14/09/2009

Jeunes, déviances et identités -XVIIIe-XXe siècle

Titre: Jeunes, déviances et identités -XVIIIe-XXe siècleimg_1139845213707.jpg
Auteur: sous la direction de Jean-Claude Vimont
Éditeur: Publication des Universités de Rouen et du Havre 2005
Collection: les cahiers du GRHis numéro 15
Pages: 157

Encore une fois, j'ai décidé de prendre un livre sur la jeunesse. Celui-ci a été mis en place après les évènements des Banlieues en France et dans le but d'expliquer, en partie, ce qu'est la déviance chez les jeunes. Pour cela, il utilise les contributions de plusieurs chercheurs dont une partie, et cela doit être souligné, sont encore étudiants. Ce que ce livre montre c'est que la déviance des jeunes est, principalement, une affaire d'étiquette. On découvre, par exemple, que la violence en bande ne date pas de ces dernières années mais a une histoire plus locale dans les groupes de jeunes des villages qui se battaient pour leur identité locale et pour les filles du village. Alors que les notables condamnaient cette violence les membres de la communauté villageoise l'acceptaient ou l'aidaient au nom de l'honneur du village et de la vigueur de la jeunesse. Y apparaissent aussi, dans ces étiquetté déviants, beaucoup de jeunes ayant souffert d'un environnement mauvais pour leur éducation et qui sont envoyés dans des colonies ou des maisons de corrections qui les mettent en contact avec des jeunes dont la déviance est de forme plus violente.

Plus près de nous, on découvre que la peur des jeunes, au XXe siècle, ne date pas, encore une fois, de ces dernières années. La France de l'après guerre en 1950 craignait ces jeunes qui volaient, se battaient ou avaient perdus leur parents à cause de la guerre et dont l'attitude, durant celle-ci, était valorisée. Alors qu'ils avaient le droit de se battre et de se débrouiller pour trouver de quoi subsister durant la guerre, la société leur refuse ce droit qu'ils ont toujours eu lorsque la guerre se termine. Cette peur, logiquement, continue avec les blousons noirs des années 60 et 70 pour reprendre en ce moment avec les casseurs. C'est ici que prend place la dernière contribution qui détruit l'idée des banlieues et des jeunes casseurs que nous avons à travers les médias. L'auteur nous décrit des jeunes qui refusent la culture française mais qui ne connaissent pas leur propre culture, des jeunes qui se battent pour être virile mais aussi des jeunes qui souhaitent un ordre et qui se sentent abandonnés par la société française. Un livre large, bien que court, qui a le mérite d'utiliser les contributions de jeunes étudiants et d'essayer de comprendre ce que sont vraiment ceux que l'on nomme les "jeunes à problèmes" grâce à l'histoire.


Image: site de l'université de Rouen.

09:48 Écrit par Hassan dans contemporain, Livre, moderne | Lien permanent | Commentaires (9) | | | |  Facebook

Commentaires

A TOUS LES COMMENTATEURS, rendez-vous chez Blondesen sur ROYAL POURCEAU. Ce que vous lirez vous fera dresser les cheveux sur la tête!

Bonjour Hassan, désolée de squatter votre espace, mais ce message se doit d'être transmis afin de mettre hors d'état de nuire un être ***, ***, *** et *** qui n'a rien à faire sur les blogs de la TdG!

Merci, de me permettre de le passer pour dénoncer Johann.

Écrit par : Patoucha | 14/09/2009

Bonsoir,
quel que soient les qualités ou défauts de cette personne je ne peux pas accepter d'insultes ou assimilés sur ce blog. Je suis donc dans l'obligation de censurer ces propos bien que je déteste faire ça.

Écrit par : Hassan | 14/09/2009

Bonsoir, désolée Hassan que vous l'ayez pris si mal. Aussi, je vous communique le lien afin que vous vous rendiez compte que les qualificatifs employés sont encore d'une grande douceur par rapport à ce qu'il a écrit! :

http://blondesen.blog.tdg.ch/archive/2009/08/03/inauguration-le-nouveau-must-des-trolls.html

Bien à vous

Écrit par : Patoucha | 14/09/2009

Bonsoir,
je ne l'ai pas pris mal mais en créant ce blog j'ai accepté la charte afférente. Je ne sais pas si vous avez raison, vous avez vos idées personnelles, mais même si vous avez raison je doute que des propos insultant et/ou diffamatoire sont utiles dans le propos.

Bonne soirée

Écrit par : Hassan | 14/09/2009

Hassan, êtes-vous allé sur le lien communiqué?

Bonne soirée à vous aussi.

Écrit par : Patoucha | 14/09/2009

Hassan,

Intéressant cet article, Je remarque que les violences de bandes de banlieues sont présentées comme un phénomène assez unique. Pourtant je me rappelle mon père parlant des bandes de blousons noirs qui cassaient et déclenchaient des émeutes dans des petites villes de bord de mer en Angleterre. Les bandes violentes à moto ont aussi existé, On m'a dit récemment qu'en Valais les jeunes de villages opposés forment aussi des bandes et que la castagne peut y exister.

West Side Story, et plus près Starmania, ont mis en scène des bandes violentes. Il y a dans cette violence la recherche d'identité, le mal-être, une éducation incomplète, et parfois la valorisation du héros rebelle qui tient tête à la police et se moque des codes de la société, Ce n'est pas nouveau.

Chez les Masaï la rébellion de l'adolescence est valorisée comme rite de passage, et aboutit souvent au combat du jeune homme contre un lion.

Dans le cas des banlieues l'ampleur du phénomène est peut-être nouvelle, sa systématique, et la question de l'identité plus aiguë comme vous le faites remarquer.

Écrit par : hommelibre | 15/09/2009

@ hommelibre
En Valais ce ne sont pas dans les villages mais dans les centres urbains que des scènes de violence se déroulent, principalement à Monthey, Martigny et Sion.

@ Hassan
Merci pour votre contribution. Je vais me procurer cette étude portant sur le direct après-guerre qui a été partiellement occulté.
Pour les journaleux actuels le monde commence avec les Beatles alors que les années 45-60 furent très dures pour l’ensemble de la population européenne

Écrit par : Hypolithe | 15/09/2009

Patoucha: Oui j'y suis allé.

hommelibre: Si vous avez pensé, en me lisant, que les violences de banlieues sont unique c'est que j'ai mal présenté ce point du livre. Le but de ce cahier était, après les émeutes de 2005, de montrer que la violence des jeunes a toujours existé et d'expliquer comment on crée une identité de la jeunesse par les médias et comment ces même jeunes se battent pour se créer une identité. Ceci en utilisant les archives pénales, juridiques surtout et médiatiques.

Comme vous le dites, les contributeurs de ce cahier en viennent à la conclusion que les jeunes ont toujours été vu de manière plus ou moins apeurée et que leur violence, plus ou moins forte, a toujours été un moyen de revendiquer leur identité propre. Que ce soit face à une société ou face à une vieillesse qui accepte les frasques d'une jeunesse. Après tout "il faut bien que jeunesse se passe."

Ce qui est nouveau, je crois, c'est l'ampleur médiatique que prennent toutes agressions par un jeune comme si c'était inédit. Alors que j'ai lu plusieurs récits de mémoires qui parlent non d'agressions mais de véritables petites guerres entre bandes rivales. En tout cas, je pense qu'il est important de rationaliser et de refroidir le débat actuel sur les jeunes et particulièrement les jeunes "a problèmes" ce qui ne veut pas dire, comme certains l'imaginent, excuser les délinquants.

Hypolithe: Merci de votre intérêt. Peut être un autre livre sur les jeunes aussi mais plus développé pourrait vous intéresser? "Jeunesse oblige. Histoire des jeunes en France XIXe - XXIe siècle" a le mérite de ne pas se concentrer que sur la violence et s'occupe tout autant de l'armée que du cinéma et du rock ou encore des jeunes travaillant dans la campagne au XIXe siècle. J'en ai parlé ici: http://hassan.blog.tdg.ch/archive/2009/08/13/jeunesse-oblige-histoire-des-jeunes-en-france-xixe-xxie-siec.html

Écrit par : Hassan | 15/09/2009

Bonjour Hassan,

Je vous avais bien compris, c'est moi qui me suis exprimé trop vite! Ce sont les médias qui présentent ces violences récentes comme uniques, pas vous. Pour le reste je suis d'accord avec vous.

Bien à vous.

Écrit par : hommelibre | 15/09/2009

Les commentaires sont fermés.