24/05/2012

Mageia 2 est sortie!

 

Mageia 2 est sortie ce 22 mai 2012! Mageia est un fork de Mandriva. Mais qu'est-ce qu'un fork? C'est une variation d'un logiciel basé sur un autre dont la politique ou la direction de développement ne plaisent plus à certaines personnes. Mageia est donc une distribution linux basée en partie sur Mandriva. Étant une distribution communautaire elle est non seulement libre mais aussi gratuite (ce qui n'implique pas un refus des dons). On gagne donc pas mal d'argent quand on compare avec le prix de windows 7 (279 .- à la Fnac). Mageia a la bonne idée de nous offrir une multitude d'environnements de bureaux différents. Que ce soit KDE 4, comparable à l'environnement de Windows, Gnome 3, proche du design des macs ou encore LXDE et XFCE parmi d'autres. Mageia a aussi décidé de supporter Firefox et Libreoffice qui réussit à lire tous les formats! Je n'ai pas fait la mise à jours par manque de temps mais les critiques semblent être positives. En tout cas, la première version ne m'avait pas déçu.

L'annonce

18:39 Écrit par Hassan dans logiciel libre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mageia, libre, linux | | | |  Facebook

14/05/2012

Legend of the seeker saison 1 et 2

J'ai découvert cette série sur la chaîne NT1. Je ne l'avais pas vraiment suivie avec assiduité mais je la trouvais assez distrayante et drôle pour décider de me procurer les DVDs à petits prix. Celle-ci est une adaptation libre des livres, ou du moins de un ou deux livres, de Terry Goodkind. L'aventure commence avec deux femmes qui fuient des soldats. Celles-ci ont une mission importante à remplir. En effet, elles doivent retrouver un véritable sourcier de vérité dont les pouvoirs lui permettent de faire triompher la justice et le bien. Celui qu'elles doivent trouver est le premier véritable Sourcier depuis 1000 ans et une prophétie raconte qu'il détruira le tyran Darken Rahl. Mais le Sourcier ne connaît pas son destin puisqu'il est un simple charpentier d'un petit village paisible. Après avoir reçu l’Épée de Vérité de la main d'un vieil homme farfelu qui se prétend sorcier il décidera de sa lancer dans sa quête de justice. Une quête qui le conduira dans toutes les contrées de ce monde pour faire triompher le bien et la justice face aux innombrables dangers de ce monde!

Voila une série très manichéenne. Le bon et gentil Richard se bat contre le grand méchant Darken Rahl serviteur du mal, sorcier et assoiffé de sang. Heureusement cet aspect qui pourrait être négatif est contrebalancé par une impression que les acteurs et le réalisateur ne prenne pas vraiment cette série au sérieux. Ce qui ne veut pas dire qu'il n'y a pas une certaine qualité dans la réalisation et les épisodes mais le but est principalement de se divertir et ça c'est très réussis. Les combats, à défaut d'être réalistes, sont impressionnants et permettent d'avoir de jolies scènes de duels à l'épée toutes plus improbables les unes des autres et durant lesquelles Richard dévoile un torse musclé très sympathique. En ce qui concerne les torses, justement, les costumes de cette série ont le but très agréable et drôle de servir à catégoriser les personnages du coté du bien ou du mal. Un spectateur peu attentif remarquera très rapidement que les gentil-les-s arborent des décolletés vertigineux au contraire des méchant-e-s. Du moins ceci se vérifie dans la plupart des cas. Les personnages, à défaut d'être compliqués, permettent de rire. Richard Cypher, surnommé "écureuil pris dans les phares d'une voiture" par une amie, à une capacité de réflexion proche de zéro et donne toujours l'impression d'être surpris quand on lui explique quelque chose ceci avec un air de concentration extrême qui lui a valu ce surnom. Kalhaan, la Confesseuse, ajoute un brin de réflexion mais surtout ses capacités de combats et d'amour niais. Quand à Zedd, le Sorcier, je considère que sans lui le Sourcier et la Confesseuse se seraient fait tuer. En effet, je pense que Zedd est le seul personnage à offrir un brin d'intelligence à se mettre sous la dent et permet souvent aux deux autres personnages de se sortir de situations difficiles dans lesquelles ils se sont fourrés. De plus, sa première apparition est particulièrement drôle. Lors de la saison 2 ce petit groupe est rejoint par Cara ancienne Mordsith qui offre, outre une tenue cuir du plus bel effet, un peu d'ironie et d'humour cynique. L'existence de nombreux ordres féminins dans cette histoire mériterait une analyse à elle seule mais je trouve déjà très révélateur que ces ordres aient des pouvoirs de dominations assez comparables mais des méthodes qui différent. En bref, pas de grandes réflexions, pas de grands épisodes mais un bon divertissement!

Image : Allocine

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13/05/2012

Dark Shadows: une histoire de haine

Je suis allé voir le nouveau Tim Burton hier. J'ai apprécié un certain nombre de film de ce réalisateur dont Edward aux mains d'argent et Les noces funèbres. De plus la bande annonce semblait offrir un film particulièrement décalé. L'histoire, en tout cas, semblait aller dans ce sens. Imaginez, une voix récite sa propre vie. C'est celle de Barnabas Collins. Il explique comment sa famille s'est déplacée dans le nouveau monde pour faire fortune. Il montre comment sa passion l'a mené dans les bras d'une femme qui avait un secret. En effet, celle-ci après avoir été repoussée utilise ses pouvoirs pour détruire la famille de Barnabas et celle qu'il aime. Puis elle le maudit et le fait enfermer pour l'éternité dans un cercueil. 200 ans passent et la famille Collins perd de plus en plus de sa superbe. Mais, dans les années 70, un chantier en cours met au jour le cercueil de Barnabas. Celui-ci enfin libéré retrouve sa famille pour l'aider à refaire fortune. Mais il retrouvera en face de lui la sorcière qui l'avait maudit. Cette terrible histoire de haine et d'amour doit donc continuer au mépris des habitants de la ville de Collinsport.

Le synopsis semblait mener à un film mixant le coté gothique des vampires et le coté comique d'un homme du XVIIIe siècle qui se retrouve dans le XXe siècle. La première sortie de Barnabas de son cercueil a d'ailleurs été le meilleur moment du film pour moi lorsque ce dernier confond l'enseigne M du McDonald avec le sigle de Méphistophélès. Malheureusement, le reste du film m'a à peine fait sourire deux ou trois fois tandis que je m’ennuyais ferme. Et pourtant les matériaux ne manquaient pas. Entre la famille Collins totalement givrée et son ennemie la Sorcière on aurait pu avoir un film drôle et intéressant. Pourtant quelque chose ne fonctionne pas. Cette famille totalement dysfonctionnelle regroupe la mère blasée, sa fille adolescente et révoltée, le frère de cette même mère qui passe son temps à gueuler sur la ruine de la famille sans rien faire et son fils légèrement perturbé. Mais les interactions entre les personnages ne fonctionnent pas et l'arrivée de Barnabas ne change pas grand chose à ces interactions. Même le jeu de Johnny Depp m'a agacé alors que je l'ai adoré dans d'autres films. De plus, les événements semblent souvent tomber comme un cheveu sur la soupe sans que l'on sache pourquoi ils se déroulent à ce point du film. Je pourrais particulièrement bien résumer ma pensée par cette formule: mouais bof...

Image: site officiel

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18:36 Écrit par Hassan dans Fantasy, Film | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : vampire, fantômes, tim burton, johnny depp | | | |  Facebook

08/05/2012

Margin Call (La nuit la plus longue)

Tout commence comme un jour normal. Des employé-e-s travaillent tranquillement concentré-e-s sur leurs ordinateurs sous l’œil vigilant de leur chef dans sa cage de verre. Tout semble se dérouler comme prévu dans cet étage d'une entreprise qui semble florissante. Mais, dans quelques minutes, la fourmilière des employé-e-s sera dérangées par un dispositif rigoureusement contrôlé. En effet, ce jour qui semblait normal voit se dérouler un licenciement en masse. Un tiers des employés devra quitter l'immeuble à la fin de la matinée avec leurs e-mails, natels et cartes de parkings annulé. Le film commence sur cette scène à l'organisation quasi militaire. Mais ce ne sont pas les conséquences de ce licenciement qui intéresse le réalisateur. En effet, l'un des employés virés était en train de travailler sur une projection. Avant de quitter l'immeuble il réussit à donner son programme inachevé à un jeune physicien devenu trader. Après avoir travaillé sur cette ébauche le jeune trader arrivera à une conclusion affolante: l'entreprise vit bien au-dessus de ses moyens sans même s'en être rendue compte. En effet, la possession d'actifs toxiques dont la valeur et plus que relative met en danger l'équilibre de tout l'édifice. Plus encore, le marché lui-même pourrait être durablement mis à mal. La nuit sera longue pour ce jeune homme qui contacte immédiatement ses supérieures hiérarchiques. Ces derniers feront tout pour éviter une catastrophe pour l'entreprise quitte à dépouiller leurs partenaires.

Je ne sais pas si ce film dépeint de manière rigoureuse le travail des traders. Mais ce que j'en ai lu et mon visionnage vont dans ce sens. Malheureusement, je suis bien incapable de critiquer l'aspect financier puisque mes connaissances dans le domaine sont très fragmentaires. Ce qui ne m'a pas empêché de recevoir plusieurs informations. Tout d'abord, et vous l'aurez sûrement compris, nous sommes en face d'une entreprise dont la structure financière se rapproche de Lehman Brothers. En effet, ce que nous observons c'est une banque d’investissement qui possède de nombreux actifs dont la valeur peut être remise en question d'un jours à l'autre. Il est difficile de ne pas faire le lien avec la crise des subprimes. Mais ce sont surtout les actes et paroles des traders qui importent. Nous y découvrons un monde irréel dans lequel un simple trader peut se faire un demi million en une année. Mais surtout un monde qui ne fonctionne que sur des bases fragiles puisque les modèles utilisés sont surtout un moyen de croire que l'on comprend comment fonctionne le marché. C'est aussi un monde capitaliste dans son sens le plus extrême. En effet, ce qui compte ce ne sont pas les clients, les partenaires ou les concurrents. Non, ce qui compte c'est l'entreprise et l'argent. Peu importe que le marché soit détruit tant que cela évite des pertes. Peu importe les employés, s'il faut s'en débarrasser on le fait. Dans ce monde cynique même les meilleurs possèdent une éthique très élastique. Ce que nous montre ce film c'est la raison pour laquelle le capitalisme débouche sur des crises: un marché libre que les acteurs ne comprennent pas et dont ils sont incapables de gérer les turbulences car ce qui compte c'est le profit à court terme et pas la stabilité.

Image: Allocine

Site Officiel

 

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15:35 Écrit par Hassan dans contemporain, Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : crise, finance, banque | | | |  Facebook

01/05/2012

Cachez ce travail que je ne saurais voir sous la direction de Marylène Lieber, Janine Dahinden et Ellen Hertz

Titre: Cachez ce travail que je ne saurais voir29401100653360L.gif
Directrices: Marylène Lieber, Janine Dahinden et Ellen Hertz
Éditeur : Antipodes 2010
Pages: 228

Puisque je suis dans les colloques et que le genre est encore un concept scientifique légitime quel que soit l'avis de certains je vais vous parler, aujourd'hui, d'un ouvrage publié suite à une rencontre à Neuchâtel sur la prostitution. Cette rencontre s'est déroulée en 2008 suite à deux travaux de mémoires portant sur une étude de la prostitution en Suisse. L'ouvrage regroupe neuf contributions qui touchent plusieurs domaines lié au travail du sexe.

Mais quelle est la contribution principale de l'ouvrage? Outre l'utilisation de la méthode ethnographique par les auteurs, ce qui permet d'entrer durablement dans la compagnie des acteurs que l'on souhaite étudier, il offre une nouvelle définition du travail. En effet, les auteurs et les directrices sont unanimes à dénoncer les manquements de la littérature scientifique sur la prostitution. Soit les travaux portent sur la déviance de la prostitution et les liens avec la criminalité organisée les femmes y étant de simples victimes sans visages soit ces mêmes travaux portent des jugements moraux rapides en déniant, par exemple, toutes capacités de réflexions et de compétences aux prostitué-e-s. L'ennui principal est que les politiciens et journalistes reprennent ces points. Ainsi, les femmes - car les hommes existent mais sont invisibles pour les médias - prostituées sont des victimes de crimes esclavagistes sans aucunes capacités de travail ni de compétences qu'il faut aider. C'est mettre de coté le caractère de travail qu'implique la prostitution ainsi que les capacités d'actions des femmes concernées sans oublier l'existence des hommes prostitués. Les différentes enquêtes ethnographiques de ce recueil permettent donc d'entrer dans les compétences des métiers du sexe. Les auteurs montrent que la prostitution n'est pas une simple passivité de la femme qui attend l'homme. Au contraire, se prostituer implique de connaître la législation, les bons coins mais aussi des compétences sexuelles physiques difficiles à apprendre. Outre ces compétences sexuelles la prostitution peut aussi impliquer des compétences de relationnel. Ainsi, l'enquête d'Alice Sala montre avec précision que le travail de prostitution implique la mise en place de relations téléphoniques importantes à travers lesquels l'enquêtée doit réussir à reconnaître les clients prêts à venir mais aussi entretenir le lien avec des clients habituels.

En conclusion, ce livre passionnant sur la prostitution m'a offert un regard neuf et différent sur ce travail. Loin du simplisme que j'appliquais auparavant par manques d'informations ce livre m'a permis de mettre en question un grand nombre de discours médiatiques et politiques. Le travail sexuel est un champ d'étude vaste souvent trop simplifié et moralisé. Il serait nécessaire de l'étudier d'une manière plus neutre pour montrer comment on fait ces métiers et quels sont les compétences impliquées. Plutôt que de victimiser simplement les prostituées il serait plus fécond d'observer comment on entre dans ces métiers. À plusieurs reprises j'ai eu l'impression que les auteurs considéraient que la capacité de contrôler son environnement de travail ainsi que les horaires pouvait être explicatif. Bien que je n'aie jamais été un abolitionniste je suis maintenant convaincu que la simple pénalisation de la prostitution ne peut que mettre en danger ces femmes et hommes. Il serait sûrement plus utile d'organiser une légitimation de ce type de travail en donnant accès aux assurances sociales. Bien entendu, je ne parle pas ici que du cas de la Suisse.

Image: Éditeur