04/12/2008

La Route Perdue

Titre: La Route PerdueNumériser00011.jpg
Auteur: J.R.R Tolkien
Traducteur: Daniel Lauzon
Éditeur: Christian Bourgeois

Voici donc le cinquième tome de la série nommée HOME enfin sorti en français (History Of Middle Earth). Celui-ci ne contient rien que nous n'ayons déjà vu mais plutôt des versions ultérieures écrites par Tolkien. Pour être précis nous y trouvons les annales du Valinor et du Beleriand, l'Ainulindalé (ou la création du monde) ainsi que le Lhamas (un essai sur les langues par un elfe) et le Silmarillion dans une ancienne version. Plus intéressant nous trouvons au début du livre l'essai que fit Tolkien pour écrire un voyage dans le temps qui le mena jusqu'à l'ile bénie de Numénor. Nous avons aussi les étymologies et une carte. Ce livre, difficile et long à lire, ne s'adresse qu'aux personnes les plus intéressée par la Terre du Milieu et sa genèse. Je le déconseille donc à ceux qui y cherchent une histoire, ils ne la trouveront pas. Ils trouveront des essais, des fragments et des esquisses ne permettant que de mieux comprendre la création de l'univers tolkiennien. Difficile d'accès, donc, mais utile à l'analyse.

Commentaires

Je l'ai lu, "The Lost Road" (en anglais). L'évolution organique et comme végétale de l'imagination tolkinienne est bien sûr fascinante. Avez-vous lu ce mien article, où j'évoque Tolkien : http://remimogenet.blog.tdg.ch/archive/2008/10/12/l-influence-de-francois-de-sales.html ?

Écrit par : R.Mogenet | 04/12/2008

Bonjour,
oui quand on s'y intéresse la façon dont la mythologie tolkienienne s'est étendue est impressionnante. On passe de l'anecdotique voyage en terre de faerie à une fresque presque totale du monde, On passe d'une conception encore frêle à une puissance évocatrice. Votre métaphore du végétale a éé vue par Tolkien lui même qui parle de ce gigantesque arbre ou chacune des feuilles est conçue avec soin dans le conte "Feuille de Niggle" que vous pouvez trouver dans le recueil "Faerie" chez Christian Bourgeois aussi.
Je viens de lire votre article, il est vrai que Tolkien fut profondément croyant, et cela se lit dans toute son œuvre, même si il avait des désaccord avec certains de ses amis. Après tout il était catholique dans un pays anglican si je me souviens bien.

Écrit par : Hassan | 05/12/2008

J'ai tout lu de Tolkien, quasiment, et ai travaillé sur lui en Maîtrise et en D.E.A., à la Sorbonne. Il était catholique praticant : sa mère s'était convertie, et il était resté très fidèle à sa mémoire. C. S. Lewis était anglican, mais c'est probablement en partie la relation avec Tolkien qui l'a poussé à devenir praticant à son tour. Cependant, Tolkien pensait qu'il n'était pas allé assez loin, mais pas seulement sur le plan religieux : aussi dans l'idée que lui-même se faisait de la mythologie, et qui avait quelque chose de mystique, de platonicien, alors que Lewis était plus rationaliste. Tolkien aimait beaucoup les livres de Barfield, un proche ami de Lewis, anglican aussi, mais spiritualiste. Il a également eu des débats avec des relations jésuites qui lui reprochaient certaines de ses imaginations non conformes au dogme, comme, par exemple, l'idée que ses Elfes se "réincarnaient". Tolkien a simplement refusé de considérer que l'absence de réincarnation était un fait assuré. Lewis connaissait-il François de Sales par Tolkien, je n'en sais rien. Je le subodore.

Écrit par : R.Mogenet | 05/12/2008

(Si je puis me permettre, aussi, Tolkien a commencé par faire de la mythologie, et la réflexion sur la Féerie est venue ensuite, et est sans doute liée à la relation que l'on peut avoir, intérieurement, et émotionnellement, voire artistiquement, ou littérairement, avec les mythes, voire les mystères : la Féerie est une porte.)

Écrit par : R.Mogenet | 05/12/2008

J'ai aussi lu une grande partie des écrits de Tolkien, dont les "Monsters and Critics" et les "Letters". Mais je ne l'ai jamais étudié académiquement bien que j'aie lu des analyses de Vincent Ferré et même le livre d'Isabelle Smadja.
Je pense, de ce que je connais de lui, qu'il considérait son œuvre comme inachevée mais il avait peur de l'achever. Il n'est pas arrivé a relier tous les contes en un tout cohérent à son gout et sa façon de les écrire a radicalement changé depuis ce qu'il a nommé les "Contes perdus" (ou Lost Tales). Mais je pense que l'on peut être d'accord avec lui lorsqu'il dit que si il avait terminé sa mythologie elle serait morte à ce jours. Si elle continue de fascine et d'attirer c'est précisément parce qu'elle est imparfaite et qu'elle laisse d'énormes lacunes et contradictions.
Néanmoins vous en connaissez plus que moi sur sa vie et je suis surpris que l'on puisse parler de réincarnation pour les elfes, les elfes de Tolkien ne meurent pas donc ne peuvent pas véritablement se réincarner selon la doctrine catholique.
Quand a Faerie je voulait surtout vous montre a quoi votre métaphore végétale me faisait penser. Bien sur vous avez raison quand vous dites qu'il a réfléchi ensuite aux Faeries. Le concept de création secondaire qu'il y expose m'a toujours fasciné et j'y ai beaucoup réfléchi en espérant l'avoir compris.

Écrit par : Hassan | 05/12/2008

Oui, en fait, vous avez raison, c'est aussi à partir de "Tree & Leaf" que j'ai conçu l'imagination de Tolkien comme étant végétale ; j'y ai pensé aussi en relation avec Goethe, à vrai dire.

Pour la réincarnation, en fait, dans un écrit de jeunesse, Tolkien dit que les Elfes finissent par mourir, mais au bout de dix mille ans. Il a ajouté ailleurs que cette mort n'était pas comme celle des êtres humains, parce que les Elfes se réincarnaient, ils changeaient de forme plus qu'ils ne mouraient absolument. Cela ressemble à la façon dont en extrême-Orient on voyait la vie des sages et des héros, en fait. Ailleurs, il dit, comme on le faisait au Moyen Âge pour les êtres élémentaires, que la mort pour un Elfe laisse peu de place à l'espoir. Mais cela ne le satisfaisait sans doute pas. Face aux traditions orientales, au demeurant, il était hésitant.

Écrit par : R.Mogenet | 06/12/2008

Je suis désolé je ne connais absolument pas Goethe je ne suis donc pas capable de voir de liens entre lui et Tolkien.

Oui on voit cette conception dans ce même livre, la route perdue, les elfes se transformant en esprit à leur mort. Mais j'ai l'impression que sa conception a changé plus tard pour quelque chose de moins mystique mais de plus lassant pour les elfes. Ils sont condamnés à suivre le monde dans son agonie et sa vieillesse et à décliner avec lui. Je trouve ce sort peu enviable puisqu'ils ne peuvent vivre que dans les souvenirs et la tristesse. D'où le don, offert aux humains, de la mort.

Écrit par : Hassan | 07/12/2008

Goethe a écrit des textes pour montrer que les plantes avaient une vie fondée sur la métamorphose.

Sinon, oui, les Elfes de Tolkien ont quelque chose qui les lie à la Nature, et qui en fait des êtres élémentaires. Ils meurent donc avec la Nature. S'ils meurent de façon violente, ils reprennent forme différemment, jusqu'à la fin du monde, dit-il dans ses lettres. En effet, n'étant pas de nature réellement physique, n'ayant à cet égard qu'une enveloppe, ils ne connaissent pas la mort au sens humain. Ensuite, au-delà de la fin du monde, que deviennent-ils, il ne dit pas qu'ils ne deviennent rien, mais qu'eux-mêmes ne savent pas ce qu'ils deviennent, que leurs propres traditions n'en parlent pas.

Ils continuent et se lassent, un peu comme les Olympiens dans les textes médiévaux. Or, le sort de ces Immortels même dévoués à la cause du Bien n'est pas précis, dans l'Eglise catholique. Cependant, T. A. Shippey, dans son livre sur Tolkien, évoque à cet égard la figure de l'empereur Trajan, dont les chrétiens ont fait une sorte de saint, alors même qu'il était de religion païenne. Et le fait est que les empereurs étaient divinisés, chez les anciens Romains. Pour Shippey, Tolkien participait justement de cette vieille tradition médiévale qui pensait que les héros les plus saints du paganisme seraient eux aussi sauvés. Je crois que la figure de saint Christophe, bon géant qui s'est mis au service du Christ, après avoir servi l'empereur romain puis le diable même, peut également en dire long sur les pensées de Tolkien à ce sujet : d'autant plus qu'il a nommé un de ses fils du même nom. Je pense qu'il aimait cette figure. Mais il ne voulait pas dire tout ce qu'il pensait.

Écrit par : R.Mogenet | 07/12/2008

Je suis plutôt d'accord avec les héros divinisés chez Tolkien. Nous avons plusieurs exemples avec Turin Turambar qui tuerait Morgoth et Earendil devenu un immortel héraut dans les cieux.
En tout cas il est difficile d'oublier les influences du christianisme et des civilisations "barbares" sur Tolkien. Elle se voit dans toute son œuvre. C'est aussi ça qui est fascinant chez lui.
Mais je ne crois pas qu'il faille forcément tenter d'intégrer la Terre du Milieu dans le monde réel. C'est un univers qui fonctionne tout seul, que nous ne pouvons pas entièrement comprendre puisque même l'auteur ne comprenait pas tout. C'est pour ça que je suis plutôt content qu'il ait finalement abandonné les Contes Perdus et la Route Perdue. Ces textes rapprochent trop ce monde imaginaire du notre.

Écrit par : Hassan | 07/12/2008

Oui, l'idée d'un monde fictif est au fond apparue avec "The Hobbit" : car dans sa mythologie, Tolkien se pensait inspiré, et essayait de créer une mythologie au sens propre, se rapportant à l'Angleterre, en particulier. Il a clairement dit qu'il avait raconté l'histoire de l'Atlantide, avec Avallonë-Numënor. Or, "The Hobbit" était plus proche de la fiction édifiante traditionnelle. Cependant, dans "The Lord of the Rings", il essaie, cela a été dit par les commentateurs, dont Shippey, de rattacher ce cycle fictif non seulement à sa mythologie, mais aussi à l'histoire. Vous vous souvenez qu'il dit dans sa correspondance que Minas Tirith est en fait située à Venise, et qu'il a voulu évoquer le saint Empire romain. Or, Shippey a bien remarqué que l'histoire qui sert d'arrière-plan à la quête de Frodo doit beaucoup à celle des Champs catalauniques, le combat entre les Goths et les Huns. Son concept de "secondary world" est donc resté ambigu, et s'est posé aussi comme une volonté d'être libre de l'histoire même, telle que la conçoit la science.

Pour en revenir à la réincarnation, la lettre concernée est la n° 153, dans l'édition de 1981. On y trouve ces lignes : "'Reincarnation may be bad theology (...) as applied to Humanity ; and my legendarium (...) is based on my view : that Men are essentially mortal and must not try to becomme 'immortal' in the flesh. But I do not see how even in the Primary World any theologian or philosopher, unless very much better informed about the relation of spirit and body than I believe anyone could be, could deny the possibility of re-incarnation as a mode of existence, prescribed for certain kinds of rational incarnate creature."

Ici, Tolkien montre un ressort fondamental de sa création mythologique : elle répond à des critères d'ordre moral. Cela rappelle directement ce que disait Jacques de Voragine, l'auteur de la Légende dorée, qu'une invention représentait la vérité, et donc était vraie, si elle était conforme à des principes religieux justes. François de Sales cite plusieurs légendes fabuleuses et merveilleuses en soutenant la même idée. Corneille même ira dans ce sens, dans son commentaire à "Polyeucte".

Mais mieux encore, s'il dit, s'il admet que sur le plan moral il ne faut pas évoquer la réincarnation parce qu'il est important pour l'Homme de concevoir sa vie comme débouchant sur l'au-delà, et non comme liée indéfiniment à la chair, il dit aussi que personne n'est en mesure de prouver, pour ce monde même, l'impossibilité de la réincarnation pour "certains types d'êtres rationnels incarnés". Soit donc il pense que les Elfes existent dans ce monde même, soit qu'il existe des êtres humains qui peuvent revenir plusieurs fois. Ou en tout cas, il pense impossible de prouver le contraire, mais ici, cela s'apparente à la litote.

Écrit par : R.Mogenet | 08/12/2008

Personnellement j'évite de dire que Tolkien aurait pu penser que les elfes existent. D'une par parce que je doute que ce soit vrai, c'était un croyant et inclure d'autres êtres serait difficile pour un véritable croyant (bien que pas impossible). Ensuite, et surtout, parce que ce genre de pensées peut aboutit à un texte pétri d'absurdités et d'erreurs du même genre que celui de Marc-Louis Questin qui dit que Tolkien n'a pas créé mais a été utilisé comme outil pour dire la vérité, donc que les elfes existent sur un autre plan... Cette conception est facilement justifiée quand on lit Tolkien disant avoir écrit en étant extérieur au texte, comme si ce n'était pas lui. Mais tout écrivain sait que cela arrive toujours à un moment ou un autre durant la rédaction d'une histoire.

Bien sur la morale est très importante dans son oeuvre mais il ne faut surtout pas, comme je l'ai souvent lu, la simplifier par un dualisme manichéen. On trouve beaucoup d'exemples d'êtres qui se trouvent à la frontière et les peuples ne sont pas éternellement dans un "camp" face à un autre. Tolkien est plus compliqué qu'une simple revisite de la religion catholique. Je la vois plutôt comme un conseil de respect des êtres et du monde.

Mais je continue de penser qu'il ne faut pas chercher à rattacher la mythologie à la réalité. Bien sur il est facile de voir des parallèles et des inspirations. Mais elles restent mineurs face aux différences. Je trouve aussi vain d'accorder la mythologie tolkienienne à ce monde que d'essayer d'accorder la géographie de l'Odyssée d'Homère à ce qui était connu de la mer méditerranée à l'époque. Ce sont des récits d'une grande puissance évocatrice mais qui restent des produits de l'imagination même si on peut trouver des indices de la réalité dans les deux textes.

Écrit par : Hassan | 09/12/2008

Avez-vous lu le poème "Mythopeia" ? C'est le résultat d'une discussion que Tolkien a eue avec Lewis, lequel niait que la mythologie eût un fondement vrai ; et Tolkien pensait que si. Un poème exprime souvent ce qu'on pense et n'ose dire. Rt ici, quelques vers montrent à mon avis que Tolkien pensait que par l'inspiration poétique on pouvait découvrir des vérités.

"The heart of man is not compound of lies,
but draws some wisdom from the only Wise".

"Blessed are the legend-makers with their rhyme
of things not found within recorded time.
(...)
Such isles they saw afar, and ones more fair,
and those that hear them yet may yet beware.
They (...) kindled hearts with legendary fire,
Illuminating Nomw and dark Hath-been
with light of suns as yet by no man seen."

Humphrey Carpenter rapporte, aussi, que Tolkien assimilait la création mythologique à une forme de prophétie, et que cela faisait bondir Lewis.

Parallèlement, il dit, dans son livre sur le conte de fées, que si le lecteur croit à la réalité des esprits, il n'aura pas de sens de l'émerveillement, face aux créatures magiques. Cela semble contredire ce qui précède, mais en fait, je pense que Tolkien voulait parler d'une réalité de nature plutôt physique, matérielle : ce qui a pu être vu, comme dans le vers ci-dessus.

Cependant, il disait aussi que l'art, ou le récit, n'était qu'une représentation : une semblance du Vrai caché. Son livre n'est donc pas à prendre au sens littéral : c'est un fait.

Ensuite, on peut bien sûr croire ou non à tout cela. S'il y en a qui ont pensé que Tolkien était divinement inspiré, après tout, c'est leur problème. Cela me rappelle quand Lovecraft a rencontré un illuminé qui disait qu'il avait eu des inspirations sans le savoir. Lovecraft se disait matérialiste et athée, mais en fait, loin d'être agacé par cette personne, il s'amusait beaucoup de ce qu'elle disait, et avait de la sympathie pour elle.

Mais sur le plan littéraire ou artistique, personnellement, je trouve qu'il y a un paradoxe ou même une contradiction qui n'est pas toujours vue clairement. En effet, je crois que si Tolkien n'avait pas eu une forme de conviction profonde de la vérité de ce qu'il écrivait, jamais son univers n'aurait pu exercer le charme puissant qu'il a exercé sur tant de lecteurs. Or, je ne pense pas que ce soit l'aspect de "fantaisie" qui ait fait son succès, car Lord Dunsany par exemple en avait usé avec talent, mais avec beaucoup moins de conviction, plus par simple amusement, et du coup, son emprise sur les lecteurs fut moins forte.

Pour ce qui est de la tradition catholique, elle parle bien d'anges plus ou moins aimables qui viennent faire sur Terre des séjours plus ou moins longs. Le catholicisme moderne tend à rationaliser sa tradition, et à garder seurtout son aspect moral, mais Tolkien a lui-même écrit qu'il se sentait catholique à la façon du XIIIe siècle.

Écrit par : R.Mogenet | 09/12/2008

Errata : "Et ici" ; "Now" ; l'illuminé parlait des inspirations qu'il : Lovecraft, avait eues, bien sûr.

Écrit par : R.Mogenet | 09/12/2008

(J'ajoute que pour les êtres magiques qui ne déclenchent pas l'émerveillement si on croit à leur existence, en fait, Tolkien n'a pas pris l'exemple d'esprits, mais des sorcières de "Macbeth" ; il voulait peut-être aussi dire que l'émerveillement devait toucher à plus loin que le "déjà connu" : mais le plus loin que le "déjà connu" n'était pas pour lui nécessairement une illusion ; il évoque à cet égard, dsans "Mythopeia", le droit des poètes de représenter par des elfes et des gobelins le monde inconnu, et dit que ce droit est tantôt mal, tantôt bien utilisé, selon les cas. Mais évidemment pas que c'est un abus en soi.)

Écrit par : R.Mogenet | 09/12/2008

Oui vous avez raison, Tolkien a écrit de manière a ce que son univers paraisse réel. Je pense même que c'est le seul moyen de faire penser qu'un monde peut être vrai, il doit être cohérent même si il est incomplet. Et le monde de Tolkien est cohérent.

Je connais Lovecraft aussi et j'ai toujours été surpris de la fascination qu'il exerce sur des personnes qui croient a ce qu'il a écrit. Je trouve toujours très amusant de voir quelqu'un chercher le Necronomicon en librairie (bien qu'il existe maintenant une version construite qui n'a surement rien à voir à ce que serait vraiment un Necronomicon).

Écrit par : Hassan | 10/12/2008

Oui, il y a même des personnes qui affirment avec véhémence que le Nécronomicon existe vraiment ; il est difficile de leur expliquer ce qu'il en est : ils ne veulent pas y croire. J'ai pourtant lu la correspondance de Lovecraft, où il explique lui-même comment il a inventé cet ouvrage magique. Le Necronomicon correspond certainement à des ouvrages qui existent vraiment, à commencer par le Livre des Morts de l'ancienne Egypte. Ce qui est un peu bizarre, c'est que ces ouvrages magiques traditionnels n'invoquent pas spécialement les forces du Mal. La démonologie a acquis une forme de crédibilité assez étrange. Je me demande si ce n'est pas de cela que je voulais parler dans mon article sur "No Country for Old Men". Vous l'avez vu, ce film ?

Écrit par : R.Mogenet | 10/12/2008

Non je n'ai jamais eu l'occasion de regarder No Country for Old Men.
Je suis aussi souvent étonné de ces croyances mais peut être est-ce parce que la religion traditionnelle a perdu sa valeurs et une l'on tente de la remplacer par d'autres croyances. Après tout, c'est une liberté personnelle tant que personne n'est mis en danger. Moi-même j'ai bien plus d'affinités envers une croyance en ce que l'on nomme Gaia qu'envers un dieu omnipotent.

Écrit par : Hassan | 10/12/2008

Gaia reste la déesse qui a sauvé Zeus de la destruction et a permis l'apparition du monde tel qu'il est, non ?

Écrit par : R.Mogenet | 11/12/2008

Oui dans la mythologie grec.
Je pensais plutôt à Gaia comme Mère Nature. Je ne sais plus ou j'en ai entendu parler mais je crois que c'est une croyance qui existe.

Écrit par : Hassan | 11/12/2008

Oui, dans un recueil collectif que j'ai édité, "Poésies végétales", une camarade, d'ailleurs genevoise, a même écrit un poème assez mystique en l'honneur de Dame Nature. En général, les poètes contemporains vénèrent cette nature, ou au moins la lumière et la force qui l'animent, un peu comme Akhénaton. Tenez, je vous fais une proposition : accepteriez-vous que je vous envoie, en guise de service de presse, ce recueil, qui est assez court et facile à lire ? Ensuite, si vous le jugez utile, vous pourriez faire un compte-rendu. Certains poèmes, dont les miens, ont, plus ou moins consciemment, quelque chose de tolkienien. Dedans se trouvent aussi deux poètes relativement connus, et habitant en Haute-Savoie : Jean-Vincent Verdonnet et Michel Dunand. Si vous êtes d'accord, utilisez l'adresse électronique que j'ai placée dans le cadre et que vous pouvez lire dans l'interface. Sinon, ce sera pour une autre fois !

Écrit par : Remi Mogenet | 11/12/2008

Il faut que j'y réfléchisse, je répondrais demain quand ce sera le week-end. Merci de votre proposition.

Écrit par : Hassan | 11/12/2008

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