28/01/2011

XY. De l'identité masculine par Elisabeth Badinter

Titre: XY. De l'identité masculine9782253097839-G.jpg
Auteur: Elisabeth Badinter
Éditeur: Odile Jacob 1992
Pages: 318

Qu'est ce qu'un homme? C'est une question que l'on se pose de plus en plus souvent alors que les rôles sexuels traditionnels sont de plus en plus contestés voir détruit. L'homme s'est souvent définis en négatif face à des valeurs naturalisées féminines. Mais si les femmes refusent de se laisser faire que se passe-t-il? C'est simple, nous observons une crise de la masculinité. Ce livre tente de montrer, en trois parties, comment les hommes ont et ont pu muter selon les époques et les exigences. Il tente aussi de montrer comment un homme se constitue. Pour cela l'auteure reprend la phrase bien connue de Simone de Beauvoir en l'appliquant aux hommes: on ne naît pas homme on le devient. La première partie de ce livre est l'occasion de se poser la question de l'identité masculine. Est-elle universelle et éternelle ou alors multiple et sujette aux mutations historiques?

La seconde partie est l'occasion, pour Badinter, de montrer comment un homme se constitue. Après la différenciation sexuelle basique liée au sexe même l'enfant mâle doit, selon l'auteure, différencier son identité de l'identité de la mère. Il faut qu'il se coupe ou qu'on le force à couper le lien avec sa mère et les femmes. Donc, il faut oublier sa féminité première de bébé ou de jeune enfant. Cette coupure est censée permettre de faire le mâle au contact des autres hommes de la communauté. Mais cette coupure n'est pas simple. Au contraire, elle est profondément traumatisante. Ce sont les rituels d'initiations qui peuvent être symboliques, sanglant ou même particulièrement violent et choquant aux yeux d'un européen du XXIe siècle. Mais ces rituels devaient permettre de couper l'homme des femmes et de lui permettre d'incarner l'idéal de virilité. L'auteure mentionne aussi le caractère profondément contradictoire que la société met en place entre l'homosexualité et la masculinité. Aux yeux de beaucoup un homme ne peut pas être homosexuel et inversement. Même si les liens sociaux masculins qui peuvent exister dans le sport, par exemple, ont des caractères profondément homo-érotiques.

La dernière partie tente de passer outre la maladie identitaire des hommes pour trouver un modèle qui réconcilie les hommes avec eux-même. Dans cette partie l'auteure décrit deux idéaux-types masculins: l'homme dur et l'homme mou. Le premier est un homme hypervirilisé et macho dont l'attitude, qui n'est plus acceptée, cache un profond mal être avec sa propre féminité. Le second modèle est incarné par des hommes qui refusent les caractères pensés masculins et se rapprochent de la féminité. Mais, là aussi, leur choix ne fonctionne pas puisqu'il y a un ressenti de mal être ainsi qu'un rejet par les femmes. C'est pourquoi Badinter tente de dessiner l'homme qui ne sera ni macho ni féminin mais qui arrivera à concilier les deux parts de sa personnalité pour créer une nouvelle masculinité incarnant les idéaux des deux sexes.

J'ai trouvé que la lecture de ce livre était facile et souvent intéressante j'ai, néanmoins, quelque points de désaccord avec l'auteure. Premièrement, mais c'est un point de préférence personnelle, je n'ai pas forcément été convaincu par la nécessité d'utiliser de la littérature biologique et psychiatrique pour se poser la question d'un problème social. C'est, bien sur, un point qui peut être débattu pour aboutir à considérer cette remarque comme fausse. ce n'est, de toute manière, pas ma critique la plus importante. En effet, ma critique est surtout basée sur l'impression que l'auteure considère qu'il existe des caractères spécifiquement masculins et féminins. J'ai tendance à penser que les traits de caractères ne sont pas naturellement sexués mais que la socialisation des enfants crée cette sexualisation. Je ne suis donc pas convaincu d'un discours qui parle de féminisation des hommes (ou de virilisation des femmes) si on n'implique pas une certaine vision sociale de ce qu'est un homme et une femme. Un troisième point marque une forme de pessimisme ambiant dans le livre. Ma lecture m'a donné l'impression que les hommes, pour Badinter, ne peuvent pas être heureux. Tout le livre regorge d'hommes frustrés, traumatisés, perdus ou déprimés. J'ai eu l'impression qu'il était très difficile voir impossible d'être heureux quand on est un homme. Peut être que l'utilisation de la littérature psychiatrique et des romans implique cette vision d'hommes en crises? Il faudrait  vérifier si il existe un biais ,dans la vision de la masculinité, inscrite dans cette littérature.

Image: livredepoche.com

15:40 Écrit par Hassan dans sociologie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : masculinité, elisabeth badinter | | | |  Facebook

The Green Hornet

Il faut l'avouer, je n'attendais pas grand chose en allant voir ce film. Mon but était sorti de me détendre deux heures au cinéma avec un film que je ne pensais pas vraiment bon mais probablement divertissant. Ceci peut expliquer que j'aie été surpris en bien par ce film qui a dépassé mes attentes (relativement basses il est vrai). L'histoire est celle du fils d'un grand directeur de journal qui vient de mourir: Britt Reid. Ce dernier n'est, toutefois, pas capable de reprendre le journal de son père puisque sa vie, jusqu'à présent, n'était constituée que de fêtes et de beuveries. Britt fait aussi la connaissance de Kato, le mécanicien de son père, qui est un génie de la mécanique capable de créer toute sorte d'objets fantastiques comme une machin à café miraculeuse. Devenant amis ils décident de vandaliser la statue posée sur la tombe du père de Britt mais, dans le même temps, ils sauvent un couple qui se faisait agressé dans la rue. C'est à ce moment qu'il leur vient une idée: jouer les criminels pour combattre la pègre locale contrôlée par un russe.

Comme je l'ai déjà dit, je n'attendais pas grand chose de ce film ce qui peut expliquer mon avis plus positif que ce que certains pourraient penser. The Green Hornet est un film de superhéros. Ce qui implique de l'action pour une grande partie des deux heures qu'il dure. De l'action nous en avons. Les combats sont, je trouve, très bien réalisés. De plus, on trouve de belles voitures avec des courses poursuites que j'ai beaucoup apprécié. Mais j'ai aussi trouvé ce film très drôle. Ce n'est pas que les acteurs soient forcément drôle seuls, je trouve même que, parfois, les dialogues sont un peu lourd, mais ensemble le duo fonctionne, à mon avis, plutôt bien et m'a souvent fait rire. Les situations entre Britt égocentrique, dragueur et grande gueule et Kato le jeune chinois humble et expert du combat fonctionnent assez bien. J'ai beaucoup apprécié le personnage du russe parrain de la pègre local qui tente désespérément de faire peur mais que personne ne prend vraiment au sérieux sauf ses subordonnés. Quand à la 3D elle n'est pas très utile et aurait pu être mise de coté sans même y réfléchir à deux fois. Bref, si j'ai apprécié ce film plus qu'il ne le mérite c'est probablement parce que je n'attendais rien de sa part et que j'ai été surpris.

Image: Site officiel

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10:06 Écrit par Hassan dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : green hornet | | | |  Facebook

23/01/2011

King Kong Theorie par Virginie Despentes

Titre: King Kong Theorie9782253122111-G.jpg
Auteur: Virginie Despentes
Éditeur: Grasset et Fasquelle 2006
Pages: 151

J'ai un peu de mal à savoir comment parler de ce livre. Il faut dire qu'il ne suit pas une structure précise ni un argumentaire en trois parties et trois sous-parties. La lecture m'a plutôt donné l'impression d'une sorte de cri de rage. Mais attention, je n'entend pas par ce terme que l'auteure n'a aucune idée de ce qu'elle fait. Au contraire, j'ai l'impression qu'on y trouve des réflexions de toute une vie. Simplement, ces réflexions ne semblent pas être ordonnées (ou alors je n'ai pas compris cet ordre). L'auteure y parle de sa vie et de ce qu'elle a observé. Ce faisant elle nous montre la domination masculine en pleine action. Cette manière d'écrire lui permet aussi de tordre le coup à certaines idées préconçues comme celles sur la prostitution. Ce livre n'est pas qu'une autobiographie ou qu'un simple essai féministe et encore moins un simple carnet de pensées. C'est un peu tout ça à la fois.

On trouve, dans ce petit livre, les réflexions les plus diverses sur de nombreux sujets. Ce qui donne une impression de confusion. Mais, à mon avis, ce livre permet de trouver des réflexions intéressantes sur des mécanismes qui fonctionnent tous les jours sans qu'on s'en rende compte. Comment les mâles remettent les femelles à leur place légitime au nom d'une féminité culturellement créée et naturalisée au jours le jours. Mais, au contraire de ce que j'ai pu lire, ce n'est pas un livre par une femme pour les femmes. A mon avis, c'est un livre d'une femme pour tout le monde que ce tout le monde soit masculin ou féminin. Car, au travers de la domination des femmes par les hommes, on découvre une autre domination: la domination des hommes par eux-même. Celle-ci est tout aussi forte mais est moins connu et reconnue et j'ai, d'ailleurs, eu l'impression que Virginie Despentes a mieux compris les hommes qu'ils ne se sont compris eux-même. Ce livre est un moyen de souhaiter, pour l'auteure, que tous les êtres humains oublient ce qu'on leur demande d'être pour devenir ce qu'ils souhaitent vraiment. Bref, je ne sais pas vraiment quoi en dire ni qu'en penser mais je sais que j'ai apprécié sa lecture que j'ai trouvée très enrichissante. Alors oui, certains pourraient s'offusquer du ton et de certains propos. Mais n'y lit-on pas, après réflexion, ce que nous pensons tous tout bas?

Image: livredepoche.com

18:36 Écrit par Hassan dans contemporain | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : virginie despentes, king kong theorie | | | |  Facebook

Mieux qu'un rêve, une grève. La gréve des femmes du 14 juin 1991 en Suisse.

Titre: Mieux qu'un rêve, une grève. La grève des femmes du 14 juin 1991 en Suisse
Éditeur: éditions d'en bas 1991
Pages: 140

J'ai gardé une certaine curiosité pour cette grève dont personne ne parle vraiment. J'en ai entendu parler il y a quelques années mais je ne réussissais pas à trouver d'informations sur son déroulement et ses revendications. J'ai toujours voulu en savoir plus sur cette grève souvent qualifiée d'historique. Ce livre m'a permis d'en connaître un peu plus sur le déroulement de cette journée du 14 juin 1991. Comment la grève a-t-elle été appliquée, qui en a parlé, comment les hommes ont participé et comment elle a été perçue par les milieux patronaux. Ce livre nous offre beaucoup d'informations sur ces différents points et permettent de se faire une petite idée du déroulement de cette journée et de ses conséquences avec de jolies photos. Il semble qu'elle ait créé une forte impression sur les acteurs politiques bien que beaucoup de patrons et de syndicats étaient défavorables envers cette idée.

Cependant, bien que j'aie apprécié la lecture, il faut bien comprendre que ce livre n'a pas le but de donner des informations historiques. Je pense que ce livre sert plutôt à aider les acteurs de l'époque et les personnes qui ont participé à se remémorer les événements de cette journée. En effet, le livre n'est pas écrit d'une manière romancée mais plutôt apologétique. Il donne l'impression d'une journée parfaitement réussie pour tout le monde qui a permis d'unir les femmes (et les hommes) autour d'une idée d'égalité. Mais est-ce vraiment le cas? Probablement que si au moins dans une certaine mesure. Mais je souhaiterais pouvoir aller plus loin sur certains points comme, par exemple, la tentative d'arrêter ce mouvement qui a été mis en place par certaines personnes. Que celles-soient liées aux milieux patronaux ou syndicaux. Je pense qu'il serait très intéressant de s'y plonger.

11:30 Écrit par Hassan dans contemporain | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : grève des femmes, 14 juin | | | |  Facebook

21/01/2011

The Hitchhiker's guide to the galaxy: And Another Thing par Eoin Colfer

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Auteur: Eoin Colfer
Éditeur: Penguin Books 2010
Pages: 339

Voici, enfin, le sixième et dernier tome de la plus célèbre trilogie de tous les space opera. Malheureusement la mort de l'auteur original du Guide, Douglas Adams, a obligé les éditeurs de demander l'aide de Eoin Colfer connu pour ses livres sur Artemis Fowl. Heureusement Eoin Colfer a pu s'aider des nombreuses notes inexistantes que Douglas Adams n'avait pas écrite sur l'intrigue possible de ce sixième tome. Intrigue qui fut difficile à trouver puisque presque tous les personnages, à la fin du cinquième tome, ont souffert d'une brusque et subite crise de maladie communément appelée mort par rayons tueurs. Heureusement l'ex-président de la Galaxie, Zaphod Beeblebrox, est arrivé à temps pour les sauver même si Ford, fidèle à lui-même, a réussi à faire en sorte que l'ordinateur de bord plante durant l'attaque des rayons pré-cités. Bref, les humains ont encore réussi, ZARK (si vous êtes Vogons), à survivre. Ce qui ne plait pas beaucoup à la flotte de destruction Vogon qui va tenter, comme toujours, de tous les détruire en les faisant souffrir si possible. La protection d'un dieu pourrait être nécessaire si l'humanité veut réussir à survivre.

On peut, légitimement, avoir un peu peur quand un écrivain reprend les rênes d'une série culte après la mort de son auteur original. Va-t-il trahir l'univers patiemment créé et amoureusement étudié par des millions de fans? Il est vrai que je n'étais pas vraiment inquiet puisque je connais Eoin Colfer depuis longtemps au travers de sa série sur Artemis Fowl. Et je pense avoir eu raison. Car, bien que j'aie eu parfois du mal à comprendre certains passages en anglais (sûrement à cause de certains objets exotiques), j'ai beaucoup ri à la lecture de cet ultime tome. Je trouve que Eoin Colfer a vraiment bien cerné les différents personnages et réussi à s'approprier l'univers du Guide pour écrire ce sixième tome. Il y a, ainsi, de nombreuses situations que j'ai beaucoup apprécié (craignez le grand fromage!) et des citations du Guide particulièrement utile et drôle à lire. Bref, vive le Guide!

Image: Amazon

Skyline

Skyline, le film dont personne n'attend grand chose mais qui fera quand même des entrées. Tout simplement parce que tout le monde sait quoi y trouver: de l'action, des effets spéciaux et pas de réflexion. J'aime bien trouver un moyen de réfléchir quand je regarde un film mais, de temps en temps, regarder un bon gros film américain sans rien d'autre que des images fait du bien. Skyline nous emmène un matin dans un appartement de luxe à Los Angeles. Plusieurs amis y dorment après une fête mouvementée. Mais ils sont réveillé par un lueur bleue très étrange qu'ils ne comprennent pas. Cependant, ils se rendent rapidement compte que cette lumière est dangereuse puisqu'elle tente de contrôler plusieurs d'entre eux pour les faire disparaître. Tandis que la journée continue sa course nos amis tentent de comprendre ce qui se déroule autour d'eux. Ils apprendront rapidement que la Terre est sujette à une attaque extraterrestre puisque d'énormes vaisseaux stationnent au-dessus de la ville. La question se pose alors: que faire pour survivre? Se cacher ou fuir le plus loin possible?

De l'action il y en a, des rebondissements il y en a aussi, des effets spéciaux encore plus que nécessaire avec, en plus, un petit peu de mystère. J'ai probablement voulu trouver plus que le film possède en essayant de comprendre les buts de ces aliens. En effet, rien n'est dit. On se contente d'observer la ville se faire envahir sans qu'aucune résistance véritable ne se mette en place avant le second jours. Les personnages qui nous sont présentés sont tous plus bêtes les uns que les autres et je dois avouer que j'ai beaucoup apprécié les voir se faire massacrer les uns après les autres. Après tout, aucun d'entre eux n'est capable de faire un bon choix. Mais ce qui est ennuyeux avec ce film c'est qu'il est construit pour laisser la place à une suite. On n'apprend donc pas grand chose mis à part que ces aliens sont très puissants et que l'armée américaine ne capitulera pas (un petit peu de patriotisme ne fera jamais rien de mal dans un film hollywoodien). On pourrait essayer de faire un parallèle entre cette menace massive et étrange qui se régénère au fur et à mesure qu'on la combat et le terrorisme mais je pense que ce serait donner un peu trop de réflexion aux scénaristes. Bon, au moins on ne s'ennuie pas durant le film.

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Image: allocine

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09:56 Écrit par Hassan dans Film, science-fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : skyline | | | |  Facebook

18/01/2011

The Tourist

Je dois le dire tout de suite, je ne suis pas allé voir ce film en m'attendant à grand chose. J'ai eu raison puisque l'intrigue n'est pas grand chose. Celle-ci semble pourtant alléchante sur le papier. Un homme rencontre une femme dans le train: Élise. Celle-ci l'accoste et accepte de passer les quelques heures du voyage avec lui puis de l’accueillir dans son hôtel. Mais ce que cet homme ne sait pas, en l’occurrence son nom est Franck, c'est que cette femme n'est pas n'importe qui. Elle est l'épouse d'un homme qui doit dans les 800 millions de Livres d'impôts au gouvernement anglais. Plus encore, cet homme a eu le culot de voler plus de trois milliards de Livres à l'un des grands gangster d'Europe. Malheureusement, tout le monde semble persuadé que Franck est bel et bien le maris tant recherché. Poursuivi par la police et par des gros bras russes il tentera, tant bien que mal, de survivre alors qu’Élise tente de retrouver son maris.

Scénario alléchant? Je dois avouer que je cherchais plutôt un bon film d'action américain devant lequel me détendre sans trop réfléchir. Mais, même si je me suis fait avoir et que je n'ai pas anticipé la dernière révélation, ce film m'a trop détendu. En fait, j'ai plutôt somnolé tout du long sans trop faire attention à l'écran. Il n'y a que les premières minutes qui m'aient tenu éveillé. Mais surtout parce qu'elles sont ridicules. On y voit la surveillance policière qui est mise en place autour d’Élise mais on ne peut que rire de voir autant de maladresse et de manque de discrétion. Par exemple, l'idée de faire se lever les deux policiers du café, juste après qu’Élise ait reçu une lettre de son maris, pour interpeller le livreur à peine cinq mètres plus loin laissant, entre parenthèse, tout le temps à Élise pour détruire la lettre... D'ailleurs, l’actrice qui joue Élise, Angelina Jolie, semble n'avoir qu'un seul jeu: défiler en robe et bijoux en essayant d'être snob et hautaine. Même Johnny Depp ne m'y pas convaincu. La suite du film est ennuyeuse. On alterne entre longues scènes entre les deux acteurs et quelques minutes d'intrigues mais quasiment sans actions. Même les situations comiques sont ratées. Bref, je ne recommande absolument pas d'aller au cinéma voir ce film sauf si vous aimez les robes de gala.

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15:43 Écrit par Hassan dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |  Facebook

17/01/2011

La guerre censurée. Une histoire des combattants européens de 14-18 par Frédéric Rousseau

Titre: La guerre censurée. Une histoire des combattants européens de 14-1841EBTGF5APL._SL500_AA300_.jpg
Auteur: Frédéric Rousseau
Traducteur: François Schmitt
Éditeur: Seuil 1999
Pages: 412

La première guerre mondiale fait partie de ces événements que nous connaissons tous. Ou plutôt que nous croyons tous connaître. Depuis l'école les idées reçues sont acceptées et transmises sans vraiment les remettre en question. Toutes ces idées reçues ne sont, bien entendu, pas forcément fausses mais certaines oui. Par exemple, une idée que l'on lit régulièrement est que les soldats combattaient par amour de la nation. Mais est-ce vrai? Frédéric Rousseau essaie, dans ce livre, d'oublier les théories des généraux ou des historiens militaires classiques. Il essaie de se rapprocher du vrai combattant, de celui qui vit en première ligne dans la boue et les poux. Mr Rousseau essaie de comprendre comment la première guerre mondiale fut ressentie par les simples soldats. Et il tente de comprendre ceci en se concentrant sur la question du moral des troupes. En effet, comment est-il possible que des millions d'êtres humains aient acceptés de combattre pour un objectif qui ne semble pas clair? Pour comprendre ce moral et ses limites l'auteur va examiner plusieurs explications possibles qui transparaissent au travers des sources. Alors? le sentiment nationaliste joue-t-il un rôle? L'auteur répond en minimisant ce rôle. Les amis de la section sont plus importants puisqu'ils font partie de la famille du soldat. C'est pour eux que le soldat se bat et non pour un concept. L'auteur montre aussi l'importance d'un chef exemplaire qui respecte ses soldats et qui agissent en vrai combattant et non en restant cloîtré dans un bunker à l'arrière. Mais ce livre nous permet aussi de connaître ce qui détruit le moral d'un soldat. L'absence d'amour et de sexe bien entendu. Mais aussi la mort omniprésente, les cris des blessés, le manque de repos et d'initiative. Comment passer outre? Les permissions sont une solution mais, souvent, le soldat tombe dans l'alcool voir la folie.

Que penser de ce livre? Je suis assez mitigé. Tout d'abord je suis content de trouver un livre qui tente de comprendre comment le simple soldat ressent la guerre. Je trouve aussi très intéressant d'essayer de savoir comment le moral des soldats peut être renforcé ou amenuisé. Il est intéressant de voir que certaines idées qui sont encore utilisées dans l'armée ont un effet très négatif sur le soldat et sa façon de combattre. J'ai aussi apprécié cette impression, que j'ai ressentie lors de la lecture, d'entre véritablement dans le quotidien des soldats quelque sois le camps. Ceci est possible grâce à la large utilisation des sources par Rousseau. Celles-ci sont souvent et largement citées ce qui nous permet d'entrer dans les pensées intimes des soldats. Cependant, bien que certains passages m'aient donné l'impression de lire un roman, il m'est arrivé de m'ennuyer dans ma lecture. Je me pose aussi la question des sources. Est-ce que les personnes qui ont écrits des témoignages de guerre ont un profil sociologique particulier? Si oui, sont-ils vraiment représentatifs des millions de soldats qui ont combattus? Cependant il faut tout de même noter que Rousseau utilise aussi la correspondance des soldats ce qui lui permet de passer outre cette question de méthode.

Image: amazon

14/01/2011

the next three days (les trois prochains jours)

La dernière fois que j'avais vu Russel Crowe c'était dans le retour de Robin des Bois. Je l'avais aussi apprécié dans Gladiator. Ce dernier film n'a rien à voir avec les deux que je viens de mentionner. Russel Crowe n'y incarne pas un soldat mais un simple professeur de littérature espagnole à l'université de Pitsburgh: John Brennan. Il est heureux en mariage avec une dénommée Lara et aime son fils sans aucune concessions. Mais tout est bouleversé lorsque sa femme, un matin, est arrêtée pour le meurtre de sa patronne le soir précédent. Bien qu'elle clame son innocence et que son mari la soutienne sans se poser de questions elle est condamnée à vie. Le couple fait tout pour que le procés soit révisé et prouver l'innocence de Lara. Mais les possibilités se ferment les unes après les autres. Alors que Lara tente de se suicider John comprend qu'il n'y a plus d'espoir du coté de la loi pour la sauver et la ramener dans la famille. Il ne voit donc qu'une seule possibilité: l'évasion. Mais une évasion se prépare longtemps à l'avance. John fait donc tout pour préparer le plan parfait qui lui permettra de sauver sa femme et de réunir sa famille. Mais rien ne se passe jamais comme prévu.

Russel Crowe universitaire banal qui possède une petite maison et une gentille famille? Difficile à croire quand on l'a surtout vu utiliser ses muscles comme soldat dans des films remplis de batailles. Mais il réussit à incarner un homme doux et aimant. Quand je dis qu'il est aimant je ne le vois pas comme gentillet mais un amour indéfectible qui ne laisse pas place au doute. John Brennan est un homme qui s'offre entièrement et qui ne laisse rien le laisser douter. Ce qui explique pourquoi le personnage se met à échafauder un plan de cette ampleur. Il y a aussi un petit air de déjà vu. Bien sur on peut difficilement ne pas comparer ce film avec la série culte Prison Break. Les deux héros voulaient sauver et réunir leur famille mais John ne se trouve pas dans la prison mais à l'extérieur. Ce qui m'a aussi frappé dans ce film c'est qu'il a montré, en vitesse, ce que John doit devenir pour réussir son plan. Il doit oublier la moralité et accepter la possibilité de tuer pour réussir. Il est dommage que ce point n'est pas été exploré plus en profondeur. Le film possède aussi un caractère angoissant au fur et à mesure que le temps passe. En effet, plus il se prépare, plus le moment clé approche et plus les erreurs s'accumulent. La dernière partie est la plus haletante puisqu'elle se déroule en véritable course contre la montre. Bref, je dirais que c'est un bon film qui reste classique et qui ne fouille pas les conséquences des actes en profondeurs mais qui reste sympathique à regarder. Surtout que, durant tout le film, se pose la question: Lara est-elle coupable?

Image: Allocine

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Bande annonce: cine.ch

 

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13/01/2011

Season of the Witch (Le dernier templier)

Je ne sais pas trop pourquoi mais j'apprécie beaucoup l'acteur Nicolas Cage. Je vais donc souvent voir un film surtout parce qu'il se trouve dedans plus que pour l'histoire même. Bon, ce film m'intéressait aussi pour l'intrigue qui semblait y être déployée. Nicolas Cage incarne un chevalier du Temple. Il combat, avec d'autres templiers, les païens en terre sainte. Mais, après des dizaines de batailles sanglantes, la mise à sac d'une ville et la mise à mort de ses citoyens qu'ils soient hommes, femmes ou enfants le pousse à bout. C'est après cette bataille qu'il décide de quitter la Croisade avec l'un de ses amis et choisit de retourner chez lui. Mais leur voyage les conduit tout droit dans une contrée dévastée par la peste. Arrêtés pour désertion ils font face à un choix. Soit être châtiés soit escorter la présumée sorcière dans un monastère pour la juger et détruire ses pouvoirs. Les moines de ce monastère possèdent, en effet, un livre qui contient tous les rituels nécessaires pour combattre les sorcières et autres créatures.

Bien que j'aie apprécié de regarder ce film pour le moins sanglant j'ai quelques critiques à faire. Tout d'abord, Nicolas Cage est censé incarner un chevalier du Temple. Mais ou se trouve son cheval? Je ne suis pas un spécialiste de la guerre médiévale mais je crois savoir que les chevaliers se battent, la plupart du temps, à cheval. J'ai aussi été choqué par les beuveries et les visites au bordel qui se déroulent après une bataille. Les Templiers sont censés être des chevaliers moines qui, justement, évitent les actes dépravés des chevaliers séculiers. Secondement, si je me souviens bien, le film prend place dans les années 1340, Donc au XIVe siècle, ce qui est une période durant laquelle la peste est effectivement tombée sur l'Europe. Cependant, la dernière croisade, à ma connaissance, prend place en 1274 à l'appel de Grégoire X. De plus, il me semble que les Templiers furent arrêtés et dissous au XIIIe siècle. Le film semble donc mélanger les dates bien que ce point puisse mériter un éclaircissement.

Mais ce ne sont que des faits historiques et, bien qu'en tant qu'étudiant en histoire ces incohérences me titillent, un film peut être bon sans être historiquement juste. Le début du film part bien. On rencontre l'époque dans un contexte d'insécurité et de justice expéditive. On trouve nos héros dans une situation de guerre destructrice et sans pitié. Et on les suit dans des paysages magnifiques mais peu sympathiques. Dès que l'on voit la première maison on se rend compte que le réalisateur a voulu nous montre un lieu salle, puant et moche. Et c'est moche et puant. C'est, d'ailleurs, juste après cette scène que se déroule, je pense, celle qui est la plus stupide de tous le film. Imaginez-vous, vous venez de sortir d'une maison que vous avez brulé parce que ses habitants sont morts de la peste. Vous avez besoin de ravitaillement. Vous observez une ville au loin qu'une nuée de millier de corbeaux couronne. Bien sur vous n'y allez pas. Nos deux templier se jettent dedans puis s'étonnent de voir une épidémie de peste! Bref, la première partie est probablement la plus réussie. Bien que des indices grossiers nous soient offerts on se demande vraiment si la Sorcière est mauvaise ou juste une victime. Les paysages sont très oppressants et la femme inquiétante. Tout se gâte dès la seconde partie du film qui se transforme en l'Exorciste dopé aux amphétamines. Nous avons droit aux voix sépulcrales, aux combats et à des rituels en latin dans un monastère isolé. Bref, c'est un film très moyen si on observe le tout mais qui reste captivant à voir.

Image: Allocine

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10:10 Écrit par Hassan dans Film | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : season of the witch, le dernier templier | | | |  Facebook

09/01/2011

Kickass

On m'a offert récemment ce film que j'avais hésité à aller voir au cinéma. J'en avais entendu beaucoup de bien mais aussi pas mal de critiques et je ne savais pas si il me plairait vraiment. Nous suivons, dans ce film, l'histoire d'un adolescent normal: Dave Lizewski. Celui-ci va à l'école, fait ses devoirs, lit des comics, fantasme sur la fille de ses rêves et se fait agresser de temps en temps comme tout un chacun. Il n'a rien pour lui mais rien contre lui non plus. En gros, il est parfaitement normal et sans histoire. Jusqu'au jours ou, se demandant pourquoi personne n'a voulu devenir un superhéros alors que de nombreux films et comics les mettent en scène, il décide de créer Kickass. Mais il ne fait pas que mettre un costume et se battre contre des malfrats. Il crée aussi un ouragan médiatique autour de lui en lançant son propre site internet qui lui permet de dialoguer et de recevoir des demandes de tout le monde. Il se rendra vite compte qu'être un superhéros est loin d'être facile. Surtout quand il croisera Hitgirl et Bigdady qui sont bien plus entraînés et équipés que lui. Mais pourra-t-il arrêter le mouvement qu'il a lancé et éviter de se retrouver piégé dans une guerre de rue?

J'ai beaucoup aimé le début de ce film. La mise en place de Kickass laborieuse et, surtout, ratée puisqu'il se fait plus souvent tabasser qu'il ne tabasse les malfrats. Sans oublier l'intérêt des médias envers ce nouveau personnage et sa tentative de se faire connaître par un portail social. Mais je n'ai pas trouvé que l'histoire de Kickass soit la plus intéressante. Je trouve qu'elle reste classique tout en ne l'étant pas. J'ai beaucoup plus apprécié les deux autres personnages principaux: Hitgirl et Bigdady. En effet, ces deux personnages ont l'intérêt de nous mettre mal à l'aise. Mais pourquoi ne le serions-nous pas en voyant un père tirer sur sa fille. Pour parler de la fille, je la trouve à la fois fascinante et apeurante. Il faut dire que cette petite fille de dix ou onze ans est capable de se battre sans s’essouffler mais, surtout, de tuer sans état d'âme avec une efficacité redoutable et redoutée! J'ai, donc, ressenti un certains malaise à voir une petite fille tuer de cette manière. Et c'est probablement un des points forts de ce film. De plus, ce dernier est assez drôle puisqu'il permet de se moquer des classiques du genre. Mais il possède aussi un caractère très violent et sanglant qui ne conviendrait pas à un certain public. J'ai donc plutôt apprécié l'histoire de ce film.

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Image: Allocine

 

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11:24 Écrit par Hassan dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : kickass, superhéros | | | |  Facebook

06/01/2011

Enfants placés, enfances perdues sous la direction de Marco Leueuberger et Loretta Seglias

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Titre original: Versogt und vergessen. Ehemalige Verdingkinder erzählen
Auteurs: sous la direction de Marco Leueuberger et Loretta Seglias
Traducteur: François Schmitt
Éditeur: Édition d'en bas 2009 (Rotpunktverlag 2008 édition originale)
Pages: 283

Durant la première moitié du XXe siècle il y eut de nombreux enfants placés en Suisse. Ces placements dépendaient de plusieurs facteurs, comme la pauvreté ou le divorce, et avaient le but de faire grandir l'enfant dans un environnement familial complet. Il faut entendre par complet la famille traditionnelle bourgeoise: un homme qui travaille, une femme qui s'occupe du ménage et les enfants. Mais de multiples abus ont été commis contre ces enfants. Ce livre a le but de les analyser et de les mettre en lumière. Quels sont ces abus? Le premier qui saute aux yeux concerne le travail. Ces enfants placés n'étaient plus considérés comme des enfants mais comme une force de travail corvéable sans limite. On leur donnait énormément de travail à accomplir sans prendre en compte leur âge. Cet abus peut être lié à un second problème qui était l'école et à la formation. En effet, ces enfants avaient souvent du mal à travailler pour l'école quand ils n'y étaient pas directement discriminés. Ceci pouvait aller plus loin puisque les tuteurs et les familles d’accueil pouvaient contester des décisions professionnels de ces enfants placés et les forcer à travailler pour eux ou d'autres familles. Enfin, et c'est probablement le problème le plus développé, ces enfants avaient surtout un manque affectif. On ne les traitait pas comme des membres de la famille mais comme des choses. On ne leur parlait pas forcément, on refusait qu'ils puissent contacter leur véritable famille et on les mettaient souvent à l'écart. Cependant, il existe des cas de placement heureux et la plupart des enfants qui ont témoignés dans ce livre ont pu réussir leur vie.

Que penser de ce livre? Outre qu'il nous permet de connaître, en plongeant directement dans les souvenirs des acteurs concernés, une page sombre et oubliée de l'histoire Suisse il nous permet aussi de comprendre les raisons de ces abus. La raison principale est l'incapacité des autorités à surveiller les placements. Aucun effort réel n'était fait pour comprendre les enfants et vérifier leur état de santé. Une autre raison peut être vue dans l'idée commune de l'époque d'une forme d'hérédité de la pauvreté. Il fallait donc protéger ces enfants même contre eux-même. L'avantage de ce livre est qu'il nous donne un accès aux souvenirs des personnes placées tout en nous offrant des synthèses historiques à chaque début de chapitre. Mais on sait que l'histoire orale est souvent critiquée pour son manque, possible, d'objectivité. Les auteurs y répondent en écrivant un chapitre conclusif concernant la méthode. Bien que les analyses historiques soient courtes je dois donc dire que je trouve ce livre bien construit et complet. Du moins en ce qui concerne l'état actuel de la recherche. Il est, cependant, dommage que la traduction n'ait pas été mieux faites. On lit, par exemple, systématiquement "moins" à la place de "moyens". Ces fautes assez grossières nuisent considérablement à la lecture et au sérieux du travail présenté.

Image: Le comptoir des presses d'universités

10:11 Écrit par Hassan dans contemporain, Histoire, Suisse | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : enfants, placement | | | |  Facebook

03/01/2011

Les violences politiques en Europe: Un état des lieux. Sous la direction de Xavier Crettiez et de Laurent Mucchielli

Titre: Les violences politiques en Europe: Un état des lieux41rZbaZNtDL._SL500_AA300_.jpg
Auteurs: Sous la direction de Xavier Crettiez et de Laurent Mucchielli
Éditeur: La Découverte 2010
Pages: 336

Les violences politiques font souvent la une des journaux. Que celles-ci soient liées à un nationalisme précis, à une idéologie, à un sport ou à des émeutes voir aux actions de la police et des états et même, récemment, des causes religieuses. Mais nous n'avons pas, dans les médias traditionnels, d’interprétation de ces violences qui permette de comprendre les raisons et les facteurs de ces violences. Ce livre, édité après un colloque ayant eu lieu à Nice en 2008, essaie de donner des faits précis sur différentes formes de violences politiques. C'est pourquoi il est divisé en cinq parties.

La première partie pose la question des violences idéologiques. Nous y trouvons trois articles. Le premier pose la question de la manière d'analyser les violences dites islamiques dans la littérature. Il montre que celle-ci se cite elle-même sans avoir accès aux données qui permettraient de prouver les idées posées. De plus, on y trouve beaucoup d'auteurs qui sont plus ou moins liés à l'antiterrorisme et qui peuvent mettre en place des notions politisées que ce soit de manière volontaire ou non. Les deux autres sont plus traditionnels puisqu'ils se concentrent sur les violences des extrêmes gauche et des extrêmes droites. Dans le cas de l'extrême gauche on apprend que les recherches sont partielles si ce n'est partiales. Ce qui n'empêche pas l'auteur, Isabelle Sommier, de montrer comment certaines affaires de terrorisme d'extrême gauche ont été montées en prenant l'exemple des "terroristes" de Tarnac. L'extrême droite, elle, est analysée dans un sens classique puisque l'article fait le constat d'une montée croissante de ses thèmes.

La seconde partie parle des violences liées à des facteurs nationalistes. Les trois articles de cette partie nous montrent comment différents mouvements nationalistes d’Europe de l'ouest ont changés durant le XXe siècle. Ce sont les mouvements d'Irlande du Nord et sa réaction face au processus de paix, les mouvements nationalistes basques et la reconstruction de leur sociabilité et de leur argumentaire après la chute de la dictature de Franco et les mouvements Corse.

La troisième partie est l'une de celles que j'ai trouvée les plus intéressantes puisqu'elle parle des émeutes. Nous y trouvons un article sur les émeutes urbaines de la France qui reprend les thèses acceptées par les différents auteurs pour expliquer ces émeutes. Ces thèses prennent en compte la situation socio-économique mais aussi les relations avec différents appareils d'état (en particulier l'école et la police). Un second article fait une comparaison très instructive avec la Grande Bretagne et nous montre que les facteurs des émeutes anglaises ne sont pas fondamentalement différents des facteurs français. Enfin, un dernier article analyse les acte des hooligans. Plutôt que d'en parler comme des actions irréfléchies cet article tente de montrer les liens qui peuvent être noués avec certains groupes d'extrême droite qui investiraient les tribunes pour se faire entendre.

La quatrième partie m'a aussi beaucoup passionné puisqu’elle s'intéresse aux violences d'état qu'elles soient policières ou politiques. Nous y trouvons deux articles concernant la police. Le premier analyse la manière dont l'institution policière réagit et régit les mouvements sociaux. Selon l'auteur, Olivier Fillieule, la police agit selon des modalités différentes selon l'acteur qui se trouve en face d'elle. Ceci en lien avec une légitimité plus ou moins grandes des protestataires, une histoire des mobilisations mais aussi, et surtout, la manière dont les élites politiques parlent des protestataires. Si ces derniers sont délégitimés par les pouvoirs publiques il y a de grandes chances que la police agisse de manière plus violente. Nous retrouvons ce constat dans l'article de Salvatore Palidda en ce qui concerne l'Italie. Un article de Pierre Piazza analyse, lui, la violence d'état symbolique dans la mise en place des différents papiers d'identités. L'auteur tente de montrer que ces papiers participent d'une obligation de suivre une identité imposée. Mais aussi que ces identités permettent de créer une frontière symbolique parmi les citoyens eux-même. Il y aurait les citoyens légitimes qui acceptent que l'état s’insère dans leur vie privée pour contrôler leur identité et les citoyens illégitimes vu comme dangereux qui, en refusant ces papiers, perdent les droits qu'ils devraient posséder comme celui de se déplacer librement. Enfin, la dernière partie est une réflexion sur des points précis. Le premier concerne les liens entre les mouvements sociaux et la violence. Le second montre comment les scientifiques se sont laissés piégés par la violence de la Roumanie pour expliquer le supposé retard démocratique de ce pays.

En conclusion, la lecture de ces différents articles apporte beaucoup à la compréhension des phénomènes de la violence politique. En effet, le livre nous permet de nous faire une idée générale des différentes formes existantes de violence puisqu'il ne se contente pas d'analyser les facteurs idéologiques et nationalistes. De plus, les articles sont écrits d'une manière critique avec une revue de la littérature sur les différents sujets. Ce bilan nous permet de nous faire une idée assez précise de la manière dont ont été analysé les différents points qui sont vu dans le livre et des critiques que l'on peut faire à ces analyses. Enfin, les articles sont rédigés d'une manière précise tout en ouvrant les thèmes grâce à des bibliographies très larges. Ce qui devrait permettre aux intéressés de trouver des livres assez facilement. Bref, je pense que l'on peut conseiller la lecture de ce livre à toutes les personnes qui essaient de comprendre les raisons des violences politiques.

Image: Amazon

02/01/2011

Narnia 3: L'odyssée du passeur d'Aurore

J'avoue avoir été surpris quand il a été décidé d'adapter ce livre de Lewis. En effet, non seulement le second film avait fait un score médiocre au cinéma mais, en plus, ce livre n'est de loin pas le plus palpitant de la série. Au contraire, je dirais qu'il ne s'y passe pas grand chose si ce n'est rien d'un point de vue hollywoodien. L'histoire se déroule donc après que Caspian ait repris le royaume en main à l'aide de Peter, Edmund, Lucy et Susan. Nous retrouvons les deux jeunes Lucy et Edmund dans ce film. En effet, ils ont été laissé en Angleterre le temps que les choses se calment et que la traversée en direction des Etats-Unis ne soit pas trop dangereuse. Ils vivent avec la famille de leur cousin: Eustache. Celui-ci est irascible, égoïste et se plaint tout le temps. Mais les trois enfants ne resteront plus très longtemps en Angleterre puisqu'ils sont appelés sur Narnia pour naviguer sur le Passeur d'Aurore avec le roi Caspian. Leur but sera de trouver sept épées légendaires dans les différentes îles de Narnia pour vaincre un mal qui pèse sur les océans.

Après une certaine surprise sur le choix de l'histoire j'ai compris que le réalisateur avait décidé de choisir seulement les intrigues qui l'arrangeait. Tout le reste est de son invention. Ainsi on retrouve certains points importants du livre comme la transformation d'Edmund à cause de son envie et on ajoute surtout de l'action. Mis à part ça l'histoire n'a pas un très grand intérêt et donne l'impression que les financiers savaient pertinemment qu'il n'y aurait pas de continuation de la saga. On garde aussi les thèmes chrétiens qui sont partie prenante de l’œuvre de Lewis et même on souligne cette caractéristique pour ceux qui ne l'avait pas comprises. Cependant, je ne dirais pas qu'il faut fuir ce film. Mais je ne pense pas qu'il faut en attendre beaucoup et si j'ai été le voir c'est surtout pour me souvenir d'un livre d'enfance plus que pour la qualité scénaristique.

Image: Allocine

Site officiel

 

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18:28 Écrit par Hassan dans Fantasy, Film | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : narnia, odyssée du passeur d'aurore | | | |  Facebook

01/01/2011

Raiponce

A coté de Megamind cet hiver a vu arriver un autre film que pas un enfant de doit louper: Raiponce. Raiponce est la visite du conte du même nom par Disney. Nous y avons une princesse, des parents royaux, un royaume triste, un prince (des voleurs) errant et une méchante sorcière sans oublier des animaux et des chants. Le voleur Rider découvre, après un vol mouvementé, la cachette de la jeune Raiponce. Après quelques coups de la part de Raiponce notre voleur accepte de lui servir de guide pour qu'elle puisse accomplir son rêve. En effet, la jeune fille est restée enfermée dans sa tour depuis 18 ans sur les conseils de sa mère. Mais elle souhaite observer l'envol des lanternes qui a lieu à chacun de ses anniversaires et qui commémore la disparition de la princesse. Celle-ci avait été enlevée par une vieille femme le jours de sa naissance. Y a t-il un lien?

Un disney reste un disney et on retrouve tous les ingrédients classiques dans celui-ci. La princesse blonde chante dans la forêt avec les animaux. Le jeune prince, mis à part qu'il soit un voleur ici, est charmant et brave. La princesse est à la fois fragile, naïve et forte et possède des amis chez les animaux. La méchante est fourbe et traitre. Les parents de la princesse sont sages et beaux ainsi qu'aimés par le peuple. Tout le monde sait chanter et danser. Et une petite morale pointe le bout de son nez durant le film. Bref que du classique disney. L'histoire elle-même est drôle. J'ai beaucoup apprécié les conflits de conscience de la jeune Raiponce dans les débuts du film ainsi que le cheval un peu bizarre. Rider est aussi drôle à observer quand il essaie de draguer Raiponce sans jamais y arriver. Il faut aussi dire que le film, selon ce que j'ai entendu dans la salle, a très bien réussir auprès des enfants qui rient souvent.

site officiel

image: Allocine

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18:28 Écrit par Hassan dans Fantasy, Film | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : raiponce | | | |  Facebook