04/08/2013

Gay Paris. Une histoire du Paris interlope entre 1900 et 1940 par François Buot

Titre : Gay Paris. Une histoire du Paris interlope entre 1900 et 19409782213654188-X_0.jpg?itok=uIxGEYS6
Auteur : François Buot
Éditeur : Fayard 2013
Pages : 290

Cette fois je me suis intéressé à une histoire qui prend place avant la Deuxième Guerre Mondiale. On le sait peu mais le début du XXe siècle est celui d'une relative tolérance de l'homosexualité. Celle-ci s'accompagne d'un discours médical qui permet de décriminaliser les pratiques pour mieux les considérer comme anormale. Mais certains hommes luttèrent comme, par exemple, Magnus Hirschfeld qui créa le premier centre de sexologie à Berlin. Ce dernier a été brûlé par les nazis. Mais l'histoire qui m'intéresse ici est celle de Paris. L'auteur nous emmène dans un monde à la fois sombre et illuminé. Il est sombre car on s'y adonne à la prostitution, au fétichisme et à tous les vices vu peu favorablement par les forces de l'ordre. Mais illuminé car, selon l'auteur, ces actes se font dans une chaude ambiance de fête dans des établissements connus et fréquentés par toutes les classes sociales. Son livre nous permet de redécouvrir ces lieux à l'aide de romanciers et de rapports de la police de mœurs.

Si ma présentation est aussi courte c'est parce que je suis loin d'être convaincu sur de nombreux points. Ma principale critique concerne la structure même du livre. En effet, je n'ai pas l'impression de m'être trouvé face à un livre d'histoire. J'ai plutôt eu l'impression de me trouver face à un livre d'anecdotes mises les unes à côté des autres sans problématiques ni récits historiques. Ceci contribue à un effet de flou qui m'a empêché de véritablement entrer dans les propos de l'auteur. Je suis aussi peu convaincu par le titre qui promet un examen large du monde déviant de Paris du début du siècle mais qui se contente de parler des homosexuels voir, de temps en temps, des lesbiennes et de leurs liens avec les élites artistiques. Là aussi j'ai un problème. L'introduction nous promet de retrouver les "gens d'en bas". Pourtant, la majeure partie du livre repose sur des élites du monde de l'art qui parlent de leur propre expérience. On ne peut pas condamner leur usage par l'auteur en tant que sources. Mais peut-on vraiment les considérer comme des "gens d'en bas"? Je ressors donc de ce livre avec un fort sentiment d'inachevé et de frustration. L'impression d'un auteur qui aime son travail et cette époque mais qui n'a pas réussit à communiquer au lecteur cet amour et ses découvertes.

Image: Éditeur

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Information: Selon livreshebdo.fr Mediapart a écrit un article le 4 aout sur une affaire de plagiat de l'auteur sur les livres de Michel Carassou, Christian Gury et Nicole Canet. http://www.livreshebdo.fr/edition/actualites/francois-buot-accuse-de-plagiat-pour-son-livre-gay-paris/11069.aspx

Écrit par : Hassan | 09/08/2013

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