10/09/2009

Démocratie Directe

Titre: Démocratie Directe410VFSS50VL._SL500_AA240_.jpg
Auteur: Yannis Papadopoulos
Éditeur: Economica 1998
Collection: Politique comparée
Pages: 329

Nous, citoyens suisses, avons une grande idée de la démocratie directe. Nous a considérons comme notre fierté et comme une forme de politique qui nous différencie des autres pays peu respectueux de la volonté populaire. Cette volonté. bien entendu, est un mythe et pour s'en convaincre il suffit de prendre l'exemple de la votation sur le passeport biométrique du 17 mai 2008 qui vit un quart de la population accepter la loi contre un autre quart qui la refusait tandis que le reste préférait dormir ce dimanche, un résultat peu légitime non? Cet exemple montre bien que l'on ne peut pas dire que "le peuple suisse a accepté..." mais il montre aussi, en lien avec les statistiques des autres votations, que la démocratie directe ne garanti pas la participation.

Yannis Papadopoulos, dans ce livre, se propose d'analyser les résultats et conséquences véritables de la démocratie directe et, surtout, de voir si elle est adaptée aux besoins de décisions de la part des autorités. Pour ce faire, l'auteur divise son livre en quatre parties. Premièrement, il donne des informations historiques. Ce n'est pas véritablement un chapitre d'histoire mais plutôt un chapitre d'analyse politique dans l'histoire cependant il permet de se faire une idée rapide sur les différentes visions de la démocratie dans l'histoire.

Les deux dernières parties, elles, sont plus techniques. Elles nous permettent de nous faire une idée des conséquences de la démocratie directe sur la prise de décision. Nous y découvrons plusieurs surprises, pour nous suisses adorateurs de la démocratie directe, qui prouvent que celle-ci n'est pas toujours un bon moyen de contrôle ou d'innovation. Ce n'est pas qu'elle soit disfonctionnelle mais le citoyen, non seulement, ne peut pas pondérer son choix mais en plus la décision n'est pas toujours prise dans les milieux politiques mais parfois dans des milieux qui ne peuvent pas être touché par les mécanismes de référendums ou d'initiatives. De plus, la démocratie directe n'est pas toujours le moyen adéquat pour faire entendre ses prétentions. Nous pourrions dire que la Suisse a réussit, grâce à ces mécanismes, a lier les opposants au sein d'un consensus. Mais ce mécanisme de consensus date d'avant la démocratie directe et n'est pas mis en place dans tous les pays qui en possèdent les mécanismes parfois plus développés qu'en Suisse. D'ailleurs, l'Italie perdit sa concordance à cause de la démocratie directe.

Ensuite, l'auteur tente d'analyser de possibles alternatives au référendum, a l'initiative et au recall comme, par exemple, la démocratisation de plus en plus poussée de la société (famille, école, entreprise) tout en étant peu attiré par cette forme. Il parle aussi de la mise en place de débats délibératifs a plusieurs reprises et dans plusieurs pays qui ont permis de faire accepter une décision du gouvernement par les citoyens écoutés et respectés néanmoins Papadopoulos s'inquiète de la légitimité des personnes choisies.

C'est, donc, un livre très techniques mais utilisant beaucoup d'exemples. Un livre très intéressant mais difficile à consulter à cause de la difficulté des propos et, parfois aussi, de la construction des phrases. C'est un livre dont le but est de nous ouvrir les yeux sur la démocratie directe mais l'on sent, et l'auteur l'avoue, un pessimisme face à ces techniques de démocraties. heureusement, l'auteur nous a donné une vaste bibliographie d'auteurs variés et dont les positions ne sont pas toutes unies derrière une idée. Il ne faut donc surtout pas taxer ce livre d'anti-démocratie directe puisqu'il ne fait que nous monter les véritables conséquences du recourt au référendum et à l'initiative. Cependant, comme la conclusion nous le dit, les décisions se font de plus en plus à un niveau plus élevé que l'état nation ou alors les conséquences dépassent le territoire de l'état nation. Comment considérer comme légitime des outils qui acceptent une part de la population concernée sans entendre les autres populations, parfois étrangères, aussi concernée? Ne devrions nous pas réfléchis à une vraie alternative plus fonctionnelle et plus légitime?


Image: Amazon

09:47 Écrit par Hassan dans Livre, Politique, Suisse | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |  Facebook

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