20/07/2017

L'empire romain par Patrick le Roux

Titre : L'empire romain
Auteur : Patrick le Roux
Éditeur : PUF janvier 2015
Pages : 127

Nous connaissons probablement tous et toutes l'Empire Romain. Un territoire gigantesque dirigé par la ville de Rome sous les Césars. Il est probable que certaines personnes connaissent aussi le destin de l'Empire tel qu'il est simplifié : le retour de la grandeur après la corruption de la République ; une lente désagrégation face à la corruption et aux invasions barbares. Certaines autres personnes font le lien direct entre ces idées et le fonctionnement actuel du monde. Nous serions les nouveaux romains, phare de la civilisation, en danger d'invasions barbares et seule la connaissance du passé permet de le comprendre et de préparer la lutte. L'histoire de l'Empire romain est très mal comprise. Pire, cette incompréhension est utilisée pour justifier des idéologies spécifiques. Ce petit livre, de la question que sais-je, ne répond pas à toutes les questions. L'auteur ne livre ni toute l'histoire ni toutes les données. Mais il synthétise les connaissances actuelles en quelques thèmes.

Ainsi, le premier chapitre est plutôt chronologique. Il permet d'expliciter les évènements qui ont permis la mise en place de l'Empire, en particulier en se concentrant sur les guerres civiles de la République. L'auteur nous montre une construction spécifique destinée à répondre à des problèmes précis. Plutôt qu'une création ex nihilo l'Empire et ses institutions ont été mis en place progressivement et fonctionnent en parallèle des institutions républicaines, encore en place. Ce qui permet à l'auteur de mieux expliquer de quelle manière fonctionne le gouvernement de Rome. Il explicite non seulement les pouvoirs de l'Empereur mais aussi ses relations avec la ville de Rome, les provinces et les populations locales. Ce qui permet de mettre en avant la figure de l'Empereur et des magistrats en tant que symbole de l'Empire.

Le chapitre suivant permet à l'auteur de rebondir pour parler des populations. Après un court exercice comptable, et critique au ce sujet, l'auteur s'intéresse de manière plus importante au fonctionnement des Cités et au fonctionnement de la société. Ainsi, il nous montre que la société romaine est fortement hiérarchisée mais qu'il est possible pour les descendant-e-s de monter en grade. Il termine sur un chapitre qui pose la question des résistances et des révoltes. Bien entendu, il nous parle des révoltes militaires, des Empereurs qui ont volé leur titre (surtout parce qu'ils ont perdu). Mais il nous parle aussi des relations avec les Juifs et les Chrétiens, teintées d'incompréhensions sur le fonctionnement des religions monothéistes. Il explicite aussi les relations avec les peuples qui sont externes à l'Empire. Loin d'une invasion l'auteur démontre que ces relations sont basées sur une longue histoire rarement révisée. L'Empire ne comprend pas ce qui se déroule en dehors de ses frontières et, peu à peu, perd de son influence et de sa capacité un tenir un territoire aussi grand.

Ce petit livre a le mérite de toute la collection : synthétiser un sujet. Il est donc normale qu'une grande partie de la complexité du monde romain est laissée de côté face à la nécessité de faire court. Mais l'auteur réussit tout de même à garder notre attention tout en mettant en avant les sujets de controverses. La lecture de ce livre est adéquate si vous souhaitez rapidement comprendre le sujet sans entrer dans les détails.

Image : Éditeur

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08:59 Écrit par Hassan dans antiquité, Histoire, Livre | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : empire, rome, puf, que sais-je, patrick le roux | | | |  Facebook

02/07/2017

Histoire de la sorcellerie par Colette Arnould

Titre : Histoire de la sorcellerie
Autrice : Colette Arnould
Éditeur : Tallandier 1992
Pages : 494

Durant la Renaissance de nombreux bûchers, dont en Suisse, furent mis en place afin de brûler l'une des menaces les plus importantes de l’époque : les sorcières. Mais identifier les personnes ne permet pas toujours de comprendre les raisons idéologiques derrière le massacre des sorcières. Colette Arnould essaie, dans ce livre épais, de nous expliquer de quelle manière, durant plusieurs siècles, la croyance envers le pouvoir des sorcières et leur danger s'est imposé et a permis des procès, la torture et la mise à mort d'un nombre impressionnant de personnes. Pour cela, elle se base sur de nombreux textes qui courent de l'Antiquité à quasiment notre époque.

Bien que le livre soit construit en 10 chapitres on pourrait l'expliquer en créant des parties plus courtes. La première et la seconde sont, en quelques sortes, l'introduction du livre. Dans les premiers chapitres l'autrice tente de nous expliquer de quelle manière le diable a été pensé et de quelle manière la magie a été construite. Pour cela, elle décide de partir de l'époque antique pour, ensuite, écrire un essai sur l'identité du diable durant l'Antiquité tardive et l'époque médiévale. Deux de ces chapitres sont assez difficiles à lire car assez laborieux dans l'écriture et l'explication. Suit un chapitre sur l'hérésie et sa signification dans le cadre de l’Église et de la société médiévale. Ces chapitres permettent de créer un fond idéologique sur lequel le reste du livre repose afin d'expliquer les raisons des bûchers.

Suivent trois chapitres qui permettent d'examiner la pensée de la sorcellerie comme un danger ainsi que la montée des outils qui permettent de s'y attaquer. L'autrice s'intéresse ici plutôt à la moitié de l'époque médiévale dès le XIème-XIIème siècle. Elle y met en évidence les décisions des papes mais aussi les créations de l'Inquisition et de leurs droits dans le monde médiévale. Plus important encore, elle explicite le fonctionnement des textes démonologiques qui parlent du diable et de la sorcellerie. Après ces chapitres on comprend mieux comment une frange de la société pense le monde, malheureusement l'autrice n'explique pas de quelle manière cette pensée se répand dans le peuple.

Enfin, les chapitres VII et VIII entrent dans le vif du sujet en examinant les débuts des procès de sorcellerie. L'autrice explique de quelle manière les textes et idées précédentes sont utilisés afin de s'attaquer aux personnes incriminées et justifier l'usage de la torture ainsi que de la mort. Ces chapitres décrivent une époque, qualifiée de Renaissance, durant laquelle la raison fonctionne en même temps que les croyances en des pouvoirs supérieurs (ce qui n'est pas forcément incompatible). Ces deux chapitres permettent à l'autrice de mettre en avant son hypothèse principale. Selon elle, les procès de sorcellerie sont à la fois un outil politique et un indice d'une "société malade". L'autrice explique que, pour elle, les inquisiteurs, le peuple, les religieux et religieuses sont victimes d'une forme de pathologie mentale. Ces chapitres continuent sur la fin des procès avec une ouverture sur notre époque qui marque, pour l'autrice, une continuité d'une forme de croyance en certains pouvoirs mais avec un diable qui n'a plus rien à voir avec le danger qu'il créait à l'époque médiévale.

Les premières pages de ce livre ne sont pas faciles à lire. La lecture me fut laborieuse et, semble-t-il, je ne suis pas le seul à l'avoir ressenti. Mais, les deux premiers chapitres passés, les choses deviennent de plus en plus intéressantes. Cependant, il me semble dommage que l'autrice laisse transparaitre une forme de mépris pour les personnes de l'époque. Bien que l'on puisse condamner les raisons politiques et idéologique de la mise à mort de femmes, qualifiées de sorcières, il faut aussi prendre en compte une époque, ses tensions, ses problèmes. Personnellement, je ne suis pas totalement convaincu par l'hypothèse de l'autrice. Si je dois faire une comparaison, le livre de Silvia Federici me semble bien mieux réussir à prouver son hypothèse.

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26/08/2016

Leçons sur la volonté de savoir. Cours au collège de France. 1970-1971. Suivi de Le savoir d'Oedipe par Michel Foucault

Titre : Leçons sur la volonté de savoir. Cours au collège de France. 1970-1971. Suivi de Le savoir d'Œdipe
Auteur : Michel Foucault
Éditeur : Seuil février 2011
Pages : 316

Michel Foucault est élu au collège de France en 1970. Son premier cours porte sur la volonté de savoir (titre que porte l'un de ses livres sur l'histoire de la sexualité). Ce livre est constitué des 12 cours conservés ainsi que de deux conférences. Foucault y développe une réponse à la question de la vérité. Qu'est-ce que la vérité ? Pour donner sa réponse il se base sur l'antiquité grecque aussi bien du point de vue des mythes que de l'histoire de la philosophie. Son développement permet de démontrer qu'il existe plusieurs types de vérités construit selon des processus que l'on peut analyser historiquement.

Foucault analyse plusieurs moyens de trouver la vérité. Il montre que, en Grèce antique, il existe plusieurs possibilités qui se suivent et fonctionnement parfois dans le même temps. Le premier type est l'appel aux dieux. Celui-ci se fait à l'aide du serment qui lie la personne aux jugements des dieux et déesses. Celleux qui osent ce serment proclament la vérité ou se condamnent à la colère des dieux et déesses. Celleux qui n'osent pas proclament leur culpabilité. La vérité peut aussi être dévoilée par les divinités à l'aide des oracles. Ceux-ci doivent être interprétés mais permettent d'entendre ce que savent les dieux et déesses. Enfin, nous avons l'enquête qui pose la question de qui a vu quoi et dans quelle circonstance. Cette analyse est particulièrement développée dans la conférence Le savoir d'Œdipe qui, selon le texte, mêle ces différentes capacités de trouver la vérité.

J'ai eu du mal à lire ce premier cours. Bien entendu, le texte est difficile. Contrairement aux prochains cours le travail d'édition s'est fait sur un matériel incomplet utilisé comme support par Foucault. Ce n'est ni texte écrit ni parlé. J'ai aussi eu du mal avec les termes écrits en grec ancien, une langue que je ne connais pas. Ces termes me sont obscurs et mon incompréhension de ceux-ci a joué sur ma lecture et, bien entendu, ma compréhension de l'analyse que fait Foucault. Enfin, je n'ai pas assez de connaissances en philosophie, et en son histoire, pour réussit à intégrer ce cours dans le contexte plus large des débats de l'époque.

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13/09/2014

Histoire de la sexualité 3: Le souci de soi par Michel Foucault

Titre : Histoire de la sexualité 3: Le souci de soiproduct_9782070746743_195x320.jpg
Auteur : Michel Foucault
Éditeur : Gallimard 1984
Pages : 334

Ceci est le troisième, et dernier, de l’œuvre inachevée de Foucault: L'histoire de le sexualité. Dans le tome précédent Foucault revenait à l'antiquité pour comprendre la sexualité de nos jours. Dans ce troisième livre c'est l'antiquité tardive qui intéresse Foucault. Via l'examen d'auteurs tardifs il montre comment la sexualité était pensée dans une relation entre le corps et la société. Cette analyse se forme en 6 chapitres. Il commence, abruptement, sur une analyse des manières de comprendre ses rêves et, en particulier, la compréhension des plaisirs que l'on a en rêve. Il montre que ces plaisirs, selon leur forme, sont positifs ou négatifs. Ainsi, selon la position sociale de la personne et de ses objets de désir le rêve peut signifier la réussite ou la perte d'argent dans le futur. Dans le second chapitre Foucault montre le besoin de prendre soin de soi dans la culture de l'époque.

Lors du troisième chapitre ce sont les relations sociales qui forment aussi bien le mariage que la société dans son ensemble qui sont examinés. Foucault nous montre comment ces relations étaient pensées et comprises par certains auteurs. Ainsi, par exemple, le mariage passe d'un acte de possession d'une femme mineure à une relation de plus en plus égalitaire où chacun a des droits et des devoirs envers l'autre. Le but étant non pas une relation entre amants mais un partenariat d'amitié durable. Les deux derniers chapitres développent ce point en parlant de la relation d'amour avec les femmes et avec les garçons. Ce dernier point, en particulier, est un moyen pour Foucault de montrer comment l'amour peut être compris selon l'objet de cet amour. Les garçons doivent être pris de force car, s'ils acceptent, ils sont soupçonnés de mollesse. De plus, il s'agit de savoir si l'amour des garçons est supérieur, égal où inférieur à l'amour des femmes. Ceci permet à Foucault de nous montrer plusieurs textes qui développent des arguments classiques tout en les dépassant.

Maintenant que j'ai terminé ce dernier travail de Foucault je peux enfin passer à autre chose. J'ai beaucoup aimer lire ces trois livres mais il faut bien avouer qu'ils sont ardus. Les auteurs mobilisés par l'auteur me sont peu connus et son analyse et parfois difficile à suivre. C'est le cas en particulier de ce troisième livre que je suis loin d'avoir compris dans sa totalité. J'ai, par exemple, eu plus de plaisir à lire Surveiller et Punir qui possède une place importante dans ma bibliothèque.

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30/08/2014

Histoire de la sexualité 2: L'usage des plaisirs par Michel Foucault

Titre : Histoire de la sexualité 2: L'usage des plaisirsproduct_9782070746736_195x320.jpg
Auteur : Michel Foucault
Éditeur : Gallimard 1984
Pages : 339

Je continue dans mon exploration de la pensée de Foucault. Après avoir lu Surveiller et Punir et la premier tome de l'Histoire de la sexualité je me lance dans l'Usage des plaisirs le second tome de la l'Histoire de la sexualité. Je ne suis, bien entendu, pas un expert dans la pensée de Foucault je vais donc tenter de montrer au mieux de quoi ce tome est fait.

Tout d'abord, il faut noter que Foucault a changé son programme. Dans ce second tome il inaugure une étude de la sexualité dans l'antiquité. Il commence par les sources grecques. Celles-ci possèdent plusieurs thèmes que Foucault place en 5 parties. Le premier, "la problématisation morale du plaisir" est un moyen pour le philosophe de comprendre comment la Grèce antique pensait le plaisir. Y avait-il des pratiques considérées comme immorales et, donc, interdites, ou alors un autre modèle? Cette première partie lui permet de poser le décor pour le reste du livre qui analyse plus précisément les choses. Dans la seconde, intitulée "Diététique" Foucault montre que ce qui importe n'est pas la moralité de tel ou tel acte. Non, ce qui est pensé c'est la mesure avec laquelle on accomplit les actes. L'homme grec, car on parle surtout d'hommes dans les sources que Foucault utilise, doit se contrôler pour ne pas tomber un usage désordonné des plaisirs. Cet ordre se forme non seulement pour l'acte sexuel mais aussi pour les plaisirs que peuvent être la boisson et la nourriture.

La troisième partie, "Économique", examine le fonctionnement de la société grecque face aux relations sexuelles et la quatrième partie, "Érotique", étudie ce même sujet au point de vue des garçons. Alors que la femme, dans le mariage, est subordonnée mais libre le garçon est égal, ou du moins le deviendra, et libre. Ceci implique un fonctionnement différent de la relation. Les femmes sont censées obéir et former une maisonnée. Les garçons doivent résister aux attentes mais aussi, et surtout, devenir des amis après avoir été des amants. Bien que les relations sexuelles ne soient pas pensées de la même manière qu'aujourd'hui, l'homosexualité n'existait pas en tant que catégorie, cela ne veut pas dire que les relations doivent être identiques. Foucault termine son livre sur un essai qui analyse ce que serait le vrai amour.

Il faut bien le dire: la lecture n'est pas facile. Foucault n'a jamais été un philosophe dont l'accès était aisé. Ceci est encore plus vrai que cette histoire de la sexualité lorsque, comme moi, on n'a pas une culture très approfondie de l'histoire antique grecque. De nombreux termes grecs me sont inconnus bien que les sources utilisées ne soient pas toutes méconnues de ma part. Bien que la lecture ne soit pas facile, et que je ne puisse pas affirmer avoir compris l'entier du propos, je pense que ce tome permet de remettre en question certains propos qui sont tenus aujourd'hui. Au lieu d'une existence naturelle des relations entre hommes et femmes Foucault montre, ici, que celles-ci sont pensées différemment dans l'histoire et que même dans une époque donnée il existe un grand nombre de discours différents. Ce livre est donc un bon moyen de démontrer que la morale est avant tout une construction culturelle et qu'elle peut se modifier selon les époques.

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04/02/2013

Histoire de la virilité. L'invention de la virilité. De l'antiquité aux lumières sous la direction de Georges Vigarello

Titre : Histoire de la virilité. L'invention de la virilité. De l'antiquité aux lumières
Directeur : Georges Vigarello
Éditeur : Seuil 2011
Pages : 578

J'ai reçu ce (gros) livre en cadeau. Il pose la question de la virilité et de son histoire. En effet, si on ne naît pas femme mais on le devient il semble logique d'avoir la même position sur l'homme. Alors qu'elle est l'histoire de la masculinité et de cette vertu qui serait au centre des hommes: la virilité. Voila tout le programme de ce premier tome qui passe de l'antiquité aux lumières. C'est un gros morceau!

Assez logiquement le livre est divisé selon les périodes historiques classiques. On commence donc tout naturellement par l'antiquité et, en particulier, les civilisations grecques et romaines. Les deux grandes civilisations se retrouvent sur certains points tout en s'écartant sur d'autres. Ainsi, la pratique de l'"homosexualité" (que je met entre guillemet car le terme est anachronique) se retrouve aussi bien à Athènes qu'à Rome. Mais cette pratique consiste surtout en une différenciation entre passif et actif qui est valable et possible pour une période particulière ou/et face à une personne particulière. Il est ainsi bien vu, en Grèce, d'avoir une relation passive avec un homme plus âgé mais celle-ci ne doit pas dépasser l'entrée dans l'âge d'homme. La pratique du sport est aussi très différente. Chez les deux peuples elle permet l’entraînement à la guerre mais Rome refuse catégoriquement la pratique de la nudité dans le sport alors qu'elle est vue comme le sommet de la civilisation en Grèce. La virilité porte donc surtout sur une capacité à prendre les armes et à se battre en lien avec des codes de comportements sociaux très précis.

L'époque médiéval et la période qui la précède est le lieu de profondes mutations. Les barbares sont à la fois des hommes parfaits et virils dans leur pratique de la guerre, bien que non-civilisés, et se romanisent. Mais, durant l'époque médiévale, c'est la guerre qui importe. Cette vision, un peu caricaturale, que les romains ont du barbare est corrigée par les auteurs. En effet, l'homme barbare considère la guerre comme importante mais les morts emportent aussi dans la tombe des objets ayant un lien avec la sociabilité et la force contre la nature. L'homme viril doit être capable de combattre et de mourir avec courage. Il doit être capable de frapper de toute sa force et de faire état de ses capacités par des vantardises exagérées. La sexualité et le combat sont donc brutes et directes.

S'ensuit la partie la plus importante du livre (8 chapitres) et la conclusion sur les lumières. L'époque moderne est tout autant l'occasion de mutation dans la vision de la virilité. Plutôt que la force brute les hommes modernes doivent être capables de grâce et de rhétorique. On peut expliquer ceci par une modification à la fois du rôle du noble dans la société française et de l'épée qui permet maintenant une escrime gracieuse et élaborée en direction de coup d'estoc plutôt que de taille. Le noble mâle doit être capable aussi bien de se battre que de faire la preuve d'un maintien de sois et d'une tempérance. Il doit prendre soin de lui et pouvoir combattre avec les mots dans le cadre de la société de cour. Cette période commence aussi à élaborer une construction de la virilité du roi qui doit se montrer et être montrée comme exemple (un chapitre entier y est consacré). Enfin, un dernier chapitre examine ce que les grandes découvertes et le contact avec des "sauvages" implique dans la vision de la virilité. Les sauvages sont-ils des hommes parfaits et forts épargnés par la civilisation ou de simples animaux instinctifs? La partie qui conclut le livre en parlant des Lumières est l'occasion d'examiner les mutations dans la pratique des jeux et du sport ainsi que le modèle populaire. Ce dernier montre une prégnance de la violence dans les lieux publics dont sont victimes les femmes comme possibles partenaires sexuels (de force s'il le faut). Mais créer une famille est un besoin tout aussi impérieux et implique une forme de virilité différente. Dans la famille l'homme doit dominer la femme et non le contraire.

Bien que j'ai beaucoup apprécié la lecture de ce livre je me dois de faire quelques critiques. Tout d'abord, ce premier tome permet de (dé)montrer qu'être un homme ne vient pas de sois. Cela implique de suivre des rôles et des rituels particuliers qui mutent selon la période considérée et la civilisation. Ainsi, notre vision de la virilité n'est absolument pas la même que celle de la noblesse française au XVIe siècle. Cette historisation de la virilité est nécessaire pour comprendre notre propre vision et les possibilités de changements.

Ma première critique concerne la place donnée aux époques antiques et médiévales. Celles-ci ne prennent qu'un quart du livre. Les chapitres les concernant sont très généralistes. J'aurais apprécié des chapitres plus pointus sur des points particuliers. Par exemple l'éducation, le sport et la pédérastie. Ce qui aurait permis de mieux comprendre les différences et les similitudes entre civilisations voir entre villes (Athènes et Sparte par exemple). Ensuite, les chapitres de ce premier tome se basent principalement sur les élites des différentes époques considérées. Par exemple, le chapitre sur la peinture et les portraits et très intéressant mais est-ce que le peuple les comprend? Je trouve que l'on oublie largement la population la plus importante. Mais ce point s'explique très probablement par le problème des sources. Difficile de savoir ce qu'un paysan du XVe siècle pense de sa virilité. Enfin, ce livre, comme souvent dans les livres d'histoire français. est très eurocentriste (si ce n'est franco-centré). On examine la virilité telle qu'elle a été conceptualisé dans le cadre de l'Europe et de deux grands exemples: la France et l'Angleterre (un peu). Les autres civilisations, antiques ou non, et pays sont ignorés. Mais n'y aurait-il pas des points intéressants à examiner en Égypte ou en Russie voir, pour aller plus loin, au Japon? Bref, cette histoire de la virilité oublie de dire qu'elle est une histoire de la virilité européenne. Mais ces critiques ne m'empêchent pas de considérer que ce livre est non seulement intéressant mais plaisant.

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12:20 Écrit par Hassan dans antiquité, Histoire, LGBTIQ, moderne | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : virilité, masculin, histoire | | | |  Facebook

18/08/2012

Discours de la servitude volontaire par Etienne de la Boétie

Titre : Discours de la servitude volontairearton68-a7855.jpg
Auteur : Étienne de la Boétie
Éditeur : Éditions de Londres
Pages : 40

Un classique que je n'avais jamais lu mais dont j'ai beaucoup entendu parler lors de différents cours. Le projet de ce discours écrit au XVIe siècle est de comprendre pourquoi on obéit. Pourquoi on accepte d'être les sujets d'un prince, d'un état ? La première idée qui vient à l'esprit concerne la puissance policière et militaire du prince. Mais, comme le dit de la Boétie, cette puissance est moindre face au nombre bien plus importants de sujets. D'ailleurs, les servants de cette puissance sont eux-même des sujets et on devrait expliquer leur accord avec l'état. Est-ce donc la lâcheté qui fait que nous acceptons les ordres de l'état sans nous rebeller ? Peut-être que c'est un début d'explication. Mais, à mon avis, de la Boétie donne deux autres explications bien plus intéressantes. Tout d'abord, ce qui permet à l'état de gouverner des masses c'est l'habitude. Celle-ci vient d'une histoire. On a toujours eu un état et nous sommes nés à l'intérieur de celui-ci. On nous apprend qu'il est nécessaire et qu'il faut le respecter et suivre ses ordres. On a là un début d'explication presque sociologique qui voit l'obéissance comme une domination. Nous ne sommes pas très éloignés du pouvoir symbolique de Bourdieu qui explique la domination non par les armes mais pas un nombre élevé de discours, d'institutions et de personnes qui servent l'état. D'ailleurs, de la Boétie explique aussi l'obéissance par les serviteurs. Ces derniers ont gagné à servir l'état. Ils ont eux-même aidé d'autres serviteurs qui gagnent à ce poste et ainsi de suite. Au final nous avons une gigantesque chaîne d'obligations et gains mutuels qui tiennent la société dans le giron du prince. Une chaîne incassable puisqu'elle tient tout le monde aussi bien les puissants que les modestes.

La préface considère qu'on parle beaucoup de ce livre mais qu'il est rare de l'avoir lu. Ce serait donc un de ces classiques de la pensée politique que personne ne connaît vraiment. Je suis donc fier d'avoir enfin pris le temps de le consulter. Mais que peut-on retirer d'un livre du XVIe siècle ? On peut, en tout cas, observer le génie d'un homme qui réussit à trouver des explications assez convaincantes pour être mentionnée encore de nos jours. En effet, les idées de la Boétie concernant le caractère non-violent de la domination de l'état sont plutôt convaincantes. Je ne dis pas que l'état ne peut pas s'appuyer sur des forces armées. Mais il suffit d'observer un peu pour se rendre compte que ces dernières n'expliquent pas pourquoi on obéit. En effet, pourquoi, par exemple, utilise-t-on l'heure d'été alors que personne ne vient nous punir si on s'y refuse ? Pourquoi accepte-t-on le pouvoir d'un professeur quand on est étudiant ? Pourquoi obéit-t-on à un policier dans la rue (outre l'arme) ? Ces questions, légitimes, ne peuvent être répondues que si l'on prend en compte les explications en termes de pouvoirs symboliques dont la Boétie est, à mon avis, un lointain précurseur.

Image : Éditeur

21/05/2011

The Eagle (l'aigle de la neuvième légion)

J'étais partis pour aller voir le nouveau pirate des caraïbes mais, finalement, j'ai assisté à une séance de The Eagle. Ce film m'intéressait de loin comme un moyen de passer une bonne soirée mais je ne pensais pas y trouver plus. L'histoire prend place en Bretagne alors qu'un nouveau commandant prend ses fonctions dans un fort de province. Mais ce commandant n'est pas n'importe qui. C'est Marcus Aquila (dont je ne me rappelle plus le troisième nom) fils de l'homme qui a perdu la neuvième légion et l'aigle de cette dernière. Un événement qui aurait mené l'empereur Hadrien à souhaiter la construction du fameux mur qui porte son nom. Marcus ne passe pas une journée dans ce fort qu'il sauve déjà ses hommes en les préparant face à une attaque qu'il pensait probable. Ceci lui permet de récolter les honneurs pour lui et sa légion mais aussi d'être demis de ses fonctions à cause de ses blessures. Alors qu'il se remet peu à peu de ses blessures il fait la connaissance d'un esclave avec lequel il décide de partir au nord du mur d'Hadrien pour trouver les traces de son père et de l'Aigle ce qui lui permettra, enfin, de retrouver l'honneur de sa famille.

Si il y a une chose de positive à dire sur ce film, et en paraphrasant une amie, c'est que les acteurs marchent bien. Les premier plans sont principalement des scènes lors desquels on découvre les soldats romains qui marchent plus ou moins rapidement tout en combattant de temps en temps. Pour parler de ceux-ci, ils sont, à mon avis, bien fait. Non seulement on retrouve l'équipement romain qui semble réaliste (je ne suis pas qualifié pour en juger) mais aussi les différentes tactiques comme la très célèbre tortue. Mis à part cela on retrouve aussi de superbes paysages qui ne peuvent que donner envie de voyager dans les highlands à la suite des deux héros. Les habitants de ce pays sont aussi très réussis.

Cependant, mis à part la qualité de passer le temps d'une manière sympathique, j'ai surtout trouvé ce film risible. Mais qu'est ce qui est si drôle? Outre certains comportements un peu étrange des deux héros qui sont, parfois, un peu bête j'ai surtout beaucoup rit envers un message important de ce film. Car, oui, il y a un message. Et celui-ci c'est que le combat, l'armée, sont des lieux d'honneurs dans lesquels on peut voir qui est un homme et qui ne l'est pas. Ainsi, non seulement on s'y moque des politiciens mais on ajoute de vieux légionnaires qui tentent de retrouver leur honneur en mourant au combat par honte de leur ancienne fuite. On trouve deux héros liés par un serment mais aussi, et surtout, par le destin de leurs pères respectifs et qui cherchent tout deux une forme de liberté dans l'honneur. Bref, l'honneur c'est bien. On pourrait presque y greffer une message en faveur de la conscription volontaire suivi d'une ode à la beauté du combat et de la mort sous l’étendard de son pays.

Image: site officiel

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10/04/2011

Une histoire du corps au moyen âge par Jacques le Goff et Nicolas Truong

Titre: Une histoire du corps au moyen âgev_book_170.jpg
Auteurs: Jacques le Goff et Nicolas Truong
Éditeur: Liana Levi 2003
Pages: 196

J'ai emprunté ce livre par curiosité car je ne savais pas vraiment si il me plairait. Cependant les recherches sur le corps donc la manière d'être en société m'intéressent tout de même un peu. Comme le disent les auteurs, l'histoire n'est pas désincarnée elle se fait à travers le corps humain qui est le réceptacle de différentes pratiques sociales aussi diverse que manger, dormir ou encore procréer. Le corps est civilisé par la société. Civilisé dans le sens ou les pratiques sociales d'utilisation du corps sont apprises et codifiées. Ainsi, il ne va pas de sois que l'on utilise une cuillère, que l'on marche avec des chaussures ou que l'on fasse du sport. Au contraire, ces pratiques sont les témoins d'une certaine société et de normes que l'on peut analyser de manière historique. Dans ce cas les auteurs, dont l'un est largement connu, s'intéressent au corps dans le cadre de la société du moyen âge.

Les auteurs analysent donc les pratiques des hommes et femmes du moyen âge selon différents thèmes. Ceux-ci concernent aussi bien la médecine, la vie et la mort que la nourriture, la beauté  et le sport et même les utilisations métaphoriques de celui-ci. Les différentes analyses et synthèses que les auteurs nous offrent dans ce petit livre nous mène à comprendre le corps médiéval comme tiraillé par deux tendances antagonistes. D'un coté le corps humain est avili, considéré comme source de pêché, et doit être rigoureusement contrôlé voir nié. C'est dans ce cadre de pensées que le carême et les flagellations naissent. Il convient de réfléchir avant tout à son âme dont le corps n'est que le porteur temporaire. Mais il y a aussi la pensée du carnaval, pour reprendre les propos des auteurs, qui implique une certaine jouissance du corps. En effet, le moyen âge connaît aussi le début de la gastronomie et de la mode. Les individus sont, donc, tiraillés entre ces deux conceptions antagonistes dont l'une est portée par l’Église.

Mais quel est mon avis après avoir terminé ce livre? Il est légèrement mitigé. Je salue l'effort qui est fait d'analyser un objet qu'il n'est pas forcément facile de retrouver dans les sources. J'apprécie aussi que ce livre nous offre une analyse globale du corps médiéval. Mais je trouve que de nombreux points auraient pu être développés. J'ai eu l'impression, en effet, de n'avoir que les débuts de la réflexion et de devoir m'arrêter sur un chemin prometteur et intéressant. Ce qui m'a énormément frustré. En fait, ce livre donne l'impression, peut être injuste, d'être surtout une synthèse des travaux scientifiques récents en direction d'un plus large public. Ce qui est, bien entendu, louable mais qui implique un certains manque dans l'analyse. Bref, je cherche un peu plus.

Image: Éditeur

29/07/2010

Quand les nations refont l'histoire. L'invention des origines médiévales de l'Europe par Patrick J. Geary

Titre: Quand les nations refont l'histoire. L'invention des origines médiévales de l'Europe51G9C0CkZRL._SL500_AA300_.jpg
Titre original: The myth of nations. The medieval origins of europe
Auteur: Patrick J. Geary
Traducteur: Jean-Pierre Ricard
Éditeur: Flammarion 2004 (2002 édition originale)
Pages: 242

Tout observateur du monde politique et international verra facilement que la question nationale est un sujet récurrent et émotif. Fréquemment, des politiciens utilisent l'histoire nationale pour justifier une différence culturelle et historique. Et encore, l'histoire peut même servir à justifier la création d'un nouvel état-nation. L'auteur de ce livre a donc souhaité mettre à plat les mythes nationalistes et montrer comment l'histoire a été utilisée pour les justifier. Ainsi, l'auteur nous montre comment le XIXe siècle crée l'idée actuelle de peuple. Une idée qui n'avait rien d'historique mais qui a été construite par des contextes et par des personnes précises. Plus encore, l'auteur nous montre que notre façon d'imaginer les peuples et les divisions entre eux n'ont pas été toujours utilisé. C'est pourquoi il nous envoie dans l'antiquité et le moyen âge. Nous y observons que les identités pouvaient coexister mais, surtout, qu'une personne pouvait "posséder" plusieurs identités. Ainsi, un romain pouvait aussi garder son identité culturelle "barbare".

Ce livre a le grand mérite de nous montrer à quel point le nationalisme est une construction récente. Mais il a surtout le mérite de ne pas oublier la force actuelle du nationalisme. Même récente cette idéologie explique et fonctionne pour notre époque. De plus, la manière de développer les façons différentes de se penser nous permettent de comprendre que nous notre identité n'est pas an-historique. Il est probable, un jours, que cette manière change radicalement. J'ai aussi beaucoup apprécié l'exemple des zoulous qui nous offre une illustration pertinente de la création d'un imaginaire nationaliste. Néanmoins, l'auteur semble vouloir s'ériger et porteur de leçon. En effet, l'auteur, américain, n'envoie ce livre que pour les Européens et leur lance un avertissement. Malgré les mérites du livre cette attitude pourrait être mal ressentie.

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06/07/2010

Cent ans d'homosexualité et autres essais sur l'amour grec par David M. Halperin

Titre: Cent ans d'homosexualité et autres essais sur l'amour grec415VYzPFLOL._BO2,204,203,200_PIsitb-sticker-arrow-click,TopRight,35,-76_AA300_SH20_OU08_.jpg
Titre original: One hundred years of homosexuality
Auteur: David M. Halperin
Traducteur: Isabelle Châtelet
Éditeur: EPEL 2000 (1990 édition originale)
Pages: 317

L'homosexualité est fréquemment considérée comme non-naturelle et même contraire à la possibilité de l'existence de l'humanité. Mais personne ne s'est jamais posé la question de l'hétérosexualité exclusive que nous connaissons dans notre société. Comme si l'hétérosexualité exclusive était naturel et an-historique. Halperin dans ces quelques essais publiés dans ce recueil essaie de montre à quel point notre conception de la sexualité est due à notre culture. Pour cela il analyse l'attitude envers ce que nous nommons l'homosexualité dans l'antiquité grecque. La première chose qu'il faudra montrer c'est que ce mot n'existe que depuis un petit siècle. Auparavant, le mot n'avait aucun sens et, donc, l'homosexualité existait mais n'était pas pensé de cette manière.

Alors comment les grecques voyaient-ils le sexe? Premièrement, les grecques n'imaginaient pas la sexualité en matière de préférence envers l'un ou l'autre sexe mais selon la position sociale des personnes. L'un était supérieur à l'autre est, donc, était actif alors que le second était passif et se soumettait à son supérieur. Dans ce système les femmes était de toute manière inférieure et donc passive mais des hommes aussi pouvaient être considéré comme tels selon leur position hiérarchique. Après avoir posé cette vision culturelle du sexe et avoir montré qu'il est impossible de comprendre l'attitude envers la sexualité des grecques en utilisant nos catégories modernes d'homo et d'hétérosexualité il semble clair, pour Halperin et le lecteur, que la sexualité est plus dû à la culture qu'à la nature.

Mais ce n'est pas le seul point sur lequel Halperin écrit. Après avoir écrit trois essais plutôt technique et théorique il nous en montre trois autres qui entrent directement dans les textes antiques. Le premier analyse les relation entre les héros et leurs compagnons dans trois mythes: l’Iliade, l'épopée de Gilgamesh et l'histoire biblique de David. Par la comparaison de ces trois mythes l'auteur fait sortir des thèmes et des techniques identiques. Ensuite, l'auteur analyse la prostitution dans la ville d'Athènes. Il nous montre pourquoi cette dernière implique que les jeunes hommes prostituées perdent leurs droits civiques, en effet si ils vendent leurs corps ils peuvent vendent leur voix à l'assemblée, mais aussi l'aspect démocratique d'une prostitution des femmes. Comme si tout le monde avait le droit d'être le supérieur d'un autre. Du moins, qu'on me comprenne bien, dans le système grec. Enfin, Halperin se pose la question de l'utilité de Diotime dans le banquet. Pourquoi une femme dans une assemblée d'homme? Selon l'auteur elle est nécessairement femme pour permettre aux hommes d’imiter la force de vie des femmes et de se l'approprier (accoucher d'une idée par exemple). Ce dernier texte étant, à mon avis, l'un des plus compliqué du recueil.

Bien que la plupart des essais présentés dans ce recueil aient un certain âge ils sont intéressant et stimulant à lire. L'idée principale du livre, l'aspect culturel de la sexualité, a pour effet de désavouer une grande partie des critiques faites envers l'homosexualité. Mais ce n'est pas le seul apport de ce livre. Le second que j'ai identifié concerne l'hétérosexualité. En effet, durant la lecture de ces essais on observe que notre société possède un caractère historiquement inédit: l'exclusivité de l’hétérosexualité. Alors que des cultures différentes dans différentes époques ont pensé la sexualité selon le genre ou la hiérarchie il semble que notre culture soit la première à la penser exclusivement selon des préférences en matière de sexe biologique et à ne rendre légitime qu'une seule de ces préférences. En l’occurrence, c'est bien notre vision culturelle de la sexualité qui pose problème et que l'on doit tenter de comprendre.

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26/11/2009

Rome et ses dieux par Robert Turcan

Titre: Rome et ses dieux51VEQZGVJ0L._SL500_AA240_.jpg
Auteur: Robert Turcan
Éditeur: Hachette Littératures 1998
Pages: 272

Quand on observe la Rome antique on découvre une civilisation fondamentalement différente de la notre. La religion, en particulier, baigne la vie romaine. Tout, à Rome, est religion et piété. C'est pour mieux comprendre cet aspect de l'Urbs que j'ai voulu lire ce livre de Turcan. Ce dernier a décidé de ne pas suivre un schéma chronologique mais de diviser les cultes selon trois caractéristiques: la famille, la ville et l'empire. Bien entendu le dernier terme ne peut être étudié que depuis Auguste Octave, peut être un peu plus en arrière si on se préoccupe des prémices. Grâce à ce schéma nous pouvons retrouver toute la richesse de la religion romaine. On découvre rapidement que la religion familiale est la base de la religion de la ville. Mais nous découvrons aussi une piété à la fois conservateur à l'extrême, au point de continuer des rituels dont la signification est oubliée, et à la fois ouverte aux nouveauté par l'acceptation de cultes étrangers ou l'Evocatio de dieux étrangers. Oui, les romains s'imaginaient être le peuple le plus pieux. C'est en tout cas un peuple avec une religion d'une richesse surprenante.

Il se dégage de mes quelques lignes que j'ai conçu une certaine fascination pour cet aspect des romains. Néanmoins, ce n'est pas mon sujet préféré et je ne crois pas que j'irais plus loin. Turcan analyse le sujet d'une manière qui me semble pertinente mais son livre est surtout une présentation des différents cultes et de leur évolution. Je n'ai pas eu l'impression de comprendre la religion romaine à la fin du livre. Je ne sais pas si c'est possible mais j'aurais apprécié une analyse des conséquences et de l'utilisation de ces cultes. Mis à part ce point ça reste un bon livre qui permet de se faire une idée claire de la religion romaine.


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09:34 Écrit par Hassan dans antiquité, Histoire, Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : rome, culte, religion | | | |  Facebook

14/10/2009

Heur et malheur du guerrier. Aspects mythiques de la fonction guerrière chez les Indo-Européens

Titre: Heur et malheur du guerrier. Aspects mythiques de la fonction guerrière chez les Indo-Européens5130Y1BR27L._SL500_AA240_.jpg
Auteur: George Dumézil
Éditeur: Flammarion 1985
Pages: 236

George Dumézil est l'homme qui a permis de comprendre la tri-fonctionnalité dans les sociétés indo-européennes. En résumé c'est très simple, il y a trois fonctions de base: la souveraineté, la fonction guerrière et la fonction productrice. Ce petit livre se propose d'étudier la fonction guerrière. Pour cela, et je pense que c'est un bon moyen, Dumézil compare les mythologies et histoires épiques de plusieurs civilisations du monde. Par ce moyen nous pouvons découvrir qu'elles sont les caractéristiques principales de cette fonction ambigües car créée pour protéger la société mais étant, en elle-même, un danger pour la société qu'elle protège.

L'un des chapitres que j'ai trouvé le plus intéressant concerne les péchés des guerriers. On découvre, dans différentes civilisation, les même péchés de base: religieux, lâcheté et de sexualité. En accomplissant ces trois actes le guerrier mythique perd de sa force et doit se purifier. On découvre que les guerriers, nécessaires, sont souillés par leurs actes et doivent trouver un moyen de se "laver". J'ai aussi particulièrement apprécié l'utilisation des mythes sur lesquels l'auteur se base et qui, semblerait-il, permettraient de trouver des indices sur le fonctionnement de la société. Cependant, je dois avouer avoir du mal à écrire une présentation exhaustive et acceptable. Je n'ai tout simplement pas assez de connaissances dans le sujet. Mais ça ne m'empêchera pas d'essayer d'en savoir plus.


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09:49 Écrit par Hassan dans antiquité, Histoire | Lien permanent | Commentaires (6) | | | |  Facebook

26/12/2008

Rome

Voila une série qui mérite de faire parler d'elle! Rome est l'une des séries les plus chers de l'histoire est, quand on la regarde, cela se comprend. Ses créateurs ont placés l'intrigue entre la fin de la guerre des Gaules par César et le triomphe d'Octave lorsqu'il annihila les armées de Marc-Antoine son rival et ceci en deux saisons. C'est un peu court au vu de tous les évènements historiques ayant eu lieu durant ces deux périodes mais je trouve que c'est réussi. On est rapidement pris dans le fil de l'histoire qui est relativement fidèle à l'Histoire. De plus les décors sont magnifiques et j'ai réellement eu l'impression de me trouver dans la Rome républicaine. Mais il faut préciser la violence et la sexualité crue de cette série. Si la vue du sang, des jurons et de la "fornication" vous rebute ne regardez pas. PEGI ne se trompe pas en conseillant aux moins de 16 ans de ne pas regarder.
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Image: allocine

09:54 Écrit par Hassan dans antiquité, série | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : rome, hbo | | | |  Facebook

04/09/2008

Rome

Titres: Rome Grandeur et déclin de la république
Rome grandeur et chute de l'empire
Auteur: Marcel Le Glay
Edition: Perrin
Collection: Tempus

Voila deux gros livres! Et quand je dis gros je ne plaisante pas: le premier tome fait 500 pages et le second près de 900. Marcel Le Glay voulait non donner un récit des évènements mais un récit des idées. Comment la République Romaine était elle constituée? Comment fonctionnait t'elle? Quelles sont ces caractéristiques et comment est elle tombée? Tandis que le second tome se pose la question de l'acception de l'Empire et du fonctionnement des ses organes. Jusqu'aux la crises du III ème siècle et du IV siècle en passant par l'arrivée de la Chrétienté dans l'empire et sa prise de pouvoir. Marcel Le Glay réussit a nous faire vivre le changements des idées jusqu'à ce que l'Empire Romain se transforme progressivement en un empire de "type" médiéval.
Néanmoins ces livres sont denses, très denses, et parfois confus. Il faut dire qu'il y a énormément de matière et que Marcel Le Glay revient fréquemment en arrière dans le temps en donnant d'autres informations. Il faut donc s'accrocher et le lire plusieurs fois probablement. Mais ceux qui feront l'effort ne regretteront pas leur achat et en connaitront un peu plus sur une civilisation qui, aujourd'hui encore, nous influence.
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12/08/2008

Les douze Césars

Titre: Les douze CésarsNumériser00011.jpg
Auteur: Régis F. Martin
Éditeur: Perrin
Collection Tempus

L'auteur nous livre ici un livre dense mais plutôt facile d'accès. Celui ci a pour but d'examiner par les faits la vérité sur les légendes entourant les douze césars dont nous parlons souvent par la folie qui les auraient caractérisés. Pour cela il nous offre un panorama de chacun d'eux en passant par leurs personnalités, leurs maladies, leurs vie quotidienne, la sexualité et enfin la façon donc chacun d'eux fut mort. Certains passages sont ardus mais le livre est très intéressant et m'a passionné. De plus j'ai apprécié la prudence de Régis F. Martin qui n'hésite pas a mettre en parallèle plusieurs avis divergents et de dire quels sont les points les plus obscurs et les moins sure de l'histoire. Pour quelqu'un qui souhaite en savoir plus sur les Césars et leurs vies réelles c'est un livre que je ne saurais jamais trop conseiller.

10:00 Écrit par Hassan dans antiquité, Histoire, Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : césar, antiquité, rome, tempus, perrin | | | |  Facebook

28/07/2008

Voyage dans l'Egypte des pharaons

Titre: Voyage dans l'Egypte des pharaonsNumériser00061.jpg
Auteur: Christian Jacq
Editeur: Perrin
Collection: Tempus
Voici donc encore un livre prenant comme cadre l'Égypte antique. Ecrit par Christian Jacq, romancier et égyptologue connu, il décrit et explique les fonctions et lieux des différents temples et pyramides connues des touristes. Ce livre est donc un très bon guide pour un voyageur qui souhaite se rendre en égypte mais ne vous donnera pas satisfaction si vous recherchez l'histoire. Néanmoins il y a de très bonne cartes des temples et pyramides.

25/07/2008

Dictionnaire des Pharaons

Titre: Dictionnaire des pharaonsNumériser00051.jpg
Auteurs: Pascal Vernus et Jean Yoyotte
Édition: Perrin
Collection Tempus

Ce livre se présente sous forme de dictionnaire définissant les principaux personnages, villes, monuments, dieux et concepts de la civilisation égyptienne. La grande partie des entrées sont intéressantes et permettent de se créer des penses bêtes sur cette civilisation antique. Mais cela ne va pas plus loin. Néanmoins ce livre reste intéressant pour avoir une vision globale de la civilisation des pharaons. De plus les auteurs ont mis en annexe une chronologie pour pouvoir facilement situer les évènements.

23/07/2008

Les manuscrits de la mer morte

Titre: Les manuscrits de la mer mortNumériser0004.jpg
Auteur: Michael Wise, Martin Abbegg Jr, Edward Cook
Éditeur: Perrin
Collection: Tempus
Voici donc ces fameux manuscrits dans leur intégralité. Ceux-ci sont des textes trouvés en 1947 dans les grottes de Qumra en Judée. Ils décrivent les croyances et les pensée d'une secte juive entre le deuxième siècle avant JC et le premier siècle après. J'avoue que je n'ai pas une culture religieuse assez grande pour comprendre entièrement ces manuscrits mais l'introduction introduit une perspective historique intéressante et utile sans oublier que chaque fragments et précédés d'un petit texte explicatif. C'est donc une bonne façon de se plonger dans ses manuscrits même si ceux-ci restent compliqué a lire et à comprendre surtout avec les trous dan les phrases et la culture religieuse qu'ils demandent a leur lecteurs. Un livre très intéressant mais difficile donc.

01:19 Écrit par Hassan dans antiquité, Histoire, Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tempus, perrin, manuscrit, mer morte, qumra | | | |  Facebook

11/06/2008

Le monde d'Homère

Titre: Le Monde d'Homère1137492543.jpg
Auteur: Pierre Vidal-Naquet
Edition: Perrin
Collection: Tempus

Je viens de terminer ce petit livre de 154 pages. Bien construit il est intéressant sans entrer dans les détails. Comme l'auteur l'avoue il a surtout comme but de donner l'envie au lecteur de se plonger dans l'Iliade et l'Odyssée. Les thèmes traités sont bien traités mais on aurait envie d'aller plus loin même si on en connait bien plus sur Homère ensuite qu'avant la lecture. en bref un petit livre sympa et intéressant qui donne envie d'aller chercher des informations plus loin.

01/03/2008

Sparte

Titre: Sparte: Histoire politique et sociale jusqu'à la conquête romaine

Edition: Seuil

Collection point Histoire

Auteur: Edmond Lévy

ISBN: 978.2.02.032453.3

 

Je connaissais bien entendu la réputation de Sparte sa force militaire, sa rudesse et son éducation difficile. J'avais vu le film 300 de Zemeckis ou nous voyions la bravoure de spartiates pendant la guerre des Thermopyles. Mais lorsque je suis tombé sur une petite description de Sparte dans un livre d'histoire je fus fasciné par sa complexité social et politique. Voila pourquoi j'ai acheté ce livre.

L'auteur nous brosse un tableau le plus complet possible de la naissance à la fin de la Cité en passant par la structure sociale regroupant la religion, l'éducation et les différentes assemblées. Sans oublier le statut des Périèques et des Hilotes presque des esclaves. Ensuite nous entrevoyons la puissance politique des deux rois et des différentes assemblées pour enfin suivre Sparte tout au long de l'histoire en passant par son apogée et en finissant par sa décadence et l'explication de celle-ci.

A toutes personnes férues d'histoire ou tout simplement voulant en savoir plus je recommande ce livre très instructif. 

18:03 Écrit par Hassan dans antiquité, Histoire, Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |  Facebook