30/10/2011

Dead of winter par James Goss (à ne pas lire en hiver)

Titre: Dead of winterdrwho_dead_winter_book_125.jpg
Auteur: James Goss
Éditeur: BBC 2011
Pages: 255

Je viens de terminer le premier tome qui prend place dans la saison 6 de Doctor who (sauf si on compte les 2 in 1). Et j'ai été agréablement surpris par ce livre. Le Docteur et ses compagnons vont s'écraser. Ils ne savent pas ou ni quand mais une perturbation semble attirer le TARDIS. Amy se réveille le lendemain dans un lit. Elle découvre rapidement que sa voisine est une petite fille nommée Maria et que toutes les deux se trouvent dans un institut de soin pour les tuberculeux au XVIII ème siècle. Le médecin qui possède ce centre lui apprend qu'elle a reçu un coup sur la tête après avoir été éjectée de son véhicule ce qui pourrait expliquer ses troubles de mémoire. Elle est rapidement rejointe par son mari, Rory, et le Docteur. Ils semblent aussi avoir des problèmes de mémoire mais pas assez pour se rendre compte qu'il y a quelque chose de louche. Un institut capable de guérir la tuberculose avec des méthodes en avance sur leurs temps? Mais, surtout, ce ne sont que des personnes importantes qui son soignées et leur survie pourrait changer l'histoire du monde.

J'étais d'abord un peu sceptique. Écrire un livre Doctor Who sous forme de lettres me semblait aventureux. Je n'avais pas l'impression que ce style soit particulièrement adapté et je ne l'ai jamais vraiment aimé. Bien que je sois resté sceptique durant un long moment j'ai ensuite totalement changé d'avis. Je pense, maintenant, que ce tome est probablement l'un des meilleurs que j'aie lu et ceci surtout parce qu'il me semble particulièrement proche de l'ambiance de la saison 6. Je m'explique, cette dernière saison nous montre un Docteur de plus en plus sombre, capable de choix difficile est destructeurs, nous connaissions déjà cet aspect de sa personnalité mais, cette fois, elle touche ses compagnons qui subissent directement les effets de ces choix. Je ne dirais pas ce qui se passe dans la sixième saison vous devrez donc me croire se parole. Ainsi, ce tome nous montre des personnages secondaires qui détestent le Docteur pour ses actes. Un Rory, à mon avis, injustement décrit comme peu important par l'auteur mais qui essaie surtout d'éviter que les actes du Docteur ne débouchent sur des destructions par lassitude. Une Amy qui n'écoute plus ce qui lui dit son héros mais n'hésite pas à braver ses conseils. Et, enfin, le Docteur lui-même qui semble las de ne pas pouvoir sauver tout le monde. De n'être parfois capable que du moins pire au prix des souffrances des autres. Bref, un tome sombre quasiment dépressif.

Image: BBC

29/10/2011

Les marches du pouvoir / The Ides of March (Un univers impitoyable)

Vous avez probablement tous vu ces affiches qui ressemblent fortement à une pub. Vous savez celles avec la tête de Clooney en une du Time? Au début j'ai vraiment cru que c'était de la pub puis, en m'y penchant de plus près, j'ai compris que c'était un film. Plus précisément, un film politique ce qui ne pouvait que m'intéresser au vu de mon domaine d'études. Clooney y joue un gouverneur, Mike Morris, candidat à la présidentielle des États-Unis. Nous nous trouvons en Ohio et les primaires du parti Démocrate s'y joueront. Mais le film n'est pas centré sur Clooney. Le véritable point central de l'intrigue est le personnage joué par Ryan Gosling: Stephen Meyers. Cet homme est l'un des meilleurs conseillers des États-Unis. Il s'occupe en grande partie de la campagne de Morris non pas pour l'argent mais parce qu'il croit en cet homme. Mais que se passe-t-il quand la réalité de la politique dépasse les espérances et que les différentes magouilles et pièges se referment sur sois?

Je ne sais pas trop quoi penser de ce film. Bon, je pourrais déjà dire que je préfère le titre anglais que je trouve plus subtil et plus intéressant. Mais je trouve difficile de me faire une opinion tranchée. Il faut dire que ce film est bon. Bon car les rouages de la politique des États-Unis, la manière dont un homme peut réussir à se hisser au pouvoir, sont particulièrement bien montré. Plutôt que de se centrer sur le candidat on observe les gens qui sont autour de lui. Les militants, le QG américain si classique, les conseillers qui tentent de gagner quelques voix et, surtout, les manipulations médiatiques. C'est donc un bon moyen d'entrer dans la réalité de la politique. Je suis, en effet, plutôt en accord avec le message du film. La politique est surtout le cadre de manipulations et de coups fourrés sans oublier les trahisons. La politique, en gros, est un jeu. Cependant, il y a plusieurs aspects de ce film que je trouve dérangeant. Pas vraiment le rythme qui, bien que lent, n'est pas si mal mis en place. C'est plutôt certaines scènes particulièrement clichés qui me troublent. Je pense, par exemple, au jeune trentenaire en pleine ascension qui se fait piéger (et qui a une légère barbe de trois jours pour faire cool), au scandale sexuel (peut être un rappel de Clinton?), les rendez-vous sur les bancs publics ou l'on ne se regarde pas dans les yeux et, surtout, la jeune et jolie stagiaire dont les spectateurs connaîtront les aventures. Bref, je me suis trouvé devant un film qui fait une peinture de la politique que je trouve intéressante mais qui multiplie les clichés.

Image: Site Officiel

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18:37 Écrit par Hassan dans contemporain, Film | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : pouvoir, politique, spin doctors | | | |  Facebook

26/10/2011

The good, the bad and the alien par Colin Brake (Wild Wild Galaxy)

Titre: The good, the bad and the alien250px-The_Good%2C_the_Bad_and_the_Alien.JPG
Auteur: Colin Brake
Éditeur: BBC 2011
Pages: 199

Après avoir parlé du MLF je vais me lancer dans quelque chose de beaucoup moins sérieux en parlant de la seconde partie du 2 in 1 que j'ai mentionné dernièrement. Cette fois-ci nous nous trouvons, et ce n'est pas la première fois, à l'époque du FarWest aux États-Unis. Si le Docteur a choisi cette destination c'est qu'il souhaitait faire plaisir à Rory qui apprécie particulièrement cette époque et les films qui en parlent. Ils sortent donc du TARDIS pour entrer dans une ville typique de l'époque et des lieux. Mais tous les habitants sont endormis en pleine journée. A peine le Docteur et ses amis ont-ils le temps de le constater qu'un gang de voleurs tente d'attaquer la banque pour être tout aussi rapidement mis en fuite par un monstre. Un monstre au FarWest? le Docteur ne peut que se demander quelle est cette créature et ce qui se passe dans cette petite ville. Il semble que des aliens se baladent parmi les humains et qu'ils se sont déguisés. Mais que souhaitent-ils?

Je ne suis toujours pas très sur d'être l'une de ces personnes qui apprécient le farWest mais bon une fois de temps en temps ça ne peut pas faire de mal. Et puis cette seconde histoire n'est pas si mauvaise. Bien entendu, on y trouve tout ce qui fait un film de farwest: le shérif, le saloon, le docteur du coin et les bandits hors-la-lois qui se cachent dans les mines. On y trouve aussi quelques petites choses que nous ne verrons jamais dans un vrai farwest: des aliens et des vaisseaux spatiaux. Mais le Docteur semble attirer ce type d'ennuis. Mis à part cela j'ai apprécié les différentes références à la série par exemple quand Amy parle des fameux freins à main du TARDIS. L'intrigue n'est pas si compliquée et donne lieu à une petite morale bien convenue. Mais il parait qu'il en faut toujours une dans les histoires.

Image: Tardis Index Files

Révolution sexuelle et mouvement de libération des femmes à Genève (1970-1977) par Julie de Dardel (DEBOUT!)

Titre: Révolution sexuelle et mouvement de libération des femmes à Genève (1970-1977)29401100774980L.gif
Auteur: Julie de Dardel
Éditeur: Antipode 2007
Pages: 157

Le MLF est l'un des mouvements féministes les plus actifs que nous ayons connu en Suisse. Peut-être même le plus actif. Mais, étonnamment, il n'est pas très connu. Il est donc nécessaire de le présenter et de l'étudier car ce mouvement n'a pas fait que protester, il a aussi permis de faire de grandes avancées dans le domaine de la lutte des femmes. L'auteure a mis en place quatre chapitres pour étudier le MLF. Les deux premiers étudient les fondements de ce mouvement. Le premier chapitre est très théorique puisque Julie de Dardel nous donne les thèses des maîtres à penser de la révolution sexuelle: Reich Et Marcuse. Ces deux auteurs ont étudié comment la sexualité peut être, doit être, libérée pour pouvoir libérer l'humanité entière de la domination. Ils en viennent à proposer des actions radicales qui détruiraient la famille patriarcale bourgeoise et permettraient aux femmes de reprendre possession de leur corps. Dans ce Chapitre, l'auteure nous présente aussi la nouvelle gauche qui va plus loin que la gauche traditionnelle. Mai 68 se base sur ces théories.

Pourtant, les femmes du MLF remettent en cause mai 68. Selon elles, et elles ont raison, les mouvements de 68 n'ont pas libéré la femme. Au contraire, le rôle des femmes reste souvent celui d'écrire, de s'occuper du ménage et de la cuisine tandis que la révolution sexuelle consiste surtout à ne plus pouvoir dire non. Le MLF s'est donc constitué en réaction à un mai 68 qui n'a de loin pas aidé les femmes comme nous le montre l'auteure dans son second chapitre. Ce mouvement fait surtout partie d'un renouveau du féminisme. Une seconde vague qui, après les suffragettes, reconsidère et reconstruit la lutte des femmes.

Dans une troisième partie l'auteur décrit et analyse les revendications de ces nouvelles féministes. Alors que les premières se contentaient sagement de la lutte pour les droits politiques et civils le MLF va beaucoup plus loin. Il souhaite une reconquête totale de la femme face à la domination masculine et médicale. C'est dans ce sens qu'il faut comprendre que, pour le MLF, le privé est politique. Car le privé est le cadre dans lequel la domination que subissent les femmes est la plus forte tout en étant la moins visible. La première des luttes concerne l'avortement. Mais celle-ci se base sur un thème plus vaste: la reconquête du corps féminin. En effet, durant une grande partie de leurs vies les femmes doivent accepter les jugements et analyses d'un corps médicale. Mais toutes les femmes n'ont pas forcément envie de subir un tel contrôle. C'est dans cette optique la lutte pour le droit à l'avortement et pour apprendre à s'examiner sois-même s'organisent. Dans le même sens qu'une lutte en faveurs du plaisir qui remet en cause l'idée de la pénétration comme étant le stade ultime du plaisir. Ce qui pourrait mener à l’éclatement de la famille traditionnelle en faveurs de formes moins régulées de plaisirs et de liens pas forcément seulement homosexuels mais aussi bisexuels. Il faut noter que la société capitaliste est tout aussi critiquée puisqu'elle fonctionne sur la domination patriarcale. Un homme ne peut travailler, ou une femme pendant qu'on y est, que si un partenaire se trouve à la maison pour s'occuper des tâches ménagères.

Le dernier chapitre est tout aussi intéressant puisqu'il examine comment le MLF agit proprement dit. L'auteure y examine la structure militante, la mise en place de groupes informels plus que d'une structure hiérarchique ordonnée. Comment les femmes du MLF tentent d'éviter les rapports de pouvoir bien qu'elles y échouent, par exemple en refusant la mixité. Ainsi que du fonctionnement des groupes qui permettent de mettre en lumière la domination et de se libérer des médecins. Mais ce chapitre est surtout celui qui présente et examine quatre actions chocs du MLF de Genève. la campagne pour l'avortement dont nous avons parlé, l'occupation illégale du Centre Femme lorsque la ville de Genève a refusé de répondre aux demandes du MLF, la solidarité avec les détenues et, surtout, l'anti-congrès des femmes. Ce dernier est resté célèbre pour avoir non seulement perturbé mais, bien plus important, pour avoir totalement éclipsé le congrès officiel des féministes de la première heure. Pour finir, l'auteure se demande pourquoi cette force militante ironique s'est perdue au profit d'un féminisme beaucoup (trop) consensuel et beaucoup moins revendicatif? Pourrait-on voir un début d'explication dans la fin des utopies? Particulièrement l'utopie communiste qui a perdu une grande partie de sa force après la chute de l'URSS (bien que l'URSS ne fut jamais Communiste mais une tyrannie).

Mais qu'est ce que moi, lecteur masculin, peut dire sur ce livre? Je dois avouer qu'il y a longtemps que j'ai été convaincu par le féminisme et, particulièrement, par le style provocateur et radical du MLF. Que l'on s'entende bien, le mot radical n'implique pas une forme d'action extrémiste mais une remise en cause forte du fonctionnement de la société à partir de ses bases. J'ai beaucoup aimé lire ce livre. Non seulement le style est clair et facile à suivre mais, en plus, je trouve la structure logique. Passer des théories à ses remises en causes puis parler des revendications pour finir sur les actions concrètes me semble un très bon choix qui permet de ne pas se perdre dans cette histoire. C'est pourquoi je pense que c'est un très bon livre à la fois scientifique et facile à lire qui pourrait être mis - devrait être mis? - dans toutes les mains.

Image: Éditeur

15:54 Écrit par Hassan dans contemporain, Livre | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : féminisme, mlf | | | |  Facebook

23/10/2011

System Wipe par Oli Smith (nettoyage de printemps)

Titre: System Wipe250px-System_Wipe.JPG
Auteur: Oli Smith
Éditeur: BBC 2011
Pages: 198

Il y avait longtemps que je n'avais pas parlé d'un doctor who book sur ce blog. La faute à la trilogie Millénium et aux cours. Mais il est temps de réparer cette erreur en parlant de System Wipe. Comme le dernier livre dont j'ai parlé celui-ci fait partie de la collection pour enfants 2 in 1. Autrement dit, je parlerais de la seconde histoire prochainement. Nous sommes dans les années 2200. Le monde est un gigantesque désert aride et stérile. Pas une âme en vue mais un appartement semble connaître encore une vie électronique. En se connectant à l'ordinateur qui s'y trouve le Docteur est envoyé dans le monde virtuel de Paralife qui semble être menacé par un virus détruisant tout sur son passage. Pendant ce temps, Rory et Amy se rendent compte que le monde entier est en train d'être détruit par une armée de robots. Mais que s'est-il passé?

Ce livre étant destiné aux enfants il est assez clair que l'intrigue n'est pas des plus compliquées. Mais j'ai apprécié plusieurs petits points. Tout d'abord Paralife qui est une sorte de world of warcraft du futur. J'aime beaucoup l'idée que les personnages des joueurs et le monde virtuel aient pu continuer à exister et aient pris une conscience individuelle au fil des ans tout en restant lié aux règles du jeu. Je trouve intéressant l'idée de détruire la terre pour la reconstruire. Mais ce qui m'a fait le plus rire c'est la manière dont le Tournevis Sonique est créé. Dans le livre, un personnage doit créer un avatar virtuel du sonique. Ce personnage parle de cet objet si caractéristique et important pour le Docteur comme d'une sorte de cheat code. Je pense que tous les fans seront d'accord pour dire que cette description colle très bien à un objet qui semble n'avoir que peu de limites.

Image: Tardis Index Files

22/10/2011

Johnny English Reborn (le retour de l'espion le moins glamour du cinéma)

Comme 007 n'était pas disponible on a engagé Johnny English. Ce n'est pas vraiment que l'on voulait de lui mais il était là et comme tous les autres se cachaient autant accepter. Ce qui lui a permis de devenir l'un des agents les plus célèbres du MI7. En tout cas jusqu'à ce qu'il rate lamentablement une mission au Mozambique ce qui l'a conduit à la disgrâce et à s'enfermer dans une grotte. Mais il décide de recommencer un entraînement intensif à l'aide de moines pour redevenir le plus grand guerrier du Royaume Unis. Et ça tombe bien! Car le monde est en danger depuis qu'un groupe de tueurs, Vortex, a assuré sa volonté de tuer le premier ministre chinois. Les anglais sont dans l'obligation d'enquêter et seul Johnny English à la compétence nécessaire.

Je trouve ce film inégal. Les bons moments sont très proches des ceux qui sont beaucoup moins bon voir ennuyeux. Cependant, on entre tout de suite dans le sujet dès le générique qui permet de voir que ce film se moque des bons vieux James Bond. Ce qui permet à Rowan Atkinson de jouer un James Bond gaffeur dont l'amour des femmes le conduit à faire des bourdes et dont l'utilisation des gadgets est plus qu’aléatoire dans leurs résultats puisqu'il ne comprend jamais ce qu'il utilise. Je note surtout la scène de la poursuite en Chine. On a l'habitude de voir le héros cinquantenaire sauter comme si il était monté sur ressorts. Johnny English, lui, utilise l'ascenseur, les portes et les taxis en réussissant toujours à suivre sa cible. Il ne faut pas non plus oublier l'apparition de Torchwood par l'acteur Burn Gorman qui jouait Owen Harper dont le jeu est plutôt intéressant. Mais le film reste plutôt inégal.

Image: Site Officiel

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18:42 Écrit par Hassan dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : johnny english | | | |  Facebook

21/10/2011

Millénium 3: La reine dans le palais des courants d'air / Luftslottett som sprängdes (C'est la lutte finale!)

Titre: Millénium 3: La reine dans le palais des courants d'air (Luftslottett som sprängdes)9782742770311.jpg
Auteur: Stieg Larsson
Traducteurs: Lena Grumbach et Marc de Gouvenain
Éditeur: Actes Sud 2007 (2007 édition originale)
Pages: 710

Eh bien voila c'est terminé. Nous n'aurons plus de suite aux aventures de Lisbeth et de Mikael. Ce tome marque la lutte finale de ces deux personnages. Comme je l'ai dit dans la note précédent les tomes 2 et 3 sont incontestablement lié. Mais là ou le tome 2 nous montrait l'enquête de police et le déluge médiatique transparent autour de Lisbeth le tome 3 nous montre une aventure très différente. En effet, Lisbeth est capturée et soignée dans une chambre d'hôpital. Mais rien n'est terminé. Il faut préparer le procès qui ne peut qu'avoir lieu. Et ceux qui doivent se préparer ne sont pas tous des amis de Lisbeth. C'est donc un jeu secret et tacite qui se met en place entre, d'une part, les amis de Lisbeth journalistes et policiers et ses ennemis cachés dans l'ombre de la police secrète. Une ombre tellement sombre que personne n'a connaissance de leur existence. Mais que se passerait-il si on les dévoilait? Que se passerait-il si Lisbeth parlait? Certains ont tout à perdre.

J'avais beaucoup apprécié le tome précédent mais sa fin était très frustrante. Heureusement, je n'ai pas du tout été déçu par ce troisième tome. Il faut dire que j'ai toujours aimé les histoires, réelles ou fictionnelles, qui voient une police secrète se faire démanteler et ses agissements examinés. Il faut dire que je me suis toujours méfiés de ce type d'institutions que je trouve, par essence, dangereuses pour la démocratie et le respect des Droits Humains et constitutionnels. C'est pourquoi je souhaiterais un contrôle intense de la part des citoyens sur tout ce qui ressemble, de près ou de loins, à un service secret. Et je suis vraiment servi dans ce tome puisque, à mon avis, son propos principal est ce même danger. En effet, on nous donne l'histoire d'un service constitué secrètement à l'interne de la police secrète et qui se permet des actes illégaux sans avoir à en référer à quiconque. Comme l'un des personnages le dit dans le livre: c'est un véritable coup d'état. Mais alors, que faire quand des membres d'une institution censée protéger la démocratie et les citoyens (et non pas protéger l'état qu'on ne l'oublie pas) deviennent eux-même un danger pour les citoyens et la démocratie? Ou se place la limite entre une activité difficile et un crime d'état? C'est cette question que l'on peut se poser suite à la lecture de ce tome. Mais, surtout, comment dénoncer de telles pratiques? La réponse donnée par l'auteur est assez simple: un pouvoir judiciaire fort capable d'examiner n'importe quelle institution en cas de doute et une presse critique et n'hésitant pas à investiguer. On peut malheureusement douter que la presse soit aussi capable que l'espère Larsson. Quant à l'institution judiciaire, elle doit avoir des soupçons avant de pouvoir agir et un groupe secret peut très bien ne pas être soupçonné quand on ne connaît ni ses activités ni son existence. D’où le danger.

image: Éditeur

15:34 Écrit par Hassan dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : millénium, complot, média, police, police secrète | | | |  Facebook

19/10/2011

Millénium 2: La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette / Flickan som lekte med elden (boom, son coeur fait boom!)

Titre: Millénium 1: Les hommes qui n'aimaient pas les femmes (Flickan som lekte med elden)9782742765010.jpg
Auteur: Stieg Larsson
Traducteurs: Lena Grumbach et Marc de Gouvenain
Éditeur: Actes Sud 2006 (2006 édition originale)
Pages: 652

Après prés de 20 jours sans nouvelles je peux enfin parler du second tome de la saga de Stieg Larson. Ce n'est pas que je n'avais pas envie de lire cette suite mais une rentrée signifie souvent que l'on va avoir quelque chose à travailler qui n'a pas de rapport avec un roman que l'on souhaite lire pour soi. Lisbeth c'était enfuie. Elle avait vu Mickael au bras d'Erika et elle a préféré sortir du pays pour voyager et changer un peu. Mais, un jour ou l'autre, il faut rentrer. En se mettant au point sur les activités que ses connaissances ont eue durant son absence elle apprend deux choses: premièrement son tuteur n'est pas très nette et deuxièmement Mickael prépare une nouvelle explosion médiatique. Mais les enquêteurs qui s'en occupent vont un peu trop près d'un secret gardé depuis des décennies. C'est pourquoi Lisbet, si discrète, se retrouve du jour au lendemain à la une des journaux sous la forme d'une suspecte plus que dangereuse. Une course entre cinq groupes se lance: la police fait tout pour trouver Lisbeth qu'elle dépeint comme une folle, Mickael cherche ceux qu'il pense être les vrais tueurs, Milton Security tente d'aider la police surtout pour disculper Lisbeth, cette dernière cherche à venger ses amis et à trouver qui sont les personnes qui la mettent en si mauvaises postures et ces mêmes personnes tentent d'effacer leurs traces. En gros, cette enquête démarre mal et ne pourra que devenir de plus en plus bordélique.

Je dois le dire tout de suite, sans faire aucune révélation, si vous ne vouliez pas lire le troisième et dernier tome vous déchanterez vite. L'intrigue est si vaste qu'elle ne peut tout simplement pas se conclure sur un seul tome mais je n'en dirais rien. Je vais plutôt parler de l'aspect médiatique (et policier) du livre. En effet, le premier tome se concentrait sur le journalisme économique et les agissements plus qu'incertain d'un certain groupe que l'on pourrait identifier aux traders. Ce second tome se concentre sur la police et le journalisme au sens général du terme. Dans un premier temps, nous nous trouvons spectateur d'une enquête policière qui, très rapidement, fait des conclusions sur des bases importantes mais qui ne sont pas des preuves directes. On se rend rapidement compte que ceci est lié à une possibilité de faire de l'affaire Lisbeth Salander un tremplin politique important. Les médias et certains témoins ne tardent pas à prendre à leur compte ce que pense la police et à délirer sur le sujet. Le livre, en grande partie, nous montre comme les journaux perdent tout sens critique. Au lieu de réfléchir sur les mobiles, la manière dont est menée l'enquête ou sur la société de manière générale ils lancent des rumeurs, des titres racoleurs et détruisent des vies dans le but de vendre. C'est ainsi que l'on se trouve en face de journalistes parlant sans connaître et disséquant la vie difficile d'une femme dans le seul but de trouver de quoi faire le scoop. Ces méthodes ne sont pas si lointaines que certaines que l'on connaît dans certains journaux suisses que je ne nommerais pas. Ce sont surtout des erreurs qui apparaissent quand le journalisme perd sa place face à la nécessité de vendre et, donc, de faire de l'argent.

Image: éditeur

15:48 Écrit par Hassan dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : millénium, complot, médias, police | | | |  Facebook

16/10/2011

The Big Bang Theory saison 4 (romances au pays des physiciens)

The Big Bang Theory, la série qui parle du quotidien de quatre chercheurs est enfin de retour. Nous avions quitté la dernière saison alors que Leonard était de nouveau célibataire et que Sheldon faisait la connaissance de son alter ego en la personne d'Amy une neurobiologiste. La relation entre Amy et Sheldon a évolué mais ces deux êtres bizarres refusent tout contacts trop intimes entre eux. Quant à Leonard et Penny, ils restent seuls et se tournent autours pendant que Howard se lance honnêtement pour la première fois de sa vie. Quant à Raj? Il reste fidèle à lui-même. Le groupe, augmenté par de nouveaux membres féminins continue ses petites expériences incomprises par la plupart des gens. La culture geek reste au centre de leurs aventures et continuent à nous faire rire.

En fait, on ne devrait pas essayer de résumer ce type de série qui ne peut pas, par essence, être résumée. Alors qu'est ce que je trouve intéressant dans cette quatrième saison? Premièrement, je trouve que créer un groupe autour de Penny est une très bonne idée. Sans ce contre poids on aurait pu trouver qu'observer le groupe des garçons serait un peu ennuyeux après quatre ans. J'ai beaucoup aimé, aussi, d'inclure une rivale de Penny que Leonard apprécie beaucoup. Bien que les aventures d'Howard avec Bernadette ne soient pas très intéressante je suis content de voir que les situations floues de sa relation avec Raj se soient développées. Celles-ci donnent lieu à de nombreux moments particulièrement drôles. Mais, à mon avis, la plus grande réussite est Amy. Plutôt qu'un clone de Sheldon les scénaristes ont eu la bonne idée d'en faire une forme d'initiatrice sociale, réticente, pour ce dernier. Ce qui rend leur interaction à la fois proche et très différente et permet de lancer de nombreuses nouvelles situations (l'expérience sur les rumeurs me restera en mémoire). La mettre dans le groupe de Penny permet aussi de créer différentes situations humoristiques dont la plus drôle est celle de la soirée entre filles. Bref, encore une saison réussie pour The Big Bang Theory.

Image: Allociné

Site Officiel

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18:31 Écrit par Hassan dans série | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : big bang theory | | | |  Facebook

Les trois mousquetaires (Pour le roi!)

Comme tout le monde je suis allé voir les Trois Mousquetaires. J'ai toujours trouvé impressionnant qu'un roman ait réussi à devenir aussi populaire au point d'être si souvent adapté et connu. Malheureusement, je fais partie de ces personnes qui connaissent l'histoire par les adaptations (donc qui connaissent mal l'histoire) mais qui n'ont jamais lu les romans. Il est probable que je répare ce manque important dans ma culture littéraire un jour. Est-il vraiment utile de présenter les personnages? D'Artagnan, Athos, Aramis et Porthos sont les héros du film. Après s'être connu suite à des incompréhensions qui ont mené D'Artagnan à défier successivement les trois mousquetaires ils se battent ensemble contre les gardes du Premier Ministre: le Cardinal de Richelieu. Les quatre amis décident de s'unir pour la France et Louis XIII contre le Cardinal, Buckingham et Milady. Pour cela, les trois mousquetaires, qui deviennent rapidement quatre, devront combattre jusqu'en Angleterre.

Pour commencer par le début: la 3D est inutile. Bon ce n'est pas tout a fait vrai. Le début du film durant lequel on parcoure la carte de la France avec des petits soldats ressemblant à des soldats de plombs rend la 3D utile. Mais c'est bien le seul moment ou je lui trouve un véritable intérêt. Malheureusement, comme le précédent film dont j'ai parlé, je trouve que ce film n'est pas tout a fait réussi. je trouve qu'il lui manque un petit quelque chose. Bien entendu, les mousquetaires est Milady sont assez drôles. Le roi de France est aussi plutôt comique quand il essaie d'avouer son amour à sa Reine ou quand il essaie d'être à la mode. J'ai aussi plutôt apprécié les vaisseaux volants qui sont très élégant. Mais ce qui m'a le plus déçu ce sont les combats à l'épée. Comme moi, vous pensez sans doute que l'intérêt principal d'un film de capes et d'épées est de regarder des combats d'escrimes extravagant. Et il faut bien avouer que les deux spectacles qui nous sont donné sont très sympa. Mais il n'y en a que deux ce que je trouve dommage. Mais, tout de même, ce film est un bon moyen de passer une soirée sympathique.

Image: Site Officiel

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11:46 Écrit par Hassan dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mousquetaires | | | |  Facebook

15/10/2011

Un monstre a paris (mais avec une belle voix)

Depuis quelque jours nous pouvons entendre une nouvelle chanson interprétée par Vanessa Paradis. Les curieux remarquent rapidement que cette chanson prend place dans un film qui est depuis mercredi dans les salles. Ce film, intitulé Un Monstre à Paris, nous emmène en 1910 alors que Paris est inondée. Deux amis y parcourent les rues au volant d'une camionnette de livraison. L'un d'eux est un projectionniste l'autre le livreur. Nous découvrons aussi la belle Lucille une chanteuse acclamée par les parisiens et courtisée par le préfet même. Ce dernier est soumis à de violentes critiques suite à sa gestion (ou plutôt sa non-gestion) de l'inondation. Mais ces petites romances seront rapidement oubliées alors qu'un monstre semble errer dans la ville inondée. Le préfet prend rapidement l'affaire en main alors que d'autres se rendent compte que, peut être, le monstre n'est pas si monstrueux que l'on croit.

Je suis obligé de dire que je trouve ce film moyen. Que l'on se comprenne bien il n'est pas raté mais il aurait pu être bien meilleur. Mais commençons tout de même par dire que, comme je le dis souvent, la 3D est totalement inutile mis à part pour augmenter le prix des billets. Je conseille donc d'éviter une séance 3D si possible. Comme je l'ai dit plus haut ce film n'est pas raté. J'ai beaucoup aimé les deux hommes qui sont tous les deux des archétypes de timides. Le petit n'ose pas se déclarer et le plus grand montre une grande assurance qui cache, en fait, une peur de l'amour. Lucille est aussi très bien réussie dans son rôle de chanteuse acclamée et courtisée des plus puissants. Les gags sont assez nombreux et, souvent, ne tombent pas à plat (je donne une note spéciale au pauvre voleur qui se fait battre par une voiture). Mais la plus grande réussite de ce film c'est surtout une scène. Une scène bien particulière durant laquelle le monstre, Francoeur, et Lucille chantent ensemble face à un public. Comme si la chanson n'était pas accomplie avant ce duo on entend cette chanson une première fois mais sans le même charme. En fait, tout le film me semble tourner autour de cette scène très réussie. Car, malheureusement, il manque un petit quelque chose à l'intrigue pour faire de cet essai une réussite. Et c'est vraiment dommage car sur un aspect romantique et musical très classique, mais qui fonctionne toujours, et une morale connue aurait pu se greffer un fond plus important. Mais cela n'empêchera sûrement pas les enfants de 7 à 77 ans d'apprécier ce film le temps d'une après-midi.

Image: Allociné

Site Officiel

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18:47 Écrit par Hassan dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : paris, film d'animation | | | |  Facebook

12/10/2011

Orange Mécanique (qui sont les véritables monstres?)

Nous repartons dans un autre film culte sorti en 1971: Orange Mécanique de Stanley Kubrick. Je pense que les personnes qui n'ont pas, au moins, entendu parler de ce film sont très rares. Mais vous êtes peut-être dans mon cas et vous ne l'avez jamais vu. Nous y retrouvons une bande de jeunes habillés en blanc avec un faux air d'aristocrate. Leur chef est Alex et il les mène du bar à lait modifié du coin à la violence d'une soirée. Alex s'amuse à tabasser n'importe qui pour le plaisir avec une violence froide et sadique. Il aime aussi cambrioler des maison et détruire les objets de valeur. Sans oublier, qu'il lui plaît aussi de sadiquement violer les femmes qu'il croise. En bref, Alex n'a aucune morale. Mais il n'est pas le seul puisque d'autres groupes comme le sien existent et se battent dans les rues. Mais Alex sera trahi et emprisonné par les autorités. Après deux ans en prison il accepte d'être le cobaye d'un nouveau traitement censé guérir définitivement la criminalité: le procédé Ludovico.

Voila un film sur lequel on peut dire énormément. Mais mes connaissances limitées de ce film, que je n'ai vu qu'une fois, vont probablement me permettre de ne pas trop m'étendre. Je commencerais par parler de mon ressenti face à l'image. Celle-ci est plutôt étrange. La sexualité est présente dans presque toutes les scènes sous une forme ou une autre en ne montrant que des femmes dans des postures dégradantes. Mais ce qui frappe au moins autant c'est le visage du personnage principal: Alex. Durant la journée il montre un visage plus ou moins avenant avec quelque sourires. Mais son coté "sombre" est mise en reflet par une fermeture totale du visage. Celui-ci devient un masque sardonique qui montre à la fois la dangerosité d'Alex et son manque total de pitié et de morale.

Le second point duquel on doit parler est la violence. Il semblerait que celle-ci ait valu une condamnation du film, particulièrement en Grande-Bretagne ou plusieurs actes de violences ont été attribué à l'influence d'Orange Mécanique. Mais il faut bien avouer que la violence physique est rarement montrée en tant que telle mais souvent suggérée. Que ce soit les viols ou les passages à tabac les séries et films modernes sont allé bien plus loin tout en étant, assez paradoxalement, plus pudibond (surtout en ce qui concerne la nudité que l'on ne voit plus, ou très peu, telle qu'elle est affichée par Kubrick, du moins, à mon avis). Cette violence est mise en place par une jeunesse qui a oublié tout ordre et respect. Respect aussi bien pour les personnes en générale que pour les femmes qui ne sont, dans ce film, que des objets de plaisir au service d'Alex. Mais, en parallèle, il y a aussi la violence du système de la société. Celle-ci est visible via les policiers et les prisons qui torturent et abrutissent les criminels. Cette violence est au paroxysme dans le procédé Ludovico qui revient à détruire l'individu pour sauver la société. Nous avons aussi un nouvel indice de cette violence sociale alors qu'Alex revient, en quelque sorte, sur son passé qui non seulement le rattrape mais l'attaque physiquement sous les traits de ses victimes ou de ses anciens comparses devenu policiers. Cette société, dites démocratique, ne fonctionne plus pour plusieurs raisons. D'abord parce qu'une grande partie de ses membres sont victimes ou créateurs d'une violence froide. Mais aussi parce que cette société crée elle-même une violence contre ceux qu'elle considère comme des déviants ou des "subversifs". Ainsi, et la fin du film me le fait penser, nous nous trouvons probablement en face d'un pays en voie de devenir une société totalitaire.

Mais quel est le message principal de ce film? Est-ce la défense de la morale? La défense de l'amour? Ou alors la défense de la société démocratique? A mon avis ces trois points sont inexistants voir très secondaires. Le véritable message de ce film est une question sur la nature de l'humanité. Qu'est ce qu'un être humain? Mais surtout qu'est ce qui fait de nous un être humain. Le procédé Ludovico consiste, principalement, à ôter le choix à l'individu qui y est soumis à l'aide d'une procédure de lavage de cerveau. Mais est-on encore humain quand on n'a plus aucun choix. Et, surtout, quand on n'a plus le choix entre être "Bon" et être "Mauvais". Alex, après Ludovico, perd tous ses choix et devient impuissant devant la violence globale de la société. Cela le conduit à subir de multiples humiliations et à perdre son statut d'être humain égal aux autres. En effet, en le soumettant à ce procédé on envoie deux messages: le sujet méritait de perdre le droit de choisir et le sujet n'était pas normal, pas vraiment humain, il est donc légitime de le torturer de cette manière. Une question annexe qui pourrait se poser est de se demander jusqu'à quel point la société, au sens général d’agrégats d'individus autant que de l'appareil d'état, peut aller pour se protéger elle-même. Jusqu'où peut-on violer les droits et libertés humaines au profit de la sécurité globale de la société? C'est une question qui n'est pas légitime que dans ce film mais aussi actuellement dans le cadre de ce que l'on nomme la société de surveillance.

Image: Allociné

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10/10/2011

Trainspotting (a very bad trip)

Non je n'ai pas fait exprès de reprendre le titre d'un film hollywoodien nul (bon d'accord mais juste un peu). Trainspotting, un film culte difficile à décrire. Un film qui nous montre la vie de quatre amis. Enfin, amis entre beaucoup de guillemet puisque la seule chose qui les lie véritablement c'est la drogue. Celle-ci est omniprésente dans le film puisque l'intrigue concerne surtout la lutte contre l'addiction. Une lutte qui n'est pas toujours très sincère et qui ne doit pas faire croire que nous aurons une jolie morale type disneyworld sur les dangers de la drogue et les vertus du travail (et de dieu bien entendu...). Non, c'est une vraie lutte, une guerre sanglante et difficile entre le héros et la drogue ainsi que ses amis. Et savoir qui va vaincre n'est de loin pas simple pour le spectateur.

Je trouve difficile d’interpréter ce film surtout parce que je ne suis pas certains d'avoir remarqué toutes les références et détails. Bon, la trame principale est assez simple à voir. Le "héros" tente de sortir de la drogue. Bien entendu il échoue à plusieurs reprises mais il réussit, finalement, à se détacher de son addiction et à trouver un travail à Londres. A ce point on peut faire deux remarques intéressantes. Tout d'abord, ses anciens amis deviennent plus des boulets qu'il n'apprécie que modérément. On peut aussi y voir l'importance de se détacher non seulement de la substance mais aussi de ses connaissances pour pouvoir passer outre la drogue. Un second point est le parallèle que l'on peut faire entre la vie de plus en plus réglée de Mark et la destruction progressive de celle de Tommy. Comme si l'un devait payer pour l'autre. Je trouve aussi une forme de vision de la vie désabusée dans ce film. Le futur d'une vie semble vu comme particulièrement morne par les personnages et la drogue est un moyen d'éviter de l'atteindre. Même les personnages qui ne se droguent pas, ou pas tout de suite, ont une attitude peu conforme avec une vie rangée. Pourrions-nous y voir une influence punk? Je ne suis pas vraiment qualifié pour le dire mais l'idée semble intéressante. En tout cas, il vaut mieux se faire sa propre idée en allant le voir sois-même.

Image: Allociné

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18:34 Écrit par Hassan dans Film | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : drogue | | | |  Facebook

Comment tuer son boss / Horrible bosses (parce que notre vie serait tellement plus simple sans eux!)

Vous le savez, parfois on va au cinéma seulement pour s'amuser. C'est dans ce cadre que l'on doit aller voir ce film. Nous y suivons l'aventure de trois amis qui ont chacun un patron exécrable. Nick travaille dans une banque pour un psychopathe qui s'amuse à le manipuler. Kurt est obligé de travailler pour le fils de son ancien patron. Mais, plutôt que d'être responsable, il souhaite détruire l'entreprise familiale pour gagner le plus d'argent possible. Enfin, Dale doit subir les assauts répétés et explicites de la dentiste pour qui il travaille. Les trois amis réalisent vite qu'il leur est difficile de quitter leur travail et qu'ils n'ont aucun espoir d'amélioration. C'est pourquoi ils commencent à se faire à l'idée qu'ils devraient peut-être prendre les choses en main pour que leurs patrons disparaissent définitivement.

Il faut l'avouer, le synopsis donne surtout l'impression d'un film assez lourdingue avec des gags plus que convenus que nous avons tous déjà vu cent fois. C'est pourquoi il peut sembler étonnant qu'il ne soit pas vraiment mauvais et même peut être bon. Il faut dire que les personnages principaux sont très bien servi. Non seulement les trois amis sont joués par des acteurs qui se prennent au jeu tout en étant bon (je suis certain qu'ils se sont bien amusé durant le tournage). Mais, en plus, les rôles des patrons sont tout aussi haut en couleur. Entre le psychopathe manipulateur, le drogué totalement déjanté et la dentiste nymphomane il est difficile de choisir un préféré (ou plutôt un détesté). Je note aussi le personnage que je qualifierais du "noir qui doit forcément être méchant puisqu'il est chauve avec des tatouages" mais qui a fait de la prison pour un crime autrement plus grave qu'un simple meurtre et que je vous laisserais découvrir et qui n'est pas si méchant que ça. On peut s'attendre aux différents gags mais le film à l'avantage d'aller vite sans nous laisser un petit moment de réflexion ce qui permet d'éviter des temps morts durant lesquels on s'ennuie. Bref, un film qui aurait pu devenir un navet comme de nombreux autres mais qui, grâce aux personnages et aux acteurs, devient une véritable réussite.

Image: Site officiel

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15:33 Écrit par Hassan dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |  Facebook

09/10/2011

Sur les quais (travaillons, travaillons, mais sans s'unir)

Encore un film culte puisque ce film a remporté 8 oscars et que Marlon Brando s'y trouve sous les traits du héros. Nous sommes dans les années 50 en pleine guerre froide. Il est important de s'en souvenir pour comprendre le reste du film. Terry Malloy est un ancien boxeur qui, après une défaite, s'est reconverti comme dockers sur les quais. Mais il est aussi l'un des gros bras du syndicat des dockers présidé par Johnny Friendly (un nom assez ironique). Cependant, ce syndicat ne défend par les dockers. Au contraire, ces derniers sont opprimés par les méthodes et l'organisation de Friendly qui, au lieu de défendre les travailleurs, choisit qui peut travailler et qui ne peut pas. C'est dans ce contexte qu'un docker qui allait parler est tué après avoir été piégé par Terry Malloy. Ce dernier, en rencontrant la sœur de la victime, est progressivement atteint par la culpabilité jusqu'à décider de se retourner contre Friendly même si, pour cela, il doit violer les lois tacites de la camaraderie.

C'est un bon film, oui, mais c'est aussi un film antisyndicalisme. Que l'on se comprenne bien, je ne connais pas les méthodes syndicales de l'époque aux États-Unis. Il est probable que les syndicats n'aient pas toujours été aussi respectueux qu'actuellement. Cependant, ce film est clairement dirigé contre les syndicats. En effet, ce film possède un certains nombre de caractéristiques qui permettent de faire cette interprétation. Il suffit, tout simplement, d'observer que le syndicat y est décrit plus comme un syndicat du crime que comme un syndicat des travailleurs. Ses dirigeants ont un faux air de mafieux et les même, méthodes: mensonges, loyauté tacite, triche, gros-bras pour empêcher les autres de parler et surtout la protection contre l'argent (certains diraient que ça ressemble un peu à un état). Mais ce qui me fait dire ceci c'est surtout la scène de fin. Ceux qui ne souhaitent pas la connaître peuvent arrêter de lire maintenant. Nous y découvrons un Terry harassé par le fardeau entre les rangs des dockers qui lutte pour accéder au travail prouvant, ainsi, que le syndicat n'a plus de pouvoir. C'est donc un travailleur qui lutte pour son droit de travailler humainement en travaillant hors d'un syndicat. Je pense que les conclusions sont simples à faire. En second lieu, cette lutte de Terry ne s'inscrit pas que dans la solitude. Elle s'inscrit dans une autre communauté plus "américaine". Celle de la foi. Il est, en effet, soutenu dans sa lutte par un prêtre qui tente de réunir les travailleurs dans l'église. Le symbole, ici aussi, est assez clair. Cependant, ce n'est pas un film de propagande, ou du moins pas que, c'est aussi un film qui montre des liens entre les individus. Un film qui montre comment un être humain qui a perdu son sens des responsabilités peut le retrouver. C'est donc un film sur la culpabilité et la pénitence.

Image: Allociné

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11:38 Écrit par Hassan dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : communisme, syndicalisme, mafia | | | |  Facebook

07/10/2011

Le cuirassé Potemkine

Pour une fois je vais parler d'un film russe. Il est sorti dans les salles en 1926 c'est donc un vieux film qui a été réalisé dans les premières dizaines d'années de la révolution Russe. L'intrigue prend place en 1905 dans, vous l'aurez compris, le cuirassé Potemkine. Les matelots dont nous suivons les aventures se révoltent contre leurs officiers à cause de la nourriture qu'ils sont obligé d'ingurgiter. En effet, celle-ci est tout simplement remplie de vers. Devant le refus des officiers de donner une viande plus saine les matelots commencent à parler de révolter jusqu'à ce que ces mêmes officiers décident de tuer ceux qui ne mangent pas de la viande. Ceci étant la goutte d'eau qui fait déborder le vase les simples marines se révoltent et combattent les officiers. Ils sont bientôt soutenu par la ville du port dans lequel le cuirassé mouille.

Il y a plusieurs raisons pour lesquels j'ai trouvé ce film intéressant. Des raisons qui en font un magnifique film de propagande soviétique plus qu'une histoire. Je pense que n'importe qui est capable de faire le lien entre les événements de l'intrigue et la Révolution d'Octobre. Mais ce qui est intéressant c'est d'observer l'image. Premièrement, la différence entre les simples marins et les officiers est particulièrement caricatural. Les marins sont de bons soviétiques, forts et travailleurs. Les officiers sont tous assez chétifs, bien habillés, cultivés et surtout cyniques! Pour s'en rendre compte il suffit de regarder la scène durant laquelle le médecin du bord observe la viande avariée en répondant aux marins "ce ne sont pas des vers ce sont des larves de mouches". J'avoue m'être presque attendu à lire des termes latins. D'ailleurs, l'image de la culture est particulièrement dépréciée dans ce film. En effet, les officiers sont toujours proches des lieux de culture, médecine, théâtre, etc. Le film montre un plaisir manifeste de détruire ces lieux. Je trouve aussi intéressant de montrer le contraste entre les marins révoltés qui aident la population de la ville et l'armée tsariste dont la principale activité est de massacrer les civils. Le leader des marins est aussi particulièrement intéressant à observer. Il possède tous les attributs du leader soviétique. Son discours révolutionnaire est particulièrement savoureux. Bref, nous nous trouvons devant un superbe film de propagande qu'il serait intéressant de montrer en classe avec un discours critique pour permettre aux enfants de se rendre compte de la manière dont l'image peut-être utilisé pour manipuler l'opinion.

Image: IMDB

 

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11:32 Écrit par Hassan dans contemporain, Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : russie, révolution | | | |  Facebook

05/10/2011

M le Maudit (mais qui donc a le droit de juger?)

M le Meurtrier est un vieux film de 1931. Il retrace des événements qui ont eu lieu dans les années 20 en Allemagne. Ces années ont connu une vague de meurtre d'enfants. Nous sommes donc dans une ville apeurée par ces meurtres. Personne ne sait qui est le tueur et personne ne semble pouvoir le trouver. Mais les citoyens sont de plus en plus inquiets et commencent à accuser n'importe quelle personne qui donne l'impression de s'intéresser de plus ou moins près à un enfant. La police est totalement débordée par ses événements et tente de retrouver le tueur par tous les moyens en augmentant la pression sur la ville. Les rafles succèdent aux rafles mais sans résultats. Enfin si, il y a un résultat. Les activités de la pègre sont grandement mis à mal par cette pression policière. C'est pourquoi les malfrats se mettent d'accord pour organiser leur propre chasse à l'homme dans le but de trouver le tueur et de l'empêcher de nuire.

Comment dire que ce film est très bon? Il y a de nombreuses scènes que je trouve particulièrement réussies. Par exemple, les scènes qui montrent la réunion de police durant laquelle la stratégie d'action est décidée est mise en parallèle avec la scène des malfrats décidant de leurs propres actions. Ce qui permet de voir comment les deux ennemis s'organisent de manière différentes (d'une manière très caricaturale d'ailleurs). J'ai aussi beaucoup aimé les scènes de la surveillance par le réseau des mendiants (oui nous pensons tous à Sherlock) et la poursuite. Mais le véritable intérêt du film se trouve dans le discours sur la criminalité. Le tueur est confronté par un tribunal regroupant tous les malfrats de la ville et ce procès est le lieu d'argumentations très intéressantes. Premièrement, nous commençons par un tueur qui récuse sa responsabilité en affirmant ne pas pouvoir s'arrêter (il serait donc un patient plus qu'un criminel). Cet argument est rapidement suivi d'une accusation, que l'on entend encore aujourd'hui, de la justice comme trop permissive (ce qui est assez ironique quand les juges sont des criminels). La justice, au lieu de punir, se contenterait de tenter de soigner et laisserait les criminels repartir en pensant naïvement à la possibilité de leur changement plutôt que de définitivement s'en débarrasser. Je pense que nous sommes tous capables de faire le parallèle avec certains débats actuels et le débat sur la peine de mort. Il est intéressant de voir que ce débat n'existe pas qu'aujourd'hui et qu'il a une histoire.

Image: Allociné

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18:38 Écrit par Hassan dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : meurtrier, peine de mort | | | |  Facebook

02/10/2011

Jules et Jim (refouler ses sentiments tue l'amour)

De temps en temps je découvre de vieux classiques à l'aide d'amies. Ce film en fait partie. C'est la description d'une amitié particulièrement forte entre un allemand et un français, Jules et Jim, peu de temps avant la première guerre mondiale. Les deux compères sont des hommes de lettres qui vivent un peu comme des artistes sans se soucier de l'argent comme seuls les artistes bourgeois savent le faire. Au détour d'une exposition ils découvrent la photographie d'une statue possédant un sourire particulièrement intrigant. C'est pourquoi ils voyagent en Grèce pour la voir en vrai. Mais, en rentrant à Paris, ils font surtout la connaissance d'une femme, Catherine, qui possède le même sourire. Les deux amis tombent rapidement amoureux mais c'est Jules qui a la chance de l'épouser. Séparés par la première guerre mondiale le trio d'amis met plusieurs années pour se retrouver. Mais lorsque cela est fait Catherine tente de séduire Jim qui ne fait pas grand-chose pour l'arrêter.

Outre le fait que j'aie trouvé ce film très étrange et un peu long je ne l'ai pas détesté. Tout d'abord, les acteurs qui jouent le trio me semblent bon. Même si, comme moi, on n'apprécie pas vraiment de passer deux heures sur une relation d'amours j'ai trouvé intéressant de voir comment les relations entre ces trois amis ont été dépeintes. On découvre un Jules passif malgré ses discours précédents sur le couple (particulièrement rétrograde d'ailleurs). Un Jim qui n'hésite pas à trahir son meilleur ami du moins selon mon interprétation. Et une Catherine fantasque. Cette dernière me semble être la véritable dynamique du trio. Les deux hommes n'agissent  pas réellement, ils subissent les actes de Catherine qui les mène par le bout du nez sans efforts. Mais quel est le thème de ce film? Certains diraient l'amitié d'autres le couple. A mon avis, ce film parle principalement d'homosexualité ou, du moins, d’homo-sociabilité. En effet, l'amitié très forte qui lie Jules et Jim a donné lieu à des rumeurs. Nous découvrons surtout deux hommes très proche l'un de l'autre qui pensent trouver le bonheur près des femmes mais qui ne l'y trouvent pas. C'est pourquoi je pense que ces deux amis auraient été plus avisé d'accepter les sentiments qu'ils ont l'un pour l'autre plutôt que de chercher une femme telle que Catherine qui ne pouvait que les séparer violemment.

Image: Allocine

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11:31 Écrit par Hassan dans féminisme/gender/queer, Film | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : truffaut, homoexualité | | | |  Facebook