04/11/2011

La Couleur des sentiments / The Help (une petite ville si paisible)

Ce film nous fait remonter le temps dans les États-Unis des années 60. Nous nous trouvons à Jackson au Mississipi. Skeeter revient de New-York pour trouver un travail dans le journal local ce qui lui permettrait d'acquérir assez d'expérience pour postuler dans une grande maison d'édition. Mais, en retournant dans la ville de son enfance, elle se rend compte que les domestiques payés par les blancs sont très mal traités par leurs patrons et patronnes. La proposition de l'une de ces amies d'obliger toutes les familles de construire des toilettes séparées pour les noirs au nom de l'hygiène l'a fait sortir de ses gonds. C'est pourquoi elle décide de contacter quelques domestiques pour écrire un livre sur leur vie selon leur point de vue. Pour savoir comment elles ressentent les traitements dont elles sont les victimes et comment elles vivent leur situation de dominées. Mais un tel livre n'est pas seulement illégal il est aussi dangereux pour les personnes qui l'écrivent.

J'ai beaucoup aimé ce film. Je n'ai malheureusement pas lu le livre dont il est l'adaptation mais je le trouve vraiment réussi. Les actrices sont tout simplement formidables et je me suis très rapidement identifié à elles. De plus, la manière dont est peinte l'époque me semble assez fidèle. On ressent très rapidement la séparation qui est faites entre les blancs et les noirs non seulement en regardant qui fait quoi mais aussi par les discours des blanches. Il n'est pas rare d'entendre des discours sur la criminalité, le manque de respect et la maladie que les personnes de couleurs porteraient naturellement. Ce film réussit aussi à nous faire rire tout en nous rendant triste. Les scènes révoltantes sont mises en reliefs par d'autres scènes drôles dont, par exemple, la fameuse tarte à l'ingrédient secret. Nous pouvons cependant nous demander, en tant que spectateurs, si ce film est aussi fidèle historiquement qu'on peut l’espérer. En effet, les hommes sont absents et un certain nombre de sévices ne sont pas montrés. Comme, par exemple, les pressions sexuelles et le KKK n'est que mentionné. Malheureusement je ne connais pas grand-chose sur l'histoire du racisme ni sur le mouvement des droits civils aux États-Unis et je ne suis donc pas capable de critiquer cet aspect.

Image: Site Officiel

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Commentaires

Le film est d'autant plus fort que justement aucune violence n'est montrée! Et que dire de l'opposition entre la peur "maladive" des noirs, et le fait que les blancs leur confient l'éducation des enfants? A voir absolument!

Écrit par : Serial Bloggeur | 05/11/2011

Bonjour,
il y a tout de même beaucoup de violence dans ce film. Du moins de violence symbolique quand les domestiques sont remises à leur place par les patronnes ou quand elles ont peur de parler à cause du KKK. C'est une violence moins visible mais tout aussi forte.

Écrit par : Hassan | 05/11/2011

Ca e fait penser à un film français "http://www.commeaucinema.com/film/les-femmes-du-6e-etage,181394 qui se passe à un autre bonne et traite le tout sous un autre angle mais on parie aussi de préjugés et de rapports de dominations sexe/race/classes.

Sinon les choses en reviennent sournoisement à cela, je prends pour exemple le collège ou est ma fille est où les deux classes d'"élite" sont à 90% composées d'enfants au nom français et où les autres classes (pour les lesquelles les projets et investissements pédagogique sont de zéro) à tendance inverse. Du coup rien qu'avec 1) le nom et le prénom de l'enfant, je peux "prédire" dans quelle classe il est à 90% 2) si je rajoute la CSP du chef de famille mon taux de succès monte à 98%... résultats et niveau des enfants : irrelevant...

Je passe, une fois de plus, sur l'absence totale de prise en compte d'une réalité de + en + universelle qui est le métissage par ailleurs...

Sinon je profite d'être ici pour te communiquer Hassan cette future parution :
http://www.l-atalante.com/catalogue/comme_un_accordeon/clandestine/48/719/hacene_belmessous/detail.html

Écrit par : HKo | 06/11/2011

J'ai vu les Femmes du 6e étage sur Allociné mais je ne crois pas qu'il soit sorti en Suisse.

C'est assez drôle que tu parles de la ségrégation de classe à l'école parce que je viens de lire un article des années 70 d'un journal très à droite. Les auteurs y expliquent que la ségrégation des chances à l'école n'est pas due à l'environnement social mais aux capacités génétiques. Et pourtant l'école est l'un des meilleurs endroits pour comprendre comment le contexte social peut influer sur les chances de réussites (sous-entendu scolaires) de l'enfant.

Merci de me donner ce livre. J'ai l'impression que les ouvrages sur les clandestins se multiplient ces temps. Surtout depuis que l'Europe est de moins en moins accueillante. Mais je n'en ai jamais lu bien que j'aie suivi quelques conférences sur le sujet.

Écrit par : Hassan | 06/11/2011

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