31/07/2010

Qu'est-ce que le nazisme ? Problèmes et perspectives d'interprétation par Ian Kershaw

Titre: Qu'est-ce que le nazisme ? Problèmes et perspectives d'interprétation412WC8X1ZWL._SL500_AA300_.jpg
Titre original: The nazi dictatorship. Problems and perspectives of interpretation
Auteur: Ian Kershaw
Traducteur: Jacqueline Carnaud
Éditeur: Gallimard 1992 (1985 première édition originale)
Pages: 414

Il y a longtemps que je souhaitais lire une étude de Ian Kershaw. En effet, depuis que j'étudie l'histoire j’entends souvent parler de lui ce qui m'a poussé à penser que la lecture de ses livres me permettrait de mieux comprendre l'Allemagne nazie. Mais le livre que j'ai choisi n'est pas réellement un livre sur ce sujet. C'est un livre qui traite des différentes manières qu'ont les historiens de traiter le problème nazi. Kershaw y parle des différents problèmes d’interprétations qui existent sur certains sujets. Ceux-ci couvrent autant la définition du nazisme que la personnalité d'hitler en finissant sur des problèmes de philosophie de l'histoire. En observant les mouvements de pensées qui ont pris et prennent encore corps autour de ces différents sujets Kersahw nous permet, non seulement, de mieux comprendre le fonctionnement de l'Allemagne nazie mais aussi de comprendre les débats qui existent dans le milieu des historiens. Ce livre est donc un bon moyen de naviguer dans l'immense littérature qui existe sur le nazisme et sur la période en générale.

Bien que la construction des chapitres soit des plus clairs - introduction du problème, résumé des positions et analyses et position de Kershaw - et que le livre soit plutôt facile à lire il reste un point qui me l'a rendu plus difficile. En effet, le nombre même de production existant sur le sujet crée, nécessairement, une certaine densité. Nous pourrions donc facilement nous perdre dans le nombre élevé de concepts et d'auteurs dont Kershaw nous parle si nous ne sommes pas assez attentifs. Malgré ce point, le propos reste très clair et m'a permis d'apprendre de nombreuses choses sur le régime nazi et d'oublier ce que j'avais moins bien compris. De plus, Ian Kershaw, bien que son point de vue soit souvent limpide, accepte de donner honnêtement les points forts et les points faibles de chaque conceptions existantes. En conclusion, même ancien, ce livre reste intéressant à parcourir ne serais-ce que pour l'historiographie précise qui y est dessinée.

Image: Amazon.fr

18:37 Écrit par Hassan dans contemporain, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : nazisme, ian kershaw | | | |  Facebook

29/07/2010

Quand les nations refont l'histoire. L'invention des origines médiévales de l'Europe par Patrick J. Geary

Titre: Quand les nations refont l'histoire. L'invention des origines médiévales de l'Europe51G9C0CkZRL._SL500_AA300_.jpg
Titre original: The myth of nations. The medieval origins of europe
Auteur: Patrick J. Geary
Traducteur: Jean-Pierre Ricard
Éditeur: Flammarion 2004 (2002 édition originale)
Pages: 242

Tout observateur du monde politique et international verra facilement que la question nationale est un sujet récurrent et émotif. Fréquemment, des politiciens utilisent l'histoire nationale pour justifier une différence culturelle et historique. Et encore, l'histoire peut même servir à justifier la création d'un nouvel état-nation. L'auteur de ce livre a donc souhaité mettre à plat les mythes nationalistes et montrer comment l'histoire a été utilisée pour les justifier. Ainsi, l'auteur nous montre comment le XIXe siècle crée l'idée actuelle de peuple. Une idée qui n'avait rien d'historique mais qui a été construite par des contextes et par des personnes précises. Plus encore, l'auteur nous montre que notre façon d'imaginer les peuples et les divisions entre eux n'ont pas été toujours utilisé. C'est pourquoi il nous envoie dans l'antiquité et le moyen âge. Nous y observons que les identités pouvaient coexister mais, surtout, qu'une personne pouvait "posséder" plusieurs identités. Ainsi, un romain pouvait aussi garder son identité culturelle "barbare".

Ce livre a le grand mérite de nous montrer à quel point le nationalisme est une construction récente. Mais il a surtout le mérite de ne pas oublier la force actuelle du nationalisme. Même récente cette idéologie explique et fonctionne pour notre époque. De plus, la manière de développer les façons différentes de se penser nous permettent de comprendre que nous notre identité n'est pas an-historique. Il est probable, un jours, que cette manière change radicalement. J'ai aussi beaucoup apprécié l'exemple des zoulous qui nous offre une illustration pertinente de la création d'un imaginaire nationaliste. Néanmoins, l'auteur semble vouloir s'ériger et porteur de leçon. En effet, l'auteur, américain, n'envoie ce livre que pour les Européens et leur lance un avertissement. Malgré les mérites du livre cette attitude pourrait être mal ressentie.

Image: Amazon.fr

23/07/2010

Toy Story 3

Toy Story est l'un des plus ancien films de Pixar. Je me souviens que le premier film fut très bien accueilli. Mais je n'avais pas regardé le deuxième et je n'avais pas regardé une seconde fois le premier. Mais quand le troisième est sorti je me suis dit qu'il pourrait être intéressant d'aller le voir. Après tout, Pixar est habitué des films de qualités. Ce troisième film mène Andy de l'enfance à l'âge adulte. En effet, il est temps pour lui de partir à l'université. Ses jouets sont abandonnés depuis longtemps et il ne compte pas les amener avec lui. Que ferait un jouet à l'université? La bande doit donc se retrouver soit au grenier soit donné à une garderie. Par un concours de circonstances inattendus ils se retrouvent tous à sunnyside (si je me souviens bien du nom). L'endroit semble paradisiaque: des dizaines d'enfants prêt à jouer. Mais le groupe se rend vite compte que la garderie est tenu dans la main de velours d'un ours en peluche rose. Ils n'ont plus qu'une envie: fuir...

On s'en doute, le film est réussit. Non seulement on trouve de l'action mais aussi des scènes d'émotions. A coté de ces dernières il y a, bien sur, de nombreux gags (on se souviendra tous des propos surprenant de Barbie sur la démocratie). Mais pourquoi ce film me parle-t-il si bien? Je pense que l'explication est valable pour de nombreuses personnes. Une explication qui pourrait nous faire comprendre pourquoi j'ai vu, lors de la séance, plus d'adultes que d'enfants regarder un film pour enfants. Je pense que, tout simplement, ce film nous montre une période de la vie que tout le monde a connu. Une période lors de laquelle on quitte ses parents, ou alors les enfants nous quittent, on fait le grand ménage dans ses affaires et on se remémore notre enfance tout en se préparant à entrer dans une nouvelle phase. Andy, le garçon de ToyStory, se trouve précisément dans ce cas. Il quitte sa mère pour vivre seul à l'université. Il quitte son enfance. Je crois que l'explication du succès d'une telle histoire est là en partie.

Image: Allociné.fr

19415330.jpg

18:44 Écrit par Hassan dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |  Facebook

21/07/2010

Quelle démocratie voulons-nous ? Pièces pour un débat sous la direction d'Alain Caillé

Titre: Quelle démocratie voulons-nous ? Pièces pour un débat9782707148001R1.jpg
Auteur: sous la direction d'Alain Caillé
Éditeur: La Découverte 2006
Pages: 142

La démocratie est un but qui semble atteint. L'occident, du moins, semble fonctionner parfaitement bien dans le système démocratique et souhaite montrer la voie au reste du monde. Il semble que nous connaissions un fonctionnement parfaitement stable de la démocratie. On élit des représentants qui prennent des décisions. Dans certains cas on conteste. Mais la démocratie est-elle vraiment atteinte? Ne serait-elle pas une quête qu'il est impossible de réussir? Ce petit livre essaie de créer une réflexion sur les institutions démocratiques: Comment les améliorer? Comment les rendre plus sûre? Et, surtout, comment passer outre le danger de l'économie?

En effet, les auteurs voient tous en l'économie un danger pour la démocratie. En détruisant le citoyen pour en faire un consommateur on détruit la possibilité même de démocratie. Car comment créer une démocratie dans un monde de consommation dirigé par des entreprises? Ce livre essaie, donc, de montrer plusieurs voies possibles pour améliorer, voir recréer, une forme de démocratie plus proche du citoyen. Que ce soit par la mise en place de vrais débats ou d'assemblée de citoyens ayant pour mission de créer un avis raisonné et impartial sur des sujets de sociétés.

Même pour ceux qui ne partagent pas les croyances politiques d'ATTAC je pense qu'il peut être utile de parcourir cet ouvrage. Vous n'y trouverez pas de longs développements théoriques, la plupart des articles font une dizaine de pages, mais des pistes de réflexions. Néanmoins, on sent clairement que les auteurs possèdent des avis politiques précis. D'ailleurs, bien que tous les textes soient soumis aux critères de scientificités, le livre n'est pas assez développé pour créer de vrais modèles. J'en retire, principalement, une réflexion sur le fonctionnement de la démocratie et ce qui peut l'affaiblir. Ainsi, il semble que les liens entre les politiques et les entreprises devraient être soumis à un contrôle plus strict alors que les citoyens, la véritable société civile, devraient retrouver des pouvoirs d'interventions plus forts dans le processus institutionnel. C'est, en tout cas, mon point de vue.

Image: La Découverte

La Chute

J'ai trouvé hier le DVD du films La Chute de Oliver Hirschbiegel. Je pense que tout le monde se souvient que ce film fut largement discuté dans la presse. Malheureusement, je n'avais pas eu le temps d'aller le voir pour me faire ma propre idée à l'époque. J'ai tout de même voulu le regarder et savoir comment était traité ce sujet plus que difficile. Nous sommes donc à Berlin vers la fin de la guerre. La ville est entourée par les soldats soviétiques et les Alliés se rapprochent. Mais hitler est encore sûr de pouvoir gagner avec l'aide d'unités dispersée et refuse de quitter la ville et son bunker. Le film nous montrera donc ce qui se déroule autour d'hitler dans ce bunker ou l'élite de l'armée nazie est réunie jusqu'à la capitulation sans conditions de l'Allemagne nazie.

Je l'ai déjà dit je suis toujours réticent à traiter d'une œuvre parlant de cette période de l'histoire humaine. Ce n'est pas que je veuille laisser ces événements horribles - dramatiques n'est pas assez fort - dans l'oublie mais j'ai toujours peur de me tromper à cause de mon propre manque de connaissance. Bien entendu, comme tout le monde, je connais les grandes lignes et j'ai même été un peu plus loin. Mais se tromper dans les faits lors de cette période peut avoir des conséquences dangereuses.

Hirschbiegel nous montre, dans ce film, un hitler fou. Un homme qui n'a aucun sens de la réalité et devenant de plus en plus paranoïaque. Croyant jusqu'à la dernière minute à la possibilité de gagner mais, entre temps, pouvant entrer dans le désespoir. Le film nous montre donc un personnage paradoxal qui se trouve sûrement loin de la réalité historique. Un hitler faible, fou, sans prise avec la réalité mais dont le pouvoir est sans contexte puissant et empêche ses généraux d'agir. On a l'impression d'un homme incapable de gouverner mais que la peur laisse au pouvoir. Est-ce vrai? je ne saurais donner que mes doutes. Pour le reste je renvoie les lecteurs aux écrits historiques sur hitler et le système nazy. Mais cette folie se retrouve dans le fanatisme des troupes ss d'hitler, des plus jeunes aux plus vieux. refusant de se rendre et combattant jusqu'à la dernière balle.

Le rythme du film est aussi très éprouvant. Il n'y a presque pas de musique. Mais on pourrait dire que le son des canonnade en fait office. A coté de ce rythme de la guerre se trouve un autre rythme, plus tardif dans le film, celui des suicides. Dans une seconde partie du film, proche de la fin, les suicides se multiplient et commencent à prendre le relais des canonnades. En effet, le film nous montre un désespoir grandissant dans le bunker. Petit à petit, il devient clair que la fin est proche pour le régime et son armée.

En tant que spectateur j'ai aimé ce film. Mais, bien qu'il possède de nombreux points positifs, les manques et exagérations risquent fortement de mettre à mal sa crédibilité. Mais un autre danger se profile après la vision de La Chute: celui de montrer un hitler vivant la vie de tous les jours. Pouvant, parfois, paraître sympathique alors que ses discours extrêmes sont très peu montré par la réalisateur. J'ai l'impression que la réalisateur a essayé de passer outre ce danger en montrant un hitler fou mais je ne pense pas qu'il y ait réussi. D'autant que les crimes des personnalités entourant hitler dans le bunker sont totalement absent du film. On a l'impression qu'ils subissent hitler en essayant de protéger le peuple allemand. La réalité historique semble en être loin d'après mes connaissances.

Image: allociné.fr

18399772.jpg

11:45 Écrit par Hassan dans contemporain, Film, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |  Facebook

19/07/2010

La CIA et la fabrique du terrorisme islamiste par Mahmood Mamdani

Titre: La CIA et la fabrique du terrorisme islamiste513XpfN%2BEBL._SL500_AA300_.jpg
Titre original: Good Muslim, Bad Muslim
Auteur: Mahmood Mamdani
Traducteur: Ousmane Kane
Éditeur: Demopolis 2007 (2004 édition originale)
Pages: 330

Le terrorisme est devenu le danger que nous connaissons tous, le danger qui ne cesse d'être condamné. Bien plus, le terrorisme est devenu constitutif d'un "peuple" entier: les musulmans. Alors que l'on peut légitimement se demander si on peut mettre tous les musulmans dans le même sac. Les Algériens sont-ils vraiment pareils que les Iraniens ou les Irakiens? Et je ne parle même pas des musulmans vivant dans différents pays occidentaux, voir en étant originaire. Le livre de Mamdani essaie de comprendre d'où vient le terrorisme politique musulman. Comment est-il né et pourquoi. L'auteur observe que les principaux créateurs de ce terrorisme sont loin d'être des théologiens fondamentalistes. Au contraire le principal coupable est la CIA. En effet, l'auteur nous montre que la CIA a créé les mouvements terroristes pour lutte contre les Soviétiques. Le but était d'éviter une guerre directe en utilisant des forces armées locales que l'on instrumentalise. Cette tactique fut longtemps utilisée depuis la fin de la guerre du Vietnam jusqu'au 11 septembre.

L'auteur nous montre aussi les conséquences de cette tactique. Non seulement les USA sont coupables d'avoir aidé si ce n'est créé des groupes qui pratiques des attaques contre des civils mais ils sont aussi coupables du mode de financement de ces groupes. En effet, l'auteur nous montre que la CIA collabora activement avec des barons de la drogue. Il faut savoir que le congrès américain a tenté de restreindre les possibilités de la CIA en contrôlant le budget. Il fallait donc trouver une autre source de financement et la drogue en était une. L'auteur nous montre aussi l'irrespect total que montre les USA envers les lois internationales. Cet irrespect étant la source de nombreuses injustices voir de massacres et de famines.

Néanmoins, le véritable aspect important de ce livre ne sont pas ces points. A mon avis, le point le plus important du livre concerne la critique faites à la vision culturelle du monde. En effet, le monde est divisé par de nombreuses personnes entre l'occident moderne te laïque et le monde musulman incapable de modernité et engoncé dans ses traditions archaïques. Mamdani critique cette idée en montrant que la "résistance" à la modernité dans les pays musulmans n'est pas du à un caractère culturelle. Au contraire, on observe une réaction en parallèle aux changements. Loin d'être spécifiquement musulmane on retrouve cette réaction aux USA et dans d'autres pays (l'auteur cite les fondamentalistes chrétiens au début du XXe siècle mais qui existent encore sous le nom des évangéliques). L'actuel terrorisme politique est donc une création récente dans un contexte de guerre froide.

En tant que lecteur j'ai trouvé le livre de Mamdani très intéressant. Les différentes critiques de l'auteur sont plus que pertinentes et m'ont permis de mieux comprendre les discours actuels que nous lisons et retrouvons dans les médias. La manière dont l'auteur dépeint les activités de la CIA et ses conséquences sont tout aussi bonnes. Grâce à ça nous connaissons mieux l'origine du terrorisme islamique mais, surtout, nous savons pourquoi les USA acceptèrent, voir créèrent, ces structures. Mais il ne faudrait pas croire que l'auteur ait décidé de s'en prendre exclusivement aux États-Unis. Le but de ce livre est de comprendre l'origine véritable de ces mouvements terroristes. Il se trouve que la CIA est très impliquée tout simplement. Mais il y a d'autres acteurs importants comme, par exemple, Angleterre. Ce n'est donc pas un livre ayant un but de propagande mais un livre qui a un but de compréhension. Ce but est, à mon avis, atteint.

Image: Amazon.fr

18:37 Écrit par Hassan dans contemporain, Histoire, Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : terrorisme, cia, islamisme | | | |  Facebook

Agora

Après m'être détendu devant un film d'animation j'ai décidé de me plonger dans un film historique. Agora est largement passé inaperçu en Suisse puisque les grandes salles ne l'ont tout simplement pas mis à l'affiche. Ce qui, à mon avis, démontre deux choses au moins: D'abord qu'il est dangereux de ne posséder que de grandes salles de cinémas quand on souhaite la diversité et ensuite que de bons films peuvent être oubliés par les programmateurs des salles. Bref, je ne vais pas commencer à critiquer l'industrie du cinéma nous y serions encore demain... Agora prend place dans la ville d'Alexandrie au IVe siècle après Jésus Christ. Après des siècles de luttes contre le Christianisme l'Empire a, finalement, accepté cette nouvelle et étrange religion dont les Empereurs sont devenus des partisans. Dans ce contexte, une lutte de pouvoir s'engage ente les tenants des cultes païens et les membres de l'église chrétienne. Agora nous montre une partie de cette lutte en nous présentant l'histoire de la philosophe Hypatie. Cette femme, brillante, devient vite un symbole de l'ancien ordre romain. Alors qu'Alexandrie connaît une extension forte du Christianisme et des luttes de l’Évêque Cyril pour l'imposer Hypatie devient la cible des membres de l'église.

La vision de ce film m'a été très agréable. Non seulement l'histoire se double d'une seconde histoire, d'amour celle-là, mais en plus les évènements historiques semblent être particulièrement bien mis en place. Bien entendu, il y a sûrement des erreurs historiques. N'étant pas un expert de l'histoire du bas empire je ne peux pas m'aventurer à les chercher. Rachel Weisz, qui joue Hypatie, est particulièrement inspirée dans ce film. La philosophe est au centre des intrigues politiques et historiques mais, pourtant, elle semble se perdre tout autant dans la seule contemplation de l'univers et simplement chercher comment il fonctionne. J'ai, bien entendu, lu quelques critiques sur internet. J'ai vu plusieurs proclamations condamnant le film comme antichrétien. En effet, les chrétiens y sont fanatiques et meurtriers. Néanmoins, je poserais deux faits. Premièrement, le film nous montre d'abord une grande violence de la part des romains traditionnels et, ensuite, la réaction des chrétiens. En second point je rappellerais que l'époque était violente. Ce film n'est pas antichrétien il montre, plutôt, comment le fanatisme mène au meurtre. En effet, l'histoire nous apprend que la philosophe fut lapidée et son corps traîné nu dans les rues d'Alexandrie.

Image: allocine.fr

Un autre billet sur le blog de Philippe Souaille

19201260.jpg

15:29 Écrit par Hassan | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : chrétienté, cyril, alexandrie, agora | | | |  Facebook

Shrek 4: il était une fin

L'ogre vert Shrek est devenu, au fil de quelques années, un personnage apprécié. Les films sont plein d'humours et peuvent être appréciés par les enfants mais aussi les adultes à cause des références qui sont disséminées un peu partout dans les films. Malgré tout, le troisième film montrait que la licence était sur son déclin avec un Shrek qui s'assagissait dans son rôle de maris puis de père. Le quatrième repart dans cette petite vie d'ogre pépère. Shrek et Fiona s'occupent de leurs enfants dans leur marais avec l’Âne et le Chat Potté comme amis. Le bonheur de la vie de famille si ce n'est l'arrivée de touristes en nombres dans le marais de Shrek. Alors que l'anniversaire de ses enfants bat son plein avec son lot de problèmes divers et variés Shrek se prend à souhaiter revenir à sa vie d'avant Fiona. La vie durant laquelle il était un vrai ogre qui terrorisait les paysans et qui n'avait aucune responsabilité. C'est dans ce but qu'il signe un contrat avec Tracassin pour retrouver cette vie durant une journée. Mais rien ne se passe comme prévu puisque son monde de bonheur risque d'être définitivement perdu. Shrek devra tout reconquérir pour retrouver sa véritable vie...

On le savait depuis l'épisode précédent mais on le ressent encore plus dans ce film: l'ogre Shrek n'existe plus. Perdu dans son rôle de père et de maris et ne faisant plus peut à personne il ne peut plus rester tranquille un seul instant. Ce quatrième volet ne pouvait donc pas être aussi bien que les deux premier. Néanmoins, l'histoire est toujours prenante et je me suis bien identifié à l'intrigue. Celle-ci concerne principalement l'acceptation par Shrek de sa vie. Mais on reste très au deçà de l'humour et de l'irrévérence du premier Shrek. Ce film a, en fait, comme mérite principal de conclure la série des Shrek avec une fin ouverte de conte de fée. En l’occurrence, c'est une bonne fin pour une série de film qui continuera sûrement à faire rire encore longtemps.

s4_wp-800-fiona.jpg

Image: Site officiel

11:41 Écrit par Hassan dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : shrek | | | |  Facebook

08/07/2010

Géographie de la nudité. Être nu quelque part par Francine Barthe-Deloizy

Titre: Géographie de la nudité. Être nu quelque part51KFMAJCJML._SL500_AA300_.jpg
Auteur: Francine Barthe-Deloizy
Éditeur: Bréal 2003 collectiond'autre part
Pages: 239

La nudité est fréquemment évoquée dans les médias. Que ce soit par des nouvelles intrigantes et drôles, par la publicité ou par des débats. Il est, en tout cas, clair que nous ne pouvons pas passer à coté de la nudité dans nos société occidentales. C'est pourquoi de nombreux travaux ce sont portés sur son histoire et sur sa signification dans différentes sociétés en plus de la notre. Ce livre reprend ces questions mais essaie d'en parler d'un point de vue géographique. Autrement dit, l'auteure se pose la question de la nudité selon les lieux où elle se pratique. Ce qui l'a mène tout d'abord à définir ce qu'est la nudité. Elle découvre que de nombreux peuples ont eu des visions différentes de celles-ci. Ces corps nus tatoués ne sont, justement, pas nus. Mais l'homme occidental, lui, connaît une vision de la nudité comme un moyen de circoncire les civilisés des sauvages. Les nus sont encore à l'état de nature, naïf ou animal, alors que l'homme civilisé est vêtu convenablement.

Dans un second temps l'auteure va poser, dans deux parties, la question du nu dans l'espace privé et dans l'espace public. L'espace privé est, actuellement, le lieu privilégié de la nudité solitaire. Mais cela ne fut pas toujours le cas et, au moyen âge, la chambre se vivait en commun alors que tout le monde allaient aux bains publics dans le plus simple appareil. Ce n'est que progressivement que le "rhabillage" se fit suivi d'un retour à l’hygiène des bains mais dans un cadre fermé et privé. Par contre, l'espace public est fondamentalement fermé à la nudité et celle-ci est fondamentalement transgressive. Que ce soit sous forme de fêtes avec les processions ou les streakers ou sous forme de manifestations. Ces dernières se multiplient et les campagnes de PETA en sont un exemple connus. La raison en est simple, les médias sont friands de ce genre d'actions et ne manquent pas d'en parler.

Une quatrième partie pose la question du naturisme et du nudisme. D'où ces doctrines sont originaires et quels sont les idéologies qui les sous-tendent. Mais, surtout, l'auteure analyse les endroits dans lesquels ces pratiques se font. On observe que ces lieux sont fermés au public, difficile d’accès et protégés. La spatialité forme, elle-même, un collectif qui rend le contrôle encore plus fort alors que les grands centres de tourismes naturismes montrent une individualisation croissante de la pratique.

Enfin, l'auteure se pose la question de la publicité. Elle observe que la forme du message peut avoir plusieurs composantes et se modifie selon le public visé et selon le but de la communication. Mais surtout, la publicité rend le nu visible dans la sphère publique alors que le nu est réprimé dans ce même espace public. Plus important encore, lorsqu'on observe ces publicités on y trouve une vision de la société. Loin d'être innocente la nudité publicitaire offre une idéologie du corps et des pratiques corporelles ainsi qu'une différence de genre. Les hommes sont "virils" et combatifs alors que les femmes sont apprêtées à la séduction.

Il reste à savoir si ce livre est intéressant. Indéniablement il l'est. Il est aussi très facile à lire et le propos est souvent plaisant. Durant sa lecture on se pose des questions sur les normes qui entourent la nudité et que nous avons incorporées. De plus, l'analyse sur le plan du territoire permet de développer un discours différent du discours historique ou sociologique. Néanmoins, j'ai souvent eu l'impression frustrante que l'auteure aurait pu aller plus loin sur de nombreux points. L'histoire est souvent tracée à grands traits généraux et la signification sociale des pratiques est très peu développées. Mis à part ces critiques l'ouvrage reste stimulant.

Image: Amazon.fr

15:31 Écrit par Hassan dans contemporain, Histoire, moderne, moyen âge, sociologie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : nudité | | | |  Facebook

07/07/2010

Les chroniques des Féals par Mathieu Gaborit

Titre: Les chroniques des Féals1005-10ans-feals.jpg
Auteur: Mathieu Gaborit
Éditeur: Bragelonne 2000
Pages: 598

Après une courte réflexion j'ai décidé de lire la suite des Chroniques des Féals mais, surtout, d'acheter la version intégrale de la trilogie publiée pour les dix ans de Bragelonne. Puisque l'histoire m'intéressait et que le prix était très modeste pourquoi pas en profiter? Mais, comme j'ai déjà parlé du premier tome je vais simplement continuer sur cette lancée et ne pas revenir sur les événements précédents. Januel se trouve donc dans la tour écarlate juste après son combat contre son ami converti à la Charogne. Il a enfin apprit qu'elle était sa mission et il a besoin d'aide. C'est pourquoi il se tourne vers les personnes qui se déclarent son ennemi: les dignitaires de l'Empire de Grif'. Car il doit rejoindre un refuge dans lequel il pourra apprendre à utiliser ses pouvoirs. Mais le voyage sera jonché d'inattendus et sa mission même pourrait changer sous l'impulsions du secret des Ondes tandis que la guerre contre la Charogne s'intensifie sur le M'onde entier.

Après la lecture du premier tome j'avais fait part de mon préavis positif sur cette histoire. Mais est ce que la lecture des deux autres tomes confirme ce préavis? Bien que je n'aie pas eu l'impression de me trouver devant un monument de la littérature de fantasy je me suis trouvé devant une histoire bien menée. L'intrigue m'a surpris plus d'une fois par un retournement de situation que je n'attendais pas. Le dénouement même marque une possibilité d'écrire une suite avec une nouvelle intrigue. Ou alors de rester en l'état avec une révélation dont la nature resterait passive. Donc, je suis d'avis que cette trilogie vaut clairement la peine d'être lue pour ceux qu'elle intéresse.

Image: Bragelonne.fr

15:27 Écrit par Hassan dans Fantasy | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : chroniques des féals, mathieu gaborit | | | |  Facebook

06/07/2010

Cent ans d'homosexualité et autres essais sur l'amour grec par David M. Halperin

Titre: Cent ans d'homosexualité et autres essais sur l'amour grec415VYzPFLOL._BO2,204,203,200_PIsitb-sticker-arrow-click,TopRight,35,-76_AA300_SH20_OU08_.jpg
Titre original: One hundred years of homosexuality
Auteur: David M. Halperin
Traducteur: Isabelle Châtelet
Éditeur: EPEL 2000 (1990 édition originale)
Pages: 317

L'homosexualité est fréquemment considérée comme non-naturelle et même contraire à la possibilité de l'existence de l'humanité. Mais personne ne s'est jamais posé la question de l'hétérosexualité exclusive que nous connaissons dans notre société. Comme si l'hétérosexualité exclusive était naturel et an-historique. Halperin dans ces quelques essais publiés dans ce recueil essaie de montre à quel point notre conception de la sexualité est due à notre culture. Pour cela il analyse l'attitude envers ce que nous nommons l'homosexualité dans l'antiquité grecque. La première chose qu'il faudra montrer c'est que ce mot n'existe que depuis un petit siècle. Auparavant, le mot n'avait aucun sens et, donc, l'homosexualité existait mais n'était pas pensé de cette manière.

Alors comment les grecques voyaient-ils le sexe? Premièrement, les grecques n'imaginaient pas la sexualité en matière de préférence envers l'un ou l'autre sexe mais selon la position sociale des personnes. L'un était supérieur à l'autre est, donc, était actif alors que le second était passif et se soumettait à son supérieur. Dans ce système les femmes était de toute manière inférieure et donc passive mais des hommes aussi pouvaient être considéré comme tels selon leur position hiérarchique. Après avoir posé cette vision culturelle du sexe et avoir montré qu'il est impossible de comprendre l'attitude envers la sexualité des grecques en utilisant nos catégories modernes d'homo et d'hétérosexualité il semble clair, pour Halperin et le lecteur, que la sexualité est plus dû à la culture qu'à la nature.

Mais ce n'est pas le seul point sur lequel Halperin écrit. Après avoir écrit trois essais plutôt technique et théorique il nous en montre trois autres qui entrent directement dans les textes antiques. Le premier analyse les relation entre les héros et leurs compagnons dans trois mythes: l’Iliade, l'épopée de Gilgamesh et l'histoire biblique de David. Par la comparaison de ces trois mythes l'auteur fait sortir des thèmes et des techniques identiques. Ensuite, l'auteur analyse la prostitution dans la ville d'Athènes. Il nous montre pourquoi cette dernière implique que les jeunes hommes prostituées perdent leurs droits civiques, en effet si ils vendent leurs corps ils peuvent vendent leur voix à l'assemblée, mais aussi l'aspect démocratique d'une prostitution des femmes. Comme si tout le monde avait le droit d'être le supérieur d'un autre. Du moins, qu'on me comprenne bien, dans le système grec. Enfin, Halperin se pose la question de l'utilité de Diotime dans le banquet. Pourquoi une femme dans une assemblée d'homme? Selon l'auteur elle est nécessairement femme pour permettre aux hommes d’imiter la force de vie des femmes et de se l'approprier (accoucher d'une idée par exemple). Ce dernier texte étant, à mon avis, l'un des plus compliqué du recueil.

Bien que la plupart des essais présentés dans ce recueil aient un certain âge ils sont intéressant et stimulant à lire. L'idée principale du livre, l'aspect culturel de la sexualité, a pour effet de désavouer une grande partie des critiques faites envers l'homosexualité. Mais ce n'est pas le seul apport de ce livre. Le second que j'ai identifié concerne l'hétérosexualité. En effet, durant la lecture de ces essais on observe que notre société possède un caractère historiquement inédit: l'exclusivité de l’hétérosexualité. Alors que des cultures différentes dans différentes époques ont pensé la sexualité selon le genre ou la hiérarchie il semble que notre culture soit la première à la penser exclusivement selon des préférences en matière de sexe biologique et à ne rendre légitime qu'une seule de ces préférences. En l’occurrence, c'est bien notre vision culturelle de la sexualité qui pose problème et que l'on doit tenter de comprendre.

Image: Amazon.fr

Site de l'éditeur

05/07/2010

La communauté du sud tome 2: Disparition à Dallas par Charlaine Harris

Titre: La communauté du sud tome 2: Disparition à Dallas411HnaZATUL._SL500_AA300_.jpg
Titre original: Living dead in Dallas
Auteur: Charlaine Harris
Traducteur: Hélène Morita et Isabelle genet
Éditeur: J'ai Lu 2005 (2002 édition originale)
Pages: 374

Après le Dracula de Bram Stocker je me suis attaqué à une histoire nettement plus récente: La communauté du Sud de Charlaine Harris. Pour ceux qui ne le savent pas cette série de dix livres a inspiré la série TrueBlood produite par HBO. Justement, c'est en achetant la saison 2 en DVD que j'ai vu qu'il était vendu avec le tome 2 de la Communauté du Sud. Malgré ma précédente expérience avec les bit-lits je me suis dis que je pouvais bien en profiter pour le lire. Au mieux il me plaisait, au pire je pouvais l'offrir à quelqu'un. Nous y trouvons Sookie, serveuse au Merlotte, et son petit copain vampire Bill. Ces des héros sont appelés par le leader local des vampires pour effectuer une mission à Dallas: retrouver un vampire enlevé. En effet, Sookie est capable de lire dans les pensées ce qui intéresse beaucoup les vampires. Partie à Dallas elle sera rapidement la cible d'une tentative d’enlèvement avant de lever le voile sur les intentions et le visage réel de la Confrérie du Soleil, une organisation chrétienne fanatique anti-vampire.

Au moins on ne s'ennuie pas. Le livre possède de l'action, de l'humour et du sexe. Avec tous ces ingrédients il est difficile d'écrire un livre sur lequel on s'endort mais on n'écrit pas forcément un chef d’œuvre. Bien que j'ai apprécié l'humour et l'intrigue. Que les personnages me semblent attachant et que ce livre est incomparablement supérieur à me dernière expérience dans le genre (dont je n'ose pas donner le titre ici) je dois tout de même dire qu'il ne tiendra jamais le haut du podium de la littérature. Mais ce n'était sûrement pas le but de l'auteur quand elle a écrit cette histoire. Néanmoins, ce livre reste une bonne manière de se détendre après du travail où lors des vacances. Pour le décrire je pourrais dire qu'il s'agit d'un bon livre de plage: prenant, rapide et facile à lire avec de l'humour sans être de la haute littérature.

Image: Amazon.fr

04/07/2010

Dracula par Bram Stoker

Titre: Dracula41C4GPH8YCL._SL500_AA300_.jpg
Auteur: Bram Stoker
Traducteur: Jacques Finné et présentation de Claude Aziza
Éditeur: Librairie des champs élysées 1979 pour la traduction, pocket 1992 pour la présentation et le dossier
Pages: 572

Comme j'étais bien parti dans les classiques pourquoi ne pas continuer sur ma lancée avec le fameux Dracula de Bram Stoker? Bien entendu, le mythe du vampire existe sous de nombreuses formes bien avant que Bram Stoker soit né mais on pourrait dire que son Dracula est l'une des origines du mythe moderne. L'histoire nous mène dans le pays du vampire par le journal de Jonathan Harker. Ce dernier est spécialiste en droit et a été appelé par le compte pour l'aider à déménager en Angleterre. Il apparaît rapidement a Harker que le compte n'est pas aussi innocent et normal qu'il le dit et qu'il est prisonnier du château jusqu'à ce que le Compte décide de sa mort. Mais que va faire Dracula en Angleterre? Pourquoi s'y rendre et, surtout, comment le combattre et l'empêcher de prendre le pouvoir?

Je ne sais pas si cela est apparu dans le texte ci-dessus mais je trouve difficile de parler de l'histoire de ce livre. En effet, l'intrigue est exclusivement sous forme de journaux intimes voir, dans quelque cas, de coupures de presses fictives. Bien qu'une histoire cohérente se devine facilement au travers des ces récits entre coupés on a parfois l'impression d'avoir des blancs dans l'histoire. En effet, les différents protagonistes ne savent pas forcément ce que savent les autres personnages et même le lecteur. Néanmoins, la lecture reste facile même dans cette forme et avec un langage plutôt suranné. Même avec cette manière d'écrire j'ai réussi à facilement me plonger dans le texte et d'essayer de comprendre les liens entre les différents personnages. Néanmoins, j'ai souvent eu l'impression que les différents héros préféraient parler et raisonner que d'agir alors qu'il me semblait que la vitesse était importante. Ce n'est du, probablement, qu'à la différente époque durant laquelle Stoker a écrit et durant lequel je le lis?

Image: Amazon.fr

10:32 Écrit par Hassan dans Livre | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : dracula, bram stoker | | | |  Facebook

03/07/2010

La Bulle Universitaire: Faut-Il Poursuivre Le Rêve Américain? par Libero Zuppiroli

Titre: La Bulle Universitaire: Faut-Il Poursuivre Le Rêve Américain?27000100033860L.gif
Directeur: Libero Zuppiroli
Éditeur: Editions d'en bas 2010
Pages: 156

L'université se retrouve de plus en plus fréquemment dans les médias. Que ce soit pour la critiquer à cause de son manque d'adéquation avec la réalité économique où pour nous offrir des comptes-rendus de découvertes stupéfiantes. Tout le monde, en tout cas, semblent s'accorder sur une vision proche de l'économie pour l'université. Une université dont les recherches peuvent créer de l'argent ici et maintenant. C'est dans ce contexte que l'EPFL, dont Zuppiroli est professeur, est pris comme exemple. Un campus dans un cadre magnifique, lui même très impressionnant et qui met en place des recherches de pointes tout en s'alliant aux entreprises (après tout le dernier bâtiment est bien le Rolex Learning Center). La réussite semble parfaite mais l'auteur souhaite nuancer ceci...

Pour ceci il a écrit un livre en trois actes. Tout d'abord, l'EPFL est pris comme exemple pour montrer comment une certaine vision de la recherche peut mener à cette réussite médiatique. Dès cette partie l'ironie mordante de l'auteur commence déjà à s'accrocher aux quelques manques qu'il observe. Par exemple, l'impossibilité pour les professeurs de faire de la recherche et de l'enseignement alors qu'ils doivent chercher du financement. Plutôt étrange non? Imaginer des professeurs qui n'enseignent pas et qui ne cherchent pas. Dans un second temps, l'auteur nous brosse un tableau général de l'université européenne. Dans cette partie il s'attaque à l'uniformisation des savoirs tout en déplorant une perte de sens critique. Selon lui, la mise en place du processus de Bologne a créé des savoirs spécialisés mais qui existent tous dans toutes les universités selon la mode du moment. Il observe aussi des étudiants et des recherches de plus en plus médiocres. Pour ces dernières, tout simplement parce que le professeur doit publier pour être côté et rendre son université cotée dans les Rankings internationaux. Le nombre d'étudiants jouant aussi dans ces classements. D'ailleurs, l'auteur n'oublie pas de souligner l'aspect subjectif de ces classements qui ne parlent que la langue de Shakespeare et le modèle universitaire américain. Ainsi, le seul moyen d'y être bien vu est de parler anglais et d'agir comme un universitaire américain. Enfin, l'auteur décide de nous montrer un autre modèle d'université. Un modèle ou la pensée est plus importante que la communication et l'argent. Une forme d'université qui s'essaie à l'excellence et non à la surveillance de la productivités des chercheurs (d'ailleurs, peut-on vraiment quantifier le savoir?). Un contre-modèle américain en somme.

Ce livre devrait être lu par les étudiants et les chercheurs, bien entendu, mais aussi par les journalistes, les politiciens et les citoyens. Car il nous montre une vision de l'intérieur de ce qui se passe. Une vision qui peut être étonnante et angoissante puisqu'elle nous montre une recherche en perte de vitesse et de plus en plus médiocre. Nous y voyons aussi qu'une grande partie de l'argent public alloué à la recherche part dans les caisses de bureaucraties de la communication et n'atteint pas le but qui est celui de tels fonds. Suite à une telle décadence de la recherche et des universités ne serait-il pas mieux d'aller vers une autre voie? Une voie moins clinquante et moins médiatique mais de meilleurs qualité et qui accomplit la véritable mission des universités plutôt que de feindre l'accomplir.

Image: lcdpu.fr