22.01.2012

le Panoptique par Jeremy Bentham: Une vision d'horreur

Titre: le Panoptique9782842056872-G.jpg
Auteurs: Jeremy Bentham
Éditeur: Belfond 1977
Pages: 221

Je souhaitais lire cet ouvrage depuis longtemps. En effet, je suis tombé sur le concept de panoptique a plusieurs reprise mais je n'ai jamais lu le livre qui a décrit en premier ce qui était un modèle d'architecture et qui est devenu un modèle de société. C'est donc avec un grand intérêt que je me suis attelé à cette lecture. Mais tout d'abord il serait bon de décrire, exactement, ce qu'est cet ouvrage. Le Panoptique a été écrit par Jeremy Bentham en 1786. Il est composé de trois parties. La première est une série de lettres fictives écrites depuis la Russie. La seconde et la troisième sont des postfaces qui réexaminent ou qui précisent certains points. La première version française a été commandé par l'Assemblée Nationale en 1791. Elle est plus un résumé qu'une traduction de l'ouvrage original. Le livre que j'ai consulté contient cette version française suivie de la première partie du Panoptique traduite pour la première fois. On peut les lire en parallèle puisque les textes ne sont pas semblables. Ce livre est aussi précédé d'un entretien particulièrement intéressant avec Michel Foucault qui nous permet de mieux comprendre le texte de Bentham et ses conséquences sociales. Il est aussi suivi d'une postface de Michelle Perrot qui nous offre une remise en perspective historique de la vie de Bentham ainsi que de la vie de l'idée de panoptique.

Jeremy Bentham voulait, en premier lieu, offrir un mode architectural permettant de construire une prison parfaite. Pour éviter les problèmes des prisons classiques (immoralité, maladies, oisivetés, écoles du crime) Bentham proposait plusieurs mesures. Celles-ci découlent toutes de son principe architectural. En effet, l'idée de Bentham est de construire une prison circulaire avec des cellules transparentes. Un second cercle intérieur trouverait, en son centre, une tour dans laquelle logerait l'administrateur de la prison. Celui-ci, depuis ses appartements, serait capable de surveiller tous les détenus. Une telle capacité de surveillance due à la transparence des actes ne pouvait, selon Bentham et j'incline à être d'accord, qu'empêcher l'idée même d'accomplir des délits à l'intérieur de la prison. Mais l'architecture ne suffit pas et Bentham a d'autres idées sur les prisons. Par exemple, il considère que les prisonniers ne doivent manger que très frugalement des aliments peu ragoûtant pour éviter d'être mieux traités que les plus pauvres. Il pense, surtout et c'est cohérent avec son libéralisme, que les prisons doivent être administrée par des privés qui auraient le droit d'utiliser la force de travail des prisonniers - d'ailleurs le travail est un moyen de redressement moral pour Bentham et d'autres - pour faire du profit. Son idée est que les privés, ayant un intérêt dans l'administration, seront plus compétent que le pouvoir public.

Mais que penser exactement de ce programme? Personnellement il m'effraie. Il suffit d'imaginer les conséquences d'un tel modèle que, d'ailleurs, Bentham voulait généraliser à d'autres institutions que la prison. En effet, le caractère principal du panoptique est de créer un ordre basé sur la transparence des individus face au pouvoir. Cette transparence implique, selon les propres mots de Bentham, que les individus n'oseraient même pas penser à commettre des actes illégaux et/ou immoraux. Autrement dit, l'intégration d'une surveillance constante et d'une vie éternellement soumise à la vision supérieure de l'autorité mènerait l'humanité à ne plus pouvoir mettre en cause l'ordre établi. Nous sommes donc dans un monde tyrannique dans lequel personne n'oserait remettre en cause les inégalités ou les illogismes de la loi. Nous serions devant l'une des plus puissantes tyrannies: celle de la transparence totale de l'individu que nous pouvons lire dans ce magnifique livre qu'est 1984 écrit par Orwell.

Mais vous pourriez me demander la raison pour laquelle on fait tant de cas de ce livre? Il se trouve que le concept de panoptique est particulièrement bien adapté pour comprendre une partie du fonctionnement de notre société. En effet, nous nous trouvons dans une société qui met de plus en plus en exergue la nécessité de surveillance. Celle-ci est justifiée par le besoin de sécurité des citoyens. Depuis quelques années, mais le processus est plus profond historiquement parlant, des lois et des technologies ont été développées pour sécuriser les citoyens. Mais celles-ci impliquent une transparence de plus en plus importantes des individus face à l'autorité. Dans le même temps, nous avons connu un développement tout aussi important sur Internet. En effet, quand on écoute les discours des possesseurs de Facebook, Google ou d'autres grandes entreprises on se rend compte que ces personnes ne croient pas en la vie privée. Pour eux, l'individu qui décide d'entrer sur Internet doit être identifiable, identifié et suivi. Nous ne nous trouvons pas dans une prison. Mais il est indéniable que le concept de panoptique permet de mieux comprendre et de décrire la société dans laquelle nous nous enfonçons. Une société dans laquelle il devient de plus en plus difficile d'avoir droit à une vie privée face à l'état et aux entreprises. Mais il faut nous souvenir de ce que Bentham disait: la transparence des individus implique l'incapacité de mettre en cause les lois ou d'agir contre elles. La question que je pose est donc la suivante: la démocratie peut-elle survivre quand ses citoyens ne peuvent plus contester l'ordre établi?

Image: Édition Mille et une nuit de 2002

18.01.2012

J. Edgar l'homme derrière le FBI

Le nouveau Clint Eastwood est l'un des films qu'il faut avoir vu selon les critiques. Il faut dire que Eastwood nous offre souvent des films qui sont considérés comme particulièrement bien maîtrisé. Cette fois le réalisateur nous plonge dans la vie de Hoover directeur du FBI sous 8 présidents. Nous trouvons donc Hoover à la fin de sa vie dans son bureau. Il demande à un agent membre des Public Relation d'écrire sa biographie et, par conséquent, une partie de l'histoire du FBI. Nous le suivons donc à la fois dans ses derniers jours et lors de sa jeunesse. Ce qui nous permet de le voir monter les marches du FBI mais aussi lutter pour mettre en place un bureau qui possède de réels pouvoirs. En utilisant des affaires célèbres ou des dangers plus ou moins imaginaires il pourra construire le FBI tel qu'on le connaît aujourd'hui. Mais ce n'est pas seulement l'histoire d'une institution. Ce film est aussi l'histoire d'un homme qui vit pour son travail et qui vit pour protéger ce travail. Ce qui le conduira à créer des archives personnelles sur des membres éminents et puissants des USA.

Hoover est certainement un homme que j'aurais détesté. Je ne connais pas sa vraie histoire mais le film que j'ai vu le montre sous un jour impitoyable. Un homme qui n'hésite pas à recourir à tous les moyens légaux ou à contourner les règles pour sauver son pays de ce qu'il perçoit comme un danger. Son attitude devant le Communisme en est une illustration particulière et le film commence par une citation particulièrement violente. Cette peur, selon Eastwood, a duré toute sa vie et explique en partie son attitude contre King. Hoover a d'ailleurs été l'un des instigateurs du programme COINTELPRO qui a lutté sans relâche contre toute remise en question de la société capitaliste américaine. Mais Eastwood nous montre aussi un homme qui n'a pas hésité à trafiquer la vérité pour montrer sous un autre jour l'histoire du FBI. La question reste de savoir, comme le dit son amant ou compagnon, si Hoover croit en ses mensonges ou non. Ce film donne aussi l'impression que le FBI a principalement été construit autours de trois individus: Hoover, Tolson et sa secrétaire Gandy. Je dois aussi dire que la prestation de Leonardo Di Caprio est magnifique. Il incarne à la perfection cet homme étrange et dur. La photographie est aussi très réussie et j'ai, entre autre, particulièrement aimé la première apparition de Tolson qui semble dire que derrière la star il y a l'homme de l'ombre toujours présent. Bref, c'est, à mon avis, un très bon film. Mais celui-ci ne doit pas faire oublier la véritable histoire qui ne peut pas être expliquée dans un film de deux heures.

Image: site officiel

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15.01.2012

The darkest hour: une description du film ou des personnages?

Pour ces premières séances de début d'année j'ai décidé de commencer par un film sans aucune prétention qui ne pouvait qu'être mauvais. Mais les navets ne sont pas forcément impossible à regarder. Nous nous trouvons à Moscou. De jeunes américains essaient de vendre un logiciel qu'ils ont conçu et qui peut les rendre riches. Malheureusement pour eux leur partenaire leur a volé l'idée et se l'est appropriée. Tandis qu'ils noient leur tristesse et leur colère dans un bar branché ils rencontrent deux jeunes filles américaines. Quand, d'un seul coup, la lumière s'éteint. En sortant du club ils se rendent vite compte que c'est toute la ville qui est dans le noir tandis que des lumières oranges flottent dans le ciel et se posent à terre. Il ne leur faut pas longtemps pour se rendre compte que ces lumières sont agressives. Après avoir réussi à survivre les quatre amis tentent de rentrer chez eux en traversant une ville infestée mais presque sans survivants.

Je me demande si le titre est ironique. En effet, mis à part un générique très réussi ou même la 3D est utile, ce film est un énorme néant! Et comme le film fait un peu plus d'une heure c'est en effet l'heure la plus sombre que j'aie connue! Bon, je le concède, l'idée d'aliens invisibles constitués d'énergies était assez bonne et il est dommage que l'on perde cette idée au cours du film. J'ai aussi bien aimé les plans de Moscou qui, d'ailleurs, m'ont donné envie de la visiter. Mais ce sont bien les seuls points positifs de ce film. En effet, non seulement les acteurs jouent mal mais le doublage est mauvais et les personnages sont grotesques. Chacun d’entre eux semblent avoir été copié directement de Comment écrire des personnages caricaturaux en 10 leçons. Nous avons le méchant qui donne l'impression d'être fort mais qui est lâche, le héros nonchalant, le copain du héros, la future mariée du héros et la copine de la future mariée. Ils sont tellement caricaturaux que la moitié ne sert qu'à mourir! Sans compter les dialogues tout simplement ridicules et la stupidité maladive des personnages (une autre explication du titre?). Nous sommes donc devant ce qui sera sûrement le plus mauvais film de l'année.

Image: Allocine

Site Officiel

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09.01.2012

La guerre sociale par André Léo

Titre: La guerre socialecrbst_guerresociale.jpg
Auteurs: André Léo
Éditeur: passager clandestin
Pages: 75
J'ai récemment terminé de lire ce petit livre. C'est un discours prononcé par André Léo en 1871 au Congrès de la Paix à Lausanne. Cette femme, qui a pris les noms de ses fils dans son pseudonyme, y parle de la guerre sociale. Mais quelle est cette guerre? Selon André Léo c'est le processus par lequel les personnes au pouvoir tente d'empêcher le peuple de gagner sa liberté. Pour montrer ce processus elle prend l'exemple de la Commune de Paris. En effet, elle fut l'une des leaders de cette révolution. Elle s'occupait, avec d'autres, du problème de l'éducation. Mais comment les dirigeants ont-ils traité la Commune? Selon André Léo la fin de la révolution est passée par deux processus. Le premier c'est la calomnie. En effet, avant même la répression, les citoyens de Paris étaient accusés de pillage, d'incendie et de meurtres. André Loé répond par la négative à ses accusations. Le second processus c'est l'utilisation des armes et d'une pseudo justice. Les anciens communards furent exécutés par les militaires les uns après les autres à l'aide de mitraillette et les différents témoins parlent tous de rivières de sang. Les militaires, selon André Léo, ont volé tous les exécutés et pillé Paris alors que des milliers de prisonniers sont en attente de déportation ou de jugement voir de leur mort.

Dans deux autres parties de ce livre on a une présentation de la vie D'André Léo par Michelle Perrot et un article plus récent mis en parallèle avec les thèses d'André Léo. Ce qui nous permet de nous rendre compte que la guerre sociale continue sous le visage du néo-libéralisme et des arguments sécuritaires. L'auteur de l'article appelle les citoyens à se souvenirs des véritables causes de leur insécurité plutôt que d'écouter les arguments de la répression pure et simple. J'ai apprécié lire ce petit livre pour plusieurs raisons. Tout d'abord parce qu'il permet de lire une femme d'exception. La présentation de Michelle Perrot en est la preuve. Mais aussi parce qu'il permet d'écouter une femme communarde. Il est encore rare de savoir que les femmes ont fait de la politique avant d'avoir le droit d’être élu et André Loé est l'une d'entre elles. Mais ce livre permet aussi de critiquer un discours sécuritaire de plus en plus dominant. Un discours qui oublie que la répression sans la prévention ne sert à rien et qui est utilisé pour mettre en place des lois et des processus dangereux pour la démocratie. C'est donc un texte qui permet de résister à un certains discours dominant.

Image: Éditeur

06.01.2012

The Whistleblower (la vérité a un prix)

Attention je vous préviens ce film est un pur chef-d’œuvre! Nous suivons une officière de police, Kathy, qui décide de s'engager dans l'entreprise Democra pour une mission international de six mois en Bosnie. Cette mission est simple, sur le papier du moins, elle doit accompagner et aider de nouveaux agents de polices a faire la transition dans l'après-guerre et à maintenir la paix. Ce n'est pas un travail simple et elle se rend tout de suite compte que les méthodes des policiers internationaux ne sont pas forcément très utiles. Elle réussit tout de même à aider à l'arrestation d'un homme qui frappait sa femme. Suite à cette brillante réussite elle est mutée au bureau des affaires féminines (une traduction personnelle de gender affairs que je trouve plus proche du terme que parité). A la tête de cet office elle luttera difficilement contre le machisme de ses collègues qu'ils soient du pays ou non. Mais toute la difficulté de son travail se révélera quand elle tentera de mettre au point une enquête contre des agents internationaux impliqués dans le trafic d'être humains dans un but de prostitution. Les horreurs dont elle sera témoin la révolteront mais personne ne semble l'écouter. A savoir, ce film est issu de faits réels.

Cette femme existe vraiment, elle a travaillé pour une entreprise en Bosnie qui ne se nommait pas Democra (probablement des raisons juridiques ont empêchés les réalisateurs d'utiliser le vrai nom). Elle fut licenciée mais les tribunaux anglais rejetèrent les raisons invoquées par l'entreprise. Cette femme est-ce que l'on nomme une lanceuse d'alerte ou whistleblower si vous préférez le terme anglophone. Ces individus décident d'alerter l'opinion publique sur des malversations lorsque toutes les instances de contrôles internes ou externes ont échoués. Ce sont donc des personnes à la position très précaire souvent virées et incapable de retrouver un emploi dans leur domaine malgré les minuscules protections juridiques existantes. Ce film est donc l'histoire de Kathryn Bolkovac.

Ceux qui auront la bonne idée d'aller voir ce film se trouveront devant un matériel très riche et un film très bien réalisé. Concentrons-nous d'abord sur le film même. L'actrice principale, Rachel Weisz, est tout simplement magnifique dans le rôle de Kathryn qu'elle incarne à la quasi perfections (seuls une ou deux scènes sont critiquables). Je note aussi la présence de Benedict Cumberbatch remarquable dans son rôle dans la série anglaise Sherlock et qui, malgré son peu de temps de parole, incarne son personnage sans problèmes. Je note aussi l’interprétation tout aussi remarquable de Vanessa Redgrave dans le rôle de Madeleine Rees. Je ne dois pas non plus oublier les acteurs incarnant les policiers qui sont tout aussi crédibles. La réalisation est, à mon avis, maîtrisée. Nous avons une ambiance sombre, oppressante à certains moments, qui réussit à flirter avec la barbarie sans se complaire dans le spectacle de cette même barbarie.

Mais ce qui fait l'intérêt de ce film ce n'est pas les acteurs mais le thème. Le message principal concerne, bien entendu, les victimes du trafic d'êtres humains. Nous avons ici toutes les étapes d'un drame. Les jeunes filles font confiance à un proche qui les trahit et les vend à des exploiteurs qui les font travailler pour rembourser de sois-disantes dettes. Ce film nous montre l'exploitation, sordide, mais aussi la peur ressentie par ces femmes. Elle sont à la merci de leurs ravisseurs qui ont tout contrôle sur elles. En effet, ces derniers volent leurs papiers quand elles en ont. Elles peuvent donc être expulsée sans états d'âmes et n'ont aucune protections juridiques puisque leur statut de sans-papiers en fait des criminels par défaut. De plus, le contexte de la Bosnie n'est pas favorable à ces femmes. Les policiers sont largement corrompus voir des clients de ces bars ou les "serveuses" travaillent. Ceux qui sont censés les protéger font partie des exploiteurs.

A coté de ce thème du trafic se greffe un autre thème. En effet, Kathy quand elle veut aider ces femmes ne se heurtent pas seulement à des policiers. Elle se heurte au système entier. Celui-ci peut empêcher le travail de Kathy de plusieurs manières. Que ce soit en se tenant à la lettre de la loi comme le centre des réfugiés visible dans le film. En effet celui-ci expulse une victime parce qu'elle n'a pas de papiers l'empêchant donc de témoigner contre ses tortionnaires. Le second point c'est que cette femme a tenté de vaincre un crime qui a été accompli par des personnes qui font parties de l'institution chargée de réprimer ces agissements. Elle ne peut donc plus véritablement compter sur ses collègues ou sur sa hiérarchie. Nous pouvons voir à de nombreuses reprises ce fait que ce soit quand sa demande de réquisition est interceptée ou lorsque des policiers impliqués dans le crime interférent avec une de ses actions sur le terrain pour empêcher son exécution. Enfin, l'ONU elle-même n'a pas intérêt à ce que ce scandale éclate. En effet, une telle bombe réduirait à néant la crédibilité des troupes de maintien de la paix. Si ces dernières détruisent l'ordre plus qu'elles ne le créent pourquoi les accepter sur le terrain? Une telle perte mettrait durablement à mal l'ONU et ses capacités.

Ce dernier point est en lien avec le problème des armées privées. Nous avons eu, récemment, un débat médiatique sur ces armées privées en Suisse. Nous savons qu'un grand nombre de ces entreprises agissent en Irak et ont agi après Katrina aux USA. La question que pose l'existence des armées et forces de polices privées est fondamentales. Elle concerne le monopole de la force publique donnée à l'état. Ces armées et forces de polices privées mettent à mal ce monopole en possédant le pouvoir, concédé par l'état, d'agir en tant que forces de l'ordre. Hors, on peut se demander si une entreprise qui cherche le profit est vraiment adaptée pour une mission de service publique potentiellement à l'aide d'armes. Est-ce que l'on peut vraiment laisser ces privés s'occuper de notre sécurité et de l'ordre public? Ce film y répond clairement. En effet, Democra n'a pas intérêt à ce que ses méthodes et employés soient remis en cause. Si cela était le cas les pertes seraient énormes alors que rester sur le terrain implique des profits tout aussi énormes. De plus, les forces de Democra ne sont pas des forces entraînées et formées comme le sont les forces de polices. Comme le dit Kathy "je pensais rejoindre une force de policiers d'élites" au contraire elle rejoint une force dans laquelle il suffit d'avoir le bac et la majorité pour entrer. Ce sont donc des policiers sans aucune formations ni aucune idée de la manière de travailler en tant que policier ce qui ne peut que mener à des problèmes.

J'ai tenté, ici, de montrer la richesse de ce film. A mon avis, c'est l'un des meilleurs que j'aie vu actuellement et je suis convaincu qu'il mérite un succès au cinéma devant le public et devant les différents jurys chargé d'offrir les oscars ou les palmes d'or. Non seulement il est bien joué et bien réalisé mais le message qu'il offre est fondamental. Les questions posées devraient être débattues largement dans le cadre de la société civile et non pas occultée. C'est pourquoi j'affirme encore une fois que ce film est un chef-d’œuvre.

Image: Site Officiel

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Le Rubis des Templiers / El Anillo par Jorge Molist (oh tient une bague)

Titre: Le Rubis des Templiers / El Anillo9782352870807-G.jpg
Auteurs: Jorge Molist
Éditeur: Archipel 2006 (Martinez Roca 2004 édition originale)
Pages: 473

Nous sommes à New-York, Cristina reçoit deux cadeaux le même jour. L'un est la bague de fiançailles offerte par son fiancé. L'autre est une bague de rubis offerte par son oncle espagnol. Alors qu'elle se pose des questions sur les raisons qui ont pu le pousser à lui offrir cette bague en héritage la jeune femme reçoit une nouvelle surprise: elle est conviée à l'ouverture du second testament de son oncle! Elle décide de répondre à ses nombreuses questions en prenant des vacances improvisées à Barcelone dans l'espoir caché de retrouver son amour d'enfance. Mais, lorsque le testament est ouvert, une troisième surprise la prend au dépourvu. Son oncle convie trois de ses héritiers à une chasse au trésor. Mais pas n'importe quel trésor! Le fameux et mythique or perdu des Templiers! Qui pourrait résister à de telles richesses? Pas Cristina en tout cas qui décide de se lancer dans l'aventure. Mais entre les sociétés secrètes et les marchands d'arts peu scrupuleux l'adversité sera rude pour les chasseurs de trésor.

Les Templiers j'aime bien. Principalement parce que je suis fasciné par le Moyen Âge et je trouve l'idée de créer des ordres de moines combattants tellement contradictoire que ça doit forcément cacher quelque chose d'intéressant. Malheureusement, les Templiers sont souvent utilisés, que ce soit dans la littérature, les films ou les téléfilms du samedi après-midi, pour cacher une histoire qui n'a aucun sens sauf celui de faire de l'argent en utilisant un petit truc qui fait vendre. C'est pourquoi j'ai tendance à approcher les œuvres qui ont "Templiers" dans le titre avec une grande circonspection. Et je pense que la circonspection est très utile quand on décide de se lancer dans ce livre. En effet, malheureusement je ne l'ai de loin pas trouvé intéressant. Je pense que la chasse au trésor cache mal une histoire mièvre dont les principales conclusions sont visibles dans les 20 premières pages du livre. Ainsi, c'est sans surprise que le sort des fiançailles de Cristina s'est développé devant mes yeux. Il faut dire qu'il était difficile de faire moins discret. De plus, la chasse elle-même a une conclusion évidente quand elle n'avance pas lorsque Cristina est perdue dans ses ennuis amoureux. Les principaux personnages sont particulièrement transparents ainsi que leurs choix et on ne peut qu'imaginer que les héros sont particulièrement bêtes pour ne pas voir ou sont les sociétés secrètes! Je passe rapidement sur les quelques dialogues parlant de l'origine génétique de l'homosexualité ou encore lorsque les personnages considèrent qu'un viol réussi sur un homme n'en est pas un (bah oui si il ne veut pas il ne pourra pas se faire violer...). Bref, un livre que je considérerais comme plutôt mauvais et qui colle parfaitement à l'étiquette de roman de gare.

Image: Éditeur

15:32 Ecrit par Hassan dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : templier

05.01.2012

The Lady: un destin hors du commun

Il m'a fallu quelques jours de réflexion avant d'écrire cette présentation du nouveau film de Luc Besson. Il faut dire que lorsque j'ai entendu que Besson était impliqué dans un film dépeignant la Birmanie et la lutte de Aung San Suu Kyi je me suis méfié. Mais bon, comme on ne peut pas critiquer sans avoir vu j'ai décidé de prendre un billet. The Lady nous montre Michael Aris et Aung San Suu Kyi avant même le début du combat pour la démocratie en Birmanie. Un jour, Aung San Suu Kyi reçoit un appel de sa famille. Sa mère est malade et elle doit aller la voir dans son pays d'enfance. Lors de son retour elle fait l'expérience de la brutalité du régime militaire en train de réprimer les étudiants qui manifestent. Il ne faudra pas longtemps pour que les opposants apprennent que Aung San Suu Kyi se trouve dans le pays et, rapidement, ces derniers lui demandent d'être le leader de l'opposition démocratique. Soutenue par sa famille et, surtout son mari, elle se battra durant des décennies alors que le régime fera tout pour la briser.

Il y a au moins une chose de certaine sur ce film: ce n'est pas un documentaire historique. Au contraire, Besson a décidé de se concentrer sur la vie privée plutôt que su le contexte et la vie publique. Ainsi, nous suivons le couple dans ses doutes et ses douleurs. De ce coté l'acteur jouant Michael Aris réussit particulièrement bien à tenir son rôle tout comme l'actrice incarnant Aung San Suu Kyi. Ce qui nous permet de ressentir plus fortement les injustices que lors d'un documentaire peut être plus sec. Malheureusement, l'oubli total du contexte nous empêche de comprendre cette femme et les événements dépeint lors de ces deux heures. Par exemple, le début du film commence par une révolte étudiante et la finit avec la révolte orange. Mais nul part on nous explique les causes et le déroulement de ces révoltes. C'est comme si, d'un seul coup, les gens commençaient à se retrouver dans la rue et à se dire que se serait chouette de marcher ensemble vers l'autre bout de la rue. Dans la même critique on peut dire que le fonctionnement du régime birman est tout simplement escamoté au bénéfice d'un grand méchant pas beau sous la forme du général Than Shwe qui est non seulement cruel mais totalement incapable de raisonner logiquement selon la peinture de Besson (mais alors comment réussit-il à gouverner?).

Les événements extérieurs sont aussi totalement escamotés. Ainsi, on apprend avec surprise que Michael Aris et Aung San Suu Kyi ont le soutien de plusieurs gouvernements et du Dalai Lama à la fin du film alors que l'obtention du prix Nobel de la paix semble se faire à l'aide d'une simple conversation entre amis. Autrement dit, nous nous trouvons en face d'un film simpliste qui oublie délibérément les complications d'une vie pour créer un mythe, une création particulièrement visible Aung San Suu Kyi se voit être mise à la tête de l'opposition sans qu'un seul mot ne soit donné pour un autre choix. Cependant, cela ne veut pas dire que ce film soit raté ou qu'il mente. D'un point de vue émotionnel il est très réussi mais il ne nous permet pas de comprendre la lutte de cette femme d'exception ni ses thèses et je trouve cela dommage.

Image: Allociné

 

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03.01.2012

Hugo Cabret ou la magie des machines

hugo Cabret parle d'un jeune garçon récemment orphelin. Sa mère est morte avant les événements du film et son père meurt peu de temps après dans l'incendie d'un musée à Paris. Il est recueilli par son oncle qui, ivrogne, se désintéresse rapidement de son neveu. Ce dernier continue malgré tout à faire le travail de son oncle dans la gare de Paris tout en y vivant de petits larcins et en se cachant des autorités. Mais, un jour, il est attrapé par un vieillard tenant une boutique de jouet mécaniques. Ce dernier lui confisque un carnet de croquis dessinés par son père mais sa lecture fait réagir étrangement le vieillard. Hugo essaiera de comprendre pourquoi cette personne tente de l'empêcher de réparer l'automate que son père était en train de remettre en marche. Pourquoi donc la vision de cet automate fait-il pleurer cet homme et son père a-t-il laissé un dernier message avant de mourir?

Bien que Hugo et son amie soient sur l'affiche ils ne sont pas les héros de ce film adapté d'un roman. Ce qui ne veut pas dire qu'ils sont inutiles. J'ai apprécié le caractère de la petite fille amoureuse des livres et des mots et j'aime bien la vie de Hugo dans la gare. On peut voir, via ses yeux, la vie des personnes qui se retrouvent dans les boutiques de ce lieu. Les amours et les relations vivent et se développent au fil des jours et sous le regard caché et intrigué d'Hugo. Je trouve aussi que ce film est très réussi du point de vue de l'image et, pour une fois, je suis parfaitement content de la 3D. Il est très rare que cette technologie ajoute vraiment quelque chose aux films mais, dans ce cas particulier, c'est très réussi. Mais, comme je l'ai déjà dit, ce film est surtout l'histoire adaptée et inspirée de la vie de George Méliés l'un des premiers réalisateurs de films. On découvre un homme aigri et triste qui a oublié la joie du cinéma. C'est donc un film créé en hommage aux films de Méliés. Malheureusement, bien que l'on sente l'envie de créer l'impression de magie du cinéma ce film ne réussit pas vraiment à créer cette impression. On se trouve face à un beau film si l'on reste sur le point de vue de l'image mais auquel il manque un petit quelque chose pour que la magie opère vraiment.

Image: Site Officiel

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15:44 Ecrit par Hassan dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : hugo cabret

01.01.2012

Torchwood: Miracle Day (il ne faut pas remettre en question un miracle)

Jack avait disparu à la fin de la saison 3 pour oublier la mort de son amant: Ianto. Torchwood semblait mort et enterré alors que Gwen, seule autre membre survivant de l'équipe, se cachait pour éviter d'être emprisonnée après les événements de Children of Earth. Mais, quelques années plus tard, le mot Torchwood s'inscrit sur les écrans du monde entier et, en particulier, de la CIA. Quelques minutes plus tard toutes mentions de l'Institut disparaît de l'Internet. Cela suffirait à n'importe quel curieux pour qu'il décide de se poser des questions mais ce n'est pas tout. Le même jours plus personne ne meurt. Cette situation d'abord imaginée comme temporaire est rapidement comprise dans toute son ampleur. L'humanité est devenue immortelle. Alors que les individus tentent de se faire à leur immortalité inattendue la société et le système subissent les contre-coup économique et hygiénique du Miracle. Sur fonds de chute de civilisation l'équipe de Torchwood, reconstituée, essaiera de comprendre ce qui se cache derrière Miracle Day. Ils comprennent qu'il y a un prix à payer pour ce miracle mais aussi pour le comprendre.

La saison 3 de cette série concluait parfaitement bien l'histoire. Bien entendu, de nombreux points étaient laissés en suspens dans une série pas toujours de qualité. Mais Children of Earth a réussi à conclure la série sur une réussite très peu contestée. C'est pourquoi le retour de Torchwood coproduite avec la chaîne Starz a levé quelques sourcils sceptiques dans la communauté des fans. Mais puisqu'il ne faut pas juger avant d'avoir vu et que le synopsis semblait intéressant on a attendu et regardé. Malheureusement la saison 4 ne peut pas être qualifiée de réussite. Au contraire elle souffre de nombreuses imperfections. Les personnages sont simplistes ou simplifiés et semblent posséder un QI proche d'une amibe pour ne prendre qu'un exemple. La prise de contrôle par Starz de la série, symboliquement montrée dans le premier épisode qui voit un agent de la CIA macho et bien irrespectueux déporter Gwen et Jack à Washington (montrant par là que maintenant c'est fini de jouer on va montrer à la BBC comment faire une série), donnait l'occasion à de nombreux doutes. Et pourtant, l'idée était bonne. Essayer de montrer les conséquences sociales de l'immortalité est difficile mais exaltant. Et rien n'est oublié: les hôpitaux sont plein à rabord, les drogues libres de ventes, les maladies en progression et les tensions internationales et internes à leur comble sur fonds de crise économique à coté de laquelle celle de 29 ressemble à un pic-nique un peu gâché.

Bref ça s'annonçait bien et on aurait pu avoir une quatrième saison tout aussi exaltante que la troisième. Si ce n'est pour un énorme problème de rythme. Alors que les cinq premiers épisodes mettent en place les problèmes et protagonistes les suivants sont insupportablement lent à développer l'histoire. C'est ainsi qu'il faut attendre le septième pour avoir des noms et on comprendra vite qu'ils sont inutiles! Sans oublier les problèmes de continuité avec le reste de la série puisque l'explication du Miracle me semble un peu tordue. Mais, ce qui ennuie le plus, c'est que la fin de la saison est ouverte et nous laisse sur l'idée que rien n'est terminé. Devrions-nous subir un retour de Torchwood américanisé? Au vu de l'audience de cette saison 4 il est probable que non et la conclusion maîtrisée de la saison 3 laisse donc sa place à une conclusion hâtive et mal menée de la saison 4.

Image: Starz

Site Officiel de la BBC

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29.12.2011

Queer Zones: Politique des identités sexuelles et des savoirs par Marie-Hélène Bourcier (déconstruire les catégories)

Titre: Queer Zones: Politique des identités sexuelles et des savoirsarton29.jpg
Auteurs: Marie-Hélène Bourcier
Éditeur: Amsterdam 2011
Pages: 263

Le queer m'interpelle de plus en plus depuis quelques mois. Cette posture revendicatrice qui vise à dépasser le féminisme (si j'ai bien compris ce qu'est le queer) ne peut que m'intéresser. En effet, les théories queer semblent permettre de briser les catégories sexuelles et sexuées tout en n'oubliant pas de prendre en compte le corps et sa possible revendication (le corps passerait donc de témoin de la domination a revendiqué). C'est pourquoi j'avais noté, avec intérêt, ce livre en vue de le consulter. Mais il faut bien avouer que je ne m'attendais pas au livre que j'ai tenu entre les mains. Celui-ci m'a surpris non seulement par la posture théorique que l'on y trouve mais aussi par les objets analysés qui peuvent aller du porno au SM en passant par la place du queer à l'université. Ce sont donc des thèmes très différents et/ou que l'on n'a pas l'habitude de voir analysés qui se trouvent dans ce livre. Tous ces thèmes sont reliés par la posture queer de l'auteure qui lui permet de dépasser une certaine condamnation morale ou une posture naturalisante des genres.

Je dois avouer une seconde chose: je n'ai rien compris et je ne sais pas comment parler de ce livre. Ce n'est pas que le propos de Marie-Hélène Bourcier soit inintéressant. Au contraire j'ai trouvé que les thèmes et les arguments de l'auteure sont très stimulant intellectuellement. Malheureusement je n'ai pas réussi à comprendre ce qu'est, exactement, la posture queer et à quel point le queer est une théorie ou une revendication? La lecture m'a donné l'impression que le queer était surtout un retour des revendications face à un féminisme institutionnel et universitaire pensé comme figé. Cette posture serait donc un moyen de retrouver un militantisme radical via une posture tout aussi radicale. Mais il me semble aussi que c'est un moyen de faire entrer les catégories les plus invisibles et invisibilisées de la population. Ces catégories sont celles des lesbiennes encore largement inconnue face aux gays mais aussi des transsexuels. Ces derniers sont particulièrement déstabilisateurs vis-à-vis des catégories de genre puisqu'ils brisent le lien entre corps et genre naturel en changeant de sexe chirurgicalement ou symboliquement (dans le sens de cacher un corps pour montrer une identité). En conclusion je peux affirmer que le queer est très stimulant mais je dois aussi avoir mon incompréhension face à ce terme et ses postures. Une incompréhension que je ne pourrais annuler que par la lecture d'autres textes peut être plus abordables? En l'état je ne peux que m'accuser d'une présentation qui ne rend sûrement pas justice à ce livre.

Image: Éditeur

23.12.2011

Brokeback Mountain un amour pas si simple

J'ai récemment vu ce film grâce à une amie qui le possède. J'en avais entendu beaucoup de bien lors de sa sortie mais je n'avais pas pris le temps d'aller le voir. Nous suivons deux jeunes hommes dans les années 60. Ils sont engagés pour garder un troupeau de moutons. Alors que le temps s'éternise dans les montagnes de Brokeback une complicité s'installe entre-eux jusqu'à déboucher à une relation d'amour. Mais quand ils redescendent de la montagne ils se perdent de vue. Les deux hommes construisent chacun leur vie de leur coté se mariant et devenant pères. Mais, cinq ans plus tard, ils se retrouvent enfin. La passion les reprend mais il leur est difficile de cacher cette relation. D'autant qu'ils doivent rendre des comptes à leurs familles respectives. Mais ils continuent de construire leur relation dans l'ignorance de leur proche développant un amour à la fois passionnel et complice alors que leurs vies officielles devient de plus en plus difficile à tenir.

Je trouve difficile de parler de ce film est je suis certain que je n'arriverais pas à lui rendre justice sur cette présentation. Je m'en excuse donc par avance. Il faut dire que le sujet traité est difficile tandis que présenter le film peut mener sur de nombreux points. Par exemple, on peut écrire plusieurs phrases sur la beauté de la photo. Non seulement les paysages sont magnifiques mais, en plus, l'absence de dialogue donne une impression d'apaisement face à ce paysage. Comme si les dialogues ne pouvaient que briser la beauté de la montagne. C'est pourquoi nous trouvons un début de film quasiment muet. On peut aussi montrer la difficulté de la vie homosexuelle aux USA lors de ces années 60 à 80. Les deux jeunes hommes se sont chacun enfermé dans des mariages peu heureux. Leur vie est parallèle. L'une est un succès mais qui mène à l'insatisfaction tandis que l'autre est un échec presque libérateur. Les deux ont des enfants qui évoluent aussi. Mais, surtout, leur relation doit rester secrète. Le dévoilement pourrait mener à l'ostracisme social voir pire (il suffit de voir la fin du film bien que celui-ci ne soit pas clair). Nous avons aussi de superbes scènes qui se suffisent presque à elles-même. Par exemple, je noterais celle qui voit Jack Twist prendre symboliquement le pouvoir sur son beau père. J'ai aussi vu que certains se demandaient qu'elle était la "véritable" orientation sexuelle des héros. Mais, au final, ces questionnements n'ont que peu d'importance. On peut tout simplement choisir de se laisser porter par une histoire d'amour entre deux hommes. Une histoire d'amour tout aussi belle et romantique qu'une autre qui connaît ses passions et ses tragédies. Bref, une histoire qui devrait être banale.

Image: Site officiel

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Mission Impossible: Ghost Protocol (une équipe de bras cassés)

Le block buster de fin d'année est sorti il y a environ une semaine. Tout le monde connaît Mission Impossible. Avant d'être une série de film c'était une série tout court. Le concept est simple, les USA ont institué une agence chargée d'exécuter les missions les plus périlleuses. Comme le disait le chef du MI "C'est mission impossible pas difficile, une mission difficile serait un jeu d'enfants pour vous". Bref, les gadgets, les cascades et les descentes vertigineuses sont de retour! Et on commence fort par une course poursuite sur les toits qui tourne mal. Après cet échec l'équipe doit aller rechercher Ethan Hunt actuellement enfermé dans une prison en Europe de l'Est. En effet, il semble qu'un terroriste dont on ne connaît même pas le nom tente de prendre le contrôle d'une ogive nucléaire pour déclencher une guerre mondiale. Hunt, après avoir été libéré, est rapidement envoyé en mission d'infiltration au Kremlin. Mais celle-ci tourne mal et l'équipe est accusée d'espionnage et désavouée par le gouvernement américain. Sans aide, sans ressources et poursuivis par les services secrets russes ils devront laver leur nom tout en sauvant le monde de la catastrophe.

Je n'aime pas Tom Cruise. J'ai plusieurs raisons pour cela et je ne les détaillerais pas. Mais j'ai tout de même voulu voir ce film ne serais-ce que parce que je les avais tous vu quand j'étais plus jeune. Il faut bien dire que du coté de l'action je n'ai pas été déçu. Les explosions sont gigantesques et les acrobaties toujours aussi impressionnantes. Mais ce film montre surtout une équipe de bras cassés. Non seulement leur équipement ne fonctionne pas mais ils sont aussi totalement incompétent. Aucun d'eux n'est capable de garder son calme ou d'en rester aux paramètres de la mission. C'est ainsi que les erreurs et surprises se succèdent l'une après l'autre ce qui conduit Cruise à se prendre une fenêtre en plein visage. En fait je pense que ce film est avant tout humoristique et pas un film d'action. J'ai, en tout cas, éclaté de rire à plusieurs reprises devant l’imbécillité des personnages. Et je ne parle même pas des dialogues qui semblent avoir été écrit à l'aide d'un traitement de texte automatique mis sur le mode "film d'action". C'est à peine si la dernière scène montrant les héros parler de leurs prouesses et de l'innocence du peuple qui doit être protégé en secret ne se fait pas sur fond de drapeau américain. J'ai aussi beaucoup aimé le générique de début. Grâce à lui on connaît les principaux rebondissements du film durant les 10 premières minutes du film. Ce qui est très utile si on souhaite quitter la salle. Je mentionne aussi rapidement Paul Patton dont le personnage semble n'avoir qu'un seul intérêt aux yeux des producteurs: faire fantasmer les hommes grâce à un cadrage particulièrement bien situé. Encore une fois on oublie les femmes. Au moins la musique était sympa.

Image: Site officiel

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The Sarah Jane Adventures saison 4 (le Doctor Who des petits)

J'ai déjà parlé de cette série pour enfants. La saison 4 est récemment sortie en DVD alors que la saison 5, dernière de cette série, a été diffusée. Nous retrouvons Sarah Jane avec ses petits compagnons dans des aventures rocambolesques. Les différents épisodes nous permettront de voir le départ de Luke (enfin!) et son retour (mais c'est qu'il revient le bougre!). Mais aussi de suivre Clyde et Rani seuls ou ensemble sans l'aide de Sarah Jane. Cette saison est aussi l'occasion de réinviter le Docteur. En l’occurrence l'incarnation de Matt Smith qui, comme d'habitude, joue parfaitement bien son rôle de madman with a box. Mais cette saison est surtout l'avant-dernière puisque Elisabeth Sladen, qui interprète Sarah Jane, est récemment morte. C'est pourquoi la BBC a eu la bonne idée d'inclure quatre épisodes des Doctor Who Classic en l'honneur de cette actrice qui incarne encore et toujours la compagne parfaite du Docteur. Ces épisodes sont les quatre partie de l'aventure du quatrième Docteur: Pyramids of Mars. Le Docteur et Sarah enquêtent dans un cottage envahit par un Égyptien qui tente de faire revenir Suthek. Un alien si puissant que même les Time Lords ne pourraient pas l'arrêter si il était libéré!

Comme je l'ai déjà dit précédemment (et en titre) c'est un série pour enfants. Il ne faut donc pas s'attendre à du grand art. Heureusement, Matt Smith sauve les meubles. Les scénarios sont aussi très simplistes mais conviennent parfaitement bien pour des enfants. Mais la morale qui en ressort est attendue et un peu difficile à avaler sans sourire pour des adultes. Les quatre parties de Pyramids of Mars sont intéressantes puisqu'elles permettent de se rendre compte de la manière dont on filmait Doctor Who. Bien que ces épisodes soient kitsch avec des effets spéciaux très mauvais selon nos standards il reste intéressant et sympathique à regarder. C'est, d'ailleurs, un grand plus de ce coffret.

Image: site officiel

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16.12.2011

Doctor Who saison 6 silence will fall!

Puisque j'ai reçu le DVD anglais de la saison 6 de cette série dont je parle temps je peux maintenant la présenter sur ce blog. Bien entendu, les fans et les personnes un peu attentives savent que cette saison a été diffusée durant l'été. C'est pourquoi je pense qu'il est moins dangereux d'en parler en fin d'années puisque la plupart des révélations sont sûrement déjà connues. Nous avions quitté le Docteur en vie et reparti pour de nouvelles aventures avec Amy et Rory à la fin de la saison précédente. Mais ce happy ending n'allait pas de soi puisque l'univers a failli être détruit et que même sauvé une menace plane sur le TARDIS. En effet, silence will fall. Mais qui dit cette phrase et pourquoi. Après un épisode de noël très proche de l'esprit de noël et d'une certaine histoire de Dickens nous entrons directement dans le cœur du sujet. Le premier épisode est l'occasion de savoir qui se trouve derrière cette phrase mais aussi de connaître une part du futur du Docteur. La saison nous permet aussi de savoir, enfin, qui est River Song! Mais, comme je l'ai déjà dit, le TARDIS n'est plus sûr et Amy et Rory pourraient bien être bien plus en danger qu'ils ne l'ont jamais été.

Cette sixième saison a drainé une attente très forte. Nous devions enfin savoir qui est River Song et quel est l'entité derrière le glacial Silence will fall. Il est dommage qu'elle n'ait pas réussi totalement sa mission. Qu'on ne croie pas qu'elle soit à jeter et oublier le plus vite possible. Outre le magnifique épisode de noël qui, pour la première fois, est vraiment dans l'esprit de noël cette saison connaît de grandes réussites. Le double épisode du début de saison est tout simplement haletant. Les épisodes de la mi-saison sont tout aussi impressionnant et le retour de Greg était très attendu. Je ne parle même pas de l'épisode The Doctor's Wife qui a été écrit pour les fans par un fan. Malheureusement ces épisodes impressionnant sont côtoyés par d'autres beaucoup moins bons. Je parle, par exemple, de The Curse of the blackspot. Le final n'est pas non plus à la hauteur. Il est beaucoup trop confus. En fait, cette saison donne l'impression que l'intrigue a dépassé ce à quoi s'attendait la BBC et qu'elle n'arrive plus à la résoudre en une seule saison. C'est pourquoi l'intrigue qui a commencé durant la saison 5 va sûrement continuer durant la saison 7 si ce n'est plus loin. Il reste, en effet, une question à laquelle répondre et dont la réponse n'est pas 42. Je salue aussi l'apparition des épisodes Night and the Doctor qui permettent de savoir ce que font le Docteur et River durant la nuit. Ces courts épisodes sont très réussis et sont à la fois drôle et tragiques.

Image: Site officiel

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06.12.2011

Le chat potté (miaou)

Lorsque nous avons regardé le second Shrek nous avons tous aimé ce nouveau personnage qu'est le Chat Potté. Ce chat capable de combattre les soldats avec son épée et de les attendrir avec ses yeux tout en portant des bottes (ce qui est étrange pour un chat). Mais nous ne savions rien de son origine. C'est pourquoi Dreamworks a décidé de faire ce film. Grâce à celui-ci nous savons enfin ou le Chat Potté a été élevé et comment ses aventures ont commencé. Et, surtout, nous savons comment il a reçu ses fameuses bottes! Mais nous le suivons surtout à la fin d'une quête qu'il tente de réussir depuis sa plus tendre enfance: retrouver les haricots magiques pour voler les œufs de l'oie aux œufs d'or et rembourser une dette. Pour réussir sa quête il acceptera de se joindre à un ancien ami et, surtout, à une chatte voleuse ressemblant étrangement à Catwoman. Bien que hors-la-loi le Chat montrera qu'il est véritablement un héros!

Connaître les origines de ce chat m'intéressait. De plus, j'étais certains de me retrouver devant un film drôle. Malheureusement, et bien qu'il ait fonctionné sur les enfants, j'ai trouvé que aventures du Chat n'étaient pas aussi drôle que Shrek 1 et 2. Peut-être que le concept est un peu trop usé? Ce n'est pas que les gags n'existent pas. Ils sont nombreux au contraire. Mais ils semblent un peu facile à faire. L'ambiance est tout de même très différente des Shrek. On passe d'un monde sorti des contes de fée à un désert qui pourrait rappeler le pays de Zorro (ce qui est sûrement voulu!). Les "amis" du Chat permettent aussi de mettre en place une petite morale sur l'importance de l'amitié et sur la trahison. En bref, ce film n'a rien de transcendant ni même de particulièrement drôle. Bien sur on passe un bon moment et les enfants adorent mais j'aurais aimé retrouver Shrek 2.

Image: Site officiel

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02.12.2011

L'homme féministe: un mâle à part? par Emmanuelle Barbaras et Marie Devers (les hommes féministes sont des femmes comme les autres)

Titre: L'homme féministe: un mâle à part?0127.250.png
Auteurs: Emmanuelle Barbaras et Marie Devers
Éditeur: Les points sur les i 2011
Pages: 165

Je me revendique féministe. Cette revendication ne va pas de soi et n'implique que je sois un homme parfait qui ait réussi à passer outre toutes les structures de dominations masculines pour réussir l'égalité parfaite avec les femmes. Se revendiquer féministe implique d'avoir conscience et de refuser un certain ordre social dominé par les hommes blancs hétérosexuels. Mais comment un homme, à priori profiteur de la domination sexuelle, peut-il remettre en cause sa force face aux femmes? Quels sont les hommes qui se disent féministes et comment réussissent-ils à militer et assumer l'étiquette féministe? Ce sont les questions que ce sont posés les deux auteures face à la rareté des hommes qui se disent féministes. Elles ont voulu comprendre ces hommes et leur donner la parole.

Qu'est ce qui ressort de ces entretiens? Bien que les hommes qui parlent dans ce livre soient très différent vis-à-vis des générations et des emplois on peut tout de même observer plusieurs points communs. En effet, ces hommes ont souvent été en contact direct avec la domination des femmes par les mâles. Ils l'ont vécu comme une injustice et ont voulu y mettre fin. D'autres ont aussi été rapidement en contact avec les thèmes féministes en militant. La grande partie a fait des études mais, surtout, ils sont tous plutôt à gauche. Non pas que le féminisme soit une idéologie de gauchiste bobo. Mais plutôt que le féminisme, ou être de gauche, permet de voir les injustices actuelles d'une manière plus intense. Ainsi, se revendiquer féministe va souvent de pair avec une attitude critique face au fonctionnement global de la société.

Mis à part l'intérêt d'avoir accès au discours d'autres hommes féministes ce livre a eu le grand mérite de me faire m'interroger sur ma propre conception du féminisme. En effet, malgré toutes les caricatures, le féminisme n'est pas une idéologie fixée par une doxa dans un grand livre vieux de 2000 ans. C'est une pratique vivante dont les buts et objets sont multiples et changeants. A tel point que le féminisme peut être à la fois source de militantisme et scientifique! Ma pratique du féminisme n'est pas extrêmement militante. C'est plutôt un effort personnel vers la tentative d'être plus respectueux et ouvert envers les femmes (au sens général). Bien sur, cela ne veut pas dire que je ne milite pas de temps en temps. Mais mon militantisme se limite surtout à une revendication de l'étiquette féministe et à une explication du terme et de ce que cela implique. J'ai souvent eu la surprise d'avoir des publics plus ou moins défavorables qui changent subitement d'avis quand je leur explique ma vision du féminisme. Ce n'est pas une guerre entre les sexes (la guerre des sexes existe depuis longtemps bien avant que le féminisme n'existe) mais la recherche de la paix des sexes. Et cette paix ne peut passer que par l'égalité des droits et des traitements ainsi que par le respect mutuel. J'essaie d'y arriver mais, encore une fois, le féminisme est un effort et non un acquis. Ainsi, pour reprendre mon titre, hommes ou femmes la différence n'est pas si importante. Les hommes sont des femmes comme les autres et les femmes sont des hommes comme les autres.

Image: Éditeur

30.11.2011

Borrowed Time de Naomi A. Alderman (un taux d'intérêt mortellement bas)

Titre: Borrowed Time250px-Borrowed_Time.jpg
Auteurs: Naomi A. Alderman
Éditeur: BBC 2011
Pages: 255

Après avoir pris le temps d'écrire une note sur un film centré sur le temps je me suis dit qu'il était de parler d'un média avec lequel le rapport au temps est très différent mais dont l'intrigue n'est pas loin d'être proche de la problématique du temps. Après cette diatribe qui ne m'a pas coûté trop de temps je vais peut-être éviter de vous faire perdre encore plus de votre temps par de vaines paroles et résumer ce nouveau Doctor Who book. Le temps est partout et pas seulement dans ces quelques lignes. Il s'écoule inexorablement en avant et il semble que nous en manquions toujours au mauvais moment que ce soit pour le travail ou notre vie privée. Mais que feriez-vous si vous pourriez en emprunter? Alors que le Docteur voulait emmener Amy et Rory observer la plus grande faillite bancaire de l'histoire humaine ils sont pris dans un tout autre type de marché. En effet, les employé de la Lexington Bank travaillent trop et trop vite et semblent pouvoir se trouver en plusieurs endroits en même temps. Des personnes à l'allure de banquier, donc à tête de requins, marchent dans les couloirs de la banque sans que l'on puisse dire d’où ils viennent de comment ils font pour repartir. La banque est au centre d'un marché du temps. On vous en offre contre un taux d'intérêt préférentiel. Mais quand on signe un contrat il vaut mieux lire les petits caractères sinon notre vie peut très bien en être bouleversée.

Ce livre est une bonne surprise. En dessous de la surface de l'intrigue nous avons une peinture du système des prêts. Bien entendu, l'intrigue joue avec les paradoxes des voyages dans le temps. Les personnes sont toujours prêtes, ne savent plus trop quel jour il est et peuvent se croiser et se trouver au même endroit à deux moments différents. Le temps n'est pas que manipulé il se répare puisqu'un acte peut tout changer. Par contre, Amy y est un peu bête puisqu'elle se jette dans le piège sans même se mettre à réfléchir un minimum. Mais, comme je l'ai dit, ce que l'on a c'est surtout une accusation face au système des prêts. En effet, le Docteur nous explique comment fonctionnement les intérêts cumulés qui implique que non seulement on paie des intérêts sur nos emprunts mais aussi des intérêts sur les intérêts. Autrement dit, le Docteur nous explique comment fonctionne la dette du tiers-monde. Mais l'auteure nous montre aussi des traders avides d'argent, à tel point qu'ils oublient toutes prudences et s'empressent d'acheter ce qui semble rapporter sans regarder ce que ce qu'ils ont obtenus vaut vraiment. Il faut faire un énorme effort pour ne pas y voir la crise des subprimes! De plus, l'auteure nous montre ce que le travail peut faire aux individus. On se trouve face à des personnes stressées et constamment sur la brèche pour gagner un peu plus de prestige en vue de monter dans la hiérarchie. A tel point que leur vie privée et inexistante et que certains meurent au travail! Et puis ce livre reste un Doctor Who avec ses situations absurdes et les références à la série. Je ne peux que féliciter Naomi Alderman pour sa réussite!

Image: Tardis Index Base

In Time / Time Out vous offrirez bien un peu de votre temps à cette lecture?

Aujourd'hui nous devons gagner de l'argent puis le dépenser pour faire fonctionner le système économique. Mais si l'argent n'existait plus et que la seule valeur encore en fonction soit le temps? Nous nous trouvons un siècle dans notre futur. Nous vieillissons jusqu'à nos 25 ans puis nous restons stable. Ce serait parfait si les choses étaient si simples. Mais il faut bien comprendre que dès nos 25 ans il ne nous reste plus qu'une année à vivre. Le seul moyen d'éviter la mort est de travailler pour gagner du temps. Cependant les factures et les biens doivent aussi être payés en temps. Dans ce monde qui est tout sauf parfait un petit nombre d'immortels peuvent vivre sur le dos de prolétaires qui n'ont à peine qu'une journée à vivre chaque jours. Will Salas l'apprend par un homme qui a un souhait inattendu dans ce monde: mourir. Après avoir reçu son temps il se déplace vers le ghetto des riches ou il apprend une nouvelle manière de vivre et ou sa révolte grandit de plus en plus.

Je me suis un peu renseigné sur le réalisateur et, à ma plus grande surprise, je me suis rendu compte que j'ai apprécié la plupart des films dans lesquels il est impliqué. Andrew Nicoll a donc été le réalisateur de Gattaca, Simone et Lord of War mais il est aussi impliqué dans Le Terminal et The Truman Show. Je n'ai vu ni Le Terminal ni Simone au contraire des autres films mentionnés que j'ai beaucoup aimé. Ma seconde remarque sera courte car elle concerne le titre. Encore une fois un traducteur a cru bon de changer le titre original anglais en un autre titre en anglais. Non seulement c'est ridicule mais, en plus, les deux titres n'ont pas la même signification! Je note aussi rapidement l'apparition de Johnny Galecki qui est connu pour son rôle dans The Big Bang Theory.

Certains pourraient dire que ce film développe un thème intéressant mais qu'il n'est pas assez bien réalisé pour entrer au niveau de Gattaca. Bien entendu, les acteurs et l'intrigue ne sont peut-être pas autant maîtrisé que dans Gattaca mais je pense tout de même que ce film est une réussite. Je trouve que la manière dont est dépeinte la société de ce futur est très riche et j'ai aussi bien aimé l'intrigue à la Bonny and Clyde. Alors que peut-on sortir de ce film? Vous l'avez sûrement remarqué, j'ai parlé de prolétaires. Ce terme est particulièrement adapté puisqu'il nomme des personnes qui ne possède rien d'autres qu'eux-même. C'est exactement le cas des pauvres dans le monde décrit par Nicoll. Ils ne possèdent qu'eux-même pendant une journée ensuite ils meurent. Nous nous trouvons face à ce que l'un des personnages décrit comme un capitalisme darwinien. Les plus riches et débrouillards survivent alors que les faibles et pauvres sont censé mourir. Ainsi le système ne surchauffe pas puisque la majorité de la population est éternellement jeune mais meurt tandis qu'une minorité est immortelle. Nous nous trouvons, en fait, face à l'un des plus injustes et des plus puissants systèmes capitalistes.

Car il ne faut pas oublier que ce système a des conséquences. La première est d'empêcher la solidarité à large échelle. En effet, comment faire grève, entrer dans un syndicat ou réclamer des procédures sociales quand un non risque de vous tuer? La solidarité en communauté ne peut tout simplement pas exister et les luttes sociales sont inexistantes car personne ne veut risquer de mourir pour un gain hypothétique. La seconde conséquence est tout aussi logique puisqu'elle concerne la mise en place d'une ségrégation spatiale. Le monde de Nicoll est divisé en zones horaires. Chacun à des prix et salaires différents et il faut payer pour passer de l'une à l'autre. Mais quand on ne peut pas payer on est obligé de rester dans sa zone qui, bien entendu, se trouve le plus éloigné de la zone des riches. Cette ségrégation implique aussi un contrôle puissant de la population. Non seulement il semble qu'il existe des fichiers sur tout le monde mais, en plus, la ville est constellée de caméras de surveillance ce qui rappelle l'ambiance oppressive de la surveillance dans Gattaca. La dernière conséquence est inscrite dans les corps même des personnes. je ne vais pas sortir la sociologie bourdieusienne mais on sait que la classe sociale s'inscrit dans le corps. Dans ce film ce constat est parfaitement visible. Les pauvres sont athlétiques, rapides et regardent autours d'eux et surtout la police et n'hésitent pas à prendre des risques en jouant leur vie qui, de toute manière, peut se terminer brutalement. Les riches, eux, montent en vertu la prudence et la lenteur. La lenteur, en fait, est le meilleur marqueur de statut social puisqu'il est inutile de se presser quand on peut vivre éternellement. La prudence en découle tout naturellement puisque le seul moyen de mourir découle de la prise de risque. Comme le dit particulièrement bien Sylvia Weiss, autre personnage principal, "Les pauvres meurent et les riches ne vivent pas". En conclusion je ne peux que vous conseiller de voir ce film en ayant en tête le fonctionnement capitaliste de la société. Nous n'en sommes pas là mais n'y a-t-il pas des similitudes dérangeantes?

Image: Allociné

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27.11.2011

"vive la Commune!" de Louise Michel, "la Commune est proclamée" de Jules Vallès et "La guerre civile en France" de Karl Marx trois discours pour une révolution

Titre: "vive la Commune!", "la Commune est proclamée" et "La guerre civile en France"9782757822012.jpg
Auteurs: Louise Michel, Jules Vallès et Karl Marx
Éditeur: Points 2011
Pages: 62

La Commune est un événement révolutionnaire de l'année 1871. Alors que le Second Empire était en train de disparaître face à la Troisième République et que Paris était assiégée les citoyens de la Capitale agissaient seuls. Mais lorsque l'armée régulière tente de désarmer, en cachette, les citoyens parisiens ces derniers se soulèvent suivi, immédiatement, par les recrues qui étaient censées tirer dans la foule. La matinée a à peine montré le bout de son nez que la Commune était née! Ces trois discours ont donc cet événement particulier comme cadre. Le premier se déroule après la Commune. Il nous montre une partie du procès de Louise Michel. Cette dernière est une enseignante révolutionnaire qui aurait non seulement combattu dans un habit d'homme (un crime à l'époque) mais aussi demandé la mort des otages. Elle finira exilée au bagne. Mais son procès nous permet surtout de voir une femme possédant un fort caractère qui garde intact ses convictions appelant même le juge à la tuer! Le second discours est celui d'un journaliste, Jules Vallès, il devient un élu dans le cadre de la Commune mais il est aussi connu pour ses convictions révolutionnaires et sa défense farouche de la liberté d'expression. Enfin, nous avons le discours de Karl Marx. Il a été écrit très rapidement pour les travailleurs de Paris. Mais il s'est surtout transformée en une défense de la Commune qui venait d'être réprimée dans le sang. Il semblerait surtout que ce texte, en expliquant pourquoi la Commune a échoué, soit important pour comprendre la "nécessité" de la dictature du prolétariat. En effet, les communards n'ont pas organisé la classe ouvrière ni tenté de prendre le pouvoir sur la République. Ils se sont "contenté" de construire une démocratie que l'anarchisme ne renierait pas forcément.

Il est tout de même assez difficile de présenter un livre constitué de trois textes très différents. On passe d'un procès à un pamphlet tout en lisant un article de journal. Ces textes permettent surtout de comprendre les pensées de trois acteurs de cette révolution. Des personnes qui condamnent le fonctionnement de classe de la société et qui essaient de construire, intellectuellement ou non, une alternative. La Commune a échoué. Mais son histoire est-elle, pour autant, une simple annexe dans les livres? Au contraire, bien que je n'en sache que peu sur elle je sais qu'elle a été le lieu de nombreuses innovations. Par exemple, l'égalité des salaires entre les sexes y a été proclamée. Bien que les femmes n'avaient pas le droit de vote elles ont eu une forte influence sur l'activité politique de la Commune. De plus, de nombreuses lois de protections des travailleurs ont été proclamées avant même que l'idée ait germé dans la troisième république. Bref, c'est une histoire intense, riche et pleine d'enseignement!

Image: Éditeur

25.11.2011

Paradox Lost par George Mann (et si il existait des monstres avec les même propriétés que les télévisions?)

Titre: Paradox Lost250px-Paradox_Lost.jpg
Auteur: George Mann
Éditeur: BBC 2011
Pages: 239

Le TARDIS, comme d'habitude, ne fait pas ce que le Docteur lui demande de faire. En effet, plutôt que d'aller visiter une jolie petite nébuleuse le TARDIS emmène ses passagers à Londres au 28ème siècle en empruntant des raccourcis (oui, même une machine à voyager dans le temps peut prendre des raccourcis!). Les trois amis arrivent juste à temps pour observer des archéologues en train de remonter un androïde de la Tamise. Mais cet androïde n'est pas logique. La technologie vient d'être inventée mais il semble avoir été sous l'eau pendant des siècles! Le mystère s'épaissit quand le robot nomme le Docteur et lui conseille de retourner en 1910. Il semble que des créatures se répandent dans Londres en ingérant l'esprit des humains. Malheureusement, ces créatures sont bien plus mortels que les télé-réalités. Bien que cela soit encore à prouver...

Si les programmes de certaines chaînes pouvaient prendre forme je suis certains qu'ils prendraient cette forme! Des monstres qui tuent en ingérant l'esprit des humains. Encore une fois, nous nous retrouvons dans une histoire remplie de paradoxes apparents. Comme le dernier roman le Docteur et ses compagnons voyagent dans le temps. Mais ils le font avant même d'avoir agi pour permettre leur voyage. J'ai l'impression que la série part de plus en plus dans ce type de paradoxes et de boucles temporelles auxquelles il vaut mieux ne pas réfléchir. Le personnage que j'ai vraiment apprécié dans ce tome est celui d'Angelchrist. C'est une sorte de savant fou célibataire qui sait que le monde n'est pas aussi simple qu'on ne le croit. Mais j'ai surtout apprécié les nombreuses références à la série comme le chapeau cool, les bus et les failles dans le temps et l'espace ainsi que les événements de la saison 5.

Image: Tardis Index Files

23.11.2011

Touched by an angel par Jonathan Morris (et si vous pouviez vivre dans le passé?)

Titre: Touched by an angel250px-Touched_by_an_Angel.jpg
Auteur: Jonathan Morris
Éditeur: BBC 2011
Pages: 239

Il y a longtemps que je n'avais pas parlé d'un DW Books sur ce blog. Mais comme je viens d'en terminer un autant en profiter pour pallier à cela. Cette fois nous retrouvons le Docteur dans nos années. Il a été attiré par les agissements d'un ange pleureur. Pour ceux qui ne le savent pas ces créatures sont des monstres qui tuent en renvoyant leur victime dans leur passé. En fait, ces monstres détruisent ce que l'on aurait pu être. Plus intéressant encore, ils ont la faculté de se transformer en pierre quand on les regarde. Ce qui en fait, probablement, les meilleurs monstres de cette série. Cet ange précis suit Mark Whitaker. Bien que le Docteur essaie de le sauver ce dernier est finalement renvoyé 17 ans en arrière. Mais être renvoyé dans son propre passé peut être dangereux. En effet, un simple petit changement peut détruire à la fois le futur et le passé. Le Docteur, Amy, Rory et Mark vont donc devoir lutter pour garder le passé intact face aux plans des Anges. Un plan qui fait miroiter un gain difficile à refuser quand on a un coeur.

J'ai beaucoup aimé ce livre. Non seulement les Anges sont toujours aussi stressant (essayez de ne pas cligner des yeux pendant plusieurs minutes!) mais, en plus, l'histoire est bien écrite. En fait, j'ai beaucoup apprécié que l'on ne suive pas spécifiquement le Docteur mais Mark. Nous suivons à la fois le Mark du futur et le Mark du passé. On apprend comment sa vie s'est mise en place en même temps que le Mark du futur et le Docteur tente de garder son passé sur les railles. Mais c'est aussi, et surtout, une histoire d'amour. L'amour entre Mark et Rebecca. Un amour que l'on verra prendre des forces au fil du temps et lors des aventures passée de Mark. Mais vous, que feriez vous si voous étiez renvoyé dans votre passé?

Image: Tardis Index Base

22.11.2011

L'Irlandais / The Guard les policiers sont comme les oignons, ils ont des couches

Après mon dernier film j'ai voulu regarder quelque chose d'un peu plus léger. C'est pourquoi je suis allé voir un film dont la bande annonce m'intriguait: The Guard. Je commencerais tout de suite par dire que, comme d'habitude, le titre anglais est bien mieux que la traduction française. Nous suivons donc la vie d'un policier Irlandais, Boyle, dans un petit village proche de l'une des côtes de l'Irlande. Boyle n'est peut-être pas un flic commun mais il fait bien son travail. Même si il doit essayer de comprendre pourquoi un homme que personne ne connaît est mort dans l'une des maisons de son village avec des signes de satanisme. L'arrivée d'un agent du FBI Everett le détournera, temporairement, de ce mystère. En effet, le FBI pense que l'Irlande va être utilisée pour un trafic important de drogue. Tous les agents sont donc mis à contribution pour trouver et arrêter les trafiquants. Il se trouve que, justement, le mort sur lequel Boyle enquête est l'un de ces trafiquants. Everett va donc suivre ce flic dans son petit village pour essayer d'enquêter.

Le ton du film est tout de suite revendiqué. Une voiture avec des jeunes qui roulent bien au-dessus des limites, un accident ou ils meurent tous et Boyle arrivant, prenant un peu de drogue dans la poche de l'un des jeunes et commentant après l'avoir ingérée "It's a fucking beautiful day!". Cet humour noir ou plutôt sarcastique se retrouve dans tout le film. C'est aussi l'une des principales raisons pour lesquels j'ai apprécié ce film. En fait j'ai du mal à choisir ce que j'aime le plus. Est-ce que ce sont les paysages irlandais avec leur lot d'irlandais bougons? Peut-être est-ce aussi les trafiquants. J'ai beaucoup aimé écouter ces trois personnages philosopher sur leur vie et sur la facilité avec laquelle ils corrompent les policiers. L'un des trafiquants, par exemple, avoue prendre des anti-dépresseurs à cause du stress de son boulot. Boyle est aussi un personnage remarquable et je trouve qu'il est parfaitement joué. Réussir à incarner ce flic étrange qui avoue prendre de la drogue et qui ne crache pas sur le service des prostituées mais qui réussit aussi à tout comprendre avant tout le monde n'a pas du être facile. C'est probablement l'un des personnages les plus sympathiques de ce film. Je ne regrette donc pas mon ticket et je conseille largement ce film.

Image: Site Officiel

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20.11.2011

L'ordre et la morale (mais de qui?)

Hier soir je suis allé voir le nouveau film de Mathieu Kassowitz. Après être sorti du cinéma j'ai voulu en savoir un peu plus sur les événements et sur la vision du film. Il semble qu'il soit critiqué par de nombreuses parties et les événements sont loin d'être particulièrement clairs. Mais que nous montre le film? Nous sommes en 1988 en Nouvelle-Calédonie un territoire d'outre-mer français. Une attaque vient d'avoir lieu contre une gendarmerie. Elle a fait 4 morts et trente gendarmes sont pris en otage. Le commandant Legorjus est immédiatement dépêché sur place à la tête d'une unité du GIGN. Mais, à peine arrivé, il se rend compte que les choses ont pris un tour très différent. En effet, 300 soldats ont débarqué sur cette petite île et ont pris le contrôle d'un village. Tandis que Legorjus essaie vainement de trouver une solution pacifique il se rendra compte que certains hommes ne souhaite pas ce type de fin. Dans le même temps il sera le témoin des nombreux sévices mis en place par l'armée contre les autochtones. Pourra-t-il vraiment faire son travail? Pourra-t-il continuer à faire son travail?

Le début du film est clair: ça va mal se terminer. La question n'est donc pas comment les négociations vont se dérouler mais pourquoi cela se termine mal. Il faut se rendre compte que cet épisode dans une histoire plus longue semble avoir été le lieu d'un certains nombres de sévices. Bien que je ne connaisse pas l'histoire de cette prise d'otage dont je n'avais même jamais entendu parler auparavant une rapide recherche m'a permis de savoir qu'un certains nombre de preneurs d'otages ont été abattus d'une balle dans la tête et que les civils ont subis un certains nombre de vexation voir d'"interrogatoires musclés" (comprenez tortures).

Quand on regarde le film on se rend rapidement compte de deux choses: c'est une apologie de la gendarmerie et du GIGN et l'armée et les politiques sont condamnés. Le message est donc assez simple. La gendarmerie, surtout locale, tente de comprendre les motivations et demandes des preneurs d'otages. Pour cela il faut créer une relation de confiance mutuel et dialoguer (ça tombe bien la culture locale semble être très ouverte au dialogue). De l'autre coté, l'armée met en place la seule chose qu'elle sait faire: une logique de guerre. Elle est soutenue en cela par le clan Chirac qui souhaite une victoire à quelque jours des élections. Mais pas une victoire pacifique une victoire électorale. Au-dessus de tout cela les médias français font dans la surenchère sur les atrocités qui auraient eu lieu dans la gendarmerie. Ces différentes volontés ne peuvent se terminer que sur une chose: un assaut qui conduisit à la mort de 19 canaques. Mais la peinture des politiques comme des hommes qui n'ont aucun intérêt pour les vies mises en danger quand leur poste peut être remis en question est-il fidèle? L'armée qui remporte tous les blâmes est-elle vraiment meilleure de la gendarmerie qui semble être l'héroïne du respect et de la tolérance? Bref, ce film est-il trop manichéen ou trop militant? Pour quelqu'un qui ne connaît que très partiellement cette histoire il est difficile d'en juger mais cet événement reste impressionnant.

Site Officiel

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18.11.2011

Chicago le moment 68. Territoires de la contestation étudiante et répression politique par Caroline Rolland-Diamond (une ville sous pression)

Titre: Chicago le moment 68. Territoires de la contestation étudiante et répression politiquechicago_prd.jpg
Auteur: Caroline Rolland-Diamond
Éditeur: Syllepse 2011
Pages: 365

Comme vous avez tous du vous en apercevoir j'ai une certaine fascination pour les années 60 et 70. C'est pourquoi je me suis récemment intéressé à des livres qui parlent de ces années. Donc, après un livre sur le MLF et un autre sur la LMR, j'ai continué dans cette voie avec un livre sur 1968. Plus précisément, l'auteure s'intéresse aux années 60 et au début des années 70 à Chicago dans le cadre précis du mouvement étudiant. Caroline Rolland-Diamond nous fait donc une histoire large des mouvements de 68 en essayant de comprendre comment ils sont devenus si forts et leurs revendications mais aussi pourquoi et comment ils ont brusquement disparu du paysage. Pour cela, l'auteure s'est plongée dans un nombre impressionnant d'archives dont ceux de la red squad (une équipe de la police spécialisée dans la surveillance et la répression des mouvements contestataires).

Le livre de Caroline Rolland-Diamond est structuré en quatre parties qui se déroulent avant, durant et peu après 1968. Les deux premières partie nous permettent de comprendre le militantisme étudiant et ses revendications avant les événements malheureux de cette si fameuse année. L'auteure y montre que le mouvement tire son origine de deux luttes. Premièrement, une lutte pour le pouvoir étudiant au sein de l'université qui consiste à demander la mise en place d'institutions acceptant la prise de parole des étudiants. Le second point concerne la guerre du Vietnam. Les étudiants ne sont pas seulement contre cette guerre pour des raisons d'idéologies pacifistes. Ils sont aussi inquiet des effets qu'elle peut avoir sur leur vie. En effet, ils ont peur de perdre leur droit aux études pour être incorporé de force dans l'armée. C'est dans ce sens que les bureaux de recrutement et la collaboration des universités avec l'armée et l'industrie militaire sont dénoncées. La seconde partie examine un autre mouvement: celui du Black Power. En effet, les afro-américains militent de plus en plus pour une place plus juste dans la société. Ceci les conduit à condamner les politiques raciales de la ville ou des universités. Une politique qui n'est pas toujours consciente mais, parfois, consécutive d'une structure sociale particulière. Au contraire des mouvements précédents, ces militants s’intègrent immédiatement dans la communauté large de la ville en essayant de les défendre et de les politiser. Cependant, l'auteure nous montre aussi que ces deux militantismes se rejoindront de plus en plus pour mener à une critique globale de la société et de son fonctionnement.

La troisième partie se concentre plus précisément sur les événements de 1968. Il est très important de lire d'une manière particulièrement attentive cette partie. En effet, 1968 connaît des événements extrêmement violents à Chicago alors que la Convention Démocrate est en cours. Et quand je parle de violence je ne parle pas, ou pas que, des militants. Je parle de la police dont les actions ont été officiellement qualifiées d'émeutes policières. Mais pourquoi faut-il lire cette partie avec prudence? Tout simplement parce qu'il serait trop simple de condamner unilatéralement la police. Bien entendu, elle est coupable. Mais il faut surtout comprendre comment ces événements ont pu avoir lieu et c'est exactement ce que l'Auteure nous permet de faire. Sa peinture de l'année 68 nous montre un tissus de facteurs qui se rejoignent pour expliquer cette explosion de violences. Les militants étudiants rejoignaient de plus en plus les thèses nationalistes noires et une forme de justification de la violence comme résistance. De plus, les actions précédentes de la police étaient accusées de mollesse par une grande partie de la classe politique dont, principalement, le maire Dailey. De plus, ce même maire faisait tout pour peindre les opposants à sa politique et à la guerre comme des envahisseurs étrangers violents tout en affirmant être prêt à supporter toutes les actions de la police jusqu'à dire publiquement qu'elle devait tirer pour tuer. Dans ce climat de tensions de plus en plus fortes et intenses les événements pouvaient difficilement se dérouler sans incidents.

La dernière partie nous parle de la répression et de la surveillance dont étaient victimes les étudiants. L'auteure nous montre que les opposants, qui pouvaient être simplement des personnes critiques face aux politiques du maire Dailey, étaient soumis à une intense pression policière. Non seulement la red squad faisait tout pour identifier les opposants. Mais, en plus, elle organisait des infiltrations permettant, parfois, de mettre en place des agents provocateurs pour lancer les militants dans des actions illégales ou créer des tensions avec les autres mouvements. Mais la police de Chicago n'est pas seule. Le FBI, la CIA, l'armée et même le fisc surveillent et répriment les militants. Cette pression policière a pris différentes formes. Aussi bien des arrestations massives lors des événements, l'arrestation pour fugues ou viol du code de la route sans preuves et même, dans au moins un cas avéré, une expédition d'assassinat. Nous nous trouvons donc en face d'une formidable force de répression qui a eu deux effets. Tout d'abord, les étudiants se sentaient de plus en plus légitimés à utiliser la violence pour se défendre. C'est donc une radicalisation que nous pouvons observer. Le second effet c'est que les mouvements étudiants qui se radicalisent se coupent de la base des étudiants ce qui les conduira à leur fin. Bien entendu, la répression n'est pas le seul facteur explicatif de la fin des mouvements de 68. Les luttes internes et la perte des ressources financières mobilisées pour payer les frais de justice, la radicalisation de certains, le retour d'un militantisme conservateur qui fait concurrence et la perte de certains leaders sont aussi des explications. Mais il est indéniable que Chicago a été le lieu d'une formidable machine répressive qui visait toutes les personnes critiques envers la politique municipale et fédérale ainsi que le fonctionnement de la société. A tel point que certains politiciens de l'époque ont parlé d'état policier.

J'ai, personnellement, trouvé ce livre très intéressant et très bien écrit. Je pourrais dire que j'aurais souhaité un peu plus d'informations sur des événements précis. Mais le choix d'essayer de trouver des explications et des facteurs plutôt que de se concentrer sur le récit simple des événements est loin d'être critiquable. Simplement, quelqu'un qui ne connais pas bien l'histoire des États-Unis lors des années 60 ou celle de Chicago peut être un peu perdue. Par exemple, je me demande encore ce qu'est exactement cette machine Dailey? Ce qui n'enlève rien au caractère convaincant des recherches de Caroline Rolland-Diamond. En résumé, je trouve que cette recherche a été très bien menée et l'utilisation de sources de la red squad nous permet d'entrer dans une vision différente de cette époque.

Image: Éditeur

17.11.2011

khodorkovsky un crime d'état ou un crime contre l'état?

Malheureusement je ne connais pratiquement rien ni à l'actualité politique russe, ni à son histoire et encore moins à son système politique et économique. En gros, je ne sais pas grand-chose mis à part quelques informations sur le système soviétique, la chute du mur et l'amour de Poutine pour les droits de l'homme. Ce film est donc un documentaire sur la vie et les malheurs de Mikhail Khodorkovsky. Nous apprenons comment cet homme a réussi à devenir l'un des hommes les plus riches du monde après la chute du système soviétique. Il a réussi à s'approprier la compagnie nationale Liukos qui devint rapidement une mine d'or. Mais son histoire commence, bien entendu, bien avant dans les jeunesses communistes et lors de la création de la première banque privée de Russie. Son ascension ne faisait que se confirmer quand il s'est fait de Poutine un ennemi en condamnant la corruption et en soutenant l'opposition. Il s'en est suivi plusieurs années d'enfers pour sa compagnie et ses employés principaux qui furent inquiétés par la police. Ceci jusqu'à ce que Mikhail Khodorkovsky soit emprisonné pour fraude fiscale puis pour complicité de meurtre et enfin pour le vol de pétrole brut.

Il semblerait que cette affaire ennuie beaucoup quand on commence à en parler. Il semblerait aussi que le film soit en faveurs de Mikhail Khodorkovsky. Mais les choses ne sont pas si claires. On découvre un personnage considéré et décrit comme très intelligent et très travailleur. Un homme qui a réussi à gagner 6 milliards de roubles quasiment du jour au lendemain. Un personnage qui faisait partie des oligarques russes et des hommes riches et puissants. Un tel personnage ne peut pas être tout blanc et je pense que certaines affaires qu'il traitait n'était pas toujours très propres. Après tout on parle d'une époque ou des hommes sont devenus riches en une nuit en recevant des compagnies étatiques sans débourser un sous ou presque. D'un autre coté son arrestation et les accusations, graves, sont étranges. On pourrait presque croire que Mikhail Khodorkovsky a été mis en prison non pour ses actions économiques mais pour opposition envers Poutine. Je ne peux pas le dire avec certitude mais les personnes interviewées ne sont pas toujours à l'aise pour dire certaines choses devant la caméra. Mais nous trouvons nous vraiment devant un prisonnier politique? Quelle est la part des crimes, supposé, de Mikhail Khodorkovsky et ceux de Poutine? Je trouve qu'il est très difficile d'y répondre surtout pour quelqu'un comme moi qui ne connait pas grand-chose à la Russie. Mais, en tout cas, des questions se posent.

Image: Site Officiel

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13.11.2011

Contagion (l'arme c'est vous)

Vendredi je suis allé voir un film qui m'intéressait depuis que j'avais vu la bande annonce: Contagion. Nous avons tous connu les dernières grandes peurs médicales (H1N1, SRAS, rougeole, ...) qui ont eu plusieurs effets importants sur le moment (et sur les bénéfices de certains) sans, pour autant, être véritablement dangereuses à grande échelle. Mais que se passerait-il si, un jour, une véritable épidémie mortelle se déclarait? Serions-nous capable d'y résister? Ce film nous met en face d'une épidémie qui se développe durant plusieurs mois dans le monde entier. Tout a commencé avec deux personnes: une américaine et un chinois. Très rapidement la maladie se développe et se répand via les aéroports. Mais la contagion n'est pas la seule chose qui se répand puisque, la suivant voir la précédant, la peur s'empare des citoyens détruisant le fragile tissus social.

J'ai beaucoup aimé ce film. Je trouve qu'il montre particulièrement bien comment la société peut être mise à l'épreuve lors d'une telle épidémie. On découvre des rues vides, des pillages, des meurtres tous à cause de la peur de la maladie. Plus encore, les liens entre les personnes deviennent inexistants pour éviter d'être contaminé. Mais comment une société peut-elle subsister quand personne ne communique plus avec personne? Ce film montre aussi très bien comment les autorités peuvent réagir. Ou plutôt, ce film montre comment les autorités peuvent bien réagir puisque l’aspect critique n'est pas vraiment présent sur ce point. Malgré la maladie on trouve le moyen de sauvegarder l'autorité de l'état au moins dans les grandes institutions. Et même si cette épidémie a été particulièrement forte les autorités réussissent à mettre en place des distributions de nourritures et la recherche de vaccins. En bref, les institutions fonctionnent et on peut leur laisser faire leur boulot.

Heureusement, il existe quelques critiques. La première est celle qui est lancée par un chinois face à l'occident. Il accuse les occidentaux et ses gouvernements de garder pour eux les médicaments et de ne pas prendre en compte les besoins d'une partie défavorisée de la population mondiale. Cet argument est à la fois réaliste et réfléchis et la manière dont il est imposé, par un enlèvement, n'est pas critiqué dans le film. On peut donc penser que le réalisateur comprend ces arguments? Il y a un deuxième personnage critique. C'est un journaliste qui tient un blog. Il est totalement marginalisé et personne ne le prend vraiment au sérieux. Ce qui ne l'empêche pas d'écrire ses positions et d'essayer de convaincre la population. Mis à part son aspect critiquable puisqu'il a tendance à rapidement passer dans les théories du complot ses arguments ne sont pas mauvais. Premièrement, il accuse la société industrielle de ne pas faire attention aux problèmes de santé au profit de l'argent. Cette thèse peut être vérifiée dans plusieurs scandales sanitaires (au grand hasard l'amiante...) et dans le film même. Un second discours est une critique du vaccin qui a été insuffisamment testé. Ce personnage a tout a fait raison sur ce point et on sait que certains médicaments ont des effets secondaires importants mais qu'ils sont tout de même vendus. Enfin, le troisième discours est une condamnation de l'industrie pharmaceutique. Le journaliste dit, à plusieurs reprises, qu'un certains nombre de personnes vont devenir très riche suite à cette épidémie. Il se pose la question de l'identité de ces personnes et, par extension, il critique l'argent qui est fait sur la mort d'individus. C'est, encore une fois, une critique acerbe mais réaliste d'une partie de notre industrie. En résumé, ce film donne l'impression d'avoir voulu être neutre tout en évitant un discours qui remet trop en cause la société. C'est, en tout cas, un film riche que l'on peut analyser de nombreuses manière (la fin du film, par exemple, donne les prémisses d'une société très contrôlée voir policière). Je pense donc que personne ne perdra son temps en allant le voir.

Image: Site Officiel

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09.11.2011

Hunter's Moon par Paul Finch (un peu de sport!)

Titre: Hunter's Moondrwho_hunters_moon_book_125.jpg
Auteur: Paul Finch
Éditeur: BBC 2011
Pages: 256

Vous connaissez Las Vegas? La ville du vice et des jeux? Multipliez tous les excés de Las Vegas par 10 000 et vous aurez la Leisure Plateform 9 ou le Docteur et ses compagnons s'apprêtent à passer quelques heures. Le Docteur souhaite rendre visite à un vieil ami pendant qu'Amy et Rory visiteront et s'amuseront. Mais ils doivent faire attention. Non seulement LP9 n'est pas un lieu de splus fréquentables mais, en plus, la société alien qui s'en occupe est particulièrement machiste. Bien entendu, puisque le Docteur dit à ses compagnons de faire attention ils font tout pour tomber dans le premier piège venu. C'est ainsi que Rory se retrouve coincé dans un duel de machos après avoir accusé son adversaire de tricherie. Et comme on ne peut pas gagner contre un tricheur il se trouve capturé après avoir perdu le TARDIS dans le pari. Rory est maintenant un esclave tandis qu'Amy le suivra clandestinement et deviendra aussi une esclave. Mais comment le Docteur pourra-t-il les sauver sans le TARDIS? Et, surtout, Rory survivra-t-il à la chasse?

Encore une fois les trois personnages sont divisés. Ce qui permet d'accentuer un peu la force de chacun d'eux. Rory, par exemple, gagne beaucoup à lutter seul. On retrouve un leader qui ne perd son charisme que lorsque le Docteur se trouve dans les parages. Il faut dire qu'il a vécu plus longtemps que ce dernier. J'ai bien aimé la nouvelle race qui nous est présentée dans ce tome. Ces aliens sont puissants mais possèdent une société arriérée sur un certain nombre de points dont, principalement, la question des femmes. Je pense que tout le monde aura compris qu'Amy ne peut que se heurter et heurter les mâles de cette société. J'ai aussi apprécié la description des deux grands mafieux qui donnent l'impression d'être de parfaits psychopathes. Du coté des personnages secondaire je trouve que le père de famille totalement débordé par sa fille et au chômage est bien réussi. On passe d'un homme qui geint à un leader capable de se battre et de faire des sacrifices. Cependant, je l'ai tout de même moins aimé que les deux précédents.

Image: BBC

08.11.2011

Caprica (qu'est ce que la vie?)

Je reste un fan de Battlestar Galactica dont j'apprécie beaucoup le traitement visuel et thématique bien que cette série soit résolument militariste et conservatrice. C'est donc assez naturellement que je me suis intéressé au spin off: Caprica. Battlestar Galactica se déroulait après la première guerre contre les Cylons, ses machines qui se sont rebellées contre l'humanité, et nous montrait comment une société en exil tentait de survivre et de retrouver l'espoir. Caprica nous emmène 50 ans auparavant. Les Cylons n'ont pas encore été inventé mais Graystone, fondateur de l'une des plus grandes industries des 12 colonies, fait partie de ceux qui tentent de développer les robots. Les Colonies, d'ailleurs, ne sont pas encore unies mais se combattent où sont rivales. Nous nous trouvons, plus précisément, sur Caprica l'une des colonies les plus prospères. Rien ne semble mettre en danger la tranquillité de ses citoyens ni de la famille Graystone et de la famille Adama. Mais la fille de Graystone, Zoé, meurt dans l'explosion d'un train revendiqué par une frange religieuse extrémistes: des monothéistes. Les Graystones et les Adamas vont tout faire pour connaître la réalité et, peut être, faire revenir à la vie leurs enfants? Les Colonies sont sur le point de connaître un bouleversement majeur.

Caprica n'aura duré que le temps d'une seule et unique saison par manque d'audience. Je dois avouer que je trouve cela dommage car cette série avait un certain potentiel. J'ai beaucoup apprécié de pouvoir entrer dans la société d'avant la guerre contre les Cylons. Cette entrée permet tout de suite de voir quel est le message de la série, un message connu par ceux qui ont vu Battlestar Galactica en entier. ce message c'est celui de la chute morale d'une civilisation. C'est dans ce sens que l'on peut comprendre le monde virtuel auquel on accède via les holobands. Les mondes virtuels y sont sans morales. En effet, on peut tuer, violer, détruire sans risques. C'est, d'ailleurs, la principale accusation de Zoé. Un second thème important est celui de l'ethnie. Il faut bien se souvenir que nous nous trouvons avant l'unification des colonies. Bien que Battlestar ait, en partie, traité ce thème vie les sagitarons et l'organisation sociale de la société coloniale l'ethnie n'avait pas la force qu'elle a dans Caprica. En effet, les relations entre planètes sont tendues par des guerres et des racismes mutuels. Les différentes sociétés ont chacune une culture propre qui diffère fortement des autres. Et, bien entendu, il y a la question de la religion. Encore une fois, celle-ci est placée au centre de la société puisque les combats que nous retrouvons dans la série ont avant tout un motif religieux. Mais Caprica est aussi un bon moyen de comprendre d’où viennent les Cylons et leur technologie. Pour cela c'est le dernier épisode qui est le plus important et qui permet de se faire une idée de ce que des saisons prochaines auraient pu être. Comme je le disais, cette série avait du potentiel sans mais sans avoir pu devenir révolutionnaire dans son traitement.

Image (qui refléte particulièrement bien l'aspect religieux de la série): site officiel

 

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06.11.2011

L'exercice de l'état (le privilége de l'impuissance)

Presque en même temps que le film de Clooney un autre film politique est sorti. Celui-ci est français est traite son sujet très différemment. Plutôt qu'une campagne de primaire nous suivons un ministre en plein travail. Le film commence par l'un des exercices les plus importants pour un politicien: montrer une présence de l'état. Bertrand Saint-Jean, ministre des transports, reçoit un appel en pleine nuit. Un accident s'est déroulé sur une petite route enneigée tuant près de 10 jeunes. Il n'a pas le choix il doit se déplacer en pleine nuit le plus vite possible et arriver avec un discours déjà près. Mais une fois que cet épisode terminé le travail de Saint-Jean ne fait que commencer. Car être ministre ne veut pas seulement dire lire et créer des dossiers, gérer l'état, mais aussi participer au théâtre politique. Nous suivrons donc Bertrand alors qu'il essaie d'éviter d'être vu comme un ministre qui échoue à cause d'un projet qu'on lui impose. Pour cela il devra être toujours présent et il devra écraser des têtes.

Comme je l'ai dit ce film traite le sujet politique d'une manière différente de celui de Clooney. On observe le fonctionnement interne d'un ministère en suivant celui qui en est à la tête. Ce film, à mon avis, montre bien qu'une personne dans cette position doit non seulement faire attention à ses dossiers mais qu'il doit aussi penser à sa force médiatique et politique. Ainsi, on a presque l'impression que le ministère des transports n'est pas mobilisé pour mettre en place des projets mais pour donner à Saint-Jean la force politique nécessaire pour résister aux autres ministres qui se trouvent à des postes plus prestigieux. Les scènes du début du film montrent tout aussi bien l'importance de la présence du ministre sur les lieux pas seulement pour les voix mais aussi pour affirmer une présence concrète de l'état. Un autre bon point de ce film c'est de montrer que le rythme de vie de ces personnes est non seulement solitaire mais aussi très difficile. On se lève avant l'aube et on se couche après minuit tout en étant toujours prêt à réagir. Par contre un point particulier m'a ennuyé. Les personnages parlent bien, très bien même, mais ils parlent dans un jargon que je qualifierais d'artificiel. Bien entendu, la plupart des grands fonctionnaires français sont jeunes et énarques ce qui implique une certaine manière de parler. Mais j'ai souvent eu l'impression que les personnages ne parlaient pas, ils citaient. Ils citaient de belles phrases, oui, mais ils ne créaient pas ils reprenaient. Peut-être est-ce voulu?

Image: Site officiel

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04.11.2011

The way through the woods par Una McCormack (promenons nous dans les bois...)

Titre: The way through the woodsdrwho_way_woods_book_125.jpg
Auteur: Una McCormack
Éditeur: BBC 2011
Pages: 241

Les aventures du Docteur continuent dans une jolie petite ville. Comme toutes les petites villes les habitants ont un poste de police, une poste, des épiceries et des magasins de proximité et, surtout, une forêt. Mais on pourrait croire que cette forêt n'existe puisque les habitants font tout pour éviter d'en parler. A tel point que même l'autoroute l'évite. Mais cela devient encore plus étrange quand on sait que jamais aucune route n'a traversé la forêt. Aussi loin que l'on remonte dans le temps les humains ont toujours évité d'en parler ou de s'en rapprocher. Pour en rajouter un peu plus on sait aussi que 300 personnes ont disparu à l'intérieur de cette forêt dans l'histoire de l'humanité. Et pourtant personne n'en parle vraiment. Sauf en ce qui concerne les deux dernières disparitions. Il n'en fallait pas beaucoup plus pour que le Docteur décide de s'y intéresser et de nettoyer les dégâts.

Nous continuons sur la lancée puisque j'ai bien aimé ce tome. On ne voit pas beaucoup le Docteur qui s'efface au profit de Rory et Amy. Rory retrouve un peu de l'importance qui lui est due grâce à un hommage plus que mérité de la part du Docteur. Quant à Amy, elle montre qu'elle sait très bien se débrouiller seule sans avoir besoin d'être secondée par un timelord solitaire. L'intrigue me plaît aussi beaucoup. L'idée d'une forêt plus étrange et effrayante que d'ordinaire. Une forêt dans laquelle on se perd sans laisser de traces. Mais ce qui est intéressant c'est aussi de voir l'intérieur de cette forêt. Les sauts dans le temps et l'impossibilité d'en sortir. Toujours revenir au même endroit comme dans un labyrinthe. L'idée du vaisseau est aussi très bonne. Un vaisseau vivant qui a besoin d'expérience pour pouvoir naître mais qui ne peut le faire sans douleur. Bref, plein de bonnes idées pour un bon tome.

Image: BBC