22/07/2017

Secret wars Spider-Man renouveler ses voeux par Dan Slott et Adam Kubert

Titre : Secret Wars Spider-Man renouveler ses vœux
Auteurs : Dan Slott et Adam Kubert
Éditeur : Panini 5 juillet 2017
Pages : 120

Ce tome contient Amazing Spider.Man: renew Your Vows (2015) 1-5. Il y a quelques années J. Michael Straczynski était responsable de la série Spider-Man. Il a mis en place plusieurs idées que j'ai plutôt appréciée. Mais la fin de son run est très controversée. En effet, non seulement il ajoute un élément mythologique à Spider-Man, non seulement il crée un retour de Gwen Stacy (même si pas vraiment) mais en plus, après Civil War, il tue la tante de Peter et force le couple Parker, Peter et MJ, à accepter de n'avoir jamais été marié !

Actuellement, la personne en charge de Spider-Man est Dan Slott, lui a décidé de parler d'un Spider-Man sous le contrôle d'Otto Octavius même si cela est maintenant résolu. Mais, en ce qui concerne Secret Wars, le scénariste a été dans une autre direction. Et si le pacte qui a détruit le mariage entre Peter et MJ n'avait jamais eu lieu ? Le couple a maintenant une fille. Mais les héros ayant des pouvoirs disparaissent un à un. Les Avengers, elleux-même, sont assassinés par un être se nommant le régent, en charge de cette région du monde de Fatalis. Peter Parker, pensant à sa fille, décide de se cacher et de cacher sa famille. Mais est-ce possible de résister à un être tout puissant ? Et que faire de son vœu de ne jamais plus tourner le dos aux personnes dans le besoin ?

J'apprécie beaucoup Dan Slott. J'ai beaucoup aimé Superior Spider-Man. Donc, je me suis dit que prendre ce tome annexe au Secret Wars serait une bonne idée. Dan Slott décide de détruire les Avengers et de cacher Peter Parker. C'est élégant sur deux points. En effet, d'une part les vœux de mariage de Peter et MJ sont renouvelés et, d'autre part, Peter est confronté à son choix d'aider toutes personnes dans le besoin, par sa fille qui a grandi avec les histoires de son père le héros. Plutôt que de mettre en scène une décisions égoïste Dan Slott décide d'en faire une question de famille. De quelle manière les Parker peuvent-illes survivre tout en aidant les autres personnes de la région ? L'intrigue que cela crée est, selon moi, parfaitement en accord avec les personnages mis en scène. Malheureusement, là encore, il est dommage que les conséquences n'existent pas et que la série soit si courte.

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**** J'apprécie Dan Slott et ce dernier ne me déçoit pas ici. Bien que je déplore que la série soit courte et qu'elle soit si rapidement oubliée pour le nouvel univers Marvel.
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Image : Éditeur

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Secret Wars par Jonathan Hickman et Esad Ribic

Titre : Secret Wars
Auteurs : Jonathan Hickman et Esad Ribic
Éditeur : Panini comics 5 juillet 2017
Pages : 312

Ce tome contient Free comic book day: secret wars (2015) 0 et secret wars (2015) 1-9. Hickman, durant son run sur Avengers, New Avengers et Times runs out a organisé la destruction de l'univers marvel. Lors d'une longue préparation il a patiemment construit son intrigue afin non seulement de rendre les Avengers plus puissants mais aussi de créer une menace telle que l'univers Marvel n'en a jamais connu : la fin de tout. Ce tome clôt cette longue période de préparation. Il ne reste plus que deux univers avant que le multivers et la vie ne soient définitivement détruit. Les deux Terres se préparent à une guerre pour le droit de vivre et pour tuer son adversaire. Après la catastrophe, un nouveau monde est créé. Un patchwork de ce qui a été détruit sous l'égide de Fatalis, devenu un dieu. Personne ne se souvient de rien. Mais il existe des vaisseaux qui ont survécu et dont les passagers pourraient être surpris de ce qu'il est advenu de l'humanité.

J'ai, personnellement, apprécié le run d'Hickman. J'aime les intrigues qui prennent en compte des problèmes complexes à comprendre et à résoudre (ce qui explique pourquoi j'apprécie la saga l'Aube de la nuit de Peter F. Hamilton). Le début de ce tome est spectaculaire alors que nous observons tous les personnages que nous connaissons tenter de se battre ou de se mettre à l’abri. Dans un second temps, Hickman présente le fonctionnement de ce nouveau monde tout en sortant les personnages qu'il a sauvé de leur léthargie. Pour, bien plus tard, créer un combat pour l'avenir du multivers.

Il est difficile de tout comprendre sans avoir lu ce qui se déroulait auparavant. Les personnages font fréquemment mentions aux évènements qui ont déjà eu lieu afin de permettre d'expliquer l'état actuel des choses. De plus, ce tome n'est qu'une partie de l'évènement qui s'inscrit dans de nombreuses autres histoires. Mais il permet de poser les bases puis de passer à l'intrigue proprement dites. Celle-ci est efficace et j'apprécie que l'on prenne le temps de nous expliquer le fonctionnement du monde selon Fatalis. Malheureusement, ce n'est qu'une version alternative et, très rapidement, tout est remis à plat. Bien que cela clôt élégamment les choses je trouve dommage que l'on ne puisse pas rester plus longtemps dans ce monde alternatif afin de réellement le vivre.

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**** Un run que j'ai apprécié qui se termine plutôt bien dans ce tome. Même si je trouve dommage que les conséquences soient si facilement effacées et que l'on ne puisse pas explorer le Battleworld plus à fond sur plus de temps. Comme s’il fallait remettre tout en place le plus rapidement possible et, d'une certaine manière, tout effacer.
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Image : Éditeur

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21/07/2017

Dunkirk / Dunkerque

Comme beaucoup de monde, j'ai commencé à m'intéresser à ce film lorsque la bande annonce est sortie. J'apprécie Nolan et ses œuvres que je trouve plutôt, en règle générale, maitrisées. Je me demandais ce que ferait Nolan face à un événement tel que l'évacuation de Dunkerque lors de la Seconde guerre mondiale. Le film commence dans les rues de la ville. On suit un jeune soldat qui ne fait que chercher à aller aux toilettes et à fumer. Mais Dunkerque est pratiquement complétement sous le contrôle des forces allemandes. Sur la plage, près de 400 000 soldats attentent l'évacuation des troupes. Mais les navires sont peu nombreux, les quais encore moins présents et la Royal air force presque invisible. Pendant ce temps, l'aviation allemande et l’artillerie pilonnent la plage tandis que des u-boat patrouillent. L'évacuation semble impossible.

Ce dont je vais parler peut être considéré comme un point faible, mais je ne suis pas d'accord. Le film ne crée pas de héros flamboyant dont on suit les aventures. La réalisation, à la place, a décidé de suivre plusieurs personnages dont on connait à peine les noms. Ces différentes personnes permettent de parler aussi bien de la place, de la mer que de l'air en suivant, sur une chronologie commune, leurs aventures pour évacuer Dunkerque. Il n'y a pas une seule personne, il y a une multitude de personnes qui essaient simplement de survivre. Les combats, face à face, sont très rares et, la plupart du temps, l'ennemi ainsi que l'ami ne sont que des anonymes que l'on rencontre au hasard de la journée. D'ailleurs, jamais on ne voit un seul visage allemand. Ce sont soit des tirs, soit de l’artillerie soit des avions de chasse ou des bombardiers. Cette dépersonnalisation permet de peindre une guerre loin d'être glorieuse. Une guerre durant laquelle la vie n'a que peu de valeurs. En suivant les différents personnages anonymes ont ne peut que penser aux nombreux autres soldats morts, sans que jamais l'on ne connaisse leurs noms. Tout le monde est en danger.

Autant le film ne crée pas de héros autant il ne parle pas d'héroïsme au sens classique des films de guerre. Une dernière charge glorieuse durant laquelle les ennemis tombent sous les balles n'existe pas. Au contraire, le seul héroïsme, dans ce film, est celui qui consiste à sauver d'autres personnes. Alors que les militaires sont pratiquement inactifs, passant leur temps à attendre ou boire du thé. La RAF est montrée comme une force qui tente de protéger le plus de personnes en abattant les chasseurs et bombardiers allemands. Mieux encore, ce sont les civils qui sont les plus héroïques. Ces nombreux bateaux qui se sont rendus à Dunkerque afin d'aider l'évacuation des soldats. Ainsi, le film semble nous expliquer que tuer n'est pas héroïque, sauver au prix possible de sa vie, par contre, est la quintessence de l'héroïsme.

Le film est beau, la musique est parfaite et accompagne les évènements au lieu de les forcer, la réalisation est maitrisée. Mais les critiques français-e-s et des historien-ne-s de la guerre ont mis en avant deux manques importants. Premièrement, on ne comprend rien à l'évènement. On ne sait pas pour quelle raison l'évacuation a lieu ne la raison pour laquelle les forces allemandes n'attaquent que peu. On peut expliquer cela par la nécessité de rester au niveau des simples soldats qui ne savent pas pour quelles raisons les batailles se déroulent, devant faire confiance aux officiers. Un manque plus important concerne les français. On ne les voit pratiquement jamais sauf lors d'une barricade et un jeune soldat qui essaie de fuir. Bien que l'évacuation, selon mes lectures de novice en ce qui concerne l'histoire de la guerre, ait été rendue possible par la résistance acharnée des français, ceux-ci ne sont jamais présent. Tout se passe comme si les anglais sont les seuls à sa battre. Ce manquement est probablement le plus gros problème du film puisque l'effacement de la résistance française, et de leur destin tragique puisque ces troupes seront emprisonnées et maltraitées, efface une grande partie de l'histoire de la bataille et de sa complexité ainsi que des conséquences.

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**** Un film maitrisé, une image et une musique qui fonctionnent parfaitement, de très bonnes idées. Il est dommage de n'avoir pris en compte que les troupes britanniques.
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Image : Allociné

Site officiel

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08:46 Écrit par Hassan dans contemporain, Film, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : dunkerque, dunkirk, nolan | | | |  Facebook

Saga 7

Titre : Saga 7
Auteur-e-s : Fiona Staples et Brian K. Vaughan
Éditeur : Urban comics 19 mai 2017
Pages : 152

Ce tome contient Saga 37-42 publiés dans l'édition originale Saga volume six. Pour la première fois depuis longtemps Marko, Alana et Azel sont réunis, ainsi que leur baby sitter fantôme Izabel. Mais la recherche d'Azel a couté cher. La mère de Marko est toujours en prison alors que la famille recueille un nouveau membre en la personne de Petrichor. Mais les changements sont tout aussi nombreux. Il est possible qu'Azel puisse être, prochainement, une grande sœur. Tandis que le robot Prince attend avec impatience de retrouver son fils. Tout irait bien si le vaisseau n'était pas en panne de carburant, forçant un atterrissage sur le pire endroit de la galaxie : Phang.

Saga est l'un de mes comics préférés pour de nombreuses raisons, que je ne suis pas toujours capable d'exprimer. J'aime suivre cette famille aux problèmes si communs dans une galaxie vivante et diverse mais détruite par une guerre sans fin. Tomes par tomes, les auteur-e-s ajoutent quelques informations, un peu de complexité et enrichissent encore plus ce qu'illes ont créé.

Saga est aussi une série qui ne s’embarrasse pas de belles histoires et de fins heureuses. Cela ne veut pas dire qu'il n'y a pas de belles histoires. Mais les fins heureuses sont beaucoup moins nombreuses. À mon avis, parfaitement subjectif, ce tome est le pire en ce qui concerne les fins. Rien n'est fait pour épargner les personnes qui lisent la série. Je ne sais pas ce qui m'a le plus touché dans les horreurs et les scènes tristes de ce tome. Plutôt que de sauver tout le monde les auteur-e-s préfèrent prévenir que, dans la vraie vie, des gens meurent, disparaissent et sont cruels. Alors pourquoi raconter un mensonge dans ce comics ?

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***** Un tome toujours aussi bon avec des scènes particulièrement déchirantes

Image : Éditeur

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20/07/2017

L'empire romain par Patrick le Roux

Titre : L'empire romain
Auteur : Patrick le Roux
Éditeur : PUF janvier 2015
Pages : 127

Nous connaissons probablement tous et toutes l'Empire Romain. Un territoire gigantesque dirigé par la ville de Rome sous les Césars. Il est probable que certaines personnes connaissent aussi le destin de l'Empire tel qu'il est simplifié : le retour de la grandeur après la corruption de la République ; une lente désagrégation face à la corruption et aux invasions barbares. Certaines autres personnes font le lien direct entre ces idées et le fonctionnement actuel du monde. Nous serions les nouveaux romains, phare de la civilisation, en danger d'invasions barbares et seule la connaissance du passé permet de le comprendre et de préparer la lutte. L'histoire de l'Empire romain est très mal comprise. Pire, cette incompréhension est utilisée pour justifier des idéologies spécifiques. Ce petit livre, de la question que sais-je, ne répond pas à toutes les questions. L'auteur ne livre ni toute l'histoire ni toutes les données. Mais il synthétise les connaissances actuelles en quelques thèmes.

Ainsi, le premier chapitre est plutôt chronologique. Il permet d'expliciter les évènements qui ont permis la mise en place de l'Empire, en particulier en se concentrant sur les guerres civiles de la République. L'auteur nous montre une construction spécifique destinée à répondre à des problèmes précis. Plutôt qu'une création ex nihilo l'Empire et ses institutions ont été mis en place progressivement et fonctionnent en parallèle des institutions républicaines, encore en place. Ce qui permet à l'auteur de mieux expliquer de quelle manière fonctionne le gouvernement de Rome. Il explicite non seulement les pouvoirs de l'Empereur mais aussi ses relations avec la ville de Rome, les provinces et les populations locales. Ce qui permet de mettre en avant la figure de l'Empereur et des magistrats en tant que symbole de l'Empire.

Le chapitre suivant permet à l'auteur de rebondir pour parler des populations. Après un court exercice comptable, et critique au ce sujet, l'auteur s'intéresse de manière plus importante au fonctionnement des Cités et au fonctionnement de la société. Ainsi, il nous montre que la société romaine est fortement hiérarchisée mais qu'il est possible pour les descendant-e-s de monter en grade. Il termine sur un chapitre qui pose la question des résistances et des révoltes. Bien entendu, il nous parle des révoltes militaires, des Empereurs qui ont volé leur titre (surtout parce qu'ils ont perdu). Mais il nous parle aussi des relations avec les Juifs et les Chrétiens, teintées d'incompréhensions sur le fonctionnement des religions monothéistes. Il explicite aussi les relations avec les peuples qui sont externes à l'Empire. Loin d'une invasion l'auteur démontre que ces relations sont basées sur une longue histoire rarement révisée. L'Empire ne comprend pas ce qui se déroule en dehors de ses frontières et, peu à peu, perd de son influence et de sa capacité un tenir un territoire aussi grand.

Ce petit livre a le mérite de toute la collection : synthétiser un sujet. Il est donc normale qu'une grande partie de la complexité du monde romain est laissée de côté face à la nécessité de faire court. Mais l'auteur réussit tout de même à garder notre attention tout en mettant en avant les sujets de controverses. La lecture de ce livre est adéquate si vous souhaitez rapidement comprendre le sujet sans entrer dans les détails.

Image : Éditeur

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08:59 Écrit par Hassan dans antiquité, Histoire, Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : empire, rome, puf, que sais-je, patrick le roux | | | |  Facebook

14/07/2017

Spider-Man Homecoming

Spider-Man est encore rebooté. Mais cette fois Sony n'est pas seul et laisser Disney, et marvel, utiliser son jouet et l'impliquer dans le MCU, ce que l'on a vu dès Captain America Civil War (aka Avengers 2.5). On connait tous les origines de Spider-Man donc, cette fois, nous n'aurons pas d'origin story, et c'est un soulagement. À la place, on nous donne un jeune héros, encore peu expérimenté, qui agit surtout dans son quartier. C'est un enfant de 15 ans qui, fasciné par les Avengers, décide de faire de même. Ainsi, il aide les personnes de son quartier, il arrête de petits crimes et donne des indications aux personnes perdues. Mais Peter Parker est certain d'être destiné à de grandes choses. Son impression est renforcée quand il arrête un cambriolage commis avec des armes d'une technologie de pointe. Il décide d'enquêter et d'arrêter les trafiquants seul malgré les mises e garde de Tony Stark.

Durant de nombreuses années je me suis demandé, regardant le MCU, mais qu'en est-il des conséquences ? Jamais, ou rarement, les réalisations nous parlent des implications de la création des Avengers et du comportement des différents membres. Les Avengers peuvent raser trois villes, Captain America et Black Widow peuvent détruire le quartier général d'une agence de renseignement, Thor peut détruire Londres mais les conséquences ne sont presque jamais montrées. Captain America Civil War était une tentative modeste qui a largement échoué à poser des questions importantes pour le MCU mais aussi pour nous (le rôle des drones, le rôle des armées privées, la relation avec le droit international). Dans ce film, enfin, on observe des conséquences. Les destructions causées par les différents personnages que l'on connait sont montrées et la manière de les traiter est expliquée. Il est parfaitement logique que des équipes de démolitions et de nettoyages soient envoyés dans les lieux qui ont connu des batailles. Tout comme il est logique que le gouvernement s'arroge des droits sur les technologies que l'on y trouve. Mieux encore, les débris sont utilisés afin de créer de nouvelles armes, sous le manteau. Ce film est lié intimement au reste du MCU non par les personnages mais par les décors et l'intrigue qui dépendent des autres films.

L'une des conséquences est le vilain du film. Andrian Toomes est d'abord un travailler qui essaie de faire vivre sa famille. Son envie d'éviter la pauvreté le conduit à prendre le contrat de nettoyage offert par la ville, qui lui est volé par le gouvernement (et Tony Stark). Toomes décide donc de garder ce qu'il possède déjà, d'en faire des armes et de voler la technologie récupérée par le gouvernement pour la vendre sous le manteau. Toomes n'est donc un vilain parce qu'il veut détruire le monde ou par jalousie, il l'est pour des raisons pragmatiques. Des personnes puissantes lui ont volé son gagne-pain et, pour survivre, il est obligé d'entrer dans la criminalité. Son but est compréhensible, ses justifications sont argumentées et l'on peut facilement se projeter dans son personnage (très bien joué par Michael Keaton). De plus, le "Vautour" est clairement meilleur que Peter Parker et ne tombe dans les clichés du vilain que pour mieux piéger son nouvel ennemi. Ainsi, le travail commun entre Sony et Disney a donné un film bien écrit, plaisant, drôle et aux personnages plutôt intéressants qui me semblent réel car leur comportement est logique, s'inscrit dans la manière dont chacun de nous réagirait dans des circonstances analogues.

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**** J'avais beaucoup de craintes face à ce nouveau reboot. Mais la réalisation réussit à éviter les écueils de Amazing Spider-Man tout en ne recréant par le personnage de Sam Raimi.
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Image : Site officiel

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13/07/2017

Saga 6 par Fiona Staples et Brian K. Vaughan

Titre : Saga 6
Auteur-e-s : Fiona Staples et Brian K. Vaughan
Éditeur : Urban comics 7 octobre 2016
Pages : 152

Ce tome contient Saga 31-36 publiés dans Saga Volume 6. Après bien trop longtemps je retourne enfin dans l'univers de Saga ! Lors du tome précèdent Alana et Marko se séparaient. Hazel était enlevée par un citoyen du royaume robot qui voulait l'utiliser afin de créer une révolte contre les deux mondes en guerres que sont Continent et la Lune. Mais, bien entendu, les gens ne sont pas ce qu'illes prétendent être et, après bien des péripéties, Marko retrouve Alana tandis que Hazel disparait avec sa grand-mère. Plusieurs années se déroulent avant que l'on retrouve tout ce beau monde. Hazel est dans un pénitencier destiné aux personnes non combattantes tandis que Marko et Alana essaient de trouver des indices pouvant conduire à leur famille.

Saga me plait depuis le premier tome. Les péripéties d'une famille qui fuit l'univers entier. Un univers très coloré et varié. Des personnages compliqués et que l'on apprécie même quand ce sont des ordures. Rien n'est simple dans ce comics qui se base pourtant sur la plus vieille histoire du monde : comment devenir une famille qui fonctionne plus ou moins bien. La bonne idée de ce tome, à mon avis, est de repartir plusieurs années après. Cela permet non seulement de faire grandir Hazel mais aussi de créer de nouvelles histoires aux différents personnages. Les auteur-e-s pourront donc nous en apprendre un peu sur les aventures du passé sans donner l'impression de redire des choses. Le comics continue à se lancer dans des thèmes difficiles tandis qu'il s'intéresse à une professeure mais aussi à la quête de vérité de deux journalistes. Quête qui les pousse à faire des sacrifices importants. L'action est rapide et pourtant il ne se passe pas grand-chose dans ce tome. Mais la série fonctionne ainsi depuis le début et ça fonctionne très bien !

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***** Saga m'avait manqué, c'est un plaisir d'y revenir.

Image : Éditeur

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08/07/2017

Snuff (Discworld 39, City Watch 8) par Terry Pratchett

Titre : Snuff (Discworld 39, City Watch 8)
Auteur : Terry Pratchett
Éditeur : Corgi 7 juin 2012
Pages : 512

Une page se tourne après ce tome. En effet, celui-ci est le dernier livre qui prend place dans le cycle de la garde. Ankh-Morpork est en pleine agitation. Une situation inédite, et potentiellement dangereuse, est sur le point d'être commise malgré toute logique. Vetinari se prépare à un ouragan. Vimes, lui, refuse tout compromis et menace toutes personnes qui se trouvent à sa portée. Mais il n'y a pas le choix. Sous la pression de Sybil, sa femme, le commandant Vimes est forcé de prendre deux semaines de vacances à la campagne ! Un lieu étrange et lointain dont le commandant ne sait rien. La loi y est différente. Les personnes sont différentes et, surtout, il y a assez de matériel pour permettre à son fils d'étudier sa dernière obsession. Mais un crime est commis. Et celui-ci ouvre la porte de nombreux secrets et d'actions qui ne peuvent qu'être décrite comme proche du mal absolu. Vimes ne compte pas laisser les choses en état. Après tout, en vacances on organise sa journée selon ses envies.

Ce tome est le dernier du cycle. Durant celui-ci, Pratchett a décrit un changement majeur dans le fonctionnement de la garde qui passe d'une institution inutile, au profil d'une justice privée, à une organisation qui fait trembler les puissants et qui est un exemple pour le reste du monde. Pratchett a utilisé la garde, et Ankh-Morpork, comme une toile de fond pour parle de crimes, mais des crimes de personnes hauts placées, et pour parler d'ethnies. Grâce à ce cycle, le Disque-Monde est devenu beaucoup plus vivant et détaillé. L'auteur nous a offert des intrigues drôles mais aussi très sombres qui touchent fortement des questions que l'on se pose encore aujourd'hui. Clairement, ce cycle est au centre de l’œuvre et je le conseille fortement.

Encore une fois, Pratchett nous parle d'ethnies. On est habitué aux trolls et aux nains, que l'on connait bien, sans oublier les humanoïdes tels que les loups-garous ou les vampires. Mais, jusqu'à maintenant, les gnomes étaient à peine touchés. Pratchett décrit une espèce considérée comme à peine supérieure aux rats. Ils sont considérés comme sales, voleurs et barbares. Bien que Pratchett n'atteigne pas ses réussites des autres tomes, il prend cette espèce comme toile de fond pour un thème extrêmement sombre : l'esclavage. Une personne en esclavage ne fait pas partie de l'humanité. Cette exclusion permet de justifier l'absence de droits sur leurs personnes. Les gnomes et leurs relations avec le reste du monde fonctionne de la même manière. Personne ne les apprécie, aucunes lois ne les protègent et illes ne sont pas considérés comme membres des espèces sentientes malgré leur langage et leur art. Alors pourquoi ne pas les utiliser pour du travail forcé ? Outre cela, Pratchett décide de pointer du doigt des coupables. Comme souvent dans le cycle de la garde, les coupables sont des personnes si hautes placées qu'elles ne peuvent pas voir autrement le monde et les personnes y vivant comme des propriétés privées, dont elles jouissent. Il est dommage que Pratchett n'ait pas eu plus de temps pour développer ses idées. En l'état, le tome est plaisant. Mais il manque du petit plus qui a fait ses grandes réussites.

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*** Bien qu'en dessous du reste du cycle, avec un Vimes qui me semble en partie écrit de manière différente, j'ai aimé cette conclusion à un cycle que j'apprécie beaucoup.
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Image : Site officiel

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Orphan Black saison 4

Orphan Black est, actuellement, ma série fétiche (je vous rassure j'aime toujours Doctor Who). J'adore les thèmes, les acteurs et actrices sont superbes, la réalisation est magnifique. Il m'est aussi difficile de trouver des points négatifs que d'arrêter de regarder la série pour aller dormir. Après bien trop longtemps, je me lance enfin dans la saison 4 (alors que la saison 5, dernière de la série, est en cours de diffusion). La saison 3 m'avait un peu déçu. J'avais l'impression que la série oubliait une part de son identité. Cette saison 4 débute alors que la source de l'ADN de deux branches de clones est connue. Cosima n'est plus employée de Dyad et tout le monde se cache. Le cessez-le-feu entre Dyad, Topside et le Clone Club est malheureusement fragile. Une branche concurrente du mouvement néolutioniste souhaite mettre sur le marché une technologie concurrente au clonage. Si ce mouvement réussit, l'espérance de vie des clones risque d'être comptée en jours.

Cette saison 4 me fait l'effet d'un retour aux sources. On oublie l'armée, on oublie l'alliance entre l'entreprise Dyad et le Clone Club et on revient aux bases. Les clones se retrouvent, à nouveau, en lutte contre un ennemi inconnu, travaillant dans l'ombre, avec des agent-e-s un peu partout. On retrouve la menace que l'on ressentait lors des deux premières saisons alors que les clones essayaient de survivre sans savoir comment. On retrouve aussi, enfin, les néolutioniste, sans en savoir beaucoup sur leurs buts. En ce qui me concerne, cette lutte d'un groupe de femmes contre une entreprise globale qui prétend avoir le droit de prendre contrôle de leurs corps est le centre de la série et ne peut pas être mis de côté.

La saison 4 creuse aussi un peu plus le mystère. On en sait toujours très peu sur la structure de Dyad qui semble composé de plusieurs éléments en luttes. Mais, cette fois, le grand public est proche d'être victime de l'un des buts du groupe. La série place aussi de nouveaux éléments en ajoutant Susan Duncan ainsi qu'un homme étrange que l'on ne connait pas encore. À mon avis, la série commence à mettre en place les éléments qui permettent de répondre aux questions concernant le complot. Mais je ne sais pas si sa fin, prochaine, sera positive ou négative. En tout cas, Orphan Black est, à mon avis, l'une des meilleures séries actuelles j'espère que la dernière saison ne me décevra pas.

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***** Un retour aux sources des deux premières saisons. Des actrices et acteurs toujours aussi bon !

Image : Allociné

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09:17 Écrit par Hassan dans contemporain, science-fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : orphan black | | | |  Facebook

07/07/2017

Moi, moche et méchant 3 / Despicable me 3

Après le second film Gru a enfin trouvé sa vocation. Il adorait être un vilain, mais il ne l'a jamais vraiment été. Maintenant, il adore être un agent de l'AVL. Il a des gadgets, il peut combattre des vilain-e-s et surtout il possède un salaire qui lui permet de prendre soin de ses trois filles. Enfin, il peut travailler aux côtés de Lucy. Cette dernière se fait, petit à petit, à son rôle de mère pour petites filles. Bien que Gru adore son travaille il échoue régulièrement à appréhender un vilain venu tout droit des années 80, souhaitant se venger de l'annulation de sa série. Suite à cet échec, la famille se rend chez le frère jumeau de Gru ce qui permet à ce dernier de retrouver un peu de ses origines.

Moi, moche et méchant a commencé comme l'origine d'un homme qui devient gentil afin de rendre ses filles heureuses. L'histoire a continué dans la même direction. Il devait à la fois trouver un nouveau but et vaincre sa peur d'être rejeté par les personnes qu'il aime (en l’occurrence une femme et, bien entendu, ses filles). Il semble que, en ce qui concerne ce troisième volet, l'intrigue paternel de Gru soit terminée. On le voit agir systématiquement en faveurs de ses enfants, comme un père accompli. À la place, c'est Lucy qui doit trouver son rôle de mère. Au contraire d'une vision un peu romantique de la parenté, Lucy est montrée comme une femme qui n'arriver pas à trouver la bonne mesure. Elle ne sait pas quand être sévère ni quand être généreuse et se trompe souvent. Le contraste avec Bru est intéressant, d'autant qu'on l'a vu s'améliorer lors de deux films. Gru, lui, se trouve encore une fois dans une quête pour savoir qui il est et ce qu'il veut faire. Après trois films on aurait pu penser qu'il aurait enfin trouvé un but.

Malgré quelques bons moments, drôles et beaux, le film reste moyen. On reprend les mêmes éléments de deux films précédents. Les mêmes blagues et on continue sur la même lancée. Les Mignons sont toujours aussi présents et leurs scènes sont bien réussies, surtout parce que nous n'avons pas un film entier autours d'eux. Les licornes sont toujours importantes. Enfin, la réalisation semble bien aimer créer des situations dans lesquelles mettre Gru. Personnellement, j'ai apprécié le vilain du film. Qu'il soit resté dans une époque, dont il utilise les codes pour ses crimes, et qu'il devienne un vilain à cause de l'annulation du film sont deux idées qui me parlent (ainsi qu'aux personnes fans de Sense8 pour la seconde).

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*** On a une recette, on l'applique, on fait chauffer 90 minutes et on a un Moi, moche et méchant 3. On passe un bon moment, rien de plus.
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Image : Site officiel

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08:23 Écrit par Hassan dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : moi moche et méchant, despicable me | | | |  Facebook

06/07/2017

Le dernier Vice-Roi des Indes

Mars 1947, après des siècles de colonialisme et de luttes le Royaume-Uni a enfin pris la décision, une promesse faites il y a longtemps, de rendre son Indépendance aux Indes et de donner le pouvoir aux leaders de l'opposition. Pour mettre en place une Indépendance fonctionnelle une chronologie est décidée et un dernier Vice-Roi est nommé. Son seul devoir est de permettre aux Indes de vivre en liberté. Son but est de créer la transition la plus pacifique possible en prenant en compte les problèmes créés par le Royaume-Uni durant son occupation du pays. Mais la réalité de l'Indépendance implique aussi des tensions entre les différentes religions dont les musulmans minoritaires. Alors que certaines personnes souhaitent une Inde unie d'autres, sous le leadership de Jinnah, souhaitent la création d'un nouvel état : le Pakistan.

Je suis ennuyé. Bien que j’aie aimé les personnages et les situations je suis ressorti du film avec l'impression d'avoir vu quelque chose d'inachevé, un film bien trop gentil pour parler d'une période de tourment qui conclut une colonisation meurtrière et des luttes sanglantes. J'ai aussi, au début, eu du mal à comprendre l'intérêt de l'histoire d'amour mais j'ai rapidement changé d'avis, au contraire j'ai l'impression que la réalisatrice y réussit quelque chose de plutôt intéressant. Je vais tenter de m'expliquer.

Le début du film est très frappant. On commence à suivre les personnages qui nettoient le palais du Vice-Roi. On suit ce même Vice-Roi dans l'avion, s'entrainant pour son apparence en public. Tous les personnages semblent être empli d'un grand optimisme, d'une joie difficile à contenir. Durant une bonne moitié du film cet optimisme est validé par le fonctionnement de la famille du Vice-Roi qui décide d'accomplir sa mission en tentant de comprendre les Indes et sa population. Ce qui implique de se mêler aux personnalités locales et de se débarrasser du personnel anglo-saxon le plus raciste. Vers le milieu de l'intrigue le film réussit à opérer une transition vers la nécessité de trouver une solution rapide, brisant la chronologie initiale, après des violences de plus en plus importantes. Petit à petit, est mis en scène la nécessité d'une partition qui part des cartes pour se terminer par l’absurde lorsque les biens du palais sont arbitrairement divisés. Une scène, qui m'a frappée, se déroule dans la bibliothèque. On y observe des bibliothécaires tenter de diviser une encyclopédie en deux pour que les deux pays possèdent leur dû.

Cette division mise en scène en même temps que les violences et les réfugiés impacte aussi le personnel du palais. Celui-ci débute le film uni, avec quelques blagues innocentes. Au film du film, les tensions se font de plus en plus importantes avec, parfois, des actes de violences (dont une scène durant laquelle les gardes refusent les ordres d'un Anglais après une bagarre entre les domestiques). La division est mise en scène alors que des ancien-ne-s ami-e-s comprennent qu'illes ne vont pas donner leur allégeance au même pays. Et surtout dans le cadre de l'histoire d'amour qui, ajoutant problème religieux, doit prendre en compte la division entre deux nations.

Ce sont, à mon avis, les bons points de ce film. Si l'on ne prenait que cela en compte on pourrait dire que la réalisatrice réussit à atteindre son but. Mais j'ai été très dérangé par la construction de la famille du Vice-Roi et, par extension, des anglais. Dès le début du film, les anglais se trouvent au centre de la question de la décolonisation. Le Vice-Roi ne fait que recevoir les visiteurs pour être conseillé et leur fournir son avis. Ce dernier est dépeint très positivement, ainsi que sa famille. Je ne sais pas comment elle fonctionnait en réalité mais on les montre comme des aristocrates anglais un peu plus conscient que les autres de leur chance. Ce qui ne les empêche pas d'incarner l'idée qu'en tant que blanc, occidentaux, illes ont l'obligation d'offrir la civilisation au reste du monde, c'est en particulier le cas d'Edwina Mountbatten. L'importance des intérêts stratégiques, qui poussent le gouvernement anglais à accepter le Pakistan, est à peine effleuré. Face à cela, les intérêts des Indiens sont mis en scène par une domesticité qui se contente d'écouter aux portes des "grands" sans ne pouvoir jamais agir. Ainsi, la lutte pour l'Indépendance est à peine mentionnée mais on parle beaucoup de la gentillesse des anglais qui acceptent gracieusement de partir et de gérer la décolonisation.

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*** Je ne peux pas dire que c'est un mauvais film. Il y a de bonnes idées avec une mise en scène, bien que parfois un peu fade, qui ne souffre pas la comparaison avec de grandes productions des États-Unis. Mais je suis très sceptique face au propos général. En fait, je suis incapable de réellement dire ce que je pense du film.
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Image : Allociné

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02/07/2017

Raven par Marv Wolfman, Alisson Borges et Diogenes Neves

Titre : Raven
Auteurs : Marv Wolfman, Alisson Borges et Diogenes Neves
Éditeur : DC 10 mai 2017
Pages : 144

Ce tome contient Raven (2016) 1-6. Raven est une membre des Teen Titans. Une héroïne au passé difficile car son rapport envers sa famille est loin d'être parfait. C'est rarement le cas quand son père est un démon et sa mère une adoratrice. Mais elle fut élevée afin de ne pas tomber dans le côté sombre de son caractère et, plus âgée, elle devint une héroïne. Malheureusement, les Teen Titans se séparent après des évènements sombres (que je ne connais pas). Les membres du groupe vont tous dans leur propre direction. Raven décide de retrouver sa famille : des personnes qui croient en un dieu chrétien. Pour mieux s’assimiler elle décide d'entrer dans l'école et de vivre la vie la plus normale possible. Mais sa nouvelle ville est rapidement liée à des disparitions étranges qui touchent les écoliers.

Depuis Teen Titans la série animée j'apprécie beaucoup Raven (ainsi que Starfire). C'est un personnage que je ne connais pas dans les comics mais qui m'intéresse beaucoup. Après avoir lu quelques critiques, j'ai décidé de me lancer dans la minisérie qui fait le lien, si j'ai bien compris, entre la fin de Teen Titans new 52 et Rebirth. Je n'ai donc aucune idée de ce qui s'est déroulé auparavant et je ne connais pas encore Rebirth. Mais la série peut se lire sans trop de problèmes et elle a l'avantage d'être terminée.

Assez logiquement, me semble-t-il, la question principale de la série est l'identité. Raven a vécu dans beaucoup d'endroits et son retour vers sa famille est un moyen, pour elle, de retrouver une parcelle de son identité humaine. Il est normal de la placer dans une école et ses réactions aux interactions sociales que cela implique sont drôle et en accord avec le personnage, du moins de ce que j'en sais. Il est dommage, mais compréhensible vu la longueur de la série, que cet aspect ne soit pas assez mis en avant et développé au profit du combat qu'elle doit mener.

Ce combat, spoiler alert, est celui d'une adolescente élevée dans le contrôle de ses émotions face à un être qui se nourrit des émotions incontrôlées des personnes vivantes. C'est une idée intéressante qui fonctionne bien avec Raven. Les victimes sont décrites comme seules, perdues dans leur souffrance individuelle. Durant tous les épisodes, Raven est montrée essayant de se lier à elleux afin de leur prêter sa capacité à résister. C'est, à mon avis, fondamental. Ce que cette intrigue montre est la force du collectif face à une menace inconnue. Ce n'est que lorsque les personnages décident de se relier pour s’entre-aider que la lutte devient possible de manière positive et que Raven peut enfin vaincre. La résolution, un peu rapide tout de même, est parfaitement logique. Sans être parfaite la série fonctionne bien et l'on ne peut qu'être déçu qu'elle n'ait pas eu plus de temps pour construire ses bases et créer une menace plus substantielle au lieu d'une menace abstraite car jamais réellement expliquée.

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**** Parfaite ? Non. Mais j'apprécie le personnage, je trouve l'intrigue logique et donc j'ai bien aimé ma lecture
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Image : Éditeur

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Histoire de la sorcellerie par Colette Arnould

Titre : Histoire de la sorcellerie
Autrice : Colette Arnould
Éditeur : Tallandier 1992
Pages : 494

Durant la Renaissance de nombreux bûchers, dont en Suisse, furent mis en place afin de brûler l'une des menaces les plus importantes de l’époque : les sorcières. Mais identifier les personnes ne permet pas toujours de comprendre les raisons idéologiques derrière le massacre des sorcières. Colette Arnould essaie, dans ce livre épais, de nous expliquer de quelle manière, durant plusieurs siècles, la croyance envers le pouvoir des sorcières et leur danger s'est imposé et a permis des procès, la torture et la mise à mort d'un nombre impressionnant de personnes. Pour cela, elle se base sur de nombreux textes qui courent de l'Antiquité à quasiment notre époque.

Bien que le livre soit construit en 10 chapitres on pourrait l'expliquer en créant des parties plus courtes. La première et la seconde sont, en quelques sortes, l'introduction du livre. Dans les premiers chapitres l'autrice tente de nous expliquer de quelle manière le diable a été pensé et de quelle manière la magie a été construite. Pour cela, elle décide de partir de l'époque antique pour, ensuite, écrire un essai sur l'identité du diable durant l'Antiquité tardive et l'époque médiévale. Deux de ces chapitres sont assez difficiles à lire car assez laborieux dans l'écriture et l'explication. Suit un chapitre sur l'hérésie et sa signification dans le cadre de l’Église et de la société médiévale. Ces chapitres permettent de créer un fond idéologique sur lequel le reste du livre repose afin d'expliquer les raisons des bûchers.

Suivent trois chapitres qui permettent d'examiner la pensée de la sorcellerie comme un danger ainsi que la montée des outils qui permettent de s'y attaquer. L'autrice s'intéresse ici plutôt à la moitié de l'époque médiévale dès le XIème-XIIème siècle. Elle y met en évidence les décisions des papes mais aussi les créations de l'Inquisition et de leurs droits dans le monde médiévale. Plus important encore, elle explicite le fonctionnement des textes démonologiques qui parlent du diable et de la sorcellerie. Après ces chapitres on comprend mieux comment une frange de la société pense le monde, malheureusement l'autrice n'explique pas de quelle manière cette pensée se répand dans le peuple.

Enfin, les chapitres VII et VIII entrent dans le vif du sujet en examinant les débuts des procès de sorcellerie. L'autrice explique de quelle manière les textes et idées précédentes sont utilisés afin de s'attaquer aux personnes incriminées et justifier l'usage de la torture ainsi que de la mort. Ces chapitres décrivent une époque, qualifiée de Renaissance, durant laquelle la raison fonctionne en même temps que les croyances en des pouvoirs supérieurs (ce qui n'est pas forcément incompatible). Ces deux chapitres permettent à l'autrice de mettre en avant son hypothèse principale. Selon elle, les procès de sorcellerie sont à la fois un outil politique et un indice d'une "société malade". L'autrice explique que, pour elle, les inquisiteurs, le peuple, les religieux et religieuses sont victimes d'une forme de pathologie mentale. Ces chapitres continuent sur la fin des procès avec une ouverture sur notre époque qui marque, pour l'autrice, une continuité d'une forme de croyance en certains pouvoirs mais avec un diable qui n'a plus rien à voir avec le danger qu'il créait à l'époque médiévale.

Les premières pages de ce livre ne sont pas faciles à lire. La lecture me fut laborieuse et, semble-t-il, je ne suis pas le seul à l'avoir ressenti. Mais, les deux premiers chapitres passés, les choses deviennent de plus en plus intéressantes. Cependant, il me semble dommage que l'autrice laisse transparaitre une forme de mépris pour les personnes de l'époque. Bien que l'on puisse condamner les raisons politiques et idéologique de la mise à mort de femmes, qualifiées de sorcières, il faut aussi prendre en compte une époque, ses tensions, ses problèmes. Personnellement, je ne suis pas totalement convaincu par l'hypothèse de l'autrice. Si je dois faire une comparaison, le livre de Silvia Federici me semble bien mieux réussir à prouver son hypothèse.

Image: Éditeur

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01/07/2017

Quantum and Woody must die par James Asmus, Tim Siedell, Steve Lieber, Pere Pérez et Dave McCaig

Titre : Quantum and Woody must die
Auteurs : James Asmus, Tim Siedell, Steve Lieber, Pere Pérez et Dave McCaig
Éditeur : Valiant 10 juin 2015
Pages : 144

Ce tome contient Valiant-sized Quantum and Woody 1 ainsi que Quantum and Woody must die 1-4. Eric et Woody ont accompli leur but : ils ont agir en héros afin de sauver la Terre. Bon, tout ne s'est pas passé comme prévu et il est possible que leurs actes aient permis la destruction d'une autre planète ainsi qu'une possible guerre nucléaire avec la Corée du Nord. De plus, personne n'est au courant de leur héroïsme. Mais le lien avec la police commence à bien fonctionner. Malgré de nombreuses gaffes personne ne les arrête. Mieux encore, on souhaite leur aide et les deux frères comprennent qu'ils sont passés de guignols à célèbres. Mais le feu des projecteurs pourrait bien se retourner contre eux.

Ce tome joue sur les conséquences. Depuis le début de la série les deux frères ont agi en faisant pas mal de dégâts. Normalement, dans les comics et leurs adaptations cinématographiques et télévisuelles, les actions des héros n'ont pas des conséquences très importantes. Les exceptions existent mais servent surtout à parler d'une intrigue précise. Ce tome s'éloigne de cela en se concentrant sur des personnes annexes aux intrigues des deux frères. Des personnes qui ont souffert des actions des deux héros et qui décident de se venger. Ils ont tous des raisons différentes mais leur but est simple : montrer ce que sont vraiment les deux frères en visibilisant l'idéologie derrière le super-héroïsme. Bien que cela ne soit pas tout à fait réussi j'ai aimé retrouvé des personnages anecdotiques vu seulement dans une case. J'apprécie que le monde de Valiant puisse permettre à ceux-ci d'exister et donc à créer des conséquences pour les actions des personnages dont on suit les aventures.

Le second effet de cette intrigue porte sur Woody. Je ne sais pas à quel point cela va impacter des histoires futures mais, dans ce tome, Woody se pense et se présente comme un raté que personne n'apprécie. Quelqu'un qui va fatalement détruire tout ce qu'il a reçu. À plusieurs reprises, dans le tome, on l'observe annoncer ce destin et le redouter. Ce développement du personnage permet de rendre sa relation avec Éric bien plus intéressante car l'un des deux membres du groupe est certain qu'il sera la cause de la fin de la relation, malgré son envie d'être meilleur. J'espère que cet aspect sera conservé à l'avenir.

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**** Une minisérie que j'ai beaucoup appréciée surtout parce qu'elle met en place une intrigue liée aux aventures déjà connue des deux frères.
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Image : Éditeur

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29/06/2017

Quantum and Woody 3. Jeunesse difficile, présent compliqué par James Asmus, Tom Fowler, Kano et Wilfredo Torres

Titre : Quantum and Woody 3. Jeunesse difficile, présent compliqué
Auteurs : James Asmus, Tom Fowler, Kano et Wilfredo Torres
Éditeur : Bliss comics 9 mars 2017
Pages : 144

Ce tome contient The Goat 0 et Quantum and Woody 9-12 publiés dans Quantum and Woody: crooked pasts, present tenses. Eric a retrouvé une maison, une voiture et, lorsque l'enquête sera terminée, un travail. De plus, il est bien vu par la police et son père lui a laissé un petit héritage sympathique. Woody, lui, est détesté par la police et détruit tout ce qui bouge. Il n'y a donc qu'une seule solution : Éric donne à Woody une journée entière pour lui prouver sa capacité à être un adulte responsable. Mais ces attentes ne pourraient-elles pas envoyer Woody vers son passé de délinquant juvénile ? D'autant qu'il rencontre une ancienne connaissance de mauvais augure.

Ce tome est le dernier de la série. Pour terminer l'intrigue les auteurs décident de revenir à la base et de tout relier à l'ERA (après un épisode d'origine pour le bouc). L’ERA était, à mon avis, la meilleure idée de la série. Un groupe de scientifique dont le but principal est de voler les découvertes afin de se faire de l'argent et de contrôler le futur de la science. Ce qui en fait une idée géniale est d'avoir imposé aux membres de l'ERA un génie en avance sur leur temps mais aussi des techniques en retard sur l'époque présente. C'est ainsi que l'un des membres est un cyborg équipé d'un fax !

Le tome relance l'ERA en utilisant Thomas Edison et les évènements qui précédent. Ainsi, au contraire du tome 2, la lecture donne beaucoup moins l'impression de créer des événements sans trop y réfléchir. Sans être très pensé, l'intrigue suit assez bien ce qui s'est déroulé auparavant bien que certaines étapes soient sautées par les auteurs, donnant une impression de deus ex machina. Ce tome a aussi quelques conséquences pour la vie privée des deux héros en leur donnant enfin un but, lucratif, et en touchant leurs amitiés et vie intime. Contrairement au second ce tome réussit à se rendre indispensable tout en restant très léger.

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**** Un dernier tome drôle et bien mieux maitrisé sans être, pour autant, de la grande écriture
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Image : Éditeur

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Quantum and Woody 2. (in)sécurité nationale par James Amus, Ming Doyle et Jordie Bellaire

Titre : Quantum and Woody 2. (in)sécurité nationale
Auteur-e-s : James Amus, Ming Doyle et Jordie Bellaire
Éditeur : Bliss comics 13 octobre 2016
Pages : 112

Ce tome contient Quantum and Woody 5-8 publiés dans Quantum and Woody: (in)security. Lorsque le père d'Eric et Woody est mort les deux frères ont immédiatement pensé que quelque chose ne collait pas. Ils ont décidé d'enquêter et ont tout fait exploser, recevant par là des pouvoirs. Mais ceux-ci les obligent à rester l'un près de l'autre afin de ne pas mourir. Après avoir survécu à l’enlèvement d'un groupement de scientifique qui prend le contrôle des avancées les plus extraordinaires les deux frères retournent à leur vie. Vivre à 3, avec un bouc, dans un seul appartement n'est pas facile. Heureusement, Eric reçoit une promotion qui lui permet de payer pour les bêtises d'Eric.

Le premier tome était une réussite. Il m'a donné envie de m'intéresser à l'univers Valiant ce qui m'a conduit aux deux tomes de Faith (que je conseille fortement). L'idée de relier deux personnes qui se détestent et qui sont différentes en tout et qui, de plus, sont totalement incapables de réussir leurs missions fonctionne assez bien. Ce second tome est moins bon. Il aurait dû être bien meilleur mais ça ne fonctionne pas. Woody se contente d'être Woody et seul les informations sur le passé d'Eric permettent de sauver ce tome en donnant un peu plus de profondeur au personnage de Quantum.

L'idée de base est intéressante : confronter une milice privée et chrétienne face à un groupe autonomiste de suprémacistes blanc. Les auteur-e-s auraient pu broder beaucoup de choses autours de cette confrontation. On aurait pu examiner le danger des milices privées, du manque de contrôle des armes à feu ou encore l'intolérance de certains groupes face à d'autres personnes. On aurait pu aussi examiner les raisons, sans les excuser, derrière la défiance face au gouvernement, en particulier celui d'Obama, et parler du racisme. Les auteur-e-s ne font rien de tout cela. Ils se contentent de regarder deux ingrédients faire une jolie explosion avec leurs personnages au milieu.

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*** Une petite déception, un tome fainéant, mais il semble que le prochain est meilleur
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Image : Éditeur

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18/06/2017

I shall wear midnight (Discworld 38, Tiffany Aching 4) par Terry Pratchett

Titre : I shall wear midnight (Discworld 38, Tiffany Aching 4)
Auteur : Terry Pratchett
Éditeur : Corgi 7 juin 2012
Pages : 432

Tiffany a maintenant 16 ans. Elle est reconnue comme la première sorcière officielle des environs. Sa famille est fière et un peu effrayée. Les voisin-e-s ressentent exactement la même chose. Personne n'aime les sorcières dans le village de Tiffany, mais cette dernière n'est pas une étrangère. Alors Tiffany travaille et aide autant qu'elle le peut. En particulier, elle tente d'aider le vieux Baron à ne pas trop souffrir. Mais sa mort est inévitable. Malheureusement, Roland a engagé une infirmière pour prendre soin du Baron. Celle-ci aiment autant Tiffany Aching que le travail. Et lorsque le Baron meurt enfin Tiffany est accusée de vol, de meurtre et de pactiser avec le démon. Soudainement, des ami-e-s se souviennent que les sorcières ça se brûle.

Le fait que j'apprécie le cycle des Sorcières joue grandement dans mon impression pour ce 38ème tome. Le 37ème m'avait beaucoup déplu. Il y avait des problèmes d'écriture et je n'appréciais pas du tout l'intrigue. Ce retour dans le cycle de Tiffany Aching est, par contre, une réussite. Cela n'implique pas que tout soit parfait. Il y a des longueurs inutiles. Les scènes avec Eskarina sont sympathiques mais peu utiles. Il aurait été possible de laisser Tiffany trouver les réponses plus tard dans l'intrigue. Même chose pour l'Observatrice. Je pense qu'il aurait été plus fort, du point de vue de l'intrigue, que celle-ci soit Granny Weatherwax. Cela aurait pu donner l'impression d'un enjeu bien plus important. L'idée que la sorcière la plus puissante s’inquiète réellement et se prépare à agir au bon moment tout en laissant sa chance à Tiffany. De plus, il y a des incohérences dans l'intrigue. Bien que j'en ai apprécié le traitement, dans une certaine mesure, l'intrigue autours d'un abus domestique (la peur de quitter son mari, la raison des abus mais aussi la réaction, ou son absence, par les voisin-e-s) je ne comprends pas son intérêt dans le cadre de l'intrigue générale. Il n'y a presque pas de conséquences et cela ne devient qu'un objet passé qui apparait de temps en temps dans le décor.

La question principale de ce tome, particulièrement sombre, est la haine. L'intrigue met en place une progressive défiance envers les sorcières. Celle-ci est générale avec quelques exceptions. Les anciennes histoires reviennent et les accusations murmurées deviennent de plus en plus fortes. Ainsi, Tiffany souffre deux incarcérations. La second est particulièrement intéressante puisqu'elle suit des accusations sans fondements ni preuves. Bien que, fantastique oblige, la haine soit incarnée dans un être précis, sa description est tout simplement magnifique. Elle est ressentie par les personnages secondaires et principaux de l'univers pratchettien. Les personnages secondaires en sont autant les victimes que les vecteurs et seuls les personnages principaux sont capables de réfléchir sur la raison de leurs sentiments. La haine est décrite comme une infection qui se propage de personnes en personnes et, en particulier, à l'aide d'individus capables de haine. Raisonner est inutile, il faut décider de s'attaquer résolument à toutes personnes qui propage l'infection.

Bien que j'aie beaucoup apprécié le traitement de ce thème j'ai tout de même un point négatif à ajouter. Lors de la phase conclusive de l'intrigue la haine s'incarne dans un être qui représente le mal. C'est un meurtrier aux actes ignobles. Personnellement, je trouve dommage d'avoir choisi ce type de personnages. D'autres auraient pu être mieux utilisé pour traiter du thème du tome et lui donner plus de profondeur. Le livre ne manque pas de personnages qui se pensent justifiée dans leur haine de choses et d'autres et il aurait été possible de les utiliser directement comme propagateur de haine plutôt que d'user d'un être si mauvais qu'il en semble à peine réel. Impression justifiée par son apparition soudaine alors que d'autres personnages étaient déjà bien mieux décrits.

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**** Un tome 38 qui confirme certains défauts du tome 37 mais qui me semble bien plus intéressant et mieux écrit.
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Image : Site officiel

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15/06/2017

Paper Girls 2 par Brian K. Vaughan, Cliff Chiang et Matt Wilson

Titre : Paper Girls 2
Auteurs : Brian K. Vaughan, Cliff Chiang et Matt Wilson
Éditeur : Urban comics 17 mars 2017
Pages : 136

Ce second tome contient Paper Girls 6-10 publiés chez Image Comics. Lors du tome précèdent quatre jeunes filles se levaient afin de livrer des journaux dans leur ville. C'était la fin de la nuit des Morts et elles ont préférés rester ensemble en cas de problèmes. Mais rien ne pouvait les préparer à l'arrivée de gens étrangers et de dinosaures. Après bien des péripéties elles furent envoyées en 2016 juste avant la fameuse élection. Elles souhaitent toujours comprendre ce qui leur est arrivé. Alors pourquoi ne pas se rendre chez leurs versions plus âgées ? Mais seule Erin est resté en ville et le futur de chacune ne semblent pas aussi rose que prévu. Pire encore, une ville est soumise à l'attaque d'êtres venus du futur. Le groupe à peu de temps pour réfléchir et savoir qui est qui. Il faut aller de l'avant.

Le premier tome m'a beaucoup intrigué. Les auteurs créaient des personnages intéressants et assez différents les uns des autres. L'intrigue était rapide et presque aucunes réponses ne nous était donnée. Je voulais en savoir plus, comprendre ce qui se déroulait et qui étaient les différents groupes qui semblent se battre. Ce second tome permet d'ajouter un peu de mystère tout en répondant à certaines questions. On en sait plus sur la provenance des personnages, voir même l'époque, et leur technologie. On en sait aussi plus sur le fonctionnement de celle-ci dans ce monde précis. Par contre, les causes de la guerre qui semble exister ne sont que peu explicitées. Les auteurs décident aussi d'utiliser l'arc classique de la rencontre entre le passé et le futur des personnages. Bien que l'on puisse craigne le pire, je trouve que celle-ci est assez réussie. Elle permet non seulement de donner des informations sur le futur mais aussi de mieux caractériser chacune des filles. Au final, il ne se passe pas grand-chose et pourtant tout va très vite. Personnellement, je suis toujours accroché et je fais confiance aux auteurs pour la suite.

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**** Un second tome tout aussi réussi que le premier mais qui se permet de développer un peu le contexte et les personnages.
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Image : Éditeur

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12/06/2017

Wonder Woman

De nos jours, Diana vit à Paris et travaille au Louvre. Mais ce ne fut pas toujours le cas. Une photo, en particulier, prouve que Wonder Woman s'est impliquée dans la Première Guerre Mondiale. Mais quelle est l'histoire derrière cette image ? Il y a longtemps, Wonder Woman fut entrainée par les plus grandes guerrières de son île. Elle devait devenir la meilleure de toutes afin de suivre la mission des Amazones : protéger le monde de la guerre. Après des années d'entrainement, un avion s'écrase sur l'île. L'événement est sans précèdent. Plus surprenant encore, le pilot est un mâle. Ce dernier, Steve Trevor, explique que le monde extérieur est entrainé dans une guerre sans fin. Les armes les plus destructrices sont utilisées. Hommes, femmes, enfants ne sont pas à l'abri. Pour Diana sa mission est claire. Une telle guerre ne peut qu'être l’œuvre d'Arès. Elle doit se rendre dans le monde des hommes et détruire Arès.

Attention ça va spoiler.

Après le critiqué Man of steel, le bancale Batman V Superman et l’horreur que fut Suicide squad Wonder Woman est l'espoir pour l'univers DC. Alors que la plupart des annonces donnent l'impression que DC ne sait pas comment lancer ses films Wonder Woman a réussi à incarner la possibilité de réussir à faire un film. Oui, nous en sommes au point de se demander si DC est capable de créer des films. Wonder Woman est une réussite. Une réussite classique qui ne prend pas les risques de Batman V Superman mais une réussite.

Il y a plusieurs aspects que j'ai apprécié dans ce film. Les chorégraphies des Amazones sont magnifiques. La scène du No Man's Land est épique et les dialogues sont souvent savoureux. Mais un point que j'ai particulièrement apprécié est l'effort de contraste entre le monde des Amazones et le monde des Humain-e-s. Les Amazones vivent sur une île qualifiée de paradis. On nous montre un peuple cultivé qui semble vivre en harmonie avec la nature, les divinités et l'humanité. Tout est vert ou chaud. L'entrainement des Amazones est guerrier mais pour se préparer et non pour lancer une guerre. Le monde des hommes s'incarne par Londres. La ville est grise, polluée. Cet aspect continue dans les tranchées. Les humain-e-s vivent en guerre contre elleux-même et contre le monde. C'est ainsi que d'une île en harmonie, qui ne semble pas connaitre une forte pudeur ni une division en classe sociale importante. On passe à une ville divisée entre classes, entre nations et entre hommes et femmes, visible dans les vêtements et le comportement masculine face à Diana.

Le film met aussi en contraste la guerre et l'amour. La guerre, pour Diana, est d'abord une histoire. Une fable belle emplie de bravoure. Un combat pour ce qui est juste. Cela me rappelle un peu les écrivains qui faisaient l'apologie de la guerre avant d'être impliqué dans les tranchées. Diana est fascinée mais elle ne connait pas réellement la véritable guerre. Elle est naïve à cause de cela. Ce film est un moyen de casse cette naïveté en la confrontant à une guerre dans laquelle il n'y a pas de bons ou de mauvais côtés mais seulement des personnes qui meurent. Ce qui mène au climax vers la fin du film lorsqu'elle croit avoir enfin détruit Arès mais que la guerre continue. Diana réalise soudainement que le mal ne s'incarne pas simplement dans un être mais existe partout. Que, peut-être, personne ne mérite la compassion et l'amour. Cependant, ces deux émotions sont nécessaires. Il n'est donc pas surprenant, et même logique, que Diana ne puisse vaincre qu'en usant de son amour et de sa compassion pour les humain-e-s. Bien que l'amour avec Steve Trevor soit un peu difficile à croire - on a l'impression que Diana ne l'aime que parce que c'est le premier homme qu'elle voit tandis que Steve aime Diana parce qu'elle est belle - la compassion est utilisée à plusieurs reprises pour expliquer les actions de Diana. La scène du No Man's Land existe à cause de la compassion de Diana.

Il est malheureusement dommage que la fin soit, selon moi, ratée. Durant tout le film Diana est convaincue qu'un général allemand, Ludendorff. Ce dernier est montré comme un jusqu’au boutiste qui ne souhaite que la guerre même si des innocent-e-s en souffriront. Lors d'une scène il n'hésite pas à bombarder un village civil afin de tester une nouvelle arme. Je craignais que les allemands soient, encore une fois, utilisés comme vilains génériques alors que la Première guerre mondiale n'est pas aussi simple. Heureusement, le film retourne la situation en révélant que Arès n'est pas un général allemand mais un lord anglais, moustachu et en costume. La confrontation entre Arès et Diana est très réussie lors de cette partie. Arès ne se bat pas, il parle. Arès ne peut pas être confronté, il est une ombre. Arès ne fait pas la guerre il murmure, influence, et laisse l'humanité décider. À mon avis, cet aspect est fondamental. Arès ne veut pas détruire, il veut prouver que l'humanité est maléfique en la laissant se détruire seule. Lorsque Arès enfile une armure et décide de se battre tout ceci disparait pour une scène générique en CGI. Ce qui fonctionnait parfaitement quelques minutes auparavant, un petit homme gris moustachu parfaitement poli, devient ridicule (en particulier la moustache sous l'armure). Les scènes de combat qui terminent le film ne sont qu'une salade d'effets spéciaux, longues et sans intérêts. Cette fin illustre un problème récurrent dans les block buster : privilégier le spectaculaire, l'image épique, à l'écriture dans une intrigue logique et pensée. Le final enlève toute sa force à Arès et j'aurais préféré le voir lentement disparaitre dans l'ombre, annonçant par-là que la guerre ne peut être tuée mais seulement temporairement arrêtée (et, en plus, cela aurait pu lancer une quête des origines et des divinités pour Diana).

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**** Le meilleur film DC dans l'univers qu'illes souhaitent lancer. Certes, ce n'est pas compliqué et Wonder Woman reste classique.
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Image : Site officiel

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08:57 Écrit par Hassan dans BD/Comics, Comics, DC, Film, science-fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : wonder woman, dc | | | |  Facebook

11/06/2017

Paper Girls 1 par Brian K. Vaughan, Cliff Chiang et Matt Wilson

Titre : Paper Girls 1
Auteurs : Brian K. Vaughan, Cliff Chiang et Matt Wilson
Éditeur : Urban comics 7 octobre 2016
Pages : 160

Ce tome contient Paper Girls 1-5. 1988, le monde est encore sous la Guerre Froid. Les États-Unis décident si Bush sera président ou non et, dans une petite ville, 4 jeunes filles se réveillent tôt le matin. Leur travail est de s'occuper de la distribution du journal local afin que toutes les personnes abonnées soient servies. Mais c'est aussi le lendemain d'Halloween et il est mieux de travailler en groupe pour éviter les groupes d'adolescent-e-s idiot-e-s et alcoolisé-e-s. Tout se passe bien jusqu'à ce que le groupe soit confronté par deux jeunes en costumes étranges. Rapidement, tout change et la ville, qui était familière, devient un lieu étrange remplis de monstres.

J'apprécie beaucoup Vaughan. Il est rare que ses histoires me déçoivent et certains des comics dont il est le scénariste sont parmi les meilleurs que je connaisse. Il devient donc difficile de ne pas se jeter sur tout ce qu'il écrit sans même me demande si je vais apprécier ou non. Dans ce comics Vaughan décide de jouer sur la fin des années 80. Une époque souvent mise en scène dans des films classiques de notre enfance. On retrouve donc la formule que l'on connait : un petit groupe d'enfants se retrouve lié à des événements extraordinaires. Mais je ne saurais pas vous dire quels sont ces événements. Les auteurs ne nous offrent aucun indice et nous sommes aussi perdu que les jeunes filles le sont face à tout ce qui se passe.

Ce que j'apprécie dans Saga se retrouve ici. Il y a une grande diversité dans les personnages. Les couleurs sont vives. On retrouve aussi bien des humain-e-s que des personnages qui nous semble très étrangers. Les auteurs semblent vouloir nous dépayser en créant tout ce que leur imagination peut leur donner. Ainsi, ce n'est presque pas une surprise que de lire que certains monstres sont, en fait, les enfants d'un autre personnage. Ce dépaysement est aussi aidé par la langue (je plains les personnes chargées de la traduction). Outre le "français" il existe deux autres langues. L'une est constituée de signes et je suis incapable de la lire. La seconde semble une version futuriste du "français" que l'on peut comprendre mais qui reste très différent de ce que l'on connait, avec une adjonction de latin de temps en temps. Ce premier tome est intriguant. On ne nous donne presque rien et nous suivons l'intrigue au même rythme que les héroïnes du récit sans savoir si les décisions prises sont les bonnes ou des erreurs.

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**** Le premier tome est beau, il dépayse fortement mais il ne donne aucun indice. Je me demande comment l'intrigue va continuer et ce qui se déroule.
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Image : Éditeur

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Caliban et la Sorcière. Femmes, corps et accumulation primitive par Silvia Federici

Titre : Caliban et la Sorcière. Femmes, corps et accumulation primitive
Autrice : Silvia Federici
Éditeur : Entremonde et Senonevero 2014
Pages : 403

Quel fut l'origine du capitalisme ? Comment la mise en place de ce mode de production impacta-t-il la société et les rapports entre classes mais aussi entre les hommes et les femmes ? Silvia Federici tente de répondre à ces questions dans un lire ambitieux. Celui-ci prend comme point de départ l'époque médiévale pour ne se terminer que plusieurs siècles plus tard. Le but est de mettre en avant des évènements clés afin de les placer dans un processus de création du capitalisme. De plus, l'autrice souhaite nous montrer que ces processus ont eu un impact fort sur les femmes, devenues largement inférieures et contrôlées. Enfin, ce processus a eu un impact mondial. L'autrice tente d'expliquer l'origine du capitalisme afin de mieux critiquer son fonctionnement actuel.

Je pense que l'on pourrait, globalement, diviser ce livre en deux parties. La première serait, pour l'autrice, un moyen de mettre en lumière le passage d'une économie féodale à une économie capitaliste. Bien que l'on ne puisse pas dire que la féodalité soit un système de liberté l'autrice essaie de nous montrer que les paysans possédaient des droits et des moyens de luttes. Ainsi, la possession de la terre n'est pas aussi régulée que de nos jours et il est parfaitement possible de fonctionner selon une communauté des biens, en particulier de la terre, qui permet d'éviter la pauvreté aux personnes les plus fragiles. Ces droits ont petit à petit disparu au profit d'une privatisation des terres qui eut comme impact de créer une forte pauvreté. De plus, les luttes sont nombreuses et peuvent mettre en danger les seigneurs locaux. Outre les hérésies qui peuvent mettre en avant une pensée égalitariste il y a eu des révoltes contre les devoirs et la fin d'un système de communauté.

La seconde partie pourrait s'intéresser aux effets sur les femmes aussi bien en Europe que dans le reste du monde. L'autrice se concentre sur la chasse aux sorcières qui eut lieu en Europe et dans les colonies amérindiennes. Elle tente de nous expliquer que celle-ci permet de briser les solidarités face à des personnes en marges de la société, justement à cause des mutations économiques présentées auparavant. Ainsi, les principales victimes sont des femmes pauvres, veuves, accusées d'user de pouvoirs magiques afin de subvertir l'ordre naturel du monde. L'autrice nous montre aussi que les sorcières sont des personnes qui possèdent des savoirs aussi bien de guérison que de gestion de la procréation. Ces savoirs sont considérés comme potentiellement dangereux puisqu'ils impliquent une contraception, considérée comme une perte pour l’État. La chasse aux sorcières n'est donc pas une simple hystérie mais un effort organisé pour briser une communauté et des savoirs anciens, considérés illégitimes dans un ordre économique et politique nouveau.

Il est difficile de présenter en quelques lignes toutes les réflexions de l'autrice, je préfère vous conseiller de lire le livre. Les réflexions de l'autrice sont nombreuses, elles se basent aussi bien sur une analyse féministe que sur la critique de Marx et de Foucault. Les notions demandées pour comprendre ce livre sont nombreuses et la lecture peut être difficile. Cependant, il est étonnant que, à mon avis, la prose de Federici soit si limpide. À aucun moment je n'ai eu l'impression de me perdre dans la réflexion de l'autrice. C'est pourquoi, malgré des questions que je me pose sur certains points historiques, je pense que ce livre est nécessaire pour comprendre le monde tel qu'il fonctionne actuellement.

Image : Éditeur

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10/06/2017

Die Götliche Ordnung / L'ordre divin

Nora est une femme heureuse. Elle vit dans un petit village avec son mari, Hans, et ses deux enfants. Leur famille vit mieux que la moyenne tandis que Hans est assez apprécié pour recevoir une promotion. Le frère de Hans a repris la ferme familiale, sous l’œil critique du père de famille, avec sa femme Theresa et leur fille. Tout semble parfait dans ce petit village d'Appenzell. Mais les deux familles sont troublées. En effet, nous sommes en pleines années 70 et la jeune adolescente ne fait qu'écouter de la musique dans sa chambre et sortir avec des garçons au grand désespoir des parents qui craignent pour leur réputation. De plus, d'ici février le pays mâle va voter afin de décider si oui ou non les femmes peuvent voter et être élues. Dans le petit village la question semble déjà résolue. Aucune des femmes y habitant n'a jamais souhaité voter. Du moins, c'est ce que tout le monde croit.

Nombreuses sont les personnes qui connaissent les mouvements militants des années 70 dans les grandes villes. Petra Volpe aurait pu décider de s'intéresser, elle aussi, à la ville. C'est une période passionnante avec beaucoup de nouveautés. Cependant, Petra Volpe choisit de parler de la Suisse et d'un petit village alémanique. Ainsi, la réalisatrice doit à la fois parler de la lutte pour les droits civils et de la révolution sexuelle. De plus, elle doit décrire un milieu très particulier. Un milieu qui n'est pas fermé mais traditionnel, basé sur le respect de l'autorité et de l'ordre dans un cadre très restreint. Personnellement, je pense que c'est une très bonne idée. Utiliser le cadre d'un petit village permet de montrer les difficultés des luttes pour les droits des femmes. Malheureusement, cela implique aussi d'oublier une grande partie de la diversité des luttes des années 70 étant donné le contexte dans lequel s'inscrit le film, un village dans lequel le contrôle social est très fort. Seul le racisme contre les italiens nous est montré et de manière très furtive.

Le film met très bien en scène la pression sociale. Les hommes, dans le cadre de leur travail, sont encouragés par leur patronne à donner de l'argent afin de soutenir la propagande contre le droit de vote. Ne pas offrir de l'argent c'est risquer sa place aussi bien dans l'entreprise que face à ses collègues qui, rapidement, nient la masculinité des hommes dont les femmes militent. Cette pression sociale est tout aussi forte dans les clubs de "mères." Lors d'une scène on observe toutes les femmes donner de l'argent contre le droit de vote, publiquement, alors même qu'une majorité est en faveurs. Il est nécessaire de ne pas se singulariser. Cette pression sociale illustre la nécessité de groupement de personnes concernées qui peuvent discuter des problèmes rencontrés sans interférences. Le moment durant lequel les femmes du village décident de faire grève est un moment très fort de sororité et d'aide mutuelle sur des sujets divers. Ce moment du film a des répercussions bien après la fin de l'intrigue par une entraide mutuelle. La pression sociale est aussi illustrée par le sort de l'adolescente de la famille qui, après avoir fui avec son copain, est envoyé en prison par décision du "chef de famille."

Cet envoi en prison illustre l'importance du privé comme lieu politique. En effet, la décision est prise par un seul homme sans écouter sa partenaire pour punir le comportement d'une femme. Dans le cadre civique, seul les hommes ont de l'importance et les femmes n'ont rien. Cet aspect est illustré par plusieurs femmes qui ont des rêves différents. Nora souhaite travailler mais elle ne peut pas accepter de poste sans l'accord de son mari. Graziella ouvre un restaurant mais doit travailler seule. Vroni a travaillé toute sa vie dans ce même restaurant qui appartenait à son mari. Mais ce dernier était alcoolique et il a placé sa famille dans les dettes avant de mourir. Vroni n'ayant aucun contrôle sur les finances se retrouve à l'aide sociale malgré son dur travail durant des années. La fille de Vroni a été obligée d'abandonner ses études de droit pour ne pas froisser son docteur de mari. Mis à part ces rêves individuels toutes les femmes du village fonctionne de la même manière. Toute la journée elle nettoient, lavent, cousent et cuisinent devant des hommes qui ne lèvent pas le petit doigt (le Grand-Père soulève à peine les pieds pour laisser passer l'aspirateur). Il n'y a strictement aucun partage des tâches et il faut une grève des femmes pour que les hommes se rendent enfin compte du travail à accomplir dans une maison. Hans, le mari de Nora, est particulièrement mis en avant ainsi que ses fils et le grand-père que Nora force à changer (comme elle le dit, si tu es capable de construire une maquette de train électrique tu es capable de faire la vaisselle). Le privé est montré comme lieu politique car son fonctionnement impacte les possibilités, pour les femmes, d'agir, de travailler, de se rencontrer.

Que l'on soit clair, les hommes de ce film sont tous problématiques, mais certains le sont plus que d'autres. Le Grand-Père est l'image du vieux patriarche qui critique tout le monde et refuse le changement. Les hommes du village font tout ce qui est possible pour empêcher les femmes de parler en s'exprimant à leur place. Que ce soit lors de la soirée d'information ou lors de la grève des femmes des hommes décident d'empêcher des femmes de parler, souvent de manière violente. Les fils de Nora sont l'exemple de la continuation du patriarcat. D'une part ils refusent de changer face aux exigences de leur mère, d'autre part ils sont soumis à la pression de leurs camarades qui se moquent d'eux et de leur mère. Le beau-frère de Nora est violent et refuse les critiques. Hans, le mari de Nora, est différent. Il est montré comme compréhensif. À plusieurs reprises il essaie de comprendre ce que souhaite Nora et de s'adapter. Il n'hésite pas à enfiler un tablier et à apprendre à cuisiner pour le bien de sa famille. Mais, d'un autre côté, lorsque Nora refuse ses arguments il revient immédiatement à sa position juridique de chef de famille et menace Nora. Sa position est ambivalente et montre la facilité, pour les hommes dont moi, à revenir à une position dominante sans même y penser.

En conclusion, j'ai beaucoup apprécié ce film que je trouve très riche. Il est à la fois drôle et triste. Il dose bien les émotions et réussit à dépeindre une période et une situation sociale. Les nombreux personnages ne sont pas tous et toutes mis en avant. Mais les personnages mis en avant me semblent intéressants et assez bien écrit. Outre un changement juridique la réalisatrice met en scène des changements de costumes, de lumière, qui accompagnent les réflexions et les réussites ou échecs. Bien que la fin me semble trop triomphante, et même classique, la scène du vote est très bien mise en scène. Les hommes se trouvent face aux femmes, jugés et mis en garde, alors qu'ils décident pour elles. J'espère sincèrement que le film aura du succès et, si possible, s'exportera.

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**** Drôle, triste, triomphant... Un film qui n'est pas parfait mais qui réussit à accomplir ce que souhaitait la réalisatrice.
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Image : Cineman.ch

Site officiel

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10:11 Écrit par Hassan dans Film, Histoire, Suisse | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : die götliche ordnung, l'ordre divin | | | |  Facebook

05/06/2017

Unseen academicals (Discworld 37, Rincewind 8) par Terry Pratchett

Titre : Unseen academicals (Discworld 37, Rincewind 8)
Auteur : Terry Pratchett
Éditeur : Corgi 13 février 2014
Pages : 544

Les magiciens de l'Université Invisible vivent particulièrement bien. Ils ont plus de 6 repas par jours, ne donnent jamais cours et possèdent un nombre important d'étudiants pour tenter quelques petites expériences. Après tout, le but principal de l'Université est d'empêcher les magiciens de faire quelque chose. Mais l'Université doit changer. En effet, non seulement certains magiciens sont partis vers d'autres universités concurrentes qui viennent de se construire mais, en plus, l'un des magiciens vient d'être nommé à un poste dont le titulaire était mort depuis longtemps. C'est ainsi qu'une découverte importante est faites : si l'Université Invisible veut garder une importante rente elle doit concourir dans un jeu de football. Mais le jeu est un simple sport de brutes sans règles ni arbitres. Comment les magiciens pourraient-ils accepter de se lancer dans la plèbe et perdre leur statut. Donc, lorsque Vetinari demande de réviser les règles du jeu les magiciens acceptent immédiatement. Après tout, le plateau de fromage est en jeu si l'Université perd sa rente !

Je n'ai pas aimé ce tome. Malheureusement, celui-ci est écrit alors que Terry Pratchett est diagnostiqué depuis deux ans comme victime d’Alzheimer. Ce qui n'apparaissait pas encore beaucoup dans le livre précèdent est ici beaucoup plus important. L'écriture semble avoir été plus difficile, les dialogues moins bons et les personnages semblent être moins proche de leur identité de base. Je dois avouer que l'intrigue principale n'a pas aidé, le football n'est vraiment pas une passion pour moi. En fait, il y a plusieurs intrigues : l'une concerne Jewell, la seconde Nutt et la troisième est celle qui est censé être au cœur du livre. Mais il y a trop de directions différentes et les intrigues ne sont pas assez bien mises en scènes pour créer un tout qui fonctionne. On se perd dans les différentes intrigues et personnages alors que, personnellement, je n'ai pas compris toutes les références à un sport qui ne m'intéresse pas. Dans ce livre, Pratchett échoue à accomplir sa marque de fabrique : poser des questions importantes tout en se moquant gentiment de notre monde.

Heureusement, le livre est presque sauvé par un seul personnage : Nutt. Ce dernier reste une énigme pendant une grande partie du livre bien que l'on se doute qu'il y a une histoire tragique derrière lui. Celle-ci est révélée petit à petit sans que cela ne semble forcé. Son inscription dans l'histoire du Disque-Monde est assez réussie et donne un peu plus de profondeur tandis que son environnement permet de mieux connaitre les classes inférieures d'Ankh-Morpork, assez peu décrites auparavant. Ce n'est pas un livre de la garde donc les questions sociales existent mais ne sont pas au centre du questionnement. Celui-ci pose plutôt la question de l'inné et de l'acquis. En effet, Nutt (spoiler alert) est censé être une machine à tuer, une légende noire venue d'un âge ancien. Cependant, ce personnage a été éduqué puis s'est éduqué lui-même jusqu'à devenir un véritable génie capable de prouesses et de construire une philosophie individuelle de son existence. Nutt nous permet de nous demander si ce qui est le plus importante est la provenance, l'inné, ou la manière dont on se construit à l'aide d'autres personnes et de soi-même.

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*** Un tome 37 qui échoue après une série de très bons tomes. On sent, à la lecture, que Pratchett n'écrit plus aussi bien mais il y a du génie derrière une écriture moins maitrisée.
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Image : Site officiel

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03/06/2017

Teen Titans: The Judas contract

Les Teen Titans sont une famille. Des enfants et des jeunes qui ont tout perdu ou qui ont besoin d'un lieu dans lequel vivre en sécurité. Dernièrement, l'équipe a accepté l'entrée de Terra. Une jeune femme capable de manipuler la terre et la roche. L'équipe est toujours aussi compétente et s'intéresse grandement à une église dont les activités semblent plus proche du terrorisme que de la religion, HIVE. Dans cette guerre plusieurs bases de HIVE sont détruites. Il n'en faut pas beaucoup plus pour persuader son dirigeant, brother Blood, d'engager Slade Wilson. Mais le but n'est pas simplement de s'attaquer aux Titans. Slade et Blood ont un plan bien plus élaboré qui pourrait détruire les Titans.

Ce nouvel animé prend part dans la continuité actuelle des films d'animation DC. On retrouve donc plusieurs personnages déjà connu et leurs relations ne sont pas une surprise. Damian est toujours aussi drôle et j'aime ses répliques face à Dick Grayson. On en sait un peu plus sur Beast Boy et Beetle mais encore trop peu pour vraiment s'y intéresser. Par contre, la relation entre Starfire et Dick Grayson est précisée. Là aussi, on retrouve plusieurs dialogues assez drôles et je commence à douter de la "naïveté" de Starfire. Les scènes d'actions sont réussies. Le film ne perd pas de temps et on entre rapidement dans les combats et l'intrigue.

Malheureusement, il est dommage que le film mette en scène une relation très toxique entre Terra et Slade Wilson voir avec Beast Boy. Ce dernier, dans une scène, enserre Terra et tente de la forcer à donner un baiser, ce qui est clairement un abus lié à l'usage de la force physique. C'est très problématique et il aurait été de bon ton de mettre en question ce comportement encore trop souvent accepté de nos jours. Mais le pire est Slade Wilson. Lors d'une scène on nous montre Terra en nuisette et maquillée qui drague ouvertement Slade. Le problème n'est pas Terra mais Slade. Selon le film, il existe une relation sexuelle entre les deux personnages (même si celle-ci n'est jamais montrée). Mais Terra est une jeune adolescente, orpheline, tandis que Slade est un adulte qui contrôle la vie de Terra depuis qu'il l'a recueillie. Il est très problématique de considérer comme normale une relation entre un adulte, qui fait figure de parent, et une jeune femme encore adolescente. Jamais le film ne remet en question cette relation. Au contraire, les scénaristes insistent à plusieurs reprises sur son existence. Je ne sais pas si les scénaristes n'ont pas compris ce qu'ils ont écrit ou non mais j'ai peu apprécié ces scènes qui, je pense, n'auraient pas dû exister.

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** Bien que le film ne soit pas mauvais et même plaisant il est amoindri par une scène d'abus et la mise en place d'une relation toxique entre deux personnages, sans aucune remise en cause.
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Image : Site officiel

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02/06/2017

Nightwing vol. 1: Better than Batman par Tim Seeles, Javier Fernández et Chris Sotomayor

Titre : Nightwing vol. 1: Better than Batman
Auteurs : Tim Seeles, Javier Fernández et Chris Sotomayor
Éditeur : DC 25 janvier 2017
Pages : 168

Ce volume 1 contient nightwing rebirth 1, Nigtwing 1-4 et Nightwing 7-8. L'intrigue se déroule après Grayson donc attention aux spoilers.  Nightwing est mort, son identité révélée au monde entier. Il est donc devenu, sur la demande de Batman, un agent de Spyral chargé d'étudier cette agence d'espionnage et de la faire tomber. En tant qu'espion il était connu sous le nom de Grayson ou encore d'Agent 37. Mais les choses changent. Et, après le succède de sa mission, Dick Grayson décide de reprendre son identité secrète, malgré les difficultés que cela implique. Mais Dick Grayson n'est pas tiré d'affaire. En effet, le parlement des Hiboux, une émanation internationale de la cour des Hiboux de Gotham, piège Grayson et le force à travailler pour elleux. Son identité est maintenant aux mains d'une élite riche et meurtrière. Mais Grayson a un plan.

J'ai bien aimé Grayson, dont je n'ai toujours pas la fin, et je fais plutôt confiance au scénariste Tim Seeles. Après avoir regardé les sorties sous le label Rebirth j'ai souhaité lui faire confiance et me lancer dans sa série Nightwing qui reprend exactement après Grayson. Le thème principal de ce volume est l'identité. En effet, depuis un grand nombre de numéros Nightwing, alias Dick Grayson, ne possède plus son identité. Celle-ci lui a été volée puis il l'a abandonnée au profit d'un travail dans les ombres en tant qu'espion. Dick Grayson n'est plus vraiment lui-même. Ce retour au costume classique ainsi qu'à son identité de héros lui permet de tenter de retrouver ce qui fait ce qu'il est. Cependant, là aussi, son identité est utilisée et corrompue par un groupement. De ce point de vue, il est intéressant que le partenaire de Grayson, Raptor, soit si intéressé par l'importance des noms et des marques au point d'en faire une sorte de philosophie.

Mais ce tome parle aussi de la division entre criminel et héros. Un héros est censé faire respecter la loi et protéger les innocents. Cependant, n'est-il pas parfois nécessaire de violer la loi dans le but de faire justice ? La question est au centre de ce volume qui place Grayson face à un groupement élitiste puissant et sans remords. Doit-il agir immédiatement ou prendre le temps de mieux connaitre son ennemi afin de le faire tomber définitivement au prix de la souffrance de personnes innocentes. Face à ce problème de conscience Batman incarne le respect de la loi, malgré son statut de héros qui fonctionne en dehors du système, tandis que son partenaire Raptor incarne la nécessité de violer la loi pour aider les plus faibles. Il est dommage que cette dichotomie ne soit pas mieux mise en scène et plus réfléchie. L'écriture me semble un peu faible en ce qui concerne ce thème. Cependant, ce premier volume sous le label Rebirth me semble réussit. J'ai apprécié suivre Nightwing et je vais probablement apprécier la suite.

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**** Un premier volume dans la lignée de la série Grayson, bien écrit et drôle.
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Image : Éditeur

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28/05/2017

Mockingbird 2. My feminist agenda par Chelsea Cain, Kate Niemczyk, Sean Parsons et Rachelle Rosenberg

Titre : Mockingbird 2. My feminist agenda
Auteur-e-s : Chelsea Cain, Kate Niemczyk, Sean Parsons et Rachelle Rosenberg
Éditeur : Marvel 2 mai 2017
Pages : 120

Ce second tome contient Mockingbird 6-8 et New Avengers (2010) 13-14. Bobbi Morse a besoin de vacances. Après avoir vaincu une armée des morts dans un hôpital secret du SHIELD elle aimerait pouvoir se reposer. Mais Civil War II la rattrape et elle est invitée à participer à une croisière dans les caraïbes. Malheureusement, c'est une croisière durant laquelle a lieu une convention à la gloire de son ex-mari : Clint Barton. Mais elle doit s'y rendre car quelqu'un lui explique posséder une preuve de l'innocence de Clint dans le meurtre dont il est accusé. Alors s'il faut enquêter autant apprécier le moment même si le bateau semble rempli par le passé de Bobbi Morse.

Le second, et dernier, tome de Mockingbird ne contient que 3 épisodes. Les autres sont un retour sur la mort et la résurrection du personnage. Bien qu'ils ne soient pas indispensables ils donnent un peu d'épaisseur au tome et permettent aux personnes qui ne connaissaient pas l'histoire de connaitre le contexte de la résurrection de Bobbi Morse. Malheureusement, ils s'inscrivent aussi dans un contexte plus large de la série New Avengers 2010 et de l'événement Fear Itself, deux histoires que je ne connais pas.

L'intrigue de ce tome es directe au contraire du premier tome qui expliquait le numéro 1 par la suite pour tout remettre en place lors du numéro 5. L'histoire est efficace et directe. Il y a quelqu'un avec des preuves qui peuvent innocenter Clint Barton. Cet homme est assassiné. Il faut enquêter. Il n'y a rien de bien compliqué mais c'est efficace. J'ai aimé suivre les réflexions de Bobbi et on sent que la scénariste est une habituée du thriller. Elle réussit parfaitement à s'adapter au genre des comics et ajoute des références au passé ainsi que des schémas à la fois drôle et adaptés au déroulement de l'intrigue. Tout comme le premier tome, beaucoup de choses ses déroulent dans les détails qu'il faut tenter de trouver et de lire. Encore une fois, il est dommage que cette série soit annulée. Elle était bien partie pour être très bonne si l'on en croit les 8 épisodes que nous possédons.

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***** Un second tome tout autant réussi que le premier avec une intrigue efficace qui réussit à conclure la série en beauté.

Image : Éditeur

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Mockingbird 1. I can explain par Chelsea Cain, Kate Niemczyk, Ibrahim Moustafa, Joëlle Jones et Rachelle Rosenberg

Titre : Mockingbird 1. I can explain
Auteur-e-s : Chelsea Cain, Kate Niemczyk, Ibrahim Moustafa, Joëlle Jones et Rachelle Rosenberga
Éditeur : Marvel 1 novembre 2016
Pages : 136

Ce tome contient Mockingbird 1-5 et mockingbird. SHIELD 50th anniversary 1. Bobbi Morse est beaucoup de chose. Elle est une super-héroïne, une agente du SHIELD et une biochimiste. Bobbi Morse est l'une des personnes les plus intelligentes de la planète et il n'y a rien qu'elle apprécie plus que de se verser un ver de chardonnay après une dure journée au SHIELD. Bon, elle aime aussi garder ses ex à proximité en cas de besoins. Mais Bobbi Morse est aussi la personne dont le corps est rempli à la fois du sérum du super-soldat, ayant créé Captain America, et l'Infinity Formula, permettant à Nick Furry de ne pas vieillir trop vite. Ces deux cocktails n'ont jamais été utilisé ensemble et personne ne sait ce qui pourrait advenir. Donc, le SHIELD décide de forcer Bobbi Morse à suivre des check-up réguliers et jamais annoncé une fois par semaines. Cependant, la base médicale du SHIELD cache beaucoup de secrets dont un lié à Bobbi Morse.

Mockinbird fut annulé après 8 numéros alors que la scénariste, Chelsea Cain, était la cible d'un harcèlement dû à une couverture ouvertement féministe. Pourtant, la série était très bien notée et, malheureusement, Chelsea Caine a décidé de quitter l'industrie des comics. Acheter les deux tomes de Mockingbird est donc un moyen de soutenir une série qui s'est arrêtée trop tôt et qui possède un ton très particulier. En effet, on suite une super-héroïne plus intelligente que tout le monde, qui aime le sexe et très compétente. De plus, elle revendique son droit à être sur le devant de la scène.

Mockinbird est un comics féministe. Que ce soit le personnage, les situations, les détails ou l'intrigue tout nous le dit. L'intrigue place Bobbi Morse face à une organisation qui souhaite contrôler son corps pour des motifs médicaux. Bien que l'idée de départ soit bienveillante on observe Bobbi Morse perdre le contrôle des informations qu'elle doit donner et de son propre corps qui devient un objet d'expérimentation scientifique désincarné. Outre cette intrigue principale, les autrices placent la personne dans différents contextes à la fois drôle et bien écrit. Que ce soit dans un donjon SM, au milieu d'une catastrophe écologique ou encore face à une jeune préadolescente de 12 ans qui développe des pouvoirs. Je ne saurais dire qu'elle est le meilleur épisode ni la meilleure planche. Toutes sont à observer à la fois dans la totalité et le détail puisqu'on y trouve souvent des références féministes discrètes. L'annulation de cette série est un véritable gâchis et je me réjouis de continuer avec le second et, malheureusement, dernier tome.

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***** Drôle, militant, bien écrit et qui ne s'excuse pas. Une réussite !

Image : Éditeur

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27/05/2017

Pirates of the Caribbeans: Dead men tell no tales / Pirates des Caraïbes: La vengeance de Salazar

Un jeune enfant fuit sa chambre emplie de posters de pirates recherchés. Il part en mer avec une petite barque et plonge dans l'eau pour rejoindre le Hollandais Volant. Ce jeune garçon est Henry Turner et il veut retrouver son père. Mais la malédiction de ce dernier est bien trop forte pour lui permettre de revenir à terre. 9 ans plus tard, Henri est marin dans la flotte britannique. Il connait toutes les légendes des mers. Il est aussi le seul survivant de son navire après une poursuite dans un lieu maudit dans lequel se trouve le navire fantôme d'Armando Salazar. Ce dernier lui donne un message : Jack Sparrow va mourir. Mais Jack n'est déjà plus que l'ombre de lui-même. Une quête afin de trouver un objet capable de briser toutes les malédictions de la mer sera-t-elle suffisante pour restaurer Jack à son rang de Capitaine ?

Pirate des Caraïbes est la franchise qui devient de pire en pire au fur et à mesure. Le premier était drôle et sympathique. Le second trop lié au troisième qui était très décevant tandis que le quatrième... on ne parle pas du quatrième ! Je me suis donc demandé s'il était possible de renouveler la série et surtout si Johhny Depp peut jouer à nouveau. Alors, je vais immédiatement le dire, je trouve intéressant de créer un lien entre les films avec l'arrivée de Henry Turner. Je me suis souvent demandé ce qu'il était advenu de cette famille et pour quelle raison on ne savait rien. En faire un érudit en ce qui concerne les pirates et les malédictions est une très bonne idée. Après tout, il a grandi avec l'histoire de sa mère et de son père combattant sur les mers des créatures de légende.

Les effets spéciaux sont assez réussis et j'aime bien le style des fantômes. Plutôt que de créer un navire fonctionnel il est logique que les navires fantômes soient brisés tandis que les fantômes sont les restes de ce qui était organique. Il est tout aussi logique que les fantômes marchent sur l'eau. Parfois, ces effets sont un peu étranges et on se demande quels sont les règles de cette malédiction. Pourquoi le navire peut-il se soulever ainsi ? Pourquoi les animaux morts reviennent-ils aussi en fantômes alors qu'il semble que ce soit la colère qui crée la malédiction. Et surtout, pourquoi cette fin ? De plus, l'intrigue est déjà mise en scène dans le premier film. On retrouve un équipage maudit qui a besoin du compas de Jack pour retrouver son humanité tandis que tout le monde se rend sur une île introuvable sur les cartes normales. Il y a un manque d'imagination important.

Si l'on s'intéresse aux personnages les choses ne s'améliorent pas. Johhny Depp est fatigué et son Jack Sparrow n'a pas la flamboyance qu'il possédait avant. Bien entendu, cela est lié à l'intrigue mais on reste sur notre faim face à un alcoolique fade et sans intérêt. Henry lui-même, aurait mérité plus de construction puisque sa seule identité est la recherche de son père. Salazar n'est qu'un simple boucher qui se croit en mission. Pourquoi ne pas mieux caractériser sa haine des pirates ? Les anglais sont, comme d'habitudes, des êtres horribles qui veulent contrôler les mers à tout prix ce qui était déjà le cas dans les films précédents. Je noterais simplement l'apparition de Bruce Spence (connu pour avoir joué dans Mad Max II mais aussi pour son rôle de Zeddicus Zu’l Zorander dans Legend of the seeker dans lequel il est très drôle) qui aurait pu sauver le film à lui tout seul si on lui avait donné la possibilité (oui, j'aime beaucoup cet acteur). Cette nouvelle déclinaison, encore une fois, ne donne pas de place aux femmes. Il n'y en a qu'une seule qui parle et trois de nommées. Carina Smyth aurait pu être intéressante. C'est une scientifique accusée de sorcellerie. Il aurait été possible de parler de sexisme et de patriarcat à l'aide de son personnage mais la réalisation a préféré rire du gouffre entre elle et les hommes sans jamais réellement questionner le sexisme. De plus, malgré qu'elle se soit construite seule elle est entièrement définie par son père dont elle pense continuer le travail et qu'elle recherche. Tout ce qu'elle accomplit est en l'honneur de son père et non pour elle-même. Jusqu'à la fin lors de laquelle elle décide même d'oublier son identité pour reprendre celle de son père. Bref, ce personnage est une opportunité manquée de donner un peu de profondeur critique au film d'autant qu'elle est l'unique personnage féminin majeur du film face 4 hommes. En conclusion, un film qui n'est pas raté mais clairement médiocre avec des opportunités manquées et un Johhny Depp qu'il vaudrait mieux oublier définitivement.

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** Médiocre
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Image : Site officiel

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21/05/2017

Young justice Invasion / La ligue des justiciers nouvelle génération saison 2

Il y a longtemps, j'avais pu me procurer la première saison de cette série annulée en 2013. Alors qu'une troisième saison est annoncée pour 2018 j'ai enfin pu regarder la seconde saison. Young Justice s'intéresse aux sidekicks des héro-ïne-s que nous connaissons. La première saison utilisait un petit groupe qui enquête sur les agissements d'une organisation mystérieuse. La série nous laissait avec de nombreuses questions à la fin du dernier épisode de la saison. Cette seconde saison débute avec une ellipse temporelle. 5 ans se sont déroulés et beaucoup de choses ont changé. Des couples se sont brisés et d'autres se sont formés tandis que des identités ont changé. Le plus important est la retraite d'Artemis et de Kid Flash qui préfèrent vivre ensemble en harmonie. Plus important encore, Aqualad a trahi le groupe et accepte d'être le bras droit de son père : Black Manta. Les activités de la Justice League sont fortement mises en question alors que ses membres les plus célèbres sont emprisonnés sur une planète éloignée et qu'une race alien décide de contacter la Terre. Immédiatement, la Justice League enquête et se demande si cette arrivée n'a pas un lien avec les évènements d'il y a 5 ans.

Ce qui rend la première saison sympathique est l'impression de famille dégagée par le groupe. Il y a un petit nombre de personnages dont une moitié se connait depuis des années. Les relations sont complexes et changent durant le déroulement de l'intrigue. Ainsi, on connait très bien l'histoire de chacun-e-s. Dans cette seconde saison, le groupe est beaucoup plus vaste. Il y a de nombreuses équipes formées de nombreux nouveaux personnages dont on ne connait pas immédiatement l'histoire. Fatalement, certains personnages sont laissés de côté tandis que d'autres sont un peu plus construit. Mais, pour pallier à cela, la réalisation place l'intrigue 5 ans plus tard. On essaie dont tout autant de comprendre ce qui est arrivé aux héro-ïne-s que l'on connaissait et qui ont changé. Pour moi, le changement le plus important est celui de Miss Martian qui passe d’une jeune adolescente un peu naïve a une jeune femme sûre d'elle-même et extrêmement puissante.

Ce qui fait le charme de la première saison est aussi l'intrigue. On suit une enquête sur le long terme dont on ne connait pas immédiatement les tenants et aboutissements. Lors de cette seconde saison, on sait qui sont les coupables mais on ne connait toujours pas leur but. C'est donc une bonne idée de la part des scénaristes de construire sur la première saison pour expliquer la seconde. On apprend que la Terre est maintenant au centre de l'attention de l'univers ce qui attire plusieurs races aliens dont les buts ne sont pas pacifiques. Bien que l'intrigue soit parfois un peu précipitées, j'ai apprécié son déroulement. On éloigne la Justice League, on crée un contact désastreux avec une race pour, ensuite, introduire une autre qui, elle, prend contact pacifiquement en suivant les canaux diplomatiques. Mieux encore, l'intrigue joue sur les secrets de la Justice League, tout comme elle jouait sur les secrets lors de la première saison, pour expliciter la perte de confiance du public envers ses héro-ïne-s. À mon avis, la seconde saison est un peu plus faible que la première mais reste une réussite et je me réjouis de découvrir la troisième.

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**** Une seconde saison dans la continuité de la première et qui ose créer de nombreux changements parfois risqués.
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Image : Allociné

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20/05/2017

Ms. Marvel 5. Guerre civile par Gwendolyn Willow Wilson, Takeshi Miyazawa et Adrian Alphona

Titre : Ms. Marvel 5. Guerre civile
Auteur-e-s : Gwendolyn Willow Wilson, Takeshi Miyazawa et Adrian Alphona
Éditeur : Panini 5 avril 2017
Pages : 136

Ce tome 5 contient Ms. Marvel (2016) 7-12. Lors du tome précédent on observait une forme de tension entre les deux mentors de Kamala Khan. Aussi bien Iron Man que Captain Marvel semblent ne pas apprécier d'être l'un en face de l'autre. Mais ce n'est que dans ce tome que la rupture est consommée après l'apparition d'un Inhumain capable de calculer l'avenir et, donc, d'éviter les crimes et catastrophes futurs. Et Kamala se trouve en plein milieux. Elle ne se bat pas sur le front mais elle est chargée, par Captain Marvel, de gérer la justice prédictive au New Jersey. Kamala croit en Captain Marvel et ne pose aucune question. Mais ses ami-e-s et sa famille n'apprécient pas ce qui est en train de se dérouler sous leurs yeux. Lorsque la poussière retombera il se pourrait que Kamala Khan ait perdu plus qu'elle ne le pense.

Je n'ai pas lu Civil War II et les retours ne sont pas très bons. Avec l'apparition d'Ulysse Marvel a créé deux camps. L'un des camps pense que les prédictions peuvent permettre d'arrêter les personnes avant le crime et, donc, sauver des vies. Le second considère qu'une personne qui n'a pas commis de crime ne devrait pas se trouver en prison. Derrière cette idée on comprend aisément que l'on parle de justice prédictive. Pourquoi ne pas utiliser toutes les ressources à disposition pour éviter des problèmes ? Ce que ce tome montre bien c'est que la justice prédictive ne fonctionne pas. En effet, elle se base sur des interprétations humaines qui peuvent suivre des préjugés. Pire encore, la prison n'est pas forcément une réponse à tout. Dans certains cas, et le tome le montre, il suffit d'être attentif et de communiquer. Ce tome montre Kamala Khan naviguer de l'un à l'autre camp sans réellement savoir que faire ni quelle est la bonne solution.

Les auteur-e-s ont la bonne idée de créer de véritables conséquences pour Kamala Khan. Au lieu de s'attaquer à des inconnus son groupe de justice prédictive impacte directement la vie de Kamala Khan. Ce ne sont pas des vilain-e-s qui sont inquiétés mais de simples citoyen-ne-s emprisonné-e-s illégalement. Il n'est donc pas étonnant que Kamala Khan se retrouve isolée, sans ami-e-s et que sa famille se pose des questions. Au final, Kamala Khan perd tout simplement son identité et cela permet aux auteur-e-s d'écrire un dernier numéro qui permet un retour aux sources.

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***** Sans juge de l'évènement, ce tome 5 de Ms Marvel est réussi et fonctionne bien.

Image : Éditeur

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