27/09/2013

Jimmy and the crawler par Raymond E. Feist

Titre : Jimmy and the crawler082164-FC222.jpg
Auteur : Raymond E. Feist
Éditeur : Harper Voyager 2013
Pages : 144

Il y a longtemps que je suis pas revenu dans les contrées de Midkemia. Pour ce retour je me suis dit qu'il serait bien de chercher à en savoir plus sur les activités du voleur le plus rusé de Krondor. Tellement rusé qu'il a réussit à entrer dans la cours du prince Arutha. Ce livre se déroule peu de temps après les tragiques événements qui ont eu lieu autours de la Larme des Dieux. Jimmy est de retour à Krondor ainsi que William et Jazhara. Mais il reste un point à éclaircir. Qui est ce rampant qui menace la guilde des voleurs? Selon les indices récoltés par le réseau d'espionnage encore balbutiant de Jimmy ce dernier pourrait bien être originaire de Kesh. Jimmy est donc envoyé au port de Durbin pour tenter de retrouver la trace du rampant et l'empêcher de nuire.

Feist était fatigué pour ce livre. Les deux tomes précédents qui narrent les aventures de Jimmy sont loin d'être bons mais il avait au moins un minimum d'ambition. Ce que l'on lit dans ce tome devait avoir lieu sur deux livres et, finalement, Feist a condensé tout cela en 144 pages. Comme si il voulait en finir avec Midkemia. Ce que l'on peut comprendre au vu du nombre de livres qu'il a écrit sur ces contrées. Je pense même qu'il aurait pu - dû? - arrêter avant. L'intrigue est donc brossée très rapidement mais on sent bien que le seul but de l'auteur est de terminer ce qu'il avait commencé précédemment et de passer à autre chose tout comme le lecteur dès la première page.

  • L’écrivain est voué au septième cercle des enfers.

  • Papier toilette. Si je n'étais pas un si grand fan de Midkemia jamais je n'aurais lu ce tome. Il peut être laissé de côté sans honte.

  • Roman de gare.

  • À lire.

  • Tolkien.

Image: Éditeur

17:43 Écrit par Hassan dans Fantasy, feist | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : jimmy the hand, krondor, feist | | | |  Facebook

Battlestar Galactica: Blood and Chrome

Battlestar Galactica fut l'une des premières séries que je suivis vraiment. Lors de ces années de découvertes j'entrais avec passion dans l'équipage du Galactica pour suivre ses tentatives de survie après une apocalypse engendrée par les Cylons. La série principale ayant été volontairement limitée à quatre saisons mais les fans en demandant plus les producteurs avaient décidés de nous emmener sur les Colonies avant la première guerre contre les Cylons durant leur mise au point. Nous découvrions l'histoire de la famille Graystone qui possédait la compagnie responsable de la mise au point des robots et les Adama empêtrés dans la mafia locale. Cette seconde série, Caprica, ne dura qu'une seule saison. Cette fois il a été décidé de nous emmener en plein dans la première guerre.

Blood and Chrome débute alors que la guerre dure depuis 10 ans. William Adama vient de quitter l'académie de pilotage et prend ses quartiers dans le dernier cri des Battlestars: le Galactica. Bien qu'il pense être assigné à un viper immédiatement il est très déçu d'apprendre qu'il devra faire équipe avec un copilote peu patient pour emmener une scientifique sur l'une des colonies à l'aide d'un Raptor. Mais cette mission qui devait se dérouler sans accroc change vite pour devenir une course contre la montre avec les Cylons.

Ce film qui était censé être le pilote d'une nouvelle série - annulée - n'est pas totalement inintéressant. En fait on sent une future série qui aurait pu avoir du potentiel. Mais celui-ci est tout de même remplit d'un grand nombre de problèmes. Les personnages, par exemple, sont particulièrement stéréotypés. Que ce soit le jeune Adama soldat parfait, le copilote lâche et qui hurle qu'il veut stopper la mission toutes les 5 minutes ou encore la scientifique pleine de mystères. Il me fut très difficile de créer un semblant d'attachement émotionnel envers ces trois personnages et c'est à peine si je souhaitais leur survie. Mis à part cela le pilote nous offre une intrigue peu intéressante, bâclée et qui se termine trop abruptement pour être cohérente mais qui offre un début d'idée sur la vie militaire. Cette intrigue ne réussit à continuer que lorsque des batailles ont lieu. Heureusement ce dernier aspect est très réussi et autant les décors que les effets spéciaux sont magnifiques. Je me suis souvent pris à admirer le paysage pendant que le trio accomplissait son rôle sans grand intérêt. Ce film est aussi le moyen de faire honneur à la série principale en nous montrant à nouveau le Galactica dans toute sa splendeur et j'avoue que ce dernier m'avait manqué.

  • Le scénariste est voué au septième cercle des enfers.

  • Twilight. Intrigue bâclée et personnages inintéressants. Il n'y a que deux choses qui sauvent ce film: La beauté des décors et le Galactica.

  • Film de vacances.

  • Bon scénario.

  • Joss Whedon.

Image: Allociné

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26/09/2013

No sex. Avoir envie de ne pas faire l'amour par Peggy Sastre

Titre : No sex. Avoir envie de ne pas faire l'amour008570-352x500.jpg
Auteure : Peggy Sastre
Éditeur : La Musardine 2010
Pages : 139

Le sexe est partout. Que ce soit à la télévision, sur les ordinateurs, au cinéma ou dans la vie intime. Le sexe est censé être une composante universelle de l'humanité libérée lors de la révolution sexuelle qui a eu lieu durant les années 70. Mais, ces dernières années, une nouvelle orientation commence à parler de la possibilité d'absence de désir sexuel. Ce sont les asexuels regroupés dans les communautés virtuelles formées par l'AVEN et l'AVA en France. Peu de choses ont été écrites et encore moins comprises sur cette orientation. Je l'ai moi-même découverte récemment lors de la journée de l'asexualité. J'ai donc décidé de m'informer et, pour cela, j'ai décidé de lire ce petit livre de Peggy Sastre.

L'auteure décide d'y examiner l'asexualité selon le présupposé de sa normalité. Mais qu'elle est cette orientation? Selon l'auteure elle est caractérisée par l'absence de ressenti d'attirance sexuelle et/ou un intérêt faible si ce n'est inexistant pour le sexe au sens large. C'est sur la construction de cette définition qu'elle construit son premier chapitre ce qui lui permet d'y regrouper un certain nombre d'expériences individuelles. Cela lui permet aussi de supprimer les thèses qui considèrent l'asexualité comme le résultat d'un traumatisme passé ou d'un éveil à la sexualité mis en délai. Elle examine aussi ce que n'est pas l'asexualité. En particulier cette orientation n'est pas un choix fait selon des conceptions religieuses ou politiques  au contraire de la chasteté. L'asexualité n'est donc pas un retour de la pudibonderie mais l'apparition publique de personnes invisibles dans une société qui considère l'absence de sexualité comme étrange voir pathologique. C'est d'ailleurs ce problème de la phonologisation de l'absence d'activité sexuelle que l'auteure analyse dans l'un de ses chapitres pour le relier, ensuite, aux critiques qui ont été faites de ces conceptions dans les recherches les plus récentes. Son dernier chapitre lui permet aussi de critiquer des auteur-e-s qui ont écrit sur l'asexualité en se trompant dans leur conceptualisation ou/et en dépeignant les asexuels comme des personnes malades voir dangereuses qu'il ne faudrait surtout rendre visibles. C'est, en particulier, la thèse de Jacques Wainberg.

Au final nous avons un petit livre à moitié convaincant. Bien que l'auteure ait fait un effort important pour donner au grand public des informations parfois très obscures cachées dans des statistiques difficiles à interpréter elle n'arrive pas toujours à me convaincre dans son traitement. En fait, je trouve que la question aurait pu être traitée de manière bien plus importante. J'ai aussi un peu de mal avec certaines de ses tournures de phrases. Cependant, ce livre a le mérite de poser sur la place publique des faits qui permettent de mieux comprendre à quel point le genre humain peut se développer dans différentes directions. Ainsi, loin d'être une maladie ou un danger l'asexualité est, à mon avis, une orientation normale qui mériterait d'être acceptée dans la société comme toutes les autres formes d'amour et de sexualité.

Image: Éditeur

11:21 Écrit par Hassan dans féminisme/gender/queer, LGBTIQ | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : asexualité, aven, ava | | | |  Facebook

25/09/2013

Doctor Who: Shroud of sorrow par Tommy Donbavand

Titre : Doctor Who: Shroud of sorrowshroud_of_sorrow_lrg.jpg
Auteur : Tommy Donbavand
Éditeur : BBC 2013
Pages : 254

Pour la première fois je lis un DW Book qui met en scène la nouvelle amie du Docteur: Clara. Alors je ne dirais rien sur la manière dont elle apparaît dans la série. Si vous souhaitez le savoir les DVDs/Blu-rays de la saison 7 sont bientôt en ventes. Je dirais seulement que je l'apprécie déjà. Dans cette nouvelle aventure le Docteur et Clara quittent une planète un peu particulière en urgence. En effet, le TARDIS est en train de pleurer et ceci n'augure rien de bon. Lorsque les deux amis arrivent sur Terre ils se rendent compte que c'est le jours qui suit l'assassinat de Kenedy. Les USA sont en deuil. Et sur celui-ci un parasite commence à se faire voir par les humains. Des images de personnes disparues apparaissent devant les gens et augmentent leur peine. Le Docteur sera-t-il capable de redonner espoir à une planète entière?

On en attend beaucoup d'un livre qui présente pour la première fois une nouvelle compagne. On se demande si l'auteur a réussit à intégrer la relation qui commence à se construire entre elle et le Docteur. À mon avis c'est le cas ici. Le Docteur ne se sent pas tout a fait bien après les événements de la saison 7. Il est encore triste et il ne fait pas vraiment confiance à sa nouvelle amie de la même manière qu'il traitait Amy. Cette relation en dent de scie s'observe fréquemment dans ce livre entre les accusations du Docteur et les répliques de Clara qui refuse de se laisser faire. L'histoire, elle, prend un certain temps avant de décoller. Je me demande s'il n'aurait pas été mieux de couper certains passages un peu longs. Heureusement, vers la moitié, l'intrigue prend un tout nouveau tour bien plus drôle que les pages précédentes. Bien que la conclusion soit un peu facile la manière dont elle est amenée me permet de pardonner celle-ci.

  • L’écrivain est voué au septième cercle des enfers.

  • Papier toilette.

  • Roman de gare.

  • À lire. Laborieux au début mais ensuite l'humour et les références deviennent très intéressantes pour les connaisseurs et les amateurs.

  • Tolkien.

Image: BBC

22/09/2013

La matrice de la race généalogie sexuelle et coloniale de la nation française par Elsa Dorlin

Titre : La matrice de la race généalogie sexuelle et coloniale de la nation française9782707159052.gif
Auteure : Elsa Dorlin
Éditeur : La découverte 2006
Pages : 307

Dans ce livre Elsa Dorlin tente de faire une histoire des discours qui ont entourés la formation de la race et des différences de sexe. Pour cela elle remonte au XVIIe siècle durant lequel un certains nombres de traités médicaux ont été écrit et qui régulent la vision des femmes et des races comme inférieures à l'homme blanc européen. Cette étude lui permet de nous expliquer comment les différenciations ont été théorisées et utilisées comme dispositifs de pouvoirs pour réussir à dominer très concrètement une partie importante de l'humanité. Pour ce faire elle construit trois parties.

La première partie examine la manière dont les médecins ont considérés le corps féminin et sa relation avec la maladie. Elsa Dorlin y démontre que l’infériorité considérée naturelle des femmes est construite dans leur fonctionnement face à la santé. En effet, selon Dorlin, les médecins de l'époque considèrent le corps féminin comme nécessairement malsain alors que le corps masculin est nécessairement sain. Ainsi, un homme malade est un homme qui se dévirilise alors qu'une femme saine est une femme qui se virilise. Ces considérations se basent sur la théorie des humeurs qui considère que les sexes, et les humains, sont différenciés par certaines humeurs qui impliquent aussi un mental.

La seconde partie examine la manière dont la nation est née entre le XVIIe et le XVIIIe siècle. L'auteure y montre comment les mères ont été créées mais aussi de quelle manière les médecins tentent de réguler, voir d'interdire, le travail des sages-femmes et des nourrices. Les premières sont vues comme des femmes proche de la sorcellerie qui, dans le secret, pourraient bien permettre aux femmes de perdre leurs enfants. Tandis que les secondes sont considérées comme dangereuses car le lait venant de leur corps et offert à l'enfant transmet les caractéristiques morales de la nourrice. L'auteure montre aussi de quelle manière les sages-femmes sont exclues de la profession médicale face aux hommes grâce à la mise en place de nouvelles normes. Cette partie permet aussi de comprendre comment un début de théorie raciale se met en place via les thèses de l'hybridation. Celle-ci permettrait de garder un peuple fort via l'adjonction d'un sang nouveau et l'esclavage pourrait être le moyen de la pratiquer.

Enfin, la dernière partie permet d'examiner la construction des races via l'exemple des colonies françaises. Elsa Dorlin montre comment la domination des hommes blancs sur les esclaves et les autochtones s'est construite et justifiée via le discours médical. Ainsi, par exemple, l'esclavage est théorisé comme un bien pour les populations déportées africaines car il permet de passer outre leur fainéantise et leur inconduite naturelle. Ce sont aussi des peuples capables de subir une forme de travail particulièrement rude. Dans ces thèses la fuite des esclaves est vue comme une anomalie qui peut être expliquée médicalement.

Ce livre permet donc de comprendre comment la nation française, masculine, s'est constituée à la fois face aux femmes et aux autres "races". C'est la mise en place de nombreux discours qui présupposent une infériorité du corps de l'autre qui permettent de considérer l'homme blanc comme supérieur et parfait. La domination est donc légitimée via la santé à la fois morale et physique des européens. La lecture en est très intéressante. L'auteure réussit à montrer comment les discours peuvent être concrètement utilisés comme dispositifs de pouvoirs et justifier une inégalité. Le livre permet aussi d'en savoir un peu plus sur l'histoire de la médecine et son fonctionnement face aux femmes et aux africains. C'est donc un ouvrage que je recommande chaudement.

Image: Éditeur

16/09/2013

Doctor Who: Step back in time par Richard Dungworth (Extra time) et Jacqueline Rayner (The water thief)

Titre : Doctor Who: Step back in time250px-6_Step_Back_In_Time.jpg
Auteur-e-s : Richard Dungworth et Jacqueline Rayner
Éditeur : BBC 2012
Pages : 390

Bon un petit retour en arrière puisque, la poste oblige, j'ai reçu cette aventure du Docteur avec Amy et Rory après le dernier livre que j'ai présenté. Nous sommes donc avant les événements de la moitié de la saison 6. Le Docteur se retrouve dans deux aventures. Dans la première il décide d'emmener, sur insistance de Rory, son Tardis lors de la seule coupe du monde gagnée par l'Angleterre en 1966. Mais les amis se rendent bien vite compte que des problèmes les attendent. Et tandis que Rory doit prendre un rôle plus important que prévu dans l'histoire de la finale le Docteur et Amy essaient de sauver Londres. Dans la seconde aventure nos trois voyageurs souhaitent se baigner tranquillement au bord de la mer. C'est sans compter le Docteur qui se trompe quelque peu et atterrit au plein milieu du désert égyptien près d'une excavation archéologique. Un étrange artefact y est l'origine de papyrus aussi étrange que dangereux. Seul un retour dans le passé peut permettre au Docteur de comprendre ce qui se déroule.

Les 2 in 1 ne sont jamais des aventures particulièrement élaborées. Les Doctor Who books ne sont en eux-mêmes jamais très denses. Parfois ceci est négatif et impact fortement le plaisir de la lecture. Mais ça peut aussi bien fonctionner. C'est le cas de ces deux aventures que j'ai beaucoup apprécié lire. Que ce soit le pauvre Rory qui se retrouve au centre de l'attention d'une finale de football ou alors le Docteur maquillé pour passer inaperçu en Égypte antique. Cependant, les intrigues sont loin d'être compliquée et sont presque anecdotiques. Comme d'habitude les personnages secondaires sont à peine décrits. Ce sont d'ailleurs largement des clichés ambulants. Rien de bien excessif donc.

  • L’écrivain est voué au septième cercle des enfers.

  • Papier toilette.

  • Roman de gare. Sympa sans plus même si j'aime bien les retours dans le passé.

  • À lire.

  • Tolkien.

Image: Tardis wikia

15/09/2013

The Butler /Le Majordome de Lee Daniel

Le Majordome est ce film qui aurait fait pleurer Obama. Il est donc logique que tout le monde décide d'aller le voir pour savoir si on pleure vraiment devant l'écran. C'est aussi une histoire particulièrement importante pour les USA qui n'ont pas encore réussi à créer une égalité de fait entre les communautés. Nous n'avons pas le même type de mouvements en Europe. Ce film est l'histoire d'un homme, Cecil Gaines qui quitte le Sud des USA pour éviter les risques qui entourent les personnes noires. Son voyage lui permettra de devenir un très bon majordome et d'être observé par les services de la Maison Blanche. Il sera dans cette Maison au service de 7 présidents ce qui lui permettra de voir de l'intérieure des bribes de décisions concernant les questions importantes de la seconde moitié du XXe siècle tout en restant le plus discret possible.

Je pense qu'il est nécessaire de le dire immédiatement. J'ai lu de temps en temps que ce film permet de voir la petite histoire d'un homme face à la grande histoire. A mon avis il n'y a pas de grande ni de petite histoire. Il y a des individus qui sont mêlés à des événements qu'ils ne contrôlent pas. Et ce film réussit bien à montrer cet emmêlement. Alors que Cecil Gaines tente de garder son travail et de rester discret sa famille est nécessairement engloutie par l'arrivée de Martin Luther King puis du Black Panther Party. Perdu dans des mouvements de masse qu'il ne comprend pas et dont il a peur alors que l'un de ses fils s'y engage fortement pour ensuite entrer en politique. On observe, en fait, un changement de génération. L'une souhaitait la discrétion pour survivre et la nouvelle fait tout pour démontrer son droit à l'existence.

Mais ce beau film est loin d'être parfait. En fait c'est un film très simple. On peut difficilement échouer quand on place toutes les idées connues sur le mouvement des droits civiques et l'histoire des populations noires des USA. Ainsi, le réalisateur nous montre les champs de cotons, la brutalité policière et des simples personnes et porte sur un piédestal les combattants du mouvement freedom puis du Black Panther Party en mettant face à face des mouvements qui se veulent pacifistes et une réaction violente encadrée et légitimée par la justice. Il n'y a aucune vision de ces événements dans toute leur complexité. Le personnage de Cecil Gaines est lui-même simplifié à l'extrême. C'est un père de famille travailleur consciencieux qui a des problèmes avec sa famille entre sa femme délaissée, son aîné engagé et son cadet qui accepte tout sans critiques. Il ne manque plus que le chien et nous avons la bonne famille américaine. Les femmes, elles, apparaissent à peine. Et tandis que le réalisateur nous montre les mouvements de luttes contre la ségrégation rien n'est fait pour y montrer l'importance des femmes ainsi que leur vision critique du patriarcat. Ou est passée la critique des blacks feminists? C'est à peine si on nous montre quelques scènes durant lesquels les hommes sont dominants et les femmes dominées et mises à l'arrière plan. Ceci étant fait sans visions critiques.

  • Le scénariste est voué au septième cercle des enfers.

  • Twilight.

  • Film de vacances. Ce n'est pas un mauvais film malgré quelques scènes peu maitrisées mais surtout un film facile. Dans l'Amérique d'Obama il n'était que logique que ce type d'histoire soit mis en scène. Mais il n'y a pas de profondeurs et j'en suis sorti avec une impression de manque.

  • Bon scénario.

  • Joss Whedon.

Image: Allociné

Site Officiel

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13/09/2013

La distinction entre sexe et genre. Une histoire entre biologie et culture coordonné par Ilana Löwy et Hélène Rouch

Titre : La distinction entre sexe et genre. Une histoire entre biologie et culture2747546012j.jpg
Coordinatrices : Ilana Löwy et Hélène Rouch
Éditeur : L'Harmattan 2003
Pages : 258

Le genre est de plus en plus décrié dans certains milieux. Des personnes pensent que le genre est une théorie qui détruit ce qui serait la nature. Or, la théorie du genre n'existe pas. Le genre est un concept qui décrit la construction culturelle de la signification des sexes et non les sexes biologiques eux-mêmes. Cependant, il est utile de se demander si le sexe précède ou non le genre. Ou, pour mieux le dire, si la manière de considérer le sexe biologique est influencé par la culture.

C'est ce dernier point qui est le thème rassembleur de cette édition des Cahiers du Genre. On y trouve 9 contributions (dont l'introduction) qui concernent aussi bien la sexologie que l'intersexualité. Les différentes contributions montrent de quelle manière le sexe a été défini que ce soit dans son acceptation biologique et culturelle. Par exemple, la recherche sur les hormones a impliqué la mise en place de divisions sexuelles entre elles alors que les différences sont moins importantes qu'on ne le croit. Le cahier permet donc de mettre en place une réflexion importante sur la relation entre sexe et genre que ce soit philosophiquement où dans le cadre de l'histoire des sciences.

Image: Éditeur

06/09/2013

Doctor Who: The Dalek generation par Nicholas Briggs

Titre : Doctor Who: The Dalek generationdalek_generation.jpg
Auteur : Nicholas Briggs
Éditeur : BBC 2013
Pages : 253

Le Docteur navigue gentiment et mélancoliquement dans son TARDIS. Quand, soudain, un appel à l'aide réussit à l'atteindre. Il ne faut pas plus de trente secondes pour que le Docteur décide de courir sauver ces pauvres personnes attaquées par les Daleks. Mais par un concours de circonstances il arrive trop tard et se trouve chargé des trois enfants restés en arrière. Tandis qu'il tente de trouver un endroit qui pourrait les accueillir il tente de prouver que les Daleks sont une race de destructeur. Car ceux-ci ont réussi à faire croire qu'ils voulaient du bien aux humains et les critiquer est un crime.

Pauvres Daleks, ils n'ont jamais de chance le Docteur est toujours là quand ils créent un plan particulièrement efficace. C'était donc une bonne chose de les laisser se reposer un peu durant la saison 6. C'est aussi la raison pour laquelle j'étais assez content de les revoir ici tout en n'ayant pas d'attentes particulières. Je n'ai, d'ailleurs, pas extrêmement apprécié ce livre. On y trouve un tout autre type d'histoire que précédemment. Le Docteur est souvent mis en échec mais, surtout, il y a comme une atmosphère de tristesse. Plusieurs fois il annonce ne plus vouloir se mêler des problèmes des autres. En quelque sorte ce livre fait le lien avec le dernier épisode de noël. Bien que j'aie apprécié les enfants et la journaliste c'est surtout la manière dont est construite l'histoire qui me pose problème. Les choses sont lentes à se mettre en place, parfois confuses et, surtout, je n'aime pas les deus ex machina.

  • L’écrivain est voué au septième cercle des enfers.

  • Papier toilette.

  • Roman de gare. Comme on dit: ça casse pas trois pattes à un canard.

  • À lire.

  • Tolkien.

Image: BBC

15:38 Écrit par Hassan dans Doctor Who, science-fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bbc, doctor who, matt smith, dalek | | | |  Facebook

05/09/2013

L'arrangement des sexes par Erving Goffman

Titre : L'arrangement des sexes41GW99Z3Q7L._.jpg
Auteur : Erving Goffman
Éditeur : La Dispute et Cahier du Cedref 2002
Pages : 115

Erving Goffman est l'un de mes sociologues fétiches. J'apprécie sa méthode ainsi que ses terrains d'observations. J'aime aussi les concepts qu'il développe que je trouve très stimulant. Quand j'ai appris qu'il avait écrit un article, traduit en français, sur le genre j'ai tout de suite voulu le lire. Goffman y utilise le concept de genre pour décrire la société qui l'entoure soit bourgeoise et blanche. Il utilise sa méthode de microsociologie pour montrer comment les relations entre personnes permettent de (re)créer des relations différenciées entre les personnes des deux sexes. Ainsi il décrit plusieurs moments de la vie de tout le monde comme les actes de galanterie qu'il décrit comme un moyen pour l'homme de renouveler son caractère de genre mâle face à une femme qui renouvelle son genre féminin. Il montre aussi comment fonctionne la relation de séduction qui permet à une femme d'accepter ou de refuser un homme qui se sent avoir le droit à l'attention des femmes dès qu'elles se trouvent en dehors du foyer.

Bref, cet article est daté. La plupart des relations que Goffman analyse sont maintenant largement connues et décrites dans une littérature abondante. Celle-ci est allée plus loin que le sociologue depuis de nombreuses années et s'est intéressées aux relations entre les phénomènes de dominations. Cependant, faut-il pour autant jeter aux oubliettes les analyses de Goffman? Je ne le pense pas. En effet, l'auteur applique une méthode extrêmement intéressante pour trouver une forme de domination entre des personnes. Plutôt que des enquêtes statistiques l'observation d'un groupe particulier permet de décrire des mécanismes subtils et, parfois, inconnus. Cette méthode est, à mon avis, toujours utile et peut donner des résultats très intéressants.

Image: Amazon

03/09/2013

Doctor Who: Dark horizons par Jenny T. Colgan

Titre : Doctor Who: Dark horizonsdw_dark_horizons_125.jpg
Auteure : Jenny T. Colgan
Éditeur : BBC 2012
Pages : 307

Le Docteur s'ennuie dans son TARDIS. Jouer aux échecs contre lui-même est loin de lui offrir le fun qu'il souhaiterait. Il se met donc en quête d'un petit coin où il pourrait trouver quelqu'un avec qui jouer. C'est donc tout naturellement qu'il se dirige vers une petite île plongée au cœur de l'Atlantique nord vers le XIIe siècle. Mais il a à peine le temps de dire bonjour à tout le monde qu'une catastrophe s'abat sur le village. Un bateau viking est visible au loin. Mais quelque chose ne va pas. Ce dernier semble être pris dans le feu. Ce qui est étrange c'est que le feu vient de l'océan.

J'ai beaucoup aimé ce livre. L'auteure, à mon avis, nous offre tout ce qui me fait apprécier Doctor Who. Le Docteur est égal à lui-même et fait de nombreuses références à son passé. Il blague aussi sur tout ce qu'il voit ce qui fonctionne très bien. Bien entendu le fait qu'il y ait des Vikings dans l'aventure ne fait que rendre l'histoire plus intéressante. Tout le monde sait que j'adore les Vikings et que leur seule présence est suffisante pour me faire sourire. L'un de ces Vikings est une princesse que j'ai beaucoup apprécié. Loin d'accepter d'être jetée dans un bateau pour être mariée elle se bat jusqu'au bout et affirme son droit à être traitée comme tout le monde et non comme une marchandise. Mais, surtout, ce livre nous offre l'un des noms du Docteur. Pas le vrai bien entendu, mais un nom qui lui va parfaitement bien et que je donnerais pas ici.

  • L’écrivain est voué au septième cercle des enfers.

  • Papier toilette.

  • Roman de gare.

  • À lire. Des Vikings, des gags et une princesse avec une épée. Que demander de plus? Ah c'est vrai un Docteur plus vrai que nature!

  • Tolkien.

Image: BBC

16:44 Écrit par Hassan dans Doctor Who, science-fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bbc, doctor who, matt smith | | | |  Facebook

02/09/2013

Si je veux, quand je veux Contraception et avortement dans la société française (1956-1979) par Bibia Pavard

Titre : Si je veux, quand je veux  Contraception et avortement dans la société française (1956-1979)1346231416.jpg
Auteure : Bibia Pavard
Éditeur : Presses Universitaires de Rennes 2012
Pages : 358

Le droit à l'avortement et à la contraception est régulièrement remis en question dans les pays occidentaux. Que ce soit de manière violente ou non le contrôle du corps des femmes est encore un enjeu de luttes pour différents groupes. En Suisse même il existe, à ce jour, deux initiatives qui visent frontalement le droit à l'avortement. Il est donc important de regarder comment se sont déroulées les luttes dans le passé pour comprendre comment et pourquoi ces luttes continuent aujourd'hui. Ce livre s'intéresse à la France mais cela n'enlève rien à sa pertinence. En effet, les arguments restent souvent les même malgré le passage de la frontière. Il est construit en trois parties chronologiques qui partent des premières luttes pour la contraception dans les années 50 jusqu'à l'élaboration finale du droit à l'avortement en 1979.

C'est dans le milieu des années 50 que sort du tabou la question de la contraception. Alors que cette dernière est attaquée par le dispositif légal français un certain nombre de médecins décident de mettre en place une discussion autours de la gestion de la maternité. Ces personnes décident de porter le problème sur la place publique en s'aidant de dispositifs militants internationaux pour arrêter une politique considérée comme hypocrite. Le but est de reconstruire la contraception comme un moyen de contrôle des naissances dans le cadre d'une politique familiale rationnelle qui permette d'éviter les avortements clandestins. Moins qu'une attaque contre le contrôle des corps féminins c'est plus une redéfinition de la contraception dans des catégories modernes de rationalité économique qui réussira lors du vote de la loi Neuwirth à la fin des années 60.

Mais la loi est à peine votée que de nouveaux enjeux féministes s'imposent dans la société. Alors que le droit à la contraception est difficilement mis en place un certain nombre de groupes décident de s'organiser autours d'une lutte en faveurs de l'avortement. Que ce soit le MLF, Choisir ou le Planning Familial chacun décide de militer à sa manière et selon ses propres conceptions. L'un des points les plus importants du droit à l'avortement est la prise de contrôle du corps féminins par les femmes elles-même. Dans ce cadre l'usage de la méthode d'avortement par aspiration permet de pratiquer sur sois-même entouré par des personnes qui travaillent en commun avec celle qui souhaite avorter. Tout aussi important est le caractère public des avortements - que ce soit le manifeste des 343 où la mise en place d'avortement non-clandestins chez des militantes - ce qui permet d'attaquer frontalement la vieille loi de 1920 qui pénalise cette pratique. Celle-ci n'est plus appliquée que dans de rares cas qui montrent à la fois sa non-applicabilité mais aussi son caractère de justice masculine sur des femmes de classes populaires. Il devient rapidement apparent que la loi est injuste voire qualifiée de scélérate.

C'est dans ce cadre qu'une tentative de légaliser l'avortement est mise en place autours de Simone Veil. Mais la majorité est loin d'être acquise que ce soit du coté des personnes favorables au droit à l'avortement où du coté des personnes défavorables. La lutte s'annonce difficile et de nombreuses concessions doivent être faites pour rendre la loi acceptable dont la mise en place d'une période d'essai de 5 ans. Malgré cela les débats utilisent des arguments forts que ce soit en 1974 ou 1979 qui restent semblables. Les mouvements féministes tentent aussi d'influer sur la loi et son application en dénonçant les mauvaises pratiques où les médecins réfractaires. Parfois jusqu'à, encore une fois, violer ouvertement la loi. Cette histoire se termine, provisoirement, en 1979 lorsque la majorité accepte enfin un droit à l'avortement.

En conclusion je suis très heureux d'avoir choisi ce livre extrêmement intéressant. Je n'ai pas montré, dans ce billet, toute la richesse de cette recherche qui permet de comprendre pourquoi et comment des personnes, ordinaires, se sont intéressées au sujet de la contraception et de l'avortement pour en faire une lutte politique. Le livre de Bibia Pavard permet de passer outre les grands personnages de cette histoire et de comprendre le militantisme de femmes et d'hommes dans le cadre d'organisations nombreuses et, parfois, contradictoires. Ce livre permet de mieux comprendre comment une lutte à pu réussir malgré son illégalité et son illégitimité au départ.

Image: Éditeur