L'identité à l'ère numérique par Guillaume Desgens-Pasanau et Eric Freyssinet

Titre: L'identité à l'ère numérique2247080618_lib_fiche.jpg
Auteurs: Guillaume Desgens-Pasanau et Eric Freyssinet
Éditeur: Dalloz 2009
Pages: 170

Alors que l'on parle de plus en plus des problèmes liés aux nouvelles technologies de l'information et de la communication il est plutôt rare que l'on en fasse une véritable analyse. Il faut dire que ces technologies sont relativement neuves et que nous n'avons eu que peu de temps pour les comprendre. Personnellement, je pense même qu'actuellement personne n'est encore capable d'utiliser ces technologies. Ainsi, nous lisons souvent des articles qui montrent les dérives de l'Internet et ses effets sur la vie privée mais aucun n'essaie vraiment d'analyser les changements dans la vie privée qu'impliquent ces nouvelles technologies. C'est pourquoi il pourrait être utile de lire ce petit livre écrit par un polytechnicien et un juriste.

Ces deux auteurs ont divisé leur livres ont trois parties. La première pose la question de ce qu'ils nomment le corps identité. Sous ce terme ils analysent les effets de la biométrie sur la société. Bien qu'ils oublient le mouvement historique qui a mené à la mise en place d'une identité étatisée les auteurs concluent en démontrant un effet particulier de la biométrie. En effet, d'une identité peu sûre on passe à une identité quasiment certaine et imposée par le corps même vu par l'état. Une seconde partie pose la question des identité connectées. Autrement dit, la manière dont on s'identifie sur l'Internet et les réseaux sociaux. Les auteurs y analysent l'anonymat qu'ils considèrent comme plutôt positif bien qu'utopique. Mais ils y montrent surtout comment un individu peut être identifié via les réseaux. Ce qui démontre que toutes les traces que nous laissons sur Internet peuvent permettre de créer un portrait robot de nous même. Enfin, on termine sur l'identité mémorisée qui pose la question de l'archivage des informations. Ce qui permet aux auteurs de réfléchir sur le droit à l'oubli en articulation avec un archivage nécessaire pour les recherches policières (et historiques bien qu'ils n'en parlent pas). En conclusion, les auteurs lancent quelques pistes de réflexions concernant la vie privée, les relations entre l'état et les citoyens et une réflexion sur la preuve.

Bien que le sujet m'intéresse je me suis profondément ennuyé lors de la lecture de ce livre. Bien entendu, les propos développé par les auteurs sont utiles et intéressants mais ils sont aussi peu passionnant. Il faut dire que nous nous trouvons face à un livre qui analyse surtout les conséquences juridiques des nouvelles technologies plutôt que les conséquences sociales. Ainsi, je trouve que les auteurs sont passé à coté d'un certains nombres de points qu'il faudrait analyser. Par exemple, la construction de l'identité dans le cadre des NTIC est très peu développée. Les auteurs ont aussi totalement passé à coté du mouvement historique qui mène l'état à la mise en place d'une identité certifiée par lui-même. On a l'impression, à la lecture, que l'on passe d'une sorte d'impossibilité de mettre en place une identité à une obligation, pour les citoyens, d'accepter une identité basée sur leur propre corps. Hors, d'autres ouvrages montrent qu'inscrire l'identité selon le corps est un mouvement qui existe depuis des centaines d'années. Bref, un livre intéressant mais qui passe à coté d'un certain nombre de points importants et qui n'est de loin pas passionnant à lire.

Image: LGDJ

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