24/06/2010

Le meilleur des mondes par Aldous Huxley

Titre: Le meilleur des mondes410ZV9PE4QL._SL500_AA300_.jpg
Titre original: Brave new world
Auteur: Aldous Huxley
Traducteur: Jules Castier
Éditeur: Pocket (Huxley 1932 édition originale)
Pages: 284

J'avais déjà ce livre il y a longtemps, près de dix ans, sans le comprendre parfaitement. Bien entendu, l'aspect politique m'était apparu nettement même si je ne comprenais pas toutes les allusions ni toutes les idées développées dans cette histoire. C'est pourquoi j'ai voulu le relire aujourd'hui avec un regard neuf. L'histoire est connue, nous nous trouvons dans une contre-utopie 500 ans après Henry Ford. Le monde, après une guerre dévastatrice, s'est uni en un gouvernement mondial unique. Les personnes ne naissent plus naturellement mais sont élevées dans des usines qui travaillent leur conditionnement social dès la "naissance".

Dans ce monde, tout le monde est heureux car tout est fait pour éviter aux personnes de ressentir la douleur ou le malheur grâce à la stabilité est une drogue, le Soma. De plus, la société est divisée en castes biologiquement constituées passant des plus humbles epsilons aux plus intelligents alpha. Mais tous ne sont pas heureux dans ce monde, c'est le cas de Bernard Marx qui n'arrive pas à s'adapter à la vie sociale de son époque ni à ressentir le bien être que tous ressentent. Sa bizarrerie le mène à être proscrit socialement et à souhaiter des aventures et connaissances qui ne sont pas permises.

Peut être le livre a t-il été écrit trop rapidement pour posséder un style littéraire parfait? Cependant, ce détail mis à part, je considère que l'histoire est réussie. La contre-utopie me semble parfaitement dépeinte d'une manière qui semble neutre mais qui cache une ironie mordante. Huxley nous permet, grâce au Sauvage, de voir ce monde dans les yeux d'un autre bien plus libre et humain que cette prétendue société civilisée. Mais ce n'est pas la seule richesse de l'histoire. A coté de cette contre-utopie on observe une condamnation vigoureuse de la vision consumériste et productiviste de l'être humain.

Un être humain qui ne saurait être réduit à sa seule force de travail et de consommation ainsi qu'à la meilleure manière de les utiliser. Ceci en évitant que cet être humain se pose des questions oisives sur la société ou le monde. ces idées gardent une grande légitimité dans le monde actuel ou l'on pense de plus en plus la société selon des impératifs économiques plutôt qu'humains. ou, de plus en plus, certaines formes de pensées, d'activités, sont déconsidérées car peu productives d'un point de vue strictement économique. Un monde dans lequel nous devons tous, de plus en plus, nous consacrer à l'impératif de croissance et de consommation.

Image: Amazon.fr

09:23 Écrit par Hassan dans science-fiction | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : meilleur des mondes, aldous huxley | | | |  Facebook

Commentaires

Je trouve que la critique d'Aldous Huxley est plus générale. Le monde des sauvages n'est pas topissime non plus. De plus, le "sauvage" n'est pas accepté ni chez les sauvage, ni chez les civilisés. Heu.. bref.. je développerai mes propos plus tard, parce que la je dois étudier.

Écrit par : The colloc | 24/06/2010

Hi Hassan

Mettre cet auteur et ce livre,
en image à votre propos:

oh, mais au fait, vous défendez quel propos, sur la base d'un écrivain n'ayant pas vécu sous internet, portables & autres soutiens sociaux?

si le mental de vos propos
est à la hauteur de vos offres...

mais là, faut s'arrêter: cela ressemble à La Fontaine, ses contes et autres fromages...

Que vos cheminements atteignent une suite qui vous rende heureux,
vous et vos enfants...

Être philosophe, métaphysique, mentaliste ou autre, demande quelque travail et quelques années d'expériences....

Écrit par : na...ya | 24/06/2010

The colloc: ça me fait bizarre d'utiliser ce pseudo mais bref... Je suis d'accord, le monde des "Sauvages" n'est pas forcément plus sympathique. La différence principale c'est qu'ils sont libres. Ils ne sont pas prédestinés à une position sociale et leur imagination n'est pas détruite par le Soma. De plus, ils sont capables de ressentir les émotions avec intensité et, donc, ils ont la capacité d'être plus heureux que les "civilisés". Alors que ces dernier doivent se contenter de succédané.

Na...ya: Bonjour, je suis content que cette présentation vous intéresse. Malheureusement je n'ai pas compris votre remarque. Quelle est votre question?

Écrit par : Hassan | 24/06/2010

Pas grave, y'avait pas de question, simplement des suggestions en direction de vos propres remarques...

comme l'est - suggestive - l'ironie poignante et tragique sous-jacente d'Huxley face à la condition humaine qu'il dépeint

A vous de vous poser vos propres questions, et d'y trouver votre chemin,

l'une des beautés restant aux vieux étant de permettre aux jeunes de se forger leurs propres valeurs: y'a assez de dictateurs comme ça, trouvez pas?

Écrit par : na...ya | 25/06/2010

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