externes à l'Empire. Loin d'une invasion l'auteur démontre que ces relations sont basées sur une longue histoire rarement révisée. L'Empire ne comprend pas ce qui se déroule en dehors de ses frontières et, peu à peu, perd de son influence et de sa capacité un tenir un territoire aussi grand.

Ce petit livre a le mérite de toute la collection : synthétiser un sujet. Il est donc normale qu'une grande partie de la complexité du monde romain est laissée de côté face à la nécessité de faire court. Mais l'auteur réussit tout de même à garder notre attention tout en mettant en avant les sujets de controverses. La lecture de ce livre est adéquate si vous souhaitez rapidement comprendre le sujet sans entrer dans les détails.

Image : Éditeur

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08:59 Écrit par Hassan dans antiquité, Histoire, Livre | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : empire, rome, puf, que sais-je, patrick le roux | | | |  Facebook

14/07/2017

Spider-Man Homecoming

Spider-Man est encore rebooté. Mais cette fois Sony n'est pas seul et laisser Disney, et marvel, utiliser son jouet et l'impliquer dans le MCU, ce que l'on a vu dès Captain America Civil War (aka Avengers 2.5). On connait tous les origines de Spider-Man donc, cette fois, nous n'aurons pas d'origin story, et c'est un soulagement. À la place, on nous donne un jeune héros, encore peu expérimenté, qui agit surtout dans son quartier. C'est un enfant de 15 ans qui, fasciné par les Avengers, décide de faire de même. Ainsi, il aide les personnes de son quartier, il arrête de petits crimes et donne des indications aux personnes perdues. Mais Peter Parker est certain d'être destiné à de grandes choses. Son impression est renforcée quand il arrête un cambriolage commis avec des armes d'une technologie de pointe. Il décide d'enquêter et d'arrêter les trafiquants seul malgré les mises e garde de Tony Stark.

Durant de nombreuses années je me suis demandé, regardant le MCU, mais qu'en est-il des conséquences ? Jamais, ou rarement, les réalisations nous parlent des implications de la création des Avengers et du comportement des différents membres. Les Avengers peuvent raser trois villes, Captain America et Black Widow peuvent détruire le quartier général d'une agence de renseignement, Thor peut détruire Londres mais les conséquences ne sont presque jamais montrées. Captain America Civil War était une tentative modeste qui a largement échoué à poser des questions importantes pour le MCU mais aussi pour nous (le rôle des drones, le rôle des armées privées, la relation avec le droit international). Dans ce film, enfin, on observe des conséquences. Les destructions causées par les différents personnages que l'on connait sont montrées et la manière de les traiter est expliquée. Il est parfaitement logique que des équipes de démolitions et de nettoyages soient envoyés dans les lieux qui ont connu des batailles. Tout comme il est logique que le gouvernement s'arroge des droits sur les technologies que l'on y trouve. Mieux encore, les débris sont utilisés afin de créer de nouvelles armes, sous le manteau. Ce film est lié intimement au reste du MCU non par les personnages mais par les décors et l'intrigue qui dépendent des autres films.

L'une des conséquences est le vilain du film. Andrian Toomes est d'abord un travailler qui essaie de faire vivre sa famille. Son envie d'éviter la pauvreté le conduit à prendre le contrat de nettoyage offert par la ville, qui lui est volé par le gouvernement (et Tony Stark). Toomes décide donc de garder ce qu'il possède déjà, d'en faire des armes et de voler la technologie récupérée par le gouvernement pour la vendre sous le manteau. Toomes n'est donc un vilain parce qu'il veut détruire le monde ou par jalousie, il l'est pour des raisons pragmatiques. Des personnes puissantes lui ont volé son gagne-pain et, pour survivre, il est obligé d'entrer dans la criminalité. Son but est compréhensible, ses justifications sont argumentées et l'on peut facilement se projeter dans son personnage (très bien joué par Michael Keaton). De plus, le "Vautour" est clairement meilleur que Peter Parker et ne tombe dans les clichés du vilain que pour mieux piéger son nouvel ennemi. Ainsi, le travail commun entre Sony et Disney a donné un film bien écrit, plaisant, drôle et aux personnages plutôt intéressants qui me semblent réel car leur comportement est logique, s'inscrit dans la manière dont chacun de nous réagirait dans des circonstances analogues.

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**** J'avais beaucoup de craintes face à ce nouveau reboot. Mais la réalisation réussit à éviter les écueils de Amazing Spider-Man tout en ne recréant par le personnage de Sam Raimi.
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Image : Site officiel

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13/07/2017

Saga 6 par Fiona Staples et Brian K. Vaughan

Titre : Saga 6
Auteur-e-s : Fiona Staples et Brian K. Vaughan
Éditeur : Urban comics 7 octobre 2016
Pages : 152

Ce tome contient Saga 31-36 publiés dans Saga Volume 6. Après bien trop longtemps je retourne enfin dans l'univers de Saga ! Lors du tome précèdent Alana et Marko se séparaient. Hazel était enlevée par un citoyen du royaume robot qui voulait l'utiliser afin de créer une révolte contre les deux mondes en guerres que sont Continent et la Lune. Mais, bien entendu, les gens ne sont pas ce qu'illes prétendent être et, après bien des péripéties, Marko retrouve Alana tandis que Hazel disparait avec sa grand-mère. Plusieurs années se déroulent avant que l'on retrouve tout ce beau monde. Hazel est dans un pénitencier destiné aux personnes non combattantes tandis que Marko et Alana essaient de trouver des indices pouvant conduire à leur famille.

Saga me plait depuis le premier tome. Les péripéties d'une famille qui fuit l'univers entier. Un univers très coloré et varié. Des personnages compliqués et que l'on apprécie même quand ce sont des ordures. Rien n'est simple dans ce comics qui se base pourtant sur la plus vieille histoire du monde : comment devenir une famille qui fonctionne plus ou moins bien. La bonne idée de ce tome, à mon avis, est de repartir plusieurs années après. Cela permet non seulement de faire grandir Hazel mais aussi de créer de nouvelles histoires aux différents personnages. Les auteur-e-s pourront donc nous en apprendre un peu sur les aventures du passé sans donner l'impression de redire des choses. Le comics continue à se lancer dans des thèmes difficiles tandis qu'il s'intéresse à une professeure mais aussi à la quête de vérité de deux journalistes. Quête qui les pousse à faire des sacrifices importants. L'action est rapide et pourtant il ne se passe pas grand-chose dans ce tome. Mais la série fonctionne ainsi depuis le début et ça fonctionne très bien !

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***** Saga m'avait manqué, c'est un plaisir d'y revenir.

Image : Éditeur

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08/07/2017

Snuff (Discworld 39, City Watch 8) par Terry Pratchett

Titre : Snuff (Discworld 39, City Watch 8)
Auteur : Terry Pratchett
Éditeur : Corgi 7 juin 2012
Pages : 512

Une page se tourne après ce tome. En effet, celui-ci est le dernier livre qui prend place dans le cycle de la garde. Ankh-Morpork est en pleine agitation. Une situation inédite, et potentiellement dangereuse, est sur le point d'être commise malgré toute logique. Vetinari se prépare à un ouragan. Vimes, lui, refuse tout compromis et menace toutes personnes qui se trouvent à sa portée. Mais il n'y a pas le choix. Sous la pression de Sybil, sa femme, le commandant Vimes est forcé de prendre deux semaines de vacances à la campagne ! Un lieu étrange et lointain dont le commandant ne sait rien. La loi y est différente. Les personnes sont différentes et, surtout, il y a assez de matériel pour permettre à son fils d'étudier sa dernière obsession. Mais un crime est commis. Et celui-ci ouvre la porte de nombreux secrets et d'actions qui ne peuvent qu'être décrite comme proche du mal absolu. Vimes ne compte pas laisser les choses en état. Après tout, en vacances on organise sa journée selon ses envies.

Ce tome est le dernier du cycle. Durant celui-ci, Pratchett a décrit un changement majeur dans le fonctionnement de la garde qui passe d'une institution inutile, au profil d'une justice privée, à une organisation qui fait trembler les puissants et qui est un exemple pour le reste du monde. Pratchett a utilisé la garde, et Ankh-Morpork, comme une toile de fond pour parle de crimes, mais des crimes de personnes hauts placées, et pour parler d'ethnies. Grâce à ce cycle, le Disque-Monde est devenu beaucoup plus vivant et détaillé. L'auteur nous a offert des intrigues drôles mais aussi très sombres qui touchent fortement des questions que l'on se pose encore aujourd'hui. Clairement, ce cycle est au centre de l’œuvre et je le conseille fortement.

Encore une fois, Pratchett nous parle d'ethnies. On est habitué aux trolls et aux nains, que l'on connait bien, sans oublier les humanoïdes tels que les loups-garous ou les vampires. Mais, jusqu'à maintenant, les gnomes étaient à peine touchés. Pratchett décrit une espèce considérée comme à peine supérieure aux rats. Ils sont considérés comme sales, voleurs et barbares. Bien que Pratchett n'atteigne pas ses réussites des autres tomes, il prend cette espèce comme toile de fond pour un thème extrêmement sombre : l'esclavage. Une personne en esclavage ne fait pas partie de l'humanité. Cette exclusion permet de justifier l'absence de droits sur leurs personnes. Les gnomes et leurs relations avec le reste du monde fonctionne de la même manière. Personne ne les apprécie, aucunes lois ne les protègent et illes ne sont pas considérés comme membres des espèces sentientes malgré leur langage et leur art. Alors pourquoi ne pas les utiliser pour du travail forcé ? Outre cela, Pratchett décide de pointer du doigt des coupables. Comme souvent dans le cycle de la garde, les coupables sont des personnes si hautes placées qu'elles ne peuvent pas voir autrement le monde et les personnes y vivant comme des propriétés privées, dont elles jouissent. Il est dommage que Pratchett n'ait pas eu plus de temps pour développer ses idées. En l'état, le tome est plaisant. Mais il manque du petit plus qui a fait ses grandes réussites.

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*** Bien qu'en dessous du reste du cycle, avec un Vimes qui me semble en partie écrit de manière différente, j'ai aimé cette conclusion à un cycle que j'apprécie beaucoup.
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Image : Site officiel

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Orphan Black saison 4

Orphan Black est, actuellement, ma série fétiche (je vous rassure j'aime toujours Doctor Who). J'adore les thèmes, les acteurs et actrices sont superbes, la réalisation est magnifique. Il m'est aussi difficile de trouver des points négatifs que d'arrêter de regarder la série pour aller dormir. Après bien trop longtemps, je me lance enfin dans la saison 4 (alors que la saison 5, dernière de la série, est en cours de diffusion). La saison 3 m'avait un peu déçu. J'avais l'impression que la série oubliait une part de son identité. Cette saison 4 débute alors que la source de l'ADN de deux branches de clones est connue. Cosima n'est plus employée de Dyad et tout le monde se cache. Le cessez-le-feu entre Dyad, Topside et le Clone Club est malheureusement fragile. Une branche concurrente du mouvement néolutioniste souhaite mettre sur le marché une technologie concurrente au clonage. Si ce mouvement réussit, l'espérance de vie des clones risque d'être comptée en jours.

Cette saison 4 me fait l'effet d'un retour aux sources. On oublie l'armée, on oublie l'alliance entre l'entreprise Dyad et le Clone Club et on revient aux bases. Les clones se retrouvent, à nouveau, en lutte contre un ennemi inconnu, travaillant dans l'ombre, avec des agent-e-s un peu partout. On retrouve la menace que l'on ressentait lors des deux premières saisons alors que les clones essayaient de survivre sans savoir comment. On retrouve aussi, enfin, les néolutioniste, sans en savoir beaucoup sur leurs buts. En ce qui me concerne, cette lutte d'un groupe de femmes contre une entreprise globale qui prétend avoir le droit de prendre contrôle de leurs corps est le centre de la série et ne peut pas être mis de côté.

La saison 4 creuse aussi un peu plus le mystère. On en sait toujours très peu sur la structure de Dyad qui semble composé de plusieurs éléments en luttes. Mais, cette fois, le grand public est proche d'être victime de l'un des buts du groupe. La série place aussi de nouveaux éléments en ajoutant Susan Duncan ainsi qu'un homme étrange que l'on ne connait pas encore. À mon avis, la série commence à mettre en place les éléments qui permettent de répondre aux questions concernant le complot. Mais je ne sais pas si sa fin, prochaine, sera positive ou négative. En tout cas, Orphan Black est, à mon avis, l'une des meilleures séries actuelles j'espère que la dernière saison ne me décevra pas.

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***** Un retour aux sources des deux premières saisons. Des actrices et acteurs toujours aussi bon !

Image : Allociné

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09:17 Écrit par Hassan dans contemporain, science-fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : orphan black | | | |  Facebook

07/07/2017

Moi, moche et méchant 3 / Despicable me 3

Après le second film Gru a enfin trouvé sa vocation. Il adorait être un vilain, mais il ne l'a jamais vraiment été. Maintenant, il adore être un agent de l'AVL. Il a des gadgets, il peut combattre des vilain-e-s et surtout il possède un salaire qui lui permet de prendre soin de ses trois filles. Enfin, il peut travailler aux côtés de Lucy. Cette dernière se fait, petit à petit, à son rôle de mère pour petites filles. Bien que Gru adore son travaille il échoue régulièrement à appréhender un vilain venu tout droit des années 80, souhaitant se venger de l'annulation de sa série. Suite à cet échec, la famille se rend chez le frère jumeau de Gru ce qui permet à ce dernier de retrouver un peu de ses origines.

Moi, moche et méchant a commencé comme l'origine d'un homme qui devient gentil afin de rendre ses filles heureuses. L'histoire a continué dans la même direction. Il devait à la fois trouver un nouveau but et vaincre sa peur d'être rejeté par les personnes qu'il aime (en l’occurrence une femme et, bien entendu, ses filles). Il semble que, en ce qui concerne ce troisième volet, l'intrigue paternel de Gru soit terminée. On le voit agir systématiquement en faveurs de ses enfants, comme un père accompli. À la place, c'est Lucy qui doit trouver son rôle de mère. Au contraire d'une vision un peu romantique de la parenté, Lucy est montrée comme une femme qui n'arriver pas à trouver la bonne mesure. Elle ne sait pas quand être sévère ni quand être généreuse et se trompe souvent. Le contraste avec Bru est intéressant, d'autant qu'on l'a vu s'améliorer lors de deux films. Gru, lui, se trouve encore une fois dans une quête pour savoir qui il est et ce qu'il veut faire. Après trois films on aurait pu penser qu'il aurait enfin trouvé un but.

Malgré quelques bons moments, drôles et beaux, le film reste moyen. On reprend les mêmes éléments de deux films précédents. Les mêmes blagues et on continue sur la même lancée. Les Mignons sont toujours aussi présents et leurs scènes sont bien réussies, surtout parce que nous n'avons pas un film entier autours d'eux. Les licornes sont toujours importantes. Enfin, la réalisation semble bien aimer créer des situations dans lesquelles mettre Gru. Personnellement, j'ai apprécié le vilain du film. Qu'il soit resté dans une époque, dont il utilise les codes pour ses crimes, et qu'il devienne un vilain à cause de l'annulation du film sont deux idées qui me parlent (ainsi qu'aux personnes fans de Sense8 pour la seconde).

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*** On a une recette, on l'applique, on fait chauffer 90 minutes et on a un Moi, moche et méchant 3. On passe un bon moment, rien de plus.
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Image : Site officiel

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08:23 Écrit par Hassan dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : moi moche et méchant, despicable me | | | |  Facebook

06/07/2017

Le dernier Vice-Roi des Indes

Mars 1947, après des siècles de colonialisme et de luttes le Royaume-Uni a enfin pris la décision, une promesse faites il y a longtemps, de rendre son Indépendance aux Indes et de donner le pouvoir aux leaders de l'opposition. Pour mettre en place une Indépendance fonctionnelle une chronologie est décidée et un dernier Vice-Roi est nommé. Son seul devoir est de permettre aux Indes de vivre en liberté. Son but est de créer la transition la plus pacifique possible en prenant en compte les problèmes créés par le Royaume-Uni durant son occupation du pays. Mais la réalité de l'Indépendance implique aussi des tensions entre les différentes religions dont les musulmans minoritaires. Alors que certaines personnes souhaitent une Inde unie d'autres, sous le leadership de Jinnah, souhaitent la création d'un nouvel état : le Pakistan.

Je suis ennuyé. Bien que j’aie aimé les personnages et les situations je suis ressorti du film avec l'impression d'avoir vu quelque chose d'inachevé, un film bien trop gentil pour parler d'une période de tourment qui conclut une colonisation meurtrière et des luttes sanglantes. J'ai aussi, au début, eu du mal à comprendre l'intérêt de l'histoire d'amour mais j'ai rapidement changé d'avis, au contraire j'ai l'impression que la réalisatrice y réussit quelque chose de plutôt intéressant. Je vais tenter de m'expliquer.

Le début du film est très frappant. On commence à suivre les personnages qui nettoient le palais du Vice-Roi. On suit ce même Vice-Roi dans l'avion, s'entrainant pour son apparence en public. Tous les personnages semblent être empli d'un grand optimisme, d'une joie difficile à contenir. Durant une bonne moitié du film cet optimisme est validé par le fonctionnement de la famille du Vice-Roi qui décide d'accomplir sa mission en tentant de comprendre les Indes et sa population. Ce qui implique de se mêler aux personnalités locales et de se débarrasser du personnel anglo-saxon le plus raciste. Vers le milieu de l'intrigue le film réussit à opérer une transition vers la nécessité de trouver une solution rapide, brisant la chronologie initiale, après des violences de plus en plus importantes. Petit à petit, est mis en scène la nécessité d'une partition qui part des cartes pour se terminer par l’absurde lorsque les biens du palais sont arbitrairement divisés. Une scène, qui m'a frappée, se déroule dans la bibliothèque. On y observe des bibliothécaires tenter de diviser une encyclopédie en deux pour que les deux pays possèdent leur dû.

Cette division mise en scène en même temps que les violences et les réfugiés impacte aussi le personnel du palais. Celui-ci débute le film uni, avec quelques blagues innocentes. Au film du film, les tensions se font de plus en plus importantes avec, parfois, des actes de violences (dont une scène durant laquelle les gardes refusent les ordres d'un Anglais après une bagarre entre les domestiques). La division est mise en scène alors que des ancien-ne-s ami-e-s comprennent qu'illes ne vont pas donner leur allégeance au même pays. Et surtout dans le cadre de l'histoire d'amour qui, ajoutant problème religieux, doit prendre en compte la division entre deux nations.

Ce sont, à mon avis, les bons points de ce film. Si l'on ne prenait que cela en compte on pourrait dire que la réalisatrice réussit à atteindre son but. Mais j'ai été très dérangé par la construction de la famille du Vice-Roi et, par extension, des anglais. Dès le début du film, les anglais se trouvent au centre de la question de la décolonisation. Le Vice-Roi ne fait que recevoir les visiteurs pour être conseillé et leur fournir son avis. Ce dernier est dépeint très positivement, ainsi que sa famille. Je ne sais pas comment elle fonctionnait en réalité mais on les montre comme des aristocrates anglais un peu plus conscient que les autres de leur chance. Ce qui ne les empêche pas d'incarner l'idée qu'en tant que blanc, occidentaux, illes ont l'obligation d'offrir la civilisation au reste du monde, c'est en particulier le cas d'Edwina Mountbatten. L'importance des intérêts stratégiques, qui poussent le gouvernement anglais à accepter le Pakistan, est à peine effleuré. Face à cela, les intérêts des Indiens sont mis en scène par une domesticité qui se contente d'écouter aux portes des "grands" sans ne pouvoir jamais agir. Ainsi, la lutte pour l'Indépendance est à peine mentionnée mais on parle beaucoup de la gentillesse des anglais qui acceptent gracieusement de partir et de gérer la décolonisation.

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*** Je ne peux pas dire que c'est un mauvais film. Il y a de bonnes idées avec une mise en scène, bien que parfois un peu fade, qui ne souffre pas la comparaison avec de grandes productions des États-Unis. Mais je suis très sceptique face au propos général. En fait, je suis incapable de réellement dire ce que je pense du film.
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Image : Allociné

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02/07/2017

Raven par Marv Wolfman, Alisson Borges et Diogenes Neves

Titre : Raven
Auteurs : Marv Wolfman, Alisson Borges et Diogenes Neves
Éditeur : DC 10 mai 2017
Pages : 144

Ce tome contient Raven (2016) 1-6. Raven est une membre des Teen Titans. Une héroïne au passé difficile car son rapport envers sa famille est loin d'être parfait. C'est rarement le cas quand son père est un démon et sa mère une adoratrice. Mais elle fut élevée afin de ne pas tomber dans le côté sombre de son caractère et, plus âgée, elle devint une héroïne. Malheureusement, les Teen Titans se séparent après des évènements sombres (que je ne connais pas). Les membres du groupe vont tous dans leur propre direction. Raven décide de retrouver sa famille : des personnes qui croient en un dieu chrétien. Pour mieux s’assimiler elle décide d'entrer dans l'école et de vivre la vie la plus normale possible. Mais sa nouvelle ville est rapidement liée à des disparitions étranges qui touchent les écoliers.

Depuis Teen Titans la série animée j'apprécie beaucoup Raven (ainsi que Starfire). C'est un personnage que je ne connais pas dans les comics mais qui m'intéresse beaucoup. Après avoir lu quelques critiques, j'ai décidé de me lancer dans la minisérie qui fait le lien, si j'ai bien compris, entre la fin de Teen Titans new 52 et Rebirth. Je n'ai donc aucune idée de ce qui s'est déroulé auparavant et je ne connais pas encore Rebirth. Mais la série peut se lire sans trop de problèmes et elle a l'avantage d'être terminée.

Assez logiquement, me semble-t-il, la question principale de la série est l'identité. Raven a vécu dans beaucoup d'endroits et son retour vers sa famille est un moyen, pour elle, de retrouver une parcelle de son identité humaine. Il est normal de la placer dans une école et ses réactions aux interactions sociales que cela implique sont drôle et en accord avec le personnage, du moins de ce que j'en sais. Il est dommage, mais compréhensible vu la longueur de la série, que cet aspect ne soit pas assez mis en avant et développé au profit du combat qu'elle doit mener.

Ce combat, spoiler alert, est celui d'une adolescente élevée dans le contrôle de ses émotions face à un être qui se nourrit des émotions incontrôlées des personnes vivantes. C'est une idée intéressante qui fonctionne bien avec Raven. Les victimes sont décrites comme seules, perdues dans leur souffrance individuelle. Durant tous les épisodes, Raven est montrée essayant de se lier à elleux afin de leur prêter sa capacité à résister. C'est, à mon avis, fondamental. Ce que cette intrigue montre est la force du collectif face à une menace inconnue. Ce n'est que lorsque les personnages décident de se relier pour s’entre-aider que la lutte devient possible de manière positive et que Raven peut enfin vaincre. La résolution, un peu rapide tout de même, est parfaitement logique. Sans être parfaite la série fonctionne bien et l'on ne peut qu'être déçu qu'elle n'ait pas eu plus de temps pour construire ses bases et créer une menace plus substantielle au lieu d'une menace abstraite car jamais réellement expliquée.

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**** Parfaite ? Non. Mais j'apprécie le personnage, je trouve l'intrigue logique et donc j'ai bien aimé ma lecture
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Image : Éditeur

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Histoire de la sorcellerie par Colette Arnould

Titre : Histoire de la sorcellerie
Autrice : Colette Arnould
Éditeur : Tallandier 1992
Pages : 494

Durant la Renaissance de nombreux bûchers, dont en Suisse, furent mis en place afin de brûler l'une des menaces les plus importantes de l’époque : les sorcières. Mais identifier les personnes ne permet pas toujours de comprendre les raisons idéologiques derrière le massacre des sorcières. Colette Arnould essaie, dans ce livre épais, de nous expliquer de quelle manière, durant plusieurs siècles, la croyance envers le pouvoir des sorcières et leur danger s'est imposé et a permis des procès, la torture et la mise à mort d'un nombre impressionnant de personnes. Pour cela, elle se base sur de nombreux textes qui courent de l'Antiquité à quasiment notre époque.

Bien que le livre soit construit en 10 chapitres on pourrait l'expliquer en créant des parties plus courtes. La première et la seconde sont, en quelques sortes, l'introduction du livre. Dans les premiers chapitres l'autrice tente de nous expliquer de quelle manière le diable a été pensé et de quelle manière la magie a été construite. Pour cela, elle décide de partir de l'époque antique pour, ensuite, écrire un essai sur l'identité du diable durant l'Antiquité tardive et l'époque médiévale. Deux de ces chapitres sont assez difficiles à lire car assez laborieux dans l'écriture et l'explication. Suit un chapitre sur l'hérésie et sa signification dans le cadre de l’Église et de la société médiévale. Ces chapitres permettent de créer un fond idéologique sur lequel le reste du livre repose afin d'expliquer les raisons des bûchers.

Suivent trois chapitres qui permettent d'examiner la pensée de la sorcellerie comme un danger ainsi que la montée des outils qui permettent de s'y attaquer. L'autrice s'intéresse ici plutôt à la moitié de l'époque médiévale dès le XIème-XIIème siècle. Elle y met en évidence les décisions des papes mais aussi les créations de l'Inquisition et de leurs droits dans le monde médiévale. Plus important encore, elle explicite le fonctionnement des textes démonologiques qui parlent du diable et de la sorcellerie. Après ces chapitres on comprend mieux comment une frange de la société pense le monde, malheureusement l'autrice n'explique pas de quelle manière cette pensée se répand dans le peuple.

Enfin, les chapitres VII et VIII entrent dans le vif du sujet en examinant les débuts des procès de sorcellerie. L'autrice explique de quelle manière les textes et idées précédentes sont utilisés afin de s'attaquer aux personnes incriminées et justifier l'usage de la torture ainsi que de la mort. Ces chapitres décrivent une époque, qualifiée de Renaissance, durant laquelle la raison fonctionne en même temps que les croyances en des pouvoirs supérieurs (ce qui n'est pas forcément incompatible). Ces deux chapitres permettent à l'autrice de mettre en avant son hypothèse principale. Selon elle, les procès de sorcellerie sont à la fois un outil politique et un indice d'une "société malade". L'autrice explique que, pour elle, les inquisiteurs, le peuple, les religieux et religieuses sont victimes d'une forme de pathologie mentale. Ces chapitres continuent sur la fin des procès avec une ouverture sur notre époque qui marque, pour l'autrice, une continuité d'une forme de croyance en certains pouvoirs mais avec un diable qui n'a plus rien à voir avec le danger qu'il créait à l'époque médiévale.

Les premières pages de ce livre ne sont pas faciles à lire. La lecture me fut laborieuse et, semble-t-il, je ne suis pas le seul à l'avoir ressenti. Mais, les deux premiers chapitres passés, les choses deviennent de plus en plus intéressantes. Cependant, il me semble dommage que l'autrice laisse transparaitre une forme de mépris pour les personnes de l'époque. Bien que l'on puisse condamner les raisons politiques et idéologique de la mise à mort de femmes, qualifiées de sorcières, il faut aussi prendre en compte une époque, ses tensions, ses problèmes. Personnellement, je ne suis pas totalement convaincu par l'hypothèse de l'autrice. Si je dois faire une comparaison, le livre de Silvia Federici me semble bien mieux réussir à prouver son hypothèse.

Image: Éditeur

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01/07/2017

Quantum and Woody must die par James Asmus, Tim Siedell, Steve Lieber, Pere Pérez et Dave McCaig

Titre : Quantum and Woody must die
Auteurs : James Asmus, Tim Siedell, Steve Lieber, Pere Pérez et Dave McCaig
Éditeur : Valiant 10 juin 2015
Pages : 144

Ce tome contient Valiant-sized Quantum and Woody 1 ainsi que Quantum and Woody must die 1-4. Eric et Woody ont accompli leur but : ils ont agir en héros afin de sauver la Terre. Bon, tout ne s'est pas passé comme prévu et il est possible que leurs actes aient permis la destruction d'une autre planète ainsi qu'une possible guerre nucléaire avec la Corée du Nord. De plus, personne n'est au courant de leur héroïsme. Mais le lien avec la police commence à bien fonctionner. Malgré de nombreuses gaffes personne ne les arrête. Mieux encore, on souhaite leur aide et les deux frères comprennent qu'ils sont passés de guignols à célèbres. Mais le feu des projecteurs pourrait bien se retourner contre eux.

Ce tome joue sur les conséquences. Depuis le début de la série les deux frères ont agi en faisant pas mal de dégâts. Normalement, dans les comics et leurs adaptations cinématographiques et télévisuelles, les actions des héros n'ont pas des conséquences très importantes. Les exceptions existent mais servent surtout à parler d'une intrigue précise. Ce tome s'éloigne de cela en se concentrant sur des personnes annexes aux intrigues des deux frères. Des personnes qui ont souffert des actions des deux héros et qui décident de se venger. Ils ont tous des raisons différentes mais leur but est simple : montrer ce que sont vraiment les deux frères en visibilisant l'idéologie derrière le super-héroïsme. Bien que cela ne soit pas tout à fait réussi j'ai aimé retrouvé des personnages anecdotiques vu seulement dans une case. J'apprécie que le monde de Valiant puisse permettre à ceux-ci d'exister et donc à créer des conséquences pour les actions des personnages dont on suit les aventures.

Le second effet de cette intrigue porte sur Woody. Je ne sais pas à quel point cela va impacter des histoires futures mais, dans ce tome, Woody se pense et se présente comme un raté que personne n'apprécie. Quelqu'un qui va fatalement détruire tout ce qu'il a reçu. À plusieurs reprises, dans le tome, on l'observe annoncer ce destin et le redouter. Ce développement du personnage permet de rendre sa relation avec Éric bien plus intéressante car l'un des deux membres du groupe est certain qu'il sera la cause de la fin de la relation, malgré son envie d'être meilleur. J'espère que cet aspect sera conservé à l'avenir.

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**** Une minisérie que j'ai beaucoup appréciée surtout parce qu'elle met en place une intrigue liée aux aventures déjà connue des deux frères.
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Image : Éditeur

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29/06/2017

Quantum and Woody 3. Jeunesse difficile, présent compliqué par James Asmus, Tom Fowler, Kano et Wilfredo Torres

Titre : Quantum and Woody 3. Jeunesse difficile, présent compliqué
Auteurs : James Asmus, Tom Fowler, Kano et Wilfredo Torres
Éditeur : Bliss comics 9 mars 2017
Pages : 144

Ce tome contient The Goat 0 et Quantum and Woody 9-12 publiés dans Quantum and Woody: crooked pasts, present tenses. Eric a retrouvé une maison, une voiture et, lorsque l'enquête sera terminée, un travail. De plus, il est bien vu par la police et son père lui a laissé un petit héritage sympathique. Woody, lui, est détesté par la police et détruit tout ce qui bouge. Il n'y a donc qu'une seule solution : Éric donne à Woody une journée entière pour lui prouver sa capacité à être un adulte responsable. Mais ces attentes ne pourraient-elles pas envoyer Woody vers son passé de délinquant juvénile ? D'autant qu'il rencontre une ancienne connaissance de mauvais augure.

Ce tome est le dernier de la série. Pour terminer l'intrigue les auteurs décident de revenir à la base et de tout relier à l'ERA (après un épisode d'origine pour le bouc). L’ERA était, à mon avis, la meilleure idée de la série. Un groupe de scientifique dont le but principal est de voler les découvertes afin de se faire de l'argent et de contrôler le futur de la science. Ce qui en fait une idée géniale est d'avoir imposé aux membres de l'ERA un génie en avance sur leur temps mais aussi des techniques en retard sur l'époque présente. C'est ainsi que l'un des membres est un cyborg équipé d'un fax !

Le tome relance l'ERA en utilisant Thomas Edison et les évènements qui précédent. Ainsi, au contraire du tome 2, la lecture donne beaucoup moins l'impression de créer des événements sans trop y réfléchir. Sans être très pensé, l'intrigue suit assez bien ce qui s'est déroulé auparavant bien que certaines étapes soient sautées par les auteurs, donnant une impression de deus ex machina. Ce tome a aussi quelques conséquences pour la vie privée des deux héros en leur donnant enfin un but, lucratif, et en touchant leurs amitiés et vie intime. Contrairement au second ce tome réussit à se rendre indispensable tout en restant très léger.

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**** Un dernier tome drôle et bien mieux maitrisé sans être, pour autant, de la grande écriture
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Image : Éditeur

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Quantum and Woody 2. (in)sécurité nationale par James Amus, Ming Doyle et Jordie Bellaire

Titre : Quantum and Woody 2. (in)sécurité nationale
Auteur-e-s : James Amus, Ming Doyle et Jordie Bellaire
Éditeur : Bliss comics 13 octobre 2016
Pages : 112

Ce tome contient Quantum and Woody 5-8 publiés dans Quantum and Woody: (in)security. Lorsque le père d'Eric et Woody est mort les deux frères ont immédiatement pensé que quelque chose ne collait pas. Ils ont décidé d'enquêter et ont tout fait exploser, recevant par là des pouvoirs. Mais ceux-ci les obligent à rester l'un près de l'autre afin de ne pas mourir. Après avoir survécu à l’enlèvement d'un groupement de scientifique qui prend le contrôle des avancées les plus extraordinaires les deux frères retournent à leur vie. Vivre à 3, avec un bouc, dans un seul appartement n'est pas facile. Heureusement, Eric reçoit une promotion qui lui permet de payer pour les bêtises d'Eric.

Le premier tome était une réussite. Il m'a donné envie de m'intéresser à l'univers Valiant ce qui m'a conduit aux deux tomes de Faith (que je conseille fortement). L'idée de relier deux personnes qui se détestent et qui sont différentes en tout et qui, de plus, sont totalement incapables de réussir leurs missions fonctionne assez bien. Ce second tome est moins bon. Il aurait dû être bien meilleur mais ça ne fonctionne pas. Woody se contente d'être Woody et seul les informations sur le passé d'Eric permettent de sauver ce tome en donnant un peu plus de profondeur au personnage de Quantum.

L'idée de base est intéressante : confronter une milice privée et chrétienne face à un groupe autonomiste de suprémacistes blanc. Les auteur-e-s auraient pu broder beaucoup de choses autours de cette confrontation. On aurait pu examiner le danger des milices privées, du manque de contrôle des armes à feu ou encore l'intolérance de certains groupes face à d'autres personnes. On aurait pu aussi examiner les raisons, sans les excuser, derrière la défiance face au gouvernement, en particulier celui d'Obama, et parler du racisme. Les auteur-e-s ne font rien de tout cela. Ils se contentent de regarder deux ingrédients faire une jolie explosion avec leurs personnages au milieu.

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*** Une petite déception, un tome fainéant, mais il semble que le prochain est meilleur
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Image : Éditeur

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18/06/2017

I shall wear midnight (Discworld 38, Tiffany Aching 4) par Terry Pratchett

Titre : I shall wear midnight (Discworld 38, Tiffany Aching 4)
Auteur : Terry Pratchett
Éditeur : Corgi 7 juin 2012
Pages : 432

Tiffany a maintenant 16 ans. Elle est reconnue comme la première sorcière officielle des environs. Sa famille est fière et un peu effrayée. Les voisin-e-s ressentent exactement la même chose. Personne n'aime les sorcières dans le village de Tiffany, mais cette dernière n'est pas une étrangère. Alors Tiffany travaille et aide autant qu'elle le peut. En particulier, elle tente d'aider le vieux Baron à ne pas trop souffrir. Mais sa mort est inévitable. Malheureusement, Roland a engagé une infirmière pour prendre soin du Baron. Celle-ci aiment autant Tiffany Aching que le travail. Et lorsque le Baron meurt enfin Tiffany est accusée de vol, de meurtre et de pactiser avec le démon. Soudainement, des ami-e-s se souviennent que les sorcières ça se brûle.

Le fait que j'apprécie le cycle des Sorcières joue grandement dans mon impression pour ce 38ème tome. Le 37ème m'avait beaucoup déplu. Il y avait des problèmes d'écriture et je n'appréciais pas du tout l'intrigue. Ce retour dans le cycle de Tiffany Aching est, par contre, une réussite. Cela n'implique pas que tout soit parfait. Il y a des longueurs inutiles. Les scènes avec Eskarina sont sympathiques mais peu utiles. Il aurait été possible de laisser Tiffany trouver les réponses plus tard dans l'intrigue. Même chose pour l'Observatrice. Je pense qu'il aurait été plus fort, du point de vue de l'intrigue, que celle-ci soit Granny Weatherwax. Cela aurait pu donner l'impression d'un enjeu bien plus important. L'idée que la sorcière la plus puissante s’inquiète réellement et se prépare à agir au bon moment tout en laissant sa chance à Tiffany. De plus, il y a des incohérences dans l'intrigue. Bien que j'en ai apprécié le traitement, dans une certaine mesure, l'intrigue autours d'un abus domestique (la peur de quitter son mari, la raison des abus mais aussi la réaction, ou son absence, par les voisin-e-s) je ne comprends pas son intérêt dans le cadre de l'intrigue générale. Il n'y a presque pas de conséquences et cela ne devient qu'un objet passé qui apparait de temps en temps dans le décor.

La question principale de ce tome, particulièrement sombre, est la haine. L'intrigue met en place une progressive défiance envers les sorcières. Celle-ci est générale avec quelques exceptions. Les anciennes histoires reviennent et les accusations murmurées deviennent de plus en plus fortes. Ainsi, Tiffany souffre deux incarcérations. La second est particulièrement intéressante puisqu'elle suit des accusations sans fondements ni preuves. Bien que, fantastique oblige, la haine soit incarnée dans un être précis, sa description est tout simplement magnifique. Elle est ressentie par les personnages secondaires et principaux de l'univers pratchettien. Les personnages secondaires en sont autant les victimes que les vecteurs et seuls les personnages principaux sont capables de réfléchir sur la raison de leurs sentiments. La haine est décrite comme une infection qui se propage de personnes en personnes et, en particulier, à l'aide d'individus capables de haine. Raisonner est inutile, il faut décider de s'attaquer résolument à toutes personnes qui propage l'infection.

Bien que j'aie beaucoup apprécié le traitement de ce thème j'ai tout de même un point négatif à ajouter. Lors de la phase conclusive de l'intrigue la haine s'incarne dans un être qui représente le mal. C'est un meurtrier aux actes ignobles. Personnellement, je trouve dommage d'avoir choisi ce type de personnages. D'autres auraient pu être mieux utilisé pour traiter du thème du tome et lui donner plus de profondeur. Le livre ne manque pas de personnages qui se pensent justifiée dans leur haine de choses et d'autres et il aurait été possible de les utiliser directement comme propagateur de haine plutôt que d'user d'un être si mauvais qu'il en semble à peine réel. Impression justifiée par son apparition soudaine alors que d'autres personnages étaient déjà bien mieux décrits.

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**** Un tome 38 qui confirme certains défauts du tome 37 mais qui me semble bien plus intéressant et mieux écrit.
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Image : Site officiel

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15/06/2017

Paper Girls 2 par Brian K. Vaughan, Cliff Chiang et Matt Wilson

Titre : Paper Girls 2
Auteurs : Brian K. Vaughan, Cliff Chiang et Matt Wilson
Éditeur : Urban comics 17 mars 2017
Pages : 136

Ce second tome contient Paper Girls 6-10 publiés chez Image Comics. Lors du tome précèdent quatre jeunes filles se levaient afin de livrer des journaux dans leur ville. C'était la fin de la nuit des Morts et elles ont préférés rester ensemble en cas de problèmes. Mais rien ne pouvait les préparer à l'arrivée de gens étrangers et de dinosaures. Après bien des péripéties elles furent envoyées en 2016 juste avant la fameuse élection. Elles souhaitent toujours comprendre ce qui leur est arrivé. Alors pourquoi ne pas se rendre chez leurs versions plus âgées ? Mais seule Erin est resté en ville et le futur de chacune ne semblent pas aussi rose que prévu. Pire encore, une ville est soumise à l'attaque d'êtres venus du futur. Le groupe à peu de temps pour réfléchir et savoir qui est qui. Il faut aller de l'avant.

Le premier tome m'a beaucoup intrigué. Les auteurs créaient des personnages intéressants et assez différents les uns des autres. L'intrigue était rapide et presque aucunes réponses ne nous était donnée. Je voulais en savoir plus, comprendre ce qui se déroulait et qui étaient les différents groupes qui semblent se battre. Ce second tome permet d'ajouter un peu de mystère tout en répondant à certaines questions. On en sait plus sur la provenance des personnages, voir même l'époque, et leur technologie. On en sait aussi plus sur le fonctionnement de celle-ci dans ce monde précis. Par contre, les causes de la guerre qui semble exister ne sont que peu explicitées. Les auteurs décident aussi d'utiliser l'arc classique de la rencontre entre le passé et le futur des personnages. Bien que l'on puisse craigne le pire, je trouve que celle-ci est assez réussie. Elle permet non seulement de donner des informations sur le futur mais aussi de mieux caractériser chacune des filles. Au final, il ne se passe pas grand-chose et pourtant tout va très vite. Personnellement, je suis toujours accroché et je fais confiance aux auteurs pour la suite.

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**** Un second tome tout aussi réussi que le premier mais qui se permet de développer un peu le contexte et les personnages.
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Image : Éditeur

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12/06/2017

Wonder Woman

De nos jours, Diana vit à Paris et travaille au Louvre. Mais ce ne fut pas toujours le cas. Une photo, en particulier, prouve que Wonder Woman s'est impliquée dans la Première Guerre Mondiale. Mais quelle est l'histoire derrière cette image ? Il y a longtemps, Wonder Woman fut entrainée par les plus grandes guerrières de son île. Elle devait devenir la meilleure de toutes afin de suivre la mission des Amazones : protéger le monde de la guerre. Après des années d'entrainement, un avion s'écrase sur l'île. L'événement est sans précèdent. Plus surprenant encore, le pilot est un mâle. Ce dernier, Steve Trevor, explique que le monde extérieur est entrainé dans une guerre sans fin. Les armes les plus destructrices sont utilisées. Hommes, femmes, enfants ne sont pas à l'abri. Pour Diana sa mission est claire. Une telle guerre ne peut qu'être l’œuvre d'Arès. Elle doit se rendre dans le monde des hommes et détruire Arès.

Attention ça va spoiler.

Après le critiqué Man of steel, le bancale Batman V Superman et l’horreur que fut Suicide squad Wonder Woman est l'espoir pour l'univers DC. Alors que la plupart des annonces donnent l'impression que DC ne sait pas comment lancer ses films Wonder Woman a réussi à incarner la possibilité de réussir à faire un film. Oui, nous en sommes au point de se demander si DC est capable de créer des films. Wonder Woman est une réussite. Une réussite classique qui ne prend pas les risques de Batman V Superman mais une réussite.

Il y a plusieurs aspects que j'ai apprécié dans ce film. Les chorégraphies des Amazones sont magnifiques. La scène du No Man's Land est épique et les dialogues sont souvent savoureux. Mais un point que j'ai particulièrement apprécié est l'effort de contraste entre le monde des Amazones et le monde des Humain-e-s. Les Amazones vivent sur une île qualifiée de paradis. On nous montre un peuple cultivé qui semble vivre en harmonie avec la nature, les divinités et l'humanité. Tout est vert ou chaud. L'entrainement des Amazones est guerrier mais pour se préparer et non pour lancer une guerre. Le monde des hommes s'incarne par Londres. La ville est grise, polluée. Cet aspect continue dans les tranchées. Les humain-e-s vivent en guerre contre elleux-même et contre le monde. C'est ainsi que d'une île en harmonie, qui ne semble pas connaitre une forte pudeur ni une division en classe sociale importante. On passe à une ville divisée entre classes, entre nations et entre hommes et femmes, visible dans les vêtements et le comportement masculine face à Diana.

Le film met aussi en contraste la guerre et l'amour. La guerre, pour Diana, est d'abord une histoire. Une fable belle emplie de bravoure. Un combat pour ce qui est juste. Cela me rappelle un peu les écrivains qui faisaient l'apologie de la guerre avant d'être impliqué dans les tranchées. Diana est fascinée mais elle ne connait pas réellement la véritable guerre. Elle est naïve à cause de cela. Ce film est un moyen de casse cette naïveté en la confrontant à une guerre dans laquelle il n'y a pas de bons ou de mauvais côtés mais seulement des personnes qui meurent. Ce qui mène au climax vers la fin du film lorsqu'elle croit avoir enfin détruit Arès mais que la guerre continue. Diana réalise soudainement que le mal ne s'incarne pas simplement dans un être mais existe partout. Que, peut-être, personne ne mérite la compassion et l'amour. Cependant, ces deux émotions sont nécessaires. Il n'est donc pas surprenant, et même logique, que Diana ne puisse vaincre qu'en usant de son amour et de sa compassion pour les humain-e-s. Bien que l'amour avec Steve Trevor soit un peu difficile à croire - on a l'impression que Diana ne l'aime que parce que c'est le premier homme qu'elle voit tandis que Steve aime Diana parce qu'elle est belle - la compassion est utilisée à plusieurs reprises pour expliquer les actions de Diana. La scène du No Man's Land existe à cause de la compassion de Diana.

Il est malheureusement dommage que la fin soit, selon moi, ratée. Durant tout le film Diana est convaincue qu'un général allemand, Ludendorff. Ce dernier est montré comme un jusqu’au boutiste qui ne souhaite que la guerre même si des innocent-e-s en souffriront. Lors d'une scène il n'hésite pas à bombarder un village civil afin de tester une nouvelle arme. Je craignais que les allemands soient, encore une fois, utilisés comme vilains génériques alors que la Première guerre mondiale n'est pas aussi simple. Heureusement, le film retourne la situation en révélant que Arès n'est pas un général allemand mais un lord anglais, moustachu et en costume. La confrontation entre Arès et Diana est très réussie lors de cette partie. Arès ne se bat pas, il parle. Arès ne peut pas être confronté, il est une ombre. Arès ne fait pas la guerre il murmure, influence, et laisse l'humanité décider. À mon avis, cet aspect est fondamental. Arès ne veut pas détruire, il veut prouver que l'humanité est maléfique en la laissant se détruire seule. Lorsque Arès enfile une armure et décide de se battre tout ceci disparait pour une scène générique en CGI. Ce qui fonctionnait parfaitement quelques minutes auparavant, un petit homme gris moustachu parfaitement poli, devient ridicule (en particulier la moustache sous l'armure). Les scènes de combat qui terminent le film ne sont qu'une salade d'effets spéciaux, longues et sans intérêts. Cette fin illustre un problème récurrent dans les block buster : privilégier le spectaculaire, l'image épique, à l'écriture dans une intrigue logique et pensée. Le final enlève toute sa force à Arès et j'aurais préféré le voir lentement disparaitre dans l'ombre, annonçant par-là que la guerre ne peut être tuée mais seulement temporairement arrêtée (et, en plus, cela aurait pu lancer une quête des origines et des divinités pour Diana).

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**** Le meilleur film DC dans l'univers qu'illes souhaitent lancer. Certes, ce n'est pas compliqué et Wonder Woman reste classique.
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Image : Site officiel

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08:57 Écrit par Hassan dans BD/Comics, Comics, DC, Film, science-fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : wonder woman, dc | | | |  Facebook

11/06/2017

Paper Girls 1 par Brian K. Vaughan, Cliff Chiang et Matt Wilson

Titre : Paper Girls 1
Auteurs : Brian K. Vaughan, Cliff Chiang et Matt Wilson
Éditeur : Urban comics 7 octobre 2016
Pages : 160

Ce tome contient Paper Girls 1-5. 1988, le monde est encore sous la Guerre Froid. Les États-Unis décident si Bush sera président ou non et, dans une petite ville, 4 jeunes filles se réveillent tôt le matin. Leur travail est de s'occuper de la distribution du journal local afin que toutes les personnes abonnées soient servies. Mais c'est aussi le lendemain d'Halloween et il est mieux de travailler en groupe pour éviter les groupes d'adolescent-e-s idiot-e-s et alcoolisé-e-s. Tout se passe bien jusqu'à ce que le groupe soit confronté par deux jeunes en costumes étranges. Rapidement, tout change et la ville, qui était familière, devient un lieu étrange remplis de monstres.

J'apprécie beaucoup Vaughan. Il est rare que ses histoires me déçoivent et certains des comics dont il est le scénariste sont parmi les meilleurs que je connaisse. Il devient donc difficile de ne pas se jeter sur tout ce qu'il écrit sans même me demande si je vais apprécier ou non. Dans ce comics Vaughan décide de jouer sur la fin des années 80. Une époque souvent mise en scène dans des films classiques de notre enfance. On retrouve donc la formule que l'on connait : un petit groupe d'enfants se retrouve lié à des événements extraordinaires. Mais je ne saurais pas vous dire quels sont ces événements. Les auteurs ne nous offrent aucun indice et nous sommes aussi perdu que les jeunes filles le sont face à tout ce qui se passe.

Ce que j'apprécie dans Saga se retrouve ici. Il y a une grande diversité dans les personnages. Les couleurs sont vives. On retrouve aussi bien des humain-e-s que des personnages qui nous semble très étrangers. Les auteurs semblent vouloir nous dépayser en créant tout ce que leur imagination peut leur donner. Ainsi, ce n'est presque pas une surprise que de lire que certains monstres sont, en fait, les enfants d'un autre personnage. Ce dépaysement est aussi aidé par la langue (je plains les personnes chargées de la traduction). Outre le "français" il existe deux autres langues. L'une est constituée de signes et je suis incapable de la lire. La seconde semble une version futuriste du "français" que l'on peut comprendre mais qui reste très différent de ce que l'on connait, avec une adjonction de latin de temps en temps. Ce premier tome est intriguant. On ne nous donne presque rien et nous suivons l'intrigue au même rythme que les héroïnes du récit sans savoir si les décisions prises sont les bonnes ou des erreurs.

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**** Le premier tome est beau, il dépayse fortement mais il ne donne aucun indice. Je me demande comment l'intrigue va continuer et ce qui se déroule.
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Image : Éditeur

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