20/02/2014

Pauvreté, charité et morale à Londres au XIXe siècle une sainte violence par Françoise Barret-Ducrocq

Titre : Pauvreté, charité et morale à Londres au XIXe siècle une sainte violence9780345408006?&height=281&maxwidth=190
Auteur : Françoise Barret-Ducrocq
Éditeur : PUF 1991
Pages : 245

Lors du XIXe siècle, en pleine ère victorienne, Londres a connu une croisade morale d'ampleur. C'est celle-ci qui est analysée par l'auteure. En effet, alors que la ville s’agrandit comme jamais de nombreuses personnes inquiètent du danger des masses ouvrières pauvres. Ces hommes et femmes qui ne suivent pas les prescriptions de la bible ou les lois. Les crimes sexuels sont nombreux et la vie existe dans le cadre de taudis dont la crasse et la puanteur crée l'effroi chez les bourgeois-es de l'époque. C'est dans ce contexte que de nombreuses associations philanthropiques se créent. Mais, derrière leur volonté d'aider les nécessiteux/euses se cache une entreprise de normalisation extrêmement forte.

L'auteure décrit l'époque en trois parties. Les deux premières sont assez courtes et permettent surtout de placer le contexte. Ainsi, Françoise Barret-Ducrocq commence par analyser les discours qui sont écrits sur la pauvreté des habitant-e-s de Londres. On y trouve une peur horrifiée face à une population qui vit trop nombreux dans un espace restreint et crasseux. La pauvreté s'accompagne de signes physiques qui sont autant de moyens de comprendre la moralité déficiente des masses. Ainsi, Londres est remplie de personnes qui ne suivent pas les lois de dieu et qui vivent dans la fornication et la proximité. La bigamie, la prostitution, l'athéisme et le socialisme sont des maux à combattre. Ces problèmes sont analysés dans la seconde partie. La troisième partie, la plus importante, permet à l'auteure d'analyser comment on agit sur la population. On y observe une action officielle à l'aide de lois qui permettent de réguler la manière de vivre et d'interdire ce qui est illégitime. Parallèlement, la société civile s'organise en associations philanthropiques aux buts différents bien que proches. On note avec intérêt l'existence de la London Bible Women and Nurses Mission composée de femmes qui mettent en doute leur prétendue incapacité face à la dureté de la vie. L'auteure montre aussi quels sont les personnes qui paient ces actions. Enfin, on observe de quelle manière les philanthropes agissent. Qui sont les personnes visées et comment les aider. On y trouve des actions parfois musclées qui n'hésitent pas à s'attaquer physiquement sur le long terme. La conclusion permet de faire le bilan de ces actions et de créer un parallèle avec notre époque. En effet, que ce soit au XIXe ou aujourd'hui on n'écoute pas ce que veut la personne que l'on souhaite aider. On agit pour elle pour son bien sans l'écouter au nom de valeurs prétendument universelles. C'est donc un livre très intéressant qui permet de mettre en perspective les actions sociales.

Image: Amazon

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