assurances maladies (bis repetita)

Il n'y a même pas un mois je parlais des assurances maladies à cause de la hausse prévues des primes. Aujourd'hui j'en reparle, mais pour une autre raison. A l'époque je disais: "ces derniers temps, on voit les caisses se plaindre d'un acte rationnel qui est de suivre l'offre la moins cher du marché comme tout le monde. Ahhh qu'elles aimeraient un gel de la possibilité de changements! Non seulement elles n'auraient pas a baisser les prix mais en plus elles n'auraient plus à avoir peur que le consommateur agisse en acteurs éclairé!" Et ce matin, en parcourant le Matin Dimanche je découvre un article qui, justement, nous explique que le parlement possède dans sa manche un projet de loi pour interdire aux détenteurs de primes hautes de se déplacer entre assurances et niveaux de primes. Enfin, les acteurs politiques prouvent que leur seul souci est la santé! Mais celle des caisses maladies. Ce matin la joie perverse de l'envie d'un bon vieux "je vous l'avais bien dit" ne cède que face à ma colère contre cette attaque contre le sois-disant système de concurence des caisses maladies. Déjà qu'il ne fonctionne pas bien actuellement, si ce n'est pas du tout, si en plus on veut restreindre encore plus drastiquement ses caractéristiques il faudra bien, un jours, avouer que la concurence n'existe pas.

Ce qui est attaqué par ce texte est un point fondamental des théories économiques modernes: la rationalité des acteurs. selon ces théories les acteurs économiques sont rationnels pour plusieurs raisons (si on préfère A à B et B à C on ne préfèrera pas C à A par exemple). L'une de ses raisons est la capacité de calculer la balance entre couts et bénéfices d'une action en vue d'une fin. Ici, la fin est la santé et le moindre cout économique en cas de maladie. Le cout sont les caisses maladies et le bénéfice l'argent que l'on peut tirer d'elle en jouant sur les primes, la concurence et notre état de santé. Une personne malade mais rationnelle aura toujours une franchise basse pour payer le moins possible. A l'inverse, une personne en bonne santé et ne sentant pas de maladies immédiatement perceptibles, elle aussi rationnelle, prendra la franchise la plus haute pour moins payer de primes par années. La logique est enfantine!

Mais elle n'est pas du gout ni des politiciens ni des caisses maladies. Ce que ces gens veulent ce sont des citoyens soumis à payer la prime la plus haute possible. Comment pallier à la rationalité des acteurs? Exactement de la façon dont ils agissent: l'empêcher de fonctionner. Lorsqu'une personne sent que son état de santé s'abaisse elle va nécessairement recalculer le rapport couts/bénéfices pour trouver une franchise qui satisfasse un moindre cout au plus grand bénéfice. Il va jouer avec les franchises, "spéculer" pourrait on dire. Quand elle sent qu'elle ira mieux elle va, logiquement, faire ré-hausser sa franchise. Ce fonctionnement rationnel à la particularité d'agir contre les intérêts des caisses maladies. C'est pourquoi certains élus souhaitent interdire cette spéculation au nom de la solidarité.

Mais si on nous empêche de faire jouer la concurence des franchises et des caisses, si on nous empêche d'agir rationnellement et qu'on est obligé de payer cher pour un bénéfice quasiment nul le calcul des couts/bénéfices va nécessairement changer de nature! Si on ne peut plus baisser les couts des caisses on va agir d'une manière différente en se disant, le plus logiquement du monde: si c'est pour payer autant que ça serve. En d'autres termes: l'acteur va consommer de plus en plus dans le marché de la santé. Après tout, on paie tellement cher alors si ça ne sers à rien pourquoi payer? Et comme on est obligé de payer autant consommer pour avoir un bénéfice de santé proche du cout des primes n'est ce pas? Moi, en tout cas, je ferais partie de ces gens qui agiront rationnellement et iront chez le médecin pour rien, juste au cas ou, et je conseillerais à tout le monde d'agir de même pour leur propre bénéfice. Peu importe les intérêts des caisses, peu importent la solidarité. Les politiques nous ont bien montré l'exemple: ce qui compte ce sont nos intérêts propres et comment hausser nos bénéfices, pas les intérêts de la société.

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