27/02/2012

Albert Nobbs

Albert Nobbs s'annonçait comme le rôle d'une carrière pour Glenn Close. Cet homme est l'un des employés les plus méticuleux d'un hôtel irlandais. Le service y est irréprochable et Albert est le plus talentueux de tous les employés. Ses manières et ses attentions sont parfaites et accordées très exactement aux préférences personnelles de chacun des pensionnaires de l'hôtel. Mais Albert Nobbs n'est pas un homme c'est, en fait, une femme travestie qui a organisé ce déguisement pour pouvoir, semble-t-il, survivre dans le contexte d'une crise économique particulièrement forte. Albert a aussi un rêve. C'est de s'acheter un petit magasin dans lequel il vendrait du tabac de la meilleure qualité à la noblesse locale. Tout serait parfait si, en plus, une femme pouvait y être associée. Nous suivrons dont Albert dans sa quête en direction de son rêve face à l'arrivée d'un jeune homme qui, lui, veut partir aux Amériques.

Avant d'aller voir ce film je me suis beaucoup demandé si Albert est une femme déguisée en homme ou un homme dans un corps de femme. Le film ne répond pas directement à la question et offre des indices contradictoires. Nous avons aussi bien une scène lors de laquelle le prénom masculin d'Albert est revendiqué comme une identité ce qui pourrait nous faire conclure à une identité masculine du héros. D'un autre coté, il y a aussi une scène qui est l'occasion de montrer Albert "retrouver" son identité de femme qu'elle réincarne avec un plaisir évident. Il est donc difficile de conclure sur cette question et chaque spectateurs pourra se faire sa propre idée.

Mais ce film est aussi l'occasion de confronter deux rêves en courtisant l'une des serveuses de l'hôtel. Le jeune homme a le rêve insouciant d'un futur inconnu dans un monde inconnu. Une aventure qu'il organiserait avec la femme qu'il a choisie et qu'il aime avec passion. Albert agit de manière profondément contradictoire. En effet, il offre à la même femme un rêve organisé et précis. Albert sait exactement ou il va et comment il y va et donc offre une vie parfaitement réglée mais, peut être, sans le frisson de l'aventure. Nous avons aussi le décor proprement dit. L’hôtel est l'occasion de nous montrer de nombreux secrets. Les pensionnaires peuvent avoir des liaisons avec le personnel et la propriétaire cache un cœur de pierre sous des paroles de velours. C'est un décor dans tous les sens du terme dans lequel chacun des personnages joue un rôle en accord avec la place qu'il est censée posséder mais qui a aussi tout a fait conscience du jeu qu'il joue dans cette comédie. À coté de ces personnages il y a le seul qui soit vrai. Paradoxalement c'est aussi un travesti. Une femme qui a réussi à s'organiser en couple avec une autre femme et qui cache son identité biologique tout en revendiquant une identité masculine qui en fait, probablement, le personnage qui ment le moins dans tout le film. C'est aussi grâce à lui qu'Albert commencera à vouloir être heureux. Je terminerais par le jeu des acteurs qui est, à mon avis, très bien maîtrisé. Je trouve que Glenn Close, en particulier, incarne parfaitement son personnage. Ce sera probablement le film dont on parlera quand on fera la rétrospective de la carrière de cette actrice.

Image: Allocine

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25/02/2012

Chonicle (avoir la grosse tête)

Les films de super héros sont à la mode depuis quelques années. Il ne se passe pas une année sans que l'on découvre une nouvelle adaptation qui nous montre l'apprentissage physique et spirituel du héros jusqu'à ce qu'il accepte sa responsabilité. La question est donc de savoir si ces héros sont réalistes ou si Platon, avec son anneau de Gygès, avait raison? C'est la question centrale de Chronicle qui est réglée en utilisant la forme de films mis en place par les personnages même (le même procédé que dans Cloverfield ou Blair Witch). Ce qui permet de donner un faux air de documentaire permettant d'entrer dans des jours historiques (historique si ces événements avaient vraiment eu lieu). Nous sommes  aux USA dans la peau, si l'on peut dire, d'un jeune adolescent méprisé et invisible. Il a récemment décidé de filmer sa vie. Ce qui le conduit à être mobilisé par son cousin et le représentant des élèves à lui demander de les suivre dans une grotte qu'ils viennent de découvrir. Ils y découvrent un objet étrange. Mais c'est ensuite que les choses sérieuses commencent. En effet, les trois ados se rendent compte qu'ils développent un pouvoir télékinésie de plus en plus puissants. Mais comment accepter des limites quand on a virtuellement aucune limite?

Je suis assez partagé quant à ce film. D'un coté le film est parfaitement prévisible et ce même sans le voir. La bande annonce suffit pour comprendre le scénario. Mais il pose aussi des questions qui ne sont pas forcément traitées par les films classiques de super héros. La question du respect du contrat social quand les instances de contrôles ne peuvent plus nous contrôler. D'un point vue tout a fait technique j'avoue ne pas être fan de ces films "Caméras à la main". Dans ce cas précis le réalisateur a même créé un personnage dont le seul but est d'offrir une seconde caméra permettant de filmer les personnages principaux. Du point de vue de l'histoire, comme je l'ai déjà, tout est parfaitement attendu par le spectateur. Les ados commencent à apprendre leur pouvoir en se comportant comme des ados. C’est-à-dire par des blagues de gamins comme faire peur aux enfants, se lancer des cailloux ou soulever les jupes des femmes. Et il continue avec le coté sombre de la force (si je puis me permettre). Il montre comment un des ados commence à vouloir se défaire du carcan de ses peurs et du respect qu'on l'oblige à montrer envers l'autorité incarnée par la figure du père (on pourrait presque faire une analyse freudienne de ce film... le lien entre le père, la mère et le fils est proche de ce que je comprends du complexe d’œdipe).

La question intéressante est de se demander comment la loi peut exister sans la peur. Peu de temps après le début du film on apprend que la peur de la force de l'état au travers des instruments de légalité a disparu pour ces ados. Et il est très intéressant de voir que c'est à travers du personnage le plus proche de la philosophie qu'est rappelée la nécessité des règles pour la vie en communauté. Le fait que celui qui finit par les refuser est justement le petit timide seul et martyrisé est beaucoup moins intéressant. Bref, les personnages en sont conscients et tentent de nous faire passer le message. La force légale n'a plus aucun effet sur eux. A parti de la comment garantir le respect des lois? Le personnage philosophe répond par une maîtrise de ses pulsions (créant, en quelque sorte, un homme civilisé et au-dessus de l'animalité) alors que le héros du film répond par une rhétorique du surhomme et hurle à la face du monde ses capacités et son droit naturel à faire ce qu'il fait. Donc à être au-dessus du droit des humains dont il ne ferait plus partie. À partir de là la conclusion est simple et on sait immédiatement qui doit le combattre.

Image qui montre très bien ce que je viens de dire à mon humble avis: allociné

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18:39 Écrit par Hassan dans Film, science-fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : super héros | | | |  Facebook

20/02/2012

Honoured Ennemy par Raymond E Feist et William Fortchen (les ennemis de mes ennemis sont mes amis)

Titre: Honoured Ennemy
Auteurs: Raymond E Feist et William Fortchen
Éditeur: Voyager 2001
Pages: 323

Je termine ces trois livres intitulé Légendes de la Guerre de la Faille avec celui qui a été publié en premier. Mais ça ne veut pas dire que nous nous trouvons dans une période précoce de la guerre. Au contraire, les fronts sont constitués et les soldats sont déjà des vétérans. Nous suivons une unité dont la mission est d'infiltrer l'arrière des lignes ennemies pour les attaquer furtivement. Après une rude campagne leur commandant, Dennis Hartraft, souhaite retourner en garnison pour prendre un peu de repos pour lui et ses hommes. Malheureusement c'est le moment exact que choisit le destin pour initier deux catastrophes. Tout d'abord, l'unité est attaquée par des Tsuranis alors que Hartraft tentait de mettre en place un guet-apens. Ensuite, la garnison a été attaquée par les Moredelhs massacrant les défenseurs et les premiers attaquants Tsuranis et tentent maintenant de mettre en place un piège. Et comme les coïncidences ont tendances à se suivre c'est aussi le moment exact qui a été choisis par les commandants Tsuranis pour envoyer une unité en renfort dans l'attaque de cette même garnison. Faisant face à un ennemi que les deux troupes craignent ils n'ont d'autres choix, pour survivre, que de décider d'une trêve. Il reste à savoir si celle-ci explosera face aux haines et incompréhensions mutuelles ou si les soldats du Royaume et les Tsuranis vont, peu à peu, accepter leur valeur mutuelle?

Encore une fois, nous ne nous trouvons ni avec les grands nobles ni au centre des événements. Au contraire, nous suivons deux petits nobles dont les unités ne sont que des pions sur l'immense échiquier de la guerre. Ce qui nous permet de connaître un peu mieux les différences entre les deux peuples. Malheureusement pour ce livre Wurst et Feist l'ont déjà fait beaucoup plus brillamment dans le cadre de la trilogie de l'Empire. Mais ce point n'est pas le véritable but de ce tome. Celui-ci nous montre deux ennemis qui se haïssent et qui essaient de se comprendre et, petit à petit, à s'accepter. Le livre est donc une sorte de processus durant lequel on observe un respect grandir entre les deux peuples. Plus important encore, il permet de montrer la guérison d'un homme habité et consumé par la vengeance. L'intrigue, en elle-même, n'est qu'une toile de fond. Et si on apprécie l'histoire qui déploie des rivalités entre deux frères et qui ajoute quelques anecdotes au monde de Midkemia les événements sont largement attendus. Il est clair dès la mise en place de la trêve qu'une trahison prendra place ce qui m'a surpris c'est que je n'avais vu venir que l'une d'entre elle alors que la seconde ne m'est apparue que 20 pages avant. Je trouve par contre dommage que certains personnages intéressants aient été laissé dans l'ombre alors que l'on aurait pu leur offrir un développement plus glorieux. Pour la troisième fois, ce n'est pas vraiment un tome essentiel pour le cycle de Midkemia mais il est tout de même assez plaisant à lire.

Image: Éditeur

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11:46 Écrit par Hassan dans Fantasy, feist, Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : feist, midkemia | | | |  Facebook

19/02/2012

The Iron Lady

La Dame de Fer, le surnom de l'une des dirigeantes les plus célèbres et les plus controversées de notre temps. Un film sur sa vie ne pouvait que m'intéresser et je n'ai pas attendu longtemps avant d'entrer dans la salle. Nous suivons Margaret Tatcher alors qu'elle n'est plus première ministre et que son mari est mort. Elle vit entourée par des gardes et des assistantes qui l'aident dans sa vie de tous les jours. Ces quelques jours nous montrent une Tatcher faible qui est en train de se perdre dans les souvenirs et les hallucinations. Au fur et à mesure qu'elle parle avec l'image de son maris et qu'elle trie ses affaires nous découvrons l'histoire de sa vie. Celle-ci commence modestement dans une petite épicerie. Une enfance bercée par les discours de son père sur la force de l'individu britannique. Une enfance de succès puisqu'elle est acceptée à Oxford. Ses réussites universitaires la conduisent à s'engager en politique chez les Conservateurs ou elle rencontre son futur mari. Et c'est au sein de ce parti que les succès se multiplieront. Tout d'abord leader du partis elle devient ensuite la première dirigeante féminine de Grande-Bretagne. Mais ses idées controversées et violentes liées à un caractère qui n'accepte ni les concessions ni les remises en causes. Une poigne de fer qui la conduira à être de plus en plus combattue.

Bien que j'aie apprécié ce film il pose de nombreux problèmes qui sont, d'ailleurs, logique dans le cadre d'un biopic. Mais j'en reparlerais plus bas. Je veux d'abord saluer la magnifique performance des acteurs dont Meryl Streep qui est tout simplement magnifique pendant l'entier de ce film. Celui-ci, d'ailleurs, réussit à nous donner envier de voir Tatcher vaincre tout en offrant quelques scènes particulièrement émotionnelles. Mais, comme je l'ai déjà dit, il y a des imperfections et celles-ci sont classiques quand on fait une biographie que celle-ci soit un film ou un livre. Le premier problème que j'ai vu c'est que le personnage Tatcher est décontextualisé. On voit une femme qui était destinée à gouverner, qui se sent destinée et qui croit en la justification de ce destin et tout le monde est d'accord avec elle sur ce point. Bien que l'on ait deux ou trois scènes de doutes la majeure partie du film nous montre donc une Tatcher triomphante sûre d'elle et de son destin de leader incontesté. Hors la réalité est sûrement bien plus compliquée et la carrière de Tatcher n'allait pas de soi lors de sa jeunesse. Le second problème est la vitesse des événements. Nous sommes dans un film c'est donc compréhensible. Cependant nous n'avons pas toujours le temps de comprendre ce qui est en train de se dérouler et dans quel contexte nous nous trouvons. Nous observons Tatcher quasiment seule avec des informations très fragmentaires sur l'époque et les événements. Ce qui me conduit au troisième point. Il semble que le film ait été neutralisé d'un point de vue politique. A coté des idées de Tatcher on met les mouvements sociaux et les critiques de l'opposition ce qui permet de donner les deux points de vue. Mais on oublie d'expliquer la raison pour laquelle cette femme d'état était controversée. On oublie de dire qu'elle a été l'une des premières dirigeantes néo-libérales du monde et, surtout, les opposants sont caricaturés en casseurs et en opposants hypocrites facilement mouchés par la verve de Tatcher. Ce qui donne tout de même l'impression que les réalisateurs avaient un parti pris. Hors, Margaret n'a pas sauvé son pays. Elle a décidé de combattre son pays et le peuple pour imposer ses idées. L'intelligence de ces dernières est très discutée entre les libéraux qui les saluent et la gauche et les syndicats qui les considèrent comme une guerre sociale. Mais ce débat est inexistant dans le film ce que je trouve vraiment dommage.

Image: Site Officiel

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13/02/2012

Murder in Lamut par Raymond E Feist et Joel Rosenberg (surtout ne soyons pas impliqué!)

Titre: Murder in Lamut9780060792855.jpg
Auteurs: Raymond E Feist et Joel Rosenberg
Éditeur: Harper Collins 2002
Pages: 324

Après s'être intéressé aux aventures de Jimmy (probablement l'un de mes personnages préférés) on va passer dans une toute autre histoire sans aucuns liens avec celle de Jimmy. Après tout, le but de cette série de légende de la guerre de la faille est bien de nous faire découvrir la guerre par les yeux d'autres individus que ceux que nous connaissons. Nous nous rendons donc à Lamut qui se trouve entre l'ouest et l'est du Royaume des Isles. Un certain nombre de soldats s'y trouvent mais nous avons surtout nos trois héros. Ceux-ci sont des mercenaires qui ne s'impliquent ni dans la guerre ni dans la politique locale. Leur seul but est d'être payé et de survivre. Après avoir combattu en première ligne les trois compagnons décident qu'il est peut-être temps de quitter le service de Lamut pour aller ailleurs si possible au sud. Malheureusement pour eux, le maître d'arme pense qu'un baron local est en danger. Plutôt que de demander l'aide de soldats réguliers il préfère requérir le service de nos trois mercenaires. Mais une mission qui s'annonçait facile prend rapidement un tout autre tour. En effet, les mercenaires se rendent compte qu'ils commencent à être un peu trop impliqué dans la politique locale pour garder un esprit tranquille.

Lire ce tome en ce moment n'était peut-être pas une bonne idée. La majeure partie de l'intrigue se déroule en pleine tempête d'hiver avec des températures proches de l'été pour les habitants de la Brévine. Il faut le dire tout de suite, ce tome n'est vraiment pas le meilleur de la série. Mais ça ne l'empêche pas d'être légèrement plus intéressant que celui concernant Jimmy. En effet, bien que l'intrigue affichée dans le résumé prenne près de 300 pages avant de véritablement commencer, ce livre nous fait entrer dans l'histoire des simples soldats alors que Feist nous donne surtout les aventures des nobles. Alors que le premier livre du cycle de Krondor donne une impression d'harmonie à l'intérieur de l'Ouest ce tome nous permet de voir que les barons et autres nobles locaux sont tout autant déchiré que Borric et Du-Bas-Tyra. Mais nous avons aussi une petite idée des aventures des simples soldats qui se trouvent concrètement en première ligne. Nous en savons plus, du moins en ce qui concerne Lamut, sur leurs missions et leur vie de tous les jours. C'est donc un livre modérément intéressant mais qui n'apporte pas grand-chose au cycle de Krondor au final.

Image (très moche): Éditeur

11:46 Écrit par Hassan dans Fantasy, feist, Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : feist, midkemia, krondor | | | |  Facebook

12/02/2012

Tinker, Tailor, Soldier, Spy (des plans dans les plans dans les plans)

Une fois n'est pas coutume on se trouve face à un film d'espionnage qui se déroule en Angleterre et qui ne parler pas de 007. Il y a sûrement d'autres agents secrets que James Bond et d'autres adaptations cinématographiques que les romans qui prennent le célèbre agent britannique comme héros. Mais j'avoue ne pas les connaître. Tinker, Tailor, Soldier, Spy est très différent de ce dont je viens de parler. Nous sommes dans les années 70 au centre du Cirque aka le MI6. Contrôle est poussé à la démission avec son âme grise Smiley. Cependant ce dernier est très rapidement convoqué par ses anciens patrons. En effet, Contrôle avait une théorie étrange à laquelle personne ne croyait vraiment mais qui est suffisamment inquiétante pour impliquer une enquête officielle. Mais celle-ci ne peut pas être confiée à un membre interne des services secrets. En effet, Contrôle pensait qu'une taupe se cachait dans les plus hauts échelons du Cirque. Et il se trouve que quelque chose de louche se déroule sous les yeux de Smiley.

Ce film est probablement l'un des plus maîtrisé que j'aie vu. Cependant, je peux parfaitement comprendre que son style puisse ne pas plaire et que l'intrigue puisse sembler très nébuleuse. En effet, nous nous trouvons face à un film lent. L'enquête ne se fait pas dans la rue avec des armes mais dans des bureaux avec des livres de comptes. Ce qui en fait un film bien plus réaliste que la plupart des histoires d'espionnages. Mais cette intrigue nous mène aussi dans les tréfonds obscures de la torture. Les personnages qui nous sont présentés semblent l'accepter et l'utiliser de temps en temps. Mais l'enquête n'est que le premier plan de l'intrigue. La véritable intrigue c'est une lutte de pouvoir à distance entre deux hommes. Une lutte entre Smiley et Karla chef d'un service d'espionnage soviétique. Cette lutte de pouvoir ne se fait pas à l'aide d'armes mais sur des informations, des informateurs et de petites opérations de temps en temps. Mais l'information est la clé de l'histoire si on souhaite comprendre l'intrigue de ce film. Outre cette maîtrise dans le fonctionnement et le déroulement nous avons aussi des acteurs fabuleusement bon. Colin Firth reste l'un des meilleurs acteurs que je connaisse mais n’éclipse absolument la performance des autres aussi mineurs qu'ils puissent être. Bien que je considère que Tinker Tailor Soldier Spy est dirigé de main de maître je pense que l'aspect à la fois lent et sous-entendu de l'intrigue ainsi que la pléthore de personnages et d'intrigues dont lesquels on doit naviguer peut rebuter ou perdre des spectateurs qui ne souhaitent pas faire l'effort d'une certaine concentration.

Image: allocine

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18:34 Écrit par Hassan dans Film | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : espionnage | | | |  Facebook

10/02/2012

Zarafa

Zarafa a été la première girafe de France. Ce film s'inspire de cette histoire pour en faire un conte. Nous sommes en Afrique, un vieil homme raconte une histoire à des enfants sous un baobab. C'est l'histoire d'un jeune garçon nommé Maki. Ce dernier a été capturé par des esclavagistes mais il ne souhaite pas se laisser faire. Il s'échappe donc et fuit. Le lendemain il se réveille près d'une girafe et de sa fille. Malheureusement Zafara perd sa mère et Maki promet de s'occuper d'elle. C'était sans compter Hassan envoyé par le pacha d'Egypte pour trouver un cadeau à offrir au roi de France pour lui demander son aide contre les Turques qui assiègent Alexandrie. Le jeune Maki refuse de laisser la girafe partir et la suit dans le désert, au-dessus de la méditerranée jusqu'en France. Progressivement, une amitié se noue entre les compagnons de ce voyage.

J'ai beaucoup aimé ce conte bien plus riche que la plupart des productions actuelles. Il y a de nombreuses choses que j'ai apprécié dans ce film en 2D (et ce n'est pas du tout une technologie obsolète). Encore une fois, la bonne vieille technologie rend les dessins plus jolis que l'usage de l'ordinateur. Quelqu'un a aussi eu la bonne idée d'ajouter des plans sous forme de croquis donnant une ambiance carnet de voyage. Mais les images ne sont pas la seule richesse de ce film d'animation. Par exemple, on peut considérer que le réalisateur a voulu faire passer un message contre le racisme. En effet, l'esclavagiste du film est fréquemment condamné pour ces actions par les personnages les plus importants. Ce qui le conduit à être la victime de plusieurs situations grotesques peu de temps après avoir fait preuve de cruauté. J'ai aussi beaucoup aimé la manière dont a été dépeint Paris et, en particulier, la cours du roi. Cette dernière est remplie de personnages grotesques dont le moindre n'est pas le roi. Ce dernier ressemble vaguement à un singe qui se contente de répéter les même formules jours après jours. Sa cour est fardée de manière ridicule sans s'en rendre compte. Par contraste les personnages de l'Afrique semblent bien plus vrais que les personnages parisiens.

Je n'ai lu que deux critiques envers ce film. Le premier concerne le manque de réalisme historique. En effet, les aventures et les événements sont très librement inspirés de la véritable histoire de cette girafe. Cependant, à mon avis, ça ne nuit absolument pas à l'intérêt de ce film. La seconde critique concerne la peinture qui y est faite des africains. Je suis d'accord que les images donnent l'impression de revenir au bon sauvage qui n'est pas corrompu par la civilisation européenne. Mais ces deux points, qui ne sont pas forcément ressentis par tout le monde, ne nuisent pas à la beauté et à l'intérêt de ce conte. Personnellement, je pense que Zarafa est beaucoup plus intéressant que le retour de starwars en 3D.

Image: Site officiel

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07/02/2012

Sherlock saison 2

Enfin! Enfin la saison 2 de Sherlock a été diffusée sur la BBC et en DVD. Ceux qui sont allergiques aux versions originales n'ont, bien entendu, encore rien vu. Mais ceux qui peuvent suivre les programmes de la BBC et qui n'ont rien contre l'anglais possèdent sûrement déjà le DVD après avoir vu cette nouvelle magnifique saison. Si vous vous souvenez de la fin de la première saison vous savez que nous avions abandonné Sherlock et Watson en mauvaise posture. Suscitant les cris de frustration d'une grande partie des téléspectateurs. C'est pourquoi il a fallu attendre ce premier épisode pour enfin connaître le dénouement de cette intrigue! Nous suivons donc, une fois de plus, Sherlock sur plusieurs cas en trois épisodes. Mais il y a du changement. En effet, Sherlock devient progressivement un phénomène médiatique en partie à cause du blog de Watson. Il fallait s'y attendre avec son habilité à résoudre des cas compliqués sans trop de problèmes. Nous avons donc trois affaires. La première concerne un personnage que je voulais voir avec impatience: Irene Adler. La seconde affaire nous emmène dans l'une des nouvelles les plus célèbres: le chien de Baskerville. Et enfin, nous retrouvons Reichenbach Fall. Ceux qui ont lu les livres (ce qui n'est pas mon cas) ou vu le dernier film savent ce que cela veut dire.

La première saison était très réussie et on pouvait craindre que la seconde ne soit pas à la hauteur. J'ai le plaisir d'annoncer que ce n'est absolument pas le cas. Cette seconde partie est toujours aussi réussie tout en changeant un peu les choses. En effet, Sherlock s'est humanisé. Bon, n’exagérons pas il reste un exemple d'arrogance. Cependant le contact de Watson semble lui avoir permis de comprendre un peu mieux la manière dont les relations sociales fonctionnent. Ainsi, le premier épisode est l'occasion d'un discours d'une cruauté particulièrement impressionnante suivi d'excuses tout aussi inattendue. Watson aussi a évolué. Mais dans un sens moins positif puisqu'on apprend qu'il est incapable de s'occuper de Sherlock et d'avoir une relation avec une femme. Ce à quoi les fans répondront qu'il peut très bien se consacrer entièrement à Sherlock! Les personnages sont tout aussi bien écrit. Mycroft est très réussi et devient un peu plus humain. Irene Adler est la grande découverte de cette seconde saison. Cette femme est brillamment incarnée par Lara Pulver qui réussit à montrer sont génie désarmant. Mais la véritable attente de cette série est Moriarty. Encore une fois, la confrontation entre Sherlock et Moriarty est brillamment mise en scène. Bien mieux que dans le film. Le Professeur n'hésite devant rien pour inquiéter et faire tomber Sherlock donnant au titre du troisième épisode plusieurs significations. Les derniers instants de cette confrontations sont époustouflantes. Mais ce dernier épisode est aussi, comme plusieurs personnes l'ont remarqué sur Beans on Toast, très proche d'un certain épisode de Doctor Who dans la saison 6. Je serais le dernier à m'en plaindre tant que c'est réussis. Bref, courez vous procurer cette série superbement réalisée.

Image: Allociné

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11:41 Écrit par Hassan dans série | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : sherlock, moriarty, bbc, watson, cumberbatch | | | |  Facebook

06/02/2012

La guerre des romands (cette fois y en a marre!)

En passant dans une grande enseigne multimédia (mais qui n'a aucuns vendeurs professionnels) dernièrement j'ai remarqué des images qui ressemblaient beaucoup à Battlestar Gallactica. C'est à ce moment que j'ai découvert une guerre qui couvait depuis longtemps. Nous sommes sur le fameux VSS Couchepin en l'an 3000. Ce magnifique vaisseau transporte dans l'espace le Valais dans son entier (une idée piquée par les Anglais si on suit Doctor Who). Le commandant de ce glorieux vaisseau n'a pas énormément de souci mis à part le vin et le raclette dont l'AOC n'est toujours pas reconnue. Alors qu'il vaquait à ses affaires les vaudois passent par là et comme il est de coutume offrent aux valaisans l'apéro. Mais cette invitation cache un terrible piège qui éveillera la colère des valaisans. Cette fois y en a marre il n'y a qu'une seule issue possible à cette humiliation: la guerre!

Pour une production Suisse elle est réussie. Les effets spéciaux, pour le budget, n'ont pas à rougir. Au contraire, ceux-ci permettent de reconnaître des influences probables. Ainsi, bien que le VSS Couchepin ressemble à un nez suivi d'un plat à raclette puis de bouteilles de blanc il ressemble aussi un peu au Galactica. Mais ce qui est réussi dans ce petit film ce sont les manières dont sont dépeints les protagonistes. Ce film, et les 4 épisodes des Valaisans dans l'Espace dont il est la conclusion, nous montre un agrégat impressionnant de raccourcis que nous avons tous connus. Les valaisans sont des machos dont l'amour du vin n'est dépassé que par l'amour des montagnes. Les vaudois, eux, sont très propres mais aussi un peu dictatoriaux. J'ai beaucoup aimé l'interdiction des voitures dans les pays de Vaud à cause des frais de radars et le nouveau métro. Les genevois sont aussi très drôles. Ce court film est l'occasion de multiplier les gags on observe, par exemple, plusieurs armes de destructions massives qui sont aussi bien la musique populaire que l'amnistie fiscale. Le film est accompagné de plusieurs bonus mais surtout des quatre épisodes des Valaisans dans l'Espace. Ces derniers sont très réussis et multiplient les références à la sauce valaisanne (je salue au passage l'alien dahu). Voila une production Suisse très réussie et si je dois trouver un point négatif c'est que ce film ne donne pas lieu à une série télévisée. En effet, je suis sur que la télévision Suisse aurait pu monter une production intéressante et drôle qui aurait pu être appréciée par un certains nombre de personnes.

Image: Site Officiel

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11:37 Écrit par Hassan dans Images, science-fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : valais, vaud, guerre | | | |  Facebook

05/02/2012

Jimmy the Hand par Raymond E Feist et Steve Stirling (des petites mains balladeuses)

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Auteurs: Raymond E Feist et Steve Stirling
Éditeur: Harper Collins 2003
Pages: 368

Il y a très longtemps que je n'ai pas lu ni parlé d'un livre de Feist sur ce blog. Pour le retour du monde de Krondor j'ai décidé de lire, en anglais, les aventures qui se déroulent durant la première guerre de la faille. Et comme j'aime bien ce personnage j'ai décidé de commencer par les aventures de Jimmy. Celui-ci est un orphelin que nous rencontrons brièvement dans le premier livre. Outre l'aide qu'il apporte à Arutha et à la princesse de Krondor il est aussi un voleur talentueux. Mais nous ne savons pas du tout ce qui est arrivé à Jimmy durant la Guerre. Nous ne savons pas non plus comment Krondor a subi le contre coup de l'évasion des deux nobles que je viens de citer. J'étais donc plutôt favorable à un livre qui nous permet d'en savoir plus.

Nous retrouvons Jimmy juste après l'évasion de Krondor par le futur prince et la princesse actuelle de la ville. Le jeune garçon et les moqueurs sont en train de se battre contre la police secrète de Bas Tyra et ses gardes. Mais ce n'est que la première bataille. En effet, l'évasion de la princesse conduit l'administrateur nommé par Bas Tyra à augmenter la pression répressive contre les mendiants, les prostituées et les voleurs. Il ne faut pas plus d'une journée pour que des dizaines de personnes soient menacées du fouet ou de la corde. Jimmy n'accepte pas cet état de fait et décide de préparer une action héroïque. Mais, suite à celle-ci, le chef des moqueurs décide d'exiler Jimmy. Accompagné de l'une de ses amies il part à Lands End. Il découvre une petite ville qui ne peut pas survivre longtemps à un voleur de sa trempe mais, surtout, il découvre que des actes maléfiques sont en train d'être mis en branle dans l'ombre.

J'apprécie les histoires qui se déroulent à Krondor car on découvre un monde que l'on peut facilement remplir avec notre imagination. Les idées de Feist sont intéressantes et plaisantes à lire. Malheureusement, il arrive aussi que ses livres ne soient pas particulièrement bien écrits ni particulièrement intéressants. C'est le cas de celui-ci. En effet, l'intrigue est tout simplement transparente. Il ne m'a pas fallu 20 pages après l'arrivée de Jimmy à Lands End pour comprendre ce qui allait se dérouler. Et si le livre est intéressant dans la symétrie de son intrigue (un homme qui a tué l'amant de sa femme se trouve confronté par le fils de sa femme) il souffre de grandes lourdeurs. Par exemple, les flashbacks ne sont pas toujours bien utilisé et m'ont souvent ennuyé. Il est dommage que Jimmy soit le héros d'un livre qui souffre de ces imperfections car c'est probablement l'un des personnages que je préfère dans ce monde. En bref, ce roman est dispensable.

Image: Éditeur

18:30 Écrit par Hassan dans Fantasy, feist, Livre | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |  Facebook

04/02/2012

Une suisse rebelle Annemarie Schwarzenbach 1908-1942

J'ai récemment appris qui était cette femme grâce à une amie. Celle-ci m'a parlé d'Annemarie Schwarzenbach et m'a donné quelques informations importantes sur sa vie avant que nous regardions ce documentaire sorti récemment. Cette femme est impressionnante et exceptionnelle à plus d'un titre. Elle descend de deux familles riches et importantes dans l'aristocratie Suisse. Par sa mère elle est la petite fille du général de l'armée Suisse lors de la Première Guerre Mondiale. Cet homme, Ulrich Wille, était un grand admirateur de l'Allemagne et avait tenté de faire entrer la Suisse en guerre à ses cotés. La famille d'Annemarie était ouvertement frontiste et pro-fasciste. Mais elle-même semble être proche des idées communistes. De plus, elle était lesbienne. Ce fut une grande voyageuse qui fit de nombreux reportages photos et qui réagit dans la presse Suisse de l'époque autant pour dénoncer les conditions des opprimés que pour défendre des causes politiques et attaquer l'Allemagne et la politique de la Suisse à son égard.

Le documentaire essaie de nous expliquer la vie de cette superbe femme. Superbe car elle a réussi à contester les idées de sa famille tout en en restant proche. Peut-être trop proche puisque le documentaire nous explique qu'Annemarie voulait toujours recevoir de l'attention et l'approbation de sa mère. Celui-ci est construit d'une telle manière que l'on puisse suivre les idées de Schwarzenbach durant sa vie. Grâce à des extraits on se rend compte de ses sentiments sur la politique contemporaine. C'était aussi l'une des proches des enfants de Thomas Mann qui lui ont permis de trouver l'amour de sa vie et d'avoir des amis avec les mêmes idées. Mais le documentaire nous montre aussi l'autre face d'Annemarie, une femme qui s'est perdue dans les drogues et qui avait besoin de recevoir une forte attention. Une femme formidable mais avec ses faiblesses. Ce qui n’enlève rien à sa vie sa particulière qui en fait probablement l'un des personnages suisses les plus intéressants de notre époque. Une citoyenne qui mérite que l'on se souvienne d'elle et de ses œuvres car elle avait une grande avance sur son époque qu'elle percevait avec clarté.

Image: Site Officiel

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03/02/2012

Bottled life (les voleurs de vie)

Nestlé est probablement l'une des entreprises les plus puissantes du monde. Ce n'est pas la plus puissante de Suisse mais elle en est proche. C'est pourquoi il est particulièrement nécessaire d'examiner les activités de Nestlé, et des autres multinationales, dans le cadre de ce que je pourrais nommer une vigilance citoyenne. Ce documentaire pourrait en être. En effet, le réalisateur y examine la manière dont Nestlé s'inscrit sur le marché de l'eau. En partant des annonces officielles qui font penser à une vision sociale de ce marché de la part de la multinationale le réalisateur dévoile les véritables activités de celle-ci. Ce dévoilement n'est pas forcément apprécié puisque l'entreprise refuse de répondre aux questions.

Ces questions concernent les activités légales mais peu éthiques de Nestlé. En effet, sous un discours social et responsable se cache une machine de guerre dont le seul but est de s'approprier les ressources naturelles en eau sans prendre en compte les besoins des populations locales ni les besoins écologiques. Il faut tout de même nuancer cette affirmation. Ce que la multinationale fait c'est s'approprier une ressources en achetant le silence ou l'accord des populations locales en offrant des emplois et des infrastructures ainsi qu'une aide à la vie associative. Rien de très irresponsable ni de machiavélique à première vue. Mais ce que ces cadeaux cachent c'est une puissante main mise sur la vie locale à la fois politique et associative. Le constat est rapide: une fois que Nestlé à mis le pied dans la maison il est impossible de s'en débarrasser et le seul moyen d'éviter l'entreprise est de l'empêcher d'entrer en installant une serrure blindée. Nestlé est aussi présent dans le monde en voie de développement. Sur fonds d'états faibles politiquement voir corrompus l'entreprise prend le contrôle de la distribution de l'eau dans tout un pays. Ce que nous voyons, durant tout ce documentaire, c'est une tentative de la part de Nestlé, et d'autres multinationales, de changer l'attitude de la population mondiale face à l'eau. De l'eau du robinet qui, en occident en tout cas, est saine et payée à part égaler par tous les citoyens, on passe à l'eau en bouteille qui est non seulement plus cher mais surtout pas forcément plus saine, voir moins saine, que l'eau du robinet. Parfois les deux sont strictement les mêmes.

Il n'a pas été difficile de me convaincre du danger de l'appropriation des ressources naturelles en eau du monde par des entreprises privées. Je considère l'accès à l'eau potable comme un droit pour tous les êtres humains et sa vente, dans certains contextes, est un viol de ce droit. En effet, tout le monde n'a pas les capacités financières de se procurer de l'eau potable contrôlées par des entreprises. Ce que ce documentaire montre en plus c'est que les actes de Nestlé ne sont pas seulement un viol de ce droit. Ces actes sont aussi un danger pour la nature locale puisque l'entreprise pompe sans se soucier des conséquences écologiques. De plus, la multinationale ne prend pas réellement en compte les demandes locales se contentant d'utiliser l'arsenal judiciaire contre toutes personnes ou entités qui l'empêchent de s'étendre. Cependant, ce documentaire n'est pas assez critique et ne donne aucune solution. En sortant de ce documentaire, en s'imaginant vierge de toute pensée politique, on pourrait penser que Nestlé agit de manière inappropriée mais qu'il n'existe malheureusement aucun moyen. Une entreprise qui vend de l'eau saine dans un pays incapable de mettre en place un approvisionnement public sain est-il si mauvais? Ce documentaire ne nous donne aucune piste de réflexion sur cette question. Personnellement, je considère que laisser le contrôle de l'approvisionnement d'une ressource nécessaire pour la vie est un danger pour les citoyens puisque en contrôlant cette ressources l'entreprise contrôle qui y a accès et de quelle manière. J'aurais beaucoup apprécié que le documentaire nous offre des pistes alternatives comme l'aide internationale, l'action d'ONG ou d'autres possibilités? De plus, ce documentaire n'est pas assez dénonciateur. Il se contente de montrer le fonctionnement, vu de l'extérieur, de Nestlé sans nous offrir une position idéologique contradictoire. Que pense le réalisateur? Est-il d'accord avec le commerce de l'eau dans certains cas? Pense-t-il que l'eau est un droit naturel comme moi et donc un bien qui ne devrait pas être utilisé pour le profit? Je n'en ai aucune idée... C'est donc un documentaire intéressant mais dont les insuffisances ne permettront de convaincre que ceux qui sont déjà convaincus.

Image: Site officiel

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15:46 Écrit par Hassan dans contemporain, Film, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : eau, nestlé, vol | | | |  Facebook