16/04/2013

Boys don't cry! Les coûts de la domination masculine sous la direction de Delphine Dulong, Christine Guionnet et Erik Neveu

Titre : Boys don't cry! Les coûts de la domination masculine1332768665.jpg
Directeur : Delphine Dulong, Christine Guionnet et Erik Neveu
Éditeur : Presses Universitaires de Rennes 2012
Pages : 330

Les livres qui examinent la question de la domination masculine sont nombreux sur des cas très divers. Nous avons une bonne vision de la manière dont la domination patriarcale fonctionne et continue de fonctionner malgré les réussites des luttes féministes. Nous en savons beaucoup moins sur la force de la domination des hommes sur les hommes eux-même et ce pour diverses raisons politiques et institutionnelles. Ce livre tente de faire un bilan des connaissances actuelles et de proposer une piste possible de recherche pour examiner de manière scientifique les problèmes que pose le patriarcat pour les hommes même grâce aux contributions de nombreux chercheurs. Le livre est divisé en trois parties dont chacune se concentrent sur un aspect particulier du problème.

La première partie regroupe quatre contributions. Trois de ses contributions examinent l'usage militant du concept de coûts de la masculinité pour les mouvements masculinistes. Ces mouvements, comme il est écrit dans les diverses contributions, forment une réaction importante contre les féministes qu'ils accusent d'avoir renversé le patriarcat et d'avoir mis en place un matriarcat. Alors qu'Anne Verjus démontre les différences entre les discours féministes et masculinistes sur les coûts de la masculinité Franci Dupuis-Déri parle des problèmes de crises de la masculinité. Les hommes seraient, en effet, en manque de repères masculins et perdraient, de ce fait, leurs caractéristiques et leurs chances. Cependant, Francis Depuis-Déri démontre que ces crises ont toujours existé dès qu’un mouvement mettait en cause les privilèges des mâles. La contribution de Béatrice Damian-Gaillard est différente puisqu'elle examine la manière dont une collection de roman décrit le mâle idéal pour séduire une femme. Cette analyse se base sur de nombreux romans de la même collection et permet de mettre en lumière une vision très particulière des hommes qui peuvent séduire des femmes (blanc souvent plus vieux et de classe sociale plus élevée).

La seconde partie m'a semblé moins intéressante. Les directrices et le directeur y publient des article squi ont fait date dans les recherches anglo-saxonne. Ces articles permettent de poser les concepts et appareils théoriques utilisés dans le cadre de ce livre et de montrer leur pertinence pour la recherche sur les masculinités. Le travail de Caroline New est particulièrement utilisé.

La dernière partie utilise les concepts présentés auparavant dans le cadre de recherches spécifiques qui permettent d'illustrer leur usage scientifique tout en montrant certains caractères particulier de la domination masculine sur les hommes eux-même. La première contribution illustre l'importance de faire homme aux Antilles française en multipliant le nombre de maîtresses tout en acceptant les conséquences que cela implique. La seconde contribution examine l'importance de faire homme pour des homosexuels venant de milieux ruraux. L'auteur y examine deux contextes différents en mettant en parallèle les États-Unis et la France. Cependant, l'importance de la virilité, même si elle n'est pas facilement définissable, est présente dans les deux pays. La troisième contribution examine l'importance de l'alcool dans les identités de genre masculine et féminine. L'auteur y montre qu'il existe une relation différente à l'alcool selon qu'on soit homme ou femme. Au début du siècle la femme doit être abstinent, pure, l'homme doit pouvoir résister à l'ivresse. Mais ces injonctions se sont inversées. a consommation est devenue preuve d'émancipation pour les femmes alors que l'homme doit démontrer une consommation mesurée et maîtrisée. La dernière contribution examine la différence d'usage de la médecine dans le cadre du travail par les hommes et les femmes. On y observe que les hommes se médicalisent beaucoup moins que les femmes même en cas d'accident du travail.

En conclusion j'ai trouvé ce livre très intéressant. Il examine un problème qui est souvent invoqué par des groupes anti-féministes parfois violents. La tentative de scientifiser les coûts de la masculinité et donc la bienvenue et permet d'observer de manière concrète la domination des hommes par les hommes. Cependant, il est nécessaire, et les auteur-e-s en sont conscient-e-s, de ne pas oublier un aspect fondamental de la domination masculine. Cette dernière peut, en effet, être considérée comme un coût sur les hommes par les injonctions à suivre un rôle parfois difficile à assumer. Mais la domination masculine se porte d'abord sur les femmes. Il faut donc être conscient que les coûts ne sont ni symétrique ni équivalents entre les hommes et les femmes. C'est justement parce que certains hommes considèrent être dominés de manière symétrique et équivalente qu'ils sont passés d'une vision pro-féministe à une vision masculiniste. Au contraire de ce qu'annoncent les masculinistes les féministes n'ont pas vaincus le patriarcat. La domination masculine est encore forte et très prégnante. Dans ce cadre il peut être utile pour des anti-sexistes d'examiner les coûts de la masculinités pour les hommes. Mais celui-ci doit s'accompagner de précautions méthodologiques équivalentes aux autres recherches.

Image: Site de l'éditeur

Commentaires

les crises ont toujours existé.Pour preuve un jour Dieu lui-même en crise de gastro-entérite s'oublia et les bulles dispersées dans l'espaces libérèrent des bactéries qui elles aussi en crises se transformèrent ce qui peu à peu donna naissance aux premiers humains
Tout comme en médecine ou on ne compte plus les nombreuses crises,de foi d'angine de poitrine ,d'angoisses etc
Le matriarcat est quand à lui inscrit dans les gènes des mamas du sud et ailleurs l'éducation de base restant la priorité ou pour la mère voire le plus souvent par la Nonna .Les hommes eux ont d'autres ballons à dominer
Une femme seule n'est jamais porteuse de crises,en clan là elles dégénérent complètement
Et pour ce mot crise qui sert d'excuses pour obtenir toujours plus d'argent mais avec davantage de gratuités! faut savoir aussi ce qu'on veut.Le tout gratuit demandera beaucoup d'efforts en contrepartie et ce sera aux jeunes de demain de payer les sottises de leurs parents gâtés par le système mais éternels insatisfaits

Écrit par : lovsmeralda | 21/08/2013

Bonjour,

Je suis désolé mais je ne sais absolument pas quoi répondre à un commentaire qui n'a absolument rien à voir avec le billet publié.

Écrit par : Hassan | 21/08/2013

"Je suis désolé mais je ne sais absolument pas quoi répondre à un commentaire qui n'a absolument rien à voir avec le billet publié."

Il n'y a rien à répondre. Cette commentatrice est régulièrement incompréhensible.

Il semblerait que Monsieur John Goetelen alias homme libre n'ait pas lu votre contribution. Sûr autrement qu'il aurait rué dans les brancards. Il conteste toute "domination masculine". Par traumatisme non dépassé.

Exemples : les femmes sont aussi violentes que les hommes, les femmes n'ont pas de salaires inférieurs aux hommes, le nombre de viols non dénoncés ne tient pas la route, tous les chiffres qui démontrent une domination masculine sont faux, etc.

Écrit par : Johann | 11/09/2013

Bonjour,

oui il m'arrive souvent de me demander ce qu'elle veut dire et pourquoi elle réagit.

Je connais les idées de John Goetelen. Il m'arrive de lire ses articles pour comprendre sa pensée. Il est clair qu'il défend des positions qui sont régulièrement prouvées comme fausses et que ses idées peuvent être dangereuses. Il est aussi intéressant de voir qu'il défend une complémentarité des rôles masculins et féminines avec l'homme ayant le pouvoir extérieur et la femme le pouvoir intérieur sur le ménage. Mais il ne prend pas en compte que ces deux rôles sont hiérarchisés dans la société.

Écrit par : Hassan | 12/09/2013

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