les Vikings

Titre: Les Vikingsles vikings.jpg
Auteur: Régis Boyer
Éditeur: Perrin 2004 (2002 première)
Collection: Tempus
Pages: 442

Comme je l'ai dit précédemment j'ai commencé à m'intéresser à la période médiévale. Il est donc naturel que j'aie voulu en savoir plus sur les Vikings. Ce peuple ayant été fortement marqué dans l'imaginaire collectif comme des guerriers sanguinaires invincibles. J'ai donc trouvé ce livre dont l'auteur explique tout de suite le but: donner les véritables identités des Vikings. Ces identités étant perverties et, parfois, inconnues des gens.

Ici aussi l'auteur a commencé par une partie évènementiel mais les premier chapitre nous explique comment nous connaissons les Vikings, leur histoire ancienne et surtout pourquoi ils déferlèrent sur l'Europe. C'est ensuite que nous avons un récit, par peuple, de l'histoire Viking. La seconde partie du livre nous parle de la civilisation Viking: sa façon de penser, d'agir, ce qu'ils recherchent, l'art pour finir par une explication de leur disparition.

J'avoue que j'ai eu du mal à comprendre tous ce que dit Régis Boyer. Mais cela est certainement du à ma connaissance très faible. D'ailleurs Boyer nous donne toutes les clefs d'explications. Que ce soit la prononciation des mots ou les concepts clefs mais surtout il nous explique lorsque nous ne devons pas faire de conclusions trop hâtives. Par exemple les Vikings d'Islande n'ont pas créé une démocratie et rien ne nous permet encore de confirmer de façon sure que les Vikings aient découvert l'Amérique. Les objets auraient très bien pu y être amené par des échanges successifs. En lisant ce livre nous découvrons, non pas une civilisation guerrière, mais un peuple profondément aimant de la vie, des marchands, des administrateurs de haute qualité et un art unique. Ce livre est un bon moyen de se faire une véritable idée de ce peuple et de sa culture unique et fascinante.

Commentaires

  • Régis Boyer a traduit des sagas islandaises que j'ai lues, pour la plupart, et qui sont très belles. L'une d'elles évoque une terre étrange qui pourrait bien être l'Amérique (du propre aveu de Boyer), et les sagas, comme les Islandais, étaient étrangers au concept de fiction. En tout cas, à la lecture, on ne voit pas ce que peut être cette terre, sinon une partie de l'Amérique. Mais il n'y a pas de découverte, pour la bonne raison que les Islandais n'avaient aucun souci d'ordre scientifique ou colonial : il s'agissait seulement d'occuper le terrain le temps de reprendre des forces et de se faire des provisions avant de reprendre la mer.

    Pour l'organisation sociale et juridique, le système des vengeances familiales, comme en Sicile ou en Albanie, était prépondérant, mais un conseil des sages pouvait établir une somme compensatrice. Ce système social est bien celui que pratiquaient les Francs à leur arrivée en Gaule. Mais l'esprit du droit romain a obligé d'abord à donner systématiquement le montant des sommes compensatrices, dans la loi salique.

    Quoi qu'il en soit, les Vikings sont surtout à l'origine de la Normandie, en France. Les premiers Normands venaient du Danemark. Boyer est plutôt spécialisé dans la Norvège et l'Islande, je crois.

  • Bonjour,
    oui j'ai un peu parcouru sa bibliographie et il semble être un expert dans ce domaine. Je ne peux pas l'affirmer vu le peu que j'y connais. Je peux juste dire que son livre m'a plu et intéressé. Je ne sais pas si les Vikings sont vien arrivés en Amérique mais l'idée d'échanges de biens entre les communautés qu'il postule est séduisante. Si je me rappelle bien il pense qu'il faudrait faire des recherches chez les Inuits pour trouver des indices.

    Oui, comme je l'ai dit, le système social m'a beaucoup étonné et fasciné. Je ne pensais pas que l'honneur était à ce point important. D'ailleurs, je ne savais pas non plus qu'ils avaient eu une telle importance dans la construction européenne historique.

  • Dans notre région même, les Burgondes venaient de la Scandinavie, mais par voie terrestre. Aux Burgondes, qui ont fondé le royaume de Bourgogne, se rattache directement la légende des Nibelungen, connue dans le monde entier grâce à Richard Wagner. Mais il s'agit ici plutôt des Goths que des Vikings : des antiques Germains d'Orient venus dans l'Empire romain par terre, que des guerriers médiévaux qui, par mer, et depuis les côtes norvégiennes et danoises ont peuplé l'Angleterre, la Normandie, la Sicile, et d'autres endroits encore.

  • Je connais Nibelungen de nom, je ne l'ai jamais lu mais je pense qu'un jours je le ferais.
    Si je ne me trompe pas les migrations Burgondes sont très antérieurs aux raids Vikings? D'ailleurs le contexte est très différent même si l'Empire et les pays médiévaux sont tous deux en positions de faiblesse.

  • Oui, les Burgondes sont arrivés en "Sapaudia" (la Savoie romaine) au IVe ou au Ve siècle, et alors qu'ils avaient des difficultés avec les Huns : les Romains ont accepté de les abriter dans l'Empire en échange d'une protection armée contre les Alamans. La langue des Burgondes appartenait au groupe gotique. Mais évidemment, ils ont fini par apprendre le latin. Lorsque Rome est tombée, ils ont créé un royaume, plus tard intégré au Saint-Empire et continué, dans l'esprit des empereurs germaniques, par le nom de "Savoie". (Cela fut d'ailleurs contesté, notamment par les Genevois, selon les anciennes chroniques, mais aussi - et encore plus - par les Dauphinois.) Le contexte est donc très différent, sauf que la Normandie (qui alors s'appelait plutôt la Neustrie) fut donnée à des Danois par le roi (de France) Charles le Gros, en échange d'une pacification, de telle sorte que l'histoire se répète quand même un peu, car les Burgondes, en errant dans l'Empire, l'affaiblissaient, et le don qui leur a été fait par les Romains fut un aveu de faiblesse, de la part de ceux-ci. Mais non seulement les Normands ont ensuite conquis l'Angleterre, mais les seigneurs français se sont rebellés contre Charles le Gros, qui donc avait eu cette faiblesse de laisser aux Vikings la Neustrie, et ont élu roi, à sa place, le seigneur de l'Île-de-France, qui depuis Paris avait arrêté l'avancée de ces Vikings. Les effets de l'invasion viking ont donc été considérables. Sans elle, Paris n'eût pas eu l'occasion de montrer sa valeur, et de devenir la capitale de la France ! Un peu comme De Gaulle qui, sans la Seconde Guerre mondiale, ne fût jamais devenu Président - ou Napoléon, qui a profité de la Révolution. L'histoire a de ces énigmes !

  • L'histoire a l'air si pré construite qu'il est parfois tentant d'y voir une destinée car certaines vies ont l'air parfaitement adaptées aux évènements. Heureusement un tel "sens de l'histoire" est inexistant et tout reste possible.

    Paris est l'une des seules villes a avoir résisté mais, petit à petit, les royaumes se sont fortifiés et ont réussi à se battre contre les Vikings. Cette fortification est, si j'en crois Boyer, dues aux Vikings. Donc on pourrait dire que les Vikings sont réellement les créateurs de l'Europe. Tandis que les barbares de Rome ont contribué, dans une certaine mesure, à sa faiblesse.

  • Je suis sceptique, Hassan. Les Goths ont créé les royaumes barbares qui ont finalement donné les Etats modernes. Or, Paris a réellement résisté aux Danois, et ainsi, la magistrature gauloise et bien au fait du droit romain a pu s'y réfugier sous la protection du seigneur d'Île de France devenu roi. Or, c'est l'origine de la France, qui finalement a englobé la Normandie, prenant ainsi sa revanche. Mais l'idée même d'un royaume de France qui serait en accord avec ce qui restait de Rome est venue des Francs mérovingiens et carolingiens, eux-mêmes arrivés en Gaule presque en même temps que les Goths. La France est quand même bien liée à l'ancienne Rome, plus qu'aux Vikings, à mon avis.

    Pour la prédéstination historique, on peut aussi raisonner comme Tolstoï pour Napoléon, en le présentant comme un nul qui a profité des circonstances pour apparaître comme un grand homme. De Gaulle lui-même a écrit qu'il pressentait son destin national, et qu'il n'en attendait que l'occasion. Mais c'est facile à dire après. Peut-être que Paris même n'avait aucune qualité particulière, à l'origine, et que le hasard seul en fait une grande capitale. Mais personnellement, ô Hassan, je crois que les qualités morales sont révélées par l'épreuve, et que la Providence agit au moins par ce biais : car bien sûr, les qualités morales sont censées être d'un ordre plus élevé que le hasard des événements. Inconsciemment, peut-être qu'on se crée des épreuves pour manifester ses qualités.

  • Bonjour et bonne année,
    comme je l'ai déjà dit je ne suis qu'étudiant de première année. Il faut du temps pour connaitre vraiment l'histoire d'un thème et même la on n'a pas terminé. Mais, toujours si j'ai crois l'auteur de ce livre, c'est "grâce" aux attaques Vikings que les royaumes ont créé des défenses et des institutions plus adaptée. Comme on dit "les évènements créent les solutions" et de ces solutions il y a les personnages d'une certaine envergure.

    Si je ne crois pas en la prédestination c'est surtout parce que je la considère comme une destruction des possibilités d'avenir. Ce qui ne veut pas dire que tel ou tel personnage n'essaie pas de comprendre son temps pour se mettre en avant. Ou que tel ou tel personnage a eu la chance d'être au bon endroit au bon moment pour être mis en avant. On ne peut pas vraiment le savoir et je pense que c'est une bonne chose.

  • Oui, mais j'ai écrit (sur mon blog) que c'était grâce au duc de Savoie, somme toute, qu'il y avait eu l'Escalade, à Genève, et cela n'a pas plu à tout le monde. Cela dépend du point de vue. Boyer a une grande sympathie pour les Scandinaves en général. Cela se comprend, du reste, parce que leur culture est réellement riche et passionnante.

  • (Et bonne année aussi !)

  • Le Duc de Savoie, en effet, a eu une grande influence sur la construction de Genève. A cause de lui les dépenses de Genève en défenses ont été bien plus grande que celles des villes confédérées et donc son développement, aussi du à la nécessaire construction interne, a été profondément altéré.

  • Oui, mais au début du XVe siècle, en fait, Genève était finalement sous la coupe du duc de Savoie. Le syndic (maire) de Genève, Jean Servion, était lui-même un proche d'Amédée VIII. Peu à peu, au cours du XVe siècle, la bourgeoisie a développé l'idée de la nécessité de son autonomie. L'enjeu était politique, mais aussi économique, car le Duc faisait peser des taxes assez lourdes sur ses sujets : on dit pareillement que ses taxes ont freiné l'évolution économique des Savoyards. La bourgeoisie de Genève a choisi de prendre le risque de transfortmer ces taxes en frais d'indépendance militaire. Mais le comté de Genève était officiellement revenu à la Savoie en 1401. Genève était cité impériale, mais l'Empereur, en faisant du comte de Savoie un duc, montrait précisément qu'il entendait laisser au prince de Savoie l'administration de Genève. La bourgeoisie n'en a d'ailleurs pas appelé à l'Empereur, mais a développé l'idée de son autonomie totale. Finalement, tout de même, Genève s'est davantage enrichie qu'Annecy, la capitale administrative du comté de Genève, restée en Savoie, et dans le Saint-Empire, par la même occasion. Genève doit sans doute être aussi comparée avec les cités du comté de Genève. D'ailleurs, le problème de Genève est aussi qu'elle a longtemps voulu rester indépendante de Berne, et qu'elle a dû assurer seule sa défense, alors que Lausanne comptait sur la Confédération tout entière, puisqu'elle en faisait partie, contrairement à Genève.

  • Oui le pays de Vaud, et Lausanne par la même occasion, ont pu compter sur la Confédération. Mais il ne faut pas oublier que Vaud était l'un des pays sujets et non un confédéré au même titre que Berne et Uri (par exemple). C'est grâce, ou à cause selon nos préférences, des français et de Napoléon que Vaud et les autres pays sujets ont été "libérés".
    L'histoire suisse est singulière et je trouve dommage qu'elle ne soit pas mieux enseignée à l'école.

  • Comme vous dites si bien l'histoire Suisse ne fut jamais vraiment enseignée même aux Suisses les guerres Napoléonniennes ayant sans doute pour but de cacher la réalité surtout à ceux n'ayant jamais compris qui étaient leurs vrais parents et n'ayant appris que 60 ans plus tard pourquoi ils avaient été séparés d'eux par des associations soi disant protégeant la jeunesse!comme vous dites si bien le vécu des Burgondes et autres faisaient partie de notre enseignement mais le reste fut écarté à bon escient,et croyez le ou non mais en vivant le ventre creux assailli par des peurs le vécu de ces guerriers ne nous importait que très peu ,parcontre une partie de notre rage de vivre fait partie sans nul doute de leur héritage!

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