21/04/2011

Liberté économique et responsabilité sociale. Des corporations au mondialisme sous la direction de Jean-François cavin

Titre: Liberté économique et responsabilité sociale. Des corporations au mondialisme
Directeur: Jean-François Cavin
Éditeur: Centre Patronal 2004
Pages: 185

Un peu par intérêt et beaucoup par obligation j'ai décidé de lire ce 31ème tome de la série études et enquêtes éditée par le Centre Patronal. Ce centre est un groupement patronal du canton de Vaud qui souhaite organiser les différentes professions du canton et les aider dans ce sens. Il offre aussi de nombreux services et agit assez fortement dans certaines compagnes de votations (comme la dernière en date sur Vaud concernant les prestations complémentaires). L'avant-propos de ce livre nous communique le but de ce recueil d'articles. Le centre patronal souhaite y étudier les idéologies de ses fondateurs historiques et observer comment celles-ci peuvent être mises en place, revendiquées, dans notre monde actuel. Concrètement, ce livre est divisé en trois parties que je vais tenter de présenter.

La première partie est, en quelque sorte, une étude "historique". D'ailleurs, son titre est "retour aux sources". Je met historique entre guillemets car les deux articles qui s'y trouvent ne sont historiques que parce qu'ils étudient des événements passés. Je m'explique, le premier article examine la fondation des ancêtres du Centre Patronal et de la Fédération Patronal Vaudoise en nous offrant de nombreux faits utiles. Mais l'auteur passe rapidement sur des aspects problématique de cette histoire. Ainsi certains personnages et certaines organisations sont mentionnées comme ayant été important historiquement parlant pour le Centre Patronal mais l'auteur ne mentionne jamais l'aspect pro-fascistes d'un nombre important de ceux-ci. Un aspect qu'il faudrait étudier dans le cadre d'une étude historique sérieuse. Le second article est une grossière hagiographie des fondateurs des associations patronales vaudoises qui sont tous intelligents avec une personnalité forte mais juste et capable de faire du profit tout en observant le bien commun. Je suis surpris que l'auteur de cet article ne mentionne pas de miracles!

La seconde partie est plus technique puisqu’elle examine la manière dont l'action collective patronale s'est organisée en Suisse. Mais on y trouve tout de même des informations importantes concernant l'idéologie du Centre. Ainsi, le Centre considère que al lutte des syndicats est un danger quand elle s'oppose résolument aux patrons et à l'ordre économique "légitime". Au contraire, les ouvriers devraient s'organiser dans des organisations communes avec les patrons pour réfléchir ensemble au mieux être commun. On retrouve ici l'idéologie néo-corporatiste du Centre. Les auteurs considèrent aussi que les prestations sociales devraient être de la responsabilité des organisations patronales et non de l'état. Il faudrait donc laisser les patrons organiser et créer des caisses sociales avec leurs règles et leurs contrôle avec toutes les dérives que cela peut impliquer.

Une dernière et troisième partie examine l'opportunité du néo-corporatisme dans la mondialisation actuelle. Cette idéologie est considérée en alternative au néo-libéralisme mais aussi face aux altermondialistes. Ceux-ci sont d'ailleurs conspués allégrement dans le cadre des différents articles de ce livre. Les auteurs y sont convaincus de la supériorité de leur idéologie qui permettrait de passer outre tous les problèmes sociaux en réunissant les membres de la société autour des professions. L'état, dans ce cadre, devrait être limité au maximum puisque les organisations professionnelles prendraient le relais de certaines de ses missions.

En conclusion, je dirais que ce livre est principalement un outil de propagande au service de l'idéologie défendue par le Centre Patronal. En défendant celle-ci les auteurs attaquent le néo-libéralisme mais aussi la gauche et particulièrement son aile critique. De plus, les idées qui sont développées dans ce livre pourraient conduire à mettre dangereusement à mal certains droits sociaux communs. J'ai aussi ressenti un anti-féminisme non-revendiqué mais fort dans les lignes de ce recueil. Ainsi, mesdames, vous serez heureuses d'apprendre que lorsque vous travaillez ce n'est pas pour vous mais soit parce que vous être seules avec un membre de la famille à charge soit pour un salaire d'appoint! Bref, à moins que vous ne souhaitiez vous lever en criant "Vive les patrons, vive le capitalisme et à bas la gauche!" à la fin de ce livre je déconseille fortement sa lecture sans réflexion fortement critique. Bref, un seul mot suffit pour résumer ce livre et mona vis sur lui: Propagande.

Les commentaires sont fermés.