06/05/2014

The Amazing Spiderman: Le destin d'un héros

Après les événements du dernier film l'homme araignée est de plus en plus populaire. Bien que des débats se forment sur son droit à agir comme un héros les habitant-e-s de New York l'acceptent de mieux en mieux. Et Peter Parker s'amuse comme un petit fou dans son costume. Il aime voler entre les immeubles, sauver les gens et s'attaquer aux bandits tout en aidant les forces de l'ordre de sa ville. Mais sa vie privée n'est pas aussi simple. Gwen Stacy le quitte (pour une très bonne raison), sa tante essaie de comprendre ce jeune homme alors que lui-même en veut toujours à ses parents de l'avoir abandonné. Alors quand deux nouveaux personnages apparaissent dans la ville les choses pourraient devenir dangereuses. Et elles le seront car entre Electro et Osborn tous les ingrédients sont réunis pour une rencontrer explosive.

Personne n'a pu échapper à la promotion autours de Spiderman. C'était même un peu trop et on se demandait tous si ça ne risquait pas de gâcher le film. De plus, de nombreuses personnes s'inquiétaient des multiples intrigues liées en un seul film: 3 super vilains, une histoire d'amour et un mystère à éclaircir. Dans le sens de cette peur j'ai lu, après avoir vu le film, une critique qui considère que l'intrigue a été écrite en essayant d'ajouter des aspects sans s'inquiéter de leur cohérence. Je pense que ce point est parfaitement justifié. Après être sorti du film j'ai eu l'impression que les scénaristes se sont demandés comment attirer le plus de monde pour voir un film de super héros. Il faut de la romance, de l'action, une touche de mystère et, surtout, un danger important! Et, dans The Amazing Spiderman 2, on a de la romance, de l'action, du mystère et un danger important. Le problème c'est que ces différents aspects, bien qu'intéressants, ne fonctionnent pas du tout ensemble! Nous avons donc un film décousu et très long.

Le point le plus inutile est le mystère autours de la mort des parents de Peter Parker. Le film s'ouvre sur ce point et nous donne quelques éléments. Le problème c'est que ces idées ne servent à rien. On se trouve face à une intrigue différente qui aurait été mieux utilisé dans un autre film.Ce point ne fait que rajouter du temps inutile. La romance m'a aussi déçu. Ce ne sont pas les acteurs, qui jouent bien leur rôle, mais la manière dont leur relation est écrite. Ainsi, on doit attendre la fin pour que Gwen Stacy revendique son droit au choix - ce qui aurait dû être fait au début durant une scène parfaite pour ceci - alors que premier film et la majeure partie de second volet (autrement dit les 90% et je suis gentil) parlent de la nécessité pour les hommes de protéger les femmes. On pourrait d'ailleurs croire, et attention au spoiler, que la revendication de Gwen Stacy permet aussi de montrer ce qui arrive quand une femme refuse la protection du mâle. Ceci est très décevant d'autant plus quand il recrée la scène usée jusqu'à la corde, et sexiste, du héros qui doit perdre quelqu'un pour trouver son but. Pourtant, ce personnage avait un grand potentiel. Non seulement elle connait et accepte l'identité de Peter Parker mais elle lui offre une stabilité et son intelligence redoutable. On peut dire que la réussite de Spiderman est à moitié celle de Gwen Stacy (chose qui se voyait aussi dans le premier épisode puisque c'est Gwen qui créait l'antidote). Il n'y avait pas besoin de cette scène. Spiderman a déjà perdu ses parents et son oncle ce qui lui a donné son but et son code.

Nous avons aussi le danger important. Celui-ci est principalement incarné par Electro. Les deux autres super vilains permettent d'ouvrir à une menace future (tout en donnant l'idée qu'il pourrait y avoir d'autres introductions dans le futur). Bien que j'aie apprécié la manière dont son arrivée est décrite je trouve ce personnage un peu simpliste. Mais, surtout, les scénaristes n'ont pas pu faire autrement que de créer une menace qui implique la destruction de toute la ville si Spiderman échoue. Ainsi, on nous offre des plans inutiles sur deux avions qui vont s'écraser l'un sur l'autre et un hôpital sans énergie. Les spectateurs ne sont pourtant pas bêtes. Ils et elles ont compris que la ville est en danger il n'y a pas besoin d'en rajouter. Ce qui me mène à l'action. Bien que ces scènes soient très bien faites elles n'ont pas beaucoup d'intérêt en sois en dehors de sauver le film. Car ce second volet n'est pas bon. La seule raison d'aller le voir est de regarder un combat de super héros contre des super vilains. En dehors de ceci je n'y vois pas d'intérêt. Au final, un film bâclé. En effet, les scénaristes se sont contentés d'ajouter des intrigues sans se soucier de leur cohérence. Ce manque crée une impression de brouillon qui peut très facilement fatiguer les spectateurs et spectatrices.

  • Le scénariste est voué au septième cercle des enfers.

  • Twilight. Un film moyen qu'on ne regarde que pour Spiderman tout en éteignant son cerveau pour ne pas subir les incohérences. Ne payez pas, attendez sa sortie à la TV si vous souhaitez le voir.

  • Film de vacances.

  • Bon scénario.

  • Joss Whedon.

Image: Site officiel

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Commentaires

J'ai trouvé la mort de Gwen Stacy très logique: elle présumait trop d'elle-même, se mêlait imprudemment du combat des hommes-dieux. Les scènes de combat sont réellement fantastiques, avec le ralenti et des couleurs magiques, qui donnent l'impression que ces combats se déroulent dans une autre dimension, avec des personnages hiératiques et fabuleux, elles doivent à "Matrix" mais je crois que les films de superhéros devraient tous prendre modèle, souvent avec leur réalisme dénué de sens on n'y comprend rien, dès qu'il y a de l'action. Les scènes réalistes ne sont pas trop désagréables à suivre, le héros est sympathique, et la ville est bien filmée, surtout la nuit. J'ai plutôt été surpris en bien.

Écrit par : Rémi Mogenet | 13/05/2014

Bonjour.

Personnellement je reste sur mon avis que la mort de Gwen, bien qu'elle suive l'histoire des comics, est surtout un moyen inutile et trop commun d'utiliser les femmes comme proies et victimes pour expliquer le combat de leur mâle. Gwen était une femme intelligente qui a permis à Spiderman de gagner aussi bien dans le premier que dans le second film.

J'ai retiré peu de satisfaction d'un film qui est beau mais qui n'a aucune profondeurs. Ceci est vraiment dommage surtout pour un personnage très complexe et très critiqué.

Écrit par : Hassan | 17/05/2014

Moi j'ai trouvé que l'idée de la femme qui croit pouvoir se mêler du combat des surhommes, qui pense que rien ne pourra l'atteindre, et en meurt, est assez profonde... dans le sens où dans les films cela n'arrive jamais alors que dans le réel cela peut arriver, qu'il est même logique que cela arrive. L'intelligence ne protège pas de la présomption, ou de la tragédie.

Écrit par : Rémi Mogenet | 27/06/2014

Vous semblez penser que Gwen est arrogante. Pour moi c'est la seule héroïne. Spiderman, sans elle, serait mort. New York serait détruite et sous contrôle des super vilains. Gwen décide de prendre sur sa peur, malgré son absence de pouvoir, et de sauver la ville. Spiderman ne fait qu'office de diversion. Gwen EST le personnage central du film.
De plus, la mort d'une femme pour que le héros mâle ait une mission (ou ait échoué dans sa mission) est extrêmement commun dans la culture. Aussi bien dans les livres, les comics qu'au cinéma les femmes existent pour mourir et donner un but aux mâles. Quand ce n'est pas le cas elles ne sont que des femmes fortes soit des personnages sans profondeurs. Gwen mérite mieux. Nous méritons mieux.

Écrit par : Hassan | 27/06/2014

Nous méritons mieux que le réel? Si un homme ordinaire avait aidé sa copine superhéroïne en se pensant à l'abri des blessures que sa copine n'avait pas à cause de sa consrtitution surnaturelle, j'aurais trouvé logique qu'il en meure. Hélas, nous ne méritons pas mieux. Marie Curie plongeant les mains dans le radium en est bien morte. Il ne s'agit pas de vision sexiste, mais de différence réelle entre ce qui est de l'ordre du magique, du surnaturel, et de ce qui est l'ordre du naturel, de l'ordinaire. Si Marie Curie avait été un homme, elle aurait subi le même sort, qui l'ignore?

Écrit par : Rémi Mogenet | 27/06/2014

Ce que vous semblez ignorer c'est le caractère global et extrêmement important de ce scénario. Dans les comics, les films, les livres et les jeux les femmes meurent pour offrir un scénario au héros mâle. C'est tellement commun qu'il existe même un terme pour le décrire. Terme venu de la mort de la petite amie de Kyle Rayner, Alex DeWitt. On parle de Women in Refrigerators.https://en.wikipedia.org/wiki/Women_in_Refrigerators
Et oui, j'aimerais bien qu'on passe outre ce simplisme scénaristique. Les femmes méritent de vivre dans la culture populaire. Petite liste, non exhaustive, de héros qui ont connu ceci: Wolverine, Spiderman, Batman, Kyle Rayner,...

De plus, il ne faut pas oublier le reste du film. Depuis le début il est expliqué que Peter Parker doit protèger Gwen. C'est une mission qui lui a été confiée par le père de Gwen lors de sa mort. Autrement dit, les mâles sont responsables de la sécurité des femmes dont ils contrôlent la vie par défaut. Cette responsabilité se succède du père au maris (ou petit ami ici). Lorsque Gwen décide de ne pas obéir au mâle de sa vie, surprise, elle meurt. Il n'y a rien de plus patriarcale. Spiderman est clairement un film sexiste avec un message très problématique en terme d'égalité. Il échoue lamentablement au test de Bechdel

Écrit par : Hassan | 27/06/2014

J'avoue que même si c'était le cas cela ne me gênerait pas, car ici le scénario rend justement crédible l'évolution des événements. D'ailleurs l'idée de la petite amie qui meurt alors qu'elle aurait dû être sauvée par le héros est-elle si patriarcale? Si l'on veut créer une image sexiste, il faut forcément montrer que seul l'homme est capable de protéger la femme, qu'elle ne le peut pas elle-même. Or, ici, le destin frappe une personne, et l'homme superhéroïque non plus n'y peut rien.

Écrit par : Rémi Mogenet | 28/06/2014

Si ce procédé est sexiste ce n'est pas parce qu'il arrive une fois. Mais parce qu'il se forme dans un film qui lance un message profondément patriarcal. Et aussi parce que ce scénario est très largement utilisé. On ne voit jamais un homme mourir pour offrir un but à une femme. A la rigueur, on voit des hommes noirs mourir pour donner un but à un héros blanc. Et ces procédés m’exaspèrent car non seulement ils ne questionnent pas un fonctionnement inégalitaire mais en plus prouvent que les scénaristes sont des fainéants.

D'ailleurs, il y a toujours un moyen de rendre crédible les évènements. Il suffit d'observer les costumes des héroïnes dans les comics. Ils sont très dénudés mais c'est toujours justifié. On ne justifie jamais un costume logique.

Écrit par : Hassan | 28/06/2014

Oui, enfin, il ne me paraît pas illogique qu'une simple mortelle qui se mêle des affaires des surhommes en meure, ni que le surhomme censé la protéger n'y parvienne pas, car un surhomme, ce n'est pas Dieu tout-puissant. L'implication politique je m'en fous pas mal. Celui qui veut montrer un homme ordinaire qui meurt de s'être mêlé des affaires de femmes surhumaines qui n'ont pas pu le protéger parce qu'elles ne sont pas Dieu tout-puissant, il n'a qu'à le faire. S'il n'a pas les moyens de réaliser un film, il n'a qu'à écrire une histoire de superhéros sur Internet. D'ailleurs, tenez, vous savez que j'écris des histoires de superhéros sur des blogs, peut-être: eh bien, je m'engage à raconter l'histoire d'un homme amoureux d'une superhéroïne qui est mort de son imprudence, sans craindre qu'on ne m'accuse, parce que c'est la mode, d'avoir montré que les femmes étaient incapables de protéger les hommes qui les aimaient, ce qui revient à les calomnier!

Écrit par : Rémi Mogenet | 29/06/2014

Ce que j'essaie de montrer c'est que ce film se place dans un fonctionnement global. Un fonctionnement qui fait des femmes des objets scénaristiques. En l’occurrence, en plus, le film entier lance un message des plus problématiques sur l'égalité entre les sexes. Que penser quand la réalisation punit une femme qui prend le choix d'être actrice de sa vie alors que le héros, durant tout le film, tente de l'en empêcher en la contrôlant? Ce que je critique n'est pas le procédé en tant que tel mais sa globalisation.

Écrit par : Hassan | 29/06/2014

Je ne l'ai vraiment pas perçu, Gwen Stacy n'est pas une femme symbolique de toutes les femmes, c'est juste Gwen Stacy, elle a sa personnalité propre. A partir du moment du reste où on dit qu'il y a des superhéros et des hommes ordinaires, on admet bien que, face à la nature, à un moment donné, personne n'est égal à personne. Ce qui se passe sur Terre n'est pas forcément conforme à ce qui est juste. Il y a d'un côté les surhommes qui ne meurent pas, de l'autre les gens ordinaires qui sont en quelque sorte des martyrs, c'est l'union du paganisme et du chhristianisme. Peut-être il aurait fallu montrer Gwen Stacy projetée dans une étoile veillant sur Spider-Man, ça aurait fait une compensation, les femmes seraient peut-être apparues alors comme en fait supérieures aux hommes, si tant est qu'on peut dire que leur destin est de devenir toutes des divinités tutélaires! Car tout le monde n'a pas le courage de Gwen Stacy...

Écrit par : Rémi Mogenet | 29/06/2014

Justement je ne me concentre pas que sur Gwen. J'ai tenté de montrer qu'elle n'était pas la seule dans ce cas et c'est ça que je conteste. Une généralisation d'un procédé.

De plus, dans les comics les super héros et les super héroïnes meurent. Ils et elles échouent aussi ou alors abandonnent. Par exemple, la campagne de Luke Cage refuse d'utiliser ses propres pouvoirs. Ironman a perdu son argent et sa respectabilité. Thor devient un mortel avant de reconquérir sa puissance en acceptant qu'il n'est pas meilleur que les mortels. Le professeur Xavier aussi meure pour stopper un ancien élève devenu un tyran.

Écrit par : Hassan | 29/06/2014

Bah oui, les superhéros meurent, pourquoi pas? Mais moins facilement que les gens ordinaires s'ils se mêlent de leurs affaires, ça paraît logique. Par ailleurs, le procédé généralisé peut-être montre quelque chose, un état de la société, ou une pensée dominante, mais le procédé n'est pas généralisé à l'intérieur du film, on ne voit pas un tas de femmes qui meurent parce qu'elles veulent se mêler des affaires des superhéros. Il n'y a que Gwen Stacy, dans le film. Il faut donc savoir si on parle du film ou du cinéma hollywoodien en général. Cela pourrait aussi bien être un hasard, que ce film reprenne l'antienne. Et d'ailleurs, la question est de savoir s'il la rend vraisemblable: c'est la question que pose un film, surtout de ce genre. Moi je trouve que c'est le cas. Par vraisemblance, j'entends la logique interne aux événements: est-ce que ce qui arrive aux personnages correspond à leur caractère? Eh bien oui, dans la vie, la témérité est souvent punie, car elle constitue une imprudence.

Écrit par : Rémi Mogenet | 29/06/2014

J'ai toujours été clair. Je lie ce film particulier à un état général. Et c'est cette généralisation qui permet mes critiques. Et si on regarde la manière dont les personnages féminins sont traités de manière générale on peut difficilement parler d'un hasard.

Écrit par : Hassan | 29/06/2014

C'est un peu extrapolé, il faudrait pour l'affirmer s'appuyer sur des témoignages concernant le réalisateur ou le scénariste. Il est simplement clair qu'ils ont voulu faire mourir Gwen parce que sa mort dans les comics était un grand moment. Mais justement, dans les comics, Gwen est éthérée, une blonde sans grosse personnalité, une pure victime innocente, et plutôt passive, comme dans les romans populaires anciens, comme dans la Légende dorée. Ils ont voulu la moderniser, la rendre plus virile, ce qui la rend aussi plus vraisemblable, moins stéréotypée. Sa mort s'explique par son action propre, alors que dans les comics ça lui tombait dessus horriblement et injustement, comme dans les tragédies de Racine!

Alors peut-être qu'inconsciemment ils se sont référés à d'autres films, mais je ne les connais pas trop, je ne connais pas de films où l'héroïne meurt, à chaque fois elle s'en sort parce que soit elle est une superhéroïne, soit il y a un homme pour la sauver.

Écrit par : Rémi Mogenet | 29/06/2014

Ce n'est pas de l'extrapolation mais de l'analyse argumentée. Quand je mentionne le Women in Refrigerators je mentionne une recherche mise en place par une chercheuse qui a pu mettre en évidence un schéma particulier. Celui-ci, voulu ou non de manière consciente ou non, se retrouve dans ce film. D'ailleurs votre remarque est éclairante. Il y a un homme pour sauver. Le problème se trouve ici.

Écrit par : Hassan | 29/06/2014

Mais ici il ne sauve pas. On ne peut pas démontrer quelque chose sur un cas particulier à partir d'une généralité. Cela peut aussi bien ne pas s'appliquer. Il faut aussi étudier le cas particulier pour voir s'il correspond à la généralité. Or, ici, les motivations des auteurs sont assez clairement celles que j'ai données. Cela ne s'applique donc que de façon très secondaire, si jamais ça s'applique, si même ce n'est pas exactement le contraire.

Écrit par : Rémi Mogenet | 29/06/2014

Vous dites qu'il faut étudier le cas particulier pour voir s'il correspond à la généralité. Je suis tout a fait d'accord et c'est exactement ce que j'ai fait.

Écrit par : Hassan | 29/06/2014

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