27/12/2012

Les damnées de la caisse. Grève dans un hypermarché par Marlène Benquet

Titre : Les damnées de la caisse. Grève dans un hypermarchécouv_2461.jpg
Auteur : Marlène Benquet
Éditeur : Éditions du croquant 2011
Pages : 238

J'ai terminé ce livre il y a une semaine mais les fêtes m'ont empêché d'en parler avant. Ce livre est issu d'un travail de recherche en observation participante de Marlène Benquet. Ceci implique que outre des observations et des entretiens l'auteure a été engagée comme caissière durant sa recherche. Ce qui permet de comprendre de manière intime le fonctionnement de ce qui est observé. Je pense que l'on peut diviser le livre est en trois parties.

La première partie, la plus courte, concerne principalement l'introduction du sujet de recherche. L'auteure y développe les théories qu'elle a utilisé ainsi que l'état de la littérature sur les emplois précaires et les possibilités militantes dans ce type d'emploi. Elle montre que la grève qui a eu lieu dans cet hypermarché était pour le moins inattendue. Alors comment a-t-elle pu se former? Cette grève s'est développée suite à une journée nationale d'arrêt du travail qui avait deux buts. Premièrement il fallait que les syndicats montrent leur force et leur capacité de mobilisation ensuite les syndicats devaient montrer leur capacité d'action coordonnée aux employé-e-s. Mais un hypermarché a décidé de continuer malgré l'avis des principaux syndicats.

La seconde partie reprend, en gros, les chapitres 1 et 2. Ces deux chapitres permettent de mieux comprendre le métier de caissière. L'observation participante y est précieuse puisqu'il existe un certain nombre de règle non écrites et de difficultés. La caisse est un poste particulièrement visible. Les employées sont soumises à l'observation de leurs collèges, des clients et des chef-e-s. Cette visibilité empêche les employées de s'accorder quelques moments de détentes cachées. Mais c'est aussi un poste qui ne mène à aucune reconnaissance de capacités professionnelles. Les employées n'ont aucune possibilité d'avancement ni de reconnaissances. C'est aussi un poste particulièrement stressant et soumis à l'arbitraire. En effet, les épisodes de clients mécontents d'une procédure réglementée mais qui sont systématiquement défendus par la direction sont nombreux. Il est donc quasiment impossible de bien faire puisque suivre le règlement mène a autant de risques que de ne pas le suivre.

La dernière partie essaie de comprendre et de décrire la grève qui a eu lieu dans cet hypermarché. Pourquoi une seule succursale a-t-elle continué la grève et pourquoi celle-ci? L'auteure observe différents facteurs. Tout d'abord l'hypermarché a changé de propriétaire et donc de statut. Ce qui a permit l'éclosion d'un discours sur une époque dorée de respect et de possibilité de carrière. Ensuite les employé-e-s dénoncent l'attitude d'un gérant très distant et froid face à un gérant précédent beaucoup plus proche de ses employé-e-s. Mais il y a aussi l'aide, d'abord, des syndicats qui ont décidé de soutenir l'action malgré ses faibles chances de succès. Ces syndicats abandonneront les grévistes vers la moitié de la grève.

J'ai apprécié lire ce livre et comprendre cette grève. L'auteur réussit à nous mettre dans la peau d'une caissière tout en n'abandonnant aucun standards scientifiques. Bien que cette recherche ne soit pas forcément directement transposable à un autre cas elle permet de mieux comprendre le fonctionnement du militantisme dans les emplois précaires. L'auteure montre que ce dernier est tout a fait possible et qu'il pourrait même se développer malgré les dangers pour les employé-e-s. L'auteure semble aussi montrer un début de changement dans les relations professionnelles de l'hypermarché gréviste. Il serait intéressant, à mon avis, d'y retourner après un certains temps pour voir si ces changements ont perduré.

Image: Éditeur

Commentaires

Le gouvernement islamiste tunisien est dans la tourmente depuis les révélations de mercredi 26 décembre 2012 d’une courageuse journaliste tunisienne, Olfa Riahi, mettant en cause un membre du gouvernement dans une affaire de malversations et d’adultère.

Il s’agit d’une affaire dans laquelle serait impliquée le ministre des Affaires étrangères tunisien, Rafik Abdessalem.

Ce dernier est aussi l’époux de Soumaya Ghannouchi, la fille du leader du parti islamiste Ennahdha, Rached Ghannouchi.

La journaliste a publié des factures de séjours du ministre tunisien au Sheraton Hôtel à Tunis avec sa maîtresse

C’est le résultat de deux mois d’investigation qui révèle plusieurs affaires qui justifient aujourd’hui, selon Olfa Riahi, l’ouverture d’une enquête officielle urgente.

Des dépenses aux frais de l’ambassade de Tunisie en Éthiopie

Elle accuse ce membre du gouvernement d’entretenir une relation extra-conjugale avec une «femme appartenant au corps paramédical d’un hôpital publique ». En plus, elle l’accuse, documents à l’appui, de se faire payer des séjours personnels aux frais de son ministère et en passant d’autres factures au nom de l’ambassade de Tunisie en Éthiopie.

Elle a affirmé que « le ministre a des goûts bien prononcés pour le luxe, cela va du nom de l’établissement jusqu’au type de la chambre qu’il aurait occupée ».

En outre, la journaliste a appoté les preuves en évoquant le parcours de ce ministre « polygame », affirmant qu’il ne doit son poste de ministre des Affaires étrangères qu’à son lien de parenté avec Rached Ghannouchi et que ses compétences n’ont eu absolument aucun impact sur sa nomination.

Criant à la rumeur délétère qui cherche, à travers lui, à salir l’ensemble du gouvernement, Rafik Abdessalem nie tout en bloc, assurant que la femme en question n’est autre qu’une parente, quant à sa fréquentation assidue de l’hôtel Sheraton, elle s’explique, selon ses dires, par le fait qu’il n’a pas de maison personnelle, ni de logement de fonction à Tunis, et qu’il travaille souvent jusqu’à des heures indues.

Dans l’attente d’une enquête, la blogueuse Olfa Riahi semble certaine de tout ce qu’elle avance et affirme que «d’autres affaires, encore plus graves, impliquant le Ministre seront révélées prochainement». Sur son profil Twitter elle poste ironiquement : « j’attends la plainte pour diffamation ».

Pires que le régime déchu de l’ancien Président tunisien Zine Abidine Ben Ali

N’en déplaise à certains, ces islamistes qui régent sur le gouvernement tunisien – et qui se présentent comme des personnes irréprochables – sont pires que le régime déchu de l’ancien Président tunisien Zine Abidine Ben Ali. L’ancien régime ne s’est jamais caché derrière la religion pour dilapider l’argent des contribuables.

En effet, les dirigeants du mouvement islamiste d’Ennahdha, à l’instar de Lotfi Zitoun (conseiller politique du Chef du Gouvernement ) ou Houcine Jaziri (secrétaire d’État à l’Immigration) ou encore Rafik Abdesselem, ont toujours fréquenté les quartiers chics de Londres, Paris et du Qatar. Ces derniers portent de beaux costumes, des montres d’horlogerie suisses et lors de leurs déplacements, logent dans les Palaces.

Il faut rappeler que Soumaya Ghannoushi, la fille du guide suprême de la Tunisie, qui est aussi la femme de ce ministre « polygame » porte des montres Gucci, des lunettes de marque, des bagues en diamants, des foulards Yves St Laurent et autres objets de luxe qui valent des dizaines de milliers d’euros.

Les Tunisiens se demandent si le budget de l’État supporte le luxe que s’offrent les islamistes

Les Tunisiens, qui voient leur pays sombrer dans un marasme économique, suite à des années de corruption, se demandent aujourd’hui si le budget de l’État supporte les plaisirs et le luxe que s’offrent les islamistes.

Dans un pays civilisé, ce ministre devrait démissionner immédiatement et ne plus se montrer en public. Mais la plupart des responsables arabes n’ont pas d’honneur et ne connaissent pas les bonnes mœurs en se permettant tous les abus.

Les hommes politiques, dans les pays musulmans, ont un sentiment d’impunité réel ou imaginaire, qui leur donne l’impression d’être au dessus des lois communes. Il permet tous les dépassements, de l’atteinte à la personne d’autrui aux biens publics, que l’on traite comme des biens personnels.

Pourquoi, ne serait-ce qu’une fois, un responsable musulman n’aurait-il pas la dignité de démissionner, à l’image des responsables politiques israéliens ? Il y a deux semaines, le ministre israélien des Affaires étrangères et vice-premier ministre, Avigdor Lieberman, a démissionné après avoir été accusé la veille d’abus de confiance. Marié et père de trois enfants, le chef d’ Israël Beytenou a quitté dignement son poste et renoncé immédiatement à son immunité parlementaire. Extrêmement digne.

Cela ne risque sans doute pas de se passer en Tunisie post-révolutionnaire. L’État est gouverné par des islamistes qui se comportent comme des voyous à l’arrogance infinie.

Écrit par : Corto | 30/12/2012

C'est la seconde fois que vous polluez ce blog avec des commentaires qui n'ont aucun lien avec le billet ce que je considère comme un manque de respect. Je vous conseille, si vous souhaitez vous exprimer, d'ouvrir votre propre blog plutôt que de polluer ceux des autres. Le prochain spam sera supprimé et j'avoue me tâter fortement pour supprimer celui-ci.

Écrit par : Hassan | 30/12/2012

Excusez-moi, j'ai confondu la photo de votre blog avec celle du blog de Djemàa !!

Écrit par : Corto | 30/12/2012

D'accord, je peux comprendre. Bonne soirée et bonne année à vous.

Écrit par : Hassan | 30/12/2012

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