23/10/2012

Makers par Cory Doctorow

Titre : Makers
Auteur : Cory Doctorow
Éditeur : Site de l'auteur
Pages : 410

Je pensais lire mon avant dernier Doctorow quand il publia un nouveau livre. Je parlerais de celui-ci plus tard mais j'ai trouvé ça très frustrant. On devrait interdire aux auteurs d'écrire quand on les lit. Makers nous emmène en Floride. Un magnat de l'industrie vient d'acheter deux énormes groupes aux modèles anachroniques: Kodak et Duracell. Ce qui attire l'attention des médias n'est pas l'achat mais la proposition du nouveau propriétaire. Il souhaite détruire les deux entreprises pour n'utiliser que leur réseau. Ce réseau serait nourri par les inventions de petits groupes d'entrepreneurs secondé par un manager qui créeraient et vendraient de nouvelles inventions à un rythme effarant. Le monde entier hurle à l'impossible mais une journaliste voit une histoire voir une révolution. Elle décide donc de suivre l'un de ces groupes et tombe amoureux de cette nouvelle manière de travailler et de créer qui implique une remise en question au jour le jour et de nouvelles inventions tous les 6 mois pour des profits importants. Mais le new work peut-il subsister?

Si seulement! Si seulement me suis-je dit tout au long de ce livre! Si seulement Doctorow s'était contenté d'écrire les 100 premières pages! Je m'explique, le livre est divisé en trois parties. Je n'ai résumé que la première partie et elle est la plus intéressante. Les deux autres s'embourbent dans un retour 15 ans plus tard avec des problèmes de cœur et de lois. Je ne dis pas qu'une histoire qui examine le problème éthique des poursuites pour violation de copyright ou de brevets soit inintéressant. Non c'est la manière dont Doctorow l'écrit qui l'a rendu peu intéressant. Et c'est dommage car les 100 premières pages sont magnifiques. Ces 100 pages décrivent un monde sur le point de tomber en ruine à cause d'une crise économique grave. Décrire un petit groupe qui réussit à survivre et même à relancer partiellement une économie locale et nationale est superbe. Ces pages sont remplies d'exaltation malgré les problèmes rencontrés. Le reste du livre est une sorte de mélancolie longue et lente qui ne m'a donné envie que de fermer le livre. J'ai tout de même résisté mais difficilement.

18/10/2012

Le magasin des suicides: des prix mortels.

Je le confesse dès maintenant, je n'ai pas lu le roman. Je ne pourrais donc pas comparer l'adaptation au livre original et montrer les incohérences. Maintenant que cela est dit quelle est l'histoire de ce film? Nous sommes en France. La crise touche tous les secteurs et les journaux déplorent le nombre d'optimisme des citoyens. Les visages sont creux et sans expressions, le gris envahit la ville. Un homme tente de traverser la route pour se faire percuter quand un autre le sauve au dernier instant. Une âme charitable qui tente de lui expliquer l'intérêt de la vie? Non, au contraire, il le met en garde contre le suicide sur la voie publique qui est illégale. Il lui propose plutôt de visiter le magasin des suicides qui possède toutes les dernières technologies pour quitter ce monde en paix. Le gérant et sa femme ont deux enfants tout aussi déprimés qu'eux. Mais leur dernier bébé, lui, ne fait que sourire. Alors comment réagir?

J'ai bien aimé ce film mais je n'en garderais pas un grand souvenir. Si on s'intéresse au style j'ai trouvé très intéressant de dépeindre la ville dans des tons de gris. Le seul endroit coloré se trouve être le magasin proprement dit qui, malgré son coté morbide, semble être le seul lieu ou un peu de joie reste. Ce film montre aussi un changement dans les personnages. Chacun d'eux est influencé par la joie de vivre du petit dernier. A tel point qu'ils s’exaspèrent devant quelqu'un d'aussi optimiste alors que le monde semble n'être que douleur. La question centrale est donc de savoir pourquoi la vie vaut la peine d'être subie? La réponse donnée par le film fleure bon l'optimisme et les petits cœurs roses mais ça n'implique pas que le réalisateur ait tort. Au final un film sympathique, drôle et que j'aurais oublié dans une semaine.

Image: Allociné

Site officiel

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10:46 Écrit par Hassan dans contemporain, Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : suicide | | | |  Facebook

05/10/2012

the super man and bugout par Cory Doctorow

Titre : The super man and bugout
Auteur : Cory Doctorow
Éditeur : Site de l'auteur
Pages : 47

Hershie est un alien qui a grandi sur Terre dans une famille normale. Quand il a connu ses capacités il s'est mis à aider les gens. Il s'est même engagé dans l'armée pour combattre le terrorisme. A cette époque Hershie, ou super man, avait un but. Protéger les citoyens et les servir. Mais son existence a volé en éclat le jour ou d'autres aliens sont venus sur Terre et ont proposé de supprimer la criminalité et la guerre. Que peut bien faire un héros dans une société pareille? Hershie ne le sait pas mais il croit avoir une idée. Il décide donc de s'inscrire dans la lutte contre un armement devenu inutile et dangereux. Mais cette décision se heurte à ses problèmes pour vivre normalement dans un monde qui voit en lui une relique inutile.

Je crois que Doctorow aime bien imaginer des événements dans une société qui a passé le premier contact. Ici il tente de décrire comment un super-héros du genre de superman pourrait survivre. Le but d'un héros n'est pas la paix mais la lutte pour la paix. Ce but est mis à mal quand une société réussit à supprimer la criminalité et la guerre. Mais, à mon avis, ce n'est pas le vrai message du livre. Ce message se trouve dans l'intrigue même. Est-il légitime de préparer la guerre au nom du maintien de la paix? Les pays, dans cette histoire, sont en paix de manière durable. Pourtant ces même pays tentent de justifier la poursuite de l'armement au nom de la paix. Mais préparer la guerre n'est-ce pas parier sur la possibilité de celle-ci? N'est-ce pas se préparer à des meurtres de masse? Cette histoire pourrait sûrement plaire au GSSA. Personnellement, sans la trouver particulièrement bonne, je l'ai appréciée.

10:38 Écrit par Hassan dans Cory Doctorow, Livre, science-fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : super man, aliens, paix | | | |  Facebook

04/10/2012

Génération enragée par Jiminy Panoz

Titre : Génération enragée
Auteur : Jiminy Panoz
Éditeur : Walrus
Pages : 38

Nous avons tous entendu parler du livre "Indignez-vous" mais qui a entendu parler du livre de Jiminy Panoz? Ce n'était pas mon cas mais la couverture et le prix du livre m'ont convaincu que je pourrais essayer. Jiminy Panoz est un jeune auteur français qui tente d'écrire des livres utilisant les nombreuses nouvelles possibilités des tablettes. Ce n'est pas simple puisque nous ne savons pas encore qu'elles sont ces possibilités et les éditeurs ont tendance à être un peu frileux avec les nouveautés. Ce petit livre n'est pas un roman mais une sorte d'essai. Panoz tente d'y décrire l'état de toute une génération face au monde actuel. Une génération principalement d'origine française mais qui pourrait être mis en parallèle avec d'autres pays. C'est un cri. Panoz hurle la frustration d'une génération entière face au monde actuel. Tout y passe. Aussi bien l'économie que la culture ou encore le système scolaire. Ce que Panoz dénonce c'est un système qui brise les espérances et laisse sur le carreau des hordes de jeunes en vertu de leur prétendue incapacité à travailler ou de leur manque d'expérience. Une forme d’hypocrisie massive du chômage et des stages non-rémunérés dans un contexte économique difficile face à des entreprises qui font du profit en licenciant. C'est un cri de colère.

Faut-il conseiller la lecture de ce livre? Je connais beaucoup de personnes qui pourraient se retrouver dans les descriptions de Panoz. Bien qu'il ait le mérite de mettre le doigt ou ça fait mal il manque tout de même quelque chose à ce livre pour en faire un essai réussi. Que je me fasse comprendre. J'ai parfaitement conscience que le but de Panoz n'est pas décrire un essai scientifique des causes et effets  de la perte de confiance envers leur avenir des jeunes mais de dénoncer. Cependant, quand je lis un livre qui dénonce le système politico-économique je demande un peu plus qu'un simple cri de révolte aussi justifié soit-il. Panoz manque le coche en n'offrant pas de réflexions sur de possibles solutions. Personne ne demande à un auteur critique de donner l'idée parfaite qui lui offrira le prix nobel de la paix. Cependant, je pense qu'il est normal, quand on est critique, d'essayer de trouver une piste de solution. Je ne pense pas cela simplement pour disqualifier, comme si cette simple critique suffisait, le texte de Panoz mais parce que des pistes existent et pourraient donner un regain d'espoir.

Image: Éditeur

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08:07 Écrit par Hassan dans contemporain, Livre, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : generation y | | | |  Facebook

03/10/2012

Shadow of the Mothaship par Cory Doctorow

Titre : Shadow of the Mothaship
Auteur : Cory Doctorow
Éditeur : Site de l'auteur
Pages : 52


Je viens de terminer cette petite histoire de Doctorow. Encore une fois, ce n'est malheureusement pas une histoire que j'ai aimé lire. Encore une fois, le style de Doctorow ne me plait pas vraiment pour une raison que je n'arrive pas à identifier. Encore et toujours, je n'apprécie vraiment pas les personnages de Doctorow. Mais qu'en est-il de l'histoire? Nous sommes sur Terre à Toronto. Le héros est le fils de deux envoyés en direction d'un groupement de races sentientes aliens. Mais durant leur observation de la Terre les humains tentent d'éviter d'être jugé négativement. En effet, ce jugement aboutirait probablement à l'extinction de l'espèce. Les parents du héros fondent donc une nouvelle forme de vie qui se base sur la poursuite de la joie de vivre. Mais celle-ci est imposée par les autorités dans le but d'éviter la mort. Le monde a changé. Nous sommes dans une époque ou ne pas être heureux et ne pas être socialement adapté conduit à l'exclusion du groupe. Les voisins et les enfants même dénoncent ceux qui ne suivent pas la nouvelle doctrine. Mais que pourrait-il se passer quand les aliens disparaissent?


De quoi parle cette histoire? Outre un premier contact avec une civilisation alien très avancée on se trouve en face d'une société sans déviances possibles. Les individus qui échappent à la normalisation sont rapidement catalogué et évacué. Dans cette société la norme est gardée par les autres. Mais alors qu'est-ce qui semble si différent de notre société? Nous agissons dans les normes que l'on nous a apprises à respecter et selon le regard des autres (voisins, amis, etc). Peut-être que Doctorow tente de décrire un environnement religieux mais je pense qu'il décrit le fonctionnent d'une société. Être déviant est difficile. Pour être déviant il faut accepter d'être catalogué, surveillé voir interné en vue d'une normalisation. De nombreux exemples historiques et actuels démontrent ce point. Mais que penser de cette nouvelle? Je l'ai annoncé en introduction je ne l'ai pas appréciée et j'avoue ne pas avoir envie de passer trop de temps à en parler. L’intrigue m'a parue bizarre et j'ai mis un certain temps à comprendre de quoi parlait le héros. Je pense que Doctorow ne donne pas assez de contexte pour que l'on puisse s'attacher à l'histoire. Avec le peu d'informations qu'il nous donne on navigue difficilement dans les propos d'un homme qui parle de ce que l'on ne connait pas. C'est dommage car l'idée de base est très intéressante. Comme l'humanité réagirait-elle en passant en jugement devant une autre espèce?

L'utopie de Thomas More

Titre : L'utopie
Auteur : Thomas More
Éditeur : Feedbooks
Pages : 126

Je connais surtout Thomas More de la série "Les Tudors". Je l'ai aussi rencontré dans quelques cours d'histoire mais ce personnage et cette époque ne sont pas mes préférées. Ce qui ne veut pas dire que je ne souhaitais pas lire l'Utopie. Ce livre est le premier du genre. Une fiction qui décrit le fonctionnement d'un monde pensé comme idéal. Mais ce n'est pas le seul propos de cette œuvre qui aurait été écrite selon les souvenirs d'une conversation avec un grand voyageur.

Le livre est divisé en deux parties et la première partie ne concerne pas l’île d'Utopie mais le gouvernement. La question que pose More est simple: un philosophe, un humaniste, a-t-il intérêt à entrer au service d'un prince pour le conseiller sur la bonne tenue de son gouvernement? Les arguments en faveurs d'un service public de l'humaniste sont nombreux. Ses conseils permettront au prince de s'élever au-dessus de ses semblables et de bien gouverner ses sujets dans une direction harmonieuse et juste. Mais les arguments contraires sont tout aussi intéressant. Ce qui est encore plus intéressant c'est que ces arguments sont exprimés par le voyageur et non par More. Pourquoi l'humaniste doit-il éviter d'entrer au service d'un Prince? Il y a l'idée que le pouvoir à tendance à corrompre même le cœur le plus pur. Mais ce n'est pas le seul point. L'argument le plus fort concerne le Prince et ses conseillers. Selon cette œuvre les Princes ne veulent qu'une chose: l'argent. Pour cela ils sont prêts à détruire leurs sujets et à faire de nombreuses guerres en dépit des désavantages. Les conseillers, dans cette optique, ne sont que des sycophantes qui annoncent au Prince ce qu'il veut entendre et non ce qu'il devrait faire. Dans cette configuration la voix de l'humaniste serait vite poussée au silence.

La seconde partie du livre concerne enfin l’île d'Utopie. C'est un long récit du marin philosophe qui tente de décrire dans ses moindres détails le fonctionnement de cette société. Que peut-on en sortir? Je trouve éclairant d'y trouver des conceptions que certains groupes politiques revendiquent à notre époque. Par exemple, les utopiens travaillent juste assez pour offrir à l’île les ressources de nourriture nécessaire. Le temps libre est consacré à l'étude et à l'élevation personnelle. On trouve aussi un début de démocratie puisque les principaux magistrats sont élus et élisent ensuite le Prince. Mais surtout More y décrit une société qui se méfie de l'argent. En fait on pourrait dire que More décrit une société en partie communiste. Chacun possède ce dont il a besoin et peut étudier ce qu'il souhaite. Le superflus est envoyé dans d'autres pays. Dans ce système non seulement tout le monde travaille selon les besoins mais tous possèdent selon leurs besoins. L'argent devient donc inutile. Cependant, More décrit aussi une société profondément religieuse pénétrée des mœurs qu'il considérait favorables. Il n'existe pas de jeux de hasard, pas de relations en dehors du mariage et le père de famille est maître. Les prêtres sont écoutés avec révérences et gardent l'ordre moral du pays.

Quand on sort de ce livre on a donc une impression à la fois de modernité et de conservatisme religieux. Ce dernier point doit être compris non pas au sens d'un retour à la religion mais d'une place prégnante de la morale chrétienne dans la société idéale de More. Mais l'humaniste nous offre aussi une critique acerbe de la noblesse et de l'argent. Une critique que l'on peut retrouver dans des termes semblables chez Marx ou les anarchistes. Les solutions qu'il propose au problème de l'inégalité due à l'argent sont aussi préconisées par les auteurs que je viens de citer. Il n'y a pas besoin d'être particulièrement intéressé par le sujet pour se rendre compte que l'Utopie est une critique acerbe des sociétés européennes et des Princes de l'époque.

09:13 Écrit par Hassan dans Livre, Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : utopie, gouvernement, conseils | | | |  Facebook