30/08/2013

Jeune et Jolie

Jeune et Jolie est le dernier film d'Ozon un réalisateur français. La presse et les critiques sont majoritairement conquis par la prestation du réalisateur et de son actrice Marine Vacth. Je ne suis pas de cet avis. Loin d'y voir une magnifique ode à l'adolescence ou encore la beauté des femmes et leur force face aux hommes victimes de leurs charmes j'y vois un film qui pue. Mais tout d'abord de quoi parle-t-il? Nous suivons sur une année, égrainée par les saisons, la vie d'une jeune femme de 17 ans. Après avoir perdu sa virginité sur la plage avec un bel allemand elle commence, lors de son retour de vacances, à se prostituer. Une double vie se met en place entre sa vie de lycéenne et ses activités de prostituée.

Alors, avant de massacrer ce film puant je vais tout de même annoncer les rares points positifs. Après tout il faut être réaliste Ozon sait réaliser. C'est éviter de dire des bêtises qu'il semble être incapable de réussir. Bref, ce film est beau et maîtrisé. L'image donne envie de retrouver les personnages du film et ces derniers sont assez sympathiques dans leur genre sexiste. Marine Vacth réussit à incarner une lycéenne mais loin de la beauté décrite dans les médias j'y vois un personnage triste et mélancolique. Elle fait la gueule durant tout le film.

Il est maintenant important d'expliquer pourquoi ce film pue comme je le répète depuis le début. Ozon l'avait expliqué devant la presse: Il considère que toutes les femmes souhaitent être des prostituées. Plus qu'un fantasme se serait une envie. On se rend très facilement compte que ce film ne fait qu'illustrer cette thèse défendue par Ozon. Je m'explique, dans ce film toutes les femmes sont des putes et les hommes le savent très bien et mieux que les femmes qui font semblant de ne pas savoir. Tandis que le personnage principal, Isabelle, accepter cette envie de se prostituer, de créer et d'entretenir le désir chez les hommes, les autres femmes (qui sont au nombre de cinq) agissent de manière hypocrite en plaisantant sur la prostitution ou en la refusant. Que ce soit l'amie du lycée qui aimerait mais n'ose pas, la mère qui pense que le "vice" est inscrit dans sa fille ou les relations de la mère qui ont peur de la prédation d'Isabelle aucune n'est honnête. Chacune d'entre-elles souhaite se prostituer et aime faire croire en la possibilité d'être possédées par un homme. Il n'y a que la dernière femme à apparaitre sur l'écran qui ne ment pas. Elle explique très clairement que si elle n'avait pas été aussi timide dans sa jeunesse elle aurait adoré se prostituer de la même manière qu'Isabelle. Les hommes, eux, savent bien que les femmes ne demandent qu'à être des putes. Sans le dire trop ouvertement ils réagissent comme si de rien n'était face aux activités d'Isabelle en tentant de demander la compréhension des autres femmes. Parfois ils sont plus directs et abordent ouvertement les jeunes lycéennes pour leur demander un prix sans que cela ne soit problématisé par le réalisateur. On se rend donc compte que, pour Ozon, la relation de prédation des hommes sur les femmes et leur prise de possession du corps féminin est normalisé comme une relation naturelle entre les sexes. Bien que l'on puisse considérer avec Paola Tabet que l'échange économico-sexuel se place sur une continuité de la prostitution au mariage dans le cadre du système patriarcal capitaliste peut-on vraiment ne pas le déplorer et le normaliser dans ce film?

La deuxième critique que je place concerne le fonctionnement proprement dit du film. Celui est une gigantesque machine à fantasme! Ozon montre dès le début sa fascination du corps de Marine Vacth. Dès les premières minutes du film le/la spectateur-trice est placé-e dans une position de voyeurisme face au corps du personnage d'Isabelle sur la plage. Durant tout le film Isabelle est considérée comme un objet de fantasmes fascinés pour les hommes souvent plus âgés. C'est ainsi qu'Ozon met en place une scène durant laquelle Isabelle flirte ouvertement avec son beau père qui joue volontiers le jeu. Évacué comme de la provocation par ce dernier face au regard désapprobateur de sa femme c'est Isabelle qui est accusée de jouer avec le désir des hommes. Jamais le désir d'un adulte pour une mineure n'est considéré comme problématique. Et qu'est-ce qui fait cette fascination du personnage d'Isabelle? Cette dernière sait ce qu'elle est, une pute, et l'accepte. Encore une fois la sexualité des femmes est vue comme le problème, la tentation, et non le regard et les actes des hommes sur les femmes.

Enfin, je suis très sceptique face au traitement de la prostitution par Ozon. Bien que je sache qu'il existe une prostitution choisie, de nombreux travaux existent sur le sujet, il existe aussi une prostitution subie. De plus, cette activité en marge de l'économie pour des raisons politiques implique des dangers spécifiques qui ne sont pas montrés par Ozon. Ce dernier ne fait que s'attarder sur la gentillesse des clients et le glamour des chambres d’hôtels luxueux. L'argent est vu comme facilement gagné laissant de coté toutes les connaissances et l'effort mis en place pour l'activité de prostitution. De plus, aucune explication n'est donnée. Cet aspect rejoint le caractère naturellement féminin de la prostitution mais pose problème pour une film encensé par la presse.

  • Le scénariste est voué au septième cercle des enfers. En conclusion Ozon nous fait subir un film qui pue le sexisme et le fantasme a peine caché d'un homme âgé pour des adolescentes.

  • Twilight.

  • Film de vacances.

  • Bon scénario.

  • Joss Whedon.

Image: Allociné

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