Millénium 1: Les hommes qui n'aimaient pas les femmes par Stieg Larsson (quand on vous propose de travailler sur une vieille affaire méfiez-vous!)

Titre: Millénium 1: Les hommes qui n'aimaient pas les femmes (Män som hatar kvinnor)9782742761579.jpg
Auteur: Stieg Larsson
Traducteurs: Lena Grumbach et Marc de Gouvenain
Éditeur: Actes Sud 2006 (2005 édition originale)
Pages: 574

Je sais, je suis en retard. Tout le monde me dit de lire cette trilogie et, pourtant, je viens de la commencer. Après plusieurs années j'ai donc enfin lu le premier tome de cette saga en trois livres. Nous y rencontrons Mikael Blomkvist dans une période difficile de sa vie. En effet, malgré une carrière de journaliste économique exemplaire, il vient de perdre un procès en diffamation face à un puissant financier. Coup sur coup il doit payer une amende, perdre sa réputation, perdre son poste au journal qu'il a contribué à fonder et accepter une peine de prison. Mais une étrange proposition lui est offerte par un ancien industriel. On lui demande de rédiger les chroniques de la famille Vanger. Mais cette mission cache un point plus important. Sous couvert de faire des recherches sur la famille Vanger Mikael va enquêter sur la disparition jamais élucidée de Harriet Vanger. En effet, le patriarche de la famille est convaincu qu'elle a été assassinée par une membre de la famille. Mikael va donc fouiller dans les affaires sombres et sanglantes des Vanger dont certains membres étaient proches des fascistes et découvrir des événements atroces et une histoire ignoble.

Comment parler de ce livre? Il y a, en effet, plusieurs angles d'approche possibles qui peuvent mener à des développements importants. Si je commence par parler des personnages je peux dire que j'ai beaucoup apprécié Lisbeth Salander. Cette jeune femme a le seul tort de ne pas accepter les règles institutionnelles mises en place pour protéger les individus contre eux-même (mais aussi la société contre ces mêmes individus). En refusant de suivre ces règles elle est immédiatement catégorisée comme déviante et psychologiquement instable ce qui est parfaitement réaliste quand on observe la manière dont fonctionne l'état et les institutions psychiatriques. Je peux aussi parler de Mikael et, de lui, passer à l'aspect économique du livre. Économique dans le sens ou Mikael est le porte parole d'une forme de journalisme économique critique qui essaie de montrer quels sont les aspects et les méthodes douteuses, voir illégales, des grands industriels et des traders. On trouve donc plusieurs critiques que l'on pourrait s'amuser à appliquer à notre situation actuelle (par exemple quand Mikael, dans l'épilogue, explique que la bourse n'est pas la vraie économie mais une forme de fantasme des traders). Enfin, on peut aussi parler de l'aspect féministe du livre. Pas dans le sens d'un féminisme revendicatif mais dans le sens d'un  livre qui dénonce une forme particulièrement violente d'atteinte au droit des femmes. En effet, l'intrigue principale, et même quelques intrigues secondaires, concerne principalement la manière dont elles peuvent être traitées par les hommes. Ce thème, et je pense que je le vérifierais dans le second tome, semble être particulièrement important pour Stieg Larson. Au final je ne peux que conclure sur une très bonne impression de ce livre. L'intrigue est très prenante et assez compliquée pour ne pas être résolue trop vite. Le seul point faible que je noterais est l'aspect artificiel du style de l'auteur. A quel point cet aspect est dû à l'auteur ou à la traduction je ne saurais le dire mais j'ai souvent bûté sur les dialogues.

Image: Actes Sud

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