Terreur

Titre: Terreurterreur.jpg
Auteur: Dan Simmons
Traducteur: Jean-Daniel Brèque
Éditeur: Robert Laffont 2008 (2007 édition originale anglaise)
Pages: 704

Dan Simmons, depuis quelque temps, est un écrivain que j'apprécie beaucoup. J'attendais donc ce Terreur avec une certaine impatience. Pour ce livre Simmons a décidé de se rapprocher de l'histoire réelle pour partir, ensuite, sur du fantastique. D'ailleurs, l'histoire en elle même est simple. Deux bateaux cherchent un passage en direction du nord-ouest alors qu'ils se trouvent près de la banquise. Malheureusement ils se retrouvent pris dans les glaces et doivent hiverner en attendant le dégel. Mais rien ne vient et l'expédition reste coincée sur place et tente de survivre aux maladies, à la faim et aux mutineries. C'est ici que s'arrête l'histoire réelle romancée car l'expédition semble être la victime d'un mystérieux ours blanc tueur qui les défie et les attaque les uns après les autres.

J'ai été impatient de le lire mais je dois bien avouer que ce livre m'a déçu. Je n'y ai pas trouvé la puissance évocatrice d'Hypérion ni de l'Echiquier du Mal. Mais la façon dont Simmons écrit est toujours aussi belle et j'ai souvent eu l'impression de ressentir le peur et l'oppression qu'auraient pu ressentir les membres de l'équipage John Franklin, son capitaine. De plus je trouve le message écologique et anti-occidental un peu primaire. Non pas que je ne sois pas d'accord mais ce message aurait pu être plus subtil. Nous trouvons donc une nature qui lutte contre l'homme blanc mais aussi les créatures mythologiques inuits qui attaquent l'homme blanc. Nous y voyons aussi sa bêtise et son racisme face à un peuple qu'il considère inférieur. Bref, c'est un livre que j'ai apprécié parcourir mais ce n'est pas ce que j'attendais; c'est un bon livre mais pas un chef d'œuvre.

Commentaires

  • J'ai lu "Hyperion", un bon livre, mais dont l'inventivité est rendue facile par la disposition en nouvelles distinctes. Et parfois, les nouvelles sont belles, mais elles peuvent aussi petre plutôt ratées, à mon avis, et ne reposer que sur un jeu d'esprit. Je trouve que Simmons est trop intellectuel, souvent. Et puis se moquer des Jésuites et de Teilhard de Chardin, c'est amusant, si on le fait bien, mais moi, je l'aime bien, Teilhard de Chardin. Personnellement, de la même génération, j'ai préféré S. R. Donaldson, qui cherchait moins midi à quatorze heures, mais qui avait un sens dramatique plus efficace.

  • Être (erratum).

  • Tiens Hassan ! Le web est petit on dirait !

    On a déjà parlé de ce livre sur un autre site internet. Merci de me l'avoir conseillé. Je l'ai commandé et je l'attends avec impatience. Je suis un grand fan de Dan Simmons depuis très longtemps. Je le considère comme l'un des meilleurs écrivains américains modernes. Le meilleur dans le genre de la science-fiction en tout cas. Le cycle d'Hyperion reste ma référence absolue et je le conseille à n'importe qui.

  • Je ne connais pas S. R. Donaldson. Qu'a t'il fait?

    Hello Kad, j'espère que tu ne seras pas déçu. On ne sait jamais.

  • Il a fait la Gap Series. Je ne sais plus comment ça s'appelle en français. Il est quand même plus connu pour sa série de Thomas Covenant the Unbeliever (Thomas l'Incrédule), qui est un livre extraordinaire, mais davantage dans la lignée de Tolkien.

  • J'ai entendu parler de Thomas Covenant mais je ne l'ai jamais lu. Je ne connais même pas l'histoire.

  • C'est un Américain contemporain atteint de la lèpre qui se trouve soudain plongé dans un monde fabuleux à l'image de son état intérieur, et qui commence par ne pas croire à sa réalité, avant de trouver une forme de rédemption par le sacrifice de soi à ce monde peuplé d'individualités qui ont elles-mêmes une vie autonome. Mais mythologique, puisque la nature y est directement psychique : le bien et le mal y sont des réalités, comme tout ce qui peut peupler le psychisme humain. Cependant, c'est là le fondement de l'univers fabuleux : ensuite, on est saisi dans une action vive et dynamique et un monde qui a sa cohérence propre. J'ai été ébloui, personnellement. Il y a deux séries de trois tomes, et les deux premiers tomes de la première série m'ont transporté d'admiration. Ensuite, cela s'étiole peut-être un peu. Cela tend à la répétition.

  • Oui ça a l'air intéressant, si en plus c'est bien écrit ça doit être très plaisant à lire.

  • C'est écrit avec beaucoup d'intensité et de précision, mais peut-être avec moins de poésie que les livres de Tolkien : c'est davantage dans l'action, à l'américaine. Au demeurant, par l'humour, Simmons a aussi obtenu cette forme de distance de l'âme avec son sujet qui a pu faire dire qu'il était un meilleur écrivain que Donaldson. On pourrait dire, c'est vrai, que Simmons est plus poétique, au sens propre, que celui-ci. Mais Donaldson est plus épique. C'est un peu comme la différence entre La Fontaine et Corneille, je dirais !

  • Je n'arrive pas à trouver d'humour chez Simmons. Ses univers sont souvent sombres et écrasant. Mais il est capable de communiquer cette atmosphère d'une façon magistrale à tel point que, en lisant l'Echiquier du Mal, on peut se prendre à vouloir anéantir les "méchants" dont la seule volonté semble être de faire souffrir le plus d'humains possibles. Mais vous avez raison, il y a une certaine poésie dans Simmons. Serais-ce du à son passé de professeur en littérature? Peut être.

    Qu'entendez vous par "action à l'américaine"?

  • Une action serrée, qui ne laisse sortir les sentiments des personnages qu'autant que cela meut la mécanique des faits. Il n'y a pas de digression vers l'intériorité, explorée pour elle-même, comme chez Proust. Or, même les Anglais laissent davantage de place à cette intériorité.

    Je pense que Simmons a souvent un humour noir. En tout cas, sa nouvelle sur les Jésuites du futur m'a paru pleine d'ironie, d'esprit de satire, même.

  • D'accord, je comprend mieux.
    Si Simmons a un humour noir c'est un humour très noir. Ne serais-ce que l'espéce de symbiote qui permet de vivre éternellement mais en s'abrutissant (ou en devenant esclave ensuite) en forme de croix chrétienne.

  • J'ai lu ce livre. Ca commence comme un roman historique, ca continue comme un roman fantastique, et hop, le fantastique s'estompe au profit d'une histoire humaine.
    Même si j'ai été décu de prime abord de la disparition du coté fantastique je n'ai qu'un mot à dire après l'avoir fini : WAHOU.
    Un Dan Simmons innatendu, j'en ai encore des angelures ;-) , jetez vous dessus

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