30/10/2009

Jean-François Bergier

Jean-François Bergier est donc mort hier soir. En tant qu'étudiant en histoire je ne peux qu'être touché par cette mort. Ce n'est pas que je connaisse la personne, ni que je sois proche de la famille mais il est l'une des personnes qui ont chamboulé notre vision de notre histoire. Je dois bien l'avouer, je n'ai jamais lu le Rapport Bergier ni aucun de ses livres. C'est un manque que je pensais combler un jours ou l'autre. Je ne peux donc pas faire d'éloge envers l'être humain. Cependant je peux parler, imparfaitement, de l'historien.

Malgré toutes les critiques Bergier s'est occupé d'une seule chose: trouver la vérité et la montrer à nos yeux. Jamais il n'a voulu faire du mal à la Suisse ou détruire notre confiance en notre pays. Il a découvert un point noir dans notre histoire et il a souhaité que nous connaissions ce point pour mieux comprendre ou nous vivons. En tant qu'historien nous avons la mission d'expliquer le passé aux gens qui vivent maintenant, nous avons la mission de chercher la vérité, même celle que nous n'apprécions pas, pour montrer ce que fus vraiment notre histoire. Ce n'est pas pour s'auto-flageller ni pour accuser mais dans le but de comprendre. Il est dommage que Bergier fut si critiqué pour une avoir accompli une mission patriotique.

Hier soir, en lisant les articles du Temps, j'ai découvert une citation intéressante: «J’ai été, je suis un historien. Pour mon plaisir assurément. Il n’est pas bon historien qui fasse ce métier sans plaisir. Et pour servir. Mais servir, même si ce n’est pas évident tous les jours, c’est encore se faire plaisir.» Je ne sais pas si celle-ci suffit à décrire Jean-François Bergier mais je sais qu'elle montre une vision de l'histoire que j'accepte depuis longtemps. L'histoire est un plaisir et aussi un devoir envers la population. Malgré toutes les critiques et les toujours possibles erreurs je suis convaincu que Bergier a accompli ce devoir dans le plaisir.

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