06/07/2010

Cent ans d'homosexualité et autres essais sur l'amour grec par David M. Halperin

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Titre original: One hundred years of homosexuality
Auteur: David M. Halperin
Traducteur: Isabelle Châtelet
Éditeur: EPEL 2000 (1990 édition originale)
Pages: 317

L'homosexualité est fréquemment considérée comme non-naturelle et même contraire à la possibilité de l'existence de l'humanité. Mais personne ne s'est jamais posé la question de l'hétérosexualité exclusive que nous connaissons dans notre société. Comme si l'hétérosexualité exclusive était naturel et an-historique. Halperin dans ces quelques essais publiés dans ce recueil essaie de montre à quel point notre conception de la sexualité est due à notre culture. Pour cela il analyse l'attitude envers ce que nous nommons l'homosexualité dans l'antiquité grecque. La première chose qu'il faudra montrer c'est que ce mot n'existe que depuis un petit siècle. Auparavant, le mot n'avait aucun sens et, donc, l'homosexualité existait mais n'était pas pensé de cette manière.

Alors comment les grecques voyaient-ils le sexe? Premièrement, les grecques n'imaginaient pas la sexualité en matière de préférence envers l'un ou l'autre sexe mais selon la position sociale des personnes. L'un était supérieur à l'autre est, donc, était actif alors que le second était passif et se soumettait à son supérieur. Dans ce système les femmes était de toute manière inférieure et donc passive mais des hommes aussi pouvaient être considéré comme tels selon leur position hiérarchique. Après avoir posé cette vision culturelle du sexe et avoir montré qu'il est impossible de comprendre l'attitude envers la sexualité des grecques en utilisant nos catégories modernes d'homo et d'hétérosexualité il semble clair, pour Halperin et le lecteur, que la sexualité est plus dû à la culture qu'à la nature.

Mais ce n'est pas le seul point sur lequel Halperin écrit. Après avoir écrit trois essais plutôt technique et théorique il nous en montre trois autres qui entrent directement dans les textes antiques. Le premier analyse les relation entre les héros et leurs compagnons dans trois mythes: l’Iliade, l'épopée de Gilgamesh et l'histoire biblique de David. Par la comparaison de ces trois mythes l'auteur fait sortir des thèmes et des techniques identiques. Ensuite, l'auteur analyse la prostitution dans la ville d'Athènes. Il nous montre pourquoi cette dernière implique que les jeunes hommes prostituées perdent leurs droits civiques, en effet si ils vendent leurs corps ils peuvent vendent leur voix à l'assemblée, mais aussi l'aspect démocratique d'une prostitution des femmes. Comme si tout le monde avait le droit d'être le supérieur d'un autre. Du moins, qu'on me comprenne bien, dans le système grec. Enfin, Halperin se pose la question de l'utilité de Diotime dans le banquet. Pourquoi une femme dans une assemblée d'homme? Selon l'auteur elle est nécessairement femme pour permettre aux hommes d’imiter la force de vie des femmes et de se l'approprier (accoucher d'une idée par exemple). Ce dernier texte étant, à mon avis, l'un des plus compliqué du recueil.

Bien que la plupart des essais présentés dans ce recueil aient un certain âge ils sont intéressant et stimulant à lire. L'idée principale du livre, l'aspect culturel de la sexualité, a pour effet de désavouer une grande partie des critiques faites envers l'homosexualité. Mais ce n'est pas le seul apport de ce livre. Le second que j'ai identifié concerne l'hétérosexualité. En effet, durant la lecture de ces essais on observe que notre société possède un caractère historiquement inédit: l'exclusivité de l’hétérosexualité. Alors que des cultures différentes dans différentes époques ont pensé la sexualité selon le genre ou la hiérarchie il semble que notre culture soit la première à la penser exclusivement selon des préférences en matière de sexe biologique et à ne rendre légitime qu'une seule de ces préférences. En l’occurrence, c'est bien notre vision culturelle de la sexualité qui pose problème et que l'on doit tenter de comprendre.

Image: Amazon.fr

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Commentaires

Si ce sujet t'intéresse fait des recherches sur l'attitude des anarchistes face à cette question.

Quant à moi l'homosexualité n'est guère ma tasse de thé. Toutefois, devant l'imbécilité crasse des nouvelles générations liberticides je suis offusqué par l'usage inapproprié des mots. Ainsi les canaques qui luttent avec raison contre la pédophilie mélange pédophilie avec pédérastie. J'ai toujours considéré les Grecs anciens comme des pédérastes. Alors, lorsque des journaleux de basse extraction écrivent que le sieur X a abusé d’un jeune garçon ce crétin écrira qu’un pédophile s’est attaqué à jeune garçon alors qu’en fait c’est un pédéraste. Par contre si ce triste sire s’attaque à une fillette c’est un pédophile.

En conclusion, ce sont des malades atteint de paraphilie.

Écrit par : Hypolithe | 07/07/2010

Bonjour,
je ne me suis jamais demandé comment les anarchistes peuvent considérer l'homosexualité. Il faudra que je me renseigne.

Qu'entends-tu par jeune garçon? Parce que la pédérastie implique surtout une relation d'amour qui ne devrait pas être partagé par le jeune mais aussi un âge minimal. Je pense qu'on pourrait parler de l'adolescence pubère avant l'arrivée des poils (qui était considérés comme disgracieux). De plus, la relation pédérastique n'impliquait pas forcément une relation sexuelle comme nous l'entendons. Et enfin, dans la relation pédérastique il y a un accord des deux parties ce que la pédophilie, par définition, n'a pas.

Je ne sais pas ce que tu entends par "l'homosexualité n'est guère ma tasse de thé". Si ça implique que tu ne l'es pas je ne le suis pas non plus mais ça ne m'empêchera pas d'accepter cette possibilité de relations amoureuses et des droits égaux aux miens. Je sais que certaines personnes ne seraient pas d'accord mais les préférences sexuelle sont d'ordres privées et ne devraient pas être débattues au niveau de la société civile pour savoir quels droits donner et comment considérer les homosexuels et bisexuels.

Écrit par : Hassan | 07/07/2010

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