30/11/2009

Pourquoi les étudiants se mobilisent-t-il?

En tant qu'étudiant je suis, bien entendu, directement concerné par la mobilisation actuelle des étudiants. Pour l'instant, je suis resté extérieur aux évènements proprement dit tout en écoutant et observant les différentes revendications. Je profite de mon passage dans l'auditoire occupé de mon université (ou je me trouve encore) pour essayer de savoir ce que je comprend de cette mobilisation. Déjà, contre quoi les étudiants parlent-ils? Principalement on s'attaque au processus de Bologne cependant les principales revendications sont plus locales. Suppression des taxes d'études, déscolarisation de l'université (en supprimant les listes de présences), contrôle public de l'université et aussi réorganisation des bourses sans oublier la mise en place d'une véritable mobilité européenne des étudiants.

Bien entendu je suis étudiant depuis peu de temps. On pourrait donc penser que je ne suis pas assez au courant des fonctionnements de l'institution. Même si je ne suis pas la personne le plus au courant des nouveautés instituées par le processus de Bologne j'ai pu voir plusieurs choses. Premièrement, je ressens très fortement cette pression aux crédits. Je dois réussir à avoir mes crédits pour valider une année. Si je n'y réussis pas je suis en échec ce qui peut me mener à la fin des mes études. Mais ces crédits ne sont pas un bon moyen de contrôler le travail de l'étudiant. Non seulement la charge de travail n'est pas la même selon le cours pour un même nombre de crédits mais surtout ce n'est étudier qui est devenu important mais être crédité. Durant le même temps la structure des études et plus dense et contrôlée ce qui empêche l'étudiant de travailler à coté de ses études pour vivre.

Le second point que je ressens fortement est celui de la mobilité. Le processus de Bologne est censé avoir ouvert toutes les universités d'Europe à tous les étudiants d'Europe. Néanmoins cet échange demande une préparation administrative dense: il faut préparer son plan d'études, la faire valider, s'assurer que l'on a réussi son plan d'étude actuel, trouver une université, préparer les papiers, avoir assez d'argent et s'assurer de l'accord de l'université. Même avec toutes ces précautions je connais des cas ou l'échange a été invalidé car finalement le plan d'étude préparé n'est plus reconnu ou alors ce que l'on étudiait précédemment n'est plus enseigné. On se trouve face à une administration opaque et extrêment compliquée à comprendre.

Le troisième point dont je parlerais est celui de l'argent. En tant qu'étudiant je suis censé être un privilégié. Est-ce vrai? pas du tout. En tant qu'étudiant je suis dans une situation extrêmement précaire. Je suis qualifié, dans de hautes études mais je ne peux postuler que pour du travail à temps partiel ou à l'appel et peu valorisant. Vous savez la jeune vendeuse de la Boulangerie, la caissière à la Coop ou le caissier au MCdonald du coin que vous utilisez comme exemple à vos enfants pour qu'ils travaillent bien à l'école. Une grande partie sont des étudiants l'université. Bien sur il existe des bourses et des prêts. Mais les bourses sont longues a être versées et dépendent de l'argent des parents (qui ne veulent pas toujours offrir de l'argent éternellement) et des prêts qui sont un piège pour le futur. Pouvez-vous, sérieusement, imaginez à vos enfants un avenir ou ils entrent dans la vie active et de famille avec 50 000 francs de prêts à rembourser? Moi pas.

Le processus de Bologne part d'une bonne intention. Néanmoins ses effets ne sont pas toujours bénéfiques aux universités et aux étudiants. Mais la contestation n'est pas que la. Il y a de nombreux points qui sont loin d'être réglés dans l'université. Que ce soit la scolarisation des études, les aides aux étudiants ou encore le financement de l'université. Balayer la mobilisation étudiante par le mépris de leurs inquiétudes est trop simple. Il y a de réels problèmes sur lesquels la société doit réfléchir pour posséder une université ouverte à tous, stable, de qualité et surtout capable d'offrir ses compétences à tous, que ce soient des privés ou des institutions publiques.

12:00 Écrit par Hassan dans contemporain, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |  Facebook

29/11/2009

L'interdiction des minarets n'est PAS applicable

La suisse a donc accepté une initiative populiste et inutile, la suisse a interdit les minarets. Non seulement elle est inutile parce que les lois sur les constructions sont suffisantes, parce que c'est une attaque (n'en déplaise à ses défenseurs si ils ont choisis ce symbole c'est pour une bonne raison...) contre une religion et un peuple, parce que cette religion n'est pas un problème mais aussi et surtout parce qu'elle ne résout aucun des thèmes mentionnés lors de la campagne. Non, vous n'avez pas résolu l'excision, vous n'avez pas résolu le droit des femmes, vous n'avez pas résolu non plus le problème des extrémistes (qui, d'ailleurs, existent dans TOUTES les religions). Ce qu'il se passe, et ce dont les partisans sont directement responsable, c'est une fragilisation de la suisse.

Mais ce n'est pas de ça que je vais parler. Ce que je vais dire c'est ce que la Constitution dit. Cette décisions n'est pas applicable! En tant que peuple souverain nous avons accepté les droits de l'homme. En tant que pays nous favorisons les droits de l'homme dont nous sommes l'un des protecteurs. Les droits de l'homme ne sont pas que des mots ou une signature. Ils font parties de notre Constitution et de notre mentalité. La décision d'aujourd'hui n'est pas compatible avec cette dernière.

Il y a donc deux choix: soit nous assumons nos choix d'aujourd'hui et décidons de récuser les droits de l'homme ce qui implique un retrait de notre pays du Conseil des Droits de l'homme. Soit nous assumons les droits de l'homme et nous ne pourrons pas les spolier. Cette initiative est contraire à la constitution et aux droits de l'homme. Un recourt au tribunal européen des droits de l'homme n'aboutira qu'a un résultat: une condamnation de la Suisse et une annulation de la votation. En acceptant une votation sur ce sujet inutile le gouvernement a menti au peuple en lui faisant croire qu'il avait le choix il est maintenant l'heure pour la Suisse d'assumer ses erreurs ou de récuser les droits de l'homme.

17:46 Écrit par Hassan dans contemporain, Politique | Lien permanent | Commentaires (10) | | | |  Facebook

2012

Oui j'ai été voir ce film. Depuis que je suis au courant de l'existence de film je suis un peu énervé. Encore un moyen de faire de l'argent en prenant les gens pour plus imbéciles qu'ils ne le sont avec l'utilisation de l'interprétation mal comprise du calendrier Maya. Mais bon, j'y suis quand même allé. L'histoire est donc très simple: oups il semble que la terre vit ses dernières années. Il est donc nécessaire de mettre en sécurité les animaux, quelques œuvres d'arts et une part de personnes soigneusement sélectionnées dans de gigantesques arches. Voila, ça c'est le scénario (version longue) maintenant il est temps de tout casser. Car oui, ce film n'est pas qu'un prétexte à faire de l'argent, c'est aussi un prétexte pour rendre les fantasmes de destruction de Roland Emmerich réels. Après les 30 premières minutes tout ne fait qu'exploser, tomber, exploser encore, partir en fumée, être pris sous les eaux, bouger dans tous les sens... On arriverait presque à se perdre dans tous ces mouvements chaotique.

A coté de ça on trouve des actions toutes plus invraisemblables les unes que les autres, morceaux choisis: rouler en limousine poursuivi par une faille et passer en avion entre deux immeubles en train de tomber. Sans oublier la stupidité des héros (eh bien oui, quand la Terre retrouve une phase sismique très active on va peut être pas pouvoir se poser sur Hawaï archipel volcanique et une voiture va difficilement capter la radio a 10 000 mètres d'altitude au dessus du pacifique...), leurs relations conflictuelles (le héros va t-il réussir à se faire aimer de son fils qui préféré le nouveau copain de sa maman?), quelques évènements symboliques (oh le Christ qui tombe en Amérique du Sud et la Chapelle Sixtine qui se fissure juste entre le doigt de Dieu et le doigt de l'homme), des personnages d'états stéréotypés (bien sur seuls les chefs d'états des USA et d'Italie allaient rester avec leur peuple, les autres sont trop égoïste) et on trouve un film formaté pour être vu par le plus grand nombre. Et je ne compte même pas les invraisemblances scientifiques par exemple l'explication principale: les neutrinos mutent pour réagir avec la matière... En fait, il ne faut pas voir ce film comme un film catastrophe. Non, c'est un film comique. Moi, en tout cas, j'ai éclaté de rire tout du long.

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Image: Allocine

09:37 Écrit par Hassan dans Film, science-fiction | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |  Facebook

26/11/2009

Libération de Polanski

Polanski sera donc libéré moyennant le versement d'une caution. En tant qu'être humain je ne peux que penser que cette affaire, ancienne et dont la victime souhaite l'oublie, doit se terminer. Mais en tant que citoyen je ne peux que m'insurger. Pourquoi donc? Premièrement, la caution est un moyen clair de justice à deux vitesses. Nous nous trouvons face à un cas ou nous permettons à un homme aisé de quitter la prison moyennant finance alors qu'un homme ordinaire, vous, moi, eux, ne pourraient pas bénéficier de cette mesure. Secondement, cet homme a eu un soutient international par d'autres artistes et des politiciens.

Pourquoi cela me scandalise-t-il? Non seulement ces personnes ne souhaitent pas que la justice puisse faire son travail (au nom de la supériorité de l'artiste?) mais surtout, et c'est la mon problème, ils soutiennent Polanski et non des cas. Je ne conteste pas leurs arguments, ce que je conteste c'est que ces personnes ne soutiennent qu'un homme alors que je suis convaincu que des hommes, encore une fois dit ordinaire, n'auraient pas eu un tel soutient médiatique. Soyons réalistes et soyez honnêtes, aurions nous vu une telle mobilisation pour Roger de Perpetlesouates, camionneur, qui aurait été dans le même cas? Bien sur que non! Vous l'aurez compris ce que je n'apprécie pas c'est que l'impression que certaines personnes puissent être au dessus de la justice des simples mortels et pouvoir s'en sortir alors que de simples mortels seraient encore en prison sans espoir de la quitter.

Ce que j'apprécie pas c'est l'impression d'une justice a deux vitesses dépendant de l'argent. Ceci étant particulièrement visible dans cette affaire et dans la récente affaire d'accident impliquant trois jeunes russes alors que moi, si j'étais conducteur jeune ayant eu un accident n'impliquant que moi et sans avoir mis en danger une autre personne, j'aurais surement déjà été convoqué au tribunal. Ais-je raison? je ne sais pas.

11:19 Écrit par Hassan dans contemporain, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : justice | | | |  Facebook

Rome et ses dieux par Robert Turcan

Titre: Rome et ses dieux51VEQZGVJ0L._SL500_AA240_.jpg
Auteur: Robert Turcan
Éditeur: Hachette Littératures 1998
Pages: 272

Quand on observe la Rome antique on découvre une civilisation fondamentalement différente de la notre. La religion, en particulier, baigne la vie romaine. Tout, à Rome, est religion et piété. C'est pour mieux comprendre cet aspect de l'Urbs que j'ai voulu lire ce livre de Turcan. Ce dernier a décidé de ne pas suivre un schéma chronologique mais de diviser les cultes selon trois caractéristiques: la famille, la ville et l'empire. Bien entendu le dernier terme ne peut être étudié que depuis Auguste Octave, peut être un peu plus en arrière si on se préoccupe des prémices. Grâce à ce schéma nous pouvons retrouver toute la richesse de la religion romaine. On découvre rapidement que la religion familiale est la base de la religion de la ville. Mais nous découvrons aussi une piété à la fois conservateur à l'extrême, au point de continuer des rituels dont la signification est oubliée, et à la fois ouverte aux nouveauté par l'acceptation de cultes étrangers ou l'Evocatio de dieux étrangers. Oui, les romains s'imaginaient être le peuple le plus pieux. C'est en tout cas un peuple avec une religion d'une richesse surprenante.

Il se dégage de mes quelques lignes que j'ai conçu une certaine fascination pour cet aspect des romains. Néanmoins, ce n'est pas mon sujet préféré et je ne crois pas que j'irais plus loin. Turcan analyse le sujet d'une manière qui me semble pertinente mais son livre est surtout une présentation des différents cultes et de leur évolution. Je n'ai pas eu l'impression de comprendre la religion romaine à la fin du livre. Je ne sais pas si c'est possible mais j'aurais apprécié une analyse des conséquences et de l'utilisation de ces cultes. Mis à part ce point ça reste un bon livre qui permet de se faire une idée claire de la religion romaine.


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09:34 Écrit par Hassan dans antiquité, Histoire, Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : rome, culte, religion | | | |  Facebook

22/11/2009

Les bannis et les proscrits: la guerre de la sor'cière par James Clemens

Titre: les bannis et les proscritsguerre de la sorciere.jpg
Tome: La guerre de la sor'cière
Titre original: Wit'ch War
Auteur: James Clemens
Traducteur: Isabelle Troin
Éditeur: Bragelonne 2008 pour la traduction (2000 édition originale)
Collection: Milady
Pages: 794

Il y avait longtemps que je voulais connaitre la suite de l'histoire. Si vous vous en souvenez (mais j'en doute) j'avais commencé par me méfier de cette histoire pour finalement l'apprécier lors du second tome. Ici je parlerais du troisième tome. Mais, tout d'abord, que s'y passe-t-il? Eh bien nous avions laissé El'ena devant son armée de dragons après une fuite éperdue. A présent les choses sérieuses peuvent commencer: il est temps de contre attaquer pour mettre la main sur le Journal Sanglant. Pour cela il faudra réunir les différents amis d'El'ena, bien que certains ont d'autres quêtes à accomplir, mais surtout il faudra renouer le lien ancestral entre les Mer'ai et les Sanguinaires. Seul leur alliance permettra de percer les défenses de l'ile de Val'loa ou se trouve le grimoire. Malheureusement, ce n'est pas si simple et El'ena devra se défendre à maintes reprises avant de pouvoir agir tout en essayant de garder le contrôle d'elle-même pendant que certains de ses compagnons la quittent ou la trahissent....

Je ne sais toujours pas comment Clemens a fait pour se retrouver dans toutes ses intrigues secondaires. Heureusement, la plupart des personnages restent autours d'El'ena. Une El'ena qui a changé d'ailleurs, nous n'avons plus une petite fille mais quasiment une femme accomplie. Dans le sens littérale comme le sens figuré. Clemens est toujours aussi fort pour créer des atmosphères et il a réussit à me marquer avec une scène que je trouve magnifique lors de laquelle El'ena perd le contrôle sur elle-même et s'abandonne au pouvoir. J'ai aussi bien aimé le thème de la trahison: comment réagir lorsqu'on sait qu'une personne va trahir mais que l'on ne sait pas si ce savoir est vrai? Ne pourrais.ce pas être un piège? Néanmoins, bien qu'il faille être très fort pour garder autant de fils narratifs différents dans une cohérence sans failles on a toujours l'impression que c'est un bon moyen pour Clemens de faire intervenir des protagonistes au bon moment pour sauver les meubles. Je suis, tout de même, impatient de connaitre la suite.

18/11/2009

La crise de l'état-providence par Pierre Rosanvallon

Titre: La crise de l'état-providence51Q06K6NYTL._SL500_AA240_.jpg
Auteur: Pierre Rosanvallon
Éditeur: Seuil 1981
Pages: 190

Rosanvallon est un historien que j'ai précédemment lu dans La contre-démocratie : La politique à l'âge de la défiance dont j'avais apprécié la façon de décrire et d'expliquer les mécanismes de la démocratie. Ici, il parle de l'état-providence et de sa critique par le néo-libéralisme. A l'époque, l'état-providence français était en crise alors que le monde était dans la crise des années 70. Alors que la productivité était en berne les taxes sociales et les couts sociaux étaient en hausse. C'est donc un livre que l'on pourrait considérer comme dépassé. Cependant, il nous donne des informations intéressantes. Non seulement on a la vision contemporaine de l'état-providence mais aussi les débuts du néo-libéralisme en France. Plus important, Rosanvallon nous donne des pistes à suivre pour réformer l'état-providence. Des pistes qui, je pense, sont toujours possibles actuellement.

L'auteur a divisé son livre en trois parties. La première est constituée de chapitre explicatif sur l'état-providence et son histoire. Il nous donne des clefs de compréhension sur cette crise et le pourquoi de cette crise. L'auteur va plus loin que les causes économiques et pense que les causes sont aussi et avant tout sociologiques. La crise est due à un changement social, ou plutôt, une société de plus en plus individualisée et trouble. On ne sait plus qui est qui ni ou l'on se trouve dans la stratification sociale et personne ne peut plus s'occuper de lui-même de manière autonome. La seconde partie analyse le néo-libéralisme. Rosanvallon essaie de comprendre cette doctrine et ses conséquences. Pour cela, il analyse plusieurs auteurs clefs comme Rawls pour ne prendre qu'un exemple. Il démontre aussi certaines incohérences dues à l'incapacité de la théorie néo-libéraliste à penser un état minimal (voir un état absent) au profit d'un marché tout puissant. Surtout, il considère que si cette thèse a eu le vent en poupe c'est parce qu'elle était la seule théorie à penser le futur.

La troisième partie, peut être la plus intéressante, est celle ou l'auteur nous donne sa pensée. Selon lui, il faut réautonomiser les personnes via des structures sociales locales, peu bureaucratisées et proches des personnes. Il faut redonner une identité sociale et un lien dans la société entre les individus. Rosanvallon essaie, en fait, de transcender l'alternative privatisation/étatisation pour trouver un modèle plus sociologique. L'auteur présume que l'état devrait abandonner certaines charges centralisées pour ne faire que chapeauter plusieurs techniques manipulables et, nécessairement, moins chers. Pour terminer son livre l'auteur a aussi ajouté des "fiches" annexes considérant quelques aspects historiques, théoriques et quantitatifs. Je ne suis, personnelement, que peu intéressé par la question mais j'ai tout de même apprécié le livre et je pense que certaines des idées développées pourraient être, peut être, mises en place.


Image: Amazon.fr

15/11/2009

A la recherche du moyen âge par Jacques le Goff

Titre: A la recherche du moyen age510BTXRKPNL._SL500_AA240_.jpg
Auteur: Jacques le Goff
Éditeur: Louis Audibert 2003
Pages: 176

C'est un petit livre pour une grande histoire: celle du moyen âge. Cependant, ce n'est pas que l'histoire du moyen âge c'est aussi l'histoire de Jacques le Goff par lui-même. La substance du livre est formée par une série d'entretiens menés par Jean-Maurice de Montremy et les réponses de Le Goff. Durant ces entretiens nous découvrons, non seulement, la vision que Le Goff a de l'époque médiévale mais aussi l'histoire de sa vie. Comment en est-il venu à étudier l'histoire et cette époque en particulier? Quels ont été ses maitres à penser et comment en est-il venu à étudier des sujets particuliers tels que les banquiers et les intellectuels?

Les réponses remaniée par leur propre auteur, nous découvrons un livre pensé en cinq chapitres. Ceux ci brossent un portrait large de l'époque médiévale selon Le Goff. Nous passons du moyen âge constamment renaissant et à la recherche d'une ancienne perfection qu'il pense avoir perdu au moyen âge des banquiers puis des intellectuels. Ensuite Le Goff se pose la question du caractère de civilisation de l'Europe médiévale, un caractère qui ne va pas de sois mais qui permet de se poser des questions sur la féodalité (qui n'est pas ce que l'on croit) et il finit par l'aspect religieux. Bien entendu, le dernier chapitre est un peu artificiel puisque la religion est par intégrante du moyen âge dans tous ses aspects. La premier chapitre est plus spécifiquement biographique puisqu'il permet à Jacques le Goff de dire comment il est devenu médiéviste et quels sont les notions contre lesquelles un médiéviste doit se battre. Par exemple, la pensée largement partagée d'un "âge noir" de terreur et de barbarie.

On ne comprendra pas tout le moyen âge en lisant ce livre, il n'y a tout simplement pas la place. Néanmoins, ce livre permet d'avoir une idée générale assez claire de ce qu'est véritablement l'époque médiévale: une civilisation créatrice et vivante. Plus que ça, une civilisation qui a fondé la notre, dont nous venons que cela nous plaise ou non. Ce livre est aussi, et surtout, un moyen d'avoir une idée générale des idées de Le Goff. C'est une sorte de courte synthèse de ses travaux et, aussi, de l'auteur.


Image: prise sur amazon.

08/11/2009

Démons et Génies du terroir au moyen âge par Claude Lecouteux

Titre: Démons et Génies du terroir au moyen âge51%2BPLxCHW0L._BO2,204,203,200_PIsitb-sticker-arrow-click,TopRight,35,-76_AA240_SH20_OU08_.jpg
Auteur: Claude Lecouteux
Éditeur: Imago 1995
Pages: 218

Lorsque j'ai du rendre mon premier travail universitaire, sur la mort au moyen âge, j'ai croisé quelques livres de Claude Lecouteux. Comme ils ne m'étaient, à l'époque, pas utile je les ai rapidement oublié après avoir noté leur existence. Aujourd'hui, j'ai décidé d'en lire un sur un sujet qui m'a interpelé. Un sujet d'un certains coté religieux mais que l'on nommerait plutôt folklorique. La question qui m'intéressait concernait les fées, lutin et autres génies du terroir et la signification de leur existence. Comment l'homme organise sa vie face à ses génies et quels sont les rituels qu'il met en place pour vivre en harmonie? Lecouteux essaie de répondre à ces questions dans ce livre mais il a aussi écrit d'autres recherches que cela soit sur les vampires, les monstres ou les esprits des morts.

Ici, il a décidé de diviser sa recherche en trois parties. La première est une sorte de définition du sujet. Quels sont ces génies? ou les trouve-t-on? comment agissent-ils? Et surtout pourquoi sont-ils la? La seconde partie concerne l'humanisation et la protection de l'habitat des hommes. Autrement dit, les rites utilisés pour se protéger et vivre à un endroit qui, auparavant, appartenait aux génies. La troisième partie concerne les parties du monde ou les démons et génies vivent et leur possible retour dans un lieu anciennement, ou encore, habité.

Lecouteux, pour sa démonstration, utilise beaucoup de textes dans des traditions germaniques. Il nous permet de voir la centralité du monde mystique ou religieux au moyen âge. Lorsqu'on lit ce livre on apprend que le monde était véritablement coupé en deux entre les humains et les forces plus ou moins religieuses. L'homme les voyait, les craignait, se battait contre et rencontrait les génies partout. D'où une grande importance des rites pour pouvoir s'établir en un lieux. D'où, aussi, le respect du aux différents endroits habités par ces anciens dieux: les forêts, montagnes et étendues d'eau. Comme Lecouteux le dit en conclusion, d'une certains façon l'existence de ces génies obligeait l'homme à respecter la nature, une nature sauvage qui pouvait contre.attaquer et reprendre ses droits en cas de viol ou de faute par l'homme. Justement, lorsque nous étudions ces rituels païens nous découvrons une lutte de la civilisation contre le sauvage, Ces rites sont un moyen de civiliser un lieu pour permettre à l'homme d'y habiter sans risques. Un moyen de pacifier les génies de l'endroit, de compenser sa perte. Néanmoins, après avoir fini ce livre un sentiment de déception s'est fait jours. Il n'est pas mauvais ni inintéressant mais j'avais une impression d'inachèvement. L'impression que Lecouteux n'est pas allé assez loin dans sa recherche et dans les significations des rituels. Peut être n'étais ce pas son but ou n'a-t-il pas pu le faire à cause du manque de sources?


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09:32 Écrit par Hassan dans Histoire, Livre, moyen âge | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : démons, terroir, génies, moyen age, lecouteux | | | |  Facebook

06/11/2009

Dragon Déchu

Titre: Dragon Déchudragon.jpg
Titre original: Fallen Dragon
Auteur: Peter F Hamilton
Traducteur: Nenad Savic
Éditeur: Bragelonne 2003 pour la traduction (2001 édition originale)
Collection: le livre de poche
Pages: 952

Dragon Déchu est un autre livre de Peter F Hamilton. Cette fois Hamilton se concentre sur la vie de Lawrence Newton. Ce dernier, lorsqu'il était encore adolescent, avait le rêve de piloter un vaisseau à travers les étoile pour découvrir de nouveaux mondes, de nouvelles civilisations. Mais son père l'en empêcha par un acte cruel de trahison. Newton s'est donc échappé pour accomplir son rêve. Cependant, vingt ans plus tard, il n'est que sergent dans l'armée d'une entreprise de la Terre. Sa mission: faire en sorte que les populations des colonies se tiennent à carreau pendant que sa compagnie pille les ressources industrielles. Comment il le fait? Avec l'aide d'une armure et de colliers personnelles pouvant être détruit à distance avec son porteur. Au lieu d'un découvreur il est donc devenu un pirate. Mais, quand il retourne sur Thallspring, ils se rappelle d'une ancienne mission ou il avait découvert quelque chose qui n'était pas logique. Et cette fois il est bien décidé à découvrir qu'elle est cette richesse dans le dos de sa compagnie.

Lawrence n'est pas spécialement un mauvais gars mais j'avoue avoir eu envie de lui botter les fesses plusieurs fois durant ma lecture. Non seulement il est un peu égoïste mais il est incapable d'ouverture d'esprit face à des gens qui ne souhaitent qu'avoir le choix. Tout dans sa vie se résume à une seule chose: naviguer dans l'espace. Et tout doit l'aider à y réussir, volontairement ou non. J'ai, personnelement, beaucoup apprécié les descriptions de cette société post-démocratique au libéralisme extrême. Hamilton décrit un monde ou les états sont devenus impuissant au profit de grandes compagnies mondiales. On ne fait plus partie d'un état mais d'une entreprise et on peut prendre des décisions selon l'argent qu'on y investit. Le processus anti-démocratique par excellence. Heureusement, il y a toujours des résistances. Ce livre n'est, en fait, qu'une gigantesque quête à la recherche de ce qui suffit pour vivre. La vie de Newton n'est qu'un parallèle de la vie de Mozark dont l'histoire est contée par un autre personnage. Le reste, si on a lu les autres livres d'Hamilton, est attendu. Des humains améliorés, de l'informatique partout, un capitalisme libérale extrême et, surtout, une sorte de deus ex machina pour dénouer l'intrigue. Ce qui en fait un livre intéressant mais pas exceptionnelle.

03/11/2009

La nef des fous

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Titre original: Ship of fools
Auteur: Richard Paul Russo
Traducteur: Patrick Dusoulier
Éditeur: Le Bélial' 2006 pour la traduction (2001 édition originale)
Collection: Pocket science-fiction
Pages: 473

J'ai lu plusieurs critiques de ce livre sur l'Internet, j'étais curieux je le suis donc procuré pour me faire une idée. D'ailleurs, l'histoire, a priori, me plaisait. Celle-ci se déroule dans le vaisseau Argonos qui navigue depuis des générations dans l'espace en prenant contact, parfois, avec des colonies humaines. Lorsque nous commençons l'histoire il y a quatorze ans que l'Argonos n'a pas contacté une civilisation humaine et n'a pas pu laisser ses habitants se poser sur un monde. Ce fait crée une situation politique dangereuse pour le Capitaine qui doit faire face au mécontentement général et aux assauts politiques de l'évêque du vaisseau. Cependant, le vaisseau se dirige vers une nouvelle planète rapidement baptisée Antioche qui envoie dans l'espace un signal radio. Mais, lorsqu'une équipe d'exploration se pose sur le sol, on ne découvre aucun être humains: seulement des squelettes et des corps torturés. Que s'est il passé? Y a-t-il un lien avec le vaisseau alien découvert peu de temps après? C'est ce que le personnage principal, Bartolomeo, souhaitera découvrir.

L'histoire, a priori, est très intéressante et se divise en trois parties. La première se déroule sur Antioche, la seconde dans l'espace lors de l'exploration du vaisseau alien et la troisième dans le vaisseau Argonos. Il y a plusieurs mystères dans ce livre et Richard Paul Russo est assez habile pour ne pas nous donner les informations à la pelle. On a l'impression de ne découvrir aucune réponse et de n'avoir que d'autres énigmes. Même le vaisseau Alien est construit de manière à ne donner aucun points de repaires. Néanmoins, l'histoire n'est pas si intéressante. Je ne sais pas pourquoi mais je n'ai pas ressenti d'exaltation lors de ma lecture. J'étais curieux, oui, mais pas attaché aux évènements. J'ai l'impression quelque chose manque. Mais il ne faut pas croire que c'est un mauvais livre. C'est un livre intéressant à lire, dont l'histoire est logique et dont on a envie de connaitre la fin. En somme: c'est un bon livre mais pas parfait.

10:02 Écrit par Hassan dans Livre, science-fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : nef des fous, richard paul russo | | | |  Facebook