Chonicle (avoir la grosse tête)

Les films de super héros sont à la mode depuis quelques années. Il ne se passe pas une année sans que l'on découvre une nouvelle adaptation qui nous montre l'apprentissage physique et spirituel du héros jusqu'à ce qu'il accepte sa responsabilité. La question est donc de savoir si ces héros sont réalistes ou si Platon, avec son anneau de Gygès, avait raison? C'est la question centrale de Chronicle qui est réglée en utilisant la forme de films mis en place par les personnages même (le même procédé que dans Cloverfield ou Blair Witch). Ce qui permet de donner un faux air de documentaire permettant d'entrer dans des jours historiques (historique si ces événements avaient vraiment eu lieu). Nous sommes  aux USA dans la peau, si l'on peut dire, d'un jeune adolescent méprisé et invisible. Il a récemment décidé de filmer sa vie. Ce qui le conduit à être mobilisé par son cousin et le représentant des élèves à lui demander de les suivre dans une grotte qu'ils viennent de découvrir. Ils y découvrent un objet étrange. Mais c'est ensuite que les choses sérieuses commencent. En effet, les trois ados se rendent compte qu'ils développent un pouvoir télékinésie de plus en plus puissants. Mais comment accepter des limites quand on a virtuellement aucune limite?

Je suis assez partagé quant à ce film. D'un coté le film est parfaitement prévisible et ce même sans le voir. La bande annonce suffit pour comprendre le scénario. Mais il pose aussi des questions qui ne sont pas forcément traitées par les films classiques de super héros. La question du respect du contrat social quand les instances de contrôles ne peuvent plus nous contrôler. D'un point vue tout a fait technique j'avoue ne pas être fan de ces films "Caméras à la main". Dans ce cas précis le réalisateur a même créé un personnage dont le seul but est d'offrir une seconde caméra permettant de filmer les personnages principaux. Du point de vue de l'histoire, comme je l'ai déjà, tout est parfaitement attendu par le spectateur. Les ados commencent à apprendre leur pouvoir en se comportant comme des ados. C’est-à-dire par des blagues de gamins comme faire peur aux enfants, se lancer des cailloux ou soulever les jupes des femmes. Et il continue avec le coté sombre de la force (si je puis me permettre). Il montre comment un des ados commence à vouloir se défaire du carcan de ses peurs et du respect qu'on l'oblige à montrer envers l'autorité incarnée par la figure du père (on pourrait presque faire une analyse freudienne de ce film... le lien entre le père, la mère et le fils est proche de ce que je comprends du complexe d’œdipe).

La question intéressante est de se demander comment la loi peut exister sans la peur. Peu de temps après le début du film on apprend que la peur de la force de l'état au travers des instruments de légalité a disparu pour ces ados. Et il est très intéressant de voir que c'est à travers du personnage le plus proche de la philosophie qu'est rappelée la nécessité des règles pour la vie en communauté. Le fait que celui qui finit par les refuser est justement le petit timide seul et martyrisé est beaucoup moins intéressant. Bref, les personnages en sont conscients et tentent de nous faire passer le message. La force légale n'a plus aucun effet sur eux. A parti de la comment garantir le respect des lois? Le personnage philosophe répond par une maîtrise de ses pulsions (créant, en quelque sorte, un homme civilisé et au-dessus de l'animalité) alors que le héros du film répond par une rhétorique du surhomme et hurle à la face du monde ses capacités et son droit naturel à faire ce qu'il fait. Donc à être au-dessus du droit des humains dont il ne ferait plus partie. À partir de là la conclusion est simple et on sait immédiatement qui doit le combattre.

Image qui montre très bien ce que je viens de dire à mon humble avis: allociné

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