26/04/2013

Iron Man 3

Iron Man, ces deux mots résument un peu tout ce qu'il y a à dire sur Tony Stark. Un homme riche qui décide que ce serait drôle de créer une armure et de jouer les justiciers. Le film débute quelque temps après les événements de New York lors de Avengers. Tony Stark ne dort plus et fait quelques crises d'anxiété. Pour les éviter il construit un nombre impressionnant d'armures toutes avec des options différentes. Ce qui implique qu'il s'occupe de moins en moins de Peper. Mais durant ses constructions un nouveau terroriste réussit plusieurs attentats sur le sol américain. Cet homme recherché par le monde entier se fait appeler le Mandarin et menace de mort le président. Après avoir été touché personnellement Tony Stark lui lance un défi qu'il regrettera bientôt puisque sa maison est détruite en directe tandis qu'il est évacué par son armure dans un autre état. Blessé et avec une armure défaillante il se lancera dans la traque du Mandarin.

J'ai bien apprécié ce film qui ne quitte pas l'attendu pour un film de super-héros mais réussit à faire bien mieux que d'autres. Les premiers films jouaient surtout sur l'armure et la musique rock autour d'un homme arrogant aux petites piques verbales. Ce troisième film réussit à aller un peu plus loin. On y trouve un début d'analyse de la guerre contre la terreur en termes de société de spectacle (je n'irais pas plus loin, regardez). Le gouvernement américain est moqué dans ses tentatives de créer des symboles du monde libre par la transformation ridicule du War Machine en Iron Patriot peint dans les couleurs du drapeau. L'assistance a aussi beaucoup aimé les blagues sur les fans un peu fous. En fait, ce film réussit à mêler le comique à l'action sans trop de problèmes. J'apprécie particulièrement de voir un changement dans le caractère de Tony Stark qui montre une forme de vulnérabilité tout en passant une grande partie du film sans armure fonctionnel ce qui permet de montrer que, bien que Tony ne soit qu'un mec dans une boite de conserve, il reste Iron Man. Enfin, Peper gagne quelques moments qui rendent ce film un tout petit, mais vraiment vraiment petit, mieux sur le coté féminin. Peper a l'habitude d'être une simple copine de héros qui n'est jamais présente lors de l'action. Dans ce film le personnage gagne un peu en offrant de l'aide à Tony et ce dès le début quand elle lui annonce en armure qu'elle le protège. Bon, il faut chercher pour s'en rendre compte mais j'espère que d'autres films suivront le mouvement, en allant plus loin, et créeront des personnages féminins vraiment intéressants plutôt que de simples faire valoir pour les mâles tout musclé et trempé de sueur. Personnellement j'en ai marre des femmes dans ces films qui ont 5 master, trois doctorats et un prix Nobel ainsi qu'un entraînement de 20 ans d'arts martiaux mais qui ont besoin d'un mec pour les protéger. Bref, je conseille ce dernier Iron Man aux personnes qui aiment les marvel tout en espérant que ce sera le dernier car je trouve la conclusion adéquate et je ne vois pas l'intérêt de continuer la franchise.

  • Le scénariste est voué au septième cercle des enfers.

  • Twilight.

  • Film de vacances.

  • Bon scénario. De l'action, des armures, des blagues drôle (ça nous change) et un bon final pour, je l'espère, une conclusion de la franchise. Tout ce qu'on attend d'un film de super-héros et pas vraiment beaucoup plus.

  • Joss Whedon.

Image: site officiel

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09:48 Écrit par Hassan dans Film, science-fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : iron man, tony stark, marvel | | | |  Facebook

25/04/2013

L'affaire Rouy. Une femme contre l'asile au XIXe siècle par Yannick Ripa

Titre : L'affaire Rouy. Une femme contre l'asile au XIXe siècle978-2-84734-662-6.jpg
Auteur : Yannick Ripa
Éditeur : Tallandier 2010
Pages : 295

L'histoire de la folie, de la prison ou des personnes considérées comme déviantes m'intéresse de plus en plus. Ces oublié-e-s de l'histoire n'ont pas forcément pu parler mais des historien-ne-s réussissent à leur donner une voix et à comprendre le contexte et les discours révélateurs qui a permis de considérer des êtres humains comme dangereux. Ce thème m'intéresse depuis que j'ai découvert Michel Foucault dont j'apprécie beaucoup les thèmes d'études, les concepts et les idées politiques. Alors quand je suis tombé sur un livre qui tente, selon le résumé, de comprendre l'histoire d'une femme internée arbitrairement je peux difficilement résister à l'envie de lire.

Hersilie Rouy, une femme de la quarantaine, admirative de son père, artiste et célibataire voit sa vie se briser lorsqu'un jour, le 8 septembre 1854, un homme inconnu de sa part l’emmène de force à l'asile de Charenton. Enregistrée sous un faux nom elle deviendra ses dénégations quant à l'opportunité de son enfermement et quant à son identité mèneront les aliénistes à la considérer de plus en plus malade. L'auteure, Yannick Ripa, examine sa vie en trois parties qui correspondent à autant de changements importants. Dans la première partie elle montre comment Hersilie Rouy est diagnostiquée. Les luttes de cette dernière se heurtent à un aveuglement des médecins qui se soutiennent les uns les autres dans un esprit de corps. L'auteure y fait aussi une description de la politique asilaire de l'époque et de ses manquements. En particulier elle montre la facilité de détourner la loi de 1838 pour enfermer des proches sans véritables examens. La seconde partie continue sur cette lancée en examinant le retour à l'asile d'Hersilie Rouy et son incapacité à en sortir. Malgré ses plaintes répétées personne ne semble la prendre au sérieux mais tout le monde souhaite s'en débarrasser tout en fermant les yeux sur les aspects étranges de son histoire administrative. La dernière partie permet enfin d'entrer dans l'affaire proprement dites. L'auteure y montre comment Hersilie Rouy, soutenue par des ami-e-s en cela, tente de relier son affaire à un dispositif judiciaire puis aux critiques de l'aliénisme. Mais cette partie montre surtout comment cette femme a été invoquée, utilisée, comme exemple pour attaquer une institution et ceux qui la servent, au profit d'une autre institution.

Je ne suis pas tout a fait convaincu par ce livre. J'ai apprécié sa lecture mais quelque chose me gène. Je trouve que l'auteure tente un peu trop d'entrer dans la tête d'Hersilie Rouy en considérant ses mémoires, source principale, comme un moyen adéquat de comprendre cette femme. Pourtant, Yannick Ripa explique elle-même que l'authenticité de cet écrit est soumise à caution car un éditeur est probablement passé par là. L'auteure, dans son propos, montre aussi un glissement d’interprétation entre une Hersilie Rouy lucide et une chute dans une forme de folie durant son internement. Mais si les mémoires ont été écrites après les événements peut-on vraiment croire en ce texte? Bien entendu, Yannick Ripa utilise d'autres sources mais celles-ci semblent, du moins j'en ai l'impression, considérée comme invalide face aux mémoires. Bien que ce thème soit intéressant et permet d'illustrer, avec un cas précis, la facilité de tomber dans des définitions de folie sans qu'il ne soit possible de s'en défaire je reste sceptique quant à ce livre.

Image: Éditeur

15:22 Écrit par Hassan dans contemporain, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : asile, droits humains, aliénation, prison | | | |  Facebook

24/04/2013

La pensée straight par Monique Wittig

Titre : La pensée straight31HBP6EJ1HL._SL500_AA300_.jpg
Auteur : Monique Wittig
Éditeur : Balland 2001
Pages : 157

Bien que ce livre soit terminé depuis pas mal de temps j'ai mis plus de temps que d'habitude à en parler. J'ai préféré attendre car je ne suis pas certain d'avoir vraiment compris le propos des textes de ce recueil. Je vais tout de même essayer d'en faire une présentation qui sera, je le sais déjà, peu adéquate. Je préfère donc prévenir dès le début et conseiller de lire les textes de Wittig et non de les juger selon ce que j'en dis.

Ceci fait quel est le message de Monique Wittig? Nous sommes tous familier de la division de la société en termes de classe et de race. Les analyses qui démontrent la force de ces divisions dans notre société sont nombreuses. Elles sont adjointes à la domination en termes de genre. Ces trois types d'analyses permettent de démontrer que l'homme blanc de classe sociale supérieure se trouve dans une position dominante de facto. Il est surtout important de comprendre que ces différentes divisions s'entrecroisent formant une complexité importante dans les dominations. Ainsi, Michelle Obama est dominante face à une femme blanche de classe sociale modeste. Ceci n'est qu'un exemple illustratif. Cependant je n'ai toujours pas dit ce qu'ajoute Monique Wittig. Son argument considère que les divisions que je viens de (très) rapidement présenté ne sont pas complètes. Elle ajoute une autre forme de domination qui concerne les sexualités. Selon Monique Wittig, la société est formée sur l'hétérosexualité comme norme dominante. Cette dernière est naturalisée comme étant la forme normale et éternelle des relations entre hommes et femmes. Ce qui pousse les femmes à être toujours sous le pouvoir du patriarcat. Ce qui mène au second argument de Monique Wittig. Elle considère, en effet, que les femmes ont soit le choix de l'esclavage patriarcale soit celui de s'échapper dans une nouvelle société: celle des lesbiennes. C'est la raison de l'une de ses phrases: les lesbiennes ne sont pas des femmes. Car, par leur existence elles se placeraient en dehors de la société hétéro-centrée patriarcale. Elles briseraient les chaînes de par leur sexualité même.

Que penser de cette position politique basée sur une analyse de la société? Je pense qu'il est difficile de contester le caractère hétéro-centré de notre monde européen (pour ne pas parler de pays que je ne connais pas). Il suffit d'observer autours de soi pour voir cette réalité. Ce sont parfois de petites choses, mais si symboliques, comme le serveur qui enlève les fleurs lorsque deux hommes ou deux femmes mangent ensemble à la Saint Valentin ou des problèmes plus importants de violence institutionnelle ou individuelle (regardez ce qui s’est déroulé en France ces derniers temps). Mais peut-on considérer que les lesbiennes s'échappent de ce système? Je n'en suis pas aussi certain. C'est, peut-être, une vision un peu noire de la réalité mais je pense qu'il ne suffit pas d'avoir une sexualité autre qu'hétérosexuelle pour échapper à la domination à la fois patriarcale et sexuelle. Cependant, cela n'enlève pas le caractère très intéressant et stimulant des propos de Wittig que, encore une fois, je considère n'avoir pas totalement compris. Une prochaine lecture m'aidera-t-elle? On verra.

Image: Amazon

17/04/2013

Rapture of the nerds par Cory Doctorow et Charles Stross

Titre : Rapture of the nerdscover-small.jpg
Auteurs : Cory Doctorow et Charles Stross
Éditeur : Site de l'auteur
Pages : 254

Bon j'ai terminé un nouveau livre de Doctorow écrit avec Stross. Je le dis tout de suite, je n'ai pas aimé. Bon, l'histoire est un peu compliquée et je ne crois pas l'avoir bien comprise. Le lecture suit un certain Huw dans un monde futuriste qui a connu ce que l'auteur nomme une singularité. Une partie de l'humanité s'est téléchargée dans le monde virtuel pour atteindre l'immortalité ou, en tout cas, quelque chose qui s'en rapproche. Huw n'aime pas trop ça. En fait il déteste la technologie et préférerait l'empêcher de partir dans tous les sens. Ça tombe bien car il est invité, un peu de force, à être juré dans un tribunal qui teste les nouvelles technologies. Mais tout ne se passe pas comme prévu.

J'ai l'impression d'avoir lu un livre dont on avait fait exploser les murs. Cette impression était très forte durant la première partie dont je n'ai compris qu'un mot sur deux. J'ai aussi l'impression que Doctorow et Stross ont tenté de mettre plein d'idées loufoques et farfelues sur ce que pourrait être l'humanité après avoir acquis la possibilité de télécharger l'esprit. Ajoutez à cela des petites blagues sur les daleks et autres monuments geeks, laissez reposer quelque temps et vous voilà avec un livre absolument ignoble. J'ai détesté, je ne le cacherais pas, et j'ai détesté parce que rien ne m'a attiré dans ce livre. Ni les personnages, ni les événements et encore moins les idées des auteurs ne m'ont semblé intéressantes. En fait ce livre n'a qu'un bon point pour lui: Il est court.

  • L’écrivain est voué au septième cercle des enfers.

  • Papier toilette. Si vous avez la version papier avec vous je vous conseille de l'utiliser en cas de pénurie. Dans l'autre cas vous pouvez toujours le recommander chaudement à une personne que vous détestez.

  • Roman de gare.

  • A lire.

  • Tolkien.

Image: Site de l'auteur

16/04/2013

Boys don't cry! Les coûts de la domination masculine sous la direction de Delphine Dulong, Christine Guionnet et Erik Neveu

Titre : Boys don't cry! Les coûts de la domination masculine1332768665.jpg
Directeur : Delphine Dulong, Christine Guionnet et Erik Neveu
Éditeur : Presses Universitaires de Rennes 2012
Pages : 330

Les livres qui examinent la question de la domination masculine sont nombreux sur des cas très divers. Nous avons une bonne vision de la manière dont la domination patriarcale fonctionne et continue de fonctionner malgré les réussites des luttes féministes. Nous en savons beaucoup moins sur la force de la domination des hommes sur les hommes eux-même et ce pour diverses raisons politiques et institutionnelles. Ce livre tente de faire un bilan des connaissances actuelles et de proposer une piste possible de recherche pour examiner de manière scientifique les problèmes que pose le patriarcat pour les hommes même grâce aux contributions de nombreux chercheurs. Le livre est divisé en trois parties dont chacune se concentrent sur un aspect particulier du problème.

La première partie regroupe quatre contributions. Trois de ses contributions examinent l'usage militant du concept de coûts de la masculinité pour les mouvements masculinistes. Ces mouvements, comme il est écrit dans les diverses contributions, forment une réaction importante contre les féministes qu'ils accusent d'avoir renversé le patriarcat et d'avoir mis en place un matriarcat. Alors qu'Anne Verjus démontre les différences entre les discours féministes et masculinistes sur les coûts de la masculinité Franci Dupuis-Déri parle des problèmes de crises de la masculinité. Les hommes seraient, en effet, en manque de repères masculins et perdraient, de ce fait, leurs caractéristiques et leurs chances. Cependant, Francis Depuis-Déri démontre que ces crises ont toujours existé dès qu’un mouvement mettait en cause les privilèges des mâles. La contribution de Béatrice Damian-Gaillard est différente puisqu'elle examine la manière dont une collection de roman décrit le mâle idéal pour séduire une femme. Cette analyse se base sur de nombreux romans de la même collection et permet de mettre en lumière une vision très particulière des hommes qui peuvent séduire des femmes (blanc souvent plus vieux et de classe sociale plus élevée).

La seconde partie m'a semblé moins intéressante. Les directrices et le directeur y publient des article squi ont fait date dans les recherches anglo-saxonne. Ces articles permettent de poser les concepts et appareils théoriques utilisés dans le cadre de ce livre et de montrer leur pertinence pour la recherche sur les masculinités. Le travail de Caroline New est particulièrement utilisé.

La dernière partie utilise les concepts présentés auparavant dans le cadre de recherches spécifiques qui permettent d'illustrer leur usage scientifique tout en montrant certains caractères particulier de la domination masculine sur les hommes eux-même. La première contribution illustre l'importance de faire homme aux Antilles française en multipliant le nombre de maîtresses tout en acceptant les conséquences que cela implique. La seconde contribution examine l'importance de faire homme pour des homosexuels venant de milieux ruraux. L'auteur y examine deux contextes différents en mettant en parallèle les États-Unis et la France. Cependant, l'importance de la virilité, même si elle n'est pas facilement définissable, est présente dans les deux pays. La troisième contribution examine l'importance de l'alcool dans les identités de genre masculine et féminine. L'auteur y montre qu'il existe une relation différente à l'alcool selon qu'on soit homme ou femme. Au début du siècle la femme doit être abstinent, pure, l'homme doit pouvoir résister à l'ivresse. Mais ces injonctions se sont inversées. a consommation est devenue preuve d'émancipation pour les femmes alors que l'homme doit démontrer une consommation mesurée et maîtrisée. La dernière contribution examine la différence d'usage de la médecine dans le cadre du travail par les hommes et les femmes. On y observe que les hommes se médicalisent beaucoup moins que les femmes même en cas d'accident du travail.

En conclusion j'ai trouvé ce livre très intéressant. Il examine un problème qui est souvent invoqué par des groupes anti-féministes parfois violents. La tentative de scientifiser les coûts de la masculinité et donc la bienvenue et permet d'observer de manière concrète la domination des hommes par les hommes. Cependant, il est nécessaire, et les auteur-e-s en sont conscient-e-s, de ne pas oublier un aspect fondamental de la domination masculine. Cette dernière peut, en effet, être considérée comme un coût sur les hommes par les injonctions à suivre un rôle parfois difficile à assumer. Mais la domination masculine se porte d'abord sur les femmes. Il faut donc être conscient que les coûts ne sont ni symétrique ni équivalents entre les hommes et les femmes. C'est justement parce que certains hommes considèrent être dominés de manière symétrique et équivalente qu'ils sont passés d'une vision pro-féministe à une vision masculiniste. Au contraire de ce qu'annoncent les masculinistes les féministes n'ont pas vaincus le patriarcat. La domination masculine est encore forte et très prégnante. Dans ce cadre il peut être utile pour des anti-sexistes d'examiner les coûts de la masculinités pour les hommes. Mais celui-ci doit s'accompagner de précautions méthodologiques équivalentes aux autres recherches.

Image: Site de l'éditeur

11/04/2013

Oblivion

Je suis donc allé voir Oblivion un film qui me semblait intéressant avec, malheureusement, Tom Cruise. L'année n'est pas précisée mais on imagine que nous sommes sur Terre aux alentours de 2080. La Terre a été attaquée en 2017 par des aliens. La Lune est détruite ce qui a rendu la planète difficilement habitable. Mais l'humanité a vaincu. Un grand exode en direction de Titan est organisé ce qui implique de pomper toute l'eau disponible pour alimenter les réacteurs à fusion. Jack Harper aide à protéger et maintenir les pompes et les drones de protection. Il doit parfois se défendre contre les restes des aliens ayant attaqués la Terre. Mais est-ce aussi simple?

J'ai compris l'histoire au bout de 15 minutes ce qui est rarement bon signe. Mais j'aurais pu m'y faire si la mise en place des informations n'était pas si longue! En effet, alors que le spectateur a compris depuis longtemps qu'elle est la vérité le réalisateur a décidé de le réexpliquer trois fois en 2 heures. Soit le réalisateur considère que ses spectateurs sont stupides soit il ne savait pas quoi faire. C'est dommage car la bande annonce semblait intéressante. Une Terre dans le futur après une invasion et des humains qui tentent de survivre est toujours un moyen intéressant de poser des questions importantes. Malheureusement le film ne pose aucune question et se contente de donner une philosophie de bas étage sur la puissance de l'amour. Absolument rien n'est inattendu, rien n'est intéressant et je ne me suis pas du tout attaché aux personnages. Je suis sorti de ce film avec un énorme ennui tout de même contrebalancé par la satisfaction d'une bonne sieste dans des fauteuils confortables.

  • Le scénariste est voué au septième cercle des enfers.

  • Twilight. Scénario et personnages sans intérêts pour un film ennuyeux au possible. Ne perdez pas votre temps ni votre argent.

  • Film de vacances.

  • Bon scénario.

  • Joss Whedon.

Image: Site officiel

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12:44 Écrit par Hassan dans Film, science-fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : oblivion, invasion, énergie | | | |  Facebook

09/04/2013

Pirate Cinema par Cory Doctorow

Titre : Pirate Cinemacover-small.jpg
Directeur : Cory Doctorow
Éditeur : Site de l'auteur
Pages : 395

J'ai presque terminé de lire tous les romans écrit par Cory Doctorow. Celui-ci était l'avant-dernier et il a été édité fin 2012. Il se déroule à Londres dans un futur proche, celui qui attend nos enfants. La guerre contre le piratage qui commence de nos jours a pris des proportions énormes. Des lois de plus en plus liberticides sont mises en places aboutissant à l'emprisonnement de plus en plus systématique d'enfants coupables d'avoir écouté des fichiers illégaux. L'un de ses enfants est notre héros. Celui-ci fuit sa famille après que ses téléchargements ont aboutis à la coupure de l'accès internet de la maison ce qui équivaut à faire perdre leur emploi aux parents et à détruire l'avenir scolaire de sa petite sœur. Comme il ne peut plus voir sa honte se refléter sur les visages de sa famille il fuit, seul, à Londres. Il y rencontre des squatters et des mendiants mais, surtout, il commence à comprendre que son pays ne fonctionne plus pour ses citoyens mais pour de riches compagnies ultra-puissantes. Il est temps de lutter pour sa propre liberté.

J'aime bien Cory Doctorow mais il a des tics d'écritures qui m'agacent un peu. Ses héros sont toujours de jeunes adolescents qui apprennent subitement la vie et l'amour. Personnellement je n'aime pas les adolescents mais les pires sont ceux qui sont amoureux! Doctorow ajoute toujours une jeune fille beaucoup plus intelligente que le héros qui lui permet de mieux comprendre ce qui se déroule devant ses yeux. Et il y a toujours cet aspect à la fois réaliste sur le système politique et très naïf face aux possibilités d'actions. Cependant Doctorow possède un esprit et une vision acérée de ce qui peut se dérouler dans le futur si la guerre contre le piratage continue dans la voie qui lui est donnée actuellement. Il montre les effets pour les citoyens en termes de perte de vie privée et de droits mais aussi l'inutilité des dispositifs légaux qui sont mis en place. Inutilité car il existe de nombreuses technologies qui permettent d'éviter d'être pris. Il suffit de les connaître et d'apprendre à les utiliser. Et Doctorow nous montre comment on peut utiliser ces technologies en tant que citoyens. L'histoire est donc intéressante et mérite d'être connue malgré ses quelques défauts.

  • L’écrivain est voué au septième cercle des enfers.

  • Papier toilette.

  • Roman de gare.

  • A lire. Bien que les personnages ne me convainquent pas l'histoire et le message de Doctorow me plaisent. J'invite donc tout le monde à lire ce roman.

  • Tolkien.

Image: Site de l'auteur

07/04/2013

Inch’Allah

Une jeune médecin canadienne a décidé de travailler dans une clinique pour femmes en Palestine. Cependant elle vit en Israël de l'autre coté du mur. Elle a des amis et des connaissances dans les deux cotés mais elle arrive plus ou moins à garder un équilibre. Mais ces amitiés sont-elles vraiment aussi simples à maintenir alors que la haine, l'incompréhension et la guerre font rage? Tandis que l'un des cotés du mur enragent contre des attaques organisées à l'assaut des colonies l'autre coté pleure et enrage autours de la mort de ses enfants. Et cette jeune médecin est au milieu. Elle n'arrive pas à se rendre objective et extérieure. Elle tente d'aider mais ses échecs commencent à la détruire.  Vivre dans deux mondes à la fois est une position inconfortable et probablement impossible à tenir pour cette jeune femme.

La question qui occupe Israël et la Palestine dans une guerre depuis près de 60 ans est compliquée. Personne ne connaît la solution et je pense que plus personne n'est véritablement innocent. Je ne vais donc pas entrer dans un débat que je ne maîtrise pas ni ne comprend. Ce que je sais c'est que la guerre équivaut à la tristesse et à l'injustice. Et la réalisatrice a réussit à mettre ceci en évidence. Les petites vexations quotidiennes, la chape de plomb de l'occupation armée, les soldats qui deviennent fous et les combattants qui ne savent quoi faire d'autre que se suicider. Est-ce réaliste? Probablement. Est-ce la réalité? Probablement pas tout a fait. De ce coté je pense que le film est réussi. Ce sont les personnages qui ne m'ont pas convaincu. Je n'arrive pas à m'identifier ni à m'intéresser à leur vie. Ils ne me paraissent ni réaliste ni important et j'aurais très bien pu m'en passer. Cet imbroglio plombe un film qui reste intéressant.

  • Le scénariste est voué au septième cercle des enfers.

  • Twilight.

  • Film de vacances. Intéressant, bien réalisé mais des personnages peu convaincants qui font chuter mon appréciation.

  • Bon scénario.

  • Joss Whedon.

Image: Site officiel

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18:39 Écrit par Hassan dans contemporain, Film | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : palestine, israël, mur, colonisation | | | |  Facebook

02/04/2013

Réfugiés et sans-papiers. La république face au droit d'asile XIXe-XXe siècle par Gérard Noiriel

Titre : Réfugiés et sans-papiers. La république face au droit d'asile XIXe-XXe siècle9782818502860-G.jpg
Directeur : Gérard Noiriel
Éditeur : Calman-Lévy 1991
Pages : 355

J'ai lu Noiriel il n'y a pas si longtemps. J'avais apprécié sa manière d'écrire ce qui m'a poussé à emprunter un autre livre de cet historien. En l’occurrence je souhaitais en savoir plus sur le droit d'asile. Noiriel décrit ce droit et son évolution de 1789 à nos jours (début des années 90). Il utilise, pour cela, 4 chapitres. Le premier montre comment le droit d'asile a été construit suite à la Révolution française. Bien que ce droit existait durant l'ancien régime il prend, après la Révolution, un nouveau sens puisque ce sont les personnes qui luttent pour la liberté qui ont le droit de se réfugier en France. Cette époque n'a pas encore de moyens forts de contrôle de l'identité et se base principalement sur les corps de la société. L'État français commence tout de même à tenter une surveillance à l'aide du contrôle des subsides versés aux réfugiés et de leur droit au mouvement très codifié.

Le second chapitre nous montre comment la question des nationalités a commencé à devenir important pour les pays de l'Europe. Le nationalisme implique que toutes personnes doit posséder une origine nationale. Mais comment réguler ces identités quand certaines personnes ne se sentent pas membre d'une nation ou qu'elles en sont exclues? Ces questions impliquent de connaître de manière précise les identités des personnes ce qui aboutit à la question du chapitre 3. Celui-ci concerne la mise en place de la technologie des papiers pour les réfugiés. Ces papiers permettent de justifier de son identité sans, pour autant, avoir besoin de récolter les témoignages de proches. Ils permettent un contrôle bien plus important de la part de l'administration qui multiplie les effets officiels sur ces papiers d'identités ainsi que les pièces nécessaires pour les recevoir. Mais ces papiers posent une question importante dans le cas des réfugiés. Comment retrouver l'identité "réelle" de personnes qui ont du fuir sans pouvoir apporter de pièces justificatives de leur identité d'un pays qui, peut être, ne connaît pas une technologie de l'identification aussi avancée que la France?

Dans un quatrième chapitre Noiriel analyse près d'une centaine de lettres de réfugiés sur le XIXe et le XXe siècle. La lecture et l'analyse de ces sources lui permet de comprendre comment une personne peut demander le statut de réfugié. Alors que le XIXe permet encore une adresse directe à un homme particulier que l'on tente d'ouvrir à la pitié le XXe demande des récits véridiques mais qui doivent suivre un style administratif froid et distant. Ces lettres montrent aussi une différence entre les personnes qui sont aidées de proches, associatifs ou non, et ceux qui écrivent seuls. Les deux ne comprennent pas le fonctionnement d'un pays démocratique mais les premiers réussissent à écrire des lettres parfaites au contraire des seconds.

Noiriel termine son livre sur un dernier chapitre qui parle de la construction de l'Europe. Il fait le constat qu'une nation européenne pourrait bien être en début de construction. Mais surtout, il montre que la logique des accords de Schengen n'est pas seulement d'ouvrir les frontières internes mais surtout de fermer les frontières externes. Cette fermeture peut être accomplie grâce à la mise en place de techniques administratives abstraites inhumaines (dans le sens ou elles ne sont pas contrôlées par des humains) qui permet d'exclure quasi automatiquement tout une partie de la population mondiale sans coup férir.

Ce livre parle d'un problème dont on entend souvent parler. Que ce soit en France, en Angleterre, en Allemagne ou en Suisse la question de l'immigration et des réfugiés est une question politique majeure. Noiriel a le mérite, dans ce livre, d'historiciser cette question politique. Ce qui permet de montrer à quel point les identités nationales et le droit d'asile sont des constructions qui dépendent de contextes passés durant lesquels plusieurs organes nationaux et internationaux ont lutté pour défendre une définition ou une autre. Noiriel montre aussi que le droit d'asile a toujours été à la frontière entre l'idée d'un universalisme de l'aide aux victimes de la tyrannie et de la protection de l'intérieur du pays. Bien que 200 ans soient passés depuis 1789 nous sommes toujours dans ce type d'arguments. Quand l'un parle de la nécessité de sauver des populations mises en dangers une autre personne parle de la nécessité de protéger la population du pays d'individus non-identifiés considérés comme culturellement inassimilable. La montée en puissance d'un contrôle à l'extérieur des frontières de l'Europe qui permet de se débarrasser rapidement de ces populations démontre que Noiriel avait vu juste quant à la mise en place de l'accord de Schengen. Il n'y a qu'un point qui soit certain dans l'avenir: la question de l'asile n'a pas fini de faire couler de l'encre.

Image: Fayard

09:49 Écrit par Hassan dans contemporain, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : réfugiés, sans-papiers, noiriel, asile, hcr | | | |  Facebook