30/03/2012

Ecrits féministes de Christine de Pizan à Simone de Beauvoir sous la présentation de Nicole Pellegrin

Titre: Ecrits féministes de Christine de Pizan à Simone de Beauvoir41r7bt5jWvL._SL500_AA300_.jpg
Présentation: Nicole Pellegrin
Éditeur: Flammarion 2010
Pages: 254

Nicole Pellegrin nous présente, dans ce petit livre, les principaux auteurs féministes de l'histoire française. Elle commence par Christine de Pizan, une femme dont je n'avais jamais entendu parler jusqu'à maintenant, pour terminer avec Simone De Beauvoir l'auteure du Deuxième Sexe. Bien que les textes présentés dans cette anthologie soient majoritairement écrits par des femmes nous y trouvons aussi quelques hommes. Ces derniers sont au nombre de trois et permettent de démontrer que la lutte pour les droits des femmes n'est pas revendiquée que par ces dernières. Les différents textes qui ont été choisi dans le cadre de cette anthologie sont intéressants et permettent d’observer non seulement la variété des arguments et des luttes mais aussi de comprendre que les droits des femmes ont été revendiqués depuis le Moyen-Âge. Chacun des auteur-e-s sont précédés par une présentation écrite par Nicole Pellegrin. Bien que courte et synthétiques elles sont bienvenues puisqu'elles permettent à des lecteurs qui ne connaissent pas forcément les auteur-e-s de se faire une idée du contexte, de la vie et des idées qui les ont guidé-e-s.

Quand on présente une anthologie la première critique que l'on peut faire concerne le choix des textes édités. En effet, comme le dit Nicole Pellegrin, une anthologie est, par définition, arbitraire. Je suis très heureux d'avoir découvert des auteur-e-s que je ne connaissais pas mais la question que je me pose concerne surtout la fin du livre. En effet, pourquoi terminer avec Simone de Beauvoir? Je pense que cette anthologie aurait pu intégrer des textes plus récents comme, pour ne prendre qu'un exemple, des textes de Christine Delphy. Cependant, mis à part cette critique attendue et comprise par Nicole Pellegrin je n'ai pas grand-chose à déplorer. Cette anthologie permet de lire des textes célèbres que je n'avais jamais rencontré en entier comme la fameuse Déclaration des droits de la Femme d'Olympe de Gouges écrite en réaction à la Déclaration des droits de l'Homme. La lecture de ce livre est donc une belle opportunité de se frotter aux classiques du féminisme français et ces lectures m'ont donné envie d'aller plus loin.

Image: Amazon

25/03/2012

Bye Bye Blondie

Je ne suis pas certain de réussir à parler de ce film mais je vais quand même essayer. Virginie Despente adapte une nouvelle fois l'un de ses romans. Mais elle change aussi quelque points. Celle qui saute aux yeux pour ceux qui ont lu le livre (ce qui n'est pas mon cas) est le passage d'une histoire entre une femme et un homme à une histoire entre deux femmes. Nous suivons donc les deux héroïnes dans deux époques différentes. Alors que les adultes se retrouvent à notre époque durant laquelle Gloria, la punk, est une sorte d'artiste de bar et Frances une présentatrice célèbre nous avons les débuts de leur histoire d'amour. Celle-ci débute dans les années 80 alors que les deux jeunes femmes sont internées dans un hôpital psychiatrique. Les deux jeunes femmes vivront leur amour à fond alors que leurs parents essaient de les en empêcher. A notre époque c'est autre chose qui empêche leur amour de se déployer.

Je suis très mitigé face à ce film. Je n'ai pas vraiment apprécié le jeu d'acteur ni la réalisation. D'un autre coté j'ai bien aimé la bande son et l'histoire est intéressante. Celle-ci nous montre comment deux lesbiennes de classes sociales différentes peuvent réussir à s'aimer dans une société largement hétéro-sexuée et défavorable à Gloria. La relation entre Gloria et le mari de Frances est celle qui permet de mettre en lumière ces différences de classes. Gloria est franche, directe et aime le punk alors que le mari est un écrivain qui a des difficultés à écrire, qui fonctionne dans le calme et qui apprécie des musiques et des objets un peu snobs. Ce qui n'empêchera pas ces deux personnes de se rejoindre vers la fin du film d'une manière symbolique. Frances, par contre, est coincée entre ce que la société dont elle fait partie exige d'elle et ses envies. La question est donc, principalement, de savoir si Frances acceptera de tout perdre pour tout gagner ou non? Bref, je termine ici cette présentation un peu brève et plutôt mitigée.

Image: Site officiel

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11:44 Écrit par Hassan dans Film | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : virginie despente | | | |  Facebook

17/03/2012

Game of Thrones saison 1 (Winter is coming!)

Enfin je peux parler de l'une des séries les plus attendues actuellement. Je mens un peu car la plupart des personnes ont pu voir la saison 1 il y a déjà quelque temps alors que j'ai du attendre la sortie en DVD. Je le dis immédiatement: l'attente est à la hauteur de la qualité de cette série et c'est avec impatience que j'attendrais la seconde saison ainsi que les livres originaux dont tout est tiré. Si la série est moitié moins bien écrite que les livres ceux-ci doivent être particulièrement géniaux. Bref, je suis conquis et je pense avoir de bonnes raisons de l'être. Mais, trêve de bavardages, je vais présenter l'histoire. Du moins je vais essayer de rapidement résumer une intrigue riche et soumise à de nombreux événements.

L'histoire prend place dans les contrées des 7 Royaumes. Ceux-ci sont unis sous le Trône de Fer actuellement tenu par un membre de la famille Baratheon après sa révolte contre l'ancien roi surnommé le fou. Le Roi est traditionnellement secondé par un homme portant le titre de Main du Roi. Ce dernier est mort d'une manière suspecte après de longues années de services. C'est pourquoi Baratheon vient chercher un ami de guerre: Edouard Stark seigneur de Winterfell. Ce dernier est donc propulsé à la tête du Royaume. Il se rend vite compte que ce dernier n'est qu'un nœud d'intrigues politiques meurtrière. Mais ce que tout le monde oublient c'est qu'il y a deux dangers extérieurs. Le premier est incarné par les derniers héritiers du roi fou qui tentent de trouver des alliés pour reprendre le Trône de Fer. Le second danger est normalement pris en charge par un ordre de chevalerie particulier: La Garde de la Nuit. En effet, le long été commence à prendre fin et les premières rumeurs de l'hiver se font sentir. Mais, au milieu de la nuit de l'hiver, des créatures étrangers et meurtrières risquent de se réveiller. Alors que l'hiver arrive le grand jeu pour la possession du Trône de Fer continue sa partie baignée dans le sang.

Je l'ai écrit juste au-dessus et je le répète: cette série m'a totalement conquis. Bien entendu nous nous trouvons devant une production HBO. Ceux qui connaissent les séries de cette chaîne privée savent ce que cela implique. La nudité et la sexualité sont affichées en parallèle à une violence importante. Bien que je considère que la pruderie face à la nudité est souvent exagérée je pense que la violence de la série peut en rebuter plus d'un (plaçant l'ordre des tabous à l'inverse de la normalité pour s'en convaincre il suffit d'observer le journal télévisé). Mais, derrière cette façade, se cache un discours sur l'exercice du pouvoir. En effet, ce qui compte ce ne sont pas les personnes ou les événements dans leur vie mais le grand jeu pour atteindre le Trône de Fer. Tous les personnages ont plus ou moins partie liée avec l'envie de devenir roi ou d'être l'un de ses favoris. Mais ce qui compte ce n'est pas seulement atteindre le trône c'est aussi savoir gouverner. Les références sont nombreuses lors des répliques de cette série. Je ne me mettrais pas à les analyser ici car d'autres l'ont fait probablement mieux que je ne le pourrais. Il suffit de savoir que dans Game of Thrones le pouvoir ne s'exerce pas selon l'honneur ou l'amitié mais selon la nécessité. Et cette nécessité peut très bien conduire à la trahison et au meurtre froid. Je terminerais cette brève présentation avec une petite note sur la fin de la saison. Ne vous inquiétez pas je ne donnerais pas d'informations sur l'intrigue. Simplement, cette première saison n'est que le début du jeu et nous devrons attendre son développement pour connaître l'ampleur véritable de cette histoire. Tout en n'oubliant pas que l'hiver arrive...

Image: Site Officiel

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05/03/2012

Triangle rose. La persécution nazie des homosexuels et sa mémoire par Régis Schlagdenhauffen

Titre: Triangle rose. La persécution nazie des homosexuels et sa mémoire2-7467-1485-4.jpg
Auteur: Régis Schlagdenhauffen
Éditeur: Autrement 2011
Pages: 308

J'ai déjà mentionné la persécution des homosexuels par les nazis sur ce blog. J'avais, par exemple, lu le livre du plus célèbre déporté gay de France: Pierre Seel. Bien que ce témoignage soit très impressionnant ce n'est pas un travail scientifique. C'est pourquoi je me suis jeté sur ce livre dès que j'ai vu la couverture. Une petite précision tout de même, l'auteur n'examine pas vraiment la déportation mais plutôt la construction d'une mémoire commune à un groupe. Heureusement, Schlagdenhauffen nous donne rapidement des informations de base sur la culture homosexuelle berlinoise et la manière dont les gays furent traités par les nazis. Après nous avoir démontré la richesse de cette culture qui, à Berlin, était très en vue alors que la France ne connaissait pratiquement aucun groupement l'auteur nous montre comment les nazis ont pu déporter les homosexuels. Pour cela ils se basent sur une loi qui existait déjà: le paragraphe 175. Celui-ci sera aggravé et sa version nazie sera gardé en l'état après la chute du troisième reich ce qui a permis de poursuivre les gays sortant des camps de concentration. Mais attention, bien qu'il existait une volonté de déporter et de rééduquer les gays ceux-ci n'apparaissent pas forcément sous ce terme dans les archives. En effet, la préférence sexuelle dites contre-nature était surtout un facteur aggravant mais les homosexuels étaient souvent considéré comme des criminels. Ce qui a posé des problèmes par la suite. Les lesbiennes, par contre, n'étaient pas systématiquement attaquées par les nazis. Mais cela ne veut pas dire qu'elles sont inexistantes et un travail reste à faire pour clore le débat.

Cependant, le véritable propos du livre concerne la question de la mémoire. Pour cela l'auteur compare trois pays: l'Allemagne, les Pays-Bas et la France. Ces trois pays nous permettent de comprendre comment le contexte national joue sur la manière de commémorer et de construire la mémoire d'un groupe. D'un groupe de victime les homosexuels se constituent progressivement en héritier d'une mémoire de martyrs de la cause des gays et lesbiennes qu'ils souhaitent commémorer. Face à cette volonté plusieurs acteurs collectifs tentent de les arrêter. Tout d'abord l'état qui considère l'homosexualité comme une déviance, pouvant entraîner la prison en Allemagne, durant encore de longues années. Mais aussi les autres groupes de victimes qui n'acceptent pas forcément l'existence des gays en camps de concentrations ou qui considèrent que l'identité gay est une insulte. La France se trouve dans ce cas puisque, pour les déportés politiques français, les seuls homosexuels des camps sont les allemands. Cependant, les homosexuels réussissent à imposer leur vue et l'auteur étudie la manière dont la mémoire commence à s'incarner dans la pierre. A Berlin un mémorial qui exclut les lesbiennes est construit face au mémorial de la Shoah, Paris accepte, finalement, une plaque de commémoration tandis qu'Amsterdam construit un gigantesque monument qui devient une fierté nationale et un lieu de revendication du droit à la différence.

J'ai beaucoup apprécié ce livre qui permet de comprendre comment un groupe de victime a transformé une histoire honteuse en fierté incarnant l'identité du groupe. De ce point de vue la comparaison de trois pays est très éclairante et permet de voir comment le contexte national modifie les possibilités de militantisme des groupes sociaux. Cependant, je trouve dommage que nous n'ayons pas des informations plus nombreuses sur la période du troisième Reich et des années précédentes. Ce n'est pas le but du livre mais je trouve que l'auteur s'appuie un peu trop sur une autre auteure et passe très rapidement sur la plupart des sujets. Un second point problématique concerne les lesbiennes. Bien entendu, l'auteur examine en partie leur histoire et les liens avec les homosexuels. Cependant, elles apparaissent surtout au second plan quand elles ne sont tout simplement pas examinées. Je sais qu'il est difficile de faire l'histoire des lesbiennes qui souffrent d'une double invisibilité dans l'histoire. C'est pourquoi il serait intéressant, voir nécessaire, d'avoir une recherche de la même ampleur sur elles.

Image: Éditeur