31/08/2012

I, Robot par Cory Doctorow

Titre : I, Robot
Auteur : Cory Doctorow
Éditeur : Auto-édité sur le site de l'auteur sous licence creative common
Pages : 41

Cette nouvelle a été publiée dans le recueil Overclocked. Encore une fois, Doctorow reprend un titre mais écrit une autre histoire. Les amateurs auront reconnu ce titre pour l'une des nouvelles d'Asimov. Doctorow nous y narre l'histoire d'un détective dans un état policier. Son travail est d'arrêter les ennemis intérieurs et les citoyens qui prennent la mauvaise décision d'utiliser de la technologie Eurasienne (1984, Orwell bien entendu) au lieu de la bonne vieille technologie de la mère patrie. Mais cet homme a aussi une fille. Et celle-ci agit bizarrement depuis quelque temps. Est-ce simplement l'arrivée dans l'adolescence ou est-ce que ce comportement cache quelque chose de plus dangereux ?

Je n'ai pas trouvé que l'intrigue ni les personnages véritablement intéressants. Mais c'est souvent le cas chez Doctorow comme je l'ai compris (et comme vous, lecteurs, avez du compris si vous lisez mes notes). Mais les idées mises en place par l'auteur, elles, valent le temps pris durant la lecture. Ce livre n'est donc pas vraiment sur un homme qui essaie de comprendre sa fille. Ni sur la difficulté d'un être humain à concilier ses valeurs et son travail. Non, ce livre est sur la liberté. Quel est le plus grand danger dans ce pays fictif tiré de 1984 ? Ce ne sont pas les terroristes ni la guerre et encore moins la corruption. Non, le danger c'est la capacité pour ses citoyens d'utiliser d'autres produits que ceux qui sont officiellement construit. Non seulement parce que ces produits sont distribué en dehors des canaux marchands habituels mais aussi parce que ceux-ci sont capables de communiquer avec les produits officiels du pays. Il n'est pas difficile de comprendre que le sujet principal ce sont les licences privatives face aux licences libres.

18:34 Écrit par Hassan dans contemporain, Cory Doctorow, Livre, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : doctorow, i robot | | | |  Facebook

30/08/2012

La Commune par Kropotkine

Titre : La Communearton222.jpg
Auteur : Kropotkine
Éditeur : Les éditions de Londres
Pages : 23

Comme j'en ai pris l'habitude après un livre de Doctorow je lis un peu d'anarchisme. Le hasard fait que ce texte de Kropotkine est une réponse directe aux critiques qui ont été faites à L'état, son rôle historique ! J'avais moi-même fait quelques critiques. Mais celles auxquelles répond Kropotkine concernent surtout ses exemples. En effet, l'auteur prenait comme exemple les Communes médiévales au XIIe siècle. Ses contradicteurs l'accusent donc de vouloir à l'époque médiévale vue, encore aujourd'hui, comme l'âge de l'obscurantisme. Comment voudrait-on retourner dans cette époque de maladies, de guerres et d'ignorances ?

Eh bien justement, Kropotkine ne veut pas retourner à l'époque médiévale qui n'est, d'ailleurs, pas aussi atroce qu'on ne le croit. Ce que l'auteur souhaite ce sont des communes modernes. Celles-ci ne se révolteraient pas contre les nobles en oubliant de prendre en compte les inégalités économiques. Elles se porteraient contre l'état et mettraient en place le communisme qui supprimerait les inégalités économiques. Plus important encore, plutôt que de rester dans le cadre de la ville les communes briseraient les remparts pour dépasser leur territoire et s'universaliser par l'exemple. Ces entités se relieraient aussi entre elles dans le cadre de différents réseaux de plus en plus compliqués et qui permettraient de pacifier les relations tout en créant l'échange de biens nécessaire pour le bien commun. C'est une vue en matière internationale assez proche de la vision libérale qui considère l'échange comme moyen majeur de pacification.

Que peut-on tirer de ce texte ? Son grand avantage est de passer outre le texte précédent pour développer l'idée du concept de commune. Ce concept est commun dans l'anarchisme puisque ce système implique la mise en place du pouvoir depuis le niveau le plus bas possible. Mais que se passe-t-il entre ces entités ? Si on suit Kropotkine il y a la mise en place de réseaux de connaissances et d'échanges qui permettent d'éviter le chaos tout en développant librement chacune des entités. C'est une vision intéressante qui permet de comprendre comme le système anarchiste souhaite fonctionner. C'est, en tout cas, le texte de Kropotkine que je critique le moins.

Image : Éditeur

For the win par Cory Doctorow

Titre : For the win
Auteur : Cory Doctorow
Éditeur : Auto-édité 2010
Pages : 383

Et voici un nouveau billet sur un livre de Doctorow. Celui-ci, au contraire des deux livres précédents, a été écrit en direction d'un public plus jeune. L'auteur y narre une histoire. Celle-ci prend place à la fois dans la réalité et dans les jeux vidéos. Nous y suivons les aventures de plusieurs personnes voir de plusieurs groupes dans un certain nombre de pays. Ces personnages vivent en Inde, en Chine ou aux USA et ont pour points commun d'aimer les jeux-vidéos. Mais ces différentes personnes se rendent compte d'un problème. Bien que leur travail dans le cadre des jeux rapporte énormément d'argent à leurs patrons ils n'en reçoivent pratiquement pas et sont considérés comme inutiles. En effet, de nombreux enfants seraient prêt à prendre leur place s’ils étaient virés. Mais que pourrait-il se passe si ces enfants décidaient de prendre le contrôle et de défendre leurs droits ?

Il y a de nombreuses raisons qui me permettent de parler en bien de ce livre. La moins importante est l'idée de l'auteur d'utiliser chaque chapitres pour mentionner une librairie qu'il apprécie. Ce qui me permet d'avoir un certain nombre d'adresses au cas ou je voyagerais dans ces endroits. Mais ce que j'ai apprécié se trouve dans l'intrigue même. Tout en mettant en place ses personnages Doctorow tente d'expliquer le fonctionnement de l'économie. Bien que je n'étudie pas l'économie mes connaissances qui viennent du gymnase me permettent de penser que les informations données par l'auteur sont probablement réelles. Inclure ces informations sur le fonctionnement de l'économie permet de donner une certaine richesse au livre. Ce qui permet aussi de le commenter très facilement dans le cadre d'une classe. Mais ce livre est aussi un manifeste en faveurs des syndicats. En effet, l'auteur y explique pourquoi les syndicats sont nécessaires et comment on peut les utiliser pour gagner de meilleures conditions de travail. Il faut tout de même dire que ce livre donne une vision très enchantée des syndicats. Comme s’il suffisait d'en faire partie pour tout réussir. Ces deux points mêlés à une intrigue intéressante permettent de créer un bon livre dont j'ai apprécié la lecture.

17:18 Écrit par Hassan dans Cory Doctorow, Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : doctorow, syndicats, activisme | | | |  Facebook

25/08/2012

Starbuck (rubrique coup de coeur)

J'ai décidé de commencer une rubrique coup de cœur. Et je trouve que le meilleur moyen de débuter est de parler de ce film. Je l'ai beaucoup aimé, j'ai beaucoup ri et je trouve que si vous devez voir un film cette semaine c'est celui-ci (Et ça vaut même pour quelques semaines précédentes)! David Wosniak est un jeune homme un peu perdu. Il travaille dans la boucherie de la famille mais n'arrive jamais à satisfaire ses frères ni son père. Il vit dans un appartement rempli de cannabis et tente difficilement de boucler les fins de mois ainsi que de recoller les morceaux avec sa copine enceinte depuis peu. David à une vie compliquée et en ruine. Mais ce qu'il ne sait pas c'est que sa vie va devenir encore plus compliquée. En effet, plus jeune il avait fait des dons de sperme. Suite à une mauvaise manipulation ses dons ont été fourni à 533 femmes. Et aujourd'hui 132 de ses enfants tentent une action en justice pour savoir qui est leur père.

Je trouve que ce film est parfait pour commencer une rubrique coup de cœur. Les éloges que je pourrais en faire sont multiples. David, pour commencer, est un personnage un peu perdu mais surtout très attachant. On sent un homme qui tente de se construire une vie malgré toutes ses erreurs successives et qui, même s'il déçoit tout le monde, est apprécié de tout le monde grâce à son grand cœur. On voit aussi quelques enfants à l'écran. Chacun d'entre eux est un personnage à part entière avec lequel David se sent un minimum proche. Que ce soit la junkie qui tente de s'en sortir ou l'acteur qui rate sa chance. Mais ce qui j'aime le plus dans ce film c'est son histoire. Des inconnus se rencontrent, apprennent qu'ils sont tous frères et sœurs et commencent à construire une fratrie. Les enfants ne jugent pas David ni ne le condamnent. Ils tentent juste de recréer une sorte de famille entre eux. L'importance du film est, à mon avis, la dedans. Comment des inconnus peuvent réussir à se comprendre et s'apprécier. Ce film est un grand hymne de joie à l'humanité qui n'offre pas que des situations émotionnelles mais aussi des rires.

Image : site officiel

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10:17 Écrit par Hassan dans Coup de coeur, Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : starbuck, parenté | | | |  Facebook

L'état, son rôle historique par Kropotkine

Titre : L'état, son rôle historiquearton203.jpg
Auteur : Kropotkine
Éditeur : Les éditions de Londres
Pages : 79

Nous avons déjà pu lire plusieurs textes qui analysent le rôle de l'état et son influence néfaste selon la philosophie politique anarchiste. Dans ce texte, cette conférence, Kropotkine ne fait pas que dénoncer l'état mais il crée une philosophie de l'histoire. Dans le cadre de cette philosophie il examine aussi la puissance des communes dans un système anarchiste.

Qu'est ce qu'une commune ? Selon les anarchistes la commune est la partie fondamentale du système politique. C'est depuis elle et par elle que se construit le système. Kropotkine tente de démontrer que la Commune, en prenant le XIIe siècle en exemple, est le point fondamental de toutes les activités et de tous les progrès humains. En effet, selon Kropotkine, le XIIe siècle a connu une poussée des communes qui se sont reliées, alliées, qui ont créé leurs propres milices et juges ceci en indépendance face aux pouvoirs princiers et ecclésiastiques. Ces communes se sont développées jusqu'à devenir les centres philosophiques et scientifiques du monde.

Mais Kropotkine y développe surtout une vision de l'histoire. Je pense que nous sommes tous familiers avec la vision marxiste de l'histoire qui considère que l'explication majeure est la lutte des classes jusqu'à la destruction de ces dernières. Beaucoup considèrent que l'histoire a un sens en direction du progrès. Kropotkine utilise une philosophie différente. Pour lui, dans cette conférence, l'histoire se construit depuis les tribus jusqu'à l'état. Il considère qu'il y a une évolution quasiment biologique des tribus en commune, des communes en villes puis des villes en état. C'est une évolution en partie positive puisque les villes sont les avatars les plus puissants des communes. Mais les états sont la mort de ces dernières. Les états impliqueraient la corruption et la décadence et ces derniers sont destinés à mourir pour redonner naissance à un nouveau cycle.

Il est dommage que les deux points les plus importants de ce texte soient aussi les deux points qui me paraissent le plus problématique. Tout d'abord, je trouve que Kropotkine a une vision enchantée de l'histoire. Une vision en blanc et noir qui voit les communes comme les championnes de la liberté et la naissance de l'état primitif comme le mal absolu. Je ne dis pas que je renie mes croyances anarchistes. Mais je pense que l'histoire du XIIe siècle est légèrement plus compliquée que ne le pense Kropotkine. Malheureusement je ne suis pas un expert. Mais je peux au moins dire que les pactes qu'il utilise pour prouver l'existence des alliances entre communes mentionnent aussi, si mes souvenirs sont bons, la loyauté envers un noble plus ou moins important. On est loin de la vision des communes comme ultime rempart de liberté face aux nobles. Le second point qui me pose problème est cette philosophie de l'histoire. Suite à mes études je trouve difficilement acceptable de donner un sens rationnel à l'histoire. Cette dernière est avant tout le résultat du hasard dans un cadre socio-économique et culturel. On ne peut pas donner un sens arbitraire à ce que l'on observe sans être subjectif et sans perdre de vue des explications alternatives. L'histoire ne doit pas se voir comme un fleuve qui se dirige vers une direction connue à l'avance mais comme un arbre dont les racines et branches forment des possibilités. Ces deux critiques sont les principales raisons pour lesquelles ne trouve ce livre très peu convainquant.

Image : Site de l'éditeur

24/08/2012

Eastern Standard Tribe par Cory Doctorow

 Titre : Eastern Standard Tribe
Auteur : Cory Doctorow
Éditeur : Tor Books 2004
Pages : 336

J'ai terminé le second livre écrit par Doctorow. Celui-ci prend place dans un futur plus proche de nous. Le héros y écrit sa vie. Pas en entier mais la partie qui l'a mené ou il en est aujourd'hui. C'est un homme comme un autre si ce n'est qu'il est capable de créer des arguments logiques sans peines et qu'il sait comment rendre un objet fonctionnel. Il est donc logiquement consultant dans ce domaine et il y est doué. Mais c'est aussi un homme qui fait partie d'une communauté plus obscure. Une forme de tribu d'individus qui partagent le même type de vie et de valeurs. Il travaille aussi pour eux et son dernier travail consiste à saboter une entreprise en faveur d'une autre plus conforme aux valeurs de sa tribu. Mais il y a toujours la possibilité d'être doublé. Et que se passe-t-il quand celui qui nous double tente ensuite de monter toute la psychiatrie contre soi ?

Encore une fois, je n'arrive vraiment pas à m'attacher aux personnages que Doctorow crée. Je les trouve toujours plats et vides. Cependant, j'apprécie les idées et concepts que développe l'auteur. Dans ce livre j'ai apprécié deux choses. Tout d'abord la description qui est faite des objets et procédures développées par des techniciens. Comme le héros le dit : ces personnes ne connaissent rien aux utilisateurs. Et les exemples d'objets mal conçu ou dont les procédures pour les utiliser sont redondantes et absurdes sont assez nombreux. Un second aspect concerne l'internement psychiatrique. Le héros est mis en observation pour démence paranoïaque après avoir été victime d'un complot par les auteurs de ce même complot ! Comment, dans ce contexte, réussir à prouver que l'on est sain à des docteurs qui cherchent l'insanité ? Comment, surtout, réussir à se défendre quand on ne nous offre aucunes informations sur la procédure, les termes médicaux et que l'on est drogué ? Personnellement, je considère l'internement psychiatrique comme une procédure risquée pour les droits de la personne. Il est très facile de se faire interner mais il est beaucoup moins facile d'en sortir. Car on perd une grande partie de nos droits aussi bien dans l'usage que dans la jouissance. Ce livre montre en partie ce faire. Un homme est condamné sans avoir pu se défendre tout simplement parce que la capacité lui en a été déniée. Cet aspect intéressant n'enlève tout de même rien au caractère, à mon avis, moyen du livre.

Livre disponible sur le site de l'auteur

13:18 Écrit par Hassan dans Cory Doctorow, Livre, science-fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : doctorow, surveillance | | | |  Facebook

ParaNorman (I can see dead people!)

J'écris ma première note sur la plate-forme mise à jours de la tribune (bien que le lien avec les réseaux sociaux ne semble pas fonctionner). Et j'écris ce premier billet sur un film qui m'a en partie déçu. Qui est Norman? C'est un jeune garçon entre 8 et 10 ans. Il va à l'école comme tout le monde mais il n'a pas d'amis. Il préfère rester seul dans son coin. Norman est moqué par toute l'école qui ne voit en lui qu'un garçon un peu bizarre. Ce qui est d’ailleurs le cas d'une grande partie de la ville. En effet, Norman parle dans le vide. Qui peut être sain et faire ceci ? Mais ce que personne ne comprend c'est que Norman ne parle pas vraiment dans le vide. Non il parle aux morts qu'il peut voir et entendre. Mais, récemment, il semble être capable de voir plus que d'habitude. Il commence à entrer dans une époque précédente. Cet événement est en lien avec une malédiction qui aurait été annoncée par une sorcière il y a des siècles. Norman doit réussir à lever la malédiction avant la fin de la journée ou les morts marcheront à nouveau parmi les vivants !

ParaNorman est un film qui utilise la technique de la stop-motion. Celle-ci permet de reconstituer les mouvements de personnages et de décors qui ont réellement été construit. L'aspect est moins lisse et moins fluide qu'avec l'utilisation de l'ordinateur mais ça donne un aspect particulier au film que j'apprécie. J'ai toujours l'impression de revenir, en quelque sorte, dans un spectacle de marionnette. De plus, les mouvements des zombies sont, à mon avis, particulièrement adapté à cette technique. J'ai aussi apprécié les quelques références aux films de zombies. Le film commence par une série z (inexistante bien entendu) qui montre l'aspect très artisanal et amateur des films de zombies. Malheureusement je ne connais pas assez ce genre pour avoir pu reconnaître les références si elles existent (je n'aime pas vraiment les zombies ce sont de sales bestioles qui devraient rester mortes). Mais ParaNorman ne dépasse jamais la zone du film sympa. Oui, c'est un film que j'ai apprécié mais donc je ne garde pas de grands souvenirs. J'ai aimé observer le monde par les yeux de Norman et j'ai compris la petite morale enfantine attendue par toute la salle. Ah, j'ai failli oublier, la 3D est totalement inutile.

Image : Allociné

Site officiel

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09:49 Écrit par Hassan dans Fantasy, Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : morts, norman | | | |  Facebook

21/08/2012

L'esprit de révolte par Kropotkine

Titre : L'esprit de révoltearton78-79036.jpg
Auteur : Kropotkine
Éditeur : Les éditions de Londres
Pages : 32

Je reste toujours dans la philosophie libertaire avec ce nouveau texte de Kropotkine. La question qui est à la source de ce texte concerne la révolution. Comment et pourquoi une révolution s'enclenche-t-elle ? Selon l'auteur il y a des points communs entre les révolutions et ceux-ci se trouvent dans leurs déclencheurs. On peut observer une situation révolutionnaire par le contexte qui l'entoure. Les hommes politiques perdraient tous crédits alors que les réformes sont de plus en plus demandée par des personnes qui sont de plus en plus convaincues qu'il est nécessaire d'impulser non une réforme mais une recréation du système. Mais comment peut-on faire en sorte que la population passe à l'acte ? Selon Kropotkine il n'est pas inutile mais peu utile d'élaborer un appareil théorique. Il est bien plus utile de mettre en place des actions contestataires même quand la situation ne se prête pas à une révolution. L'intérêt est d'être la pour que la population se souvienne des luttes engagées par ces individus et les suivent au besoin. La propagande, bien qu'il n'utilise pas ce terme, est aussi un moyen. Les pamphlets, les affiches corrosives, l'humour sont des armes puissantes quand on souhaite décrédibiliser les gouvernements. Pour nous prouver ce qu'il avance il est intéressant de voir que Kropotkine utilise des exemples lié à la Révolution française.

Que penser de ce petit texte ? Je trouve que l'intérêt affiché par Kropotkine pour l'action directe (et non pas le terrorisme) est justifié. Agir concrètement dans les rues ou en essayant de mettre en place des formes alternatives permet de montrer que ce que l'on professe est possible et peut fonctionner. Cependant, je pense que l'attaque vive de l'auteur contre les théories sont malheureuses. À mon avis, et bien que je sois aussi en faveurs des actions concrètes, une théorie bien pensée permet d'éviter les flottements et de comprendre ce que l'on souhaite construire. Alors qu'une théorie mal construire ou floue sera rapidement mise à mal par les actions concrètes et les opposants. Puisque j'ai fait un peu de sociologie des mouvements sociaux et des révolutions les passages ou l'auteur utilise la Révolution française pour exemplifier ses propos m'ont permis de vérifier l’acuité du propos. Je peux donc dire, sans trop rentrer dans les détails car je suis loin d'être un expert, que Kropotkine est loin d'avoir raison. La manière dont il considère les membres de la future constituante, par exemple, oublie que ces mêmes membres sont passés de bourgeois à révolutionnaires. Les paysans ne sont pas les seuls à avoir réagi et je doute qu'ils aient été les moteurs de la Révolution. Les descriptions que l'auteur fait des résistances paysannes sont intéressantes mais, ceci devait bien entendu être validé, je pense qu'il vaudrait mieux les apparenter à une résistance dans le cadre d'un système que comme des mouvements révolutionnaires. Bref, même si ce texte est intéressant il souffre de nombreuses erreurs et lacunes pour un lecteur contemporain.

Image : Éditeur

17:29 Écrit par Hassan dans anarchisme, contemporain, Livre, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : anarchisme, kropotkine | | | |  Facebook

Down and out in the magic kingdom par Cory Doctorow

Titre : Down and out in the magic kingdom
Auteur : Cory Doctorow
Éditeur : Tor Books 2003 (disponible en ligne)
Pages : 339

Après avoir lu quelques nouvelles pourquoi ne pas se lancer dans un livre ? J'ai donc commencé par celui-ci qui est, à ma connaissance, le seul disponible en français. Nous sommes dans un futur non-déterminé mais qui se déroule dans les 150 ans après notre présent. La société que nous connaissons n'existe plus. Elle est remplacée par la Bitchun. Celle-ci lie l'offre de biens de bases à tout le monde avec l'immortalité et une forme de méritocratie agressive. L'argent a aussi disparu pour être remplacé par les whuffies. Ces derniers sont une mesure de la popularité d'une personne qui permettent d'avoir des biens plus luxueux. Ils ressemblent un peu aux amis sur Facebook à mon avis. Julius est le héros de ce livre. Après avoir terminé une nouvelle thèse il décide d'aller à Disney World. Il tombe amoureux d'une femme et prend un soin particulier envers les attractions après avoir été inclus dans l'équipe qui a pris le contrôle du parc. Mais un autre groupe tente de s'arroger celui-ci. Pourraient-ils aller jusqu'au meurtre ?

Ce livre développe des concepts intéressants. L'idée de lier la richesse à la réputation d'une personne en fait partie. Je pense qu'on pourrait presque le lier à l'arrivée, de temps en temps, de stars construites sur internet et qui disparaissent tout aussi rapidement mais dont la réputation qui monte, provisoirement, en flèche les rend visible. Les whuffies fonctionnent un peu de la même manière. Les riches sont très peu nombreux mais la plupart du temps cette monnaie peut fluctuer d'un jours à l'autre. Mais ce concept remplace aussi l'amitié. Celle-ci n'existe plus vraiment dans ce monde puisqu'on peut abandonner quelqu'un que l'on connaissait simplement parce qu'il est à court de réputation ie d'amis. L'immortalité y est aussi décrite. Personnellement je trouve que les conséquences sont mieux maîtrisées que chez Hamilton. En effet, les individus les plus vieux montrent une forme de lassitude après avoir tout vu. Ils décident de quitter la vie pendant quelque temps par ennui et, parfois, de mourir définitivement. Parallèlement, les jeunes perdent une grande partie de leur passion. Pourquoi en avoir quand tout est disponible un jour ou l'autre et qu'il n'existe pratiquement plus aucunes luttes ? Mais je ne pense pas que ce livre soit très bon. Les personnages sont, à mon avis, plats. On ne s'y attache pas et leurs réactions et émotions restent à la surface. Je n'ai eu aucune empathie avec aucun d'entre eux et je trouve cela dommage.

Livre disponible sur le site de l'auteur

09:49 Écrit par Hassan dans Cory Doctorow, Livre, science-fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : doctorow | | | |  Facebook

18/08/2012

L'anarchie, sa philosophie, son idéal par Kropotkine

Titre : L'anarchie, sa philosophie, son idéal
Auteur : Kropotkine
Éditeur : Les éditions de Londres
Pages : 50

Voici le second texte de Kropotkine que je lis. Le premier tentait de définir la philosophie de l'anarchisme et c'est aussi le cas de ce second texte. Il était destiné à une conférence à la fin du XIXe siècle. Kropotkine essaie donc d'y définir la philosophie de l'anarchisme. Il commence par un constat. De nombreuses personnes considèrent que l'anarchisme est la simple destruction de toute civilisation et les anarchistes des terroristes ou des doux-rêveurs. C'est une conception encore largement partagée de nos jours. Mais l'anarchisme ce n'est pas la destruction, c'est surtout la reconstruction d'une société dans une direction plus juste, plus libre et plus égalitaire. Celle-ci serait, selon Kropotkine, un processus inéluctable qui aurait déjà commencé dans les différentes sciences. En effet, de l'étude du centre on est passé à l'étude des petites choses (ou des personnes). L'anarchisme de Kropotkine a donc quatre principes qui sont résumés par la préface. Tout d'abord la fin de l'exploitation et de la domination des masses par une minorité, ensuite la mise en place de la liberté dans l'action et la solidarité par la dissolution de l'état, bien entendu un individualisme important et enfin la fin des lois défendues et mises en place par l'état pour des contrats libres.

J'avoue que j'ai un peu plus de mal avec Kropotkine qu'avec Bakounine. Peut-être que le style de l'auteur ne me convient pas ? Ou alors il y a une subtilité dans les idées de Kropotkine que je n'ai pas encore consciemment identifiée mais qui ne me convient pas. Ce qui n'implique pas que je ne sois pas, au niveau général, d'accord avec l'auteur. Je mettrais tout de même un bémol à l'individualisme que prône Kropotkine. J'ai toujours considéré que l'anarchisme était plus proche du libéralisme, dans ses idées principales, que beaucoup ne le croient. L'anarchisme, comme le libéralisme, fait preuve d'une grande méfiance face à l'état et considère que l'individu est capable de beaucoup. Cependant, le libéralisme laisse la main libre au marché (du moins en théorie) alors que l'anarchisme tente de changer radicalement le système économique et social. Je ne suis pas certain d'avoir déjà une réflexion mûre sur le sujet mais je suis tenté de dire que l'individualisme de Kropotkine est peut-être trop prononcé. Je pense que le système décrit par Bakounine serait plus réaliste et plus fonctionnel.

Image : Site de l'éditeur

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18:14 Écrit par Hassan dans contemporain, Livre, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : anarchisme, kropotkine | | | |  Facebook

Anda's game par Cory Doctorow

Titre : Anda's game
Auteur : Cory Doctorow
Éditeur : Version numérique
Pages : 30

L'ennui avec les nouvelles c'est qu'elles se lisent très vite. J'ai donc terminé un nouveau texte de Doctorow. Nous y suivons Anda une jeune fille de 12 ans qui est recrutée à l'école par une joueuse professionnelle. Cette dernière fait partie d'une guilde de jeux vidéos constituée seulement de femmes pour montrer que les femmes aussi sont capables de jouer et même d'être les meilleures ! Anda est très prise par ce jeu. Peut-être trop puisque ses parents s’inquiètent pour elle. Ce qu'ils ne savent pas c'est que leur fille reçoit de l'argent pour détruire certains joueurs précis. Mais qui sont ces joueurs et pourquoi ne font-ils que des objets basiques ? Ces questions la conduiront à connaître un aspect sombre des jeux vidéos. Un aspect que seulement peu de personnes savent qu'il existe.

Autant j'ai été déçu par la nouvelle précédente autant j'ai apprécié celle-ci. Elle fait partie d'un ensemble de nouvelles qui reprennent des titres de SF connu dans un but militant. Anda's game se rapproche d'Ender's game que j'ai aussi lu. Mais ce ne sont pas des jeux vidéos pour faire la guerre que l'on rencontre dans cette nouvelle. Non on y rencontre une guerre qui se déroule à l'intérieur du jeu. Cette guerre est celle qui existe entre les joueurs et les gold farmers. Ces derniers sont utilisés par des joueurs européens ou américains qui paient pour éviter d'avoir à monter eux-même leur personnage ce qui détruit l'équilibre économique interne des jeux. Mais ce qui est plus grave c'est qu'il existe de véritables usines de gold farmers dont les "joueurs" sont très mal payé pour travailler devant un écran des heures sans repos. C'est ceci que tente de dénoncer Doctorow: une nouvelle forme d'exploitation industrielle. D'ailleurs, je vous conseille d'aller voir la nouvelle exposition de la Maison d'Ailleurs à Yverdon, Playtime - Videogame mythologies, qui a mis en place un poste pour parler de cet aspect.

Livre numérique disponible sur le site de l'auteur

14:05 Écrit par Hassan dans contemporain, Cory Doctorow, Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : doctorow, gold farming | | | |  Facebook

Discours de la servitude volontaire par Etienne de la Boétie

Titre : Discours de la servitude volontairearton68-a7855.jpg
Auteur : Étienne de la Boétie
Éditeur : Éditions de Londres
Pages : 40

Un classique que je n'avais jamais lu mais dont j'ai beaucoup entendu parler lors de différents cours. Le projet de ce discours écrit au XVIe siècle est de comprendre pourquoi on obéit. Pourquoi on accepte d'être les sujets d'un prince, d'un état ? La première idée qui vient à l'esprit concerne la puissance policière et militaire du prince. Mais, comme le dit de la Boétie, cette puissance est moindre face au nombre bien plus importants de sujets. D'ailleurs, les servants de cette puissance sont eux-même des sujets et on devrait expliquer leur accord avec l'état. Est-ce donc la lâcheté qui fait que nous acceptons les ordres de l'état sans nous rebeller ? Peut-être que c'est un début d'explication. Mais, à mon avis, de la Boétie donne deux autres explications bien plus intéressantes. Tout d'abord, ce qui permet à l'état de gouverner des masses c'est l'habitude. Celle-ci vient d'une histoire. On a toujours eu un état et nous sommes nés à l'intérieur de celui-ci. On nous apprend qu'il est nécessaire et qu'il faut le respecter et suivre ses ordres. On a là un début d'explication presque sociologique qui voit l'obéissance comme une domination. Nous ne sommes pas très éloignés du pouvoir symbolique de Bourdieu qui explique la domination non par les armes mais pas un nombre élevé de discours, d'institutions et de personnes qui servent l'état. D'ailleurs, de la Boétie explique aussi l'obéissance par les serviteurs. Ces derniers ont gagné à servir l'état. Ils ont eux-même aidé d'autres serviteurs qui gagnent à ce poste et ainsi de suite. Au final nous avons une gigantesque chaîne d'obligations et gains mutuels qui tiennent la société dans le giron du prince. Une chaîne incassable puisqu'elle tient tout le monde aussi bien les puissants que les modestes.

La préface considère qu'on parle beaucoup de ce livre mais qu'il est rare de l'avoir lu. Ce serait donc un de ces classiques de la pensée politique que personne ne connaît vraiment. Je suis donc fier d'avoir enfin pris le temps de le consulter. Mais que peut-on retirer d'un livre du XVIe siècle ? On peut, en tout cas, observer le génie d'un homme qui réussit à trouver des explications assez convaincantes pour être mentionnée encore de nos jours. En effet, les idées de la Boétie concernant le caractère non-violent de la domination de l'état sont plutôt convaincantes. Je ne dis pas que l'état ne peut pas s'appuyer sur des forces armées. Mais il suffit d'observer un peu pour se rendre compte que ces dernières n'expliquent pas pourquoi on obéit. En effet, pourquoi, par exemple, utilise-t-on l'heure d'été alors que personne ne vient nous punir si on s'y refuse ? Pourquoi accepte-t-on le pouvoir d'un professeur quand on est étudiant ? Pourquoi obéit-t-on à un policier dans la rue (outre l'arme) ? Ces questions, légitimes, ne peuvent être répondues que si l'on prend en compte les explications en termes de pouvoirs symboliques dont la Boétie est, à mon avis, un lointain précurseur.

Image : Éditeur

Total Recall

J'avais lu la nouvelle il y a longtemps, j'avais vu la première adaptation il y a tout aussi longtemps, j'ai décidé d'aller voir cette seconde adaptation. Nous sommes sur Terre, la plus grande partie du monde est détruit et inhabitable suite à une guerre totale. Il n'existe plus que deux pays habitables : La fédération unie d’Angleterre et la Colonie. Les voyages entre ces deux points opposés se font à l'aide d'un ascenseur qui traverse littéralement la Terre. Douglas Quaid est un ouvrier de la colonie comme un autre. Il fait quotidienne le voyage entre la colonie et la fédération pour travailler sur les soldats synthétiques qui veillent à la sécurité de la fédération sous les ordres du chancelier. Mais il a envie de plus. Il souhaite du changement, de l'aventure et un peu de romance. Il décide donc de faire appel à la société rekall (probablement que la K fait tendance) qui lui offre de vivre les souvenirs artificiels d'un agent secret. Mais l'implantation se passe mal car il semblerait que Quaid soit réellement un agent secret ! Ou est-ce un rêve ?

Il est dommage que je ne me souvienne pas mieux de la nouvelle et de la première adaptation. Mais j'en sais assez pour considérer que cette réadaptation me semble ratée. Les décors sont magnifiques, les villes des deux entités politiques sont assez bien conçues pour qu'on puisse facilement observer les différences. Entre la Colonie toujours sale, pluvieuse, multiethnique et remplie de monde et la fédération froide, grise voir blanche mais propre et bien conçue malgré le nombre impressionnant de personnes dans les rues on a vraiment l'impression d'entrer dans un univers ou l'espace est un bien précieux. Les effets spéciaux sont aussi plutôt impressionnants. Les hélicoptères, les explosions et les voitures se rapprochent de la vision de Minority Report avec le même style de courbes. Non, ce qui manque c'est l'aspect psychologique. Où est la réalité ? Est-ce que ce que vit Quaig est vraiment en train de se dérouler ou n'est ce qu'un fantasme ? Quel est la différence entre réalité et fiction ? Cet aspect très important a été complètement mis de coté et la question est résolue en un tour de main. C'est ça qui rend ce film si décevant. Ça et le manque total d'empathie de ma part avec les personnages ainsi que le scénario couru d'avance. Au moins ce film montre un minimum de critiques envers les technologies sécuritaires. Le héros se trouve dans un monde rempli de technologies de sécurité qui permettent de tracer, comprendre et réprimer tout comportement considéré comme dangereux. Il semble qu'il n'y ait pas de gardes-fous institutionnels puisque la police n'hésite pas à tirer dans la foule. Mais, là aussi, le film ne va pas aussi loin qu'il devrait. Une adaptation vraiment décevante.

Site officiel

Image : Allociné

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10:12 Écrit par Hassan dans Film, science-fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : k dick | | | |  Facebook

A place so foreign par Cory Doctorow

Titre : A place so foreign
Auteur : Cory Doctorow
Éditeur : version numérique auto-édité sur le site de l'auteur
Pages : 79

Cette nouvelle est la seconde dont je parle qui a été écrite par Doctorow. Elle est publiée dans le recueil A Place So Foreign and Eight More. L'histoire commence au XIXe siècle. Un jeune garçon suit ses parents en France pour une mission diplomatique. Mais il y a une surprise. Son père n'est pas ambassadeur en France mais ambassadeur en 1975. James étudie donc à l'école de 1975 pendant que son père tente de résoudre des problèmes diplomatiques temporels. Mais un jour ce dernier disparaît. Le jeune James est donc renvoyé au XIXe siècle avec sa mère. Ses résultats scolaires et son intelligence, entraînée en 1975, sont rapidement remarqué par un professeur local. Mais qu'est ce que veut James ? Peut-être se rapprocher de son auteur favori ? Jules Verne.

je suis un peu déçu de cette seconde lecture. Je ne suis pas vraiment capable de critiquer le style de l'auteur puisque je n'ai pas une maîtrise de l'anglais qui me le permette. Cependant, je trouve que l'auteur passe à coté du plus important. La dernière nouvelle laissait de coté toute l'explication du contexte. Ici les choses vont encore plus loin puisque l'auteur nous décrit la mise en place de relations diplomatiques temporelles avec des institutions particulières dans un 1975 futuriste. Mais il n'explique jamais pourquoi ces relations sont mises en place si ce n'est lors de quelques courtes mentions ici ou là. Nous devons donc nous contenter des aventures d'un jeune garçon qui ne cherche même pas à comprendre la disparition de son père. Au moins ce dernier est en partie sympathique au lecteur mais je suis resté sur ma faim durant cette lecture.

Nouvelle disponible gratuitement sur le site de l'auteur sous licence Creative Commons

09:09 Écrit par Hassan dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : doctorow | | | |  Facebook

17/08/2012

Magic Mike (du torse, des fesses, encore du torse et un tout petit peu d'histoire)

Oui je suis allé voir Magic Mike. Un film dont le seul intérêt semble être le nombre d'hommes dénudés si on en croit la bande annonce. Et vous pouvez aussi me croire : c'est bel et bien le seul intérêt. Mais il y a tout de même un semblant d'histoire qui me permet de faire une présentation un tout petit peu plus intéressante que ce que je prévoyais. Mike est un trentenaire qui multiplie les boulots. Le jour il peut être maçon, laveur de voiture ou concepteur de mobilier. Mais le soir il est Magic Mike! La tête d'affiche de la boite de strip-tease masculine de la ville. Tout lui réussit sous le nom de Magic Mike. Non seulement il fait hurler les foules mais les femmes le suivent dans son lit et ses collègues sont ouvertement admiratifs. Un jour il prend un jeune homme de 17 ans sous son aile. Ce dernier est un peu paumé et a abandonné tous ses plans. Avec l'aide de Mike il deviendra le Kid. Mais ce dernier est aussi le frère d'une femme qui ne rend pas indifférent Mike. Dommage qu'elle n'apprécie pas son style de vie.

Que dire de plus sur ce film ? La petite histoire est tout ce qu'elle peut être : une petite histoire à peine assez élaborée pour faire croire qu'il y a vraiment eu un scénariste qui a bossé derrière. Vous l'avez compris dès le début de cette note. Le seul intérêt de ce film se trouve lors des spectacles de strip-tease. Et il faut avouer qu'ils sont superbes. De la musique, de la danse et des thèmes qui débouchent tous sur un seul but : se déshabiller. Heureusement il y a un peu plus que ça dans ce film. Le personnage de Mike, outre ses danses, et aussi plutôt drôle à voir. Ses interactions avec la sœur du Kid, Brooke, lui permettent de surjouer en partie ce qui donne un caractère à la fois grotesque et attachant à Mike. Mais il n'y a aucunes surprises dans ce film et je ne pense pas que quelqu'un soit incapable de comprendre la fin du film après les 15 premières minutes.

Image : site officiel

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15:42 Écrit par Hassan dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : magic mike, striptease | | | |  Facebook

Le principe de l'état par Michel Bakounine

Titre : Le principe de l'étatarton178.jpg
Auteur : Michel Bakounine
Éditeur : Les éditions de Londres
Pages : 32

Je reviens à Bakounine pour un dernier petit livre. Celui-ci est inachevé et a été publié après la mort de l'auteur. Il devait analyser l'état. Bakounine commence fort. En effet, il explique dans les premières pages que la paix est impossible tant qu'il existe des états. Car ces derniers seraient produits par la concentration de pouvoir et n'auraient, comme fin, que la concentration de plus de pouvoirs. Ce qui n'est possible que via la violence de la guerre. L'état est donc inhumain car amoral. Mais ce début est suivi par une analyse de la religion. J'avoue avoir été un peu surpris. Les idées professées par l'auteur ne sont pas très différentes de celles que j'ai déjà présentées dans d'autres écrits sur la religion. Bakounine y analyse les religions selon leur caractère social ou individualiste. Selon lui, les religions sont toutes plus ou moins fortement individualistes mais la religion chrétienne est la pire de tout. Mais pourquoi ceci serait condamnable. Si j'ai bien compris, l'individualisme implique une perte importante du sentiment d'appartenance et de solidarité des êtres humains face à un dieu omniscient et parfait. Cette perfection ne peut que rabaisser l'être humain au néant. Mais d’où vient dieu? C'est le troisième point analysé par Bakounine. Selon lui, les humains ont créé des dieux d'abord dans le monde matériel. Mais les dieux des religions monothéistes sont des abstractions. Les humains auraient tenté d'observer l'abstraction divine. Celle-ci n'existant pas il se retrouva face au néant dans lequel seul l'observateur était visible. L'humain a donc créé dieu à son image en s'adorant lui-même. Et cette adoration venue du néant crée le néant dans le monde matériel. Le néant des humains.

J'avoue que je ne suis pas certain d'avoir compris cette dernière argumentation. L'analyse de la religion par Bakounine est, en tout cas, très défavorable envers celles-ci. Mais je ne suis pas certain que les arguments anthropologiques soient valables. Il y a probablement de profonds manques de ce coté du texte. Mais il est dommage que ce texte soit inachevé. Je pense qu'il aurait offert une réflexion sur le lien entre état et religion qui aurait pu être très intéressant. Mais on peut très bien se contenter du texte en l'état. Il offre des positions qui ne sont pas très éloignées d'analyses scientifiques sur les relations internationales. L'idée que les états tentent d'augmenter leur pouvoir par tous les moyens, dont la guerre, est assez proche de l'école réaliste. Mais les conclusions auraient probablement été très différentes.

Image : Les éditions de Londres qui fournissent la version numérique du livre

15:21 Écrit par Hassan dans contemporain, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : anarchisme, bakounine, etat | | | |  Facebook

15/08/2012

After the siege par Cory Doctorow

Titre : After the siege
Auteur : Cory Doctorow
Éditeur : Auto-édité dans sa version numérique
Pages : 51

Cory Doctorow est un auteur de science fiction connu pour ses positions résolument anti-drm et en faveurs d'une révision du droit d'auteur. Mais il ne se contente pas de parler puisque toutes ses œuvres sont disponibles en versions numériques sans drm et sans coûts pour le lecteur. Chacun à le choix d'offrir de l'argent à Doctorow ou de s'acheter le livre en papier. After the siege est une nouvelle publiée dans le recueil Overclocked. Mais la version numérique est téléchargeable seule. C'est l'histoire d'une jeune fille, Valentine, qui vit dans une ville magnifique. Cette dernière a connu, il y a quelques années, une révolution quand plusieurs gouvernements successifs ont été incapable de distribuer des médicaments à une population décimée par la maladie du zombiisme. Cette révolution a conduit les nouveaux dirigeants à mettre en place une forme de distribution large, et sans coûts, de tous les biens. Mais un jour un pays voisin, soutenu par l'UE et les USA, décide de faire la guerre à la ville au nom de la perte des royalties subies par cette politique. La jeune Valentine verra sa famille se sacrifier pour défendre leur mode de vie tout comme les autres familles. Mais elle découvrira surtout un homme qui se fait appeler le magicien et qui ne souffre pas des privations de la guerre.

Outre l'aspect politique que l'on peut tirer de la description, très fragmentaire, de cette ville (et que je ne suis pas certain d'avoir bien interprété) on peut apprécier cette nouvelle pour d'autres raisons. En effet, avec la guerre pour arrière fond c'est le passage à l'âge adulte d'un enfant que Doctorow nous décrit. La nouvelle commence dans un monde quasiment féerique ou tout est possible. Mais au fil des pages la jeune fille devient adolescente puis une femme et observe de manière de plus en plus crue les réalités de la guerre et de sa vie. Cette nouvelle a aussi été écrite en réaction à la vie d'un membre de la famille de Doctorow. Sa grand-mère aurait connu le siège de Prague et Doctorow a tenté de décrire les horreurs de la guerre. Mais il va plus loin encore puisque ces horreurs sont aussi un prétexte pour la mise en place d'un spectacle macabre. Ce qui se rapproche en partie des actes de certains journalistes de guerre qui filment sans agir des horreurs qui passent ensuite au journal du soir devant les familles.

Nouvelle disponible sur le site de l'auteur

15:50 Écrit par Hassan dans science-fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : guerre, doctorow | | | |  Facebook

Le principe anarchiste par Kropotkine

Titre : Le principe anarchiste
Auteur : Kropotkine
Éditeur : Les éditions de Londres
Pages : 16

Qu'est ce que l'anarchisme ? Est-ce la simple destruction de l'ordre ? Est-ce l'absence d'organisation sociale ? Pour Kropotkine l'anarchisme commence par être une négation. Une parole qui dit non à l'autorité et à l'état. Mais est-ce simplement ça ? Non, pour Kropotkine l'anarchisme est un principe philosophique qui se heurte à un principe opposé. L'anarchisme c'est le principe de la liberté contre le principe du contrôle, de l'autorité coercitive. Quand on défend le principe anarchiste on défend donc une idée de liberté. Outre cette liberté l'anarchisme est aussi un espoir. La possibilité- la nécessité ? - d'une reconstruction de la société en profondeur en direction d'un ordre plus juste, plus humain. L'anarchisme est donc autant un acte qu'une pensée philosophique.

Difficile d'écrire plus sur un texte aussi court. En effet, sur les 16 pages de ce livre il y en a la moitié qui sont consacrées à une préface et à une biographie succincte de l'auteur. Loin de moi de critiquer ces deux aspects. La préface donne des idées intéressantes et la biographie permet de situer l'auteur dans une époque même si elle est courte et très descriptive. Ce livre permet surtout de donner une idée précise de ce qu'est l'anarchisme. D'une simple négation on passe à l'idée d'une pensée philosophique qui considère la nécessaire réforme de la société. Plutôt qu'une thèse destructrice on découvre donc que l'anarchisme est aussi un principe philosophique de construction sociale. Car la négation d'une certaine forme d'état n'implique pas forcément la négation de toute forme de société. On pense simplement que certaines caractéristiques des sociétés actuelles sont dangereuses pour la liberté humaine.

Livre disponible sur le site des éditions de Londres

15:31 Écrit par Hassan dans contemporain, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : anarchisme, kropotkine | | | |  Facebook

Politique de l'Internationale par Michel Bakounine

Titre : Politique de l'Internationale
Auteur : Michel Bakounine
Éditeur : In libro veritas
Pages : 24

Il est rare que j'écrive deux notes de suite mais je suis un peu en retard et je tente d'éviter de l'être encore plus. L'Internationale est l'organisation qui regroupe les travailleurs et travailleuses et opposants de tous les pays. Mais quel est son but ? Et, surtout, comment doit-elle réagir face aux autres partis. Pour Bakounine le but est pur et simple : la libération économique des travailleurs et travailleuses. Cependant, certains partis qualifiés de bourgeois par Bakounine tentent d’imiter, à un moindre niveau, une partie des buts de l'Internationale. L'auteur nous met en garde contre ce piège qui n'aboutirait qu'à continuer l'esclavage des masses ouvrières tout en leur offrant un petit peu d'espoir qui, finalement, ne coûte pas grand-chose. Selon Michel Bakounine ces partis et ses défenseurs, les bourgeois, doivent être exclus de l'Internationale et celle-ci doit lutter de toutes ses forces contre ses projets au bénéfice de la libération économique intégrale.

Je n'ai pas présenté ce texte de manière tout a fait complète. Je me suis contenté des parties qui me semblent les plus importantes pour notre époque. En effet, l'Internationale, la quatrième du nom, est quasiment oubliée. Les partis de gauche ont presque tous abandonnés l'idée de la révolutions après avoir longtemps collaboré avec les parties du centre ou de droite libérale. La chute de l'URSS et la réalité de la Chine n'ont pas été tendres non plus pour l'utopie communiste. Mais ce que beaucoup oublient c'est qu'une révolution n'est pas forcément violente. Bien entendu, les choses vont plus vite quand on fait preuve de violence. Mais il y a deux dangers quand on utilise cet outil. Premièrement, un groupe d'individus se forme qui prend le pouvoir en main au nom de la révolution. Qu'est-ce qui garantit qu'ils l'abandonneront ? Ensuite, je considère, tout comme Sartre, que la violence à a la désagréable capacité de se retourner contre son auteur. Une tentative de révolution violente ne peut donc aboutir que sur une réaction tout aussi violente. La révolution, à mon avis, doit être pacifique et continue. C'est la raison pour laquelle il est nécessaire que des partis révolutionnaires, dans le sens que je viens de définir, puissent s'exprimer et préparer non seulement les esprits à une société différentes mais aussi de manière concrète des essais qui peuvent montrer que le système anarchiste peut réellement fonctionner. Ce n'est pas facile et ça prend du temps mais je pense que c'est une voie qui peut fonctionner et permettre eun réforme en profondeur de la société par l'exemple.

Texte disponible sur In Libro Veritas sous licence art libre 1.3

Le patriotisme physiologique ou naturel par Michel Bakounine

Titre : Le patriotisme physiologique ou naturel
Auteur : Michel Bakounine
Éditeur : In libro veritas
Pages : 10

Qu'est ce que le patriotisme ? Pour la plupart des personnes c'est un sentiment naturel d'appartenance à une communauté nationale. Les preuves que ces communautés sont artificielles abondent dans la littérature historique et sociologique. Cependant, cela n'enlève point la réalité des nations et des sentiments qui nationaux. On pourrait se demander ce qu'est une nation et beaucoup ont tenté de répondre à cette question. Ce que Bakounine tente de nous expliquer c'est le patriotisme. Alors qu'est ce que le patriotisme pour cet auteur ? Il ne conteste pas la qualité naturelle de cette dernière. Au contraire, il explique le patriotisme comme la résurgence d'un sentiment animal et non comme d'un sentiment civilisé. Le sentiment patriotique serait donc un aspect de l'animalité de l'être humain et il tente de prouver cette thèse par l'observation des chiens (un argument que j'ai un peu de mal à avaler). Mais Bakounine va plus loin que ça. Selon lui, ce sentiment ne peut exister que dans des communautés restreintes comme les communes ou les villages. Plus encore, le patriotisme n'existerait que dans des communautés primitives qui ne connaissent pas encore, que ce soit voulu ou non, les progrès de l'humanité.

Voila un texte dur pour les patriotes. Ceux-ci sont rabaissés au rang de primitifs manipulés par des élites. Bien que je ne considère pas le patriotisme comme la plus importante des valeurs je ne suis pas tout a fait d'accord avec Bakounine. Il oublie que des hommes et femmes peuvent être patriotes sans, pour autant, être sans éducation. Et d'ailleurs, être si mauvais que cela de vivre dans un village traditionnel ? Là aussi, je trouve que Bakounine fait une erreur. De plus, je pense que les sentiments d'identifications à une communauté sont plus compliqués qu'un simple patriotisme national ou local. À mon avis - et je pense qu'il en existe des preuves mais je n'ai pas de références sur le moment - l'identification peut très bien se porter sur plusieurs communautés. Que je sois fier d'être suisse ne doit pas m'empêcher d'être fier d'un être humain membre d'une communauté mondiale ce qui ne m'empêche pas non plus de me sentir membre de ma ville ou de mon village. Je pense donc que ce texte de Bakounine est beaucoup trop simpliste.

Texte disponible sur In Libro Veritas sous licence art libre 1.3

11:07 Écrit par Hassan dans contemporain, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : anarchisme, bakounine, patriotisme | | | |  Facebook

13/08/2012

L'instruction intégrale par Michel Bakounine

Titre : L'instruction intégrale
Auteur : Michel Bakounine
Éditeur : In libro veritas
Pages : 30

Doit-on instruire d'abord et libérer économiquement ensuite ou libérer économiquement puis instruire ? C'est la question principale posée par Bakounine dans les premières pages de ce texte. Sa réponse est simple. Vouloir éduquer sans libérer économiquement le prolétariat est inutile. En effet, les travailleurs et travailleuses ont besoin de temps pour étudier mais aussi de volontés. Or, dans le cadre du capitalisme le temps manque et la volonté est entièrement dans la survie et le travail. Comment pourrait-on demander à un-e ouvrier-ère de se concentrer sur des cours après une journée de travail ? Cependant, quand on pourra instruire tout le monde de la même manière, il faut prévoir un projet. Bakounine tente de construire une instruction en deux phases. La première permet de poser des connaissances générales sur un grand nombre de thèmes tandis que la seconde permet de se spécialiser. L'instruction se fait aussi dans deux directions. Il y a une instruction intellectuelle, scientifique, et une instruction industrielle. Autrement dit, plutôt que d'avoir le gymnase et l'université d'un coté et l'apprentissage de l'autre chaque étudiant devrait à la fois apprendre au gymnase et dans un apprentissage. Ce qui devrait permettre, selon l'auteur, d'offrir des conditions de départs identiques mais aussi de permettre à chacun de choisir sa voie tout en se nourrissant de ses deux instructions.

L'école et la formation sont des sujets difficile qui créent souvent la polémique. Je ne me souviens pas d'une année dans qu'un journal se fasse la voix d'un débat sur un aspect ou un autre de la politique scolaire et de formation. Les partis de gauche ou de droite font aussi particulièrement attention à la formation et il n'est pas rare, dans l'histoire, de voir des partis proposer des cours. Bakounine nous propose une nouvelle manière de voir l'école. Plutôt que de diviser les étudiants selon qu'ils font des études ou un apprentissage il souhaite que tous soient formés dans les deux. Que peut-on en penser ? Il est difficile d'imaginer ce qui adviendrait d'un tel système de formation qui demanderait une refonte profonde de notre vision de l'école. Bakounine a aussi une vision quasiment utopique de la formation. Par un mécanisme étrange le lien entre l'industrie et l'étude devrait permettre d'augmenter la productivité dans les deux domaines. Serais-ce vrai ? J'ai un peu de mal à le croire. Je ne suis pas non plus d'accord avec l'auteur quand il dénonce les formations avant que la population ne soit économiquement libérée. Je pense que l'on peut très bien proposer des cours et que ceux-ci peuvent avoir du succès.

Livre disponible sur In Libro Veritas sous licence art libre 1.3

15:23 Écrit par Hassan dans contemporain, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : anarchisme, bakounine | | | |  Facebook

Dieu et l'état par Michel Bakounine

Titre : Dieu et l'état
Auteur : Michel Bakounine
Éditeur : In libro veritas
Pages : 102

Il y a très longtemps que je souhaite lire ce livre de Bakounine. Mais je n'ai jamais eu le temps ou l'envie et, au final, je ne le faisais pas. Depuis que j'ai une liseuse j'ai pu avoir l'opportunité de consulter des livres tombés dans le domaine public. J'ai donc sauté sur l'occasion et je me suis procuré quelques écrits de Bakounine dont un exemple a été présenté hier. C'est donc la seconde œuvre de Bakounine que je présente ici et, probablement, l'une de ses plus connues. J'ai trouvé le livre plus compliqué mais il faut dire que je suis passé d'un programme à une réflexion philosophique. Et je dois bien avouer que la philosophie n'est pas mon point fort.

Bakounine fait la distinction entre deux concepts : l'idéalisme et le matérialisme. Le premier est au cœur de la religion. Il permet de penser dieu. Mais l'idéalisme est si élevé qu'à coté de lui nous, être humains, ne sommes rien. Selon Bakounine nous perdons nécessairement toute liberté puisqu'il existe un dieu capable de tout et qui a tout prévu. À ses cotés il existe quelque chose d'autre. C'est le matérialisme. Celui-ci permet une ascension progressive de l'humanité qui part de la barbarie jusqu'à la civilisation la plus élevée. Si je puis faire cette analogie, plutôt qu'être une chute depuis le paradis l'humain est en constante ascension depuis l'enfer. Mais alors devrions-nous abandonner la morale religieuse pour mettre au pinacle la science ? On pourrait le penser si on se contentait de critiquer la religion. Mais Bakounine ne croit pas que ce soit une solution il pense même que ce serait un nouvel esclavage. En effet, selon Bakounine, les scientifiques forment une caste qui n'observent pas les êtres vivant mais des abstractions. Ce qui les conduit à prendre des décisions défavorables à la liberté si on leur offre le pouvoir. Bakounine ne condamne pas la science, il condamne la caste scientifique. Il pense que la science devrait être possédée par tout le monde même si cela se fait au prix d'un léger retard durant les premières années. Mais ce sujet concerne un autre texte que je présenterais prochainement.

Comme je l'ai dit dans mon introduction j'ai trouvé ce livre plus compliqué que le texte précédent. Comme je l'ai aussi dit c'est probablement parce que ce texte est plus philosophique. Cependant, il est, à mon avis, intéressant à lire. En effet, on y trouve une réflexion sur la nature de la religion et de l'humanité que l'on peut critiquer mais qui ne se contente pas simplement d'attaquer la religion. En effet, ce que Bakounine développe c'est une manière de considérer l'humanité selon que l'on croit ou non. Mais je pense que cette division très manichéenne. La religion y est décrite comme profondément anti-humaine alors que le matérialisme permet le développement sans limites de l'humanité. Mais on y trouve aussi une réflexion sur la science et ses capacités. Pourrait-on faire un lien avec les technocrates, des scientifiques payés pour offrir des politiques publiques rationnelles au pouvoir public, de plus en plus écoutés ?

Livre disponible sur In Libro Veritas sous licence art libre 1.3

11:33 Écrit par Hassan dans contemporain, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : anarchisme, bakounine | | | |  Facebook

12/08/2012

Catéchisme révolutionnaire par Michel Bakounine

Titre : Catéchisme révolutionnaire
Auteurs : Michel Bakounine
Éditeur : In libro veritas
Pages : 32

De nombreux auteurs ont condamné le capitalisme et ont souhaité un nouveau système. Mais quel serait ce nouveau système et comment serait-il mis en place ? Il est beaucoup plus difficile de construire un nouveau modèle de société qui pourrait être meilleur que l'actuel que de faire une simple critique. Michel Bakounine, dans ce petit livre, tente de donner quelques pistes, un programme, sur la direction que devrait prendre une société plus juste et plus égalitaire.

Le principe fondamental que Bakounine met au centre de son programme est la liberté. Cette liberté découle de l’égalité des conditions de départ. Ce qui implique que tout être humain, homme ou femme, a droit dès son enfance à une éducation gratuite. Ce qui devrait permettre d'offrir à chacun la possibilité de faire ce qu'il ou elle souhaite. En effet, Bakounine pensait, et je le rejoins en cela, que les hommes et les femmes devraient être considérés de la même manière. Quand on sait qu'un autre anarchiste, Proudhon, était particulièrement misogyne on ne peut que saluer cette position. Le second principe fondamental est le travail. Selon Bakounine le travail est nécessaire et aucun citoyen ne devrait recevoir de droits s'il ne travaille pas. Mais Bakounine tente aussi de mettre en place une organisation politique. Plutôt que centraliser le pouvoir à l’échelon de l'état Bakounine propose de décentraliser le pouvoir au niveau communal. Les communes sont ensuite libres de se regrouper dans des entités supérieurs elles-même libres de faire de même jusqu'au niveau "international". Mais les communes sont libres et possèdent le pouvoir fondamental aux mains de chacun de ses citoyens.

Si j'ai apprécié ce livre c'est qu'il offre un programme. On peut le discuter, on peut le refuser ou encore avoir envie de le modifier. Mais nous avons au moins un programme qui propose une organisation sociale différente basée sur les principes de l'anarchisme. Ces principes qui sont l'égalité et la liberté me tiennent tout autant au cœur qu'à Bakounine et j'avoue que j'ai peu de reproches à faire à son programme. Cependant je pense que celui-ci pourrait être développé. En particulier, je pense que l'aspect concernant l'organisation politique mériterait d'être modifiée. En effet, je pense qu'une partie des idées professées par Bakounine risqueraient de se retourner contre les principes anarchistes. Je reparlerais un peu plus tard de Bakounine puisque j'ai pu me procurer d'autres écrits.

Livre disponible sous licence art libre 1.3 sur In Libro Veritas

18:25 Écrit par Hassan dans contemporain, Politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : anarchie, bakounine | | | |  Facebook

11/08/2012

Psychologie des foules par Gustave le Bon

Titre : Psychologie des foules41mB4haWvfL._AA278_PIkin4,BottomRight,-46,22_AA300_SH20_OU08_.jpg
Auteurs : Gustave le Bon
Éditeur : Félix Alcan 1895
Pages : 156

Gustave le Bon est un sociologue français du XIXe siècle que je connais surtout pas ce livre (que je n'avais pourtant jamais lu). Celui-ci est l'un des premiers, après Taine, à tenter de comprendre le fonctionnement du comportement en foule et sa psychologie. Quels sont donc les analyses de le Bon ? Ce dernier considère que les foules sont, par nature, irrationnelles. Mais ce caractère n'implique pas une amoralité. Les foules peuvent agir de manière héroïque comme de manière criminelle ou accomplir des actes que l'on qualifierait d'horribles sans pour autant perdre en sa croyance en la justesse de cet acte. La foule ne serait donc pas caractérisée par la pensée mais par l'action immédiate. Pourtant, selon le Bon, il peut être possible de la diriger. En effet, les individus en foule chercheraient naturellement un leader capable de leur parler et d'exercer sa force sur elle. S'ensuit dans les différents moyens de contrôle que ces leaders utilisent. Ils sont au nombre de trois : l'affirmation, l'exemple et la contagion. Ce dernier concept est intéressant puisque le Bon suppose que les foules, par un processus inexpliqué, créent un comportement commun par la contagion entre les différents individus qui la compose. Gustave le Bon a donc une vision pessimiste des foules qui n'auraient aucune capacité de réflexions ni de contraintes morales. En gros, les foules sont les barbares déchaînés.

Pourquoi lire ce livre dont les thèses sont totalement dépassées ? En effet, la sociologie des mouvements sociaux a dépassé le stade des thèses de le Bon depuis longtemps. Pourtant, je pense qu'il est utile est intéressant de s'intéresser à ce classique de la sociologie. Tout d'abord parce qu'il permet de comprendre une époque. En effet, le Bon possède un certain nombre de traits que la société intellectuelle de l'époque possédait. Outre le racisme et la misogynie de l'auteur on découvre une peur intense du peuple. Les phrases qui condamnent la démocratie ne sont dépassées que par celles qui montrent une peur presque panique de la révolution et de la contestation marxiste. Gustave le Bon est contre le marxisme. Il est très facile de s'en rendre compte dans ses phrases. Il considère que le marxisme détruit la civilisation en amenant au pouvoir les foules, le peuple, irrationnel et incapable sans la main de fer d'un tyran. En outre, on peut aussi y découvrir une vision naturaliste de l'autorité. Celle-ci serait nécessaire et la démocratie ne peut qu'être un danger puisque l'autorité y serait diluée. C'est donc un livre qu'il faut situer dans le contexte turbulent de l'époque qui connut les révolutions et la naissance de la démocratie contemporaine. Une seconde raison de lire ce livre c'est que, même si ses thèses sont dépassées, il est encore utilisé par un certain nombre de commentateurs politiques ou journalistiques. Cette lecture permet donc de comprendre ces commentaires mais la critique ne peut se faire qu'en lisant des travaux de sociologie des mouvements sociaux plus récents qui rendent aux fouleurs leurs capacités de réflexions tout en ne déniant pas l'importance des émotions.

Image : Amazon

Livre disponible gratuitement au format numérique sur amazon.

18:31 Écrit par Hassan dans contemporain, sociologie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mouvements sociaux, sociologie | | | |  Facebook

10/08/2012

Abraham Lincoln : Chasseur de Vampires

Je commence par avouer que je ne connais pratiquement rien à l'histoire des États-Unis. Bien entendu, je connais les bases mais je ne saurais pas écrire une dissertation sur le sujet. Maintenant que ceci est dit je vais tenter de présenter ce film étrange. Pourquoi je le qualifie de cette manière ? Parce que j'ai trouvé l'idée de départ des plus bizarres. Ce film est une biographie. Mais pas la biographie officielle que nous pouvons tous retrouver sur wikipedia. Non, ce film nous offre l'histoire, fantaisiste, secrète d'une guerre menée contre les vampires. Depuis son enfance Abraham tente de se venger d'un homme qui a tué sa mère. Ce n'est que vers l'âge adulte qu'il apprend que cet homme n'en est pas un. En effet, un chasseur lui démontre que ses ennemis sont des vampires et commence à lui donner les informations et l’entraînement nécessaires pour les détruire. Alors qu'Abraham commence sa guerre par les armes il comprend vite que cela ne suffit pas. Il décide donc d'entrer en politique et utilise les forces entières de la nation pour expulser et détruire les vampires.

Ce film se veut fantaisiste dans sa révision de l'histoire des États-Unis. Abraham Lincoln y est célébré comme l'homme qui a toujours voulu libérer les êtres humains. Mais ce film place cet acte politique majeur dans le cadre d'une lutte contre des êtres qui ne sont pas humains. C'est ici que l'histoire devient mythologique. En effet, le racisme et l'esclavage ne seraient pas dus aux humains mais à des êtres diaboliques qui avaient pris le contrôle d'une partie de la nation. Ce que ce film nous montre c'est une nation qui combat des vampires en imposant des valeurs humains (en contradiction avec des valeurs des morts). Les États-Unis sont donc la nation des humains qui luttent pour la liberté et l'humanité. On y retrouve l'idée des États-Unis comme flambeau de la démocratie et des droits humains. Un point qui est, encore une fois, martelé par les dernières minutes du film qui annoncent ou pourraient se trouver d'autres nations de vampires (Moyen-Orient, Allemagne, Japon, ...). Mis à part ces points politiques c'est surtout un gros film d'action qui voit le sang nous exploser à la figure dans tous les sens. Et je dois bien avouer que ça ne m'a pas plus du tout. Je dirais donc que c'est un mauvais film d'action qui ne vaut pas vraiment la peine de payer une place de cinéma pour aller le voir.

Image : Allociné

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11:36 Écrit par Hassan dans Fantasy, Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : usa, vampires | | | |  Facebook

07/08/2012

Race, nation, classe. Les identités ambiguës par Etienne Balibar et Immanuel Wallerstein

Titre : Race, nation, classe. Les identités ambiguës9782707152084.gif
Auteurs : Etienne Balibar et Immanuel Wallerstein
Éditeur : La découverte 1997 (1988)
Pages : 307

Alors que je tente de me lancer dans ce billet une question me taraude : comment parler de ce livre ? En effet, celui-ci n'est pas vraiment un livre mais un dialogue. Un dialogue entre deux intellectuels, un philosophe et un historien, sur trois thèmes : le racisme, la nation et la classe. Ce livre est donc constitué d'une sélection de différents textes qui entrent plus ou moins bien dans une thématique commune. Ces textes se répondent mais montrent aussi quelques différences entre les deux auteurs. Et c'est la que vient mon problème ! Je n'ai vraiment pas l'impression d'avoir compris les différences de doctrines entre ces deux intellectuels marxistes.

Cependant, je pense tout de même être capable d'expliquer, de manière très sommaire, de quoi il est question dans ce livre. Si j'ai bien compris la principale thèse du livre celle-ci concerne le rapport entre le capitalisme et le racisme ainsi que le sexisme. Il semblerait, en espérant que je ne trahisse pas les propos des deux auteurs, que le livre défend une position que l'on pourrait qualifier de radicale. En effet, plutôt que de considérer le racisme et le sexisme comme des manifestations irrationnelles des êtres humains bloqués dans une prétendue vision passéiste de l'humanité (prétendue car ce mot peut être utilisé pour disqualifier sans vouloir comprendre un phénomène peut être plus contemporain qu'on ne le croit) les auteurs essaient de montrer que le racisme et le sexisme sont structurels. Cette explication implique que l'on ne peut pas supprimer le racisme et le sexisme dans le cadre du système capitaliste. En effet, le capitalisme, dans sa structure même, implique la mise en place d'une différenciation entre les différents humains. Celle-ci permettrait d'utiliser des êtres humains et de protéger d'autres êtres humains pour garder vivace le capitalisme. C'est, du moins, ce que je pense avoir compris des propos des auteurs et il est tout a fait possible que je me trompe dans mon interprétation.

Si j'ai bien compris la thèse générale de ce livre, en laissant de coté les différences subtiles entre Balibar et Wallerstein, je pense qu'elle permet de comprendre comment fonctionne le système politique et économique dans lequel nous sommes insérés. Mais il faut dire que cette thèse n'était pas très éloignée de ce que, moi-même, je pense dans le cadre de mes réflexions sut le féminisme. Cependant, je ne peux pas terminer ce billet sans faire quelques remarques critiques. Les deux auteurs sont des marxistes. Et ce fait implique que la thèse des auteurs souffre des problèmes du marxisme. En effet, cette théorie, comme toutes les grandes théories fonctionnalistes, tente d'expliquer l'ensemble des phénomènes socio-éco-politiques. Pour ce faire elle met en place des explications qui ont tendances à être généralistes et mécanistes. Mais, bien que ces grandes théories sont utiles pour avoir une explication générale, elles souffrent de leur ambition d'explication totale. Ainsi, les propos des auteurs me semblent souvent trop mécaniste car ils semblent oublier les petits accrocs qui existent dans le fonctionnement de la société. De plus, j'ai eu l'impression désagréable, inhérente au fonctionnalisme, que tout sert à quelqu'un. Or, je considère que ce type d'explication est trop simpliste. En effet, je ne crois pas que tout serve quelqu'un en particulier. C'est une vision que je trouve presque complotiste. Mis à part ces remarques, je trouve ce livre très stimulant. Bien qu'il soit compliqué il permet de penser le racisme et le sexisme dans le cadre d'un système socio-éco-politique plutôt que de le penser simplement comme irrationnel.

Image : Site de l'éditeur

06/08/2012

Brave

J'ai lu beaucoup de critiques mitigées voir mauvaises de ce film. Certains journalistes annonçaient la fin des inventions de pixar qui se serait normalisé depuis son intégration dans disney. Mais j'ai voulu me faire ma propre idée et je suis donc allé voir la version 3D de ce film en français (je préfère les VO mais les sous-titres sont très désagréables quand on a la 3D en même temps). Pixar nous emmène dans un jeune royaume construit sur les ruines des anciens rois. L'héroïne est la jeune princesse Mérida fille du roi Fergus et de la reine Elinor. Elle aime les armes et l'équitation cependant sa mère tente de l'empêcher de suivre ses passions et tente de la marier à un jeune homme fils aîné de l'un des clans alliés. Mérida ne souhaite pas se laisser faire et brise la tradition pour tenter de modifier son destin. Mais ces actes irréfléchis risquent de mener le royaume à la guerre civile.

Je suis plutôt surpris des critiques négatives car, même si ce n'est pas le meilleur pixar, j'ai apprécié ce film. J'ai beaucoup aimé les paysages qui tentent d'intégrer une histoire devenue légende. J'apprécie aussi beaucoup les différents personnages. Les chefs de clans et le roi Fergus sont de grosses brutes sympathiques qui aiment se battre ce qui permet d'ajouter des scènes de combat aussi impressionnantes que drôles. Mais mes deux personnages préférés sont, bien entendu, les héroïnes de ce film. La reine Elinor incarne la mère proche de sa fille mais qui la perd progressivement alors que cette dernière se révolte. Mérida est donc l'archétype de l'adolescente en rébellion qui doit apprendre à suivre ses devoirs pour devenir une femme. La confrontation de ces deux femmes devrait sonner de manière familière à plusieurs personnes. Mais quel est ce devoir que doit accepter Mérida ? J'avais peur que ce film soit un retour à une vision de la femme derrière son mari pour s'occuper de lui. Que la révolte de Mérida soit contre le mariage lançait dans cette direction. Cependant, dans ce film, j'ai l'impression que les femmes sont vues comme les piliers du royaume. Mérida et Elinor ont de grandes connaissances en politiques, en histoire et en géographie. Bien que Fergus soit le roi c'est Elinor qui gouverne. Cependant, cette vision positive des femmes laisse la place à l'idée que ces dernières doivent se sacrifier dans le bien du royaume. Les femmes y sont les piliers mais sont aussi des victimes d'échanges matrimoniaux. Mais, encore une fois, Pixar montre que ces échanges sont aussi subis par les hommes. Les jeunes fils de clan ne sont peut-être pas d'accord d'être marié à une femme qu'ils ne connaissent pas ? Je pense donc que Brave mérite est meilleur que ce que la presse nous en dit.

Image : Site officiel

 

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11:27 Écrit par Hassan dans Fantasy, Film, moyen âge | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : brave | | | |  Facebook