13/08/2018

The darkest mind

TW : abus sur enfants, tentative de viol

The darkest mind débute dans un monde proche du notre. Les enfants vont à l’école tandis que les parents travaillent pour subvenir à leurs besoins. Mais dans ce monde une maladie touche les enfants. En peu de temps, 90% de la population mineure des États-Unis est morte. Les enfants qui survivent sont étudiés pour comprendre la raison de leur résistance. Les scientifiques comprennent que les enfants qui ont survécu ont développé des pouvoirs. Illes sont classifiés selon le type de pouvoir et leur danger en 5 couleurs dans des camps dits de réhabilitation : vert pour l'intelligence, bleu pour la télékinésie, jaune pour le contrôle de l'électricité tandis que les oranges et les rouges sont considérés comme rares et doivent être tués à vue. Ruby a réussi à forcer son classement en tant que verte. Mais en réalité elle est l'une des rares orange encore en vie. Alors que les autorités du camp commencent à comprendre qui elle est, elle réussit à s'enfuir et essaie de retrouver sa maison.

SPOILERS

La réalisation ne souhaite pas simplement jouer avec des pouvoirs et adolescent-e-s. Le but est aussi de nous présenter un état policier, probablement fasciste, qui n'hésite pas à kidnapper des enfants au nom du bien commun. Un tel thème ne peut qu'interpeller à la suite de la politique de trump concernant les enfants migrants. Une partie du film se déroule au sein d'un camp tenu par une autorité militaire tandis que l'extérieur est rempli de chasseurs, de militaires et de deux mouvements de résistance principaux. La présidence semble être restée aux mains de la même personne pour au moins 6 ans me sans que l'on sache si les libertés civiles et civiques ont été abaissée. Le film donne des indices mais rien n'est réellement montré. On a beaucoup de mal à croire en cet univers alors que la majorité des scènes sont vides de personnages autre que les principaux. La réalisation échoue complétement à nous faire croire à cet univers car elle ne nous donne pas assez d'éléments pour comprendre son fonctionnement.

De plus, le film est loin d'être réussi. Bien que l'actrice principale, Amandla Stenberg qui tient le rôle de Ruby, tienne son rôle sans trop de problèmes. Elle est même plutôt talentueuse réussissant à nous faire rire ou à nous rendre tristes selon les moments. Les 4 autres acteurs et actrice qui tiennent l'affiche ne sont pas aussi bons. L'une ne parle pas, n'usant que de gestes et sa relation avec Ruby est assez réussie. Les deux hommes du groupe ne sont pas intéressants, l'un n'étant qu'un beau gosse en vue d'une relation romantique hétérosexuelle. Le méchant de l'histoire est, en revanche, assez bien écrit. Loin d'être cruel il est surtout manipulateur et certain d'être dans son droit. Il est proclamée leader d'une résistance, blanc, fils du président donc d'une classe sociale assez élevée et il parle toujours calmement. Au fil du film, on comprend qu'il considère que certaines personnes sont supérieures à d'autres, en particulier les oranges dont le pouvoir inclut la manipulation des esprits. Se pensant légitime en tout il n'hésite pas à considérer Ruby comme sa propriété et à vouloir la manipuler pour en faire sa femme parfaite. Il est dommage que ces événements ne soient pas servis par une réalisation efficace. Au contraire, on s'ennuie souvent, on ne comprend pas grand-chose à l'intrigue tandis que les grandes révélations sont extrêmement faciles à comprendre à l'avance.

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** Une idée qui était loin d'être inintéressante mais une réalisation sans intérêt.
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Image : Site officiel

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09:47 Écrit par Hassan dans Film, science-fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : the darkest mind, rébellion | | | |  Facebook

12/08/2018

Ms. Marvel 6. Dégâts par seconde et 7. La Mecque par G. Willow Wilson, Marco Failla, Diego Olortegui, Mirka Andolfo, Takeshi Miyazawa et Francesco Gastón

Titre : Ms. Marvel 6. Dégâts par seconde et 7. La Mecque par G. Willow Wilson, Marco Failla, Diego Olortegui, Mirka Andolfo, Takeshi Miyazawa et Francesco Gastón
Auteur-e-s : G. Willow Wilson, Marco Failla, Diego Olortegui, Mirka Andolfo, Takeshi Miyazawa et Francesco Gastón
Éditeur : Panini 8 novembre 2017 et 1 mars 2018
Pages : 136

Ces deux tomes contiennent Ms Marvel 13-24. Cette dernière année a été difficile pour Kamala Khan. Elle a reçu des pouvoirs, découvert son origine Inhumaine, elle est tombée amoureuse puis a été trahie et a appris que l'un de ses amis est amoureux d'elle puis elle a survécu à la fin du monde. Si cela ne suffisait pas elle a été impliquée dans la guerre entre Captain Marvel et Iron Man et les conséquences furent difficiles pour elle puisqu'elle a perdu son meilleur ami. Un voyage en direction de ses origines était le bienvenu pour lui permettre de comprendre son identité. Quand elle revient elle est à nouveau prête à se battre pour sa ville. Mais des ennemis très particuliers l'attendent et il se pourrait qu'elle ne soit pas capable de protéger sa ville, ses ami-e-s et elle-même.

SPOILERS

Cette série ne s'est jamais excusée de s'occuper de thèmes concernant l'immigration et l'intégration dans une culture différente, sans pour autant appeler à oublier ses origines. Ces deux tomes continuent sur cette voie. Dans le premier, le numéro 13 s'intéresse spécifiquement aux techniques électorales mises en place pour éviter un vote des "minorités". À l'aide de la construction de circonscriptions le monde politique trouve un moyen de rester au pouvoir en évitant les mises en causes. Ce numéro s'attaque spécifiquement à ce type d'action et donne plusieurs informations pour s'inscrire sur les listes électorales et voter. La question de l'opinion publique et des actions politiques continue dans le second tome. Celui-ci met en scène un ennemi déjà rencontrée, membre d'Hydra, qui essaie de "normaliser" la ville en s'attaquant aux personnes qui semblent différentes, dans le cadre du tome cela concerne les personnes ayant des pouvoirs et les personnes qui se démarquent comme membres d'une culture non-occidentale. Le tome montre que ce type d'ennemi ne peut être vaincu que de manière politique et avec la force du nombre et non en tapant sur des méchants.

Le premier tome, lui, s'intéresse bien plus aux secrets et à leur statut sur l'Internet. Kamala Khan est mise en face d'un être qui récolte les secrets et les diffuse afin d'humilier ses victimes. L'une des premières ayant vu ses messages par SMS avec son petit-ami envoyé à tout le monde tandis que la seconde est outée. Je ne pense pas que les effets du harcèlement et du piratage d'informations personnelles soit inconnu à notre époque. De nombreuses campagnes de harcèlement en groupe ont eu lieu tandis que des informations personnelles ont souvent été utilisée pour s'attaquer à des personnes précises, avec parfois des effets dramatiques. Loin de s'attaquer aux victimes, l'autrice défend une réaction d'entraide et de soutien mutuel afin de soutenir les personnes qui en sont victimes.

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**** Deux tomes toujours aussi sympathiques à lire tandis que l'autrice continue à s'attaquer à des thèmes politiques sans s'en excuser.
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Images : Éditeur tome 6 et tome 7ms marvel,panini,marvel,dégâts par secone,la mecque,g. willow wilson,marco failla,diego olortegui,mirka andolfo,takeshi miyazawa,francesco gastón

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10/08/2018

Undir Trénu (Under the tree)

TW : Relations toxiques (violence conjugale, harcèlement, parents toxiques) et maltraitance envers des animaux

Atli et Agnes sont en couple avec une petite fille et vivent dans une copropriété. Tout semble bien fonctionner mais Agnes accuse Atli de l'avoir trompée. Ne lui faisant plus confiance, elle l'éjecte de l'appartement et de sa vie tout en ne sachant pas encore exactement comment les choses se dérouleront. Atli, n'ayant nulle part où aller, se rend chez ses deux parents : Baldwin et Inga. Le couple est encore sous le choc de la perte de leur second fils. Pire encore, leurs voisins, Eybjorg et Konrad, se plaignent de l'ombre portée par l’arbre qui pousse sur leur terrain. Le problème est mineur. Mais les relations entre les deux couples deviennent de plus en plus compliquées alors que les accusations et les attaques mutuelles semblent se multiplier. Petit à petit, le conflit devient incontrôlé.

SPOILERS

Le film est soumis à l'ombre portée par l'arbre, ainsi que l'ombre de la perte du frère d'Atli. Tout ce qui se déroule est excusé par cette perte qui n'est pas encore acceptée par Inga, qui l'utilise pour se justifier sans jamais se remettre en question. Il y a deux conflits dans ce film. Le premier est conjugal. Atli et Agnes doivent résoudre leurs problèmes tout en prenant en compte leur fille. Ce conflit commence difficilement et Atli est montré comme abuseur une bonne partie de l'intrigue. Il suit Agnes, la harcèle jusqu'à son bureau, se rend à l'école de sa fille pour l'enlever avant de la ramener... Mais bien que ce conflit soit difficile il se résout aussi facilement lorsque les deux adultes décident de prendre du recul, de se parler par mail interposés et d'organiser une conciliation juridique qui permette de protéger les intérêts de leur fille. Le conflit se résout donc sur la promesse d'une relation brisée mais qui se casse entre adultes ayant consciences des responsabilités personnelles et sur une médiation juridique qui permette de protéger les personnes en ayant besoin.

Le second conflit se déroule entre deux couples voisins, dont les parents d'Atli. Contrairement au précédent, ce conflit s'envenime jusqu'à devenir incontrôlé. Le film a la bonne idée de ne pas montrer les actes de sabotages que se font subir les deux couples, on peut penser que ces actes ne sont pas commis par les personnes accusées. Petit à petit, la réalisation montre que les quatre adultes ne peuvent tout simplement plus dialoguer normalement sans que l'une des parties ne considèrent être victime de menaces ou de moqueries. Ce sont les images les plus drôles lorsque, par exemple, on observe l'un des voisins sortir une tronçonneuse de sa voiture. Ce sont aussi les scènes les plus dures, je parle en particulier de l'acte de cruauté subit par le chien de l'un des couples. Selon moi, la personne qui est à l'origine de cette escalade est clairement Inga. À plusieurs reprises, elle pousse son mari à refuser le dialogue avec leurs voisins tandis qu'elle jalouse sa voisine, plus jeune. Elle n'hésite pas non plus à pousser Atli à plus de fermeté face à Agnes plutôt qu'à tenter de désamorcer la situation. Son comportement est excusé par la perte de son second fils qu'elle n'arrive pas à accepter. Inga est clairement une personne toxique et il me semble habile que le film se termine sur elle comme seule rescapée.

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**** Un film réussit, parfois drôle mais aussi avec des scènes difficiles et d'autres un peu sanglantes.
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Image : Allociné

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08:20 Écrit par Hassan dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : undir trénu, under the tree | | | |  Facebook

07/08/2018

The children act (My Lady)

Fiona Maye est une personne qui a réussi. Elle possède un appartement qui lui permet de s'adonner à sa passion, la musique. Bien que son mari ne soit pas très intelligent, voire lâche, son mariage a duré 20 ans dans un respect mutuel intense. Son mari est presque aussi intelligent qu'elle. Et elle a atteint le grade de juge à la Haute Cour, spécialisée dans le droit de la famille et des enfants. Dans sa pratique, elle doit prendre des décisions difficiles et parfois controversée avec, d'une part, la nécessité de respecter la loi et, d'autre part, la nécessité de protéger des enfants face aux dangers encourus. Un soir, un hôpital demande une action urgente de la part de la Cour. Un mineur de 17 ans, Adam, est victime d'un cancer qui nécessite une transfusion de sang pour permettre la possibilité de vivre. Mais l'enfant et ses deux parents refusent cette transfusion au nom de leur religion. Fiona Maye décide d'aller visiter ce jeune homme afin de comprendre ce qu'il souhaite vraiment.

SPOILERS

Je suis déçu. Selon le synopsis, tel que je l'avais compris, le film proposait une réflexion sur l'usage d'une loi chargée de protéger les mineur-e-s et de ses limites face à leur dignité et leur capacité de réflexion. En basant le film sur un jeune homme pratiquement majeur le film pouvait se demander à quel point il est nécessaire de prendre une décision basée sur une limite artificielle. Durant quelques scènes, la réalisation met en place un début de réflexion. Les avocats présentent des points de vue spécifiques tandis que le père, la mère ne parlant jamais, explique de quelle manière fonctionne sa religion. De plus, le film fait parler le jeune homme en question qui remet en question le droit de la juge de s'intéresser à son cas. Il aurait été possible de s'intéresser à la loi, sa pratique, ses limites et la question du respect de la religion de chacun et des limites nécessaires, mais ce n'est pas le cas.

A la place de cette réflexion la réalisation, qui adapte un roman, s'intéresse à la relation entre la juge et Adam. En parallèle, on nous présente la relation entre Fiona et son mari. Ce dernier souhaite un mariage plus affectueux mais semble ne jamais avoir partagé ses souhaits et décide, brutalement, d'annoncer le début d'une relation avec une jeune statisticienne. La réaction de Fiona Maye, compréhensible, est de préparer un divorce. Bien que le film montre surtout les problèmes du couple, et l’absence de communication de la part du mari, la réalisation nous permet de comprendre que ce mariage est un mariage d'amour avec des liens de respect entre les deux membres du couple. La relation entre Fiona Maye et Adam est plus problématique. Bien que majeur durant une grande partie du film Adam reste très jeune et semble chercher chez Fiona Maye une mentor et une guide qui lui permette de comprendre le monde. Mais il agit en la suivant, en cherchant ses informations privées sur internet et en essayant de s'imposer malgré les refus répétés de Fiona Maye. Leur relation me semble pour le moins problématique.

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** Ce film est une grande déception pour moi. J'ai l'impression que le synopsis m'a induit en erreur.
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Image : Allociné

Site officiel

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10:49 Écrit par Hassan dans contemporain, Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : my lady, the children act | | | |  Facebook

04/08/2018

Chronicle of the Fallers 1. The abyss beyond dreams par Peter F. Hamilton

Titre : Chronicle of the Fallers 1. The abyss beyond dreams
Auteur : Peter F. Hamilton
Éditeur : Pan books 2014
Pages : 687

Après la guerre contre les Primes l'humanité est devenue encore plus puissante, une des forces les plus importantes de la galaxie au point d'être invité par les Raiel dans la lutte contre l'ennemi le plus implacable de la voie lactée : le Vide. Mais l'humanité a aussi compris qu'elle ne pouvait pas risquer une nouvelle fois la possibilité d'une extinction. Alors que le Commonwealth se modifie de plus en plus, créant une nouvelle culture dont les membres se préparent à un changement de forme d'existence, d'autres humain-e-s décident de créer des vaisseaux trans-galactiques chargés de créer de nouvelles colonies humaines. Certains de ces vaisseaux sont attirés dans le Vide, comme la trilogie du Vide le montre. Face à cette nouvelle information. Les Raiels se tournent vers Nigel Sheldon afin de monter une mission interne au Vide. Mais au lieu de la planète que toute l'humanité connait Nigel s'écrase sur Bienvenido, une planète humaine mais soumise à un assaut constant de la part d'une espèce alien capable de prendre forme humaine.

SPOILERS

J'apprécie toujours autant Peter F. Hamilton, bien que je n'aie pas lu l'entier de son œuvre. Mais c'est par hasard que j'ai aperçu ce premier tome. J'étais un peu surpris et je me demandais ce que Hamilton pouvait bien montrer de plus concernant le Vide alors que sa trilogie précédente répondait à beaucoup de questions. L'auteur préfère, et c'est une bonne chose, changer de perspective en changeant de planète. Bienvenido est hostile, scientifiquement un peu plus avancée et gouvernée par une dictature héréditaire. Face à cela, il décrit un jeune officier fanatique dans sa lutte contre les Fallers qui devient, petit à petit, le chef d'une armée révolutionnaire. Enfin, il fait venir Nigel Sheldon, dont l'absence de la trilogie du vide était surprenante.

Malheureusement, je n'ai pas l'impression que ce livre soit très utile. Le début est très réussi. On observe le stress et la peur de personnes entrées sans le souhaiter dans un univers aux règles différentes. On suit une petite équipe qui rencontre les Fallers et qui est victime de leurs attaques. Mais dès que l'on passe ce point du livre, l'introduction, les intrigues sont bien plus proches de ce que l'on connait déjà. Peter F. Hamilton nous fait suivre un jeune homme talentueux qui essaie de monter les échelons du gouvernement. Mais là où le héros de la trilogie du vide le fait de manière légale celui de ce livre décide de mettre en place une révolution sanglante. Dans les deux cas il y a lutte contre un gouvernement corrompu et placide. Mais l'évolution d'Edeard, telle que décrite par Hamilton, prend le temps de montrer le changement de ses méthodes. Dans ce nouveau livre, ce changement est brusque. On ne comprend pas pourquoi ni comment une personne considérée comme un héros devient un fanatique enragé par la paranoïa. Malheureusement, l'intrigue est beaucoup moins bien écrite.

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*** Loin d'être le meilleur roman de Peter F. Hamilton il reste intéressant dans le cadre plus large de la saga du Commonwealth.
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Image : Éditeur

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03/08/2018

Mission Impossible: Fallout

Ce nouveau film est la suite directe de Rogue Nation. Après avoir exposé les agent-e-s du Syndicat Mission Impossible est redevenu une agence officielle des Etats-Unis. Hunt est réintégré dans la hiérarchie et continue ses activités de destruction de biens publics et de violations du code de la route. Ses capacités sont à nouveau nécessaires pour sauver le monde. Le Syndicat n'est pas entièrement démantelé et les agent-e-s qui en font encore partie se sont renommé-e-s les Apôtres. Au lieu de suivre un agenda, illes se vendent au plus offrant afin d'aider des attaques terroristes, à l'instar d'une épidémie de variole. Leur prochaine action semble être l'usage de trois bombes atomiques. La mission d'Ethan Hunt est de trouver ces bombes et d'empêcher les Apôtres, et leur client, d'y avoir accès. Mais cette fois il est accompagné d'un agent de la CIA, joué par Henry "Moustache" Cavill.

SPOILERS

Je n'ai jamais été très fan de la franchise Mission Impossible. Les films sont divertissants mais sans plus. C'est le cas de ce nouvel opus qui n'a de loin pas été inoubliable en ce qui me concerne. Comme beaucoup de films d'action, la réalisation souffre d'avoir un personnage principal chargé d'être le meilleur en tout. Hunt est toujours dans l'action et ne prend jamais le temps de souffler un peu pour avoir un véritable plan. Ce film en est l'incarnation. Dès le début du film on comprend que la question ne sera pas la nouvelle menace mais la nécessité de l'existence d'Ethan Hunt. À plusieurs reprises, on nous explique qu'il aurait pu démissionner mais qu'il ressentirait un sentiment de culpabilité à chaque événement qu'il aurait pu empêcher. Même le méchant du film, identique à celui de Rogue Nation, agit pour s'attaquer personnellement à Ethan Hunt, oubliant les raisons de son entrée dans le Syndicat.

La réalisation souffre aussi d'un problème majeur : le scénario. Je ne parle pas des scènes d'action, des combats ou de l'intrigue. Je parle d'une tendance générale à expliciter les événements après qu'ils aient eu lieu. Souvent le film fonctionne dans l'ordre qui suit : on nous explique un plan, ce plan est modifié dans la scène et on termine on nous expliquant pourquoi et comment le plan a été modifié. Dans d'autres cas, une scène a lieu puis on nous explique que le fonctionnement de l'intrigue a été préparé par les membres de l'intrigue en avance, sans que jamais l'on nous montre cette préparation. Le problème est particulièrement important lorsqu'il s'agit de confronter le traitre. Hunt est mis à mal par un dossier et se retourne contre son supérieur. Puis, d'un seul coup, on nous explique que ce n'était qu'un coup de théâtre pour confondre le traitre. Pour que la scène fonctionne il aurait fallu donner à Hunt des raisons de perdre sa confiance envers ce personnage puis de trouver le temps de créer le scénario chargé de l'atteindre. La réalisation préfère laisser ça en dehors du film.

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*** Sans intérêt
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Image : Allociné

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08:11 Écrit par Hassan dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mission impossible, fallout | | | |  Facebook

31/07/2018

Batman Detective Comics 6. Fall of the Batmen par James Tynion IV, Joe Bennett, Miguel Mendoça et Eddy Barrows

Titre : Batman Detective Comics 6. Fall of the Batmen
Auteurs : James Tynion IV, Joe Bennett, Miguel Mendoça et Eddy Barrows
Éditeur : DC 26 juin 2018
Pages : 184

Ce volume 6 contient Detective Comics 969-974 et Annual 1. Tim Drake, alias Red Robin, est enfin de retour après plusieurs semaines enfermés par une personne mystérieuse. Il a aussi fait la connaissance de son alter ego du futur et souhaite éviter de devenir cette personne. Revenu à Gotham, il a plusieurs buts. Premièrement, il souhaite revoir Stéphanie qui a quitté l'équipe après son refus de continuer sur la voie que Batman a prise. Il souhaite éviter le futur qu'il a observé. Et enfin, il veut reconstruire l'équipe pour en faire une machine capable de répondre à toutes les menaces. Mais ses méthodes commencent à inquiéter de nombreuses personnes aussi bien chez les criminels que le gouvernement, et même la population générale.

SPOILERS

Les auteurs ont décidé de créer une équipe capable d'affronter des menaces importantes. Face à celle-ci, il y a eu deux ennemis principaux : la Colonie une branche secrète de l'armée et les Premières Victimes suivi par un mouvement populaire. Ces deux menaces n'ont pas disparu mais ce nouveau volume s'intéresse à autre chose. Est-il possible, pour une personne privée, d'agir comme une police parallèle avec des tactiques paramilitaires ? Bien entendu, cette question était sous-entendue depuis le début de la série de Tynion. Les Premières Victimes considèrent que Batman fait partie du problème et doit être puni pour cela. La Colonie considère que Batman peut devenir une menace pour la sécurité de l'État et donc qu'il faut être capable de l'empêcher de nuire.

Mais ce nouveau volume étend cette question à la société civile. Pour cela, la mairie de Gotham reçoit un nouveau maire dont la première action est de tenter de restreindre les actions de Batman, par la menace si nécessaire. Même Gordon critique son ami encapé. Cependant, il est clair que les auteurs ne souhaitent pas s'arrêter là et continuent de mettre en avant Tim Drake, le véritable cerveau de l'opération. Ses idées sont de plus en plus inquiétantes puisqu'il planifie la prise de contrôle militaire de la ville par son équipe. Ce volume introduit aussi une menace de dissension alors que les membres de l'équipe doivent faire un choix face à un Clayface qui ne se contrôle plus et qui devient un danger pour les habitant-e-s de la ville. Personnellement, je me réjouis de savoir comment les auteurs vont traiter ce point au sein de l'équipe de Batman.

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**** Un sixième volume toujours aussi intéressant qui continue à créer une équipe tout en la mettant face aux questions qu'elle pose pour la sécurité de la ville et de l'état.
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Image : Éditeur

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27/07/2018

Le déclin de l'Ancien Régime en Suisse. Un tableau de l'histoire économique et sociale du 18ème siècle par Rudolf Braun

Titre : Le déclin de l'Ancien Régime en Suisse. Un tableau de l'histoire économique et sociale du 18ème siècle
Auteur : Rudolf Braun
Éditeur : Éditions d'en bas et Éditions de la maison des sciences de l'homme 1988
Pages : 284

Sous le terme Ancien Régime les historien-ne-s prennent en compte un fonctionnement économique et social basé sur la tradition et l'autorité obtenue de la divinité. De plus, le terme met en contradiction l'Ancien et le Nouveau, celui-ci étant mis en place à la suite de la Révolution française. On peut légitimement se demander si le terme d'Ancien Régime peut fonctionner en Suisse puisque la Révolution française n'est pas suisse, si tant est que la Suisse existe à l'époque en tant que communauté nationale. Mais ce serait oublier, justement, les changements majeurs en Europe, l'impact des idées dont l'idée de nation et la République helvétique. Cela ne dit rien sur le fonctionnement de la Confédération au XVIIIème siècle, ce que Rudolf Braun entreprend d'examiner dans ce livre qu'il pense autant comme un manuel destiné aux études qu'un moyen de poser sur la table les manques de l'historiographie suisse lors de sa rédaction (le livre ayant 20 ans). Il rédige 6 chapitres qui examinent des parties précises du fonctionnement de la Confédération sous l'Ancien Régime.

Les trois premiers chapitres forment le versant économique et démographique de cette étude. L'auteur commence son examen par le fonctionnement des populations, mais aussi les moyens de connaitre le nombre de personnes en vie durant cette période. Ce premier chapitre permet de mettre en avant le fonctionnement de la démographie lors des crises, aussi bien économiques que dans le cadre d'épidémies, ou des moments de haute conjoncture. L'examen de la démographie par les experts de l'époque est délicat car les autorités considèrent ce sujet comme potentiellement dangereux. En effet, la population commence à être considérée comme un bien pour l'état.

Un second chapitre s'intéresse plus spécifiquement à l’agriculture. L'auteur y explique les problèmes posés par une agriculture basée sur des cultures obligatoires et des terrains publics. Bien que ceux-ci permettent aux personnes pauvres de survivre cela implique aussi une productivité moindre et des difficultés pour créer de nouvelles cultures, comme la patate. Les changements seront difficiles à défendre, en particulier par des groupes d'experts comme les économistes patriotes. L'auteur s'intéresse aussi à la production de fromage qui peut rapporter beaucoup d'argent mais dont les risques sont portés par une seule catégorie de la population.

Le troisième chapitre s'intéresse à la proto-industrie. Celle-ci implique que des commerçants fournissent de la matière première à des familles qui transforment cette matière en produit finit qui est finalement vendu par les commerçants. Cette proto-industrie permet à des familles pauvres de ne plus subsister uniquement de l'agriculture mais de trouver une autre forme de ressources. Cependant, elle implique aussi une nouvelle manière de vivre, à domicile, qui est en contradiction avec la tenue du ménage, ce qui pousse un certain nombre de personnes à considérer ce travail comme un vecteur de démoralisation. Ce travail implique aussi une division du temps en heure et minutes afin d'atteindre une productivité suffisante pour vivre, qui dépend de conjoncture parfois saisonnière

Dans le quatrième et cinquième chapitre l'auteur s'intéresse à la vie en ville et au fonctionnement des gouvernements. Le milieu urbain est caractérisé par une division de la population en "classes." Celles-ci permettent d'atteindre des droits spécifiques, civils et politiques. Ainsi, la bourgeoisie, et une minorité de celle-ci, possèdent les droits politiques et l'exercice effectif du gouvernement. Les habitants possèdent un droit d'établissement et donc des capacités civiles sans droits politiques. Cette division, ici simplifiée, implique de plus en plus de tensions. Les gouvernements sont basés sur une élite de plus en plus restreinte, alors que l'accès à la bourgeoisie est de plus en plus difficile. On observe des cantons urbains qui tiennent un vaste territoire sujet, basés sur des coutumes anciennes liées aux seigneuries, et des cantons ruraux fonctionnant en Landsgemeinde avec, là aussi, une minorité capable de gouverner. Les fonctionnements des divers gouvernements sont variés et permettent d'observer aussi bien des cooptations, des achats de charge que l'usage du hasard.

Le dernier chapitre s'intéresse aux résultats des tensions mentionnées plus haut, les révoltes. L'auteur y démontre que les difficultés d'accès aux fonctions gouvernementales mènent certaines catégories à exiger des droits politiques. Un second type de récolte est lié à un retour au passé. Face à ce qui est conçu comme des exagérations voire de la corruption une partie de la population demande un retour aux anciennes chartes, mais dont l'accès est réglementé. On trouve ici l'importance des archives pour justifier une révolte et l'absence de volonté d'un changement majeur du régime. Les autorités de l'Ancien Régime réagissent ensembles, quel que soit le canton, contre ces révoltes et les punitions peuvent être très sévères, du bannissement à la peine de mort. Ce n'est que la menace française qui permet plusieurs révolutions avant que l'invasion par les troupes française ne permette d'imposer la République Helvétique.

Ce livre est assez laborieux. Bien qu'intéressant les nombreuses pages qui examinent la production agricole et le commerce du fromage furent loin de m'intéresser. Cette difficulté est aussi due au but de l'auteur, proposer un tableau complet de la Suisse de l'Ancien Régime. Cela implique beaucoup de description concernant de nombreux sujets mais aussi une certaine rigueur et le choix d'exemples précis. Il est donc normal que de nombreux sujets ne soient pas étudiées aussi profondément qu'une personne intéressée ne le souhaiterait. De plus, on peut se demander quelles sont les avancées de la recherche que ce livre ne présente pas, ayant été édité en 1988 en français et 1984 en allemand.

Image : Éditeur

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21/07/2018

52 3 par Geoff Johns, Grant Morrison, Greg Rucka, Mark Waid et Keith Giffen

Titre : 52 3
Auteurs : Geoff Johns, Grant Morrison, Greg Rucka, Mark Waid et Keith Giffen
Éditeur : Urban comics 29 juin 2018
Pages : 320

Ce tome contient 52 27-39 ainsi que The origin of the Question et The origin of the Metal Men. Après la crise un an s'est déroulé sans que les principaux personnages de DC ne soient présents dans les événements principaux. Durant cette année, les personnages secondaires durent prendre la place et sauver l'univers des menaces les plus importantes. Et il y a de nombreuses menaces. Alors que Black Adam semble avoir réellement changé une menace se déplace dans la galaxie, sans que les gardiens n'agissent. Gotham est sous le contrôle d'Intergang dont les membres semblent suivre une prophétie tirée d'une bible du crime. Mais surtout, Luthor contrôle de plus en plus de héros et héroïnes au travers de son projet.

SPOILERS

Ce troisième tome permet de dépasser la moitié des numéros de la série 52. Les informations sur les trois personnages disparus, Batman, Superman et Wonder Woman, sont toujours aussi peu présents. Wonder Woman semble avoir disparu tandis que même Batman se montre dans ces pages. Ce qui permet à ce tome de gagner en intérêt sont les nombreuses réponses qui sont enfin données aux différentes intrigues mises en place. On sait enfin qui est Supernova, on sait qu'elle est la menace qui fait peur aux Gardiens de la galaxie et on sait enfin ce que souhaite Intergang (bien que l'on ne sache pas pourquoi). Mais les intrigues sont encore très décousues. Le passage d'un personnage à un autre voire d'un lieu à un autre est très rapide, parfois le changement se fait en deux pages. Ceci rend la compréhension un peu difficile et je me demande si la fin sera à la hauteur des problèmes posés.

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*** Quelques réponses et surtout Batwoman.
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Image : Éditeur

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Hardfought par Greg Bear

Titre : Hardfought
Auteur : Greg Bear
Éditeur : Open Road Media Sci-Fi & Fantasy 1 avril 2014
Pages : 116
TW : Racisme, mention de génocides

Le futur, une époque indéterminée dans la nébuleuse de la Méduse un vaisseau humain prépare son équipage au combat. Depuis des milliers d'années, l'humanité est en guerre contre une espèce aussi vieille que la galaxie : les Senexi. Alors que l'humanité est née sur une planète rocheuse riche en ressources les Senexi proviennent d'une planète gazeuse avec peu de ressources. Les deux espèces sont aussi puissantes l'une que l'autre sans que rien ne semble permettre la fin de la guerre. Pire encore, les deux espèces n'ont même jamais essayé de se contacter.

SPOILERS

Je n'ai lu que deux romans de Greg Bear, L'échelle de Darwin et Les enfants de Darwin. Bien que mes souvenirs soient lointains, j'en ai eu l'impression d'un auteur qui essaie d'être le plus proche de la réalité scientifique tout en tentant d'aller au bout des conséquences de ce qu'il décrit. Malgré les actes mis en avant dans ces deux romans, il en sortait aussi une impression d'optimisme. Hardfought est très différent. J'en ai entendu parler sur le blog Le culte d'Apophis qui en fait une critique très complète tout en le comparant à La guerre éternelle de Joe Haldeman, un très bon roman. Greg Bear écrit une histoire particulièrement difficile d'accès. Il ne prend pas le temps de définir son univers dans les premières pages. Il faut attendre plusieurs dizaines de pages avant de commencer à comprendre à quelle époque l'on se trouve et quels sont les éléments particuliers de cet univers. L'auteur nous offre quelques indices mais sans les expliciter. L'entrée est particulièrement difficile et ce n'est que durant la lecture que l'histoire commence à devenir plus compréhensible, ce qui permet à l'auteur de nous présenter une dystopie particulièrement glaçante.

Lorsqu'on ressort de cette courte histoire on ressent une impression de fort désespoir. Les rares personnages de l'intrigue sont perdus dans un combat qu'illes ne comprennent pas et qui ne peut pas s'arrêter. Les Senexi sont plus compréhensibles que les humain-e-s. Greg Bear nous décrit une civilisation ancienne qui n'accepte pas les changements. Ne serait-ce que communiquer avec d'autres formes de vie est considéré comme une atteinte à leur pureté originelle. La civilisation fonctionne avec un corps nerveux central immobile et des individus sous contrôle plus ou moins strict mais capables de se mouvoir. L'intrigue permet de suivre l'un de ces individus chargé de comprendre l'humanité

L'humanité, justement, est très différente de ce que l'on connait et ce n'est que tardivement que l'on commence à comprendre à quel point celle-ci a été mise à mal. Pour être précis, l'auteur nous présente trois époques. L'une est mise en avant au début du roman. L'autre est présentée vers la moitié de l'intrigue et la dernière époque débute à la fin du roman. À travers ces trois époques l'auteur essaie de nous faire comprendre ce qui arrive à l'humanité lorsque celle-ci décide de tout faire pour devenir une machine de guerre chargée de combattre éternellement. Outre l'incapacité de communiquer avec des êtres différents, car la compréhension implique une possibilité d'empathie, l'intrigue met en place une tentative d'atteindre l'efficience parfaite. Lorsque l'on commence à comprendre cet aspect durant la lecture on commence à pouvoir imaginer tout ce qu'a perdu l'humanité. Les personnages ne sont plus des humain-e-s mais de simples machines construites à la chaine pour être envoyées au combat le plus vite possible. Il n'y a plus d'égalité mais un système de caste avec des buts précis. Les dirigeant-e-s ne sont jamais montré-e-s. À la fin du roman on se demande si les deux espèces ne méritent pas de se détruire mutuellement.

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**** Je n'ai fait qu'effleurer les thèmes d'une lecture aussi riche qu'elle est difficile d'accès. Je ne peux pas annoncer avoir apprécié ma lecture. Mais Greg Bear a réussi à produire une intrigue extrêmement bien construite.
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Image : Site de l'auteur

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20/07/2018

La religion des romains par John Scheid

Titre : La religion des romains
Auteur : John Scheid
Éditeur : Armand Colin 2017
Pages : 223

Bien que l'histoire de la civilisation romaine me fascine (comme beaucoup de civilisations anciennes) je ne connais pratiquement rien sur le fonctionnement de la religion chez les romain-e-s m'étant concentré sur les événements et le système politique, déjà bien compliqué à nos yeux. L'auteur propose donc une synthèse des connaissances sur le système religieux des romain-e-s afin de comprendre son fonctionnement mais aussi de mettre en cause certaines idées préconçues. Le manuel, destiné aux étudiant-e-s en bachelor d'histoire ancienne, est divisé en 5 parties.

La première et la dernière partie sont autant de moyens de mettre en question certaines idées et de résumer ce que l'on connait de ces religions. L'auteur met fortement en cause l'idée que le polythéisme romain serait une forme d'étape en direction d'un monothéisme chrétien. Il récuse aussi l'idée que les religions romaines seraient devenues de moins en moins suivies au fil du temps, laissant la place à la chrétienté. Selon lui, la question n'est pas de progression mais d'un besoin, la chrétienté devient importante car les traditions ne répondent plus aux besoins. Enfin, il récuse l'idée que les religions dites orientales seraient différentes et plus récentes que les traditions originelles, sur lesquelles nous n'avons pas d'informations précises.

La seconde partie inclut deux chapitres, l'un sur le temps et l'autre l'espace. L'auteur y explique de quelle manière les romain-e-s divisaient le temps selon les besoins civils, religieux et politiques. Bien que certains calendriers nous soient parvenus. Il faut bien comprendre que la religion est d'abord une affaire privée et que seules les fêtes les plus importantes nous sont parvenues. L'espace aussi est divisé selon qu'il appartient ou non à une divinité. Il existe des lieux que l'on consacre légalement à une divinité tandis que d'autres sont naturellement divins et, parfois, protégés.

La troisième partie est consacrée au service religieux et particulièrement le sacrifice et les pratiques de divinations. Le sacrifice est régulièrement montré comme un acte sanglant dans les productions télévisuelles et cinématographiques. On oublie que celui-ci obéit à un rituel précis. La personne qui sacrifie doit accomplir des gestes précis, dire des paroles exactes et enfin appliquer le sacrifice. Ces actes peuvent être particulièrement compliqués et le sacrifice peut être refusée. De plus, la bête sacrifiée doit toujours accepter son sort. En ce qui concerne les divinations, il existe plusieurs méthodes dont l'usage dépend des circonstances : examen de certaines parties internes du corps, observation des oiseaux, signes mais aussi les livres sibyllins. Chacun de ces actes doit être interprété mais aussi accompli avant une décision officielle. Il s'agit moins de connaitre le futur que d'être certain de l'accord d'une divinité.

La quatrième partie est constituée de 3 chapitres qui examinent les acteurs et actrices. L'auteur commence par présenter les prêtrises, divisée entre les collèges majeurs dont les prêtres peuvent aussi être magistrats et les sodalités. Il n'existe ni livres ni corps de métier précis mais des rôles. En effet, l'acte religieux doit être accompli par tous les citoyens romains que ce soit en public ou en privé. La religion privée est tout aussi importante que la publique et chaque famille a ses propres divinités que le père de famille doit respecter. Durant l'Empire, les empereurs et certaines personnes de la famille purent aussi être divinisés et être mis au-dessus des simples humains. L'important est de donner à toutes les divinités ce qui leur est dues et les romain-e-s peuvent même prendre en compte des divinités encore inconnues.

Ce manuel est un bon moyen de comprendre un peu mieux le fonctionnement de la religion des romain-e-s. Synthétique il est aussi très complet. L'auteur examine la validité scientifique de certaines idées tout en expliquant ce que l'on connait du fonctionnement de la religion dans la civilisation romaine. Ce manuel contient aussi une bibliographie thématique, une chronologie et un glossaire particulièrement utile pour comprendre certains termes qui nous sont peu compréhensibles.

Image : Éditeur

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Ant-Man and the Wasp

Ant-Man n'apparait pas dans Avengers Infinity War. Comme d'autres personnages, on ne sait pas ce qui lui est arrivé ni où il se trouve lors des événements du dernier Avengers. Scott Lang a accepté un accord avec le gouvernement allemand ainsi que le gouvernement des Etats-Unis. Au lieu de la prison, il retourne chez lui mais il est assigné à résidence pour deux ans avec une période de probation. Bien entendu, il ne doit contacter ni Captain America ni Hank Pym et Hope van Dyne. La vie se déroule difficilement entre une routine de tous les jours, l'apprentissage de la magie, le gardiennage de sa fille et l'irruption de la police pour fouiller la maison. Bien qu'il regrette de ne plus être Ant-Man, Scott refuse de mettre en danger ses relations avec sa fille qu'il juge plus important que son envie d'être un héros. C'est sans compter Hank et Hope.

SPOILERS

Le premier film mettait en avant Scott Lang alors que Hope van Dyne était bien plus capable que lui. Scott était un Ant-Man qui apprenait à utiliser le costume ainsi que les fourmis tout en suivant les ordres d'Hank Pym. Hope van Dyne était à peine un personnage dont Scott tombe amoureux ou une fille fâchée contre son père. Pourtant, elle est clairement bien plus entrainée et intelligente que Scott. Ce second film lui rend enfin justice. Non seulement elle est inscrite dans le titre mais elle est active une grande partie du film. Bien entendu, elle a parfois besoin d'aide mais c'est elle qui décide quand et où. Je tiens d’ailleurs à mettre en avant une scène particulière. Alors que Scott s'apprête à les sauver Hope a déjà mis en place un plan. Hope n'est pas une princesse Disney en attente d'un homme. Scott, dans ce film, perd de sa superbe. Alors que Hope est active et compétente Scott échoue et utilise un costume qui ne fonctionne pas bien. Le personnage et ses capacités sont clairement diminués face à Hope van Dyne.

Sans être révolutionnaire, le premier film usait habilement des capacités de miniaturisation et d’agrandissement. Outre des scènes humoristiques cela permettait aussi un changement de perspective au sein même des scènes. Cette suite utilise les mêmes idées que le premier. On retrouve les mêmes personnages avec les mêmes caractéristiques. On retrouve le bus et son klaxon. Et le film utilise encore plus les changements de tailles des héros et du décor. Les voitures et les immeubles ne sont plus indemne (et l'on se dit que Hope et Hank feraient fortunes en tant que déménageurs). Il n'y a donc aucune surprise mais simplement de l'efficacité. Heureusement, ce film ajoute une adversaire bien plus intéressante que le premier. Son but n'est pas de contrôler le monde mais tout simplement de survivre et de tout faire pour éviter la souffrance. Il est dommage que ce personnage ne soit pas examiné de plus près dans ce film.

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*** On ne peut pas parler d'un bon film mais d'un film efficace et rien de plus.
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Image : Site officiel

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17/07/2018

Low 4. Derrière le brouillard par Rick Remender et Greg Tocchini

Titre : Low 4. Derrière le brouillard
Auteurs : Rick Remender et Greg Tocchini
Éditeur : Urban comics 23 février 2018
Pages : 120

Ce tome contient Low 16-19. La famille Caine est plus divisée que jamais. Stel a réussi à atteindre la surface mais elle a sous-estimé les dangers d'un monde que plus personne ne connait et elle pourrait bien ne pas avoir survécu à ses recherches. Della a abandonné sa sœur afin de détruire la sonde qui donne de l'espoir à sa famille. Tajo est laissée pour morte après sa confrontation avec sa sœur et la fille de son père adoptif. Elle se réveille au sein de Salus, une ville en proie à la mort et au suicide. Mais il semblerait qu'il y ait enfin une possibilité de trouver une nouvelle maison à l'humanité dans une autre galaxie. Il ne reste plus qu'à convaincre le sénat.

SPOILERS

La direction prise par ce quatrième tome m'a surpris. Remender se concentre uniquement sur l'une des filles de la famille Caine et laisse les autres personnages en arrière. Alors que je me posais des questions du Della et le destin de la sonde ainsi que de Stel, et surtout de cet être qui détruit la sonde à la fin du tome 3, aucune information ne nous est donnée. Tandis que la série commence par une quête vers la surface ce nouveau tome trouve une information cachée dans les bases de données de la cité de Salus, ce qui rend le voyage de Stel inutile (et justifie l'importance d'engager de bons archivistes). J'ai l'impression que les événements sont précipités mais surtout je me demande pour quelle raison il a été nécessaire de faire revenir Marik ? Je ne sais pas si Remender va revenir aux autres personnages mais je l'espère.

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*** À mon avis le tome le plus faible de la série.
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Image : Éditeur

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16/07/2018

The 100 saison 3 et 4

TW : meurtres, tentatives de suicides

Le monde a été détruit dans une apocalypse nucléaire. Mais l'humanité a survécu dans des stations spatiales qui se sont réunies sous la forme d'une Arc. Il y a quelques mois, 100 adolescent-e-s, des délinquant-e-s, ont été envoyé sur Terre afin de vérifier la viabilité du terrain. Car l'Arc meurt et sans une autre solution l'humanité va disparaitre. Mais les 100 et leurs parents ne sont pas aussi seuls qu'on ne l'a cru. Les survivant-e-s de la Terre se sont regroupé-e-s en tribus qui considèrent la survie et la violence comme nécessaire dans un monde dangereux. Les 100 ont décidé de s'allier à ces tribus afin de combattre un second groupe caché dans le bunker d'une montagne, qui utilise le sang des survivant-e-s et des 100 afin de trouver un moyen de survivre aux radiations externes. À la suite de cette guerre, la cheffe des 100, Clarke, a décidé de vivre en ermite. 6 mois plus tard tout le monde est à sa recherche. Et alors qu'elle revient sur les devants de la scène de nouvelles menaces risquent de détruire ce qui reste de l'humanité.

SPOILERS

Le propos de la série, depuis le début, concerne la survie. Face aux 100 nous avions un groupe de personnes très violentes qui considèrent que la survie provient de la capacité de combattre et de sacrifier les personnes faibles et dangereuses. Un autre groupe utilise l'esclavage et le vampirisme tout en se considérant comme la quintessence de la civilisation humaine (surprise, ce sont des blancs aux habits riches). Durant la série, les 100 et les terrien-ne-s essaient de créer une nouvelle civilisation basée sur la paix. Mais la série aime bien créer de nouveaux problèmes. Ainsi, la saison 4 montre les 100 devenir équivalents au groupe du bunker puisqu'illes utilisent le sang et les corps d'autres personnes afin de trouver un moyen de survivre à la fin du monde. La question posée est limpide : Que peut-on justifier au nom de la survie ?

L'une des réponses est donnée par Luna. Ce personnage aurait mérité un meilleur développement au fil de la série. Luna est membre d'un groupe qui peut accéder au statut suprême. Ce statut s'acquière lors d'un combat rituel qui implique la mort de toutes personnes prétendantes au trône. Mais Luna a fui et, depuis, refuse de rester sur la voie de la violence. Elle essaie de créer une nation basée sur la paix. À plusieurs reprises, elle accuse Clarke de justifier des atrocités au nom de la survie et, petit à petit, refuse à l'humanité le droit de continuer à exister. Malheureusement, ce refus se traduit par un retour à la violence. Luna fait partie des rares personnages censés être purement pacifistes que je connais (un autre exemple étant la Duchesse Satine dans la série Clone Wars). J'aurais apprécié que la série lui laisse le temps de développer sa philosophie avant d'en faire une tueuse sans remords.

Un second problème concerne Jasper. Jasper est l'un des 100 présents depuis le début de la série. Lors de la saison 2, il fait la connaissance de Maya qui meurt à la suite de la décision de Clarke de détruire le bunker contre lequel les 100 sont en guerre. Cette décision implique de tuer non seulement des soldats mais aussi des enfants et des personnes innocentes ou alliées. À la suite de cela, Jasper est furieux, ce qui est justifié, mais il entre aussi en dépression. À plusieurs reprises lors des saison 3 et 4 il exprime très clairement son envie de se suicider, avec plusieurs tentatives. Mais il est très mal écrit. Au lieu de le montrer pour ce qu'il est, une personne suicidaire, la production en fait l'un des personnages les plus antipathiques de la série. Il semble que les scénaristes souhaitent nous dire que les personnes suicidaires sont désagréables. À plusieurs reprises, des ami-e-s de Jasper se contentent de lui demander d'agir pour ne plus être désagréable. Jamais la raison de sa dépression n'est exprimée comme légitime. Aucun personnage, même considéré comme des docteur-e-s, ne tente de l'aider. Il est laissé à l'abandon. Je suis très déçu de son traitement et j'en attendais beaucoup plus.

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**** Une série que j'apprécie mais ces deux saisons traitent mal deux personnages que j'aurais préférés être mieux écrits.
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Image : Allociné

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10:56 Écrit par Hassan dans Film, science-fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : the 100, les 100, cw | | | |  Facebook

Nous les filles de nulle part (The nowhere girls) par Amy Reed

Titre : Nous les filles de nulle part (The nowhere girls)
Autrice : Amy Reed
Éditeur : Albin Michel 28 février 2018
Pages : 536
TW : Harcèlement scolaire, harcèlement policier, viol, psychophobie

Ce roman a été conseillé par la chaine de Mx Cordelia. Malgré le thème et des passages parfois difficiles le livre est positif. Grace est une jeune adolescente effacée. Elle vit dans l'ombre de sa mère, une brillante oratrice chrétienne adorée par le père de Grace. Les activités de sa mère ont obligé la famille à quitter leur ancienne église, son ancienne école et leur ancienne ville pour se rendre en Oregon, Prescott. Grace ne connait encore personne et elle regrette beaucoup d'avoir perdu celles qu'elle pensait être ses amies ainsi que ses repères. Elle pourrait se réfugier dans sa chambre mais elle est encore en désordre et remplie de messages de désespoir de l'ancienne occupante : Lucy Moynihan. Elle veut absolument savoir ce qui est arrivé et, pour cela, elle se rapproche de deux personnes un peu marginales de l’école : Rosina et Erin. Ensembles, elles montent un plan pour s'attaquer au problème à la source.

SPOILERS

Comme je l'ai dit plus haut, le thème de ce livre est difficile. Heureusement, l'autrice ne décrit jamais précisément les actes de viols. Bien que le livre soit résolument optimiste, l'autrice n'oublie pas non plus les difficultés de dénoncer des pratiques de harcèlement et de prédation contre les filles et les femmes. Une grande partie du livre se déroule dans une forme de clandestinité. Les jeunes femmes de l'école se réunissent en se sachant soumis à une surveillance de plus en plus importante. Petit à petit, celle-ci se concrétise par des accusations contre les "meneuses." Le but, bien qu'il ne soit pas exprimé, est de silencier les femmes sur leurs expériences. Ni la police ni l'école ne sont bienveillantes dans ce livre. Au contraire, ce sont des ennemis. En ce qui concerne l'école on n'observe que deux personnages précis. Le premier est un enseignant, coach de l'équipe, qui refuse toute remise en cause de ses sportifs et de leur statut. La seconde est la proviseure qui agit aussi en partie sous pression de la police, mais n'hésite pas à agir illégalement. Ce qui ressort de ce roman est une impression d'isolement face à des adultes qui refusent que des adolescentes puissent vouloir s'exprimer en vue d'un changement.

Il ne faut donc pas faire confiance aux adultes. Les adolescentes organisent une réunion non-mixte. La mise en place est intéressante puisque l'autrice décide que les fondatrices restent anonymes et de ne pas mettre en place une structure hiérarchique, les adolescent-e-s parlent selon leurs envies et leurs besoins. Cela permet de mettre en avant un certain nombre de point de vue sur la sexualité, la féminité et l'amitié. Cet aspect est renforcé par la structure des chapitres. La lecture permet de suivre 3 femmes précises : Grace croyante et nouvelle, Rosina mexicaine et lesbienne et Erin asperger. Leurs ressentis et peurs fassent à ce qui arrive sont coupés par les points de vue d'autres personnages, qui parfois ne sont pas d'accord, mais aussi de chapitres sobrement intitulés nous qui permettent de mettre en avant, sans nommer, les expériences d'autres adolescentes. Si je devais faire une critique négative je dirais que la conclusion du roman ne permet pas de savoir tout ce qui arrive à ce groupe. Mais on en ressort avec l'envie de le faire lire à tout le monde.

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***** Thème difficile mais roman optimiste sans être irréaliste. À lire.

Image : Éditeur

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13/07/2018

Histoire de Genève 3. De la création du canton en 1814 à nos jours par Olivier Perroux

Titre : Histoire de Genève 3. De la création du canton en 1814 à nos jours
Auteur : Olivier Perroux
Éditeur : Alphil 2017
Pages : 151

Ce dernier tome s'intéresse à la vie de la Commune, et du canton, de Genève du XIXème à pratiquement aujourd'hui puisque l'auteur mentionne aussi bien le CEVA que la révision constitutionnelle ou encore l'arrivée du MCG. Cette entrée dans l'histoire contemporaine de Genève a lieu après l'époque française alors que les diplomates genevois font pressions au congrès de Vienne pour recevoir une indépendance dans le cadre de la Confédération Helvétique, elle aussi restaurée après l'épisode de la République Helvétique. L'auteur examine cette longue histoire en 15 chapitres.

Sans vouloir présenter tous les chapitres de cette synthèse, il me semble que l'un des thèmes importants de ce tome concerne la révolution et particulièrement l'histoire du radicalisme. Ce parti, qui est d'abord à la gauche des Conservateurs, inaugure une véritable révolution dans le canton lorsque les autorités traditionnelles sont renversées au profit des radicaux, dont Fazy. Bien que cette révolution ait eu lieu en deux étapes, la Confédération ayant réagi, Fazy a eu un impact majeur sur l'histoire de la ville puisqu'il décida de nombreuses révisions et changements, par exemple la destruction des murailles ce qui ouvrit de nouveaux terrains de constructions. Malgré sa puissance, le radicalisme perdra, petit à petit, de sa splendeur face au parti socialiste et à Léon Nicole lors de l'entre-deux-guerres. Cette hégémonie sera définitivement perdue après les années 60.

Un second thème pourrait être celui de l'urbanisme, en lien avec le rôle de la ville en Suisse et à l'international. Genève s'est construit face à un pays considéré comme ennemi, en particulier lors de l'arrivée du protestantisme. Longtemps, la ville fut coupée du reste du monde par une muraille qui ne fut détruite que durant le XIXème siècle. Lors de son indépendance, le canton ne possédait qu'une ville et un territoire rural. Mais l'expansion économique et démographique implique une hausse importante du développement de ces villages qui deviennent des villes importantes, tandis que Genève perd des habitant-e-s à cause d'un manque d'appartements. De plus, la ville étant choisie comme siège de la SDN, de nombreuses organisations internationales puis de l'ONU elle attire de nombreux fonctionnaires internationaux. Il faut leur fournir de quoi se loger mais aussi des moyens de transports adéquats, comme l'avion. Les autorités sont forcées à s'intéresser à l'urbanisme et cherchent des moyens de gérer le développement de la ville. Mais les problèmes politiques empêchent un choix nécessaire concernant le réseau de routes et de transports publics, sujet encore controversé. La série se termine sur ce dernier tome qui s'arrête au début du XXIème siècle.

Image : Éditeur

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12/07/2018

Letter 44 6. The end par Charles Soule, Alberto Jiménez Alburquerque, Dan Jackson et Sarah Stern

Titre : Letter 44 6. The end
Auteur-e-s : Charles Soule, Alberto Jiménez Alburquerque, Dan Jackson et Sarah Stern
Éditeur : Oni Press 13 mars 2018
Pages : 160

Ce volume 6 contient Letter 44 29-31 et 33-35. L'équipage du Clarke a accepté une mission de plusieurs années afin de comprendre la raison de l'arrivée d'une espèce alien dans le système solaire. À la suite de leur premier contact l'équipage a compris que les aliens luttent contre une menace capable de détruire un système entier. Sur la Terre, la connaissance de ces aliens et de la technologie créée par les États-Unis pour les combattre a mené à une nouvelle guerre mondiale. Maintenant que la paix est déclarée il est temps pour le Président Blades d'annoncer au monde que la Terre va être détruite d'ici peu de temps. Seuls 666 personnes devaient être sauvée mais les aliens ont décidé de revenir sur leur promesse.

SPOILERS

Cette série avait tout pour me plaire. Nous avions un côté science-fiction et mystère avec l'équipage du Clarke et le contact mis en place avec une espèce alien plus avancée. Leur but est resté secret longtemps ainsi que leur responsabilité. De plus, nous avions un parallèle politique sur terre. Les auteur-e-s examinaient l'effet que pourrait avoir l'arrivée d'aliens et de nouvelles technologies sur le monde. Selon moi, il aurait été possible de faire bien mieux, mais une partie des problèmes est dû aux réactions du personnage Blades, dont les décisions ne sont pas tout à fait logiques.

Malheureusement, ce dernier tome tombe un peu à plat. Pendant 4 tomes les auteur-e-s ont mis en place deux intrigues éloignées mais tout aussi intéressantes. Celles-ci sont censées se résoudre, et se rejoindre, dans ce dernier tome. Selon moi, cette conclusion échoue. Il n'y a pas assez de temps pour développer l'intrigue politique dans toute sa splendeur ni pour mieux présenter les aliens et leurs plans. Les auteur-e-s ont été pris au piège de leur propre horloge, vu que les numéros de ce tome scandent le temps restant avant la destruction du système solaire. Il est dommage que la série commence si bien pour se terminer si mal.

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*** Je garde une certaine affection pour cette série, malgré deux derniers tomes bien en dessous de ce que j'attendais.
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Image : Amazon

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Metro 2033 par Dmitry Glukhovsky

Titre : Metro 2033
Auteur : Dmitry Glukhovsky
Éditeur : Atalante mai 2010
Pages : 640
TW : Meurtres, racisme

2033, depuis un temps inconnu l'humanité, du moins ce qu'il en reste, vit dans les ruines du métro de Moscou. Une guerre a détruit toute chances de revenir à la surface. Celle-ci est ravagée par les radiations mais aussi les mutants, des animaux et des êtres étranges qui rendent tout voyage de surface pratiquement mortel. Artyom est un enfant de l'extérieur. Mais il ne possède presque pas de souvenirs. Sa station avait été envahie par les rats et sa mère le sauva en le confiant à un homme. Artyom est l'un des 5 survivants de cette ancienne station. Depuis, il vit avec son beau-père à la station VDNKh. Il s'occupe de l'usine de thé tout en s'entrainant à se battre car, comme tous les hommes, il est chargé du contrôle des checkpoints de la station. VDNKh pourrait être parfaite, prospère et même créer une petite confédération avec ses voisines. Mais elle est confrontée à une menace externe : les Noirs (reprise de la traduction, je préfère la traduction du jeu qui parle de Sombres). Ces êtres ne semblent pas pouvoir être combattu et pourraient constituer une menace sérieuse pour le réseau entier.

SPOILERS

Ce roman possède deux suites, deux adaptations en jeux-vidéos et pourrait être adapté au cinéma. Il se trouve dans ma Pile à lire depuis plusieurs années mais je n'avais jamais commencé la lecture. Bien que j'apprécie les ambiances post-apocalyptiques et les dystopies, l'ambiance qui semblait s'approcher de l'horreur m'empêchait de commencer. L'auteur est assez habile pour ne donner que peu d'informations sur son univers. On ne connait le métro que par des rumeurs et ce n'est que rarement que celles-ci sont confrontées à la réalité. Le monde de la surface est encore moins connu, donnant une impression de danger et d'étrangeté à la lecture. Le métro lui-même est un microcosme de l'humanité avec des lieux prospères, d'autres pauvres et des expériences politiques et religieuses variées. Ainsi, il y a aussi bien une partie capitaliste que communiste avec quelques stations fascistes. Glukhovsky utilise ces différents milieux pour tenter une réflexion sur la place de l'homme dans l'univers et la manière de justifier sa propre existence. Aucune expérience politique ou religieuse n'est épargnée mais le roman semble se conclure sur la nécessité de croire en une doctrine afin de comprendre la place que l'on possède dans le monde. Ainsi, le héros du roman croit être le héros d'une lutte à mort des hommes contre les Noirs.

Si je parle de lutte des hommes c'est à dessein. En effet, il n'y a pratiquement pas de personnages féminins dans ce roman, je ne crois pas qu'il en existe qui possèdent un nom. Toute la trame narrative est construite autours des hommes et de leurs luttes pour l'avenir, aussi difficile semble-t-il être. Artyom lui-même n'a pas de mère mais un père, sa mère l'ayant abandonné afin de le sauver. Il ne se souvient ni de son nom ni de son visage. La quête de ses souvenirs est l'une des trames narratives du roman. Lorsque Artyom, et ses compagnons, visitent des stations du métro les femmes ne sont que rarement mentionnées. L'une des rares pages durant lesquelles il existe une interaction entre le héros et une femme, qui n'est pas nommée, celle-ci mendie et reçoit de l'argent de la part d'Artyom. D'autres pages montrent les femmes uniquement comme des mères, liées à un homme, mais jamais en position active. Ces quelques mentions semblent permettre de considérer que les femmes du métro sont des mères (avec l'exception des prostituées qui sont nommées mais jamais présentes dans le récit), chargée de la gestion de la maison alors que les hommes ont des rôles externes que ce soit comme ouvrier ou comme soldats.

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*** Le roman a ses qualités, mais je n'ai pas apprécié la lecture. J'ai trouvé les passages sur la religion particulièrement difficiles et lourds
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Image : Éditeur

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07/07/2018

Histoire de Genève 2. De la cité de Calvin à la ville Française (1530-1813) par Corinne Walker

Titre : Histoire de Genève 2. De la cité de Calvin à la ville Française (1530-1813)
Autrice : Corinne Walker
Éditeur : Alphil 2014
Pages : 160

Ce second tome de l'Histoire de Genève s'intéresse aux années durant lesquelles la ville change de religion et lutte contre l'influence grandissante de la France, pour terminer comme chef-lieu du Département du Léman. L'autrice peint cette histoire en 15 chapitres. Bien entendu, la religion et Calvin ont une place importante dans ce livre. Mais l'autrice n'oublie pas de mettre en avant d'autres points. Elle explique que Genève est, à cette époque, une République qui a pris le contrôle des droits de seigneurie après la fuite de l’Évêque. Petit à petit, une oligarchie se met en place avec un contrôle de plus en plus fort du pouvoir par une minorité de bourgeois. Comme dans d'autres villes suisses, la bourgeoisie se restreint de plus en plus et empêche l'accession aux droits politiques des autres catégories de population. Ce système est le terreau des révolutions qui auront lieu à la fin du XVIIIème, avant la prise de contrôle française.

L'autrice explique que la ville est, à l'époque, considérée comme importante, belle et prospère. Elle est l'un des plus importants centres de la Réforme mais aussi de la culture et des sciences, preuve en sont les dons et collections de personnalités. Ainsi, Rousseau possède-t-il une influence importante dans la Cité. La ville elle-même change de forme à la suite de la prise en compte des besoins urbains. Des lumières sont mises en place tandis que les égouts sont créés, avec quelques maisons reliées à l'eau courante. Mieux encore, des places sont dessinées. Mais la ville fait aussi attention aux remparts qui sont fréquemment reconstruits, malgré les coûts.

L'autrice explique aussi que la ville est fortement contrôlée par les autorités, en particulier en ce qui concerne les aspects moraux. Les pouvoirs publics essaient de réguler la mode, mais échouent régulièrement. Le but principal est d'atteindre une forme de modestie liée à son statut social. On ne devrait pas porter des habits qui sont au-dessus de son statut. Des lois dites somptuaires sont déclarées et s'intéressent de près aux habits mais aussi aux fêtes. On peut recevoir une amende pour une fête trop riche en victuailles ou en cadeau, par exemple dans le cadre d'un mariage. De plus, les contestations politiques sont réprimées. Les cercles, par exemple, sont interdits avant d'être acceptés si les réunions ont lieu en public. Cependant, cela n'a pas empêché des émeutes puis une révolution. Le livre se termine sur le fonctionnement de la Cité sous la domination française du Directoire puis de l'Empire.

Image : Éditeur

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06/07/2018

The Incredibles 2 / Les Indestructibles 2

Il y a quelques jours la famille Paar se trouvait sur l'île d'un super-vilain qui souhaitait attaquer une ville afin de devenir un super-héros adulé. Après leur combat, le Démolisseur attaque la banque mais il ne sait pas que les Paar sont dans les parages. Malgré l'illégalité de leurs activités, personne dans la famille n'hésite à s'attaquer au Démolisseur, ce qui se termine par leur arrestation. La loi étant ce qu'elle est la famille se retrouve dans un motel avant que le programme de relocation et d'aide aux anciens supers ne soit fermé par décision politique. Heureusement pour elleux, un riche industriel était présent. Il décide de contacter les Paars ainsi que Frozone afin de leur proposer un plan pour rendre les activités des supers à nouveau légales. Mais pour cela il souhaite commencer par Elastigirl.

SPOILERS

Les Indestructibles n'est pas seulement un film de super-héros. Il est aussi, et surtout, un film contant l'histoire d'une famille. Ce n'est pas la seule famille de héros dotés de supers pouvoirs qui ai connu une adaptation au cinéma. Les 4 Fantastiques sont aussi membre d'une famille mais leurs adaptations, au nombre douloureux de 4, n'ont jamais réussi à mettre en avant cette caractéristique. A la place, nous avions des acteurs et actrices qui peinaient à donner envier de suivre une intrigue lourde et mal écrite. Malgré quelques bonnes idées pour la dernière adaptation, celle-ci était moche et très mal montée alors que son réalisateur semble avoir disparu après un début de carrière prometteur (il pourrait toujours revenir). La réalisation des Indestructibles comprend parfaitement qu'elle parle d'une famille. Les activités de héros sont montrées comme un travail qui implique des contraintes sur la vie personnelle. Dans ce contexte, le couple de parents doit mettre en place une division des tâches afin de s'occuper aussi bien des enfants que de leur travail.

Bien que j'apprécie le premier film, celui-ci suivait un schéma classique. Bob Paar travaillait à l'extérieur tandis que Hélène Paar s'occupait des enfants et de la maison. Plusieurs scènes montraient Hélène dans son rôle de mère de famille tandis que son mari lisait le journal sans se lever. Ce second film décide d'aller à l'opposé. Cette fois Hélène travaille tandis que Bob s'occupe de la maison et des enfants. Immédiatement, on nous montre que le support de Bob implique aussi l'impression qu'il serait meilleur que sa femme, ce qu'elle semble laisser couler à ma plus grande incompréhension. Le film joue beaucoup sur l'incapacité d'un homme adulte marié depuis au moins 15 ans de s'occuper d'enfants et du ménage. Autrement dit, Bob Paar est montré comme un incapable, ce qui est triste vu qu'il est censé être un parent...

Le film nous donne aussi un nouveau vilain, ou plutôt une vilaine. Il y a longtemps qu'on attend d'avoir une bonne vilaine dans un film de héros, mais il est rare que celles-ci soient seules ou même les principales instigatrices. Ce personnage est réussi car même si l'on s'attend assez rapidement à ce qu'elle soit l'opposante principale son discours est clair et construit. Si elle s'oppose aux Supers ce n'est pas pour contrôler le monde mais pour éviter que l'humanité ne prenne le chemin de la facilité, soit de suivre des supers qui ouvrent le chemin et s'occupent des problèmes pour le reste du monde. Cette position est basée sur une histoire personnelle et son interprétation, logique, de celle-ci. Il est dommage que le personnage ne puisse pas avoir plus de présence à l'écran, bien que cela soit logique dans le cadre de l'intrigue du film.

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**** Distrayant, drôle, une suite que je pense réussie.
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Image : Allociné

Site officiel

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05/07/2018

Letter 44 5. Décalage vers le bleu par Soule, Alburquerque et Jackson

Titre : Letter 44 5. Décalage vers le bleu
Auteurs : Soule, Alburquerque et Jackson
Éditeur : Glénat 10 janvier 2018
Pages : 128

Ce tome contient Letter 44 7, 14, 21, 28 et 32. Au début du millénaire le président des Etats-Unis d'alors lancé une mission spatiale chargée de découvrir le but d'une construction engagée par une espèce alien. Parallèlement, il a multiplié les guerres afin de préparer assez de soldats pour une potentielle confrontation. Son successeur a décidé de rendre l'information publique et le monde est entré dans une troisième guerre mondiale qui ne s'est terminée qu'il y a peu. Le nouveau président apprend que les aliens sont prêts à sauver 666 personnes, le reste du monde va être détruit. Mais les agissements de l'équipage de la mission spatiale remettent en question cette offre. Ce volume nous permet de comprendre comment et pourquoi les membres du vaisseau ont accepté de partir pour un voyage qui ne peut que se terminer par leur mort.

SPOILERS

Ce volume est une série de one-shots qui s’insèrent dans la trame principale afin de nous permettre de mieux connaitre les personnages. L'éditeur, anglophone comme francophone, a décidé de les relier dans un même volume. Ce nouveau tome donne donc l'impression d'une simple pause dans l'intrigue. On n'apprend rien que l'on ne connait déjà et les problèmes politiques et humains sont laissés à part. Le seul ajout intéressant concerne la manière de recruter l'équipage. La présidence n'hésite pas à piéger les personnes qu'elle souhaite inclure si cela permet d'aller plus vite.

En revanche, les auteurs nous offrent enfin un peu plus de substances concernant les aliens, baptisés bâtisseurs. Revenant largement dans le passé, les auteurs parlent d'une espèce qui a entièrement conquis son système mais qui doit rigoureusement contrôler le nombre d'enfants qui naissent. Deux scientifiques proposent d'utiliser l'énergie d'une autre étoile afin de permettre de dépasser leur système. À la suite de cette expérience une catastrophe qui va détruire la galaxie a eu lieu et les aliens décident de tout faire pour la stopper, bien que cela prenne des millions d'année. Ce petit one shot ne donne que peu d'informations mais il permet d'offrir une histoire tragique aux bâtisseurs qui deviennent les seul-e-s représentant-e-s de leur espèce.

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*** Un tome en soi peu intéressant.
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Image : Éditeur

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04/07/2018

Lum'en par Laurent Genefort

Titre : Lum'en
Auteur : Laurent Genefort
Éditeur : Le livre de poche 19 octobre 2016
Pages : 384

J'ai décidé de placer ce livre dans ma Pile à Lire suite à la chronique de l'Imaginarium Électrique, il y a bientôt un an. Je ne connaissais pas l'auteur ni son univers. Laurent Genefort est français et, selon la bibliographie ajoutée par l'éditeur, il a une production impressionnante. Lum'en se déroule sur la colonie humaine de Garance. Cette dernière vit difficilement sur un monde qui ne lui est pas hostile mais qui lui est définitivement fermé. Car il est impossible de se nourrir sur place. Il faut créer des serres ou tout importer. Mais Garance va se développer au fil des années. Elle passe de simple colonie à un lieu industriel à la puissance naissante jusqu'à s'effondrer. Cette histoire est observée par plusieurs créatures, les Pilas et surtout Lum'en.

SPOILERS

Immédiatement, on se rend compte que l'auteur maitrise parfaitement son histoire. Il nous donne une impression d’immensité en peu de lignes. Garance elle-même n'est que peu décrite mais on se rend compte que la planète cache de nombreuses ressources. Les colonies humaines et leur mode de fonctionnement sont à la fois classiques, décrites quelque peu et laissée dans l'ombre. On sait qu'il existe un vaste univers mais on ne nous donne que peu d'informations. L'histoire de l'univers lui-même nous semble bien plus vaste ! Il y a des sectes, des mondes oubliés mais aussi des races éteintes et des artefacts sur différents mondes. Sans trop en dire, l'auteur nous donne l'envie de mieux connaitre son univers. Le procédé peut sembler artificiel mais il fonctionne très bien, en tout cas sur moi.

J'aurais adoré le livre mais j'en suis sorti avec un grand sentiment de frustration. Je pensais entrer dans un roman j'ai plutôt eu l'impression d'une suite de nouvelles rattachées par les quelques impressions de Lum'en. Nous n'avons pas l'occasion de connaitre les personnages ni d'aller jusqu'au bout des intrigues. À chaque grande partie, je souhaitais en savoir plus sur le fonctionnement de la colonie et le destin de personnages que l'auteur n'a pas eu le temps de construire comme je le souhaiterais. Je suis donc partagé entre la fascination pour cet univers et la frustration que ce livre m'a procuré.

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*** Très loin d'être mauvais je trouve même ce roman très bon. Mais je suis très frustré par sa construction.
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Image : Éditeur

lum'en,le livre de poche,laurent genefort

01/07/2018

Histoire de Genève 1. La cité des évêques (IVe-XVIe siècle) par Mathieu Caesar

Titre : Histoire de Genève 1. La cité des évêques (IVe-XVIe siècle)
Auteur : Mathieu Caesar
Éditeur : Alphil 2014
Pages : 156

La collection Focus de la maison d'édition Alphil s'est intéressée non seulement à Neuchâtel, à la Suisse ou à Fribourg mais aussi au canton de Genève, donnant un panorama intéressant de l'histoire régionale suisse romande (bien qu'il manque encore quelques cantons). Ce premier tome est écrit par un maître-assistant de l'université de Genève, spécialisé dans les questions des société urbaines comme le présente la quatrième de couverture. Sa présentation s'intéresse à 12 siècles d'histoire en 13 chapitres mais il explique qu'une partie importante de la période médiévale est peu connue, car les documents sont peu nombreux.

Les 5 premiers chapitres sont les plus chronologiques. Chacun de ces chapitres s'intéressent à une période précise : création de la ville, royaume Burgonde, période franque par exemple. L'auteur nous présente l'importance de la ville dans le cadre du premier royaume Burgonde, dont Genève est l'une des capitales. Cependant, les royaumes Burgondes ne durent pas longtemps et se sont rapidement les Seigneurs locaux qui prennent de l'importance politique. Ce sont les Savoies qui essaieront longtemps de prendre le contrôle de la ville. En effet, celle-ci est sous le pouvoir temporel de l’Évêque qui doit la protéger tout en poursuivant ses devoirs épiscopaux.

Cet aspect de conflit entre la Savoie, comtes puis ducs, et l’évêché, est fondamental pour la ville de Genève dont les habitant-e-s essaient tout de même de rester sous la protection de l’Église. Après la perte d'importance des Savoies, ce sont les relations avec les confédérés qui deviennent sources de tensions. Au point de créer des factions différentes au sein de la ville qui n'hésitent pas à s'attaquer en justice en cas de besoin.

L'auteur présente aussi la vie de tous les jours de la Genève médiévale. Comme le livre concernant Fribourg au Moyen Âge le montre, Genève est une ville de commerce importante, au niveau international. Plusieurs marchands possèdent des magasins en ville ou se rendent aux foires. En ce qui concerne Fribourg, ce sont les ventes d'étoffes qui sont importantes. Cependant, la ville souffre de la concurrence de Lyon, voulue par le roi de France. L'auteur nous parle aussi de la vie religieuse, et démontre que les habitant-e-s sont particulièrement soucieux de leur piété, ce qui fonctionne en lien avec les Confréries qui permettent de conserver l'attention de la communauté après la mort. L'auteur réussit donc à offrir l'image d'une ville particulièrement vivante qui connait des moments de grâce et des périodes d'oublis. Une ville enserrée dans des relations d'influences, l'Évêque, la Savoie, l'Empire, le royaume de France mais aussi les Confédérés.

Image : Éditeur

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Love. Simon

Simon est un jeune adolescent comme les autres. Sa famille est heureuse. Il a reçu une voiture pour ses 16 ans et, comme tout bon adolescent des Etats-Unis motorisé, il va chercher ses ami-e-s pour les emmener en cours. Il est en dernière année et se prépare à se rendre à l'université de Los Angeles. Il aime le café et le théâtre tandis que ses enseignant-e-s n'ont rien à lui reprocher. Mais Simon a un secret. Ce secret il ne l'a avoué à personne et son refus d'en parler, afin de se protéger lui-même mais aussi d'autres personnes, risque de tout changer. Simon est gay et il ne connait qu'une seule autre personne dans son école mais il ne lui parle jamais.

SPOILERS

La première caractéristique de ce film que l'on doit mettre en avant est simple : Love, Simon est un film d'adolescent-e mais aussi, et surtout, un feel good movie. Ce genre tente de faire passer les personnes qui le regarde par toutes les émotions possibles mais de manière positive. On ne sort pas d'un tel film sans se sentir bien, heureux, optimiste. C'est pour cette raison que les questions les plus difficiles ne sont pas forcément mises en avant, préférant s'intéresser aux questions d'amitiés et de réussites malgré les problèmes subis par les personnages, principaux ou secondaires. Regarder ce type de film fait toujours du bien. D'autant qu'une grande partie des productions qui s'intéressent à des personnes homosexuelles, ou transgenres, sont particulièrement difficiles.

Le point focal de ce film est l'outing. En effet, Simon ne sort pas du placard de son plein gré. Il est forcé de se rendre public par une personne anonyme qui l'a fait chanter pendant une bonne moitié de l'histoire. Même si le film fait le choix de ne pas être négatif, cela n'empêche pas de condamner l'outing comme une atteinte à la vie privée. Comme le dit le personnage principal, être out ne dépend pas des autres mais de lui seul. Seule la personne directement concernée peut décider de quelle manière déclarer son identité. Je suis donc particulièrement heureux de voir que l'un des autres personnages empêche, à un moment du film, de filmer avec un natel une personne potentiellement homosexuelle. C'est un geste qui devrait être normal.

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**** On passe un très bon moment devant ce film

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Image : Site officiel

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16:30 Écrit par Hassan dans contemporain, Film, LGBTIQ | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : love simon | | | |  Facebook

28/06/2018

The Firemane saga 1. King of ashes par Raymond E. Feist

Titre : The Firemane saga 1. King of ashes
Auteurs : Raymond E. Feist
Éditeur : Harper Collins 5 aout 2018
Pages : 512

Comme le dit l'histoire, le monde a connu des siècles de paix sous le patronage de 5 royaumes et de leurs souverains. Ensemble, un équilibre a été mis en place qui a permis au commerce et à la culture de prospérer. Mais un jour quatre royaumes se sont retournés contre le cinquième et, par traitrise, détruit toute la lignée ainsi que la ville la plus riche du monde. Tout le monde pense que la lignée a été annihilée. Mais, un enfant a survécu. Il a été envoyé dans une nation secrète. Pendant 17 ans il a été instruit afin de lui permettre de survivre à ses ennemis. Maintenant qu'il approche de sa majorité il est temps pour lui de connaitre son héritage et de décider de son futur. Un futur qui s'inscrit dans des rumeurs de guerre.

SPOILERS

Raymond E Feist est responsable d’une grande saga construite autour d'un seul personnage. J'avais bien aimé lire ces histoires, même si la qualité n'était pas toujours identique. Ce nouveau livre s'inscrit dans une nouvelle saga. On comprend rapidement que l'auteur décide de prendre une toute nouvelle direction pour lui : celle de Game of Thrones. En effet, au lieu de quête, de magie ou d'elfes l'auteur nous offre immédiatement une trahison, du sexe et beaucoup de sang. Il semble que Feist souhaite surfer sur la réussite de Game of Thrones tout en ajoutant, après quelques pages, des éléments plus classiques de son écriture. Bien que certaines intrigues soient intéressantes il faut tout de même comprendre que Feist échoue à donner la même intensité et intelligence que George R.R. Martin. Pire encore, on a l'impression que l'auteur ne sait pas dans quelle direction il se rend et ne fait qu'ajouter des éléments petit à petit.

Il faut aussi mentionner les personnages qui ne sont, malheureusement, pas mieux écrits. Les personnages développés sont peu nombreux et leur histoire n'est que peu intéressante. Ce sont surtout deux hommes qui sont au cœur de l'intrigue. L'un est l'un des meilleurs forgerons du monde. Son seul but est de trouver une femme et une forge afin de travailler en paix. Ce qui ne l'empêche pas de combattre de temps en temps. Le second est le bébé Firemane. Il est toujours en colère, ne comprend pas sa place et est amoureux de l'une de ses amies. Il se contente de suivre les événements sans agir ni comprendre. Aucun des deux personnages n'est particulièrement passionnant à suivre et la fin de leur histoire, dans ce premier tome, me semble particulièrement peu imaginative.

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*** Feist essaie de se renouveler mais échoue largement. Peut-être ce tome serait-il meilleur lors d'une lecture avec ses suites. Mais je me demande si je souhaite vraiment m'y intéresser.
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Image : Éditeur

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24/06/2018

Histoire du canton de Neuchâtel 3. La création d'une République. De la Révolution de 1848 à nos jours par Jean-Marc Barrelet

Titre : Histoire du canton de Neuchâtel 3. La création d'une République. De la Révolution de 1848
Auteurs : Jean-Marc Barrelet
Éditeur : Alphil 2011
Pages : 139

Ce troisième, et dernier, tome s'intéresse à la période de 1848 à 2011. L'auteur débute sur une Révolution en mars 1848 qui prend les tenants de l'ancien régime par surprise. En peu de temps, le pays est aux mains des insurgés, soutenus par la jeune confédération et les vainqueurs du Sonderbund. Cependant, l'auteur démontre que la République n'est pas sans faiblesses. Tout d'abord, il explique quelles sont les problèmes des radicaux. En effet, ceux-ci essaient de réformer en vitesse un pays tenus pendant longtemps par des systèmes archaïques et donc une partie de la population ne veut pas. De plus, les révolutionnaires sont eux-mêmes divisés et cela aboutis à la chute du gouvernement. Dans ce contexte, les royalistes essaient de prendre le pouvoir à l'aide d'un putsch. Leur échec est dû aussi bien à un manque de soutien que par l'action rapide des radicaux. Mais il est aussi le début de problèmes diplomatiques pour la Confédération, qui a failli tourner en une guerre avec l'Allemagne.

L'auteur offre aussi un tableau économique du pays. Après les soubresauts de la Révolution et du Putsch, il est nécessaire de réformer les industries du pays. Ces réformes impliquent la mise en place de voies de communication entre le canton et le reste de l'Europe. Les particularismes régionaux débouchent sur le choix de deux voies qui se concurrencent et coutent chers. Les autorités essaient aussi de développer l'industrie horlogère en abandonnant le travail à domicile. Bien que certains patrons tentent de garder un lien entre eux et les ouvriers, les changements impliqués permettent l'essor du syndicalisme et du socialisme.

Enfin, l'auteur essaie aussi de nous montrer les évolutions culturelles et scolaires. Celles-ci sont mises en place en lien avec l'industrie horlogère qui demande un apprentissage professionnel, avec des écoles qui lient art, commerce et mécanique. Neuchâtel devient un vivier de compétences pour la création de montres de luxe mais aussi de leur développement technologique, bien que les changements dans l'industrie poussent certains corps de métier à disparaitre. Le canton possède aussi la plus petite université de Suisse qui a un lien important avec le Front national suisse de la recherche et se spécialise dans certains domaines précis.

La lecture de ces trois tomes donne une image intéressante, complète mais aussi très synthétique du canton. Les auteurs nous permettent de comprendre d'où proviennent des particularités qui existent encore aujourd'hui, et qui peuvent parfois créer des problèmes pour le fonctionnement du canton. Il ressort de la conclusion de ce dernier tome que Neuchâtel, selon l'auteur, doit choisir entre vivre seule à l'aide de ses propres forces ou se réformer, s'unir et se lier à d'autres cantons. Une conclusion que l'auteur semble généraliser à l'ensemble de la Suisse.

Image : Éditeur

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22/06/2018

Lazarus 6. X+66 par Rucka, Lark et Arcas

Titre : Lazarus 6. X+66
Auteurs : Rucka, Lark et Arcas
Éditeur : Glénat 13 juin 2018
Pages : 176

Ce volume 6 contient Lazarus X+66 1-6. Il y a deux ans l'un des fils de Carlyle trahissant. Il y a deux ans ce même fils parti chez la famille Hock, et fut capturé et torturé avant de disparaitre lors d'une réunion diplomatique de toutes les familles. Lors de ce conclave débute la guerre du même nom. Depuis deux ans les familles qui se divisèrent le monde il y a 66 ans luttent les unes contre les autres. Les Carlyle ne sont pas seul-e-s et ce tome nous permet de mieux connaitre la vie de nombreuses autres personnes qui sont aussi impliqué dans cette guerre, que cela soit voulu ou subi.

SPOILERS

Cette minisérie est un bon moyen, pour son auteur, d'étendre l'univers créé. Bien que l'on n'en sache que peu sur les événements qui ont mené à cette dystopie, tout au plus sait-on qu'il y a eu une division du monde après la chute des nations, on en sait un peu plus sur le fonctionnement contemporain de cet univers. Ce tome construit sur ce que l'on sait afin de rendre l'intrigue plus riche. Les 6 histoires s'intéressent aussi bien aux Lazares qu'aux serfs ou encore à la possibilité d'une révolte.

Mieux encore, ces 6 histoires ne font pas qu'étendre l'univers du scénariste, elles préparent la suite. En effet, chacun des personnes que l'on nous présente ou qui gagne en profondeur a un rôle à jouer dans l'intrigue principale. Ces personnages se préparent à changer de métier ou découvrent des informations importantes sur la guerre, par exemple la survie du frère perdu des Carlyle. Il est difficile de savoir ce qui sera conservé pour la série principale mais je pense que plusieurs indices s'y retrouveront. Je suis particulièrement intéressé de voir comment Johannah, Jonah, Forever est une potentielle résistance pourraient se rencontrer.

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**** Un tome constitué entièrement de standalones qui enrichissent beaucoup l'univers de cette série.
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Image : Éditeur

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Histoire du canton de Neuchâtel 2. Le temps de la monarchie, politique, religion et société de la Réforme à la Révolution de 1848 par Philippe Henry

Titre : Histoire du canton de Neuchâtel 2. Le temps de la monarchie, politique, religion et société de la Réforme à la Révolution de 1848
Auteurs : Philippe Henry
Éditeur : Alphil 2011
Pages : 160

L'auteur, en 8 chapitres, essaient de nous montrer de quelle manière Neuchâtel fonctionne dans le cadre de ce que l'on nomme l'Ancien Régime (terme qui ne peut se comprendre sans faire référence à la Révolution française). Pour cela, il s'intéresse aussi bien à la politique, l'économie qu'aux relations de la principauté avec les têtes couronnées de France et de Prusse. En effet, Neuchâtel n'entre que tardivement dans la Confédération et reste un pays soumis à un souverain étranger jusque dans le XIXe siècle.

L'auteur nous démontre que le fonctionne de la principauté est particulièrement traditionnel, les élites au pouvoir ne souhaitent pas modifier le fonctionnement du pays et préfèrent se référer à une coutume considérée comme la raison du destin favorable du peuple neuchâtelois et de son territoire. Le pouvoir contrôle la presse et le politique tout en refusant tout changements concernant le fonctionnement pénal du pays. Ce n'est que tardivement que la peine de mort, les peines corporelles et la torture seront abandonnées ou réformées, sous la pression de l'étranger. Sur place, les volontés de réformes sont qualifiées de sédition et rapidement surveillées et réprimées. Seule la presse du reste de la Confédération ainsi que l'exemple de cette dernière permet de penser un potentiel changement.

Mais l'auteur analyse aussi une époque de changements économiques. Face aux contrôles étroits de l'industrie dans les villes, des entrepreneurs décident de fonctionner en lien avec des habitant-e-s de la campagne afin de créer de nouvelles industries. Ces entrepreneurs contrôlent la vente et l'achat de matière première, la transformation dépendant d'un travail personnel à domicile. Les ouvriers et ouvrières sont soumis au bon vouloir de l'entrepreneur. L'indiennage profite de ces changements mais aussi l'industrie de la montre, malgré quelques problèmes conjoncturels.

L'Ancien régime est aussi une époque de changements importants pour la principauté en matière de souveraineté. Les bourgeois réussissent à défendre l'idée que Neuchâtel ne peut pas être divisé et, plus important encore, d'être capable de choisir leur propre souverain. À plusieurs reprises, un tribunal doit décider quel prétendant reçoit la souveraineté sur la principauté. Bien que la France souhaite contrôler le territoire c'est le roi de Prusse qui est choisi, moyen de défendre les acquis de la Réforme. Face aux royalistes, une partie des habitant-e-s souhaitent rejoindre la Confédération et abandonner l'idée d'une double appartenance et donc les particularités que cela implique, particularités de moins en moins acceptées par Berlin. L'auteur écrit un second tome riche qui réussit, selon moi, à mettre en avant le fonctionnement du pays tout en l'inscrivant dans le contexte de l'Ancien régime. Bien que les informations décrites ne soient pas des surprises pour les personnes qui connaissent la période, l'examen de Neuchâtel permet d'observer plus précisément ce que cela implique au niveau régional.

Image : Éditeur

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20/06/2018

Histoire du canton de Neuchâtel 1. Aux origines médiévales d'un territoire par Jacques Bujard, Jean-Daniel Morerod, Grégoire Oguey et Christian De Reynier

Titre : Histoire du canton de Neuchâtel 1. Aux origines médiévales d'un territoire
Auteurs : Jacques Bujard, Jean-Daniel Morerod, Grégoire Oguey et Christian De Reynier
Éditeur : Alphil 2014
Pages : 160

Neuchâtel est un canton qui me fascine depuis plusieurs années. Je ne connais que peu son histoire mais lorsque j'ai su qu'il y avait eu des comtes je me suis toujours demandé ce qui leur était arrivé. D'autant que la famille a laissé derrière elle un magnifique monument funéraire que j'ai pu contempler. Il n'est donc pas étonnant que je souhaite en savoir plus et que je profite que Alphil ait édité trois livres sur l'histoire de ce canton. Ce premier tome se divise en 15 chapitres écrits par 4 personnes

Les auteurs commencent par expliquer l'origine de Neuchâtel. Ils essaient de mettre en avant les zones antiques, qui prouvent que le territoire était habité depuis longtemps. Ces chapitres sont nourris par l'archéologie qui permet de comprendre quels furent les premières zones d'habitations. Mais cette partie est aussi l'occasion, pour les auteurs, de mettre en question quelques sources sur l'histoire du canton. En effet, une partie de ces sources sont des faux conçus par un ancien notable neuchâtelois. Les auteurs essaient aussi de montrer comment le territoire s'est étendu sous la période médiévale, là aussi en se concentrant sur une analyse des bâtiments et de l'archéologie.

En seconde partie, les auteurs essaient de placer Neuchâtel dans le contexte médiéval en s'intéressant aux différents membres de la seigneurie de Neuchâtel. Cette histoire est riche, ce qui est mis en avant par les auteurs. En effet, la famille seigneuriale est très proche de certaines des familles les plus importantes des différentes époques, comme les Zähringen mais aussi les Savoies et la Bourgogne. Ces rapprochements sont démontrés par les choix des noms des héritiers, qui marquent le souhait d'un rapprochement de la part de la famille de Neuchâtel.

Cependant, ces mêmes seigneurs doivent lutter contre des branches différentes de leur propre famille. Elle se rapproche du royaume de France, se plaçant en porte-à-faux face à l'Empire mais aussi aux cantons Suisses et surtout elle perd ses héritiers mâles, forçant un passage par les femmes. Petit à petit, les comtes quittent Neuchâtel pour n'en faire qu'un moyen de justifier une position et de payer une vie de Seigneur dans les cours françaises. Ce qui permet aux confédérés de prendre le contrôle du territoire, contrôle qui sera abandonné après l'alliance avec la France.

Ce premier tome n'est pas le livre le plus intéressant que je connaisse. Le propos est souvent aride, non pas à cause des informations offertes mais parce que les auteurs s'intéressent beaucoup aux informations archéologiques et du bâti. De plus, je me demande à quel point ce livre est compréhensible sans une connaissance de base de l'époque. Les auteurs traversent une partie de la fin de l'Empire romain et toute l'époque médiévale, s'arrêtant à la Réforme. Les informations plus générales sur la société et la politique médiévale ne sont pas offertes ce qui pourrait poser problèmes pour comprendre ce livre.

Image : Éditeur

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18/06/2018

Jurassic World Fallen Kingdom

Il y a quelques années, le monde a regardé avec horreur la destruction du Jurassic World. Des milliers de victimes ont été rapatriée en urgence tandis que les dinosaures retrouvaient leur liberté. Depuis, l'île est laissée tranquille. Mais celle-ci n'est pas simplement sujette aux ouragans, aux coupures d'électricité et aux trahisons militaires. L'île est aussi un volcan qui est maintenant classé comme actif. La question qui passionne le monde concerne le droit théorique des dinosaures à la vie, et donc leur classement comme espèce menacée. Alors que certains groupes, menés par Claire Dearing, souhaitent les sauver et créer un sanctuaire d'autres considèrent que ce volcan n'est qu'un moyen adéquat pour détruire ce qui n'aurait jamais dû être créé. Le monde est suspendu à la réponse qui sera donnée à cette question

SPOILERS

On ne se le cachera pas, ce film n'est pas trop mauvais. Il est très loin d'être bon mais il a de jolis moments. La partie qui se déroule sur l'île est très réussie, et même belle à certains moments lorsqu'on oublie l'arrivée extrêmement kitsch du logo du film. Il y a des scènes véritablement fortes, d'un point de vue émotionnel et l'on commence à comprendre pour quelle raison ou souhaiterait sauver les dinosaures. Malheureusement, la seconde partie est beaucoup moins intéressante. Elle continue sur une simple copie du second film de la franchise mais au lieu d'un parc au centre d'une ville les méchants veulent faire des dinosaures les armes du siècle, tentant de vendre les spécimens vivants à des riches. Cette partie du film ne montre que peu de dinosaures, il n'y en a que 3 en liberté, et préfère nous expliquer à quel point le méchant est vraiment méchant. Malgré tout, je tiens à mettre en avant un point très positif de cette seconde partie. Bien qu'elle soit peu intéressante elle place des centaines de personnes particulièrement riches dans une salle et décide d'en massacrer une grande partie. Le monde ne peut que s'en sentir mieux.

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** Un film peu intéressant.
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Image : Éditeur

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09:03 Écrit par Hassan dans Film, science-fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : jurassic world, fallen kingdom | | | |  Facebook