20/05/2011

La conquête

Rien que la bande annonce annonçait des répliques cultes. De plus, comment résister, en tant qu'étudiant en science politique, à l'idée d'un film sur la montée au pouvoir de l'un des présidents les plus puissants dans le monde médiatique (même si il ne possède pas ces médias comme c'est le cas pour Berlusconi). Dès que le rideau s'ouvre le film est annoncé. Ce n'est pas la trajectoire d'un homme politique standard qui sera montrée mais celle d'un homme qui utilise et contrôle les médias pour réussir. Le générique nous offre, donc, les noms des acteurs incarnant les différents personnages politiques sous le crépitement des flash des appareil photographiques. Celui-ci se termine sur un Nicolas Sarkozy assis, seul, dans son salon en robe de chambre et essayant de joindre sa femme, Cécila, le jours de son élection à 53%. Nous aurons donc droit aux mémoires de Sarkozy lors de SA journée, des mémoires sur les luttes qu'il a menée pour en arriver à ce point et des confrontations qu'il a eu avec les membres de son propre camps, mais tout de même ennemis, que sont Chirac et Villepin.

J'ai beaucoup aimé ce film. L'un des premier points positifs que je noterais c'est qu'il n'a pas de prise de position. On observe comment deux camps opposés d'un même partis luttent l'un contre l'autre pour le pouvoir. Sous réformes se cachent les coups bas et les fausses déclarations d'amitiés comme en est témoin cette phrase de Chirac dans le film "Oui il est là. Tout va bien. Il m'a déclaré sa loyauté je ne l'ai pas cru, je lui ai souhaité bonne chance pour l'UMP et il ne m'a pas cru". Oui, un autre point que j'ai apprécié dans ce film ce sont ces petites phrases assassines. Il ne faut pas oublier que la politique est avant tout une affaire de mots. Ces mots ne sont pas anodins ils annoncent des coups, des positions tout autant que le mépris ou la loyauté. En politique, les mots sont des glaives qu'il s'agit de manier pour contrer son adversaire dans une forme d'escrime. Et ce film est constellé de ces petites phrases que l'on a pu entendre dans le cadre de l'actualité politique française.

Ce que ce film offre est, donc, un spectacle de la politique. Il nous montre que le but des politiciens n'est pas le bien commun, bien qu'ils puissent être persuadé de le défendre, mais la recherche ou l'entretient du pouvoir. Ainsi, nous observons les deux camps tout faire pour que l'autre perde son pouvoir. L'élection est dans cinq ans, et pourtant, Sarkozy commence sa compagne dès son entrée comme ministre en sachant bien qu'un candidat ne se construit pas en une nuit. Ces batailles politiques plus ou moins polies et policées sont mises à mal par un Sarkozy qui ne suit pas les règles du jeu en annonçant de façon tonitruante ses opinions et volonté. Ce qui ne peut que le rendre peu populaire pour les chiraquiens. Alors, on ne sait pas vraiment si les évènements sont réels et on ne le saura sûrement jamais. Mais je pense que ce film montre très bien comment un politicien prend le pouvoir et réussit à le gagner avant même les élections officiels. Pour conclusion je dirais que ce film illustre bien une caractéristique fondamentale du jeu politique. Celui-ci est un sport de gentlemen mais joué par des brutes.

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Image: Allocine

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10:09 Écrit par Hassan dans contemporain, Film, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : la conqête, nicolas sarkozy | | | |  Facebook

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