20/08/2013

Elysium

Neill Blomkamp s'est révélé au monde avec District 9. Il décide de recommencer l'expérience avec son nouveau film: Elysium. L'intrigue prend place en 2154. La Terre est très mal au point. La surpopulation, les ressources de plus en plus éparses et la fin d’écosystèmes entiers ont décidé les élites à créer une station spatiale pour y migrer et vivre le rêve d'un monde de paix sans maladies ni pauvretés. Pendant ce temps les pauvres restent sur Terre et travaillent au profit de leurs dirigeants célestes. L'un de ces travailleurs est Max Da Costa. C'est un ancien voleur de voiture condamné à la prison et qui souhaite se ranger et vivre honnêtement. Son travail est loin d'être sans risques et il est irradié lors d'un accident. Il ne lui reste plus que cinq jours à vivre. N'ayant plus rien à perdre il décide de tenter le tout pour le tout et d'atteindre Elysium pour se faire soigner. Il ne sait pas encore que cette quête le conduira à posséder une information qui pourrait créer une révolution.

Il suffit de trente secondes pour comprendre de quoi parle Neill Blomkamp. C'est transparent, on se retrouve dans une vision SF de l'occident actuel. On retrouve tout. Les riches sont blancs et bien habillés tandis que les pauvres sont crasseux, latins et s'habillent de loques. La pauvreté est aussi vue comme criminogène par essence. L'idée que la pauvreté implique le crime est loin d'être nouvelle et n'est absolument pas critiquée ici. Les migrants illégaux parviennent à Elysium dans des vaisseaux sales et peux fonctionnels qui, souvent, aboutissent à la mort de leurs passagers. quand ce n'est pas le cas les occupants sont immédiatement déportés. Autrement dit, on se trouve en face de la politique migratoire de l'occident: se débarrasser des migrants pauvres le plus vite possible et le plus discrètement possible. Cet aspect est lié à une lutte des classes pour les nulles qui ne prend en compte que deux classes sociales caricaturales.

Heureusement ce n'est pas la seule chose que l'on trouve dans ce film. En effet, Neill Blomkamp montre aussi un monde caractérisé par un contrôle et une surveillance sans discontinuité. Les robots sont partout et s'occupent de faire la justice de manière impartiale et inflexible. Ce qui implique que l’élément humain de l'accident ou de l'incompréhension sont totalement évacués au profit d'une vision purement rationnelle de la criminalité. Cet aspect conduit la justice à considérer comme impossible toute forme de retour à l’honnêteté grâce à l'usage des statistiques. Mais cette justice est aussi construite au service des riches. Ces derniers possèdent la justice et ne peuvent pas être victime de l'intransigeance robotique. Il est dommage que Neill Blomkamp n'ait pas insisté sur cet aspect pour se concentrer sur la santé exclusivement ce qui rend l'aspect critique du film, déjà peu élaboré, peu convainquant.

Mis à part ces aspects internes à l'intrigue le film souffre de quelques imperfections de réalisation. La pire concerne les flash back continuels qui créent des longueurs inutiles et sont inintéressants. Neill Blomkamp aurait pu les abandonner et nous offrir une vision plus complète de son monde qui aurait pu rendre le film plus intéressant. J'ai aussi lu, ici ou là, que Elyisum serait un film féministe. En effet, tout comme Pacific Rim, un personnage féminin bad ass est montré au spectateur. Mais, tout comme dans Pacific Rim, ce personnage n'est que la couverture d'un sexisme ordinaire. Combien avons-nous de personnages féminins nommés et parlant? Tout simplement deux. La première est jouée par la talentueuse actrice Jodie Foster. Elle campe une politicienne sûre d'elle et capable de tout pour parvenir à ses fins. On nous montre donc une femme qui peut être considéré comme l'incarnation de la garce castratrice dont le pouvoir mène à vouloir prendre la place des hommes. Elle est mise en face de l'actrice Alice Braga qui joue une mère et une infirmière. Contrairement au personnage de Jodie Foster elle incarne la féminité maternelle. Elle est caractérisée seulement pour ce qu'elle fait pour sa fille et pour sa relation avec le héros. Relation d'amour et de respect mutuel alors que la relation du personnage de Jodie Foster avec Kruger est une relation inversée où elle domine. Chose qu'elle paie d'ailleurs. Alice Braga joue aussi une femme aux prises avec les hommes qui la menacent sexuellement. Alors nous n'avons pas de scènes de sous-vêtements inutile comme le dernier Star-trek mais la sexualité prédatrice est toujours présente contre les femmes. C'est aussi un personnage incapable de se défendre et qui doit être sauvé et défendu par l'Homme. Nous avons donc, schématiquement, la bonne mère face à la femme incomplète et garce. Peut-on parler de film féministe? Absolument pas, Elysium reste dans un schéma bien connu.

  • Le scénariste est voué au septième cercle des enfers.

  • Twilight.

  • Film de vacances. Malgré tous ses défauts je ne me suis pas ennuyé devant l'écran. Je lui donne donc ce rang. Il aurait pu être mieux si Neill Blomkamp aurait osé aller vraiment au bout de son idée plutôt que de rester à la surface et d'accepter une fin digne de disney.

  • Bon scénario.

  • Joss Whedon.

Image: Site officiel

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14:56 Écrit par Hassan dans science-fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : elysium | | | |  Facebook

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