Histoire de l'Islam

Titre: Histoire de l'Islam fondements et doctrineshistoire de l islam.jpg
Auteur: Sabrina Mervin
Éditeur: Flammarion 2001 (première édition 2000)
Collection: Champs Université
Pages: 311

Cela fait quelques temps que je souhaite en savoir plus sur l'Islam. Dans ces temps ou l'on parle beaucoup de cette religion mais que, j'en ai l'impression, nous sommes peu à connaitre il est des plus utile d'en savoir un plus même si ce n'est pas grand chose. J'ai donc choisit, un peu au hasard, ce livre de Sabrina Mervin. Il est divisé en deux parties: la première partie du livre concerne l'histoire des idées religieuses (et non des évènements même si on en trouve) et la seconde partie est constituée en glossaire des lieux, personnages et doctrines.
Je dois l'avouer, je n'ai l'impression que d'avoir effleuré l'Islam mais j'ai tout de même appris beaucoup. Il me semble que le sujet n'est pas assez approfondi et c'est dommage mais au moins l'écriture est clair, malgré quelques termes obscurs pour les novices comme moi, et intéressant. Je considèrerais ce livre plutôt comme une introduction à un sujet bien plus vaste.

Commentaires

  • J'ai eu la même démarche que vous.
    Un de mes premiers livres était les "Légendes de l'Olympe", qui décrivait la religion des grecs dans l'Antiquité.

    Dès lors, je me suis toujours posé la question, pour mieux comprendre les motivations du passage d'une religion à une autre.

  • Oui, moi, j'ai lu le Coran et l'histoire de la philosophie islamique de Henry Corbin, et je vous le conseille, Hassan : le livre de Corbin. Mais il faut s'accrocher : cette fois, on ne peut pas dire que cela manque d'approfondissement. L'histoire est présente en arrière-plan. A mes yeux, c'est ainsi que c'est le mieux, car je ne crois pas qu'en eux-mêmes, les faits officiellement recensés soient forcément éclairants.

  • Rémi, je me demande si l'on peut faire l'impasse sur l'histoire des Pharaons d'Égypte, malgré la présence multi millénaire des pyramides.

    L'épopée de Gilgamesh et la porte d'Ishtar sont également des pièces rares, qui ont survécus à l'inévitable passage du temps.

    Ah ... ce dieu grec ... Chronos.

  • Pour une introduction plus générale aux religions, puis-je me permettre de vous recommander les cours d'Histoire des Religions, en Faculté des lettres (Sciences de l'Antiquité) pour ceux qui ont du temps et les moyens de se payer des cours en auditeur?

  • Bonsoir,
    il faudra un jours que je lise les grandes mythologies religieuses et les livres sacrés. Mais il y en a beaucoup et ils ont été construit. Personnellement je m'intéresse bien plus aux textes rejetés (et aux raisons de ces rejets) qu'aux textes orthodoxes.

    J'aurais bien voulu prendre des cours d'histoire de religion mais ça me ferait beaucoup d'histoire. Mais peut être peut on trouver leurs bibliographies?

  • Faites attention, Hassan : on peut croire qu'un texte a été rejeté parce qu'il contenait une chose qui est aussi en fait dans les textes orthodoxes. Il y a à cet égard pas mal d'illusions, et la tentation de vouloir trouver des vérités dans l'illicite. Mais celui-ci n'en contient pas forcément plus que le reste. L'orthodoxie se construit aussi parce qu'on ne peut pas tout garder, et qu'il faut conserver le meilleur, et non forcément parce qu'on veut cacher des choses importantes.

  • C'est pour ça que je parlait de comprendre la raison de ce rejet. Est ce pour des raisons politiques? De croyances? d'idées? Qu'est ce qui construit une orthodoxie et pourquoi dans ce sens? Qu'est qui fait rejeter les textes? Ce sont des questions que je trouve intéressantes. Et ce n'est pas pour trouver une vérité religieuse que je souhaiterais lire ce genre de textes mais pour mieux comprendre la façon dont fonctionne la religion.

  • @Hassan:Permettez-moi d'ajouter un mot à ce que j'ai écrit plus haut. Je souscris aux paroles de prudence que vous adresse Rémi Mogenet, que je ne connais pas, rassurez-vous. Evitez le piège de la théorie du complot, selon lequel tout ce qui est affirmé par les diverses autorités, aussi bien scientifiques que politiques, fait nécessairement partie d'un complot destiné à laisser croupir l'amateur dans l'ignorance pour mieux le manipuler. Ce type de pensée se prête aussi bien, si ce n'est mieux, à la manipulation, puisqu'elle n'a besoin d'aucun consensus pour s'imposer. Ainsi nourrit-elle les innombrables théories sur les soucoupes volantes, la mort de Kennedy, l'arrivée des extra-terrestres sur Terre, et j'en passe.
    Il est bien évident, pour prendre un exemple dans les sciences dites exactes, que l'Eglise catholique a tout fait pour supprimer l'idée que la Terre puisse être au centre du système solaire, et cela pour des raisons qui ne touchaient pas à la science, mais à la religion. L'histoire des sciences nous a aussi montré qu'un certain nombre d'intuitions, d'hypothèses ou de découvertes de grande valeur ont croupis longtemps dans des tiroirs ou des bibliothèques, sans compter celles qui ont définitivement disparues, mais lorsqu'elles ont été retrouvées ou réhabilitées cela a toujours été le fait de chercheurs qui s'étaient eux-mêmes formés à une discipline par de longues études, qui leur permettait justement de reconnaître la valeur de ce qui avait été perdu ou caché.
    Il n'existe pas de raccourcis vers une connaissance profonde et authentique d'un sujet, méfiez-vous donc de ceux qui vous en promettent un. Pour changer encore une fois de domaine, le Bouddha est resté des années assis sous un banian à réfléchir au moyen de soulager la misère des hommes, et l'ayant trouvé il a enjoint à ceux qui se voulaient ses disciples de ne pas emprunter aveuglément la voie qu'il avait trouvée, mais d'en examiner par eux-mêmes les mérites.
    P.S. L'a consultation des ouvrages de la Bibliothèque universitaire de Genève est libre, celle du web aussi, vous le savez déjà.

  • Bonsoir,
    je crois qu'on m'a mal compris. Ce n'est absolument pas par fascination de complots ou par recherches de vérités cachées que je m'intéresse aux textes rejetés mais parce que je pense que les rejets sont tout aussi révélateurs que ce qui est accepté. Simplement il est beaucoup plus simple d'entendre parler de la Bible que des textes apocryphes pour prendre un exemple religieux. Comme il est actuellement beaucoup plus simple d'accepter le Big Bang que de s'intéresser au modèle de création continue de Fred Hoyle (non pas que j'y souscrive mais il est vrai que le Big Bang a mobilisé les énergies de recherches au détriment de beaucoup d'autres modèles).

    Je ne cherche aucun raccourcis, il est évident pour toutes personnes feuilletant un livre scientifique qu'il n'existe pas de raccourcis au vu des "chemins" multiples entre les livres et les thèses contradictoires que créent les notes et bibliographies (cette image de chemin n'est probablement pas des plus adaptée mais je n'ai pas trouvé d'autre moyen d'expliciter ma pensée). Il faut du temps pour comprendre un domaine et on ne peut pas compresser ce temps sans perdre des connaissances.

    Oui je sais que ces consultations sont libres. J'y recours souvent d'ailleurs.

  • @Hassan: "il est actuellement beaucoup plus simple d'accepter le Big Bang que de s'intéresser au modèle de création continue de Fred Hoyle". Vous vous êtes bien fait comprendre, mais je ne crois pas que le parti pris systématique que vous dénoncez existe réellement. Je lis chaque semaine la revue scientifique anglaise New Science et me trouve presque à chaque fois confronté à une ou plusieurs théories minoritaires ou simplement nouvelles sur l'origine et les propriétés de l'Univers. Mais il semble bien que pour le moment le Big Bang (sous diverses formes d'ailleurs) ait encore le plus de partisans, ne serait-ce qu'à cause de l'inertie inéluctable des systèmes et des organisations de recherche et d'enseignement. A l'époque ou Fred Hoyle avait plublié son roman de science fiction The Black Cloud (1957) un grand nombre de non spécialistes se sont certainement intéressés à sa vision de l'origine de l'Univers et cela a peut-être contribué diffuser sa théorie dans le grand public et, ce n'est pas à exclure, facilité le financement de recherches liées à cette théorie à l'époque, la science ne d'exerçant pas dans un vide (dit) absolu.

  • Heureusement la science a des comptes à rendre à la population et heureusement aucune théorie n'est jamais complètement abandonnée. Mais il est très difficile de faire accepter du financement pour certaines. Le big bang a eu énormément de financement mais si cette théorie est si forte c'est grâce a ses contradicteurs. Mais il est difficile pour des profanes comme moi de trouver une allusion a des contradicteurs actuels. Si j'ai connu Fred Hoyle c'est avant tout en lisant de l'histoire de la science ensuite, bien plus tard, j'ai su que sa thèorie était encore défendue par certains.
    Mais vous avez raison, rien n'est parfaitement manichéen et mon exemple est simplificateur. Comme je comprend que l'on puisse penser que je souhaite trouver une "vérité cachée" puisque les complots ont vent en poupes ces temps et se basent en partie sur la religion.

  • Je ne tiens pas particulièrement à prolonger cette discussion, mais j'aimerais cependant essayer de clarifier un point. Vous faites allusion au soupçon, injustifié selon vous, que vous pourriez chercher une "vérité cachée". Je ne peux qu'accepter votre déclaration qu'il n'en est rien, encore que ce serait votre droit le plus strict, comme ce serait votre droit le plus strict d'adhérer à telle ou telle religion.
    Ce qui me pose un léger problème, c'est que je vois une certaine contradiction entre vos paroles et votre attitude. Vous ayez, dans vos différentes interventions, établi une sorte de lien entre le Big Bang et la religion, tout en récusant l'idée que vous pourriez être à la recherche d'une vérité cachée. Cachée ou non, une vérité qui s'opposerait de manière essentielle à la théorie du Big Bang ne pourrait être que religieuse, car en science il n'y a que des hypothèses (ou si l'on veut des vérités transitoires).
    De ce point de vue là, je ne vois pas en quoi vous êtes tellement gêné par celle du Big Bang, à moins que vous soyez impliqué plus ou moins directement dans une recherche touchant à cette hypothèse et que vous rencontriez des problèmes de financement. Dans ce cas, il me paraîtrait assez curieux que vous en fassiez état sur un blog comme celui-ci, qui n'est pas un forum de spécialistes de la science, et que de plus vous mentionnez votre intérêt pour les textes religieux.
    Ce sont habituellement les croyants qui se trouvent gênés par l'idée que l'Univers pourrait avoir débuté à un moment donné à partir de rien, ce qui est la traduction que notre intellect et le langage naturel (c'est-à-dire, en l'occurrence, le français) donne à cette notion. Or les formulation scientifiques s'appuient avant tout sur le langage mathématique, qui n'est pas transposable sans autre dans le langage naturel sans poser de problèmes. Ainsi notre cerveau est incapable de concevoir le rien qui aurait précédé le Big Bang, aussi bien qu'il est incapable de concevoir que le temps et l'espace aient eux-mêmes un commencement et que de rien quelque chose puisse advenir. Un célèbre texte du Rig Veda dit "Au commencement il n'y avait ni être ni non-être", ce qui traduit, à mon sens, cette incapacité.
    La plupart des religions dont donc état d'une mythologie des origines, qui pallie cette impossibilité, tout en écartant par ailleurs les questions ultimes qui s'imposeraient néanmoins aux croyants par l'usage de mot tels que "mystère".
    En dehors de cela, je ne vois personnellement aucun problème à accepter, parmi les différentes hypothèses de l'origine de l'Univers ou des Multivers celle du Big Bang, sous ses différentes formes.
    Bonne chance dans vos recherches et que, surtout, elles vous mènent à donner une aussi grande chance que possible à votre humanité et votre liberté.

  • J'ai utilisé cet exemple du Big Bang par habitude mais je ne suis pas dans ce domaine et je suis incapable de comprendre les mathématiques de ce niveau. Je ne suis capable que de tenter de comprendre les concepts ce qui reste très difficile.
    Probablement aurais je du mieux expliciter cet exemple car je ne veux pas remplacer une thèse scientifique par la croyance en un dogme religieux
    de vérité absolue mais je ne me sens pas non plus la légitimité de détruire une religion au nom de la science.

    Merci de votre passage et de vos encouragements.

  • Un dernier mot encore: la religion ne peut être "détruite" par la science, la question ne se pose donc pas en ces termes. Il est possible qu'un individu particulier, confronté à la science et à sa démarche, perde sa foi, surtout si elle est déjà vacillante ou qu'elle repose sur un fondement peu solide. Mais un assez grand nombre de scientifiques, et non des moindres, sont croyants, et cela ne les empêche apparemment pas de mener à bien des travaux importants. Par ailleurs, la plus haute autorité de l'Eglise catholique romaine, le Pape, a fini par suivre les conclusions de ses conseillers scientifiques et à admettre qu'en l'état actuel de la science, la théorie du Big Bang «est la meilleure et n'est pas en contradiction avec la foi». selon la formulation de l'astronome et jésuite José Gabriel Funes, directeur de l'Observatoire astronomique du Vatican.

  • En fait j'entends assez souvent des personnes pensant que la science est capable de détruire la religion. En imaginant que ce soit possible serais ce vraiment une bonne idée d'essayer? J'en doute.

  • Serions-nous enfin arrivé au vrai sujet de ce débat, la défense de la (ou d'une) religion?
    Quant à la question, telle qu'elle est posée, elle me paraît futile sur le fond. La science et la religion reposent sur des fondements totalement différents, l'une reposant sur l'observation de la nature, l'élaboration d'hypothèses sur son fonctionnement et leur vérification, l'autre sur la croyance en un certain nombre d'écrits et de dogmes indiscutables pour l'essentiel.
    La science ne prétend pas connaître la Vérité, mais une vérité du moment, c'est à dire l'hypothèse la plus vraisemblable pour une majorité de spécialistes de la discipline. La question de savoir si une ou plusieurs de ces hypothèses seront capables un jour de rendre compte de l'ensemble de la réalité du monde (ou des mondes) est une question plus philosophique, proche de celle qui s'interroge sur la capacité d'une partie de tout (le cerveau humain) de comprendre le tout (le monde) dont il est issu.
    J'ai déjà répondu à votre question dans mon intervention précédente, en ce qui concerne une des religions les plus répandues dans le monde, la forme catholique du Christianisme. Le Bouddhisme ne devrait pas non plus avoir de problème à ce sujet, puisqu'il distingue la réalité absolue (qu'il évacue comme piège de l'intelligence ou du langage, dans certaines de ses formes du moins) de la réalité relative du monde, objet de la science. Pour ce qui est de l'islam, que je connais très mal, autant dire pas, je crois savoir qu'à une certaine époque et pour un certain courant du moins, l'exercice de la science ne posait pas de problème, et je pense qu'il en est encore de même. Il est possible que pour d'autres courants il en soit de même que pour certains fondamentalismes (les partisans d'une lecture littérale des textes sacrés) chrétiens, pour qui le rejet de la modernité et donc des techniques et des sciences soit une manière de se protéger contre des interprétations de ces textes qui seraient nécessairement inscrites dans le temps.
    Enfin, j'aurais tendance à penser que l'exercice quotidien d'une activité scientifique sérieuse, avec son nécessaire corollaire de la remise en question des acquis d'un jour (que j'ai appelé plus haut "vérités transitoires"), et donc de l'abandon de l'idée de Vérité immuable, doit poser des problèmes à un croyant, d'autant plus s'il adhère à une forme très dogmatique de religion, mais je ne puis l'affirmer. Il est possible aussi que l'ensemble constitué par ses connaissances et leur pratique (même celles qui concernent l'origine de l'Univers), même si elles ne prétendent pas à la Vérité, rende moins urgent, nécessaire ou crédible le recours à un système de pensée de type religieux. Ces systèmes partagent avec les anciennes mythologies des peuples sans écriture la caractéristique qu'il se veulent un savoir total et non discutable sur le fond, et qu'elles sont donc particulièrement propres à inspirer ou à guider la vie quotidienne d'une société donnée et à réconforter ses membres face aux difficultés parfois inacceptables de la vie.
    P.S. Je m'étonne, comme vous probablement, du fait que notre échange n'ait apparemment intéressé personne, en tout cas pas suffisamment pour inciter quelqu'un à y participer. Je m'interroge aussi sur les raisons de ce phénomène et le regrette.

  • "En fait j'entends assez souvent des personnes pensant que la science est capable de détruire la religion. En imaginant que ce soit possible serais ce vraiment une bonne idée d'essayer? J'en doute."
    Je n'ai pas abordé la question que vous posez et à laquelle vous avez donné une première réponse.. Mais puisque vous l'évoquez, je vais faire le très gros effort de vous donner une réponse personnelle aussi objective que possible.
    La question ne se pose que pour un croyant sincère mais qui doute et cherche des arguments propres à conforter sa foi, un croyant qui veut se constituer un argumentaire pour défendre sa foi, un non croyant qui veut se constituer un argument dans le sens contraire ou quelqu'un qui se pose la question de l'utilité objective de la religion pour la société en général, que lui-même soit croyant ou non. Je m'efforcerai de répondre à ce dernier interlocuteur, c'est-à-dire à la question de l'utilité psychologique, morale et sociale de la religion en général et de certains aspects des religion en particulier. Il est entendu que, étant donné l'importance de la question sous ses différents aspects, le place que j'ai pour y répondre (ou plutôt pour évoquer un début de réponse), les limites de mon savoir personnel, certains pourront y voir une caricature de réponse et, s'ils sont sincères, je ne peux pas leur donner tort.
    Chez les Grecs et les Romains, polythéistes, l'Etat n'exigeait pas de la part des citoyens une croyance individuelle en les dieux, mais le respect des rites (fêtes, sacrifices et autres) qui leur étaient destinés. Un philosophe et en même temps Grand Prêtre comme Cicéron estimait que le peuple ne pouvait pas se conduire et être conduit de manière adéquate sans cela. C'est donc l'aspect régulateur social de la religion qui était privilégié, plutôt qu'une foi particulière, ce qui explique que les Romains, en particulier, acceptaient volontiers d'accueillir dans leurs temples des statues et des cultes provenant des peuples qu'ils avaient conquis.
    Il existe cependant d'autres rites et cérémonies que religieuses propres à satisfaire ce besoin ou ce désir des divers groupes sociaux de se réunir à certaines occasions autour de symboles partagés, soit totalement en dehors d'une référence religieuse, soit avec une référence religieuse atténuée au point qu'elle puisse faire partie d'une pratique laïque, comme cela est le cas des fêtes de Noël pour beaucoup de gens de culture, sinon de religion, chrétienne.
    J'ai déjà fait allusion dans mon intervention précédente au désir et au besoin des individus (et probablement de notre fonctionnement mental) de trouver une référence absolue aux questionnement et aux angoisses liés à l'existence humaine. C'est dans ce domaine que l'être humain est le plus vulnérable et c'est là qu'il se contente le plus facilement d'explications totalisantes quelles qu'elles soient, des religions les plus établies aux sectes les plus inquiétantes en passant par des pratiques magiques et surnaturelles de toutes sortes. Les religions n'y ont jamais mis fin et la science ne le pourra probablement pas non plus.
    La disparition des religions serait-elle un bien, pour autant qu'elle soit possible? Sous cette forme générale, je ne peux pas répondre à cette question. Ce qui est souhaitable dans tout les cas, c'est la disparition de toutes les croyances et de toutes les pratiques qui nuisent, qui diminuent, qui discriminent d'autres êtres humains, qui établissent des différences et des hiérarchies essentielles, fondées sur autre chose que les valeur de compassion et de respect envers nos autres "frères humains" comme dit le poète. A cet égard, le reproche le plus important qui peut être fait aux religions, c'est qu'elles instituent comme absolues des valeurs qui ne le sont pas, sinon il n'y aurait qu'une seule religion, et que par conséquent elles donnent un pouvoir absolu, puisque d'essence divine, à ceux qui les représentent ou se réfèrent à elles. Les comportements les plus vils peuvent ainsi être justifiés de manière indiscutable sans recours, comme ils l'ont souvent été au cours de l'histoire humaine et cela dans toutes parties du monde et sous le regard ou la direction de toutes les religions existantes.
    Un comportement humain digne sur le plan individuel et collectif est tout à fait possible sans religion, la diversité des religions existantes et le fait que l'homme ait vécu sans elles pendant des centaines de milliers d'années en est la preuve. Sa conduite pendant tout ce temps n'a à l'évidence pas été plus cruelle ou malfaisante qu'après les diverses révélations, sinon nous ne serions pas là. C'est une preuve suffisante.
    La différence est essentielle entre les diverses formules "je vous condamne au nom de Dieu", "je vous condamne au nom des lois de l'Etat" et "je vous condamne au nom de mon bon vouloir", d'autant plus dans les cas où la condamnation tombe sur quelqu'un qui ne croit pas en ce dieu-là, ou qui ne croit en aucun dieu.
    Comme toujours, mes voeux vous accompagnent sur le chemin de l'humanité.

  • Bonjour,
    personnellement je ne crois pas qu'il est légitime de détruire une religion. Non pas parce qu'elle a tort ou parce qu'elle n'existait pas au début. Mais parce que, dans une société libre et laïque, je pense que toutes religions, respectueuse de cette liberté de la société, a le droit de faire des fidèles. Pour moi la religion est une affaire privée et, même si je ne me considère ni catholique ni chrétien, je ne vais ni ne veux militer contre la chrétienté respectueuse des institutions et de la liberté même si cela est en contradiction avec certains de leurs dogmes.
    En ce qui concerne les religions "autoritaires", dans lesquelles nous pourrions inclure certaines sectes, je pense que la société doit les combattre. Elles sont dangereuses et, parfois, violent nos lois.
    Je suis tout de même comme vous, j'apprécie cette idée romaine qui accueille les dieux étrangers et n'attend pas la croyance mais l'acte. Acte qui était nécessaire socialement mais qui, aussi, était nécessaire pour la Pax Dei qui garantissait la survie de Rome.

    Je ne sais pas pourquoi peu de personnes se sont senties intéressées, je ne cherche pas à atteindre une grande audience ni à créer des débats. Je ne veux que présenter ce que j'apprécie en espérant que cela intéresse une partie des personnes passant par la.

  • mesdames et messieurs les webnautes, bonjour à tous, je vous embrasse de là où je suis Paris. Je suis tombé parfaitement au hasard sur votre discussion ô combien passionnante et je tenais à vous féliciter de la qualité de vos débats.
    Science et Religion sont deux simples mots qui sont je crois parfois utilisés à tort et à travers pour justifier des luttes partisanes aux enjeux bien trop manichéens. L'une est le bien, l'autre est le mal et vice versa. La véritable différence est que la science admet que le savoir est basé sur une série d'hypothèse; la religion, donc la croyance, donc la foi ne peut, par principe, concevoir le doute.
    Je riais il y à quelques mois de cela en lisant un numéro de l'excellente revue Science&vie (vous m'excuserez, je n'ai pas les documents sous les yeux donc je raconterai de mémoire). Alors que la science grace à ses progrès permet de vivre mieux et plus longtemps, certains ont constaté que les croyants étaient mieux protégés que les autres des maladies liées aux stress, angoisses, peurs qui font des ravages dans nos sociétés modernes. Je me disais qu'en tant que mécréant, je risquais d'avoir plus de chance d'avoir un accident cardio-vasculaire qu'un bigot. En effet la foi lui permettait d'envisager certaines expériences de la vie et à appréhender celle ultime qu'est la mort de façon moins anxiogène. Cela serai dû à une molécule que dégagerai notre cerveau qui nous prédisposerai dès notre naissance à croire.
    D'autres observations effectués sur des enfants d'hommes agés de trois mois montrent ceci : prenons une simple balle qui rebondit dans un espace clos et disparait par la magie d'un effet spécial. Le bébé réagit comme stupéfait devant un phénomène qu'il lui semble non naturel, non rationnel. Peut-être déja doute t-il?
    je pense que par nature nous sommes des animaux existentiels, qui croyons et doutons et dont les multiples facteurs culturels,et autres origines sociales dont nous sommes issus prévalent dans notre quête de reconnaissance de soi que nous soyons soufiste ou chimiste, astronome ou pasteur.
    La science détruira t'elle la religion? La science est elle une religion?
    Religion et science peuvent-elles exister sans dogmes?
    Victor Hugo disait "ouvrez des écoles vous fermerez des prisons"; fermera-t-on la bouche des créationnistes?(hihi)
    merci Hassan pour votre espace de discussion, j'espère que je n'en ai pas trop abusé. Ciao

  • Bonjour,
    j'ai vu ces études mais je ne sais pas si c'est vrai. Même si il parait logique que savoir ce qui se passera permet d'être moins anxieux.

    Merci d'être passé.

  • Des résultats contradictoires ont été tirés d'expériences sur l'effet de la foi religieuse et des prières sur le sort d'une maladie aussi bien que sur l'effet des prières d'un groupe de croyants sur le déroulement de la maladie d'un proche.
    Bien qu'il soit fréquent et probablement inéluctable que les fidèles d'une religion de leur dieu des récompenses pour leur fidélité, la définition de la véritable foi donnée par celui-ci ou ses exégètes réfute généralement cette conception marchande. Au contraire, l'homme est souvent invité à compter sur ses propres forces, soit exclusivement soit principalement ("Aide-toi, le Ciel d'aidera"). La question soulevée par ces diverses expériences est donc avant tout celle de la conception que l'on se fait de son dieu.
    Quant à la question de savoir si science est une religion, elle ne devrait pas se poser pour celui qui est au courant des buts, des moyens et des méthodes d'une science bien comprise. J'ajoute "bien comprise" parce qu'il est indéniable que certains une une conception ou une pratique de la science qui est contraire à ses principes-même, qui sont contraires à tout idée de dogme ou de de vérité définitive, encore plus de vérité révélée. Que des scientifiques puissent exercer avec un certain succès leur activité sans être conscient de ces caractéristiques épistémologiques et philosophiques est possible, mais ce n'est manifestement pas le cas des meilleurs d'entre eux, et c'est à mettre au compte des errements humains et non de la science elle-même ou de l'activité scientifique fidèle à ses caractéristiques.

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