23/02/2018

The shape of water / La forme de l'eau

TW : Meurtres, tortures, sexe (nudité)

Elisa vit dans un appartement au-dessus d'un cinéma. Elle a un voisin artiste qui dessine des publicités pour une firme. Tous les jours, elle suit la même suite d'actions. Elle se réveille, se prépare un bain, cuit des œufs, prépare le déjeuner de son voisin, observe les nouvelles chaussures et part au travail dans une ligne de bus. Elisa est une concierge. Elle est chargée de nettoyer une base militaire américaine travaillant sur la conquête de l'espace. Elle peut entrer partout et elle voit et entendu tout sans que personne ne lui parle, d'autant qu'elle est muette. Lorsqu'une nouvelle expérience arrive dans la base, suivi par un nouveau chef de la sécurité, elle comprendre vite que cette expérience est un être vivant, capable de dialogue.

SPOILERS

Ce film entre dans le cadre des films d'espionnages. On nous place aux États-Unis dans une base secrète. Celle-ci est le théâtre d'un espionnage par les soviétiques. Le but est d'éviter que l'un des camps ne puisse développer une technologie supérieure capable de changer le cours de la guerre froide. Il y a donc une certaine familiarité des thèmes, de la musique et des personnages. Le scientifique espion russe, le général décoré qui ne mâche pas ses mots et l'espion États-uniens, joué par Michael Shannon, qui est comme un fils pour ce dernier tout en étant un vrai homme. Ce n'est pas un hasard si les personnages suivent ce que j'identifie comme un schéma connu. Ainsi, les soviétiques se rencontrent au milieu de nulle part, échangent des mots codes et parlent ouvertement dans l'arrière salle d'un restaurant. L'espion États-uniens vit dans un pavillon de banlieue, possède une superbe voiture américaine, il est courtois, viril (avec un outil de torture à sa mesure), parfaitement entrainé et parle toujours de ce qui fait un vrai mâle. Il est nécessaire de garder cela en tête.

Car, au milieu de tout cela, apparaissent des noirs - Octavia Spencer déjà rencontrée dans de nombreux films y joue la collègue d'Elisa - dont des protestataires, une femme latino muette, jouée par Sally Hawkins, un vieil homosexuel artiste et un monstre marin. Ce dernier pourrait faire tâche dans un film qui pourrait rester très terre à terre. Mais il est nécessaire. Il permet d'identifier un monstre extérieur pour mieux parler de la véritable monstruosité. Elisa et son voisin, Giles, sont des personnes marginales. Elles sont toutes les deux victimes de solitudes. Elisa est une femme racisée et muette. Giles est un vieil homme homosexuel, au chômage, qui se rend toujours à la même tapisserie, aux tartes immondes, afin de pouvoir parler au beau jeune homme qui tient le comptoir. Dès qu'il est identifié il est expulsé. En parallèle, on observe le racisme de l'époque et les luttes pour les droits civiques, même si Giles annonce rapidement, dans une ligne révélatrice, qu'il ne veut pas voir cela. Ce qui ne l'empêche pas de pointer du doigt le racisme de certaines personnes au lieu de se taire. Les femmes, racisées, sont fortement mises en avant et surtout leur vie de subalternes. Comme le personnage d'Octavia Spencer le dit, elle doit faire le ménage au travail mais aussi chez elle car son mari ne fait rien pour l'aider.

Face à cette galerie de personnages d'autres incarnent une forme de "normalité" auto-proclamée. Il faut mentionner le vendeur de tarte et le général mais la véritable incarnation de cette "normalité" est Richard Strickland joué par Michael Shannon. Comme mentionnée auparavant, il a une famille, une voiture, un pavillon en banlieue et un bon travail bien viril. Strickland, sous couvert de "normalité", incarne l’entièreté de la masculinité toxique et du racisme occidental. Très rapidement, ce personnage est montré comme ce qu'il est : une personne raciste. Les dialogues durant lesquels ce point de vue apparait sont nombreux. Ils sont écrits de manière à démontrer que le racisme ce n'est pas simplement de la violence mais aussi et surtout une manière de penser intégrée qui apparait au détour d'une phrase. Cet homme est aussi l'incarnation de la masculinité toxique. Lors d'une scène précise durant laquelle il convoque Elisa il tente presque de la violer, n'étant arrêté que par les vitres du bureau et la fuite d'Elisa. Cette scène est une illustration de la vulnérabilité des femmes travaillent dans des positions subordonnées face à un patron qui harcèle voir viole. Mais cette masculinité n'est qu'une façade qui dépend d'un travail important pour effacer ses émotions et suivre une norme impossible. Durant le film, la virilité de Strickland se fissure et disparait alors que les personnages marginaux gagnent en pouvoir et capacités d'actions, Elisa se permettant même d'insulter Strickland tout en le regardant dans les yeux. Alors que tout le film tente de faire de Strickland et de sa famille l'incarnation de la modernité, j'ai l'impression que le film nous montre que ce modèle est non seulement toxique mais aussi en voie de disparition.

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***** Guillermo del Toro prouve, encore une fois, à quel point il maitrise la photographie de ses films mais aussi l'entrée du fantastique dans la réalité. Un film beau, bien écrit et superbement joué par des actrices et acteurs à la perfection.

Image : Allociné

Site officiel

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09:16 Écrit par Hassan dans Fantasy, Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : the shape of water, la forme de l'eau | | | |  Facebook

52.2 par Geoff Johns, Grant Morisson, Greg Rucka, Mark Waid et Keith Giffen

Titre : 52. 2
Auteurs : Geoff Johns, Grant Morisson, Greg Rucka, Mark Waid et Keith Giffen
Éditeur : Urban comics 23 février 2018
Pages : 320
TW : Tortures, harcèlement sexuel

Ce tome 2 contient52 14-26 et 41. Batman, Superman et Wonder Woman se sont absenté-e-s. La Ligue de Justice n'existe plus. Lex Luthor est lavé de tout reproches. Les héro-ïne-s les moins connu-e-s prennent donc la première place afin de protéger le monde. Mais illes doivent faire face à de nombreux problèmes. Premièrement, Lex Luthor met en place sa propre équipe avec des pouvoirs qu'il conçoit lui-même. Cependant, n'est-il pas étrange que Luthor agisse ainsi ? De plus, Black Adam parcoure le monde afin de créer un traité qui permette d'interdire les activités héroïques dans certains pays. Ce traité relie d'anciens ennemies contre les héro-ïne-s des États-Unis et pourrait bien changer l'équilibre du monde. Mais que faire lorsque la menace se cache dans de nombreux pays?

SPOILERS

J'apprécie l'idée de base de cette série. On laisse passer un an sans Ligue de Justice ni les plus héro-ïne-s les plus connu-e-s. Tout se passe à l'aide de personnages peu connus, souvent en retrait. Cela permet de redonner un intérêt à certains personnages, mais d'autres pourraient très bien disparaitre sans poser aucuns problèmes. Il y a donc beaucoup de personnages dont les relations ne sont pas toujours faciles à retrouver. On peut passer plusieurs pages sur un problème pour ensuite repartir à l'autre bout du monde avec un nouveau problème. Cela rend difficile de se souvenir de tout ce qui se déroule et de la raison de l'événement.

En fait, tout ceci pose une question : existe-t-il un plan d’ensemble ? J'ai parfois l'impression que les nombreux scénaristes ne savent pas vraiment dans quelle direction ils se rendent ni pourquoi ils écrivent une histoire précise. On a une histoire de complot, une histoire policière, un mystère, une quête mystique et du space opera. Toutes ces intrigues ne me semblent pas former un tout mais me donnent l'impression d'être placées les uns à côté des autres avec l'espoir que cela fera sens un jour. Pire encore, j'ai l'impression que certaines histoires utilisent des personnages qui ne sont pas adaptés. Bien entendu, cela peut être voulu afin de créer une surprise ou un intérêt. Mais je me demande si c'est une bonne idée.

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*** J'apprécie toujours cette longue série mais je doute fortement de sa qualité scénaristique. Placer trop de scénaristes sur une même histoire est un risque.
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Image : Éditeur

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21/02/2018

Descender 5. Rise of the robots par Jeff Lemire et Dustin Nguyen

Titre : Descender 5. Rise of the robots
Auteurs : Jeff Lemire et Dustin Nguyen
Éditeur : Image comics 10 janvier 2018
Pages : 120

Ce volume 5 contient Descender 22-26. Le programme, le CGU et les Gnishiens se préparent à la guerre dans un univers de plus en plus instable. Mais personne ne sait à quel point le programme s'est préparé à celle-ci. En secret, des milliers de robots de guerre ont été construit au sein de leur base. Andy, poursuivant Tim 21, tombe sur eux sans le vouloir et risque bien de ne pas s'en sortir. Le CGU, lui, décide d'envoyer une grande partie de sa flotte s'occuper de qui est considéré comme un mouvement terroriste. Pendant ce temps, Telsa et Quon sont à la recherche de l'ancien professeur de ce dernier, ainsi que du robot découvert par les deux anciens amis. Mais illes ne savent pas que le petit robot qui les accompagne n'est pas Tim 21 mais Tim 22.

SPOILERS

Ce volume est considéré comme le premier événement de la série. Celui-ci était l'annonce du soulèvement des machines après 10 ans de destructions. Ce moment est bien mis en scène et la surprise des organiques est totale. D'autant que la flotte de la CGU est détruite par les auteurs. Cependant, les auteurs ne se concentrent pas assez sur ce soulèvement. On ne sait pratiquement rien de celui-ci, si ce n'est quelques images. Pire encore, on ne suit personne qui puisse être un témoin privilégié. On est donc obligé de croire sur parole les personnages lorsqu'illes nous annoncent le danger de ce soulèvement et son caractère global.

En effet, les auteurs ont préféré se concentrer sur Tim 21 et sa relation avec les moissonneurs. Ces gigantesques robots sont toujours aussi mystérieux et nous ne savons toujours presque rien sur eux. On ne sait rien non plus sur la relation entre Tim 21 et elles, mis à part qu'elle a un lien avec un monde virtuel capable, peut-être, de sauvegarder tous les robots. Le prochain volume est annoncé comme le dernier et j'espère que l'on en saura enfin un peu plus sur cette intrigue !

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**** Un événement un peu décevant mais les auteurs continuent à capitaliser sur ce qui fonctionne : Tim 21 et son lien avec les Moissonneurs.
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Image : Éditeur

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20/02/2018

L'Empire romain d'Auguste à Domitien par Claude Briand-Ponsart et Frédéric Hurlet

Titre : L'Empire romain d'Auguste à Domitien
Auteurs : Claude Briand-Ponsart et Frédéric Hurlet
Éditeur : Armand Colin 18 mai 2016
Pages : 287

Nous avons beaucoup d'histoire de l'Antiquité romaine, certaines prennent en compte seulement la République, d'autres l'Empire, certaines tentent de comprendre la fin de l'Empire romain d'occident. Le nombre de travaux est bien trop important pour tout connaitre. Heureusement, il existe quelques manuels synthétiques qui permettent d'en savoir plus soit sur l'histoire de Rome dans sa globalité soit sur certains aspects particuliers. Ce manuel s'attache à faire la synthèse du premier siècle du Principat, forme de gouvernement institué par Auguste. Ainsi, on nous présente non seulement la création de l'Empire mais aussi sa continuité et le passage à une nouvelle dynastie, sous les flaviens.

Ce livre est constitué de 7 chapitres. Les trois premiers sont les plus chronologiques puisqu'ils s'intéressent à la mise en place du Principat, aux héritiers d'Auguste et enfin aux Flaviens après l'année des 4 Empereurs. Ces chapitres permettent d'une part de mieux comprendre de quelle manière la mise en place d'un régime "monarchique" est justifiée dans le cadre d'une société qui déteste la royauté mais aussi comment Auguste réussit à mettre en place une dynastie, malgré ses problèmes familiaux. Dans un second temps, les auteurs nous expliquent de quelle manière le pouvoir impérial est consolidé sous différents empereurs, malgré quelques noms peu appréciés. À ce sujet, les auteurs tentent de casser certaines idées reçues, provenant des écrits en faveurs des sénateurs. Enfin, les auteurs expliquent de quelle manière les Flaviens réussissent à justifier leur prise de pouvoir, en se basant sur l'idée d'une restauration augustéenne.

Les 4 autres chapitres se concentrent sur des questions de société. Durant deux chapitres, les auteurs nous expliquent le fonctionnement administratif de l'Empire. En premier lieu ils s'intéressent aux provinces et à leur gestion aussi bien civile que militaire. Dans un second temps, ils expliquent de quelle manière les villes fonctionnement, en débutant par un examen de Rome puis par les différents types de cités existantes sous l'Empire. Les deux derniers chapitres se concentrent sur l'économie et la religion. On y apprend que l'économie se base avant tout sur la possession de la terre, dans un but d'autosubsistance, avec des différences sociales importantes entre les grands possesseurs et les petits domaines. En ce qui concerne la religion, les auteurs nous parlent de la restauration mise en place par Auguste mais aussi de la création d'un culte impérial. De plus, ils explicitent l'existence de cultes orientaux, dont l'entrée ne fut pas toujours facile. Bien entendu, les auteurs s'intéressent à la religion juive dont les membres sont mis de côté par la société romaine et dont les populations se révoltent lors de l'époque examinée. La chrétienté est moins examinée tout simplement parce qu'elle débute à peine au premier siècle.

Ce manuel est donc un bon moyen de mieux connaitre le premier siècle de l'Empire et la création du Principat par Auguste. Les auteurs synthétisent de nombreux aspects et permettent aussi bien d'en savoir plus sur les événements politiques que sur le fonctionnement socio-économique de l'Empire. Il faut noter de nombreuses annexes. Les premières sont des sources publiées et commentées, permettant un usage lors des études. Les auteurs ajoutent aussi des cartes, une chronologie et surtout un glossaire. La bibliographie est organisée thématiquement, permettant de chercher des livres parlant des sujets qui intéressent le plus les personnes intéressées.

Image : Éditeur

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19/02/2018

Black Panther

T'Chaka, roi du Wakanda, est mort. Il a été assassiné lors de l'attentat mis en scène durant Captain America : Civil War. Le Wakanda ne peut pas exister sans un dirigeant. Car, selon toutes nos connaissances, c'est un pays pauvre, qui ne reçoit aucune aide internationale. Heureusement, un héritier existe en la personne de T'Challa. Et ce dernier commence par accepter l'intérêt du secret derrière le Wakanda. Loin d'un pays sans ressources T'Challa va devenir le roi d'un pays extrêmement riche non seulement en matière de ressources, de technologies ou encore démographiquement mais aussi culturellement. Car le Wakanda ne possède pas seulement une technologie fortement en avance sur son temps, il fonctionne aussi sur des traditions millénaires. Le but du secret est de protéger le pays face aux destructions causées par l'occident. Cependant, il se pourrait que cette protection ait échoué lorsqu'un trafiquant d'arme international réussit à voler une partie du vibranium possédé par le Wakanda.

SPOILERS

Dire que ce film est attendu n'est pas nécessaire. Je ne suis pas légitime pour en parler mais nous avons là le premier film de l'univers Marvel qui s'attache exclusivement à des personnages noirs, provenant d'Afrique. Même si le pays est fictif, cela n’enlève pas le souhait d'un grand nombre de personnes que celui-ci soit bien mis en scène. Malheureusement, je ne connais pratiquement rien sur l'histoire du continent africain. C'est un manque que je souhaite réparer. Sans pouvoir en juge par moi-même, je vous renvoie à des personnes directement concernées, le film me semble réussit en ce qui concerne la mise en scène du Wakanda. Il me semble qu'une recherche a été mise en place. Ainsi, les Dora Milaje sont probablement basées sur les Dahomey, une classe de guerrière d'élite chargée de la protection de leur roi. Les costumes sont aussi particulièrement réussis, on possède une bonne vision de la richesse culturelle de ce pays fictif avec des habits qui mettent en valeurs les personnes qui les portent. Ce blockbuster se permet même de mentionner les appropriations culturelles ayant eu lieu durant les colonisations ! Ne voulant pas dire de bêtises, je préfère ne pas trop en parler et vous laisser chercher des personnes capables de vraiment en parler.

Un autre point qui rend ce film intéressant est sa thématique. Les films de super-héros montrent souvent un homme aux prises avec un ennemi. On va rarement plus loin et l'intrigue n'est qu'un prétexte pour un combat entre deux personnes. Ce film pose la question de la responsabilité d'un pays face au reste du monde. Faut-il rester caché et n'agir qu'en secret ou est-il nécessaire d'agir et de montrer sa puissance au reste du monde. De plus, comment faut-il agir ? Avec une force militaire ou par une aide multilatérale ? Les différents personnages de ce film et leurs combats ne sont que des prétextes pour mieux mettre en avant ces différents choix, et leurs conséquences. Plus encore, l'impact de ces choix implique le pays entier. Ainsi, T'Challa n'est pas seul à combattre, on nous montre une véritable guerre civile autours de ce que devrait être le fonctionnement du Wakanda au niveau international. Il est difficile de ne pas y voir une critique acerbe du fonctionnement des démocraties occidentales, le Wakanda essayant une forme pacifiée d'aide communautaire et non une prise de contrôle armée.

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***** Non seulement ce blockbuster est réussi, mais il est aussi nécessaire et j'espère qu'il aura un impact permettant de continuer sur cette même lancée non seulement dans le cadre des adaptations Marvel mais plus largement.

Image : Site officiel

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10:28 Écrit par Hassan dans Comics, Marvel, science-fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : marvel, black panther | | | |  Facebook

17/02/2018

Descender 4. Mise en orbite par Jeff Lemire et Dustin Nguyen

Titre : Descender 4. Mise en orbite
Auteurs : Jeff Lemire et Dustin Nguyen
Éditeur : Urban comics 17 novembre 2017
Pages : 128

Ce tome 4 contient Descender 17-21 publiés dans Descender vol. 4: Orbital Mechanics. Telsa, Quon et Tim 21 sont sur la lune mécanique, repère de la résistance robotique. Bien que les robots se présentent comme pacifistes Telsa et Quon ne les croient pas, car la résistance possède de nombreux secrets qui pourraient se révéler dangereux pour la vie organique. Tim 21, lui, apprend à connaitre son frère Tim 22. Mais les retrouvailles ne sont pas faciles puisque Tim 22 essaie de détruire Tim 21. La seule solution est la fuite, et le début d'une guerre entre les machines et les organiques. Telsa, elle, souhaite en savoir plus sur le professeur qui a tout appris à Quon. Mais encore faut-il le retrouver.

SPOILERS

Encore une fois, comme on en a l'habitude, il ne se passe pas grand-chose dans ce tome même si l'intrigue avance en direction d'une guerre. Les relations entre les différentes factions continuent à se diriger vers une guerre totale, annonçant le prochain arc du comics. Les personnages ne se rencontrent pas encore mais se rapprochent, en particulier en ce qui concerne Andy et Tim 21. Mais, l'intrigue principale n'avance que peu. On ne sait toujours rien des Moissonneurs ni de leur but. Cependant, la série est toujours aussi belle et je suis toujours accroché aux aventures écrites par Lemire.

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**** L'intrigue principale avance sans avancer, mais j'aime toujours.
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Image : Éditeur

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16/02/2018

Descender 3. Singularités par Jeff Lemire et Dustin Nguyen

Titre : Descender 3. Singularités par
Auteurs : Jeff Lemire et Dustin Nguyen
Éditeur : Urban comics 2 juin 2017
Pages : 120

Ce tome contient Descender 12-16 publiés dans Descender vol. 3: Singularities. Il y a plus de 10 ans, le cosmos fut attaqué par des machines de la taille d'une planète, les Moissonneurs. Depuis, les mondes civilisés sont dans la tourmente alors que les relations diplomatiques entre les empires sont chaotiques. Cette attaque a aussi lancé un pogrom contre les robots, il s'ensuivit naturellement un mouvement de résistance. Le docteur Quon, Tilsa et le petit robot Tim 21 pourraient être sur la voie permettant de comprendre qui sont les Moissonneurs. Mais illes sont capturés par la résistance robotique, une résistance qui possède un dangereux secret.

SPOILERS

Il n'y a pas grand chose à dire sur ce tome 3. En effet, les numéros inclus font une pause avec l'intrigue principale afin de nous présenter les différents protagonistes entre l'attaque et le présent. Dans chacun des cas, on commence il y a 10 ans pour continuer quelques années plus tard et finalement comprendre ce qui a mené les personnages au point actuel. Cela permet de mieux connaitre certains personnages peu développés dans le cadre de l'intrigue principale, à l'instar d'Andy par exemple, mais aussi de mettre en scène le chaos qui a suivi l'attaque des Moissonneurs. Les personnages choisis sont loin d'être inintéressants. J'ai particulièrement apprécié mieux connaitre Andy mais c'est Moissonneur qui m'a le plus intéressé. En effet, depuis le début il se présente comme un tueur sans que jamais cela ne nous soit expliqué. Son numéro donne enfin la réponse, et la raison derrière ses actes.

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*** Une petite pause dans l'intrigue principale, elle n'est pas inintéressante mais pas forcément inoubliable.
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Image : Éditeur

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14/02/2018

Bioshock: Rapture par John Shirley

Titre : Bioshock : Rapture
Auteur : John Shirley
Éditeur : Bragelonne 17 février 2016
Pages : 408
TW : Violences, violences médicales

Avant les partisan-e-s de No Billag, avant Elon Musk et même avant les transhumanistes il y avait Andrew Ryan. Ce dernier est un visionnaire et un industriel. Il a fui la Russie en pleine révolution avec son père pour se rendre aux Etats-Unis, pays de la liberté. Mais la président de la deuxième guerre mondiale et le new deal ont eu un impact sur Andrew Ryan. Il comprend que les Etats-Unis ne sont pas marxistes que les Bolchéviques. L'état veut aussi son argent, qu'il a récolté par son propre travail. Andrew Ryan ne veut surtout pas permettre aux personnes qu'il qualifie de parasites de vivre sur son travail. Il a donc une vision. Celle d'une cité protégée des socialistes, de la morale et des religions. Une société complètement libre dont la seule règle est la compétition naturelle dans le cadre du marché. Les personnes qui le suivrait auraient toutes l'opportunité de réussie, si la volonté suit. Pour rendre sa vision réelle Andrew Ryan décide de construire sa ville en secret, au fond de l'océan atlantique. Le nouvel eldorado se nomme Rapture.

SPOILERS

Ce roman est une adaptation de la série de jeux vidéo Bioshock, en particulier les deux premiers. Les jeux nous envoient dans la ville sous-marine de Rapture, alors qu'elle n'est que ruines et violences. Petit à petit, on apprend ce qui est arrivé et quels sont les acteurs de la chute de la cité. Ce roman se déroule en trois actes avant les intrigues des jeux. L'auteur nous permet de comprendre de quelle manière la cité a été créée et a fonctionné à ses débuts flamboyants. De ce point de vue, la première partie est la plus difficile à lire. L'intrigue est peu intéressante car l'auteur met en place des problèmes que l'on sait inexistants plus tard. La lutte secrète contre l’État des États-Unis ne donne lieu à aucun enjeu et cette partie aurait très bien pu ne pas être écrite. La suite du roman est bien plus intéressante puisque l'on observe pourquoi et comment le fonctionnement de la cité commence à dysfonctionner.

En effet, le jeu et le livre sont très critiques face à une posture idéologique jamais nommée : l’hyper libéralisme libertarien. Le marché est considéré comme un fait qui agit de manière naturelle. Dans ce contexte, toutes tentatives de régulations ou de moralisation est un danger ou pire une trahison de l'humanité. Le fonctionnement de la société est basé sur la compétition et la volonté avec l'idée que les plus grandes réussites ont sortiront. Toutes formes d'altruismes, d'aides sociales, est proscrites puisque cela crée une forme de parasitisme. Cependant, cette économie totalement libre implique aussi d'énormes inégalités qui sont d'abord modestes, mis à part en ce qui concerne Andrew Ryan, puis de plus en plus importantes. Avec les inégalités ce sont les revendications qui arrivent. Ainsi, les jeux comme le livre semblent dire qu'une société sans régulations ni morales crée des choses qui n'existeraient pas dans un autre cadre mais doit aussi échouer par les tensions sociales impliquées. C'est ainsi que l'auteur met en parallèle la ruine architecturale de la cité avec une société de plus en plus fragmentée et pauvre, avec une petite minorité extrêmement riche. Au final, l'effet ne peut qu'être une guerre et, pour défendre les puissant-e-s, la création d'une société militaire.

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*** Un roman sympathique, qui intéressera surtout les personnes qui connaissent les jeux.
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Image : Éditeur

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18:33 Écrit par Hassan dans science-fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : biochock, rapture, john shirley, bragelonne | | | |  Facebook

11/02/2018

Checkmate 2. La chute du mur par Greg Rucka, eric Trautmann, Bruce Jones, Joe Nennett et Manuel Garcia

Titre : Checkmate 2. La chute du mur
Auteurs : Greg Rucka, eric Trautmann, Bruce Jones, Joe Nennett et Manuel Garcia
Éditeur : Urban comics 24 février 2017
Pages : 396

Ce tome contient Checkmate 16 à 31. Checkmate fut une agence de renseignement des Etats-Unis. Mais, après la crise des OMAC, elle fut rachetée, réorganisée et mise sous le contrôle de l'ONU qui définit ses missions et les membres de l'équipe dirigeante. Cette équipe est constituée aussi bien de méta humain-e-s que d'humain-e-s. Les menaces sont nombreuses, aussi bien des pays qui violent les lois internationales que des groupes terroristes. Et alors que l'un de ces groupes se prépare à agir afin de créer un chaos jamais vu une autre menace existe. Celle-ci se nomme Amanda Waller, la reine blanche. Pour réussir à résister à toutes ces attaques Checkmate n'a pas d'autres choix que de demander de l'aide aux groupes de héro-ine-s qui existent.

SPOILERS

Ce second tome est constitué de deux actes qui continuent et terminent les intrigues mises en place par Greg Rucka. Un troisième acte est mis en place par un nouveau scénariste. La première intrigue concerne Amanda Waller. Depuis le début de la série Greg Rucka la place comme l'une des principales antagonistes, en secret. Son but est d'utiliser Checkmate pour défendre les intérêts des Etats-Unis malgré la charte de l'agence. Greg Rucka la place en position de force car elle n'a pratiquement pas d'ennemis politiques à sa mesure, sans oublier son intelligence. Malheureusement, sa défaite me semble un peu précipitée et j'aurais apprécié la voir plus longtemps après son éjection. De plus, il est dommage que la mise en place de sa remplaçante n'ait pas été montrée. Greg Rucka nous présente un nouveau personnage, avec des tensions politiques potentielles, mais il ne fait rien de plus.

Le second acte concerne le groupe religieux terroriste infiltré par Checkmate : le culte du cobra. Greg Rucka nous avait laissé dans l'attente d'une suite alors que la mise en place d'un agent au sein du culte avait pris une partie importante du premier tome. Après la chute de Waller, le scénariste n'attend pas pour relancer l'intrigue sur deux points : une menace globale et une menace pour l'agent infiltré. Bien que j'aie apprécié l'entrée en scène de Superman, elle me semble un peu hors de propos pour l'intrigue générale de la série : l'espionnage. Heureusement, la série garde son identité tout en ne trahissant pas Superman. Avec la fin de ses numéros Greg Rucka termine ce qu'il a lancé sans avoir besoin de continuer la série.

Malheureusement, les numéros 26 à 31 sont tenus par un nouveau scénariste. Celui-ci ne donne pas autant d'ampleur à la série, peut être par manque de numéros, et décide de créer immédiatement une intrigue de fin du monde qui implique l'usage d’un soldat capable de changer de formes. Il est l'unique personnage capable de vaincre les monstres qui détruisent la Terre. De plus, le nouveau scénariste change la manière de fonctionnent de l'un des personnages. Bien que celui-ci soit questionné il n'y a pas assez de temps pour examiner ses choix comme Greg Rucka aurait pu le faire. La fin est donc largement décevante et l'on se demande à quoi sert Checkmate, outre comme décors.

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*** Greg Rucka termine ses intrigues, avec quelques problèmes mais rien de bien important. Mais la fin de la série par un nouveau scénariste me semble complétement ratée et sans intérêt.
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Image : Éditeur

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10/02/2018

Batwoman volume 1. The many arms of death par Marguerite Bennett, James Tynion IV, Sterve Epting, Sephanie Hans, Renato Arlem et Jeromy Cox

Titre : Batwoman volume 1. The many arms of death
Auteur-e-s : Marguerite Bennett, James Tynion IV, Sterve Epting, Sephanie Hans, Renato Arlem et Jeromy Cox
Éditeur : DC 21 novembre 2017
Pages : 168

TW : Mention d'une possible tentative de suicide

Ce volume 1 contient Batwoman rebirth et Batwoman 1-6. Batwoman a eu une histoire mouvementée. Après un très bon run la série fut reprise par une nouvelle équipe créative, lorsque la précèdent est partie suite à un désaccord avec DC qui ne souhaitait pas permettre le mariage de Batwoman, Kate Kane, avec Maggie Sawyer. Cette nouvelle direction fut, selon toutes les critiques que j'ai lues, très mauvaises avec une direction difficilement défendable. J'avais beaucoup apprécié la première partie du run et j'étais déçu de ne pas avoir de suite à la hauteur. Lorsque j'ai appris que Batwoman allait revenir sous le label rebirth j'avais donc un certain nombre d'attentes. L'intrigue débute alors que Kate Kane et Julia Penyworth travaillent ensemble afin d'identifier la personne qui a créé et distribué un sérum capable de tuer un grand nombre de personnes. Selon Batman, ce sérum serait en vente afin d'organiser une attaque terroriste. La recherche mène les deux femmes sur une île peu connue : Coryana. Jusqu'à récemment, l'île n'était qu'un repaire de pirates mais elle est entrée sous le giron d'une société qui la vend à des personnes fortunées. Mais, avant cela, ce fut aussi la résidence de Kate Kane après son naufrage.

SPOILERS

Je préfère ne pas trop parler du numéro Rebirth. En effet, celui-ci permet surtout de mettre en place l'intrigue principale, de mettre à niveau les personnes qui entrent dans l'histoire du personnage et à mettre en place un futur possible. Ce numéro permet d'éviter la nécessité de connaitre toute l'histoire de Batwoman avant de commencer cette nouvelle série. Ces 6 premiers numéros m'ont beaucoup plut. En effet, on retrouve une Batwoman qui, avant d'être une héroïne, est une soldate entrainée par l'armée américaine. Elle prend des décisions que Batman ne prendrait pas. L'intrigue elle-même me semble construite autour de cela. Kate Kane n'est pas envoyée contre une menace pour Gotham ou face à des monstres. Elle est envoyée pour stopper une organisation terroriste qui utilise une entreprise comme moyen d'infiltration.

De plus, les numéros construisent un peu plus la mythologie de Batwoman en se concentrant sur une année perdue. On ne sait pas comment Kate Kane s'est retrouvée dans l'eau, mais il est mentionné que ce pourrait être une tentative de suicide après son expulsion de l'armée américaine pour homosexualité. On l'observe se reconstruire petit à petit. Mais, la scénariste en profite surtout pour débuter une histoire d'amour entre Kate Kane et Safiyah. La dernière planche du numéro 5 est particulièrement réussie pour expliciter le retour à la vie de Kate Kane. Cette intrigue semble être destinée à prendre une plus grande importance plus tard. Je laisse de côté le dernier numéro qui se déroule dans un futur indéterminé car je ne comprends pas sa place dans ce volume ni ce qui s'y déroule. Je ne sais pas si c'est voulu ou si l'intrigue est développée ailleurs.

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**** J'ai bien aimé ce premier volume qui semble prendre une direction que j'apprécie. Je suis curieux de connaitre la suite. PS : je préfère éviter la comparaison avec le run précèdent de Rucka, difficile à atteindre aussi bien en ce qui concerne l'écriture que les dessins.
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Image : Éditeur

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Pentagon Papers / The post

Les années de la présidence Nixon, les États-Unis sont en pleine guerre au Vietnam alors que les opposants intérieurs sont pourchassés par cointelpro. La guerre ne semble pas aller mieux malgré les discours positifs de tous les membres de l'administration. Mais un homme connait la vérité. Il est expert auprès de la Rand corporation et l'un des auteurs d'un rapport sur la guerre. Celui-ci est explosif et met en cause toutes les administrations précédentes. Après des mois d'effort, il réussit à copier toutes les pages du rapport afin de l'apporter au New York Times. Mais lorsque le journal tente de publier le rapport il est mis en demeure par la justice des États-Unis. Mais un autre journal possède les mêmes documents. Et la personne à sa tête, Katharine Graham, doit prendre une décision alors que son entreprise vient tout juste d'entrer en bourse.

SPOILERS

Je suis mitigé face à ce film. J'ai l'impression que Spielberg essaie de faire fonctionner deux histoires en même temps sans vraiment y réussir. On peut dire que la première histoire concerne les Pentagon Papers, un rapport classé secret défense sur les mensonges et les manipulations politiques en faveurs de la guerre au Vietnam. Bien que ces informations soient au centre du film, celui-ci n'explicite que peu ce qu'on peut y trouver. On ne sait que quelques petites choses ainsi que la raison de la constitution du rapport. Pire encore, on ne sait pas de quelle manière le gouvernement Nixon essaie d'argumenter contre la liberté de la presse dans ce cas particulier. On ne sait qu'une seule chose : la presse gagne et Nixon est un président qui abuse de son pouvoir. Le film tente aussi de se placer en faveurs du journalisme d'investigation, une posture que j'apprécie. Cependant, la manière dont les journalistes travaillent pour comprendre et analyser leur source n'est pas montrée, sauf lors d'une scène. Pire encore, l'éthique du journalisme est simplement annoncée, elle n'est pas discutée. Sauf, là encore, lors d'une scène. Enfin, le film met en scène les liens entre les médias et le monde politique mais, là encore, ne discute du sujet que lors d'une seule et unique scène après l'avoir mentionné à plusieurs reprises. En fait, ce film aurait pu être un moyen d'argumenter sur la nécessité du journalisme dans une démocratie face à un gouvernement hostile mais Spielberg semble avoir renoncé.

Il y a une seconde intrigue dans ce film, elle concerne la société de Katharine ainsi que ses capacités en tant que dirigeante. Dans un grand nombre de scènes, on voit Katharine, jouée par Meryl Streep, au sein d'un monde d'hommes. Il y a des hommes dans son conseil d'administration, il y a des hommes comme principaux contributeurs et journalistes, ses collègues et concurrent sont des hommes... Bref, les femmes n'apparaissent presque pas à ses côtés. Loin d'être une mauvaise chose j'ai l'impression que cet aspect est voulu par la réalisation. En effet, des femmes apparaissent à plusieurs reprises. Que ce soit lors d'un diner qui les voit sortir lorsque les hommes commencent à parler politique ou encore la femme de Ben Bradley, jamais nommée dans le film à moins que je ne me trompe. Cette dernière permet d'expliciter la position de Katharine dans ce monde masculin. Elle dirige non parce que l'on valide ses capacités mais parce que son mari est mort, on ne l'écoute pas lors des réunions importantes, on parle comme si elle n'était pas présente. Bref, on agit sans la prendre en compte alors qu'elle est la patronne, car elle est une femme et ses conseillers sont des hommes qui "savent" être compétents. Le film se pose donc la question de la manière, pour une femme, d'entrer dans un monde masculin et de prendre des décisions difficiles qui sont constamment remises en cause. La réalisation n'hésite pas à tabler sur la fragilité et les doutes, non comme un défaut mais un acquis face aux nombreuses remises en cause que Katharine Graham subit durant sa vie. C'est la raison pour laquelle l'une des dernières scènes, en descendant les marches de la cour suprême, permet de montrer d'autres femmes, anonymes, se tourner en direction de Katharine Graham alors que les hommes observent un autre homme parler.

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*** Intéressant mais un peu en dessous en mes attentes. J'ai l'impression de ne pas mieux comprendre les Pentagone Papers ni le Washington Post, ce qui est un peu décevant.
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Image : Allociné

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09:50 Écrit par Hassan dans contemporain, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pentagon papers, the post | | | |  Facebook

08/02/2018

Black Science volume 6. Forbidden realms and hidden truths par Rick Remender, Matteo Scalera et Moreno Dinisio

Titre : Black Science volume 6. Forbidden realms and hidden truths
Auteurs : Rick Remender, Matteo Scalera et Moreno Dinisio
Éditeur : Image comics 19 juillet 2017
Pages : 128

Ce volume contient Black Science 26-30. Grant McKay est enfin rentré chez lui. Il a ramené sa fille, Pia, avec lui-même si elle aurait préféré se marier avec son divin fiancé. Mais le reste de l'équipe est toujours perdue dans différents univers. Grant ne peut pas les aider. Dans sa terre sa femme l'a quitté au profit de Kadir. Block utilise son invention pour prendre le contrôle du multivers. Et lui-même est considéré comme un meurtrier, enfermé dans un asile. Cependant, Grant ne pensait pas que son fils et son étudiant seraient capables de trouver un moyen de voyager sans aide. Dès que possible, ils rentrent chez eux mais ils ont une mission. En effet, lors de leurs voyages ils ont rencontré un groupe de super héros qui a décidé de suivre un but précis : Sauver le multivers de deux calamités. Les deux approchent de la Terre.

SPOILERS

Je ne sais pas exactement combien de numéros contiendra la série. Il me semble que l'on approche de la fin puisque plusieurs intrigues autours de Grant McKay commencent à se relier. En effet, on observe enfin les réelles conséquences du Pilier, que nous n'avions qu'aperçues, sur un monde. La terre de Grant est maintenant sous le contrôle économique d'une seule corporation qui n'hésite pas à utiliser des êtres vivants et univers comme monnaie d'échange. De plus, les différents personnages commencent enfin à se retrouver, ayant changé quelque peu, avec le but commun de sauver le multivers. En effet, les deux menaces que nous avons rencontrées dans les pages de Black Science sont plus puissantes qu'auparavant et les destructions imaginées par les dessinateurs sont impressionnantes. Enfin, plusieurs menaces commencent à être connues, je pense en particulier à la Sorcière qui aura probablement un rôle plus important que je ne le pensais. J'apprécie toujours autant l'intrigue ainsi que les personnages, qui en prennent pour leur grade, mais j'espère que les auteurs sauront terminer leur histoire.

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**** Ce volume s'amuse un peu plus que le précèdent tout en reliant plusieurs intrigues et menaces. L'équipe est proche d'être enfin réunie et de pouvoir agir pour suivre leur mission initiale.
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Image : Éditeur

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07/02/2018

Les murs du silence. Abus sexuels et maltraitances d'enfants placés à l'institut Marini par Anne-Françoise Praz, Pierre Avvanzino et Rebecca Crettaz

Titre : Les murs du silence. Abus sexuels et maltraitances d'enfants placés à l'institut Marini
Auteur-e-s : Anne-Françoise Praz, Pierre Avvanzino et Rebecca Crettaz
Éditeur : Alphil / Presses universitaires suisses 2017
Pages : 232
TW : Violences, humiliations, abus émotionnels, abus sexuels

Comme l'explique le préambule, en février 2015 l'évêque de Lausanne, Genève et Fribourg, Mgr Charles Morerod, confie un mandat de recherche à une petite équipe d'historien-ne-s afin de faire la lumière sur des allégations d'abus sexuelles au sein de l'institut pour orphelins Marini, dans lequel des garçons pauvres francophones et alémaniques furent placés par l'assistance sociale. Cet institut se trouvait sous le contrôle direct de l'évêché. Le rapport fut rendu lors d'une conférence de presse en présence des victimes, le 26 janvier 2016, attirant l'attention d'une partie importante des médias suisses. Suite à l'attention soutenue de la presse et du public les auteur-e-s ont décidé de publier le rapport, le livre que je viens de terminer.

Le livre est construit en 5 parties distinctes qui permettent de comprendre le fonctionnement de l'institut, les faits avérés mais aussi de mettre en lumière les raisons pour lesquelles les personnes coupables de maltraitances n'ont pas été inquiétées. Dans chaque chapitre, les témoignages oraux sont utilisés en parallèle des archives. Les deux premiers chapitres permettent de mieux comprendre comment on devient un enfant placé à Marini mais aussi le fonctionnement de l'institut. Ainsi, les auteur-e-s démontrent que les pensionnaires francophones sont placés sur une longue durée sans posséder de contacts soutenus avec leurs parents, quand des parents existent. Ces enfants ne connaissent que leur tuteur ou les assistants sociaux, qui ne passent pas régulièrement les voir. En face d'eux, des garçons germanophones sont placés un an afin de travailler tout en apprenant le français. Ceux-ci sont liés à une famille qui peut le soutenir en cas de besoin. La vie est rude et frugale. Les repas sont peu variés et servis dans de la vaisselle de fer. Outre le travail scolaire, les enfants doivent travailler dans les champs, afin de payer le coût de leur placement qui n'est pas entièrement pris en charge par la pension. Le travail est dur voir destiné à des adultes. Il existe même une catégorie d'enfants qui ne sont pas envoyés à l'école afin de travailler perpétuellement. Les punitions sont aussi monnaies courantes et les auteur-e-s décrivent une forme particulièrement humiliante et violente ayant lieu après la messe.

Les chapitres 3 et 4 se concentrent sur les abus sexuels commis à Marini par des ecclésiastiques. Les auteur-e-s montrent que des abus graves et répétés ont eu lieu durant la période d'étude. Abus dont les dénonciations n'ont pas permis de protéger les enfants. Les auteur-e-s construisent les chapitres en essayant d'éviter une posture de scandale ou voyeuriste afin de mettre en avant non pas les actes mais la manière dont les personnes qui ont accepté de témoigner ont perçu ces actes. L'étude montrer que les anciens enfants placés se sont trouvés piégés face à des hommes plus âgés qui possèdent un certain pouvoir et une autorité morale importante. De plus, le manque d'affection a rendu les personnes vulnérables face aux actions d'adultes abuseurs. Cependant, des dénonciations ont eu lieu. Il est donc nécessaire de comprendre pour quelles raisons les abuseurs sont restés en place et n'ont pas été déférés en justice, mis à part deux cas. Les auteur-e-s montrent que les autorités, l’Église et les médias, même de gauche, sont réticents à mettre en cause des prêtres dont le statut, au sein d'un canton fortement catholique, ne doit pas être mis à mal. De plus, les actes dénoncés sont systématiquement requalifiés soit en usant d'un qualificatif médical soit en niant la portée de ceux-ci, ce ne sont que des imprudences. Pire encore, lors du XIXème siècle l’Église catholique s'est fermée à la dénonciation publique. Les personnes ayant connaissances de cas d'abus ont l'obligation de silence, au prix d'une excommunication. L’Église règle les problèmes à l'interne par un déplacement de la personne accusée, parfois temporaire. Ce n'est que récemment que le Pape François a décidé de forcer la dénonciation aux autorités, faisant face à une résistance importante de personnes qui considèrent que les membres de l’Église ne devraient pas être soumis à une justice séculière.

Enfin, le livre se termine sur les effets des abus sur le parcours de vie des victimes. Les auteur-e-s, grâce aux témoignages consentis, montrent la difficulté de parler de cette période pour les personnes qui ont vécu ces abus. Outre les actes sexuels à proprement parler, ce sont aussi les manques affectifs et la violence qui ont pesé. Ces garçons ont été considéré comme peu importants et incapables de réussites et donc empêchés de suivre leurs capacités à tous les niveaux, bien que certaines rencontres aient été positives. Les abus ont aussi fortement péjoré le développement affectif. Il est devenu difficile de se considérer valable même avec une aide médicale. Cependant, il faut noter aussi une capacité de résilience, souvent liée à une rencontre avec une famille ou une personne, enseignante parfois, positive. Certains sont sortis avec un but spécifique pour construire leur vie tandis que d'autres ont réussis à reconstruire leur récit après avoir aidé des personnes à surmonter leurs propres problèmes. Mais c'est aussi le souhait par l’Église, via cette recherche, de demander pardon et d'accepter la vérité des faits qui peut avoir permis une reconstruction.

Enfin, le livre se terminer sur une synthèse et les souhaits des personnes qui ont témoigné. Les auteur-e-s ajoutent diverses annexes dont des versions complètes des témoignages, la méthodologie, le guide d'entretien ainsi qu'un historique de l'institut Marini. Ce livre se concentre sur un institut précis et la recherche autours de faits graves qui donnent lieu, actuellement, à des processus de réparations financières. Les questions plus larges du placement d'enfants sont mentionnées mais ne sont pas centrales, bien que les questions posées soient importantes. Les auteur-e-s mentionnent aussi les problèmes éthiques que posent une telle étude. Comment se situer face aux témoignages et comment ne pas les trahir. Mais aussi de quelle manière éviter le scandale pour mettre en avant les causes qui expliquent la survenue de tels actes et l'incapacité de les dénoncer. Les auteur-e-s placent aussi ce travail dans le cadre d'un effort au niveau international pour comprendre le traitement subis par une partie de la population mondiale au sein d'instituts de placement et face aux mesures d'assistances de différents pays. Plusieurs commissions d'enquêtes ont travaillé, voir travaillent encore, sur le sujet.

Image : Éditeur

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03/02/2018

Black Science 5. Le pacte de Circé par Rick Remender, Matteo Scalera et Moreno Dinisio

Titre : Black Science 5. Le pacte de Circé
Auteurs : Rick Remender, Matteo Scalera et Moreno Dinisio
Éditeur : Urban comics 14 avril 2017
Pages : 104

Ce tome contint Black Science 22-25 publiés chez Image Comics Black Science vol.5: True Atonement. Pendant trois ans Grant McKay s'est laissé tomber dans le désespoir après avoir perdu ses enfants et son équipe lors du dernier saut du Pilier. Tout le monde est dispersé mais Grant a réussi à reconstruire un vaisseau pilier afin de chercher tous les membres de son équipe, les ramener à domicile et réparer ses erreurs. Son premier voyage a concerné Rebecca dont il a puni la trahison. Maintenant, il est prêt à retrouver sa fille, Pia. Mais celle-ci n'est pas forcément très heureuse de retrouver son père. D'autant que ce dernier met à mal une construction très fragile qu'elle a mis trois ans à mettre en place : la paix entre des êtres divins. De plus, Grant McKay commence à se rendre compte des problèmes que pose le Pilier pour les réalités.

SPOILERS

Black Science est l'une des séries que j'ai mis le plus de temps à accepter de lire mais aussi l'une de celles que j'apprécie le plus. Ses personnages sont loin d'être sympathiques et le pire est probablement Grant. Car celui-ci cache ses problèmes derrière une idéologie justifiant ses échecs. Le dernier tome permet de faire grandir le personnage en le confrontant à son passé. Il est donc normal que ce tome 5 confronte ce nouveau Grant à l'une des personnes les plus critique envers lui : sa fille. La rencontre est parfaitement mise en scène et l'on comprend parfaitement pourquoi Pia n'apprécie pas beaucoup son père.

Mieux encore, ce tome commence à ajouter de véritables menaces. Bien entendu, on a déjà rencontré une race parasite et une race adoratrice de la mort. Mais ce tome met en avant la menace du capitalisme sans limite dans la personne de Block. Ce dernier utilise le Pilier non pour la découverte ou aider l'humanité mais pour son propre bien sans prendre en compte les dégâts causés. Ce personnage est totalement aveugle au danger et ne voit qu'une fortune future pour lui-même. Pire encore, les dégâts des voyages sur les réalités sont de plus en plus apparents et il devient difficile de savoir de quelle manière il est possible de réparer ce qu'a fait Grant. Bref, ce tome permet de continuer sur la lancée du précédent en montrant à quel point Grant McKay s'est trompé et à quel point il est dangereux pour l'univers. Mais il permet aussi un début de réhabilitation pour ce personnage.

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***** Un tome 5 très court mais toujours aussi bon. Vivement la suite !

Image : Éditeur

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01/02/2018

La grande chasse aux sorcières en Europe aux débuts des temps modernes par Brian P. Levack

Titre : La grande chasse aux sorcières en Europe aux débuts des temps modernes
Auteur : Brian P. Levack
Éditeur : Champ Vallon 1991 (1987)
Pages : 281

Qu'est-ce qu'une chasse aux sorcières ? Le concept a été galvaudé par certaines personnalités qui s'estiment visées par une telle chasse, oubliant toujours les relations de pouvoir en défaveur de la victime que cela implique. Il est donc toujours une bonne idée de se lancer dans un ouvrage sérieux pour mieux comprendre de quoi on parle. Ce livre de Brian P. Levack est une traduction d'un ouvrage qui propose une synthèse de la chasse aux sorcières européenne entre le XVème et le XVIIIème siècle. Le but est donc de nous donner une somme minimum d'informations pour comprendre l'étendue mais aussi les raisons d'une telle panique face à des crimes que l'auteur qualifie d'imaginaires (se plaçant donc en contradicteurs des personnes qui pensent que sous le terme de sorcellerie il faut comprendre que d'anciens cultures de la fertilité persistaient). Pour cela, il met en place 8 chapitres dont un introductif et un conclusif, dans lequel il examine la survivance de la sorcellerie jusqu'à nos jours.

Les chapitres 2 à 5 sont autant de moyens pour l'auteur de nous expliquer pourquoi une chasse aux sorcières a eu lieu. Il y examine plusieurs causes qu'il relie sous le terme de "concept cumulatif de sorcellerie." Ces différentes causes sont nombreuses et, selon l'auteur, la perte de l'une aurait pu avoir un impact défavorable sur l'imminence d'une chasse. Comme d'autres personnes, il débute son étude sur les racines intellectuelles, soit la création de la sorcellerie comme danger social. En effet, la peur d'un tel crime ne peut pas se concevoir sans la mise en place d'une peur du diable, et du mal, dans la société. Les théologiens pensent le monde comme soumis aux assauts du diable, rendu plus puissant pour l'occasion. La sorcellerie n'est plus une simple tentative de lancer des sorts mais une preuve de l'existence d'une secte sataniste.

Bien entendu, la pensée intellectuelle est inopérante si des personnes n'agissent pas pour créer un crime. Ainsi, Brian P. Levack examine, dans un autre chapitre, la mise en place et le fonctionnement d'une nouvelle procédure judiciaire qui permet à l'état d'accuser sans avoir besoin de trouver des victimes. Même si cette procédure, inquisitoriale, permet d'attaquer plus de personnes et abaisse les droits de la défense, cela n'implique pas qu'il n'y ait pas de limites. Ainsi, la torture est possible mais elle suit des restrictions importantes. Le but ultime de la torture est de recevoir des aveux. Mais ceux-ci doivent être répétés le lendemain, de manière libre. Par contre, le jugement peur se baser sur l'impression de culpabilité et non sur des preuves importantes. Enfin, l'auteur examine le contexte social et démontre que celui-ci peut avoir un impact. En effet, la pauvreté et les épidémies inexpliquées ont une tendance à rendre les relations sociales plus difficiles. Il devient plus facile d'accuser une autre personne de ses malheurs ou de jalouser une personne qui ne souffre pas autant.

Le "concept cumulatif de sorcellerie" est ensuite mise à l'épreuve afin d'expliquer les dynamiques des chasses aux sorcières dans différentes régions d'Europe. L'auteur y examine aussi bien les pays anglo-saxons que la France, les pays nordiques, le sud de l'Europe et, bien entendu, les pays germaniques sous influence du Saint-Empire ce qui implique le territoire helvétique. L'auteur explicite pour quelles raisons certains territoires, en particulier le sud de l'Europe et une partie des pays Anglo-saxons n'ont pas connu une chasse aux importante (bien que la colonie anglaise de Salem soit une examinée aussi). Selon l'auteur, il faut prendre en compte le droit mais surtout l'envie des élites de s'attaque au crime de sorcellerie. Il démontre que les cours de justice centrales ont tendance à minimiser les casses tandis que les cours locales peuvent être très sévères. Ainsi, l'une des explications concerne la centralisation des pouvoirs et la possibilité de faire recours. Mais les chasses dépendent aussi des croyances des élites. Et celles-ci sont en mutation durant la période. Une nouvelle philosophie sceptique met en doute la véracité des aveux tandis que des médecins commencent à en parler non comme une preuve du diable mais comme une maladie qui doit être traitée. Bref, durant la période l'arsenal intellectuel commence à se briser face à des changements idéologiques au sein des élites, ce qui permet d'empêcher de nouvelles chasses.

Image : Éditeur

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31/01/2018

Black Canary 1. Kicking and screaming et Black Canary 2. New killer star par Brenden Fletcherm Annie Wue, Pia Guerra, Lee Loughridge et Sandy Jarrekk Moritat

Titre : Black Canary 1. Kicking and screaming et Black Canary 2. New killer star
Auteur-e-s : Brenden Fletcherm Annie Wue, Pia Guerra, Lee Loughridge et Sandy Jarrekk Moritat
Éditeur : DC 8 mars 2016 et 29 novembre 2016
Pages : 168 et 144

Le premier volume contient Black Canary 1-7 et Dc sneak peek: Black Canary 1. Le second volume contient Black Canary 8-12, Gotham Academy 17 et Batgirl and the Birds of prey: Rebirth 1. Black Canary, Dinah Drake, a tout perdu dans un incendie, à cause de Barbara Gordon. Bien qu'elle lui en ait voulu cela lui a aussi permis de recevoir une opportunité. Un groupe souhaite l'engager comme chanteuse pour une tournée, ce qui lui permettrait d'avoir assez d'argent pour reconstruire sa vie. Bien qu'elle ne soit pas à l'aise en chant ni sur la scène, son groupe attire rapidement l'attention. En effet, les concerts sont toujours suivis de combats durant lesquels Dinah Drake assomme quelques personnes pour de très bonnes raisons. Le groupe possède immédiatement une réputation de danger qui, pourtant, n'empêche pas les foules de se déplacer. Le danger pourrait bien être plus important que prévu. En effet, des aliens et le gouvernement, en la personne d'Amanda Waller, suivent de très près les trajets du groupe et s'intéressent à une personne particulière.

SPOILERS

Ces deux volumes font partie d'un effort, avorté, de DC de créer une certaine diversité dans leurs titres. Une grande partie des comics ont été annulé après 6 à 12 épisodes mais il y a beaucoup de bonnes idées. Ces deux volumes se basent sur les intrigues de Batgirl pour relancer le personnage de Black Canary en direction de ses propres aventures au lieu d'être une simple partenaire. Étant donné son pouvoir, sa voix, il est logique de la placer dans un groupe. Bien entendu, ce groupe sera témoin d'événements étranges liés au passé de Dinah et surtout à l'un des membres. Là aussi, l'intrigue est logique et s'insérer parfaitement dans l'idée que le son est important dans cette histoire et pour les personnages. Il est dommage que le second volume abandonne l'importance du son pour parler d'une secte de ninjas liés à la mère de Dinah. L'intrigue me semble beaucoup moins intéressante et je ne comprends pas ce qu'un groupe de musique peut bien y faire. Mis à part cela, on peut se demander si un comics est le bon média pour parler de musique. Les images peuvent créer une impression, montrer le fonctionnement d'une foule et d'une scène. Mais est-il vraiment possible de mettre en avant la musique ? De temps en temps, le dessin essaie quelque chose pour nous montrer la musique. Souvent, le dessin se contente de rendre visible le cri de Dinah. D'une certaine manière, il y a donc échec sur ce point, mais pas sans plusieurs tentatives plus ou moins heureuses.

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**** Un premier volume que j'ai bien apprécié malheureusement suivi d'un second volume bien plus anecdotique. J'ai tout de même apprécié de lire les aventures de star de Dinah Drake.
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Image : Éditeur

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27/01/2018

The Hunger Games 3. Mockingjay par Suzanne Collins

Titre : The Hunger games 3. Mockingjay
Autrice : Suzanne Collins
Éditeur : Scholastic 25 février 2014
Pages : 400
TW : Violences d'état, mentions de tortures, violences policières

Les 75èmes jeux, censés être un moyen de se débarrasser de Katniss et de ses semblables, se sont terminés sur la destruction de l’arène. La réaction du Capitole a été immédiate et sans pitié. Le district 12 a été rasé par des bombes incendiaires et seule une minorité a survécu. De l'arène, seule Katniss et Finnick ont été sauvé par les rebelles et le district 13. Peeta, Johanna et Annie sont capturés par les forces du Capitole. Les choix de Katniss, bien que rendus nécessaires par une conspiration dont elle ne savait rien, font d'elle le visage de la révolte contre la tyrannie du président Snow. Car les districts sont en révolte ouverte contre le Capitole. Mais la guerre est difficile, les blessés et les enfants ne sont pas à l'abris de la vengeance. Il sera nécessaire de lutter rues après rues afin de détruire le Capitole.

SPOILERS

L'écriture de cette trilogie ne donne que peu d'informations sur la première guerre. On ne sait que peu sur le fonctionnement militaire du Capitole. Ce que l'on nous dit, en particulier par la voix de Katniss et de Peeta, implique que l'humanité pourrait disparaitre en cas de guerre. On a l'impression que Panem est la dernière civilisation au monde et sa tyrannie est nécessaire pour éviter l'extinction. Le second livre nous montrait une Katniss tentant d'éviter une guerre à la fois pour éviter des morts innocentes mais surtout pour protéger sa famille. Ce dernier tome permet de débuter la guerre annoncée et de poser la question de ce que l'on peut et ne peut pas faire dans le cadre d'un conflit. Panem et Snow sont montrés comme sans pitiés. Les forces militaires n'hésitent pas à user de la torture et de l'esclavage afin de vaincre et d'empêcher toutes possibilités de considérer la révolte. Face à eux, le district 13 est-il vraiment meilleur? À plusieurs reprises, des personnages posent la question des limites et surtout de leur existence. Cette réflexion n'est pas qu'académique. Elle est mise en scène dans plusieurs parties du livre et permet aussi de se poser la question des débuts de Panem, lorsqu'il a été décidé de sacrifier des enfants afin d'éviter une prochaine guerre.

Mais ce tome prend aussi au cœur de parler d'un thème déjà présent lors du second tome, mais mis en sourdine face à la nécessité de protéger la famille de Katniss : le choc post-traumatique. Le premier tome ne parlait que de la mère de Katniss. Le second s'attache un peu plus aux réactions de Katniss et Peeta, sous la forme de cauchemars, et permet de créer une meilleure compréhension du comportement d'Haymitch pour ne prendre qu'un exemple. Mais le troisième va bien plus loin. Plusieurs personnages sont montrés brisés, à cause de Panem. Finnick a de la peine à garder sa santé d'esprit, Annie essaie à plusieurs reprises de s'échapper, Johanna a peur de l'eau après avoir été torturée. Peeta a subi un lavage de cerveau et tente d'y échapper sans savoir s'il peut croire ses souvenirs ou ses sentiments. Katniss, bien entendu, est plus proche de nous puisque le roman est écrit selon son point de vue. On observe le personnage essayer de s'en sortir mais surtout retomber dans le traumatisme a plusieurs reprises. Dans ce troisième tome, le choc post-traumatique est montré comme une composante importante de la psychologie de Katniss. Elle tente de mettre en place des moyens de continuer à vivre mais il n'est pas rare que des descriptions montrent à quel point cela est difficile pour elle, et à quel point les moyens de fuites peuvent être simples à suivre. C'est, à mon avis, le point le plus important de ce dernier tome, plus que la guerre elle-même.

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**** Une conclusion qui donne l'impression d'être dans la logique directe des deux derniers précédents tomes. Bien qu'il y ait un happy end il implique une lutte importante et l'autrice semble nous dire qu'il pourrait être mis en cause.
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Image : Site officiel

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26/01/2018

Black Sails 1-4

TW : viols, meurtres, esclavage, tortures

Les Bahamas, Nassau, le XVIIIème siècle : Le monde connait ce que l'on nomme l'âge d'or de la piraterie. Alors que deux Empires se combattent afin de prendre le contrôle de ce que l'on nomme encore les Indes Occidentales plusieurs petites îles échappent au contrôle des britanniques ou des espagnoles. Ces ports permettent à des personnes peu recommandables de prendre la mer afin d'attaquer des navires, vendre les biens pillés et repartir après un ravitaillement. Bien que l'on aime dépeindre ces lieux comme anarchiques, Nassau est loin d'être en dehors d'une forme de gouvernement. Une femme, Eleanor Guthrie, filles du gouverneur, a pris la tête du commerce local qu'elle contrôle fermement. Mais elle est rêve de légitimité et de grandeur pour sa ville. Face à elle, de nombreux grands noms de la piraterie combattent pour le contrôle du port, Barbe Noir, Rakham, Charles Vane, Anne Bonny, ... Mais aucune de ces personnes ne sont aussi crainte que le capitaine Flint. Car Flint possède une vision et il ne reculera devant rien, ni la mort de son équipage ni la destruction de Nassau, pour rendre ses souhaits réels.

SPOILERS

Il est très difficile de ne pas donner de spoilers sur une série à la fois ambitieuse et très restreinte. Bien que les personnages semblent nombreux on connait rapidement les plus importants. Même si une partie de l'intrigue a lieu en mer une grande partie se déroule autour de Nassau. Et même si le thème est très vaste il se concentre sur un ou deux personnages et leur relation avec celui-ci. De plus, la réalisation porte sur une histoire connue, souvent romantisée, la piraterie. Nous avons tous au moins entendu parler de Pirates des Caraïbes et certains noms de pirates célèbres sont encore connu assez largement. Cette série ne s'attache pas aux évènements. Une grande partie des morts n'ont lieu ni à l'époque ni à la manière dont on les connait. Le Capitaine Flint est une invention de Stevenson. Cependant, il me semble, du moins selon les connaissances que j'ai de l'époque, que le fonctionnement d'un navire et d'une bataille navale sont bien mis en scène. Même si elles sont rares, les batailles sont très prenantes et l'on est rapidement inquiet pour le bien être des personnages. Mieux encore, la série n'hésite pas à prendre en compte l'importance de l'esclavage, et les problèmes posé pour les personnages. Il n'est pas rare de rencontrer des esclaves et, en particulier durant les saisons 3 et 4, ce sont des personnes qui ont fui leur condition qui prennent une part importante dans le déroulement de l'intrigue. Ainsi, il n'est pas rare de côtoyer d'anciens esclaves dans des positions de pouvoir tandis que des hommes libres sont forcés à donner leur vie pour l'Empire britannique. Dans ce cadre, la série considère que leur condition, qui n'est pas identique, peut permettre un rapprochement des luttes en direction d'un idéal de liberté.

Cependant, la question principale de la série ne concerne ni l'histoire ni les personnages mais la relation que nous avons avec la civilisation. On nous montre une ville considérée comme en dehors de la civilisation. Mais celle-ci fonctionne plus ou moins bien selon les personnes en charge. Au début de la série, la personne en charge est Eleanor Guthrie. Elle est décrite comme la fille du gouverneur qui, afin de s'enrichir, a accepté la piraterie. Bien qu'elle soit fragilisée parce qu'une femme elle réussit à prendre le contrôle du commerce et donc des pirates, qu'elle n'hésite pas à confronter. Sous son auspice, la violence est au plus bas car elle est défavorable au commerce et dont à l'enrichissement de tout le monde. Cependant, elle souhaite mettre en place une forme de légitimité que celle-ci soit sous l'égide de l'un des Empires ou d'une manière autonome. Cette légitimité est un moyen pour elle de garantir le commerce mais aussi le bien être des personnes qui vivent à Nassau, et qui sont loin d'être toutes des pirates. Au fil de la série, elle sera de moins en moins violente pour se rapprocher d'un idéal lorsqu'elle se marie au nouveau gouverneur. Mais cela n'enlève rien à ses capacités de décisions. Elle est "secondée" par Max, une ancienne esclave qui se prostitue et amante d'Eleanor. Max débute avec comme seul but de se libérer afin d'éviter toute servitude. Mais, rapidement, elle deviendra la seconde personne la plus puissante de Nassau et aide aux efforts de stabilité, là aussi pour aider le commerce. Ainsi, les personnages féminins de la série ont des capacités fortes de décisions et sont très intelligentes. Plus encore, elles sont les catalyseurs de la mise en place d'un ordre voire d'un retour de ce que l'on nomme civilisation. Il est révélateur que les intrigues se concluent, lors de la saison 4, par une entente entre plusieurs femmes qui possèdent le réel pouvoir derrière leurs maris.

Face aux femmes, il y a les hommes. Et en particulier le Capitaine Flint et Woodes Roger. Bien entendu, ces deux hommes sont secondés par un grand nombre d'autres personnages, en particulier Flint qui doit lutter contre Silver et Billy Bones. Mais ce sont Flint et Roger qui tiennent la seconde partie de l'intrigue entre leurs mains. Les deux ont connu un scandale qui les a changés. Ce sont les deux des personnes en hausse dans la société militaire britannique. Flint perd son poste après avoir soutenu la mise en place de pardons pour les pirates et avoir été mêlé à un scandale sexuel. Roger est en disgrâce après une bataille navale, ruiné mais célèbre. Les deux personnages sont très proches car leurs idéaux, leurs capacités tactiques et leurs volontés sont presque identique. L'un défend une forme d'anarchie tandis que le second défend la civilisation. Dès la saison 4, mais cela est mentionné lors de la saison 3, on apprend que Roger a des tendances violentes et que sa défense de la civilisation britannique peut passer par des actes de cruauté extrême voir de rébellions contre la couronne. Flint, lui, est d'abord dépeint comme un romantique qui souhaite la mise en place d'une nation de pirates, autonomes, capable de résister aux deux Empires. Mais il atteint un point de non-retour dès la saison 3, après la mort de la dernière personne à le relier à son passé. De plus en plus, sa guerre n'est plus montrée ni défendue comme une défense contre un pays tortionnaire et autocrate mais une vengeance. Flint a perdu toutes les personnes qu'il aime et son combat est un moyen pour lui de faire payer à l'Angleterre la manière dont il a été traité. Alors qu'il souhaite une guerre totale les autres personnages qui le suivent préfèrent un retour à une forme de normalité, ce qui inclut des concessions. Flint est donc montré comme une personne endommagée, de plus en plus violente, incapable de faire son deuil. Heureusement, la série réussit à éviter sa mort et lui offre une fin bien plus intéressante. Au final, les hommes de la série sont des facteurs de guerre et de destruction tandis que les femmes sont montrées comme les personnes qui possèdent véritablement le pouvoir, que ce soit en cachette ou non.

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**** Si vous souhaitez en apprendre plus sur l'histoire de la piraterie cette série n'est pas très adéquate, malgré une bonne mise en scène du fonctionnement d'un navire selon mes connaissances. Mais si vous voulez une série qui parle de pouvoir et de civilisation sans cacher les problèmes que cela implique elle est adaptée à vos envies.
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Image : Site officiel

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09:19 Écrit par Hassan dans Histoire, moderne, série | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : black sails, starz | | | |  Facebook

22/01/2018

Darkest Hour / Les heures sombres

L’Allemagne, sous la conduite d'hitler, a lancé une guerre rapide et totale en Europe. Il a déjà pris le contrôle de l'Europe de l'est et se prépare à envahir la Belgique ainsi que la France. Alors que ses chars écrasent tout sur leur passage le monde politique britannique est en pleine ébullition. L'opposition ne peut plus accepter un premier ministre dont la politique, selon eux, a mené le royaume au désastre. Neville Chamberlain doit partir. Cependant, l'opposition annonce qu'elle acceptera un premier ministre adversaire dans un esprit de coopération en temps de guerre. Mais quelle personne pourrait prendre le poste dans ce contexte si dangereux ? Bien que personne ne semble le souhaiter, le choix se porte sur un homme que l'on croit incapable : Winston Churchill. Et ce dernier, dans ses discours, annonce une politique claire : la victoire à tous prix, la lutte jusqu'à la fin. Mais pourra-t-il imposer ses idées dans un gouvernement divisé par une tendance pacifiste ?

SPOILERS

Commençons par les bons points. La réalisation est particulièrement bonne. L'image est tout simplement magnifique. Les costumes sont flamboyants (du moins autant qu'un costume masculin puisse l'être) tandis que les décors donnent une impression d'authenticité. On est transporté dans le monde londonien de la guerre. Au milieu des palais on nous offre les personnes qui vivent dans la ville lors de scènes fugaces ou lors d'un passage dans le métro. Le seul point faible pourrait être ces quelques scènes prises en hauteurs dont je n'ai pas compris l'intérêt exact. Mais il est possible de passer outre. Tout ceci ne serait rien si les acteurs et les actrices n'étaient pas tout aussi parfait-e-s. Garry Oldman est en pleine forme mais il est aidé par le reste du casting (j'apprécie particulièrement le roi joué comme une personne à la fois consciente de son rôle et un peu mal à l'aise). Les dialogues sont tout aussi bien écrits, bien que l'écriture ait probablement beaucoup emprunté au personnage réel. D'un point de vue purement académique, il n'y a rien à redire. C'est du classique, sans surprises, mais c'est beau.

Mais le film pose un problème important : il est vide. Ce film me proposait de raconter de quelle manière Winston Churchill a réussi à imposer sa politique face à un gouvernement et un parlement réfractaire. Malheureusement, le film ne fait rien de tout cela. Il se contente de faire ce que tous les biopics font, et ce qu'aucun biopics ne devrait faire : montrer pourquoi son personnage principal est un génie destiné à la grandeur. La réalisation nous montre qu'il existe une confrontation entre Churchill, Chamberlain et Halifax. Mais cette confrontation n'est jamais développée. On ne sait pas qui sont ces personnes, quel est le contexte politique, de quelle manière Halifax et Chamberlain veulent reprendre le siège de premier ministre. On ne sait rien des complexités politiques de l'époque. On a simplement l'impression que deux personnes nient le caractère historique, grandiose, d'une personne dont on sait déjà qu'elle a vaincu. À la sortie du film on ne peut qu'être confus. On ne comprend pas comment fonctionne le parlement, qui est qui ni ce que sont ces partis dont Churchill parle si souvent. Le film échoue majestueusement à traiter son propre sujet !

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*** Si vous souhaitez voir un film de costume Darkest Hour est fait pour vous. Si vous souhaitez comprendre les complexités politiques de l'époque passez votre chemin.
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Image : Allociné

Site officiel

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09:19 Écrit par Hassan dans contemporain, Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : darkest hour, les heures sombres | | | |  Facebook

21/01/2018

Wonder

TW : validisme, harcèlement scolaire

Wonder est l'histoire, adaptée d'un roman, de August Pullman. Cet enfant a une malformation physique qu'il cache derrière des masques. Il n'a jamais été à l'école, sa mère prenant en charge son éducation. Mais, à la rentrée, ses parents décident qu'il est temps de l’emmener dans une école privée avec un programme de science de haut niveau, ce malgré leurs craintes en ce qui concerne sa capacité à s'intégrer. August lui-même a peur de ce qui va lui arriver. Il ne sait rien de l'école ni des règles tacites qui font fonctionner les relations entre les élèves. Son entrée est très difficile. Personne ne lui parle et tout le monde le dévisage. Une rumeur se répand, il serait contagieux. Mais August persévère et, petit à petit, devient de plus en plus apprécié à la fois des élèves et des professeureuses.

SPOILERS

J'avais beaucoup de craintes en ce qui concerne ce film. Je craignais une nouvelle histoire sur une personne en situation de handicap, différente, qui reste forte malgré tout. Un film qui ne remet pas en cause le fonctionnement de la société mais permet à nous, personnes valides, de nous émerveiller devant "la force de ces personnes différentes." Une belle histoire faites pour pleurer mais qui ne critique rien. D'une certaine manière, mes craintes étaient fondées. La dernière scène est l'occasion de récompenser ce petit garçon et sa force intérieure, lançant le message éculé de la beauté intérieure bien plus importante que la beauté extérieure. Il y a tout de même de beaux moments. J'ai apprécié avoir le point de vue d'autres personnages ayant leurs propres problèmes. Mais cela pourrait donner l'impression que les difficultés rencontrées par Auguste ne sont pas différentes de celles d'une personne valide. Il y a aussi cette scène durant laquelle plusieurs garçons décident de fraterniser, d'accepter leurs émotions comme une composante de leur identité et non une source de honte (bien qu'il soit possible que je surinterprète cette scène). Mais le plus gros problème concerne à la fois l'histoire et le casting. Le film est une adaptation d'un roman écrit par une personne valide suite à une rencontre vécue dans un magasin de glace. Le casting est constitué d'Auguste est offert à un jeune garçon valide. Il n'y a donc aucune place aux personnes concernées. On parle à leur place, on leur explique comment se comporter et de quelle manière accepter que la société les considère toujours comme différentes. Même avec toute la bonne volonté du monde, les acteurs et actrices ne pourront jamais vraiment comprendre ce que vivent les personnes concernées. Et écrire un film sur elles pour ne pas les intégrer au processus créatif n'est pas qu’une erreur, c'est un acte d'invisibilisation qui ne devrait plus exister.

Ce film met aussi en avant des scènes de harcèlement contre Auguste. Selon moi, la réalisation échoue largement à comprendre la problématique du harcèlement scolaire. Le harcèlement contre Auguste est montré de temps en temps. Il consiste principalement en des regards, des refus d'amitiés, quelques paroles mais surtout un ou deux billets insultants. Ce n'est que tardivement que l'on montre la teneur de ces billets et leur nombre. Les propos sont très graves et le nombre très élevé. Mais le film échoue à montrer cela. On ne voit jamais que le harcèlement ce ne sont pas quelques billets et propos isolés, ou un comportement peu poli. C'est à la fois une forme de bannissement et des actes constants. Le film échoue à montrer que la fuite est impossible parce que la victime est enfermée dans un lieu précis pendant 8 heures avec les personnes qui harcèlent, sans aide et ce pendant une grande partie de l'année. Le harcèlement implique aussi l’aveuglement, voulu ou non, de la part des adultes (quand les professereuses ne sont pas elleux-même des personnes qui harcèlent). Là aussi, le film ne dit que peu de choses. Seule une scène montre un directeur et une famille ne pas se comprendre autours de la gravité des actes. Là où le directeur souhaite une expulsion de deux jours, plutôt léger, les parents défendent à tout prix leur fils et retournent l'accusation contre la victime. L'idée que le harcèlement scolaire est anodin, un jeu, est malheureusement encore prégnant dans la société et seuls les cas graves donne l'occasion d'une remise en question bien faible. Enfin, la réalisation échoue à prendre en compte le numérique. Auguste et ses camarades se trouvent sur l'Internet, y jouent, y parlent et y travaillent. Le numérique n'est donc pas absent du harcèlement scolaire et l'aggrave de manière significative puisque la maison et les vacances ne sont plus des temps et des lieux de tranquillité. Mais jamais Auguste ne vit cela. L'Internet n'est qu'un moyen de jouer à Minecraft.

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** Le film aurait pu réussir si la réalisation avait souhaité s'attaquer frontalement aux sujets difficiles. Au lieu de cela, un message classique et gentillet est préféré.
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Image : Allociné

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12:31 Écrit par Hassan dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : wonder | | | |  Facebook

Batman: The killing joke

TW : sexisme, possible viol (ni montré ni mentionné mais sous-entendu par l'histoire)

Batman n'est pas seul dans sa lutte. Non seulement il fonctionne en partenariat avec James Gordon, commissaire de police, mais il a aussi des allié-e-s à l'instar de Nightwing. Une alliée particulière est Batgirl, Barbara Gordon. Dans Batgirl année Un on apprend de quelle manière Batgirl est née et surtout qu'elle a décidé de combattre le crime malgré son père et Batman. Mais la relation avec Batman est difficile. Il est exigeant, manipulateur et ne parle jamais. Leur relation ne risque pas d'être meilleure lorsque le Batman demande à James Gordon un accès à Arkham, afin de visiter le Joker. Mais ce dernier s'est échappé. Tous les lieux et toutes les personnes qu'il fréquente après une évasion sont fouillés et interrogées par le Batman. Mais personne n'a vu le Joker. Est-ce que cela implique qu'il va rester calme ou prépare-t-il quelque chose de pire que d’habitude ?

SPOILERS

The Killing Joke est une œuvre controversée, à raison. L'auteur, Alan Moore, s'est distancié en critiquant son œuvre ainsi que le processus créatif qui a permis d'accepter ce qui arrive à Batgirl. Une adaptation ne pouvait que créer un retour de ces controverses, malgré le souhait d'ajouter plus de substance au personnage de Barbara Gordon. Nous reviendrons à ce sujet plus bas. Personnellement, il m'a fallu beaucoup de temps pour me décider à voir l'adaptation et je doute fortement vouloir acheter le comics un jour. Suite à mon visionnage, il me semble que The Killing Joke est avant tout l'histoire de Batman et du Joker, le reste n'est qu’accessoire. Cette relation est souvent mise en avant. Les deux personnages semblent former un couple uni dans la haine l'un de l'autre et une forme de compréhension mutuelle. Dans le film, le principal problème de Batman est d'essayer d'éviter une fin qu'il pense inévitable : la mort de l'un des deux. Le Joker, lui, souhaite prouver quelque chose au Batman. Il souhaite lui prouver que tout le monde peut devenir comme lui dans des circonstances particulières. D'une certaine manière, le Joker montre ici qu'il comprend le Batman et ce qui le pousse puisque, selon le film, la folie provient de l'incapacité à accepter des événements destructeurs. On connait l'origine du Batman, le film nous ajoute des flashbacks pour connaitre celle du Joker, une origine basée sur une très mauvaise journée. La fin est intéressante dans cette optique puisqu'on peut se demander si la dernière blague ne concerne pas les deux personnages et leur relation particulière à leur santé d'esprit.

Cette adaptation se base sur un comics durant lequel Barbara Gordon reçoit une balle à bout portant par le Joker, suite à cela elle se retrouve paralysée et devient Oracle. Cependant, son attaque, dans le comics, n'est qu'un moyen de lancer l'intrigue et de forcer le Batman à chercher le Joker et la commissaire. Pire, le corps de Barbara Gordon, dénudé, est utilisé pour aider à rendre fou James Gordon. Bref, Barbara n'est pas un personnage mais un objet utilisé pour lancer une intrigue. La réalisation de l'adaptation a tenté de passer outre ce problème majeur en ajoutant une demi-heure d'écran à Barbara. Un temps d'écran dont le but, je pense, était de la montrer comme active et capable de prendre ses propres décisions. Malheureusement, ce choix est dénaturé par la manière dont elle est mise en scène. Loin d'être active elle est montrée comme dépendante du Batman. Pire, lors d'une scène elle devient l'amante de Batman. Dès que ce dernier ne lui parle plus elle décide d'abandonner son rôle d'héroïne. Le message est donc que Barbara est devenue Batgirl afin de se rapproche d'un homme dont elle est amoureuse. Ce choix scénaristique lui enlève toutes ses capacités et n'en fait qu'un être sexuel au profit d'un homme distant. Loin de lui donner l'histoire qu'elle mérite cela détruit encore un peu son personnage au sein d'une œuvre déjà dure envers elle.

* L'intrigue original a très mal vieilli, et c'est une bonne chose. Cette adaptation était un très mauvais choix de la part de DC.
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Image : Allociné

Site officiel

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11:40 Écrit par Hassan dans BD/Comics, Comics, DC, Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : batman, the killing joke, dc | | | |  Facebook

20/01/2018

The Hunger Games 2. Catching fire par Suzanne Collins

Titre : The Hunger games 2. Catching fire
Autrice : Suzanne Colins
Éditeur : Scholastic 1 juillet 2010
Pages : 384
TW : Violences d'état, mention de torture, violences policières

Katniss et Peeta ont créé l'histoire. Illes ont réussi à faire croire au Capitol que leur amour est véritable, Avec cette arme dans leur main illes ont réussi à forcer les jeux à accepter une double victoire, pour la première fois depuis l'institution des Hunger Games. Mais le président Snow est inquiet. Les districts n'acceptent plus les décisions du Capitole et les petites révoltes individuelles commencent à se transformer en ce qui pourrait bien devenir une révolution. Snow décide que seule une personne peut empêcher les districts de se révolter. Cette personne est Katniss. Elle doit convaincre tout le monde que son geste dépendait de son amour pour Peeta et non d'un calcul pour humilier le Capitol. De sa réussite ne dépend pas seulement la paix mais aussi la survie de sa famille, de celle de Peeta et celle de Gale.

SPOILERS

Les personnes, nombreuses, qui ont vu le film savent que l'un des thèmes majeurs de cette trilogie concerne l'importance des médias. Le livre ne déroge pas à ce thème. Le premier montrait Katniss tenter de comprendre comment user des médias, et échouer. Ce second tome donne une importance plus grande encore car Katniss est un double symbole. En ce qui concerne le Capitole, et ses habitant-e-s, elle est une femme amoureuse. C'est l'image qui doit être créée et distribuée par les médias contrôlés par l’État. Ainsi, Katniss, Peeta et Snow font tout en leur pouvoir pour construire ce symbole afin d'éviter une révolte. Car Katniss est aussi un symbole de révolution. Cette partie n'est que peu montrée, étant donné les communications difficiles entre les districts dans cet univers. Mais on apprend, petit à petit, quelles sont les conséquences des gestes de Katniss. Ses paroles et ses costumes deviennent des symboles de ralliement contre un ennemi commun. On le voit lors d'une scène dans un district mais aussi dans la forêt, lorsqu'elle rencontre des personnes qui ont fui pour rejoindre le mythique district 13.

Cependant, ce livre pose aussi le problème de la révolte. Surtout, il tente de montrer de quelle manière il est possible de se révolter face à un état dictatorial. Le district 12 est montré comme peu contrôlé, face à d'autres ou les règles sont bien plus strictes. Mais l'autrice à la bonne idée de montrer un changement de direction. Celle-ci passe par le remplacement des personnes qui étaient chargées de la répression, afin de mettre en place non seulement un commandement plus dur mais aussi des soldat-e-s qui n'ont pas de liens avec la population. La répression passe aussi par les couvre-feux et la remise en ordre d'un système architectural et économique de contrôle. Il est intéressant qu'il soit mentionné qu'un tel changement ait déjà eu lieu auparavant. Mieux encore, l'autrice continue à utiliser son univers pour ne pas trop nous en dire. Ainsi, on ne sait que peu de choses sur les autres districts. Mais cela n'empêche pas les personnages de parler et de nous faire comprendre que plusieurs ont connu des révoltes qui ont eu un impact sur l'économie globale du pays. Cet aspect permet de mettre en avant l'importance des communications, et de leur contrôle, si on souhaite une révolution ou en empêcher une. Bref, un second tome à la fois proche et plus développé que le premier, ce qui permet de construire un peu plus son univers tout en laissant de côté les Hunger Games proprement dit.

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**** Avoir vu les films m'empêche de ressentir des surprises face aux intrigues, mais j'apprécie de voir comment l'autrice a construit son livre et surtout ce qu'elle a mis en place sans que le film ne le reprenne
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Image : Éditeur

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Three billboards outside Ebbing Missouri / 3 Billboards, les panneaux de la vengeance

TW : mention de viol, harcèlement policier, violences policières, suicide, mention de violences conjugales

Ebbing, une petite ville du Missouri. Elle possède tout ce que ce genre d'endroits doit avoir pour mériter d'y vivre. Il y a une école, un bar, des commerces locaux ainsi qu'une TV locale et une station de police. Il y a aussi un commerce de souvenirs dont l'une des employées est Mildred Hayes. Cette ville possède aussi un mystère. Il y a six mois, la fille de Mildred sortait de chez elle à pied quand elle a été assassinée par des personnes inconnues. Depuis, la police est incapable de trouver la personne coupable. Il n'y a plus de nouvelles et Mildred a l'impression que plus personne ne s'intéresse à résoudre le meurtre de sa fille. Elle décide donc, sur un coup de tête, de louer trois panneaux publicitaires sur lesquels elle s'adresse à la police et, plus précisément, à son chef. Mais son attaque n'est pas appréciée par tout le monde. La ville se divise et, rapidement, la police commence à s'intéresser fortement à Mildred, sa famille et ses ami-e-s.

SPOILERS

Je suis un peu ennuyé par ce film. D'une part, je ne peux qu'apprécier non seulement le jeu des acteurs et actrices et les dialogues écrit pour elleux mais, d'autre part, je pense que le film échoue en ce qui concerne son message. La réalisation a réussi à s'attacher plusieurs personnes que j'ai déjà remarqué ailleurs et qui, ici, réussissent à incarner des personnages complexes. L'écriture est sans excuses, il n'y a pas d'hésitation à utiliser des jurons ou la colère pour mieux faire comprendre son point de vue. Mais elle est aussi utilisée pour mieux faire comprendre le fonctionnement de cette petite ville presque entièrement montrée comme blanche.

Si je le précise c'est parce que le principal problème du film, à mon avis, concerne le traitement des violences policières. Celui-ci existe à deux niveaux. Le premier concerne le chef de la police local, Bill Willoughby. Celui-ci est montré comme une personne ayant de l'expérience. L'incapacité à trouver une personne suspecte ne dépend pas de lui mais des circonstances et il souhaite vraiment offrir justice à Mildred. Cependant, il est aussi aveugle au problème posé par ses hommes, vu qu'il n'y a pas de policières dans ce poste. Selon lui, il est peu utile de lutter contre le racisme policier puisque tous les membres de son poste sont racistes. Il laisse donc faire et accepte une forme de harcèlement raciste. Pire encore, il ne lui faut pas beaucoup de temps pour tenter de faire pression sur Mildred afin qu'elle subisse les conséquences des panneaux qu'elle a loué. Conséquences qui pourraient mener à la prison. Il protège aussi Jason Dixon.

Ce dernier, selon ce qui nous est dit, a torturé un homme noir dans les locaux du poste de police. Mais l'absence de preuves, bien que personne ne doute de ses actes, n'ont pas permis de s'en débarrasser. En fait, il apparait rapidement que Bill fait tout pour le garder pour une raison qui me pose problème. Jason Dixon est montré comme enfantin, il vit toujours chez sa mère et cela donne l'occasion de moqueries, bête, il a redoublé l'académie de police et ne comprend pas les jeux de mots, et violent. Il n'hésite pas à menacer d'arrêter un homme noir qui ne fait que travailler, il revendique ses actes racistes et surtout, vers la moitié du film, on le voit défenestrer un homme pour se défouler puis le tabasser dans la rue. Enfin, il n'hésite pas à une seconde à harceler Mildred de toutes les manières possibles. Au lieu de condamner ces actes le film essaie d'offrir une forme de rédemption à Jason Dixon. Celle-ci prend la forme d'une épreuve d'humiliation, il est publiquement licencié, suivie d'une épreuve physique durant laquelle il est tabassé après avoir été brulé gravement lors d'un incendie. Ces épreuves permettent deux choses : premièrement il découvre enfin une personne suspecte, ensuite il se rapproche de Mildred ce qui permet à l'audience de le voir positivement malgré ses actes de violence couvert par les autorités. La raison de cette rédemption prend son origine dans la pensée de Bill, exprimée à plusieurs reprises. Jason Dixon est, en fait, une personne qui a un bon fond. Sa violence et son racisme ne sont que l'expression d'une douleur interne suite à la mort de son père. Bref, ses actes doivent non seulement être pardonnés mais il faut aussi tenter de le comprendre plutôt que de le condamner. Je ne peux, personnellement, pas souscrire à un tel message, en particulier si l'on prend en compte le contexte des États-Unis en ce qui concerne les violences policières racistes (ce qui ne veut pas dire qu'il n'existe pas de violences en Suisse mais le film ne s'y déroule pas).

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** Bien que la réalisation soit très bonne je ne peux pas accepter le message délivré par cette œuvre.
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Image : Allociné

Site officiel

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15/01/2018

L'inquisition. Enquête historique. France, XIIIe-XVe siècle par Didier le Fur

Titre : L'inquisition. Enquête historique. France, XIIIe-XVe siècle
Autrice : Didier le Fur
Éditeur : Livre de poche 14 janvier 2015
Pages : 183

L'inquisition est une institution que l'on connait par de nombreuses adaptations sur l'époque médiévale. Elle est montrée comme un milieu sans pitié, ses membres seraient des adorateurs de la torture et des mises à mort. L'inquisition aurait mis en place un climat de terreur que seul l'arrivée des Lumières a permis de stopper. En somme, c'est l'un des aspects de la légende noir du Moyen-Âge. Ce petit livre propose de condenser les informations que l'on sur le fonctionnement de l'Inquisition afin de mieux comprendre de quelle manière elle a été mise en place, les raisons de son existence et surtout d'éviter les mythes pour mieux se rapprocher d'une réalité scientifique. Cet exercice de Didier le Fur prend moins de 200 pages et 3 parties. À cela il faut ajouter une introduction qui revient en partie sur l'historiographie ainsi que des annexes dans lesquelles on trouve une chronologie ainsi que les interrogatoires proposés par Bernard Gui.

La première partie se concentre sur la mise en place de l'Inquisition. L'auteur y explique que le royaume de France, sur lequel il porte son attention, est considéré comme envahi par les hérésies. En effet, plusieurs groupements se constituent et critiques le fonctionnement de l’Église de Rome. L'auteur étudie les vaudois, il explique que ce groupe essaie de mettre en place une règle de vie mais son chef refuse les ordres du Pape ce qui conduit à une lutte contre ses fidèles. Ce qui pose problème est la possibilité des femmes et des laïcs de prêcher. Le second groupe est celui des Cathares. Il semble bien plus critique que les vaudois puisque le monde et l’Église sont qualifiés de création d'un dieu mauvais, suivant en cela une forme de manichéisme. Dans les deux cas, il a été nécessaire de mettre en place une procédure afin de lutter contre ces hérésies, bien que parfois certaines raisons politiques puissent expliquer les poursuites.

Le fonctionnement de l'Inquisition est examiné dans la seconde partie. Didier le Fur est très clair et divise la procédure en différentes étapes, tout en explicitant en quoi l'Inquisition ne fonctionne pas selon les règles du droit de l'époque. En effet, la défense et les témoins ainsi que les preuves sont acceptées tant que l'inquisiteur les considère utiles. Didier le Fur explicite aussi le fonctionnement de la torture. Loin d'être utilisée largement elle doit suivre une procédure spécifique puisque les membres du clergé n'ont pas le droit de verser le sang. Ainsi, il est nécessaire de présenter les instruments, de commencer par le moins douloureux et surtout de s'arrêter dès qu'un aveu est obtenu. L'auteur explique que le seul but de la procédure est de recevoir cet aveu qui, dans les cas de torture, peut être récusé après 24 heures. Ce qui crée des problèmes pour les personnalités de l'époque qui hésitent entre recommencer la torture ou considérer la personne comme parjure. Suite à l'aveu, il est possible de lancer le jugement et de choisir une peine, celle-ci étant double : une peine ecclésiastique qui permet la repentance et une peine laïque.

La troisième partie s'intéresse au lien entre inquisition et sorcellerie. En effet, l'auteur montre que l'Inquisition s'intéresse en grande partie aux hérésies, la sorcellerie n'est pas considérée comme un danger aussi sérieux. Cependant, le Pape Jean XXII au XIVème siècle ouvre la voie à une répression des personnes soupçonnées de sorcellerie. Le problème est lié à l'hérésie étant donné que la sorcellerie est conçue comme un pouvoir obtenu non pas de dieu mais du diable, en échange d'une adoration de ce dernier. Sans s'y intéresser d'une manière précise, l'auteur explicite les rapports entre la chrétienté et le diable. Il nous parle aussi de la mise en place du sabbat comme rituel spécifique aux sorcières. Mais il nous montre surtout de quelle manière la procédure est adaptée afin de prendre en compte cette nouvelle cible.

Ce petit livre est intéressant pour les personnes qui s'intéressent aux hérésies et à l'Inquisition durant l'époque médiévale. Il est complet et permet de mieux comprendre le fonctionnement d'une institution qui donne souvent lieu à des fantasmes, bien qu'il ne faille pas laisser de côté une forme d'érotisme aux dépens des femmes. Court et synthétique il s'y ajoute une bibliographie qui permet de se lancer dans des aspects plus précis.

Image : Éditeur

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14/01/2018

Batman and Harley Quinn

TW : sexisme, harcèlement sexuel

Un soir à Gotham, Poison Ivy et Jason Woodrue cambriolent ensemble pour rapidement partir sans n'avoir rien pris. Mais le Batman comprend rapidement que leur but n'était pas matériel mais de trouver une information. Celle-ci est potentiellement très dangereuse. En effet, Poison Ivy et Jason Woodrue essaient de comprendre ce qui a pu donner vie à Swamp Thing. Pire encore, illes ont kidnappés un expert en armes biologiques. Batman et Nightwing décident de tout faire pour retrouver les deux complices. Mais il est difficile de les suivre. C'est la raison pour laquelle ils décident de chercher Harley Quinn. En effet, sa relation avec Poison Ivy pourrait permettre de mieux la comprendre et de la retrouver. Peut-être même pourrait-elle convaincre son amie de ne pas détruire le monde ? Mais est-il possible de faire confiance en l'ancienne complice du Joker ? Même si elle n'a pas accompli de crimes depuis sa sortie d’Arkham ?

SPOILERS

Ce film est un hommage assumé envers la série Batman des années 90. Une série que je regardais quand j'étais enfant, le matin en week-end. De plus, le titre et le film semblaient vouloir rendre hommage à Harley Quinn, un personnage qui provient de la série susmentionnée. Il m'était difficile de résister à l'envie de revenir en enfance et de revoir un personnage que j'apprécie, et donc la vie est loin d'être sympathique. J'ai rapidement été déçu. Si nous prenons d'abord en compte le "scénario" on comprend vite qu'il est presque inexistant. Ce que l'on nous offre est une forme de road movie avec deux justiciers et Harley. Le format est simple, le trio discute dans la voiture, Harley fait une demande refusée puis Batman accepte et doit gérer Harley. Pire encore, il n'y a pas de fin. Le film se termine abruptement après l'arrivée d'un Swamp Thing qui... ne sert à rien et repart tout aussi rapidement. Les scénaristes nous laissent en plan sans rien savoir, comme s'ils avaient été pris d'une fainéantise intense. J'ai l'impression que l'absence de scénario est aussi basé sur l'envie de faire de l'humour via Harley Quinn. Malheureusement, les "blagues" sont très mauvaises voir de mauvais goût. Ainsi, le film échoue à créer une histoire intéressante et à nous faire rire. Pourtant, il aurait été possible de développer au moins deux thèmes. Premièrement, Poison Ivi et Jason Woodrue peuvent porter une intrigue écologiste forte. Ensuite, il aurait été possible de parler de la difficulté de la sortie de prison et du retour dans une vie active. En effet, Harley Quinn est serveuse dans un bar peu engageant malgré son doctorat. Elle explique dans une scène que ses lettres de candidatures sont toutes refusées à cause de son passé. Mais les scénaristes ont soit refusé soit eu peur de ces deux pistes.

Mais il y a pire. Il y a la manière dont Harley, et les femmes de manière générale, sont utilisées. Comme je l'ai dit, Harley est une serveuse dans un bar. Il faut comprendre que celui-ci est un bar dont le thème est les héroïnes. Les serveuses sont donc en costume, modifiés pour être bien plus révélateurs (même si les costumes classiques sont déjà bien révélateurs). Il nous est rapidement montré que les hommes n'hésitent pas à toucher ces serveuses et à les observer sans leur consentement. Même si l'un des clients est puni par Harley pour son comportement il n'est pas montré comme fondamentalement en tort. Puis, dans le reste du film, il n'y a jamais d'hésitation à montrer Harley dans des postures "sexy" ou peu vêtue. Bref, j'ai du mal à comprendre qu'un tel traitement ait été accepté durant la production puis la sortie. Heureusement, les bonus contiennent deux épisodes de la série animée Batman sur Harley Quinn. Ceux-ci mettent bien plus en valeur le personnage tout en mentionnant le comportement horrible du Joker envers elle.

* Fuyez
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Image : Site officiel

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13/01/2018

The Hunger games 1 par Suzanne Colins

Titre : The Hunger games 1
Autrice : Suzanne Colins
Éditeur : Scholastic 1 juillet 2010
Pages : 384
TW : Violences d'état, torture, violences médicales

10 ans après tout le monde, et 4 films adaptés de la trilogie, je me suis enfin décidé à lire The Hunger Games. Les livres se trouvaient dans ma pile à lire depuis un bon moment mais, pour une raison ou une autre, je n'avais jamais pris le temps de m'y intéresser. Étant donné que je les ai lus après avoir vu les adaptations cinématographiques il m'est difficile de ne pas prendre les films en compte dans mon ressenti face à ce premier roman. Hunger Games se déroule dans un futur non spécifié. Il pourrait aussi bien être proche que très lointain. Tout ce que l'on sait c'est que l'intrigue se déroule sur le territoire de ce qui fut les Etats-Unis, dans 12 districts coupés les uns des autres et le Capitole. Suite à une guerre civile, 74 ans auparavant, il a été décidé que les tous les ans 2 enfants de chaque district seraient sacrifiés dans des jeux. Seule une personne peut survivre et devenir riche. Cette année, ce sont Peeta Malark et Katniss Everdeen qui sont choisis.

SPOILERS

Comme je l'ai dit, je suis nécessairement influencé par les films. Bien entendu, les romans et les films diffèrent sur plusieurs points, pour mieux expliquer l'univers. Ainsi, dans le roman le point de vue de Katniss et le seul et elle explicite ce que l'on a besoin de savoir. Dans les films les informations sont offertes par les commentateurs qui observent les jeux. De plus, il va de soi que les romans sont meilleurs, tout simplement parce que l'intrigue est construite dans le cadre d'un livre et qu'une adaptation en scénario implique nécessairement une perte de substance. Mais je vais tout de même me concentrer sur deux points majeurs sur lesquels les romans sont bien meilleurs et les films échouent à montrer, du moins selon moi.

Le premier point est l'impact psychologique. Celui-ci est peu montré dans le premier film. On ne l'observe que dans le second et le troisième, alors que Katness fait des cauchemars récurrents. Dans les romans, l'impact est immédiat. Bien entendu, on apprend que Katness est avant tout une survivante. Elle ne s’embarrasse pas des lois et des limites si cela lui permet de mettre sa famille, et sa sœur, en sécurité. Ce que les romans montrent est que, justement, cette composante de survie est la première chose qui fait fonctionner Katness. Si son personnage n'est pas amoureux de Peeta dès le début ce n'est pas par un calcul stratégique mais parce que Katness veut d'abord survivre, et l'amour ne peut que rendre cette survie plus difficile. Le roman nous montre de quelle manière ce besoin et les souhaits et incompréhensions de Katness jouent et lui permettent d'avancer ou de reculer selon les circonstances. Ils permettent aussi de montrer l'impact des tueries, et des jeux, bien avant le second roman.

Le second point qui m'a fait une impression concerne le rapport à son propre corps. On sait, dans les films, que la famille de Katness n'est pas riche et à risquer de mourir de faim. On observe aussi les efforts du Capitol pour remodeler le corps de Katness. Ces deux sujets sont bien plus mis en avant dans le livre, je pense même que c'est l'un des points les plus importants. La nécessité de se nourrir est toujours au centre des préoccupations du personnage. Quel que soit le moment, un repas ne peut pas être gâché et il est nécessaire de faire attention au futur, en tenant en compte les capacités pour se procurer de quoi manger. Il est intéressant de montrer qu'elle-même, ainsi que le district 11, sont capables de vivre sur la terre sans avoir besoin de dons.

De plus, le roman insiste sur l'usage des corps par les personnages et le Capitol. Bien entendu, les descriptions de douleurs et de blessures ne sont pas rares. Mais je parle de la manière dont le Capitole fait sien le corps des jeunes qui lui sont envoyés. Dès le début, illes sont dénudé-e-s, traité-e-s et maquillé-e-s puis des citoyen-ne-s du Capitol choisissent les habits qui seront portés. Le corps des tributs ne sont plus les leurs mais appartiennent au Capitol qui essaie d'en faire des peintures, au nom de leur propre bien être. À la fin du roman, il est révélateur que Katness se trouve enfermée et attachée à un lit d’hôpital qui permet au Capitol, et aux médecins, de traiter son corps voir de le modifier (on apprend que l'un des buts était de faire une augmentation mammaire). Il y a donc contraintes et une absence totale de consentement de la part des personnes concernées. Il est tout de même intéressant de mettre en avant que le styliste de Katness semble être une personne de confiance dont le but n'est pas de mettre en avant une idée sur le district ou lui-même mais de mettre en avant Katness (du moins je l'ai compris ainsi et je peux me tromper). Les descriptions corporelles, des efforts mis en place pour le changer dans le but de le rendre conforme aux standards du Capitol, sont donc particulièrement important et le film oublie d'en parler, mis à part dans une seule scène, très sage comparé au roman.

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**** Il m'a fallu du temps avant de finalement commencer cette trilogie. Je ne regrette pas de m'être lancé et je suis curieux d'observer les autres différences entre les romans et les films. Pour l'instant, il me semble claire, et normal, que les romans sont meilleurs que leurs adaptations.
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Image : Éditeur

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06/01/2018

Batman and Robin Eternal 2 par Scott Snyder, James Tynion IV, Jackson Lanzing, Colin Kelly et Tim Seeley

Titre : Batman and Robin Eternal 2
Auteurs : Scott Snyder, James Tynion IV, Jackson Lanzing, Colin Kelly et Tim Seeley
Éditeur : Urban comics 14 novembre 2016
Pages : 336

Ce second tome contient Batman And Robin Eternal 13-26. Il y a 5 ans Batman et Robin, Dick Grayson, poursuivaient le docteur Crane en Europe afin de l'empêcher de répandre une toxine de terreur. Mais derrière cette affaire se cachait une autre, plus dangereuse. En effet, Batman avait mis au jours l'existence d'une organisation sous le contrôle d'une personne se faisant nommer Maman. Celle-ci a proposé à Batman de lui offrir un meilleur Robin, un enfant capable de le suivre et d'accepter ses ordres dans sa guerre contre le crime. Le tome 1 se terminait alors que Batman portait une arme dans une ruelle sombre. Dans le présent, les robins ainsi qu'Harper Row luttent contre Maman qui tue ses enfants et prépare la prise de contrôle de plusieurs villes. Elle a eu des années pour préparer ses plans et l'empêcher de vaincre pourrait bien s'avérer impossible.

SPOILERS

J'avais, il y a longtemps, expliqué que Batman Eternal m'avait déçu. En particulier, l'intrigue était trop brouillonne et les numéros trop nombreux. Batman et Robin Eternal, par contre, m'a beaucoup plu. Bien que l'intrigue s'attache à un plan de vilain de comics, prendre le contrôle des enfants afin de tuer les adultes, elle cache quelque chose d'autre. Ce que cette série propose est une définition de Robin et de sa relation avec Batman. Maman pense que les enfants, pour survivre dans un monde difficile, doivent devenir des soldats capables de tuer. Pour cela, il est nécessaire de créer un traumatisme. Maman est donc très proche de Batman puisque les deux ont subi un traumatisme et souhaitent éviter ce destin à d'autres enfants, mais de la même manière. En effet, Batman ne souhaite pas créer des soldats. Comme le disent les auteurs, le but de Robin n'est pas de suivre les ordres mais d'apprendre, faire des erreurs et devenir capable d'être meilleur que Batman. Que ce soit en ce qui concerne la stratégie, la capacité de prendre des choix difficiles ou encore la capacité à faire confiance à autrui. De plus, j'apprécie que l'un des personnages, Harper Row, prend une place plus importante encore dans la famille tout en gardant une possibilité de faire un choix différent. D'une certaine manière, ce titre permet de terminer son histoire tout en donnant la possibilité de lui donner une suite.

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**** Un second tome que je trouve réussit car il s'intéresse plus à une idée qu'à une intrigue trop abracadabrantesque.
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Image : Site officiel

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Le grand jeu / Molly's Game

TW: Violences

SPOILERS

Molly Bloom est membre d'une famille à l'intérieur de laquelle l'excellence académique et sportive est une règle. Elle est l'une des meilleures skieuses au monde. Mais une chute, qui réveille une ancienne blessure, l'empêche d'être qualifiée pour le JO. Suite à cela, elle décide de prendre une année sabbatique avant son entrée en école de droit. Lors de cette année elle vit de petits boulots de serveuse jusqu'à ce qu'un client la remarque et lui offre un travail d'assistante. Rapidement, elle est aussi chargée d'organiser des soirées poker aux enjeux importants. Petit à petit, elle prend une importance de plus en plus importante dans le monde du poker et organiser des soirées durant lesquelles des millions sont échangés en quelques heures. Mais son nom apparait dans les fichiers du FBI en lien avec des membres de la mafia russe.

Il faut le dire immédiatement, je ne connais rien au poker et je ne connaissais pas le cas Molly Bloom. Ce film est basé sur une autobiographie écrite après une arrestation par le FBI. Je ne sais pas à quel point le film est en accord avec la réalité et ce qui a été plus ou moins romancé. Je ne vais donc pas tenter d'examiner cela mais je vais essayer de mettre en avant quelques petites choses que l'on peut comprendre en regardant ce film. Quasiment immédiatement, la réalisation montre que Molly Bloom ne connait rien au poker. Mais elle apprend rapidement comme le jeu fonctionne et surtout la raison des soirées poker. En effet, le film ne semble pas défendre une forme de jeu de hasard mais un moment de relations sociales. Elles sont de plusieurs formes. Soit des joueurs, je ne crois pas avoir remarqué de joueuses, viennent pour rencontrer des légendes et des stars. Soit le but n'est pas de gagner mais de créer des relations. Ainsi, on observe des personnages qui parlent finances et politiques et donc s'échangent des informatisations qui peuvent permettre de choisir dans quel secteur investir. Mieux encore, certains personnages, je pense en particulier à Bad Brat, usent de ces soirées afin de créer des relations d'investissement. Comme le dit l'actrice, Bad Brat perd tout lors des soirées de jeux mais il en sort avec des millions d'investissement. Le poker n'y est donc pas un simple jeu mais un moyen de rencontres entre des personnes d'une certaine classe sociale.

Le personnage qui crève l'écran, grâce à la prestation de l'actrice Jessica Chastain, est Molly Bloom. Elle est au centre de tout, elle explicite l'intrigue par ses remarques. Elle est décrite comme une femme extrêmement talentueuse et intelligente, avec un entourage féminin du même acabit. Son envie de réussite est en partie expliqué par le film par son éducation, qui serait voué à l'excellence parfois au prix d'une santé physique et mentale (à plusieurs reprises l'actrice nous explique que son personnage est en dépression et dépendante aux drogues pour simplement continuer son travail). Molly Bloom, selon ce film, est la personne la plus intelligente dans un monde d'hommes médiocres ou cruels. Ce qui m'a frappé ce sont les scènes durant lesquelles certains hommes tentent de draguer Molly Bloom et sa réaction de pitié exaspérée. Comme elle l'explique, elle a créé un rêve pour ces hommes mais ce n'est qu'un rêve. Elle n'est pas disponible, ni ses employées. Ce qui est un passe-temps social pour les hommes qui jouent est un travail rémunérateur pour les femmes impliquées. Personnellement, j'aurais tendance à rapproche ce comportement masculin de celui que l'on peut observer dans le cadre de métier de service qui implique une forme de disponibilité féminine, souvent considéré à tort par ces mêmes hommes comme une disponibilité romantique voir sexuelle.

Ce point me permet de passer sur un dernier sujet qui me semble important en ce qui concerne ce film, et qui m'a beaucoup déçu : l'explication du comportement de Molly Bloom. Encore une fois, je ne prétends pas connaitre l'affaire et encore moins la personne. J'essaie de mettre en avant ce que dit le film. Molly Bloom se trouve dans un monde d'homme en tant que femme. Elle est dépeinte au contrôle de ce monde mais dépendant du bon vouloir des hommes, malgré de nombreuses alliées tout aussi talentueuses. Il est révélateur que ces femmes doivent jouer sur leur féminité corporelle pour attirer des hommes, là encore comme travail de "rabattage" et non comme disponibilité en vue d'une relation. À deux reprises, le film montre son personnage principal détruit par des hommes : l'un est une personne pratiquement en faillite et loin d'être sympathique tandis que le second avoue aimer détruire des vies. Ce dernier décide d'attaquer Molly Bloom lorsqu'elle refuse d'accepter son comportement de tricheur et parce qu'elle ne lui parle, selon lui il a droit aux mêmes attentions de la part de Molly Bloom que les autres hommes. Toute l'intrigue du film autours de cette femme se conclut en deux parties. Premièrement, à la fin du film Molly Bloom accepte le jugement et le pouvoir d'un homme sur elle en plaidant coupable. En second lieu, son père apparait et lui explique que son comportement est dû à sa relation conflictuelle avec lui et son besoin de contrôler les hommes. Bref, et malgré ce que souhaite le personnage dans le film, Molly Bloom passe d'une femme extrêmement intelligente à une femme esclave de son besoin de confrontation avec les hommes dû à une forme de relation dysfonctionnelle avec son père, une thèse probablement basée sur Freud. Au lieu d'être actrice Molly Bloom devient victime d'elle-même et en besoin de se réconcilier avec les hommes. Selon moi, le réalisateur montre ici une vision défavorable des femmes qui réussissent et des féministes. Comme une scène de conversation lors d'un repas le montre, la critique féministe de théories psychologiques devient, dans le film en tout cas, un irrespect envers les hommes et, en particulier, la figure du père. Je ne peux qu'être déçu de cette trahison du personnage et, par extension, de Molly Bloom.

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**** J'ai personnellement apprécié le film et sa mise en scène. J'ai aussi aimé la manière de penser Molly Bloom jusqu'à la fin du film lorsque le réalisateur décide d'expliquer son comportement, et sa réussite, par une relation dysfonctionnelle avec son père.
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Image : Site officiel

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11:34 Écrit par Hassan dans contemporain, Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : le grand jeu, molly's game | | | |  Facebook

05/01/2018

Battlestar Galactica 4. Unity par Steven Harper

Titre : Battlestar Galactica 4. Unity
Auteur : Steven Harper
Éditeur : Tor Books 3 avril 2007
Pages : 320
TW : Violences policières et médicales, torture

Ce quatrième, et dernier à ma connaissance, tome se déroule durant la saison 2 avant l'arrivée du Pegasus. Depuis plusieurs mois la flotte subit les attaques répétées des Cylons. Pire encore, une mésentente entre les civils et les militaires a mené à un coup d'état suivi d'une scission de la flotte. Heureusement, les tensions se sont calmées depuis que la Présidente a trouvé la route de la Terre et que Adama a accepté de la suivre. Mais ce n'est que l'un des nombreux problèmes. La flotte subit une épidémie alors qu'elle est en manque de médicaments. Les réserves de nourriture sont aussi inquiétantes. La flotte n'a pas eu d'autres choix que de s'arrêter au-dessus d'une planète sur laquelle on trouve des algues capables aussi bien de nourrir que d'être transformées en médicaments. Mais les Cylons retrouvent rapidement les humain-e-s et, après une brève bataille, laissent un module de survie derrière elleux. À l'intérieur on trouve une 8 ainsi que le chanteur Peter Atis. Soin arrivée est un bon moyen de donner un peu d'espoir à la flotte mais ne cache-t-elle pas autre chose ?

SPOILERS

Ce roman s'intéresse à deux points fondamentaux de la série : la dichotomie entre science et religion. En effet, la série s'intéresse à un certain nombre de personnages. Certains, comme la présidente, croient en des divinités dont l'existence est révélée par des textes sacrés. D'autres sont des sceptiques qui doutent face aux miracles, comme le commandant Adama. Et enfin, nous avons des scientifiques purement rationnels montré par Gaius Baltar. La série est plutôt négative face à la science et met en place une intrigue de conversion du scientifique en direction de la foi. Ce roman ne déroge pas à cette règle. Nous avons des croyant-e-s, des sceptiques et des scientifiques. Ce qui est intéressant, aussi bien dans la série que le roman, est l'absence de frontière importante entre science et religion. Ce qui, pour certaines personnes, est divin sera explicable scientifiquement pour d'autres. L'intrigue qui est développée dans ce quatrième tome joue avec cette frontière puisque ce que certain-e-s définissent comme une maladie est considéré par d'autres comme un miracle, basé sur un texte sacré considéré comme apocryphe. Cela permet de montrer une part des difficultés religieuses de la flotte mais aussi de démontrer comment réagit une population face à l'imminence de la mort, sans capacités de choix. En effet, seules une minorité de personnes sont agissantes, les autres doivent attendre dans une atmosphère de plus en plus morose. La conversion massive à la foi de Peter Atis n'est donc pas étrange mais une simple réaction face à une possibilité d'espoir. Malheureusement, cet aspect n'est que peu examiné dans la série puisqu'elle se concentre sur des militaires qui peuvent agir.

En ce qui concerne l'écriture, ce quatrième roman est probablement le meilleur (je mets de côté la novélisation du pilote que je n'ai pas lu). Le tome 2 était inintéressant, mal écrit et contredisait la série sur plusieurs points. Le tome 3 était intéressant mais se perdait en intrigues secondaires sans intérêts. Ce tome se construit entièrement sur une intrigue précise mise en place sur une bonne moitié du livre. En effet, ce n'est que tardivement que la maladie est observée puis comprise comme dangereuse. Ce qui donne le temps d'y lier l'intrigue religieuse sans donner l'impression d'un patchwork décousu. De plus, les personnages ressemblent bien plus à ceux de la série. Les cylons sont sans pitiés. Le commandant Adama est montré comme compétent mais fatigué et stressé, en particulier en ce qui concerne son fils. La présidente est décrite comme une personne qui ne cherche pas le pouvoir mais s'y accroche en cas de besoin, mais aussi comme une femme en fin de vie qui essaie de survivre autant que possible. Enfin, nous avons Starbuck dont les actions ne sont ni condamnées ni décrites comme honteuses. A la rigueur, il y a une explication par son passé familial. Mais on nous montre une femme qui décide de prendre du bon temps quand elle en a envie parce qu'elle en a envie, malgré la jalousie et le jugement de Lee Adama. Ainsi, ce roman réussit là où le précèdent échouait.

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*** Enfin un roman pas trop mauvais dans cet univers. Il est même très réussi si on le compare aux autres.
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Image : Amazon

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02/01/2018

Batman and Robin 7. Le retour de Robin par Peter J. Tomasi, Patrick Gleason et Andy Kubert

Titre : Batman and Robin 7. Le retour de Robin
Auteurs : Peter J. Tomasi, Patrick Gleason et Andy Kubert
Éditeur : Urban Comics 24 février 2017
Pages : 248

Ce tome contient Batman and Robin 35-40, Robin Rises: Alpha 1, Batman and Robin Annual 3 et Secret Origins 4 publiés dans Batman and Robin vol. 7: Robin rises. Robin est mort. Après cette perte Bruce Wayne s'est perdu dans le déni et son alter égo. Il est allé trop loin pour beaucoup de personnes qu'il a fait souffrir intentionnellement dans sa quête d'un remède à la mort. Puis, il a accepté la mort de son fils. Mais quelqu'un a volé le corps de Damian Wayne ce qui a poussé Bruce à la recherche dans le monde entier, pour voir le corps de son fils emmené par l'un des habitants d'Apokolips, la planète de Darkseid. Tout le monde déconseille à Bruce de se rendre sur cette planète infernale. Mais ce dernier n'a qu'un seul but : retrouver le corps de son fils. D'autant qu'il se pourrait bien que Bruce Wayne ait trouvé le moyen de redonner vie à son fils.

SPOILERS

J'ai bien apprécié le run de Tomasi sur Batman and Robin. L'auteur mettait en place moins une série sur Batman qu'une série sur la relation entre un père et un fils. Les deux sont montré comme très différents mais aussi proches sur certains points. La mort de Robin, qui n'y est pas mise en scène, était très bien traitée par Tomasi qui montrait, à l'aide des relations avec d'autres personnages, ce que la mort de son fils fait à Bruce mais aussi Alfred. J'avais aussi apprécié le tome 6 qui montrait Batman lutter pour retrouver le corps volé de son fils.

Ce tome permet de conclure la série de Tomasi. Pour cela, il est nécessaire de reprendre enfin le corps de Damian et de lui redonner vie. Bien que l'on puisse se demander si un simple humain peut réellement combattre sur Apokolips, les pages sont plutôt intéressantes et bien écrites. En particulier, j'apprécie que la famille de Batman soit utilisée et réunie dans le but de retrouver l'un des leurs. Malheureusement, j'ai moins apprécié la seconde partie qui s'intéresse aux conséquences des pouvoirs de Robin. Ceux-ci ne sont pas vraiment expliqué mais surtout il me semble que le scénario repart dans des directions déjà examinées bien avant. Batman n'a pas confiance envers Robin, ce dernier essaie de vivre en dehors de l'ombre de son père, ils se heurtent mais on termine avec l'idée que les deux ont encore plus confiance l'un envers l'autre. Pire encore, Tomasi n'a pas le temps de vraiment examiner les conséquences des pouvoirs de Robin que ceux-ci disparaissent, alors que la série doit se terminer. Ce dernier tome termine de manière mitigée une série que j'ai beaucoup apprécié.

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*** Une bonne première partie suivie d'une seconde partie trop vite expédiée et un peu fainéante en ce qui concerne le scénario.
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Image : Éditeur

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