15/12/2012

L'invention du naturel. Les sciences et la fabrication du féminin et du masculin sous la direction de Delphine Gardey et Ilana Löwy

Titre : L'invention du naturel. Les sciences et la fabrication du féminin et du masculin41QSYEXJM4L._SL500_AA300_.jpg
Directrices : Delphine Gardey et Ilana Löwy
Éditeur : Editions des archives contemporaines 2000
Pages : 227

Quand on lit les journaux ou quand on écoute les émissions de TV on entendu souvent parler du naturel. La nature n'a pas prévu ceci ou cela et des études le montrent. La question du caractère construit de ces études est rarement posé. Et la caractéristique genrée est quasiment invisible. Le but de ce petit livre, fruit de deux journées d'études au Centre de Recherche en Histoire des Sciences et des Techniques, est d'examiner le caractère, si il existe, genré des sciences que celles-ci soient des sociales ou "dures".

Le livre et les contributions sont divisées en trois parties. La première concerne les possibilités de recherches offertes par la perspective du genre en histoire des sciences. Ces perspectives sont résumées par quatre contributions. Celles-ci permettent de poser des questions sur le caractère naturel du corps et de la recherche. Cette dernière est-elle véritablement un moyen de comprendre et d'illustrer la nature ou est-ce une construction de la nature? Le corps est-il naturel ou plus ou moins construit selon les contextes scientifiques et culturels? Comment les différentes sciences ont-elles été construite en dehors d'un investissement des femmes à l'intérieur de celles-ci? Ces questions permettent de mettre en question la construction des recherches et l'idée que celles-ci réussissent à décrire la réalité. La science est une construction qui dépend d'un contexte aussi bien scientifique qui linguistique et politique.

La seconde partie concerne plus spécifiquement les sciences humaines et sociales. Elle est aussi formée de quatre contributions. Ces dernières permettent de mettre en question la naturalisation des catégories sexuées dans différentes sciences sociales. Nicole-Claude Mathieu, par exemple, développe une étude de l'ethnologie et de l'oubli de la construction des genres dans les autres sociétés pour mieux expliquer un éternel féminin universel. Les deux dernières contributions, Anne-Marie Devreux et Ilana Löwy, étudient le célèbre livre de Bourdieu, La domination masculine, et ses effets. Elles considèrent que Bourdieu recrée une invisibilisation du rapport social de domination entre les sexes pour créer des femmes éternellement dépourvues en capitaux. Les femmes, chez Bourdieu, ne servent qu'à légitimer et augmenter les capitaux symboliques des hommes. Mais quid de la domination physique?

La dernière partie examine la biologie. En effet, la biologie est probablement la science qui tente le plus de trouver la nature dans l'humanité. Les trois contributions classées sous cette partie examinent donc comment le sexe et la sexualité ont été construite dans l'histoire de la biologie. La première contribution est malheureusement trop courte et ne fait qu'effleurer la construction de l'homosexualité et de sa naturalité. La seconde et la dernière sont plus développées. Elles permettent de mettre en question la manière dont la science du biologique construit le naturel et réintroduisant une histoire. On y apprend que la question des sexes dans l'hérédité n'est pas simple qu'on ne le croit. Cynthia Kraus, dans la dernière contribution, nous démontre que la construction en deux catégories des sexes humains n'est pas si naturelle que cela. En effet, la biologie montre qu'il est plus compliqué qu'on ne le croit de diviser les humains dans ces deux catégories. Les différentes manières de créer cette division ne sont pas forcément pertinentes et ne se regroupent pas toujours. L'humanité serait donc plus compliquée que cela.

Je le dis tout de suite, ce livre n'est pas le plus passionnant à lire. Certaines contributions sont particulièrement ardue et il m'est arrivé de m'assoupir de temps en temps. Cependant, je ne veux pas dire que les propos développés ne sont pas intéressants. Au contraire, les questions soulevées m'ont permis de me poser de nouvelles questions et de mettre en doutes certaines conceptions que je tirais de mes années d'école. La lecture de ces contributions m'a aussi permis de commencer une réflexion sur le caractère socialement construit du corps. C'est un point qui sera probablement largement combattu car il est difficile d'imaginer que le corps puisse être construit. pourtant, notre rapport à notre corps et à la manière de vivre à l'intérieur de celui-ci change selon e contexte historique et culturel. Cela peut-il aller plus loin?

Image: Amazon

Commentaires

Il y a quelques années, une exposition de biologistes au service de l'idéologie multi-culturelle (qui sert à importer de la main d'oeuvre pas trop cher sans difficultés) a tourné de Paris jusqu'en Suisse romande. "Tous parents, tous différents" voulait nous faire croire qu'il n'y a pas de races dans l'espèce humaine. Comme si un monsieur pygmée avec une madame pygmée pouvait donner naissance à un géant blond type Viking...
Ils prétendaient que la limite était trop floue pour pouvoir distinguer. Et cela au nom de leur connaissances en génétique. Il ressort aujourd'hui que ces gens ne connaissaient que le 1% du génôme humain et qu'ils avaient décrété que le 99% restants étaient une "code-poubelle". Croyez-moi, si les scientifiques travaillaient tous de cette manière, on aurait pas encore découvert le feu...
J'essayais d'argumenter avec les tenants de cette idéologie à la Lyssenko en faisant le parallèle avec le sexe. Avec leurs arguments, les problèmes à la limite feraient qu'on ne verrait plus de femmes ni d'hommes...
Or les humains continuent de se reproduire majoritairement naturellement, que je sache...
Voilà que nos fascistes intellectuels s'attaquent à cette différence. La suite, ce sera la différence entre hommes et animaux, et d'ailleurs cela a déjà commencé...
Essayez de comprendre que ces gens souffrent d'une grave déviation psychotique qui les fait penser qu'ils doivent transformer la réalité. Qui leur déplait...

Écrit par : Géo | 15/12/2012

@Géo
Vous revenez sur un thème qui vous tient particulièrement à coeur et sur lequel nous avions déjà échangé quelques commentaires il y a bien longtemps. J'avais, à l'époque, soutenu la thèse exposée par Langaney notamment, qui représentait pour vous, je crois, le type les "fascistes intellectuels" que vous dénoncez une fois de plus ci-dessus.
Si je me déclarais en faveur de l'abandon de la notion de race, c'était essentiellement dans l'espoir de couper l'herbe sous les pieds de ceux qui utilisaient le terme de "racistes" à toute sauce pour jeter le discrédit sur ceux qui osaient s'opposer à leur idéologie, de la même manière que "islamophobe" est généralement utilisé aujourd'hui dans un domaine adjacent.
D'après ce que vous laissez entrevoir de vos convictions, aussi bien ci-dessus qu'ailleurs dans les blogs, notamment votre hostilité à l'égard du multiculturalisme tel qu'il est conçu et utilisé par certains, mon idée aurait dû obtenir votre approbation, si ce n'était qu'elle semblait nier le concept de races humaines, que vous illustrez ci-dessus, ironiquement j'en conviens, par l'exemple des pygmées.
Or cet exemple n'est certainement pas contesté par quiconque, pas plus par les généticiens que par moi. Il paraît simplement dérisoire dans ses conséquences au regard des énormes malheurs et injustices que l'idée de race a engendrés dans l'histoire.
Rapprocher le visage d'un africain avec celui d'un singe, comme sela se faisait à l'époque de Darwin encore, et classer les capacités intellectuelles et morales des différentes "races" selon une échelle ascendante allant du plus foncé au plus clair, a été une manière, pour les Européens comme pour d'autres, de justifier une domination et une exploitation des hommes et des ressources naturelles, au besoin en faussant les travaux portant sur la capacité d'apprentissage et en déniant toute valeur à leurs acquis culturels, alors même qu'il pouvaient parfois rivaliser favorablement sur certains points avec ceux de leurs "maîtres".
Si la notion de race devait avoir une valeur autre que superficielle, comme celle que nous utilisons justement pour les animaux d'ornement que nous élevons pour notre distraction, elle devrait s'appuyer sur des mesures scientifiquement éprouvées de capacités réelles, qu'elles soient intellectuelles ou morales, ce qui n'a jamais été fait de manière convaincante, mais uniquement dans des contextes idéologiques particuliers. Le lien entre ces capacités et certains gènes serait de plus à démontrer également.
Si de telles mesures montraient une supériorité d'autres "races" sur la nôtre, je doute fort qu'elles trouvent un grand écho, et encore moins que nous nous efforcions d'en tirer des leçons favorables à elles. Si elles montraient une infériorité, il resterait encore la question morale de savoir si cela nous donnait le droit d'en tirer profit.
Enfin je doute quelque peu de la pertinence du lien que vous faites entre le refus d'accorder un statut décisif à la notion de race, celui de vouloir gommer les différence sexuelles et celui de distinguer les hommes des animaux, selon votre expression.
Commençons par la fin. L'espèce animale fait partie du règne animal et fait de nous des proche parents des grands singes actuels. Affirmer cela ne devrait en rien enlever quoi que ce soit à nos meilleures qualités, même s'il devient de plus en plus évident qu'il est possible de trouver l'origine de certaines d'entre elles chez nos cousins animaux. Pour ce qui est de nos défauts, nous ne sommes que trop prêts à les rejeter, soit dans le domaines des animaux (encore que nombre d'expressions populaires attestent de cette propension), soit d'en trouver l'origine dans une force surnaturelle dont les mythes, religieux et autres, font un abondant usage.
Pour le deuxième point, celui de la différence des sexes, il faut être ignorant et de mauvaise foi pour la nier, même si sa manifestation et son usage donne lieu à d'innombrables variantes selon les cultures et les époques envisagées. Le fait demeure que dans toutes les espèces proches de la nôtre, la femelle fournit un ovule fécondé par un spermatozoïde issu d'un mâle, que les deux sont produits en nombre très inégaux par les deux sexes et que la foetus est porté et mis au monde par la femelle. Cela reste vraie même lorsque la tradition, une mythologie correspondante et des simagrées de reproduction ou de formation du foetus (saignements provoqués, repos post-accouchement, absorption de sperme et autres étrangetés) sont utilisés pour brouiller les pistes permettant d'attribuer plus de pouvoir à l'un des sexes qu'à l'autres. Il est possible que la technologie permettra un jour de concevoir des enfants en ayant simplement recours aux contenus de cellules prélevées sur une femme ou un homme, ou les deux, dans n'importe quelle configuration, de les faire croître, comme dans "Le Meilleur des mondes" en éprouvette ou de porter un utérus artificiel en bandoulière, mais ce jour-là nous serons dans un autre monde, l'espèce humaine sera une nouvelle espèce et notre problème se présentera sous un jour nouveau.
P.S. Je livre ce texte sans relecture pour diverses raisons sans intérêt pour le lecteur, que je prie d'en excuser les fautes et les maladresses.

Écrit par : Mère-Grand | 15/12/2012

"Il paraît simplement dérisoire dans ses conséquences au regard des énormes malheurs et injustices que l'idée de race a engendrés dans l'histoire."
Cela paraît dérisoire, certainement. Mais mon idée est que si effroyables furent les méfaits du racisme, cela n'implique pas de devoir supprimer la notion de race à moins d’argumenter très sérieusement. Alors que vous pensez que le fardeau de la preuve est inverse :

"Si la notion de race devait avoir une valeur autre que superficielle, comme celle que nous utilisons justement pour les animaux d'ornement que nous élevons pour notre distraction, elle devrait s'appuyer sur des mesures scientifiquement éprouvées de capacités réelles, qu'elles soient intellectuelles ou morales."

Je ne vois absolument pas en quoi il faudrait mêler de telles notions. Il ne s'agit pas de constater des supériorités ou des infériorités mais de constater des différences, qui ne sont pas que culturelles. Les différences entre les races se vérifient tous les jours en médecine. Tel groupe ethnique est plus sujet que d'autres à telle affection, par exemple. Mais il n'y a pas lieu de hiérarchiser. Je suis très content pour eux que les Dogons aient une très riche cosmogonie mais le seul intérêt qu'elle a pour moi est d'ordre anecdotique ou de culture générale. Cependant, on ne saurait nier que le racisme européen envers les peuples d'Afrique noire avait quelques sources objectives. Les conditions objectives de ce continent, dont le nom pourrait signifier "terre séparée" (par la création du Sahara" ?) ont fait que les diverses populations n'arrivaient jamais à une masse critique permettant un développement tel que nous l'avons connu. Les successions de sécheresses, de récoltes perdues et les famines qui en découlent, ont poussé ces groupes ethniques à s'attaquer les uns les autres. Pas d'écriture, pas de vêtements (ou en tout cas pas de textiles), pas de roue, habitat minimaliste, très peu de respect de la vie humaine, les premiers Européens ont eu quelques raisons de se penser plus évolués. Mais aujourd'hui, l'Afrique n'est plus séparée, les Africains nous ont amené une nouvelle musique, qui a une influence mondiale; et d'une manière générale, font preuve d'une créativité artistique que personne ne pourrait remettre en cause...

Les extrémistes de la théorie du genre veulent maintenant interdire de parler d'hommes ou de femmes, seulement de personnes. Qui choisissent leur genre au gré de leur fantaisie. C'est appliqué aujourd'hui en Suède, dans les garderies, où rien ne peut différencier un garçon d'une fille.(On parie qu'ils obligent les garçons de faire pipi assis ?). Quant aux défenseurs extrémistes des animaux, ils tiennent des théories niant toute différence de valeur entre humains et animaux...

Pour conclure, je vois une claire parenté dans ces diverses démarches sémantiques et je pense qu'elles sont trompeuses. Il y a sur cette planète cinq groupes ethniques (puisque vous n'aimez pas "races") assez distincts, il y a des hommes et des femmes et non, les animaux ne sont pas des hommes comme les autres...

Écrit par : Géo | 15/12/2012

Bonjour,

je rejoins les arguments de Mère-Grand dont la lecture m'a particulièrement intéressé. Les différences génétiques entre les humains semblent trop minime pour pouvoir considérer à l'existence de races humaines (je dis semble car n'étant pas formé en génétique je ne peux que croire aux généticiens et non parce que j'ai un doute).

Ce livre que je présente ne vise pas à détruire les hommes et les femmes en direction d'une indifférenciation. C'est un livre d'étude sur les sciences qui propose des pistes. Les contributions montrent à quel point le discours scientifique dépend du contexte politique et social. Au contraire d'une vision universel de recherche du naturel tel qu'on peut l'entendre dans la bouche de certains. C'est une tentative de ré-historiciser la science. Ce que montre la contribution à laquelle vous semblez réagir Geo est celle de Cynthia Kraus. Elle montre que même si les indices externes de l'identité sexuelle peuvent être clairs (et c'est mettre de coté les inter-sexes qui même minime existent) le sexe génétique et hormonal ne sont pas forcément aussi clair. On peut avoir un pénis et des chromosomes XXY par exemple. On oublie aussi souvent que la vision dichotomique des sexes est récente. Elle est construite au XIXe siècle. Auparavant les scientifiques avaient une pensée inversée des sexes. Les femmes et les hommes avaient le même sexe (dans le sens de l'organe) mais leur forme était inversée.

Écrit par : Hassan | 15/12/2012

"Je ne vois absolument pas en quoi il faudrait mêler de telles notions."
Merci de votre réponse. Mon idée est que ce sont ces notions-là qui font problème est qui ont donné lieu à la notion de racisme, maintenant appliquée à tout et n'importe quoi.
Si ce n'était pas le cas, je ne crois pas que la notion de race, telle que vous la décrivez, poserait un problème majeur. En tout cas pas pour moi. Or il me semble que l'histoire a montré qu'il est impossible de maintenir cette définition à l'abri de ces abus.
"Cependant, on ne saurait nier que le racisme européen envers les peuples d'Afrique noire avait quelques sources objectives." Je suis plutôt enclin à suivre la théorie que Jarel Diamond expose dans son livre "De l'Inégalité parmi les sociétés". D'autres considérations peuvent certes compléter sa théorie, comme celle récente qui fait un lien entre la plus grande abondance de langues parlées dans les tropiques que dans les zones froides, accompagnées de plus riches variations culturelles et de conflits entre les groupes, mais ce qui reste essentiel, pour moi, c'est que toutes mis et surtout élevés dans des conditions plus favorables à l'acquisition et à l'usage de ce qui est généralement considéré comme des preuves de notre supériorité culturelle, les individus de races considérées comme fondamentalement différentes, sinon inférieures, font preuve des mêmes aptitudes que nous.
Encore une fois. les autres différences ne sont que des témoignages de ce que la nature nous offre d'intéressant et de beau dans sa tendance à créer de la diversité.
Sur tous les autres sujets que vous abordez, notamment la théorie des genres et sur le fait que les hommes "sont pas des animaux comme les autres" (phrase que je n'ai jamais utilisée) je ne me sens pas en désaccord avec vous, mais ne les vois pas liés intellectuellement au problème des races, même si l'ignorance, souvent induite par un aveuglement idéologique rend certains prompt a tout mélanger.
J'espère que nous nous sommes ainsi compris, dans nos accords et dans nos différences d'opinions.

Écrit par : Mère-Grand | 15/12/2012

@Géo
Permettez-moi de revenir brièvement sur un aspect de notre échange que j'ai peut-être traité trop légèrement. Il s'agit de votre affirmation que "les hommes ne sont pas des animaux comme les autres" et de ma réponse "phrase que je n'ai jamais utilisée".
Les choses sont un peu plus compliquées. J'aurais dû vous demander ce que vous entendiez par la phrase que vous avez utilisée ou, du moins, m'expliquer ma position. Je le fais maintenant pour me débarrasser de l'idée de malentendu qui me trotte dans la tête.
Si vous vouliez dire que les hommes ont certaines capacités exceptionnelles qui permettent de les distinguer des plus intelligents des animaux, je suis d'accord. Si vous sous-entendez par là que ces capacités ne sont pas de "simples" perfectionnements ou affinements issus de caractéristiques qui se trouvent déjà en germe chez nos cousins, les singes supérieurs, je ne vous suis pas. Cela supposerait, en effet, soit une l'intervention d'une puissance divine qui aurait fait cadeau d'une étincelle propre à distinguer radicalement et essentiellement l'homme de l'animal (idée reprise dans Odyssée de l'espace, ou le rôle de la divinité semble être tenue par une civilisation extra-terrestre aux pouvoirs quasi divins), ou un saut qualitatif qui ne pourrait être expliqué par les seules lois de la nature, ce qui revient, me semble-t-il, à peu près au même.
P.S. Je viens de terminer la lecture de l'avant-dernière livraison du magazine scientifique britannique "New Science", qui consacre une page au débat sur la notion de race. Il en ressort, entre autres que, d'un point de vue strictement scientifique, M. Langaney partage l'opinion de la majorité des généticiens de réputation mondiale. Les désaccords ou divergences portent essentiellement sur des points que nous avons discuté par ailleurs.

Écrit par : Mère-Grand | 16/12/2012

Mère-Grand@ Sur la question du développement, je crois que nous sommes d'accord sur l'essentiel. Cependant, les affirmations :
"un lien entre la plus grande abondance de langues parlées dans les tropiques que dans les zones froides, accompagnées de plus riches variations culturelles et de conflits entre les groupes"
me semblent inverser les causes et les effets. Ces groupes se sont repliés sur eux-mêmes et ont développé des diversifications de langage en raison de leur concurrence, de la struggle for life, comme je l'ai décrit et non ils se sont battu en raison de leur différence de langage. Décidément, les lettreux*... Leur diversité culturelle me parait bien être la plus vaste fumisterie ethnologique jamais exprimée. Ce qu'il y a d'extraordinairement frappant chez les peuples d'Afrique noire d'origine bantoue, c'est leur unité culturelle, précisément. J'ai travaillé au Mali à Tombouctou, en Angola à Huambo, Lubango et Ondjiva, au Burkina à Léo puis à Kongoussi, en Guinée à Labé, au Mozambique à Pemba et en Mauritanie à Kaédi. Jamais dans les capitales, toujours dans des misions très liées au terrain. Et dans le domaine de l'eau, qui est fondamental en Afrique. Partout dans ces lieux et dans la province dont ils sont le chef-lieu, l'unicité des comportements des gens m'a frappé. Les femmes à la source qui se lavent, mon guide qui m'arrête pour avertir les femmes de mon arrivée, les attitudes, les comportements de ces femmes, l'importance de la couleur rouge, les constructions : la scène se passe en Guinée, en Angola, au Mozambique, impossible de distinguer.
Mais tous les peuples noirs d'Afrique ne sont pas d'origine bantoue. Les éleveurs d'origine nilotique ont croisé la route des agriculteurs bantous dans la région des grands lacs, avec les conséquences que l'on sait, et qui n'ont pas pour source les méchants colons belges comme le prétend la vulgate tiers-mondiste.

Sur l'animalité de l'homme, les relations hommes-animaux, nous avons le même point de vue et il me semble que c'était déjà bien visible sur le blog de HL quand il a traité ce sujet. Il y a pour moi trois ordres, minéral, végétal et animal. Et nous sommes des animaux très supérieurs, mais pas des créatures de dieu à son image...

Sur la récurrente approche des scientifiques sur les races : ils ont compris aujourd'hui que ce qu'ils croyaient être du génome poubelle ne l'est pas. Il leur faut encore beaucoup de temps pour le décrypter et quand ce sera fait, ils s'apercevront qu'on distingue 5 groupes ethniques distincts - qu'autrefois on appelait races -, ce qui explique qu'un monsieur pygmée et une madame pygmée ne donnent que rarement naissance à un Viking blond de 2 mètres de haut. Cela dit, un concierge a beau s'appeler aujourd'hui un technicien de surface, il reste un concierge.

* C'est l'histoire d'un lettreux qui travaille dans sa petite chambre de bonne dans le Quartier latin à sa thèse sur l'emploi du point-virgule dans l'oeuvre de Justin Grosboeuf, gloire de la littérature de Basse-Corrèze au début du 19ème. Tout à la passion de la rédaction de son chef d'oeuvre, l'étudiant s'aperçoit qu'une puce s'intéresse à son écrit. Il la regarde, elle ne bouge pas. Il la somme de sauter, elle saute. Tiens. Il recommence, elle saute. Alors il l'attrape habilement. Il a l'habitude, dans sa turne...
Il s'arrange pour lui arracher les pattes à la brucelle. La repose, et lui ordonne à nouveau de sauter. Pas de réaction. Alors le Lettreux prend son carnet de notes et écrit : "quand on arrache les pattes d'une puce, elle devient sourde..."

Écrit par : Géo | 16/12/2012

Vous me forcez à poser la question qui fâche: qu'est-ce qu'une ethnie? Et pourquoi cinq?

Écrit par : Hassan | 16/12/2012

J'aimerais vous faire parvenir cet article :

Gene Study Identifies 5 Main Human Populations, Linking Them to Geography

Envoyez-moi un e-mail à mon adresse...

Écrit par : Géo | 16/12/2012

Aucun problème mais je ne connais pas votre adresse mail. Il ne faut pas non plus oublier que je ne suis pas généticien. Je suis incapable de lire avec un esprit critique un tel article.

Écrit par : Hassan | 16/12/2012

@Géo
Je ne peux vous répondre sur la question des "lettreux", l'article développant l'hypothèse en question ne donnant que la précision que celui qui la rapporte enseigne à l'Université de Reading en Grande-Bretagne. Je n'en ai cité qu'une seule idée, pour montrer la complexité de la question et ne saurais, ni ne cherche, à la défendre. A part cela, je vous trouve quelque peu injuste dans votre appréciation des défauts que vous attribuez aux non scientifiques, car bien des scientifiques ne méritent pas que des compliments, et cela même lorsqu'ils cherchent à réellement faire de la science et n'y mêlent rien d'autres.
En ce qui concerne les "races humaines", si vous le remplaces par "groupes ethniques, tout problème disparaît de mon point de vue car il n'est pas, à première vue du moins (mon cerveau met parfois du temps à prendre conscience de tout ce qui a été dit), pollué par le lourd héritage dont est chargé l'autre terme.
Merci encore de cet échange stimulant.

Écrit par : Mère-Grand | 16/12/2012

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