30/12/2009

L'invention de la culture hétérosexuelle par Louis-Georges Tin

Titre: L'invention de la culture hétérosexuelle612ExdOT8JL._SL500_AA240_.jpg
Auteur: Louis-Georges Tin
Éditeur: Les éditions Autrement 2008
Pages: 201

Voila un petit livre qui pourrait choquer certaines personnes car ce livre a un but: prouver que l'hétérosexualité n'est pas originaire de la nature mais d'un programme culturel. Pour cela l'auteur s'est consacré à trois thèmes précis: la culture des chevaliers, celle de l'église et celle de la médecine. Ceci depuis le moyen âge jusqu'à maintenant. En lisant ce livre on découvre que la culture hétérosexuelle comment à exister depuis le XII ème siècle. Auparavant, l'homosocialité règne avec son culte de l'amitié virile et son mépris de la femme. Mais il ne faudrait pas croire que la femme soit mieux traitée après l'arrivée des troubadours. Elle reste un objet.

On découvre une résistance sur deux points. Les chevaliers résistent car la virtus de l'homme est en danger de molitia à cause de l'amour. L'église résiste car l'attirance pour la femme crée un problème de sexe. Les deux essaient de bloquer cette nouvelle hétérosexualité et traitent avec elle (par traiter j'entends bien sur un dynamisme culturel et social inconscient). L'église, par exemple, essaie de substituer le culte de la femme par le culte de la Vierge, mère de Dieu et donc possible receveuse de l'amour destiné à Dieu. On trouve aussi l'idée médicale selon laquelle l'amour est une maladie qu'il faut traiter. Cette idée restera longtemps.

Néanmoins, le champs médical deviendra bientôt un ami des hétérosexuels en créant un individu vraiment malade: l'homosexuel. Ce dernier regroupe les tares de l'amour. Il est molitia, efféminé, et est fauteur de péché sexuel. C'est donc le bouc émissaire tout désigné de la nouvelle culture. Cette dernière étant, au XX ème siècle, victorieuse. Tellement victorieuse que l'existence d'anciens artistes ou grands hommes probablement coupables d'homosocialité ou d'homosexualité créent un problème: comment les faire découvrir aux enfants tout en leur évitant de voir leurs tendances? C'est ici que j'ai eu ma plus grosse surprise. J'ai découvert que certains livres offerts durant le cursus scolaire sont expurgés de leur contenu et même modifiés.

C'est donc un livre très intéressant que nous offre Louis-George Tin. Néanmoins, c'est un livre inachevé. Il réussit à prouver la création de la culture hétérosexuelle mais il passe trop rapidement sur des points importants. Cependant, l'auteur a l'honnêteté intellectuelle de reconnaitre ce manque. Il considère son livre non comme une synthèse mais comme une ouverture pour des recherches futures. Espérant qu'elles existeront.

Image: Amazon.fr

26/12/2009

Les Annales du Disque-Monde. La huitième couleur par Terry Pratchett

Titre: Les Annales du Disque-Mondehuitieme couleur.jpg
Tome: La Huitième couleur (1)
Titre original: The colour of magic
Auteur: Terry Pratchett
Traducteur: Patrick Couton
Éditeur: Pocket Fantasy (l'Atalante 1996 pour la traduction et Colin Smythe Ltd 1983 première édition originale)
Pages: 265

Comment résumer un livre de Pratchett? C'est un exercice difficile puisque les Annales du Disque-Monde sont résolument absurdes. Je sais, en tout cas, que ce livre est le premier tome parus dont l'intrigue se déroule sur ce monde particulier. Il nous emmène dans la ville d'Ankh-Morpork ou le mage raté Rincevent fait connaissance avec un drôle de personnage suivi d'un tout aussi drôle de coffre: Deuxfleurs. Ce dernier n'étant ni bête, ni inconscient mais un touriste. Chargé, contre sa volonté, de sa sécurité Rincevent devra le suivre dans toutes les contrées du Disque-Monde, vivant aventures sur aventures, périls sur périls, jouant avec la mort dans un pessimisme et une terreur toujours croissantes avec un ami toujours naïf.

Absurde. C'est le mot qui convient pour parler de cette intrigue. Le monde de Pratchett est une absurdité gigantesque. Mais aussi un bon moyen de se moquer de tous les canons de la Fantasy actuelle. Depuis les cultes étranges, en passant par les dieux et sans oublier les héros sans cervelles. Pratchett essaie de se moquer d'un maximum de la Fantasy avec un certains succès. Même si, parfois, on est dérouté par les évènements décris qui peuvent rapidement nous prendre au dépourvu.

24/12/2009

Le cerveau vert par Frank Herbert

Titre: le cerveau Vertcerveau vert.jpg
Titre original: The Green Brain
Auteur: Frank Herbert
Traducteur: Jacqueline Huet
Éditeur: Pocket 2009 (Ace Books Inc 1966 première édition originale)
Pages: 243

Le monde est divisé en deux zones: la verte contrôlée écologiquement et la rouge encore à conquérir pour l'homme. L'histoire se déroule auprès de l'une de ces zones rouges, en Amérique du sud, encore infestée par les insectes et d'autres espèces inutiles aux humains. Pour conquérir cette terre dangereuse l'humanité a conçu de multiples instruments et détruit tout insecte sur son passage à coup de poisons et attaques soniques. Mais d'étranges rumeurs s'entendent dans les rues. Il y aurait des insectes géant dans la jungle, des humains étranges... Joao Martinho l'un des chefs de cette guerre connait ces rumeurs, il les croit mais n'arrive pas à convaincre les autorités. Mais y aurait il vraiment de nouveaux insectes ou alors des humains auraient-ils créé des automates? C'est ce qu'il va devoir chercher à savoir.

C'est un livre d'écologie. C'est clair est facile à comprendre. On comprend rapidement ou l'auteur souhaite en venir: l'écologie est un système dont chaque composantes a son utilité. Mais l'envie de lire n'y est pas. On ne sent pas pris dans l'histoire, les personnages ne semblent pas vraies mais bizarrement artificiel. La façon dont Herbert fait interagir les personnages et leurs pensées n'est vraiment pas intéressante. L'histoire elle-même ne m'a pas vraiment intéressé et j'aurais vraiment du mal à entrer dans l'intrigue. Honnêtement, ce n'est de loin pas un bon livre. A la fois trop court, trop confus et trop peu travaillé.

23/12/2009

La démarche d'une recherche en sciences humains de la question de départ à la communication des résultats par François Dépelteau

Titre: La démarche d'une recherche en sciences humains de la question de départ à la communication des résultats41Sj4PGXGuL._SL500_AA240_.jpg
Auteur: François Dépelteau
Éditeur: De Boeck Université pour l'Europe (Les Presses de l'université de Laval 2000)
Pages: 417

Voila un livre sur lequel il sera difficile de parler. Non seulement le sujet n'est pas des plus intéressant mais surtout le titre n'est de loin pas attirant. De plus, ce livre est destiné surtout aux étudiants apprenant à faire de la recherche. C'est donc un manuel de méthode avec tout ce que cela implique: rigueur, théorie, résumés... Dépelteau a donc créé un livre dense qui permet de connaitre la façon dont on est censé faire une recherche en sciences humaines. Pour cela l'auteur commence par définir ce qu'est la science et les différents paradigmes de la science humaine. Ensuite il décrit les démarches du chercheur pour terminer par la façon de communiquer les résultats.

Pourquoi le lire quand on n'est pas étudiant (certains étudiants pourraient dire "pourquoi le lire?"). Premièrement ce livre n'est pas si ennuyeux que cela. L'auteur réussit à mettre en place une dose d'humour sympathique entre les pages. Secondement, et surtout, pare que pour critiquer une recherche il faut la comprendre. Ce livre permet à tous de mieux comprendre la manière de travailler des chercheurs en sciences humaines. Il est donc plus facile, ensuite, de critiquer leur travail et de ne pas prendre les résultats pour paroles d'évangiles. Néanmoins il ne faut pas mentir. Ce livre reste un manuel de méthode un peu ennuyeux.


Image: Amazon.fr

09:44 Écrit par Hassan dans Histoire, Livre, Politique, Science | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : méthode, sciences humaines | | | |  Facebook

22/12/2009

Avatar

Avatar semble être le film à voir cet hiver. Bien que j'aie été sceptique (comment peut on savoir six mois avant la sortie du film qu'il sera bien?) j'ai décidé d'aller le voir. Non seulement il avait l'air beau mais il était aussi probablement divertissant. Avatar est un nom de code. Le nom d'un projet scientifique se déroulant sur Pandora et consistant à "piloter" mentalement un corps à la fois pandoréen et terrien car l'atmosphère de la planète Pandore est toxique pour les humains. Le but est d'offrir aux na'vys des cadeaux de la civilisation humaine en échange de leur neutralité lors des activités industrielles des humaines. Malheureusement pour les actionnaires ça ne fonctionne pas et la tribu vit sur la plus grande masse de minerais des environs. C'est dans ce contexte qu'un marines est envoyé sur la planète pour apprendre les us et coutumes des autochtones et leur faire des offres en échange de leur départ. Ce dernier comprendra rapidement que ça ne marchera pas et se prend de fascination pour cette société si intégrée dans son environnement.

Pour un beau film c'est un beau film! La planète est superbes, les images magnifiques et les pandoréens (bien que très humains) assez exotiques. Le message écologique est, bien entendu, au centre du film. A travers la déesse des Na'vys on retrouve une Gaïa directement reliée aux animaux par des un réseau neuronal. Le monde de Pandore est un immense réseau intelligent ou tout est relié et lié. Pas de différence avec le réseau écologique terrien mis à part que les Na'vys ont directement accès à ce réseau et à sa mémoire et que celui-ci est intelligent. le second thème, bien entendu, est l'incompréhension entre les peuples. Les humains font tout pour offrir des cadeaux dont les na'vys n'ont que faire, ils ont déjà tout, et sont incapable de comprendre leur société et mode de fonctionnement. Il n'y a que les scientifiques qui tentent de comprendre. On pourrait aussi y voir un troisième thème: une condamnation des militaires. La société terrienne sur Pandora est fortement militarisée. L'ennui c'est que les militaires sont entrainés à combattre et à réfléchir en termes d'ennemis-amis. D'où un aveuglement profond des autorités militaires et une incompréhension totale des indigènes considérés comme une menace à éradiquer. On pourrait sortir de ce film en pensant que l'on ne peut pas faire confiance aux militaires pour s'occuper du monde.


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Image: Allociné

10:04 Écrit par Hassan dans Film, science-fiction | Lien permanent | Commentaires (3) | | | |  Facebook

15/12/2009

Marx et l'histoire

Titre: Marx et l'histoire41-FnwPeZDL._SL500_AA240_.jpg
Auteur: Eric Hobsbawm
Éditeur: Demopolis 2008
Pages: 203

Le titre peut être trompeur, ce ne sont pas des textes inédits de Marx mais un recueil de conférences et articles d'Hobsbawm. Tous ces textes, courts, ont un point commun: ils montrent le point de vue de l'auteur sur l'histoire. Ce sont donc dix conférences qui font le point sur les méthodes historiques selon Hobsbawm. Commençant par la hausse du barbarisme en occident il essaie aussi de justifier son marxisme en tant qu'historien. Selon lui, Marx est le seul penseur a avoir créé un système qui permette de pouvoir voir, a peu près, le dynamisme historique. Nous y trouvons aussi plusieurs réflexions sur l'histoire du temps présent qu'il considère changeant selon la personne qui l'a fait. Troisièmement, Hobsbawm y est aussi montré lors de plusieurs conférences luttant contre ce qu'il appelle les "mythes de l'histoire" autrement dit les histoires nationalistes qui se disent anciennes alors qu'elles sont très récentes. Au fil des pages nous découvrons ce que Hobsbawm considère comme la mission de l'historien: démythifier l'histoire et se mettre au service de la population même si elle ne le souhaite pas ou refuse les conclusions historiques.

En tant qu'étudiant en histoire je n'ai pas qu'être enrichi par les pensées de cet auteur connu. Je peux ne pas être d'accord mais je dois être honnête: la pensée de Hobsbawm me semble suffisamment rigoureuse et précise pour être prise au sérieux. Mais si j'en parle ici c'est que ce livre n'est pas utile qu'a l'historien. N'importe qui, en le lisant, peu comprendre le décalage existant entre la conception populaire de l'histoire et celle qui ressort dans les livres professionnels. Comme on le sait: les acteurs de phénomènes historiques ne se reconnaissent jamais dans le traitement que l'historien fait de cet évènement. Ce livre explique pourquoi. C'est pourquoi je considère qu'il peut être salutaire pour tous de le consulter.


Image: Amazon.fr

09:49 Écrit par Hassan dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire, méthode | | | |  Facebook

13/12/2009

Ces allemands qui ont affronté Hitler par Gilbert Badia

Titre: Ces allemands qui ont affronté Hitler51EPPPN89ZL._SL500_AA240_.jpg
Auteur: Gilbert Badia
Éditeur: Les éditions de l'atelier / les éditions ouvrières 2000
Pages: 254

Comme beaucoup, et même si j'étudie l'histoire, j'ai découvert l'existence de résistances allemandes en regardant le film Walkyrie relatant l'attentat de Staufenberg contre Hitler. Comme un film d'hollywood reste ce qu'il est j'ai voulu m'informer d'une manière plus précise. C'est pourquoi, il y a quelques mois, j'ai noté le titre de ce livre pour une lecture future. Je l'ai maintenant terminé.

Il est tout de même difficile de parler de cette période. Les erreurs peuvent être très mal ressenties et on peut rapidement glisser dans des présupposés. Badia, avec ce livre, a voulu effacer une erreur de l'historiographie qui est celle de l'oubli de la plupart des résistances allemandes. Oubli tributaire, comme il nous le montre, de la situation politique lors de la Guerre Froide. L'auteur nous donne un large panorama de multiples résistances. Nous avons des informations sur les communistes, la Rose Blanche, l'Orchestre Rouge, les sociaux-démocrates sans oublier de parler des églises.

Ce qui, probablement, fait la force de ce livre ce n'est pas le récit, intéressant, de ces résistances mais l'analyse que Badia fait des raisons de l'échec des résistants. Selon lui, cet échec est imputable à la désorganisation des résistances qui s'ignoraient voir se combattaient, l'atermoiement de certains, les changements de points de vues (les militaires passent de la crainte à l'enthousiasme envers Hitler pour ensuite essayer de se débarrasser de lui avant que l'Allemagne ne soit détruite). Il explique en quoi la propagande hitlérienne a réussit à se diffuser dans le peuple allemand que les résistants oublient voir ne comprennent pas. En guise de conclusion Badia nous donne quelques informations sur des résistances plus méconnues ou dont il ne pouvait pas parler.

C'est donc un livre riche et construit de manière intéressante qui nous permet d'avoir une bonne idée de la réalité des contestataires allemands. Il nous permet aussi de ressentir la force de la répression policière et de la Gestapo. Mais c'est surtout un hommage à ces hommes et femmes qui, au péril de leur vie, se sont battus, parfois tardivement oui, pour une certaine conception de la liberté. Malgré toutes les critiques qu'on peut le faire on ne peut qu'admirer ce courage dont tout le monde ne saurait probablement pas faire preuve.


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02/12/2009

Yggdrasil. La religion des anciens scandinaves par Régis Boyer

Titre: Yggdrasil. La religion des anciens scandinaves51Sc-zEhV3L._SL500_AA240_.jpg
Auteur: Régis Boyer
Éditeur: Payot 1981
Pages: 249

C'est par hasard, dans un autre livre de Régis Boyer, que j'ai rencontré les Vikings. J'ai découvert une civilisation fascinante. Une civilisation basée sur la vitalité, l'ordre et la fatalité acceptée. Alors que je connaissais les Vikings par les préconçus: des brutes sanguinaires quasiment invincibles. J'ai découvert une civilisation qui a permis à un peuple de survivre dans un environnement dangereux. Une civilisation non pas de guerriers mais de navigateurs commerçants qui savent que, parfois, menacer d'une arme est plus efficace que négocier. C'est pourquoi j'ai souhaité mieux les connaitre en lisant cet autre livre de Régis Boyer.

Le livre, comme Boyer semble souvent le faire, nous donne la façon dont l'auteur a travaillé, ses hypothèses et son découpage chronologique. Je vois rarement ce genre de chapitres qui doivent être pensés comme peu intéressants. Au contraire, ils permettent de mieux comprendre le propos du livre et sa structure. L'auteur, ensuite, se base sur la structure qu'il nous a présenté pour présenter la religion scandinave dans un ordre chronologique. Ce qui nous permet de sentir, en partie, le changement temporel qui affecte toutes choses humaines. L'auteur termine par deux synthèses cosmogoniques: l'une est horizontale et parle de l'histoire mythique, la seconde nous parle de la verticalité d'Yggdrasil. En conclusion, Boyer tente d'expliquer pourquoi les scandinaves se sont convertis au Christianisme si facilement.

Bien que très intéressant ce livre est tout de même assez compliqué. Bien entendu il faut s'attendre a ce qu'un livre sur les scandinaves comprenne des termes de scandinaves. Mais cela ne gêne pas trop la lecture. régis Boyer nous permet d'avoir une bonne connaissance de ce qu'est la religion viking avec ses changements successifs et ses caractéristiques. Néanmoins, on peut se demander si la vieillesse du livre implique que celui-ci soit dépassé? Pour répondre à cette question il serait nécessaire connaitre les propos des autres chercheurs. En attendant, je pense que cette synthèse est tout a fait valable et intéressante.


Image prise depuis Amazon.

09:57 Écrit par Hassan dans Histoire, moyen âge | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : vikings, régis boyer, religion | | | |  Facebook