19/08/2009

Quand l'état se mêle de l'histoire

Titre: Quand l'état se mêle de l'histoire313DP3DCADL._SL500_AA240_.jpg
Auteur: Entretien avec René Rémond mené par François Azouvi
Éditeur: Stock 2006
Pages: 106

Quel que soit son travail ou son domaine d'études on ne peut pas passer outre quelques instants de réflexions sur ce que l'on fait. Ce petit livre est, justement, une réflexion sur un aspect particulier du travail d'un historien en France: les lois dites mémorielles. René Rémond, en effet, est l'un des signataires de la pétition demandant leur abrogation, pétition faisant suite à une plainte contre l'historien, trois fois récompensé pour son livre Les traites négrières. Essai d'histoire globale, Olivier Pétré-Grenouilleau justement à cause d'une loi mémorielle. Ces lois ne sont pas des moyens de punir le négationnismes mais des armes à doubles tranchants qui, sous couvert du respect de la mémoire, peuvent empêcher l'historien de faire un travail de qualité puisque, si il s'érige contre le discours légal, il risque une condamnation. René Rémond considère ceci comme un grand danger pour le travail de l'historien.

Bien entendu ce n'est pas tous son discours, via ce thème légal il en profite pour donner sa définition du travail de l'historien. Un travail d'approximation ne devant pas souffrir des vues subjectives mais ne devant pas non plus se perdre dans l'amoralisme via la relativité des valeurs morales. Un historien doit condamner ce qui est condamnable car René Rémond croit en des valeurs morales universelles. C'est aussi un bon moyen pour lui de donner sa définition de ce qu'est la mémoire, une action immédiate et subjective, et de l'histoire, une réflexion objective. Néanmoins, il ne faut pas croire qu'il souhaite que l'histoire ne soit la propriété et ne puisse être faites que par les historiens. Il pense que l'histoire appartient à tout le monde et que, nécessairement, tout le monde doit pouvoir en parler et en posséder des rudiments. Ce qu'il condamne c'est la croyance des politiciens que leur positon d'élus les placent en droit de donner des ordres aux historiens et de leur imposer des méthodes et vérités historiques au moyen de la loi alors que le débat fait toujours rage.

Bien que ce thème soit surtout important en France, nous ne devons pas oublier que la Suisse aussi à eu ses tentatives et tentations de lois mémorielles et, donc, nous devons bien expliquer en tant qu'étudiant ou historiens confirmés que nos travaux ne sont pas des jugements ou des tentatives de violer la vérité historique au profit d'une faction mais la recherche de la vérité historique qu'elle soit plaisante ou non et ce par des moyens scientifiques et rationnels tout en n'oubliant surtout pas d'avouer nos approximations et ignorances.


Image: Amazone

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