29/09/2012

Return to pleasure island par Cory Doctorow. Le fun jusqu'au bout!

Titre : Return to pleasure island
Auteur : Cory Doctorow
Éditeur : Site de l'auteur
Pages : 42

Cette nouvelle fait partie de celles, nombreuses, que je ne comprends ni n'apprécie vraiment. Doctorow nous décrit une famille qui vit sur une île qui semble être un énorme parc d'attraction. Cette famille n'est pas comme les autres. En effet, ses membres sont constitués de terre. Ce sont des golems. Le parc d'attraction n'est pas non plus comme les autres. Son but est d'offrir tout ce que ses clients souhaitent mais quand cela arrive ces derniers deviennent des singes. Doctorow nous montre la vie des trois frères qui chacun ont un caractère différent mais qui tiennent à leur vie de famille. Ils vivent en harmonie les uns avec les autres mais leurs désirs ne risquent-ils pas de détruire celle-ci?

Peut-être que c'est ça la question principale de cette nouvelle. L'harmonie de la famille et la nécessité de penser aux autres avant de réaliser ses rêves égoïstes? Les singes qui étaient des humains seraient une forme de punition de l'égoïsme de ces personnes qui ont tout fait pour avoir du plaisir mais qui n'ont pas pensé aux autres. Et le sort de la famille de golem pourrait bien abonder dans le sens de cette explication. Leur séparation à des effets négatifs très forts sur leur équilibre. Peut-être que Doctorow parle des sacrifices nécessaires de ses désirs dans une vie en communauté? Peut-être que non et je n'aurais donc rien compris. Je ne tenterais pas d'aller plus avant.

11:23 Écrit par Hassan dans Cory Doctorow, Fantasy, Livre, science-fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : doctorow, famille | | | |  Facebook

Trueblood saison 4. Salem le retour.

Trueblood, la série qui, au contraire de Twillight, montre de vrais vampires. J'avais quitté la série à la fin de la troisième saison mais je comptais bien revenir vers mes vampires préférés et mon chouchou Eric Northman. Rappelez-vous, on avait quitté Sookie après qu'elle ait décidé de se débarrasser de ses deux vampires de charme. Dans le même temps le monde se levait en catastrophe face aux meurtres publics de Russel Edgington ce qui détruisit le travail de l'AVL pour les droits égaux des vampires. Sookie, elle, a décidé de se réfugier après avoir compris ce qu'elle est. Nous sommes donc dans une nouvelle saison dans un monde toujours plus sombre. La méfiance envers les vampires est à peine égratignée par les efforts de Bill et d'Eric. Mais, surtout, Sookie revient. Un an a passé et beaucoup de choses ont changé. Bill est roi et son frère Jason membre de la police. Quant à Taara elle a décidé avec intelligence de quitter Bon Temps et de vivre sa vie ailleurs. Mais tout le monde devra s'unir pour contrer une menace encore informe. Un groupe de sorcières wicca commence à posséder des pouvoirs de nécromancie. Bien entendu les vampires ne sont pas très fans.

J'apprécie toujours autant cette série. Mais ça ne veut pas dire qu'elle est parfaite loin de la. Sookie est toujours aussi bête même si elle réussit à détourner une certaine manière de la voir. Neuneu, alias Jason, est peut-être policier mais ça ne donne pas vraiment confiance aux capacités des forces de l'ordre de Bon Temps. Mais ce qui est le plus difficile pour cette série c'est de gérer de nombreuses intrigues secondaires qui ralentissent et minimisent l'intrigue principale. Par exemple on parle des problèmes de famille de Sam, du bébé d'Arléne et des problèmes de Lune de Jason. Honnêtement qui s'en inquiète? La moitié des scènes de ces intrigues auraient pu être abandonnée et ne servent, à mon avis, pas à grand-chose. Je ne suis pas certain non plus d'adhérer au principe de la sorcière wicca. Ce qui ne m'a pas empêché d'apprécier beaucoup de points. Par exemple Bille s'affirme un peu et on en sait un peu plus sur l'Autorité et sa politique. De l'autre coté les producteurs ont réussi à rendre un Eric amnésique presque valable. Mais il est vrai qu'il est difficile de réussir ce type de tours de passe-passe. Je dirais donc que cette saison est dans la continuité des précédents en perdant un peu de qualité. Mais l'histoire m'intéresse tout de même encore assez pour me donner envie de regarder cette série.

Image: Site officiel

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11:04 Écrit par Hassan dans Fantasy, série | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : trueblood, vampires, sorcellerie | | | |  Facebook

27/09/2012

Le Prince par Nicolas Machiavel

Titre : Le Prince
Auteur : Nicolas Machiavel
Éditeur : Ebooks libres et gratuits
Pages : 116

Nous avons tous entendu parler de Machiavel. Son nom est devenu intemporel fixé dans l'adjectif machiavélique. On a tellement mal compris l’œuvre de Machiavel que cet adjectif est devenu la manière de décrire des personnes ou des actes particulièrement rusées et déloyales voir même perfide. Ce sont des termes plutôt négatif pour une œuvre bien plus riche. Le Prince n'est pas un traité qui décrit comment garder le pouvoir de manière "machiavélique". C'est un livre qui a été écrit dans le but d'analyser comment on doit prendre le pouvoir et l'exercer. Au contraire des Miroirs des Princes Machiavel ne décrit donc pas le gouvernement idéal mais un gouvernement nécessaire. Pour nous en faire la démonstration Machiavel utilise des exemples historiques et contemporains. Ceux-ci permettent d'illustrer les erreurs et réussites de chacun. Au final, ce n'est pas un livre de perfidie que l'on lit mais l'un des premier vrai traité qui analyse le pouvoir politique et son exercice.

Ce livre est injustement méconnu. Il est aussi injustement incompris. Machiavel a donné son nom à l'un des mots les plus défavorables de la langue française pour avoir écrit ce qu'il observait. Et pourtant ce qu'il écrit, bien que ce soit daté, est encore en partie valable. Certaines théories politiques trouvent leurs fondements dans ce traité qui parle aussi bien des relations internationales que du gouvernement interne au pays. Sa lecture permet donc de mieux comprendre certaines décisions prisent par certains gouvernements. Cependant, ce livre a été écrit en direction d'un prince et non d'une démocratie. Il ne faut donc pas oublier cette limitation bien que Machiavel parle aussi du cas démocratique de manière moins développée. En conclusion je conseille la lecture de ce traité qui est non seulement intéressant mais qui est aussi disponible gratuitement sur le site de l'éditeur (et sans DRM le livre vous appartient donc vraiment!).

10:10 Écrit par Hassan dans Livre, moderne, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : machiavel, le prince, traité politique | | | |  Facebook

23/09/2012

Home again, Home again par Doctorow

Titre : Home again, Home again
Auteur : Cory Doctorow
Éditeur : Voir le site de l'auteur
Pages : 56

Je suis très emprunté. J'avais beaucoup aimé le livre précédent et je souhaitais vraiment dire à nouveau quelque chose de positif sur Doctorow. Malheureusement je sors de cette nouvelle avec une grosse déception. Et pourtant l'histoire est loin d'être inintéressante. Nous sommes sur Terre. Nous avons eu la visite d'une société alien globale qui importe ses technologies et ses concepts. L'un de ces concepts se concrétise pas la création d'un immeuble dans lequel les fous sont parqués et soignés. Notre héros vivant dans cet immeuble. À travers ses yeux nous apprenons ce qu'était la vie à l'intérieur et comment il en est venu à son travail actuel.

Mais que vais-je pouvoir dire de cette nouvelle? Comment vais-je pouvoir parler d'une histoire qui ne m'a pas du tout intéressé? C'est un grand sentiment de déception qui m'a pris à la fin de l'histoire. Je ne m'attendais pas du tout à cette intrigue peu intéressante. En fait, j'aurais préféré que Doctorow y insère une réflexion plus importante sur la folie et la normalité. En effet, les humains sont parqués au nom d'une certaine conception de la folie. Mais quelle est cette conception et comment la mesure-t-on? Ne serait-on pas tous, d'une certaine manière, un peu fous? Enfermer des personnes en raison de leur anormalité est-elle vraiment la solution ou n'est qu'une manière d'éviter de regarder les définitions de plus prés? Ce thème aurait pu être traité d'une tout autre manière par l'écrivain talentueux qu'est Doctorow. Malheureusement ce n'est pas le cas.

17:51 Écrit par Hassan dans Cory Doctorow, Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : doctorow | | | |  Facebook

21/09/2012

Little Brother par Cory Doctorow. Nous sommes tous des terroristes

Titre : Little Brother
Auteur : Cory Doctorow
Éditeur : Voir le site de l'auteur
Pages : 306

Wow qu'est-ce que ce livre est bon! Oui je sais je commence fort et il est même très rare que je sois si positif. Mais après avoir lu des histoires que je trouvais moyennes se retrouver dans ce livre que j'ai vraiment apprécié est magnifique. Little Brother est écrit en 2008 par Cory Doctorow. On y retrouve ses thèmes de prédilection: sécurité, informatique et liberté. Nous sommes à Los-Angeles et nous suivons les aventures de Marcus jeune ado de 17 ans. Comme tous les ados il lui arrive de ne pas suivre les cours pour jouer ou sortir avec des amis. Ce jours là Marcus souhaite continuer un jeu de rôle et d'énigmes qui prend place à l'intérieur de la ville même. Mais, après avoir rassemblé ses amis, quelque chose d'horrible se passe. La ville est sous attaque terroristes et plusieurs bombes explosent. Alors que les quatre amis cherchent la sécurité ils se font repérer et arrêter par le Département de la Sécurité Intérieure. Les quatre adolescents sont maintenant suspects de terrorisme et il faudra toute l'ingéniosité technologique de Marcus pour réussir à crier la vérité et à reconquérir la liberté

Que se passerait-il si l'arsenal technologique mis en place pour notre sécurité - comme ils disent - serait détourné pour nous contrôler? La liberté existerait-elle encore? Cet arsenal technologique est-il véritablement utile ou ne fait-il que punir les mauvaises personnes? Ce sont les questions que pose Doctorow dans une Uchronie qui pourrait bien être plus réalistes qu'on ne le souhaite. En effet, Doctorow tente de se baser sur des technologies existantes ou prochainement réalisable (je viens de lire, par exemple, que la reconnaissance des mouvements de marche est en cours de mise au point). Beaucoup de personnes pensent que ces technologies ne sont pas dangereuses et qu'ils peuvent laisser les technocrates, les industriels et les politiciens s'en occuper. D'un certain coté ils n'ont pas tort. La technologie n'est pas dangereuse ou mauvaise en soit mais c'est son usage qui peut être dangereux (c'est d'ailleurs un sujet de dissertation classique au gymnase...).

Doctorow nous décrit une ville sous occupations. Les caméras de surveillance sont partout, la police est plus que présente et agit de manière illégale, les citoyens sont surveillés via les puces RFID et les écoles installent des dispositifs de vidéosurveillance dans les salles de cours et animent des leçons de propagandes. Quels sont les points communs? Ce sont la peur et l'étouffement de l'esprit critique. Derrière l'argument classique "les innocents n'ont rien à cacher" on justifie et on se justifie la perte de toute vie privée et de toutes possibilités de critiques. Car comment peut-on critiquer un système destiné à notre sécurité si on ne veut pas aider l'ennemi? Comme je l'ai déjà dit, les technologies existent déjà. Les puces RFID sont partout de la carte d'étudiant à la carte de fidélité. Les caméras sont installées de plus en plus souvent pour un coût énorme sans preuve de leur véritable utilité. Internet peut être surveillé et contrôlé de plus en plus étroitement. Mais ce que montre ce livre c'est aussi que ces technologies de surveillance peuvent être très facilement contournées avec des techniques simples que l'on peut trouver sur google. La question reste: pourquoi payer autant pour des technologies déficientes? Pour le fantôme de sécurité qu'elles nous offrent? Si cette réflexion, nécessaire, de Doctorow sur la surveillance ne suffisait pas il ajoute aussi une histoire à rebondissement avec des personnages que, pour une fois, j'ai apprécié. Je ne peux dire qu'une chose: si vous vous intéressez à la surveillance ou à Doctorow lisez ce livre incontournable puis réfléchissez aux implications.

Lawless: l'histoire de l'homme ours

Je suis allé voir Lawless lundi dernier. La bande annonce m'avait mis l'eau à la bouche. L'histoire est adaptée d'un livre écrit par Matt Bondurant The Wettest County in the World. Qui sont ces Bondurant? Justement ce sont les héros principaux du film. Nous sommes dans les années trente en pleine crise économique. L'une des pires que le monde ait connu. Les États-Unis ont décidé de mettre en place une prohibition sur l'alcool. Comme tout le monde le sait ceci a eu l'effet d'augmenter le crime de manière spectaculaire. Les criminels distillent de l'alcool et le revendent au noir dans des bars illégaux. Les règlements de compte sont légions et des noms se sont hissés au soleil comme celui d'Al Capone. Les Bondurants sont trois frères qui ont chacun survécu à un événement meurtrier sauf le plus jeune. Ensemble ils distillent et distribuent l'alcool à l'intérieur de leur campagne et en direction de la ville. Mais la loi décide d'envoyer un homme pour arrêter ce trafic: Charlie Rakes. Les méthodes de cet homme mettent en question les idées sur le caractère moral de la prohibition. Car qui est le plus corrompu? Le criminel ou l'homme prêt à tout pour les arrêter même au prix d'atrocités?

On va commencer sur du positif avant de partir dans le négatif. Wow c'est superbement joué! Que les paysages sont beaux et la photo magnifique! Oui, les acteurs sont tout simplement géniaux et on sent ici de réels talents. La pellicule réussit aussi à mettre en exergue un superbe pays de montagnes et de forêts. On se perd presque dans les images. Malheureusement ce sont les seuls commentaires positifs que je ferais et, à partir de maintenant, il s'agit d'expliquer pourquoi ce film me pose d'énormes problèmes. Avant de me décider d'écrire cette note j'ai longuement réfléchi et discuté je n'écris donc pas sous le coup de l'émotion mais après une période de réflexion.

Pour expliquer pourquoi je ne peux pas écrire en faveur de ce film je vais présenter les personnages. Le premier est Forrest Bondurant ou l'homme ours. L'ours, pour ne pas le confondre avec humain réel, est le vrai mâle, l'exemple à suivre pour nous pauvres enfants ou hommes efféminés. L'ours ne pleure pas, l'ours n'a pas d'émotions, l'ours ne parle même pas il se contente de grogner de temps en temps. L'ours est maître de lui-même et des autres et rien ne saurait l'arrêter. Trois balles dans le corps ne sont rien pour l'ours que de simples égratignures. L'ours combat et tue sans coup férir car l'ours est un homme un vrai qui sait utiliser une arme. L'ours, vous l'aurez compris, est le mâle par excellence. Du moins c'est ce qu'on voudrait nous faire croire. En effet, le personnage est tellement caricatural qu'il est impossible de ne pas éclater de rire quand il ouvre la bouche pour grogner. Cet homme vivait dans les cavernes il y a 200 000 ans. Lui n'a pas évolué mais nous si. Le second personnage est le mâle bêta ou Howard Bondurant. Ce mâle n'est pas aussi homme que son grand frère mais il a fait la guerre, il est violent et suit les ordres de Forrest à la lettre. C'est la personnification du bon toutou qui obéit quand on dit "attaque!" ou "assit!". Il ne sert donc pas à grand-chose si ce n'est à ronger son os (ou son alcool plutôt). Dans la famille Bondurant je demande maintenant le tout petit frère. Lui n'est pas un homme. Le film fait tout pour nous le faire comprendre. Celui-ci n'est d'ailleurs qu'un prétexte pour montrer la marche vers la masculinité d'un jeune enfant. Jack Bondurant est adulte mais il n'a pas survécu comme ses frères. Il se contente de marcher dans leur ombre et de jouer au mâle. La scène durant laquelle il marche dans les rues avec un costume précédé par une discussion entre les deux autres Bondurant qui se conclut par "il se ballade en portant le costume de papa" est flagrante. Jack joue à être ce qu'il n'est pas selon ses deux frères. Il est faible, il pleure, il parle au lieu de grogner et surtout il en fait trop. Forrest sait se tenir alors que Jack en est incapable comme un enfant qui joue tout de suite après avoir déballé son cadeau au risque de casser ses jouets. Alors comment devient-on adulte? C'est simple: on devient adulte par la capacité de violence. Ce qui compte ce n'est pas d'être capable de violence mais de pouvoir aller jusqu'au bout pour défendre son droit à manger son os. En quelque sorte je pourrais dire que selon ce film être un mâle adulte c'est d’involuer jusqu'au stade de l'animal ie Forrest l'homme ours. Enfin, nous avons Charlie Rakes. Lui non plus n'est pas un vrai mâle. En fait, le réalisateur souhaite qu'on le déteste dès les premières minutes. Il n'a pas la voix grave, il prend soin de lui et il aime avoir son petit confort et sa petite propreté. En somme, c'est un homme efféminé donc pas un mâle. Le film n'est, en quelque sorte, qu'une lutte des mâles contre le psychopathe qui ne ressemble pas à un homme mais à une femme. Un psychopathe qui multiplie les défauts dit féminins (bien entendu je ne crois pas à cela) comme l'hystérie ou l'irrationalité. Sachez le amis mâles: si vous êtes vraiment des hommes vous ne vous doucherez pas et vous grognerez! Il y a encore deux personnages féminins. Mais leur rôle est si minime dans ce film sexiste et violent qu'il est pratiquement impossible d'en parler en détail. Leur seul intérêt est de se faire violer et de demander protection aux vrais mâles ainsi que de préparer la popote de ces messieurs. Bah oui, un mâle peut arracher la tête d’un couguar à main nue mais faire un feu et préparer la viande c'est au-dessus de ses forces!

Voila qui résume mes idées sur ce film. Bien que la photo et le jeu soient magnifiques cela ne cache pas une idéologie sexiste ainsi qu'une apologie de la violence. Ce qui fait le mâle c'est la capacité de tuer les autres mais aussi tout ce qui pourrait être considéré comme féminin dans son caractère. C'est une apologie du mâle à l'ancienne sans sentiments et qui n'hésite pas à se battre. Je préfère les nouveaux modèles de masculinités qui sont non seulement multiples mais qui permettent aussi de se construire en dehors des schémas anciens. On a le droit, en tant qu'homme, d'avoir des sentiments et d'en parler, d'être faible de temps en temps mais aussi de prendre soin de sois. Ce n'est pas honteux c'est ce qui fait de nous des êtres humains évolués capables de choix.

Image: Allociné

Site officiel

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17/09/2012

Le droit à la paresse par Paul Lafargue

Titre : Le droit à la paresse
Auteur : Paul Lafargue
Éditeur : les éditions de Londres
Pages : 49

Souvent, dans les journaux, on lit de nouvelles mesures du gouvernement contre le chômage. On lit des syndicalistes qui conspuent le patronat qui viole le droit au travail de leurs ouvriers. Nous suivons des essayistes qui expliquent pourquoi le travail permet d'augmenter la moralité de la société. Nous lisons des articles sur les « parasites » qui vivent de l'aide sociale et refusent de travailler. Ceci n'est qu'un résumé très simplifié mais il montre que l'un des points essentiels de notre civilisation capitaliste concerne le droit au travail et sa force en tant que vertu. Même les marxistes sont en faveurs du travail.

Et si toutes ces personnes se trompaient? Et si ce n'était pas le droit au travail qu'il faudrait défendre mais le droit à la paresse? C'est la question que pose Paul Lafargue dans ce petit livre. C'est une question que l'on pourrait presque qualifier de provocation. N'est-ce pas le travail qui a permis la croissance et le développement de nos contrées? Sans ce travail ne serions-nous pas encore au temps des cavernes et des chasseurs-cueilleurs? Mais refuser ce livre avec des arguments aussi simples serait une erreur. Que dit Paul Lafargue. En substance il ne dit pas grand-chose de plus que les marxistes classiques. Le travail est une forme d'esclavage. L'ouvrier et l'ouvrière vendent leur corps en échange d'un salaire. Cette force de production est utilisée pour produire de plus en plus ce qui mène la société dans une crise de surproduction. L'un des moyens d'éviter cette crise est d'écouler la production à l'extérieur de l'Europe donc, pour l'époque, les colonies. L'autre moyen serait de surconsommer et seuls les classes aisées en sont capables. Mais Lafargue annonce aussi que le travail, en tant que vertu, est une invention récente. Selon l'auteur les philosophes antiques et les civilisations dites archaïques ou barbares auraient le travail en horreur. Celui-ci serait réservé aux couches les plus basses de la société et les citoyens pouvaient passer leur temps à paresser, boire, manger et créer les œuvres de l'esprit. Le travail ne serait donc qu'un cancer qui détruit l'esprit et le corps. Et notre époque de machines et de productions de plus en plus importante pourrait éviter ces heures longues de travail en le remplaçant par la machinerie et en baissant la production.

J'invite les deux camps qui se constitueront après cette lecture à arrêter de rire ou à ne pas être naïf. Bien entendu cette œuvre est datée et pose des problèmes conceptuels mais cela n’enlève rien à l'intérêt d'une réflexion plus poussée sur le travail. Avons-nous vraiment besoin de travailler autant que nous le faisons? Avons-nous vraiment besoin de produire autant qu'actuellement? Ce sont des questions fondamentales qui méritent plus que d'être évacuées au nom du sacro-saint capitalisme. Cependant, on ne peut pas non plus appliquer les recettes de Lafargue telle quelle. L'auteur est né au XIXe siècle et ne pouvait pas imaginer la société actuelle. Oui nous avons de plus en plus de machines capables d'accomplir des travaux dangereux et pénibles. Mais la mise en place de ces machines implique aussi de nouvelles formes de travail. Lafargue considère aussi que la paresse permet de consommer plus tout en produisant plus par le plein emploi imposé. Mais la consommation à outrance est-elle bénéfique? De nombreuses personnes en doutes et d'autres, tout aussi nombreuses, n'en doutent pas. Par quoi remplacer le travail non-accompli? Lafargue pense à la consommation, à la jouissance de la vie mais aussi à la création intellectuelle. Mais celle-ci n'est pas aussi une forme de travail difficile. Proust n'a pas écrit A la recherche du temps perdu en 30 minutes dans son jardin. Ce livre a probablement demandé un grand effort d'écriture. En conclusion je ne peux que dire que Lafargue ne convainc pas. Cependant il pose des questions importantes qui demanderaient une analyse contemporaine sérieuse. Au lieu de le jeter aux orties avec un petit rire il vaudrait mieux mettre à l'épreuve ces idées et tenter d'observer les conséquences probables que celles-ci soient bénéfiques ou non.

Image: Éditeur

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16:18 Écrit par Hassan dans contemporain, Livre, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : travail, marxisme, paresse | | | |  Facebook

Craphound par Cory Doctorow

Titre : Craphound
Auteur : Cory Doctorow
Éditeur : Auto-édité sur le site de l'auteur
Pages : 30

Le premier contact a eu lieu. Des millier d'aliens parcourent la Terre et partagent leur technologie en échange de terres ou d'objets. C'est donc une époque de remises en questions et d'opportunités. Mais pour notre héros le monde n'a pas vraiment changé sauf qu'il a un ami alien qui l'accompagne dans ses chasses au trésor lors des ventes locales. Les deux amis revendent leurs trouvailles aux enchères et peuvent gagner assez pour vivre. Mais il reste une question. Pourquoi ces aliens achètent-ils des objets sans aucune valeurs face aux technologies qu'ils donnent? Notre héros pourrait bien comprendre ce qui se déroule vraiment s'il reste attentif.

Cette nouvelle fait partie du recueil A Place So Foreign and Eight More. Bien que, comme d'habitude, l'auteur n'offre pas assez de contexte pour me contenter j'ai apprécié cette nouvelle. Je pense que l'un des talents de Doctorow est de créer des histoires avec des situations étranges dans un environnement réaliste et même banal. Qu'y a t'il de plus banal que des vides-greniers? Je ne sais pas… Mais ajoutez un alien et vous pouvez commencer à tisser une histoire autours qui permette de passer outre la banalité du début. Mais surtout Doctorow ne fonce pas dans les poncifs du premier contact. On n'a pas d'armée, ni de scientifiques et encore moins de diplomates. On a simplement deux amis qui cherchent des objets. Mais cette recherche cache quelque chose de plus important et, peut-être, de plus réaliste. Honnêtement, je pense que ce que Doctorow a écrit pourrait presque véritablement se dérouler.

11:52 Écrit par Hassan dans Cory Doctorow, Livre, science-fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : doctorow, aliens | | | |  Facebook

15/09/2012

The big bang theory saison 5

Il m'est toujours un peu difficile de parler de ces séries humoristiques sans histoires véritablement construites. Je ne dis pas qu'il n'y a pas d'intrigues majeures mais on n'atteint pas le niveau de séries comme Game of Thrones. Big Bang Theory souhaite surtout nous faire rire et c'est très bien comme ça. La saison 5 n'est toujours pas diffusée donc attention spoiler! Je commence par un bref rappel sur le concept de la série. Leonard, Raj, Howard et Sheldon (s’il n'existait pas il faudrait l'inventer) sont des geeks. Ils travaillent tous dans des disciplines scientifiques dures mais ils aiment surtout les gadgets, la science-fiction, la fantasy et les comics. Leur petit monde est ébranlé par l'arrivée d'une voisine: Penny. Les deux groupes tenteront de vivre ensemble et de se comprendre bien que cela ne soit pas tout le temps simple. J'avais abandonné les quatre Geeks ainsi qu'Amy et Bernadette à la dernière saison. Celle-ci se terminait par plusieurs révélations de taille qui risquaient de mettre à mal les amitiés. Alors comment se débrouilleront-ils?

On pourrait croire que l'on se lasserait rapidement de cette série. Quatre amis un peu bêtes qui vivent dans leur monde et qui sont brusquement confronté à une autre manière de vivre plus « normal ». Penny qui apprend à apprécier une culture un peu underground mais avec des personnes sympathiques et timides. On en voit rapidement le bout n'est-ce pas? Et pourtant la série fonctionne pendant 5 saisons et une sixième est prévue! Beaucoup pensent, et j'en fais partie, que le personnage Sheldon permet d'expliquer cette réussite. Mais je pense que ce n'est pas si simple. Combien de temps une série peut fonctionner sur un seul personnage? Je pense que cette dernière rencontre aussi un public qui apprécie la culture dites geek mais qui n'avait pas de moyens de s'identifier aux héros traditionnelles de la TV et du cinéma. Mais ces quatre amis qui achètent des jouets, qui jouent à mario kart et qui s'emplissent de culture geek tout en restant solitaires peuvent toucher certaines personnes qui aiment ces choses. Qui, par exemple, n'a jamais eu envie d'un sabrolaser? Eux en ont! Mais ce n'est pas tout. Les producteurs ont aussi réussi à renouveler les personnages en ajoutant des nouveautés. Je pense, bien entendu, à Bernadette qui permet de s'occuper d'Howard et à Amy dont les tentatives de séductions face à Sheldon sont tout simplement hilarantes! Comment passer à côté d'une série aussi drôle? Je ne le sais pas.

Image: site officiel

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13:06 Écrit par Hassan dans série | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : big bang theory, geek, science-fiction | | | |  Facebook

On ne peut pas améliorer les prisons par Kropotkine

Titre : On ne peut pas améliorer les prisons
Auteur : Kropotkine
Éditeur : Les éditions de Londres
Pages : 28

Voici le dernier texte de Kropotkine que je possède dans ma liseuse. C'est une conférence donnée par l'auteur en 1887. On nous y parle d'un problème récurrent: les prisons. Comment fonctionnent les prisons et sont-elles vraiment le bon moyen d'éviter la criminalité? C'est une question qu'il est légitime de se poser et que Kropotkine n'est pas le seul à avoir étudiée. Mais, en ce moment, nous parlons de lui. Selon l'auteur, qui a passé du temps en prison, celles-ci ne fonctionnent pas. Ce serait des institutions inhumaines qui ne peuvent pas réussir à redonner l'envie de s'intégrer dans la société. Ceci pour plusieurs raisons. La première c'est que le travail qui y est proposé est mal payé. Les prisonniers y sont des employés au rabais qui pratiquent des travaux répétitifs pour un salaire médiocre. La seconde c'est qu'on ne peut pas imaginer une réhabilitation en créant une promiscuité avec d'autres prisonniers. Ceci ne peut que mener à un esprit de corps contre les gardiens et le monde extérieur (gardiens ayant aussi cet esprit de corps) et un apprentissage des méthodes de larcins et de crimes de manière générale. Peut-on réformer la prison? Kropotkine répond par la négative.

Je l'ai dit plus haut, la prison est un problème de réflexion récurrent. Michel Foucault y avait aussi réfléchit tout en étant membre d'un groupe de réflexion et d'étude des prisons françaises. Les prisons ne sont probablement pas la meilleure solution pour s'occuper de la petite criminalité comme un premier vol. Mais alors que faire? C'est la que le bât blesse. Kropotkine ne donne pas véritablement de propositions. Pourrait-on imaginer une extension des jours amendes? Non seulement cela permet de vider des prisons mais aussi d'éviter une forte condamnation pour des premiers condamnés. Cependant, comme nous l'avons vu ces dernières années, les jours-amendes sont à la fois inégalitaires et très peu adaptés à la récidive que, selon certains, elle encourage. Peut-être pourrait-on imaginer un usage plus important de l'assignation à résidence via les bracelets électroniques? Mais il y a des risques de rechigner sur le coût. Il y a aussi encore et toujours les individus particulièrement violents ou dangereux que l'on ne peut pas laisser libres de leurs mouvements. Qu'en faire si nous supprimons la prison? Bref, vous l'aurez compris, c'est un sujet que je considére très difficile et loin d'avoir la solution je ne fais que poser des questions. C'est la principale vertu du texte de Kropotkine que de commencer cette réflexion.

Image: Éditeur

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12:27 Écrit par Hassan dans anarchisme, contemporain, Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : prison, kropotkine, criminalité | | | |  Facebook

When sysadmins ruled the earth par Cory Doctorow

Titre : When sysadmins ruled the earth
Auteur : Cory Doctorow
Éditeur : Auto-édité sur le site de l'auteur
Pages : 36

Felix est un sysadmin. Ce nom barbare pour un métier implique que cet homme est responsable du fonctionnement des machines sur lesquels se trouve internet. Il est surtout de piquet. Et dans ce genre de cas les machines ont la désagréable habitude de ne plus fonctionner en pleine nuit et de ne pas vouloir être réparée depuis le domicile. Donc Felix abandonne sa femme et son fils nouveau né avec la promesse de vite revenir et de ne plus être astreint à ce type de service dorénavant. Mais les machines ont été attaquées de manière bizarre. Comme si quelqu’un tentait de détruire l’internet de manière inefficace. Nos sysadmins ne réfléchissent pas vraiment à cela et continuent leur travail sans savoir ce qui est train de se dérouler à l’extérieur. Felix est le premier mis au courant par sa femme. Le monde est en train de sombrer. Des attaques chimiques, bactériologiques et nucléaires ont touché tous les pays et détruit les gouvernements. Les villes sont tombées. Mais alors que faire de l’internet ?

Je le dis tout de suite : à mon humble avis cette nouvelle est actuellement la meilleure de Doctorow. Je ne sais pas ce que j’ai le plus apprécié. Est-ce que c’est l’ambiance entre les survivants qui ne savent pas quoi faire sinon leur travail ? Est-ce parce que Doctorow ne donne pas les responsables ? Ou peut-être parce que quelque chose est tout de même construit ? En tout cas j’ai beaucoup apprécié cette nouvelle qui décrit une petite société de geeks enfermés avec leurs machines en train de perdre leurs ressources petit à petit. Mais ces geeks décident de communiquer, de comprendre, d’essayer de construire quelque chose. Même si ce quelque chose, encore une fois à mon avis, n’avait aucune chance de fonctionner. On apprend à apprécier des personnages secrets, cachés, qui peuvent être difficile à côtoyer. Oui vraiment c’est une superbe nouvelle.

14/09/2012

Le salariat par Kropotkine

Titre : Le salariatarton310.jpg
Auteur : Kropotkine
Éditeur : Les éditions de Londres
Pages : 33

Comme récompenser le travail offert à la société ? Plus important, comment peut-on calculer ce travail ? Ce sont les questions posées par Kropotkine face aux propositions collectivistes. Le salaire, comme offre du patron pour un travail donné par l’ouvrier, ne convainc personne. Le salaire ne rembourse par le travail réel de l’ouvrier et peut-être insuffisant pour une vie de base. De plus, l’échelle des salaires basées sur les diplômes ou la hiérarchie est, selon Kropotkine et l’éditeur, une injustice. Non seulement parce que l’école recrée des inégalités sociales précédentes mais aussi parce que, là encore, ce n’est pas l’utilité réelle qui est récompensée. Mais Kropotkine ne croit pas aux recettes des collectivistes qui consiste à régler le salaire sur une échelle du temps de travail pondérée par l’importance sociale de la tâche. Kropotkine met en doute la possibilité de calculer ce salaire. Comme il le dit, est-ce que le charbon qui est tiré de la mine est exclusivement dû au travail des mineurs ou alors de l’ingénieur ou faut-il prendre en compte les ouvriers qui ont construit les routes pour accéder à la mine ? Un salaire n’est donc qu’une mauvaise base de récompense.

Mais peut-on vraiment être convaincu par cette petite brochure tirée de la Conquête du Pain ? Personnellement je ne le suis pas et ceci pour plusieurs raisons. Tout d’abord, Kropotkine critique mais ne propose rien. Ses critiques sont convaincantes et intéressantes à plusieurs titres mais son propos aurait gagné à être suivi d’une proposition. Celle-ci, même imparfaite, aurait permis un débat plus important en direction d’une autre solution que le collectivisme. Second point qui me pose problème : Kropotkine ne parle pas des femmes. Son texte est exclusivement consacré au travail des hommes. Presque jamais l’auteur ne s’interroge sur le travail dit féminin. Heureusement, nous avons modifié en partie notre fonctionnement depuis l’époque. Mais Kropotkine ne s’intéresse aux femmes que dans le cas de la maternité. Que faire de la lessive ? De la cuisine ? Du ménage ? Des Travaux qui sont traditionnellement considérés comme féminins et non-rémunérés alors qu'ils sont très largement utiles à la société ! Tout aussi important, pourquoi aucune mention de l’injustice du traitement différencié, encore d’actualité, des salaires entre femmes et hommes ? Je considère donc que ce texte, bien qu’il pose des questions intéressantes, est en grande partie incomplet et en souffre largement.

Image : Éditeur

16:27 Écrit par Hassan dans anarchisme, contemporain, Livre, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : kropotkine, salariat | | | |  Facebook

13/09/2012

The Great Big Beautiful Tomorrow par Cory Doctorow

Titre : The Great Big Beautiful Tomorrow
Auteur : Cory Doctorow
Éditeur : Auto-édité sur le site de l'auteur
Pages : 108

Le héros est un jeune garçon de 10 ans. Mais le secret c’est qu’il a 12 ans. Ce jeune garçon n’est pas ordinaire. Il est immortel. Il vit avec son père dans les ruines de Détroit qu’il contribue à protéger dans un monde fluctuant. Le progrès y a perdu tout son sens puisque tout peut être remis en question par un ou plusieurs des centaines de groupes qui existent de par le monde. Et certains sont les ennemis de son père. C’est pourquoi, un jour, des ennemis attaquent Détroit ce qui oblige notre jeune héros à fuir. Durant son périple il rencontrera une société stagnante qui tentera de l’aider à guérir son immortalité. Car cette dernière l’empêche d’évoluer. Du moins c’est son point de vue.

Que dire de ce livre. En fait il est constitué de plusieurs textes. Outre l’histoire que je viens de rapidement résumer on nous offre aussi une conférence de Doctorow et un entretien. L’histoire est intéressante. On ne sait pas grand-chose sur le contexte historique mais c’est un point commun dans les livres de Doctorow. Je pense qu’on peut surtout y trouver une des réflexions les plus intéressantes sur l’immortalité. Quels sont ses effets et surtout ses points négatifs. Si l’on en croit l’auteur l’immortalité possède le risque de conduire à une enfance et une adolescence longue durant laquelle il est difficile de progresser puisque la psychologie n’y serait pas véritablement encore prête. Il reste à vérifier si cet argument est valable. Les deux autres textes sont des réflexions sur le droit d’auteur et la mission des écrivains. On y retrouve le point de vue très négatif de Doctorow envers toute forme de contrôle des utilisateurs que ce soit par les DRM ou par la censure. Non seulement ces contrôles ne fonctionnent pas mais il pose un risque démocratique non-négligeable. En effet, comment peut-on justifier d’élaborer une censure large sur un média entier quand cette même censure contre un journal provoquerait des protestations importantes ? Ces deux textes sont très intéressant à lire et j’invite tout le monde à en prendre connaissance.

13:24 Écrit par Hassan dans Cory Doctorow | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : doctorow | | | |  Facebook

07/09/2012

Someone comes to town, someone leaves town par Cory Doctorow

Titre : Someone comes to town, someone leaves town
Auteur : Cory Doctorow
Éditeur : Auto-édité sur le site de l'auteur
Pages : 384

Alan vient d'emménager. Il a restauré une maison entière pour un seul but : écrire une histoire. Mais avant cela il souhaite connaître ses voisins. Ceux-ci sont des voisins normaux. Du moins aussi normaux que des humains peuvent l'être. Mais Alan aime rencontrer des personnes qu'il ne connaissait pas et apprendre à les comprendre. Il apprend donc à connaître Kurt le punk anarchiste geek, Krishna le guitariste, Link en train de construire sa vie, Mimi qui se cache derrière ses rideaux, et Natalie qui finit ses études. En tentant de comprendre ses voisins Alan se prend dans leurs rêves et souvenirs. Il est intégré à l'idée un peu folle de Kurt d'offrir l'internet gratuit et, surtout, il apprend le secret de Mimi. Mais Alan aussi a des secrets. Car, voyez-vous, Alan et ses frères sont les enfants d'une montagne et d'une machine à laver.

Je suis plutôt ennuyé. Je ne sais pas vraiment quoi dire de ce livre. Non seulement je pense n'avoir rien compris mais, en plus, il est très étrange. Et quand je dis étrange je ne plaisante pas l'idée même de créer un personnage qui a une île pour frère, une montagne pour père et une machine à laver pour mère est folle. Mais, en plus, la chronologie du livre me semble confuse. On navigue très rapidement entre le présent, le passé et parfois les périodes sont floues. Du moins c'est ce qu'il m'a paru. Ce qui ne veut pas dire que ce livre est inintéressant. Simplement il est très bizarre et j'avoue ne pas avoir apprécié ce style. Comme vous le savez si vous m'avez lu j'ai un petit problème avec les personnages et les intrigues de Doctorow que je ne supporte que par les idées qu'il développe. Bien entendu, c'est un avis personnel. Mais, dans ce livre, je n'arrive vraiment pas à passer outre. Et vous ?

18:25 Écrit par Hassan dans Cory Doctorow, Livre, science-fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : doctorow | | | |  Facebook

La loi et l'autorité par Kropotkine

Titre : La loi et l'autoritéarton176.jpg
Auteur : Kropotkine
Éditeur : Les éditions de Londres
Pages : 39

Quel est le but de la loi ? C'est une question importante dans une société de plus en plus gouvernée par des lois différentes qui règlent les liens entre individus et avec l'état. La loi serait la garantie que la société fonctionne sur des bases saines. Mais Kropotkine, vous le savez forcément déjà, n'est pas d'accord. Quel est le but de la loi selon Kropotkine? Asservir l'humanité.

Selon l'auteur les lois sont principalement mises en place pour protéger deux choses : la propriété privée et l'état. Et ces protections sont de plus en plus importantes et de plus en plus dangereuses pour les travailleurs. Car, selon Kropotkine, la propriété est du vol et le gouvernement n'est pas nécessaires. Les protéger implique donc de perdre une liberté essentielle. Mais la loi a aussi pour but de protéger les citoyens. N'est-ce pas louable ? Ici Kropotkine répond par une philosophie de l'humanité différente. Selon lui les humains ne sont pas mauvais par nature mais la forme de la société les rend mauvais. En changeant cette forme nous pouvons donc supprimer la majorité des crimes fait par envie. La protection de la personne devient donc inutile.

Mais Kropotkine n'est pas entièrement négatif face aux lois. Il identifie deux aspects. J'ai déjà montré le premier aspect mais je n'ai toujours pas parlé du second. En effet, les lois sont aussi une survivance d'une époque qui fonctionnait sur les règles orales. Ces coutumes permettaient de régler la vie en société sans, pour autant, imposer une hiérarchie inique.

Alors que tirer. Au final, de ce livre ? Je dois bien avouer que l'ai trouvé beaucoup moins convaincant que la plupart des autres textes que j'ai lu. L'explication développée par Kropotkine sur la coutume me semble être une vision un peu fantastique et optimiste de ses effets. Ne pourrais-t-on pas dire que la coutume a aussi mis en place des règles qui sont bien plus difficile à briser par l'absence de normalisations ? Je pense donc que les arguments de l'auteur, dans ce texte, ne convaincront pas grand monde. Ce qui ne devrait pas éviter la nécessité d'une réflexion de fond sur le lien entre les lois et une forme de société loin d'être juste.

Image : Éditeur

10:40 Écrit par Hassan dans anarchisme, contemporain, Livre, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : kropotkine, loi | | | |  Facebook

04/09/2012

Printcrime par Cory Doctorow

Titre : Printcrime
Auteur : Cory Doctorow
Éditeur : Auto-édité par l'auteur
Pages : 9

Cette très courte nouvelle fut aussi publiée dans le recueil Overclocked. Elle a été écrite après une conversation avec l'un de ses amis sur le problème des imprimantes 3D et des droits d'auteurs et autres patentes. Nous restons donc dans le thème favori de Doctorow. Cette courte nouvelle de moins de dix pages nous montre une famille. Cette dernière vit sans problèmes dans un petit appartement dans une ville quelconque. Hors, un jour des policiers entrent et détruisent tout l'appartement. Pourquoi ? Qu'est-ce qui leur faire croire que le père est un membre du crime organisé ?

Que puis-je écrire sur cette très petite nouvelle ? Probablement la plus courte que je n'ai jamais lu. Beaucoup trop courte pour que l'on puisse parler des personnages ou de l'intrigue. Peut-être est-il plus simple de parler du thème ? Celui-ci, comme je l'ai déjà dit, concerne les droits des industries en comparaisons des droits des consommateurs. Peut-on reproduire un produit sous licence spécifique ? Quels sont les risques si on décide de reproduire ce type de produits ? On sait que l'industrie et les pays du monde occidental tentent de plus en plus de restreindre les droits des utilisateurs dans un contexte ou la copie devient de plus en plus simple. Je ne parle pas seulement des cd gravés ou du téléchargement dit illégal mais aussi de la lutte contre les médicaments génériques ou contre l'utilisation imprévue des appareils (sur ce point apple est champion toutes catégories). Ces restrictions sont de plus en plus importantes et la technologie utilisée empiète largement sur les droits des utilisateurs. Pouvez-vous, par exemple, créer des copies privées pour sauvegarder vos achats légaux ? Avez-vous le droit de passer outre les protections DRM pour lire vos produits sur les plate-formes que vous souhaitez ? Si on se place du coté des industries la réponse est non. Mais si on regarde comment les consommateurs agissent je pense que l'on sera de plus en plus nombreux à devenir hors-la-loi...

14:03 Écrit par Hassan dans contemporain, Cory Doctorow, Livre, science-fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : doctorow | | | |  Facebook

03/09/2012

La Guerre par Kropotkine

Titre : La guerrearton267.jpg
Auteur : Kropotkine
Éditeur : Les éditions de Londres
Pages : 32

Je suis encore dans Kropotkine mais ne vous inquiétez pas un jour ou l'autre j'aurais terminé de lire les textes que j'ai téléchargé. Celui-ci est particulièrement adapté à notre époque. L'auteur y analyse la guerre. Mais il ne l'analyse pas dans ses actes mais dans ses buts. Pourquoi fait-on la guerre? Par honneur ? Par haine envers l'étranger, l'autre ? Ou par idéologies ? Selon Kropotkine toutes ces réponses sont mineures face à la raison principale de faire la guerre : l'argent.

Selon Kropotkine il y a trois explications principales de cette raison de faire la guerre. Je vais donc tenter de les présenter rapidement. La première que je donnerais concerne les médias. Ces derniers sont majoritairement tenus, selon l'auteur, par des firmes financières. Les médias ne sont pas vraiment représentatifs d'une opinion ils créent l'opinion. Une opinion artificielle qui est contrôlée par ceux qui possèdent les journaux. Est-ce que la situation actuelle est si différente ? La plupart de nos journaux sont possédés par le même groupe et, exemple simple, les articles de la TDG et du 24H sont presque strictement les même. Second point qui explique pourquoi l'argent est au centre de la guerre : la production industrielle. Celle-ci est mise en place selon les besoins non de la population mais de la guerre. Des industries entières naissent et sont consacrées à un possible effort de guerre. Et quand des rumeurs s'entendent toutes les industries se lancent dans une production de masse pour des batailles qui gaspillent d'énormes ressources humaines, matérielles et de nourriture dans le but de tuer d'autres humains. Enfin, la dernière explication concerne la haute finance. Selon Kropotkine il existerait une classe internationale capable de contrôler les états. Ce contrôle ne se fait pas dans l'ombre mais en public via la finance. Ces groupes prêtent de l'argent à des états qui déboursent plus qu'ils n'ont. Les dettes publiques sont de plus en plus importantes jusqu'à ce que, finalement, la finance décide de retrouver son argent et exige la libéralisation massive des états. C'est drôle je crois avoir vu quelque chose comme ça il y a peu de temps...

Donc que penser de ce livre ? Je n'ai pas l'impression qu'il soit véritablement révolutionnaire. Sauf, peut être, si on prend en compte la date de sa publication. Nous sommes en 1912 soit deux ans avant la première guerre mondiale. Et Kropotkine pense qu'une guerre se prépare. Mais les propos de Kropotkine peuvent aussi être appliqué à notre époque. Ses condamnations de la presse et son analyse du fonctionnement de la classe de la haute finance semble pouvoir s'appliquer douloureusement à notre époque. Bien entendu, nous n'avons pas de guerre mondiale. Mais n'avons-nous pas eu quelques guerres dont les buts ne sont pas strictement humanitaires ?

Image : Site de l'éditeur

18:45 Écrit par Hassan | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |  Facebook

I, Row-Boat par Cory Doctorow

Titre : I, Row-Boat
Auteur : Cory Doctorow
Éditeur : Auto-édité sur le site de l'auteur
Pages : 36

Nous sommes en pleine mer. Un bateau attend paresseusement que les deux humains qui ont plongés reviennent. Mais ce bateau n'est pas un vaisseau ordinaire près d'un récif ordinaire. C'est un bateau conscient qui se trouve près d'un récif qui vient d’accéder à la conscience. Et ce dernier n'est pas vraiment heureux d'être réveillé. Après avoir mis en garde Robbie le bateau il tente de se débarrasser des poissons qui l'entourent. Le récif ne compte pas en terminer là dans sa lutte pour la conscience et Robbie devra peut-être faire quelque chose qu'il n'a jamais imaginé être capable de faire pour éviter la destruction.

Que dire de cette nouvelle ? Elle a aussi été publié dans Overclocked mais, au contraire de la précédente, je ne sais pas vraiment quoi en penser. J'ai eu du mal à entrer dans l'histoire et elle garde un goût un peu étrange maintenant que je l'ai terminée. Ce n'est pas la première fois qu'une histoire tente de décrire un monde qui devient de plus en plus conscient. J'avais lu, il y a longtemps, un livre qui décrivait des chiens conscients. On pourrait dire que le but de ces histoires est de réfléchir sur l'intelligence et la conscience. Quel est leur but ? Si j'ai bien compris ce que Doctorow tente de dire il semble penser que le but de la conscience est d'avoir une fin vers laquelle se tourner dans sa vie. Dommage qu'il m'ait été si difficile d'entrer dans cette nouvelle qui, à mon avis, est celle que j'apprécie le moins chez cet auteur.

16:03 Écrit par Hassan dans Cory Doctorow, Livre, science-fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : doctorow, sentience, asimov | | | |  Facebook

02/09/2012

La Commune de Paris par Kropotkine

Titre : La Commune de Parisarton245.jpg
Auteur : Kropotkine
Éditeur : Les éditions de Londres
Pages : 31

La Commune de Paris instaurée en 1871 n'est pas l'épisode le plus connu de l'histoire de France. Elle est laissée en arrière à coté de la Révolution de 1789. Pourtant, l'épisode de la Commune peut nous en apprendre beaucoup. Comme le dit Kropotkine au début de ce texte les habitants de Paris n'ont pas versé une seule goutte de sang. La révolution s'est faites de manière pacifique et spontanée. Mais cette même spontanéité qui aurait pu échouer est devenu l'une des révolutions les plus intéressantes de l'histoire. Non seulement parce que durant son existence de nombreuses réformes concernant le travail et les droits des femmes ont été faites (réformes très modernes dans leur essence par exemple l'égalité salariale) mais aussi à cause de la manière dont elle a pris fin: un gigantesque massacre.

Mais Kropotkine ne souhaite pas seulement célébrer un épisode et ses martyrs. Non, son but est d'expliquer pourquoi la Commune a échoué et comment les prochaines révolutions devraient se comporter. L'auteur nous explique que Paris est devenue révolutionnaire grâce à la population et non grâce aux théoriciens. C'est, à son avis, devenu un exemple sur lequel les théories peuvent maintenant se greffer. Un exemple concret a enfin eu lieu. Mais la Commune a échoué sur trois points. Premièrement, elle a accepté la mise en place d'un gouvernement. Selon Kropotkine les représentants ne peuvent que devenir des forces passives dangereuses pour la révolution. Le second point c'est que la Commune n'a pas fait de réformes économiques radicales. Elle aurait oublié de mettre en place un communisme qui peut non seulement augmenter la production mais aussi offrir un minimum à tout le monde. Enfin, et c'est un problème partagé par tout le monde, les villages, le monde rural, ont été oublié. Hors, Kropotkine considère qu'il est nécessaire de comprendre les besoins et aspirations des paysans et paysannes dans le cadre des théories révolutionnaires pour généraliser l'anarchisme au pays dans son entier puis au monde.

Ce texte a donc comme principal mérite d'expliquer comment l'exemple de la Commune de 1871 peut être utilisé par les théoriciens et les révolutionnaires. Ses propos permettent de comprendre les échecs qu'il observe dans cet épisode mais aussi ses réussites. Plutôt qu'un simple éloge c'est une réflexion.

Image : éditeur