18/01/2014

Soylent green (soleil vert)

Un cinéma proche de chez moi organise une rétrospective de film post-apocalyptique. L'un de ceux-ci est Soylent green (soleil vert en français). Il se déroule en 2022 alors que la pollution et la surpopulation ont détruit l'écologie de la planète. La nourriture est presque introuvable et cher. Heureusement, une compagnie a inventé le Soylent green dont elle a le monopole. Mais la production ne suffit pas à couvrir les besoins de toute la population qui se révolte souvent. Le héros, Robert Thorn, est policier. Il est mis sur l'enquête du meurtre de l'un des anciens dirigeants de Soylent. Mais ce qu'il pensait être une enquête facile lui permet de découvrir autre chose. Une gigantesque conspiration dont la vérité désespère les personnes qui savent. Pourra-t-il trouver cette vérité avant d'être éliminé?

Il y a de nombreux aspects intéressants dans ce film. Le premier d'entre-eux et la relation du détective et de son assistant. Ce dernier est un homme âgé qui a connu le monde avant la catastrophe écologique. Il permet de montrer les différences qui existent entre l'avant et l'après. Ce qu'il regrette, en particulier, est la nourriture. Un second aspect concerne la société en elle-même. On sent une vie difficile dans une foule qui ne s'arrête jamais. On se marche sur les pieds. C'est aussi une société fortement divisée entre la pauvreté et la richesse. Les riches mangent de la vraie nourriture et vivent dans de grands appartements vides avec des femmes nommées "fournitures". Les pauvres ne mangent ni ne boivent à leur faim et se contente des rations de Soylent green tout en vivant entassés. On apprend aussi l'existence d'usines à suicide. Mais ce qui compte vraiment c'est la révélation de ce qui constitue le Soylent green.

Il est dommage que le film ait autant de défauts. Le jeu des acteurs et actrices ne m'a pas du tout convaincu. Les révélations sont amenées tellement grossièrement que l'on s'en rend compte bien avant leur arrivée réelle. Il y a aussi un fort problème avec les rôles féminins. Les femmes ont rarement un nom et servent surtout comme marqueur social et objets sexuels. Ainsi, Thorn use des services d'une fourniture contre son grès mais cette dernière tombe amoureuse de lui. Un schéma classique du viol qui débouche sur l'amour. Au final, les thèmes portés par le film ne sont pas assez dépeints et la fin est peu convaincante.

  • Le scénariste est voué au septième cercle des enfers.

  • Twilight. Un thème intéressant mais un traitement raté.

  • Film de vacances.

  • Bon scénario.

  • Joss Whedon.

Image: Allociné

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Commentaires

Bon comme d'hab (même si ça fait longtemps que j'ai pas laissé de commentaire), je vais commencer par une remarque très pointue. Le mot anglais « furniture » (traduit dans les sous-titre de manière plus « politiquement correct » par quelque chose comme maîtresse) signifie meuble ou mobilier (et non « fourniture »).

Sinon, concernant le film de manière plus générale, je pense qu'il faut prendre en compte qu'il s'agit d'un film de 1973. Le jeu d'acteur, la « vitesse » du film et le rapport à la sexualité (et aux femmes) est (presque forcement) différent de ce que l'on voit actuellement.

Personnellement, j'ai toujours de la peine à juger le jeu d'acteur (à moins qu'il soit très bon ou très mauvais), la remarque qui va suivre est donc assez subjective. Pour Soylent green, j'ai plutôt eu l'impression que la manière de jouer des acteur-trice-s était « datée » et qu'elle ne correspond plus aux critères actuels (et américain) d'ultra réalisme à la Stanislaski (oui, je mets des références compliquées pour faire genre, mais ce n'est qu'un vague résidu d'un cour que j'espère pas trop mal réutiliser, mais sans garantie). D'ailleurs au final, j'ai plutôt bien aimé le jeu d'Edward G. Gibson qui joue l'assistant plus âgé qui a connu « l'avant ».

Concernant les rôles féminin, certes c'est pas terrible. De nouveau, il faut aussi voir le rôle des femmes dans la société en 1973 (en Suisse, cela faisait seulement 2 ans que les femmes peuvent voter). Je te l'accorde, il n'y a quasi pas de rôle féminin dans le film. Les héros sont des hommes et la seule femme est « la copine du héros ». Bien que regrettable, je trouve cela plus « pardonnable » dans les années septante qu'en 2010. Pour ma part, j'ai plutôt trouvé intéressant de présenter les femmes comme marqueur social, symbole de la richesse d'une minorité (qui profite des plaisirs de la chère comme de la chair). J'ai vu ça comme un symbole de décadence. En effet, il s'agit d'une dystopie. J'y ai donc vu une critique plutôt qu'un désire secret du réalisateur. Après, effectivement l'histoire d'amour est tout à fait superflue. Elle est caricaturale et n'apporte rien au récit (et à la critique).

Enfin, concernant le déroulement du film, effectivement c'est un peu grossier. J'aurai bien aimé que les différents thèmes soient (mieux) approfondis et que la fin soit plus crédible. Mais en même temps chapeau pour les thème traités (surtout pour un film de 1973) : réchauffement climatique, farine animale, suicide assisté, surpopulation, clivage social économique, prostitution de luxe et objectivation des femmes. En ce sens, je trouve que c'est un film novateur pour son époque.

Bref, en gros, malgré ses défauts, j'ai trouvé le film intéressant. En tout cas pas un Twilight :-)

Écrit par : The Colloc | 22/01/2014

Hello,

En ce qui concerne le terme "Furniture" je sais que ma traduction n'est pas parfaite (mais je ne suis pas traducteur donc bon) mais je trouve que "meuble" casse un peu l'idée d'une femme "fournie" avec l'appartement pour le plaisir et l'usage de l'homme qui paie.

Je suis plutôt d'accord avec ce que tu écris. Mais même si les rôles féminins se comprennent à l'époque je trouve qu'il est important de noter la manière dont ces rôles sont construits. Le faire permet de déconstruire un peu les choses mais aussi d'éviter de s'aveugler face à des classiques (ce que je dis est très général bien entendu).

Écrit par : Hassan | 02/02/2014

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