28/02/2011

Les voleurs de sexe. Anthropologie d'une rumeur africaine par Julien Bonhomme

Titre: Les voleurs de sexe. Anthropologie d'une rumeur africaine
Auteur: Julien Bonhomme
Éditeur: Seuil 2009
Pages: 192

Un titre qui attire et pour cause il implique un point sensible chez beaucoup de personnes. Mais qu'est ce qui se cache derrière lui? Il s'y cache une rumeur qui fit rire de nombreuses personnes. Cette rumeur est celle d'hommes (et de femmes mais rarement) qui, par simple touché, seraient capables de faire disparaître le sexe de leurs victimes masculines. Cette rumeur a fait rire mais c'est de manière très sérieuse que Julien Bonhomme se propose de l'examiner. En effet, cette rumeur semble exister depuis les années 70 et avoir été connue sporadiquement sur une large région de l'Afrique. Alors pourquoi a-t-elle autant de succès? Qu'est ce qu'elle implique?

Après une discussion théorique sur ce qu'est une rumeur l'auteur tente de mobiliser plusieurs explications possibles de son succès Par exemple, est-ce que la crise économique pourrait expliquer ce fantasme de vol de sexe. La crise mènerait à une forme de dé-virilisation de l'homme parce qu'il ne serait plus capable de subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille. C'est une explication fréquemment utilisée en sociologie des banlieues françaises, d'après mes connaissances, pour expliquer leurs flambées de violence. Mais l'auteur récuse son caractère explicatif dans le cadre de cette rumeur. Une seconde explication possible ne pourrait-elle pas être l'émancipation des femmes africaines. Celles-ci, pouvant même mieux réussir que les hommes, deviendraient des castratrices dans le sens ou les hommes perdraient leurs moyens de dominations. Cependant, là encore, l'auteur balaie cette thèse en faisant remarquer que les vols de sexes se font entre hommes et rarement avec des femmes (qu'elles soient victimes ou voleuses).

Non, pour Bonhomme cette rumeur concernant une forme de sorcellerie qui touche à l'intime prend son sens si on examine l'urbanisation de l'Afrique. En effet, selon l'auteur, l'Afrique connaît des coutumes de salutations compliquées et largement utilisées dans la société. Mais la ville est un monde particulièrement anonyme dans laquelle les salutations peuvent être dangereuses. En effet, en saluant on impose sa présence à son interlocuteur qui peut ne pas l'apprécier. La salutation devient donc dangereuse puisqu'un inconnu utilise la sociabilité pour accomplir un forfait. D'ailleurs, selon Bonhomme, les témoignages des vols répertoriés semblent être proches des réactions purement physiologiques à la peur.

En tant que lecteur j'ai bien aimé parcourir ce livre. Julien Bonhomme écrit de manière assez fluide sans utiliser des termes particulièrement abscons comme on peut en trouver en sociologie (il critique, d'ailleurs, cette science pour son abstraction alors que l'anthropologie serait plus proche des évènements). Ce livre nous offre aussi quelques informations de base sur la sorcellerie africaine qui sont nécessaires si on veut comprendre la rumeur examinée. De plus, l'auteur tente de reconstituer le déroulement précis d'un vol de sexe jusqu'à sa conclusion ce qui permet de nous rendre compte de ce qu'elle implique. J'ai aussi été convaincu par la thèse avancée par l'auteur. Il faut tout de même noter que je ne connais pas grand chose à la sorcellerie et à l'Afrique. Je suis aussi totalement novice en anthropologie. Des erreurs ou des imperfections dans le développement ont donc pu m'échapper.

Image: Seuil

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22/02/2011

Code of the Krillitanes par Justin Richards

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Auteur: Justin Richards
Éditeur: BBC Books 2010
Pages: 100

Nous retrouvons la dixième incarnation du Docteur dans un dernier quick reads qui se déroule à Londres. Il souhaitait regarder les jeux olympiques mais il arrive un peu tôt puisque nous sommes en 2010. Mais il n'y a jamais de coïncidences et, à peine arrivé, il se rend compte que l'Internet est entièrement infecté par un virus que personne ne semble avoir détecté. C'est donc une affaire sur laquelle il faut enquêter. Mais il découvrira rapidement que ce virus n'est pas le seul problème auxquels il devra faire face. En effet, les gens sont bien trop intelligent autour de lui et tous ces personnes pointent du doigt un nouveau produit: des chips augmentant l'intelligence. Quelques analyses suffisent au Docteur pour détecter de l'huile de Krillitanes dans la composition de ces chips et ça ne peut pas être bon. En effet, cette race alien qui incorpore la génétique des espèces qu'il détruit est déjà venue sur terre avec cette huile. Mais, cette fois, l'utilisation est bien plus massive.

Le premier, le second et le quatrième quick reads m'avaient plut sans être pour autant magnifiques tandis que le troisième m'avait énormément déçu. Ce cinquième et, actuellement, dernier de la série des quick reads Doctor Who est, par contre, mon préféré de tous. Bon, l'intrigue reste assez simpliste ainsi que les caractères (même si j'aime bien l'informaticien un peu désabusé). Ce qui m'a fait vraiment aimer ce tome c'est l'humour qui se lit presque à toutes les pages de ce petit livre. J'ai presque eu l'impression d'avoir vraiment eu le Docteur en face de moi! J'ai, d'ailleurs, ris à presque toutes ses répliques et je ne sais quels sont mes moments préférés? Le moment ou il se confronte à un vigile du supermarché? La manière dont il se fait engager par la firme? Ou alors ses réactions au "travail" qu'il est censé accomplir et aux réunions managériales?

Image: BBC Shop

18:28 Écrit par Hassan dans Doctor Who, science-fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : doctor who, krillitanes | | | |  Facebook

Les usages sociaux de la science. Pour une sociologie clinique du champs scientifique par Pierre Bourdieu

Titre: Les usages sociaux de la science. Pour une sociologie clinique du champs scientifique27380100258880M.gif
Auteur: Pierre Bourdieu
Éditeur: INRA éditions 1997
Pages: 79

Après tous ces petits romans il devenait nécessaire que je redevienne un peu sérieux et que je lise un ouvrage plus adapté à mes études. J'ai donc choisis ce petit livre d'une conférence donnée par Pierre Bourdieu à l'INRA. Très petit livre puisqu'il ne fait que 79 pages en comptant la préface qui introduit le conférencier, la conférence et les questions et réponses qui prennent place, traditionnellement, à la fin de celle-ci. 79 pages peuvent même paraître très courts quand on annonce vouloir faire un peu sérieux. Mais il ne faut pas oublier qu'il s'agit de Pierre Bourdieu. Un des sociologues français les plus connu du XXe siècle il est aussi l'un des auteurs les plus difficiles à lire puisqu'il utilise des termes très techniques dans des phrases encore plus absconses. Mais cet auteur reste très intéressant à lire et la lecture d'un ouvrage de cette taille ne devrait pas poser trop de problèmes de mal de tête. D'autant que l'auteur est bien plus compréhensibles dans ses conférences que dans ses œuvres plus massives.

Cette conférence a pris place à l'INRA, Institut national de la recherche agronomique, dans le cadre d'un programme nommé Science en Question qui a donné lieu à de nombreuses publications. Ce programme souhaite poser la question des usages de la science à l'INRA mais aussi dans la société et des interactions entre ces deux champs. Bourdieu a donc été invité a parler de la manière dont la société utilise la recherche sans, forcément, l'utiliser scientifiquement. Cette question l'a conduit à poser le problème de l'autonomie du champs scientifique (un champs, pour Bourdieu, est un univers relativement autonome par rapport aux autres champs prenant place dans le macrocosme social il possède ses propres règles et rémunérations symboliques ou non). Bourdieu considère que le champs scientifique, surtout dans le cadre des sciences humaines, n'est que peu autonome par rapport à la société. Il est donc nécessaire, si on souhaite posséder une recherche forte et inventive, de s'autonomiser pour que les acteurs prenant la paroles soient ceux qui aient le plus de capital selon le règles du champs scientifique. Cette autonomisation devrait se faire, selon Bourdieu, en se posant la question non pas des besoins de la société mais des besoins de la science. Les scientifiques devraient revendiquer leurs besoins et non tenter d'accepter ce que la société leur impose. De plus, Bourdieu considère qu'un champs scientifique autonome devrait être capable de répondre aux réels besoins sociaux en les identifiant, en les annonçant mais, surtout, en combattant les faux problèmes induit par l’interaction des champs politico-médiatiques.

Heureusement pour moi, et pour d'autres lecteurs, ce livre est court. Mais ça n'empêche pas Bourdieu de mettre en place de nombreux concepts qui ne seront pas forcément évident aux profanes (moi même ais-je réellement compris ces concepts?). Mais cette conférence pose, probablement, des questions que les scientifiques devraient s'approprier et débattre. L'une des principales questions que j'en ai sorti est de savoir quels sont les réelles attentes de la société face à la recherche? Est-ce que ce sont les questions des journalistes? Les demandes politiques? Ou alors les questions soulevées par des sondages plus ou moins (et plutôt moins d'ailleurs) sérieux? Ou alors ces questions sont-elles, parfois, peu ou pas exprimée pas incapacité de relayer l'information au niveau politique? Bref, c'est aussi un petit livre qui ne devrait pas être lu que par des scientifiques et qui pose des questions non seulement intelligentes mais aussi légitimes.

Image: INRA

21/02/2011

The Sontaran games par Jacqueline Rayner

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Auteur: Jacqueline Rayner
Éditeur: BBC Books 2009
Pages: 98

J'ai, tout aussi rapidement que les précédents, terminé mon troisième Doctor Who de la série quick reads. Celui-ci nous emmène dans une école spéciale. Une école constituée pour choisir les meilleurs athlètes de la Grande-Bretagne dans le but de les envoyer dans une compétition internationale prestigieuse. C'est seul que le Docteur y atterrit ce qui implique, probablement, que cette aventure fait suite à la fin de la saison quatre durant laquelle il décide de ne plus avoir de compagnons. Mais être seul ne veut pas dire qu'il n'a pas de problèmes. A peine a-t-il atterrit qu'il met les pieds dans une affaire de meurtre. Plusieurs jeunes athlètes ont été retrouvés mort électrocutés. Mais personne ne sait qui est le responsable et personne, dans ce temple de la compétition égoïste, ne souhaite perdre sa chance de participer aux jeux en annonçant ces morts. Mais le Docteur compte bien enquêter. Il est dommage que les Sontarans décident de venir prendre d'assaut l'école au même moment et de mettre en place leur propre version des jeux. Une version ou le perdant ne perd pas que sa médaille...

J'ai mieux aimé ce quatrième quick reads que celui dont j'ai parlé précédemment. Il est tout de même dommage que le Docteur soit seul puisque les relations avec ses compagnons permettent souvent de mettre en place quelque gags. Mais même seul le Docteur trouve souvent quelqu'un qui puisse, provisoirement, être un compagnon. Il est aussi dommage que l'intrigue soit assez facile à comprendre et que le mystère principal du livre puisse être découvert avant même d'atteindre la moitié de l'ouvrage. Ce que j'ai apprécié, donc, c'est que ce livre montre une évolution des personnages secondaires. D'égoïstes ils deviennent unis dans le but de survivre et de vaincre. C'est, probablement, une forme un peu simpliste de morale mais n'oublions pas que ce livre est principalement écrit pour des enfants.

Image: BBC shop

Revenge of the Judoon par Terrance Dicks

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Auteur: Terrance Dicks
Éditeur: BBC Books 2008
Pages: 102

J'ai terminé, tout aussi rapidement, un troisième livre de la collection quick reads concernant Doctor Who. Celui-ci nous emmène au début du XXe siècle à Balmoral ou le Docteur et Martha comptent se reposer et, peut être, rencontrer le roi Edward VII. Mais, encore une fois, rien ne se passe comme prévu puisque le château semble avoir tout simplement disparu. Les indices semblent accuser les Judoons d'avoir déplacé le château et ses occupants dont le roi. C'est un événement grave puisqu'il pourrait remettre en cause toute l'histoire humaine si il n'était pas réparé. L'équipe se divise en deux. Martha et le jeune capitaine Carruthers vont à Londres pour enquêter et poser des question au fameux Arthur Conan Doyle dans le but de savoir qui se cache derrière cette attaque. Pendant ce temps, le Docteur ira recherche le château. Celui-ci s'est déplacé dans l'un des endroits les plus désertiques, dans tous les sens du terme, de la planète.

Contrairement aux deux livres précédents j'ai moins aimé l'intrigue de cette petite histoire. Bien entendu, on retrouve le Docteur et ses petits tours de passe passe. Mais l'humour est un peu moins présent (sauf du coté de Martha qui choque quelque peu notre pauvre capitaine). Mais ce qui m'a le plus déçu c'est surtout la manière dont sont traités les personnages secondaires. Carruthers n'est qu'un simple faire valoir pour Martha. Il ne fait pas grand chose si ce n'est la suivre et si il existait en cher et en os on pourrait tout simplement lui dire "tais toi et sois beau" ça suffirait. Le roi lui non plus ne sert pas à grand mis à part lancer quelques piques et fumer des cigares. Mais le pire reste Arthur Conan Doyle. On aurait pu avoir une intrigue bien plus intéressante si cet écrivain s'était lié au Docteur. Mais non, on l'utilise à peine quelque pages pour le jeter définitivement ensuite. Je trouve cela vraiment dommage. Quand à Martha, elle semble développer une aptitude pour se faire kidnapper. Il ne faudrait pas que ça devienne une habitude. Bref, on peut lire ce petit livre sans trop de problèmes mais il m'a déçu dans le traitement de ses personnages secondaires qui sont, malheureusement, très peu développé.

Image: BBC shop

20/02/2011

Made of Steel par Terrance Dicks

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Auteur: Terrance Dicks
Éditeur: BBC Books 2007
Pages: 99

Le second livre Doctor Who que je finis en peu de temps. D'un autre coté quand les livres ne font pas plus qu'une centaine de pages il est facile d'en lire plusieurs en peu de temps. Celui-ci est plus tardif que le précédent puisqu'il met en place une aventure avec Martha Jones. Ce qui nous mène vers la troisième saison pour ceux qui connaissent la série. Martha et le Docteur arrivent sur Terre pour se reposer un peu. Il faut avouer que fuir un Tyrannosaure n'est pas très simple ni facile. Cependant le Docteur s'aperçoit très rapidement qu'il se passe quelque chose sur Terre. De nombreux lieux secrets ou particulièrement bien protégés sont attaqués par des voleurs qui choisissent, systématiquement, du matériel de pointe. Bien que l'armée tente d'étouffer l'affaire les rumeurs courent: il semblerait que les Cybermen soient de retour! Mais comment cela peut-il être possible alors que le Docteur s'est personnellement occupé de les renvoyer d'où ils venaient il y a peu de temps?

Toujours aussi court, toujours aussi facile à lire et toujours aussi simpliste dans l'intrigue ce second quick reads n'est pas mauvais pour autant. Je ne vais tout de même pas le considérer comme un haut monument de la littérature mais il est intéressant. Surtout si vous êtes un connaisseur de la série. Les Cybermen veulent, encore mais on les connaît, conquérir le monde et le Docteur ne veut pas les laisser faire. A coté de ça nous retrouvons des soldats gradés qui ont surtout comme caractéristique d'être gradé et de ne pas trop ennuyer le Docteur quand il travaille. Martha, quand à elle, semble développer un don pour être enlevée quand il en faut pas. Ce que j'ai le plus apprécié dans ce petit livre s'est surtout les références que nous retrouvons à la tristesse du Docteur qui a perdu Rose Tyler il y a très peu de temps et ne s'en est pas encore remis. Mis à part ça, on reste dans de la littérature facile à lire et sans fioritures.

Image: amazon

I am a Dalek par Garet Roberts

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Auteur: Garet Roberts
Éditeur: BBC Books 2006
Pages: 105

Il y a un petit moment que je voulais tester un livre Doctor Who. Il se trouve que je me méfie des adaptations littéraires de séries ou de films. Je pense que, souvent, la qualité peut être très aléatoire. Mais comme ces petits livres de la collection quick reads sont particulièrement bon marchés j'ai décidé de me lancer dans leur lecture. Il faut tout de même ne pas oublier que cette collection est d'abord destinée à des enfants ou des personnes qui souhaitent lire rapidement sans trop de complications. C'est, donc, une histoire courte, simple et peu développée ce qui n'implique pas forcément mauvaise. Bref, le Docteur et Rose Tyler souhaitent alunir dans un cratère qui ne sera pas exploré avant des siècles. Mais le TARDIS a d'autres plans et atterrit dans une petite ville de la côte sud de l'Angleterre. Il n'y a, à priori, rien d’excitant dans cet endroit. Mais le Docteur et Rose découvrent vite que les fouilles archéologiques du coin ont découvert quelque chose qui ne devrait pas être là: un Dalek!

Bon, comme je l'ai déjà dit, on lit cette histoire très rapidement. Les termes sont loin d'être compliqués et ne demandent pas forcément un haut niveau d'anglais pour comprendre les subtilités. Par contre, les différents personnages sont assez peu développés et légèrement caricaturaux. Mais pourrait-on faire autrement quand on a si peu de pages à dispositions? Mis à part ça j'ai bien aimé cette petite histoire. Non seulement parce qu'on retrouve le Docteur et que j'apprécie particulièrement cette série. Mais aussi parce que l'on retrouve l'humour et le caractère du Docteur de David Tennant. Et ce dès les premières pages alors que le Docteur souhaite, avec un petit sourire caractéristique, plante un drapeau du Women Institute sur la Lune (sans oublier les clubs de golf, mais qui n'en a jamais rêvé?). En fait, c'est un petit livre avec une histoire assez plaisante mais un peu courte.

Image: BBC

11:40 Écrit par Hassan dans Doctor Who, science-fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : doctor who, dalek | | | |  Facebook

18/02/2011

Par le trou de la serrure. Une histoire de la pudeur publique XIX-XXe siècle par Marcela Iacub

Titre: Par le trou de la serrure. Une histoire de la pudeur publique XIX-XXe siècle314%2B-W-yTqL._SL500_AA300_.jpg
Auteur: Marcela Iacub
Éditeur: Fayard 2008
Pages: 352

Marcela Iacub n'est pas une historienne ni une sociologue mais une juriste française ce qui se sent très facilement lors de la lecture de son livre. Cependant, ce n'est pas parce que l'on n'a pas étudié les sciences sociales que l'on ne peut pas parler de problèmes sociaux ou de thèmes sociaux. Mais la manière d'écrire de l'auteure est différente que si elle avait été formée dans ces disciplines. En effet, Marcela Iacub tente de découvrir la vision pénale de la pudeur qui se cache derrière les lois. Pour cela elle utilise de nombreux exemples juridiques qu'elle met en parallèle avec son analyse des différents articles (et particulièrement l'article 330 de l'ancien code pénal français). Elle essaie, donc, de comprendre la vision de la sexualité qui se cache derrière la loi. Les exemples lui permettent aussi de voir comment cette loi était, concrètement, mise en application.

Cette manière de procéder conduit l'auteur a identifier une époque ou la sexualité était durement réprimée sur la voie publique mais acceptée, ignorée faudrait-il dire, dans les lieux privés. C'est ce qu'elle nomme le mur de la pudeur qui existe de l’ère impérial de Napoléon I au milieu du XIXe siècle. Ce mur implique une certaine vision de la sexualité, celle-ci est censée souiller ceux qui la voient et, de plus, elle est censée ne se dérouler que dans le cadre du mariage hétérosexuel. Mais les juges tentent, dès que cet article existe, de "briser" ce mur de la pudeur en tentant d'entrer dans les lieux privés pour les moraliser. Ce qui conduit la jurisprudence à inventer différents stratagèmes consistant à créer des lieux publics là ou il y a des murs et des portes fermées. On se retrouve avec des exemples qui nous semblent grotesques dans lesquels un tribunal condamne un couple, par exemple, parce que le trou de la serrure de la chambre n'était pas bouché!

Mais il ne faudrait pas croire que les membres de la société n'aient pas réagit. Premièrement, les personnes qui essaient de créer des spectacles qui seraient censurés ou les mèneraient devant le tribunal tentent de recréer un lieu privé sur la voie publique en invitant personnellement des individus à des spectacles dits privés. Une seconde tentative est de montrer que le nu peut être chaste. Premièrement, ce nu chaste peut être, tout simplement, le nu artistique qui est "voilé" par un regard qui n'est pas sexuel. Il faut donc recréer ce voile artistique par différents artifices. Ce nu peut aussi perdre de son caractère sexuel par un comportement particulièrement moral et retenu qui est celui adopté par les mouvements naturistes du début du XXe siècle. Ces différentes positions sont les bases d'une transformation de la vision de la sexualité qui a conduit à la vision qu'on en a aujourd'hui. Une vision qui, selon l'auteure, semble être libérée mais qui cache un contrôle très fort sur les actes acceptés ou non.

Marcela Iacub observe surtout une forme de frénésie pénale pour protéger la sexualité des adolescents qui conduit à pouvoir rendre coupable de pédophilie ces même adolescents (particulièrement dans certains états américains). De plus, elle tente de montrer que les perversions sexuelles sont maintenant pensées comme des maladies dangereuses qui pourraient mener, sans que la preuve ait été faites, à des actes de plus en plus graves. Ce qui a conduit la construction d'une loi pour contrôler les mouvements de ces personnes que l'on dit dangereuses. C'est, bien entendu, une position qui peut mener à la controverse mais qu'il est salutaire de communiquer.

J'ai, personnellement, beaucoup aimé lire ce livre. Bien que l'auteure se base sur une analyse très juridique elle le fait d'une manière presque vivante. Il faut dire que ses exemples sont particulièrement savoureux et permettent de mieux comprendre la manière dont elle analyse des articles de droit qui peuvent être difficilement passionnant. Cependant, il ne faut pas oublier qu'a coté du droit il existe une société. Celle-ci peut fonctionner différemment que les règles instituées qui trahissent la pensée d'une élite juridique et pas forcément de la population qui est censée obéir. Il serait sûrement intéressant de voir a quelle point cette vision pénale de la sexualité s'est traduit ou a existé dans la population large. Il faut tout de même noter que Marcela Iacub nous permet tout de même d'observer cette dynamique entre le droit et la population puisqu’elle explique la réforme de 1992 par un changement d'attitude de la population française. La dernière partie du livre est probablement celle qui peut conduire le plus facilement à une controverse publique. Je n'ai, personnellement, pas les compétences pour la mettre en question mais je pense qu'il est utile pour la société de se poser les questions que Marcela Iacub soulève.

Image: Amazon

11:17 Écrit par Hassan dans contemporain, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pudeur, sexualite, marcela iacub | | | |  Facebook

16/02/2011

Artemis Fowl and the Antlantis Complex par Eoin Colfer

Titre: Artemis Fowl and the Antlantis Complex9780141328027H.jpg
Auteur: Eoin Colfer
Éditeur: Puffin books 2010
Pages: 322

Il y a très longtemps que je n'avais pas lu un livre sur les aventures du génie enfantin Artemis Fowl. Le dernier tome m'avait un peu laissé sur la faim. J'avais eu l'impression de relire, encore une fois, un même scénario mais avec un héros qui perd un peu de sa nature. Comme si je m'étais, au fond, un peu lassé des aventures de ce génie qui n'est plus si enfantin que cela. Mais ça ne m'a pas empêché de me procurer le septième tome de ce cycle avec l'espoir de retrouver une partie de ce qui m'avait fait adorer la série auparavant. Nous trouvons donc notre jeune homme, adolescent depuis quelque tomes, dans un restaurant loin de tout. En effet, notre jeune anti-héros favoris souhaite rencontrer secrétement les membres éminent d'Haven Ville pour leur communiquer sa dernière idée. Une idée qui changera tout et qui permettra de sauver la planète du réchauffement climatique. Imaginez donc! Le plus grand criminel de notre temps souhaite aider l'humanité et les fées sans attendre de rétributions immédiates! Mais les invités se rendent vite compte qu'Artemis n'est plus le même. Il semble avoir développé ce qu'elles nomment le complexe Atlantis. Il est, somme toute, peu avisé pour Artemis d'entrer dans une folie paranoïaque lorsqu'un autre génie du crime tente de s'échapper et de le tuer à l'aide d'une fusée spatiale. Pour Artemis c'est comme si le ciel lui tombait sur la tête.

Que puis-je dire sur ce livre? En fait, l'Artemis que nous y trouvons ne ressemble pas du tout à l'Artemis que nous avions l'habitude de connaitre. Ce n'est pas de sa soudaine envie d'aider le monde dont je parle. Cette intrigue a commencé depuis le premier tome. C'est plutôt que Eoin Colfer nous montre dès les première pages qu'Artemis a changé. Et ceci pas dans le bon sens puisque lire les répliques de ce dernier permet de se rendre compte de sa folie. En fait, j'étais habitué à un gang de héros invincibles. Bien entendu, Artemis Fowl II donnait de plus en plus l'impression d'être profondément touché par les malheurs qui l'entouraient. Mais il ne perdait pas de son génie ni de son stoïcisme. Dans ce tome notre jeune anti-héros perd tout ce qui fait qu'il est intouchable. Et je n'ai pas pu m'empêcher de penser que ce qu'est devenu Fowl junior est très triste. Même le méchant traditionnellement génial contre lequel Artemis doit se battre n'est pas si méchant que ça et ne combat pas pour dominer le monde mais pour retrouver la femme qu'il aime. Dans ces conditions, et bien que la série garde ses caractéristiques comiques (ce bon vieux Mulch!), je pense que ce tome est probablement le plus triste de la série. Je ne sais pas ce que va devenir Artemis Fowl II mais j'espère que nous aurons de ses nouvelles dans un huitième tome car de nombreux points sont encore laissé en suspens (mais que devient la jeune fille tout aussi géniale qu'Artemis?).

Image: puffin

15:43 Écrit par Hassan dans Fantasy | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : artemis fowl, eoin colfer | | | |  Facebook

13/02/2011

L'état démantelé, enquête sur une révolution silencieuse sous la direction de Laurent Bonelli et Willy Pelletier

Titre: L'état démantelé, enquête sur une révolution silencieuse41WRfIfL68L._SL500_AA300_.jpg
Directeurs: Laurent Bonelli et Willy Pelletier
Éditeur: La découverte 2010
Pages: 323

Le titre en dit beaucoup, ce livre pose la question de la vision de l'état. Est-il un bien qu'il faut développer pour entourer les citoyens ou un mal qu'il faut minimiser en faveurs des lois "naturelles" du marché? Cette question les libéraux et les néo-libéraux se la sont posées et ont pris une décision: l'état doit être minimisé et le marché doit devenir la seule force de régulation de la société. Ce qui amène ces penseurs et théoriciens a réformer les missions et corps de l'état en direction d'une concurrence et d'un abandon du service public remplacé par le profit. Pour cela les auteurs nous montrent comment le néo-libéralisme a, progressivement, pris une position dominante dans la pensée des intellectuels d'état et des grandes écoles traditionnelles. Les différents articles inclus nous permettent aussi d'observer différents exemples de privatisations et de réformes dans la société française mais aussi anglaise et allemande. Nous y observons les résultats réels ainsi que les conséquences de ces réformes. Conséquences lourdes puisque la qualité du service public semble baisser aussi rapidement que la qualité du travail et le moral des ex-fonctionnaires.

La lecture des différents articles de ce livre a eu l'effet de me rendre pessimiste sur l'avenir. En effet, on y trouve des articles sur des réformes massives qui ont pour conséquences de faire perdre de la qualité au service et de faire souffrir les employés. Dans le même temps, des personnes qui croient au néo-libéralisme - peut être de manière sincère? - s'enrichissent et font tout pour gagner de plus en plus d'argent. Je ne suis pas un libérale et la lecture des différents articles de ce livre ne vont surtout pas me faire changer d'avis. Car j'ai eu l'impression que toutes ces réformes, ces appels à la responsabilité individuelle, cachent la volonté de se faire de l'argent, plus d'argent encore et toujours plus d'argent. Ceci même si des personnes doivent en souffrir. Mis a part ces impressions j'ai trouvé la lecture très intéressante. Je pense, d'ailleurs, qu'il est nécessaire de communiquer ce type d'articles pour que les citoyens puissent comprendre ce qu'impliquent ces réformes. Car il me semble normal que les citoyens puissent choisir quel est l'intérêt supérieur des services publics: le profit ou le bien commun?

Image: amazon

11/02/2011

Tron Legacy

Tron, ce nom signale l'un des grands classiques du cinéma du XXe siècle. Un film qui utilisa la technologie de pointe de l'époque pour permettre à tout le monde d'entrer dans un monde virtuel. Un film qui garde une certaine consistance puisqu'il est entré dans de nombreuses créations depuis. En effet, tout le monde (ou presque) connaît les fameuses motos suivies d'un mur de lumière. Il est donc sûrement difficile de créer une suite quand le premier film, même si il n'est pas visionné, est connu au moins de nom. En tout cas, les studios Disney ont fait en sorte de créer une réussite puisqu'ils se sont adjoints Spielberg et les Daft Punks. Autrement dit, c'est une énorme machine à faire des entrées qui menaçaient de déferler sur nos cinémas.

L'histoire prend place alors que le programmateur génial Kevin Flynn est directeur de l'entreprise ENCOM. Ses vues dirigent l'entreprise même si elles ne sont pas partagées par tous. Mais Kevin Flynn disparaît un soir sur le chemin de son bureau laissant son fils, Sam, seul avec ses grands-parents. Sam grandit, donc, seul en étant potentiellement le véritable dirigeant d'ENCOM dont il surveille la politique de loin et qu'il titille de temps en temps  au grand désespoir du conseil d'administration. Mais, un soir, il apprend qu'un message de son père est apparu sur un biper. Curieux il se rend à l'ancien bureau de son père dans lequel il découvre un ancien ordinateur. Sans s'en rendre compte il est envoyé dans la grille et se fait capturer par des programmes gardes qui l’emmènent dans les jeux. Il devra apprendre à survivre dans un monde qui a échappé à son créateur et qui ne connaît que le contrôle et la violence.

Il est difficile pour moi de faire une critique de ce film. En effet, il allie les ingrédients d'un film visuel avec une bande sonore époustouflante mais sans réelle histoire avec des questions qui pourraient être discutées mais qui ne semblent pas être volontaires ni, probablement, assumé. En ce qui concerne le visuel, il est magnifique. Les scènes de courses et de combats donnent place à de magnifiques chorégraphies. Le son qui accompagne est tout aussi bon. Mais quand on prend les Daft Punks on ne s'attend pas à moins. On peut, donc, suivre l'histoire sans vraiment réfléchir à ce que nous regardons et apprécier le spectacle. J'ai aussi été frappé par l'aspect divin de Kevin Flynn qui transparaît par son habit blanc et ses capacités de contrôle sur le monde numérique qui l’entoure.

Mais j'y ai vu plus qu'un simple film spectacle bien que je ne présumerais pas que ce plus soit réellement présent dans le film. Je peux, en effet, y avoir vu des messages qui ne sont ni volontaires ni assumés. Il me semble que Tron Legacy connaît de nombreux messages en faveur de la philosophie du libre. On y voit le personnage principal, Sam, donner gratuitement un logiciel coûteux mais avoué comme n'étant qu'une boite de l'ancien logiciel sur laquelle on a changé le nom. On pourrait penser que le combat interne à l'histoire est une lutte envers les utilisateurs et les programmes. Dans le sens ou un choix doit se faire: les utilisateurs devront-ils être contrôlés par les programmes ou l'inverse? Cependant, la philosophie du libre est réduite à portion congrue puisqu'elle est limitée, selon les dire d'un personnage, à distribuer gratuitement des logiciels. Je trouve, tout de même, ironique que Disney produise un tel message alors que cette compagnie fait tout pour contrôler l'utilisation de ses produits par les consommateurs.

Un second message pourrait se cacher dans l'aspect totalitaire du monde numérique. Celui-ci est contrôlé par un seul homme qui cherche la perfection. Dans cet idéal les moindre faits et gestes sont contrôlés et soumis à autorisation et les refus sont sévèrement punis. Pourrait-on y voir une allégorie de la société de surveillance qui se dessine de plus en plus actuellement? Le contrôle des citoyens risque fort de ressembler à cet idéal de perfection que nous observons, confortablement assis dans notre fauteuil, sur la grille.

En résumé, Tron Legagy est un magnifique film si on se concentre sur le visuel et la bande sonore (du moins pour ceux qui apprécient la musique de Daft Punk). Mais il se limite à un film à grand spectacle. Cependant, il est possible, bien que contestable, que l'on puisse y trouver plus que l'on ne s'y attende si on est attentif. Mais ce que j'ai développé pourrait très bien être une vue de l'esprit qui ne repose sur rien et qui ne résisterait pas à une analyse du film. A vous de vous faire une idée.

Image: allociné

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22:06 Écrit par Hassan dans Film, science-fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tron, tron legagy, libre, surveillance | | | |  Facebook

10/02/2011

14-18. Les refus de la guerre par André Loez

Titre: 14-18. Les refus de la guerre01067200314.gif?12973330664480.8834922790306341
Auteur: André Loez
Éditeur: Gallimard 2010
Pages: 690

Coïncidence ou non, c'est le second livre qui parle de la première guerre mondiale que je lis en peu de temps. Encore plus intéressant, le premier parlait de ce qui poussait les hommes à combattre dans les tranchées alors que celui-ci nous narre l'histoire des fameuses mutineries de 1917 dans l'armée française. Donc un livre sur l'acceptation et un autre sur un refus massif de la guerre. des mutineries qui semblent, étrangement, largement oubliées par l'historiographie de cette période et par les mémoires. De plus, lorsqu'elles sont mentionnées, André Loez nous montre que les interprétations sont biaisées ou basées sur des travaux plus qu’obsolètes. L'auteur reprend donc l'analyse pour comprendre la raison de ces mutineries mais aussi pourquoi elles eurent lieu à ce moment précis de la guerre. Il nous offre aussi les moyens de comprendre les raisons de son échec.

Il apparaît, au fil de la lecture des sources, que les raisons des mutineries sont multiples. Bien entendu, les soldats souhaitent la fin de la guerre et retourner auprès de leur famille. Mais ce n'est, de loin pas, un facteur suffisant pour expliquer cette désobéissance impressionnante. Non, si les mutineries ont eu lieu c'est principalement parce qu'un faisceau de facteurs s'est concentré en une période particulière. A coté de l'échec de l'attaque du Chemin des Dames qui avait donné l'espoir d'une victoire définitive on peut observer l'appel à la paix des socialistes. Mais il y a aussi une déstabilisation de l'armée elle-même qui change son précédent chef par un nouveau: Pétain. Ce changement semble être une preuve de l'échec et de l'incompétence du précédent Général en Chef et discrédite l'armée et ses gradés. Par contre, il ne semble pas que les mouvements pacifistes aient eu un rôle dans ces mutineries qui étaient largement inattendues.

Mais qu'ai-je pensé de ce livre? J'ai eu beaucoup de plaisir à le lire d'autant que l'auteur lie les méthodes historiques aux méthodes et théories de la sociologie des mobilisations (l'explication sociologique des manifestations, grèves et autres mouvements sociaux). Mais il me faut avouer que j'ai une certaine fascination pour la sociologie des mobilisations qui peut avoir eu un effet positif sur ma vision de l'ouvrage. Je trouve, aussi,  qu'il ltrès complet non seulement dans le bilan de l'historiographie sur le sujet mais aussi dans le traitement que l'auteur en fait. De plus, sa lecture est assez facile et je n'ai pas eu l'impression de me battre contre l'ouvrage comme cela peut m'arriver parfois. Il est aussi intéressant de noter que l'auteur ait décidé d'ouvrir un site internet sur son livre dans lequel il a ajouté des articles de différentes revues mais aussi des annexes incluant des tableaux, des sources et une bibliographie détaillée. J'aurais aimé avoir ces dernières annexes directement en main mais je pense que l'idée est intéressante.

Image: site de folio histoire

Site du livre

03/02/2011

The King's Speech

J'attendais beaucoup de ce film qui me semblait être, probablement, le meilleur que je puisse voir cet hiver. La plupart des films qui sont sortis depuis fin décembre et début janvier sont, en effet, construit pour plaire à tout le monde mais pour ne surtout pas risquer un échec. Le Discours d'un Roi est, au contraire, un film qui tente de nous plonger dans l'histoire du roi George VI. Plus précisément, d'observer son combat contre le bégaiement jusqu'à son discours historique au début de la guerre contre l’Allemagne hitlérienne. Le film nous plonge, donc, dans l'entre-deux guerre. Nous y découvrons un prince compétent et digne mais qui a un défaut fatal: il est incapable de parler en public. A l'heure ou la radio fait son apparition et que la famille royale commence à utiliser massivement cet outil pour se mettre en scène (comme le dit le roi George V "Nous sommes devenus des acteurs") il est indispensable à un membre de la famille royale de savoir bien parler en public. Mais tous les traitements que tente le Prince de York échouent lamentablement. Ceci jusqu'à ce qu'il rencontre un docteur atypique qui lui permet de découvrir comment contrôler sa voix et pourquoi il n'arrive pas à parler. Tandis que l'histoire continue de tourner autour du Prince il continuera à travailler durement pour réussir à surmonter son bégaiement et pouvoir unir le peuple anglais derrière son roi.

Je ne sais pas si ce film est réellement historiquement vrai. Mais il semble que le réalisateur ait tenté d'écrire un scénario qui soit le plus proche possible de la réalité historique. J'ai, en tout cas, beaucoup apprécié ce film qui, à mon avis, contient de nombreux points positifs qui en font le meilleur film que j'aie vu jusqu'à maintenant cet hiver. Entre autre choses j'ai trouvé que l'atmosphère pesante de la vie de la famille royale est particulièrement bien communiquée. J'avais l'impression de sentir véritablement la chape de devoirs dans lesquels les princes et les membres de la famille royale doivent naviguer. Mais ce qui m'a fait la plus grande impression c'est le duo magnifique entre les deux acteurs qui incarnent, respectivement, le roi et son médecin. Je trouve que la manière dont ils jouent leurs personnages et les relations entre eux est superbe. Bref, je l'ai déjà dit mais je le répète: The King's Speech est probablement le meilleur film que vous puissiez voir cet hiver.

Image: Allocine

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