09/07/2013

Outsiders. Etudes de sociologie de la déviance par Howard S. Becker

Titre : Outsiders. Etudes de sociologie de la déviancecouv-172.jpg
Auteur : Howard S. Becker
Éditeur : Métailié 1985
Pages : 247

La sociologie de la déviance a pris une importance considérable dans mes études ces deux dernières années et atteint un niveau d'intérêt de ma part comparable aux études genre. J'ai lu pas mal d'ouvrages et d'articles sur le sujet dont ce livre. Mais je l'ai lu comme un étudiant qui prépare un travail à rendre dans deux semaines et qui n'a le temps que de sélectionner. Ce que j'en avais tiré m'a énormément intéressé et m'a ouvert de nouvelles perspectives de compréhension. J'ai donc décidé d'acheter le livre et de le lire tranquillement cet été sans échéances.

Il est tout d'abord nécessaire d'annoncer que ce livre est écrit en 1963. Il analyse donc des situations qui peuvent avoir changé profondément. Ce qui ne veut pas dire que la méthode engagée n'est pas valable bien au contraire. Becker, sociologue américain encore vivant à ce jour, y examine la déviance selon une approche radicalement différente de celle qui était courante dans la sociologie américaine de l'époque. Au lieu de postuler d'une spécificité des déviants ou d'une naturalité des normes il tente de comprendre l'entier du processus qui conduit à considérer une activité comme déviante et à la punir. Ce qui implique que Becker tente non seulement de comprendre les déviances illégales, l'usage du cannabis, que les déviances légales, les musiciens de jazz, ou encore la manière dont on construit et met en place des normes. Le livre est donc construit selon ce schéma et permet de mettre en place une analyse que Becker nomme interactionniste car elle prend en compte les interactions sociales entre tous les acteurs sociaux.

Ce livre fut l'un des symboles de ce qui a été nommé le labeling. Ceci concernait des études qui tentaient de comprendre la mise en place d'une déviance et d'une identité déviante dans le monde social. Ce qui permet d'étudier aussi bien les fumeurs de cannabis que les gardiens de prisons ou les lobbys de moralité. Il a eu une importance considérable car non seulement il ouvrait, avec d'autres, de nouvelles perspectives mais il est aussi écrit de manière claire et simple. Cette caractéristique est rafraîchissante quand on est habitué à lire Bourdieu qui, lui, écrivait de manière particulièrement compliquée. Comme je m'y attendais j'ai beaucoup apprécié ce livre dont le sujet est non seulement intéressant mais toujours d'actualité. Un nombre considérable de politiciens et de journalistes gagneraient à sa lecture que, de toute manière, je conseille chaudement.

Image: Éditeur

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