11/08/2012

Psychologie des foules par Gustave le Bon

Titre : Psychologie des foules41mB4haWvfL._AA278_PIkin4,BottomRight,-46,22_AA300_SH20_OU08_.jpg
Auteurs : Gustave le Bon
Éditeur : Félix Alcan 1895
Pages : 156

Gustave le Bon est un sociologue français du XIXe siècle que je connais surtout pas ce livre (que je n'avais pourtant jamais lu). Celui-ci est l'un des premiers, après Taine, à tenter de comprendre le fonctionnement du comportement en foule et sa psychologie. Quels sont donc les analyses de le Bon ? Ce dernier considère que les foules sont, par nature, irrationnelles. Mais ce caractère n'implique pas une amoralité. Les foules peuvent agir de manière héroïque comme de manière criminelle ou accomplir des actes que l'on qualifierait d'horribles sans pour autant perdre en sa croyance en la justesse de cet acte. La foule ne serait donc pas caractérisée par la pensée mais par l'action immédiate. Pourtant, selon le Bon, il peut être possible de la diriger. En effet, les individus en foule chercheraient naturellement un leader capable de leur parler et d'exercer sa force sur elle. S'ensuit dans les différents moyens de contrôle que ces leaders utilisent. Ils sont au nombre de trois : l'affirmation, l'exemple et la contagion. Ce dernier concept est intéressant puisque le Bon suppose que les foules, par un processus inexpliqué, créent un comportement commun par la contagion entre les différents individus qui la compose. Gustave le Bon a donc une vision pessimiste des foules qui n'auraient aucune capacité de réflexions ni de contraintes morales. En gros, les foules sont les barbares déchaînés.

Pourquoi lire ce livre dont les thèses sont totalement dépassées ? En effet, la sociologie des mouvements sociaux a dépassé le stade des thèses de le Bon depuis longtemps. Pourtant, je pense qu'il est utile est intéressant de s'intéresser à ce classique de la sociologie. Tout d'abord parce qu'il permet de comprendre une époque. En effet, le Bon possède un certain nombre de traits que la société intellectuelle de l'époque possédait. Outre le racisme et la misogynie de l'auteur on découvre une peur intense du peuple. Les phrases qui condamnent la démocratie ne sont dépassées que par celles qui montrent une peur presque panique de la révolution et de la contestation marxiste. Gustave le Bon est contre le marxisme. Il est très facile de s'en rendre compte dans ses phrases. Il considère que le marxisme détruit la civilisation en amenant au pouvoir les foules, le peuple, irrationnel et incapable sans la main de fer d'un tyran. En outre, on peut aussi y découvrir une vision naturaliste de l'autorité. Celle-ci serait nécessaire et la démocratie ne peut qu'être un danger puisque l'autorité y serait diluée. C'est donc un livre qu'il faut situer dans le contexte turbulent de l'époque qui connut les révolutions et la naissance de la démocratie contemporaine. Une seconde raison de lire ce livre c'est que, même si ses thèses sont dépassées, il est encore utilisé par un certain nombre de commentateurs politiques ou journalistiques. Cette lecture permet donc de comprendre ces commentaires mais la critique ne peut se faire qu'en lisant des travaux de sociologie des mouvements sociaux plus récents qui rendent aux fouleurs leurs capacités de réflexions tout en ne déniant pas l'importance des émotions.

Image : Amazon

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18:31 Écrit par Hassan dans contemporain, sociologie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mouvements sociaux, sociologie | | | |  Facebook

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