09/08/2014

Surveiller et Punir. Naissance de la prison par Michel Foucault

Titre : Surveiller et Punir. Naissance de la prisonproduct_9782070729685_195x320.jpg
Auteur : Michel Foucault
Éditeur : Gallimard 1975
Pages : 360

La prison, la justice, la gestion de la délinquance sont des thèmes qui font régulièrement l'actualité. Mais d'où viennent ces différentes formes de réponses à l'illégalité? Alors que les prisons sont en ébullition en France, tandis que le Groupe Info Prisons fait ses premiers pas, Michel Foucault décide de faire la généalogie de la prison après avoir analysé l'enfermement des fous et des malades.

Foucault analyse cette histoire en quatre parties. La première, nommée supplice, ainsi que la seconde, punition, permettent à Foucault de montrer que, avant le secret de la prison, la peine devait être subie en publique. Tout l'appareil lancé contre la délinquance visait à créer un spectacle que les gens honnêtes se devaient de voir et même, parfois, de réagir face à des décisions trop ou pas assez sévères. Les pendaisons avaient lieu en publique après une cérémonie d'aveu de la part de la personne coupable. Aveu qui pouvait permettre d'attaquer des complices.

La troisième partie, discipline, est celle que je trouve la plus intéressante. En effet, on y trouve de nombreux concepts qui peuvent nous permettre de mieux comprendre comment fonctionne, en partie, notre société. Le premier chapitre parle des corps dociles. Dans celui-ci nous trouvons les discours qui théorisent la disciplinarisation des corps des citoyens. Celle-ci se forme aussi bien dans la caserne que dans les écoles. Le moyen est de contrôler plusieurs choses dont l'espace, les activités, le temps et leur combinaison. Le second chapitre nous offre une réflexion sur le dressement. Ce qui m'y a le plus intéressé est l'analyse des examens. Ceux-ci permettent non seulement de classer mais aussi de normaliser les connaissances et les résultats de chacun en direction d'un idéal précis d'utilité pour la société. Enfin, nous avons le chapitre nommé panoptique. Ce concept est probablement l'un des plus intéressants, en tout cas selon moi, de la réflexion de Foucault. En effet, à travers une idée architecturale Foucault découvre un dispositif de pouvoir. Un dispositif qui permet de penser la surveillance totale et anonyme de toute une population. Bien que le panoptisme soit un idéal impossible à atteindre, et heureusement, il reste très intéressant à utiliser pour comprendre notre société actuelle et ses envies de surveillance. Enfin, la dernière partie s'intéresse à la prison. Foucault y analyse autant la mise en place de l'idée de prison, son architecture, que le lien entre la justice et la délinquance. Autrement dit, comment la délinquance fonctionne en relation avec la prison. Là encore, on trouve des analyses intéressantes pour la réflexion actuelle.

Au final je ressors d'un livre dont j'ai souvent lu des extraits. C'est un ouvrage qui m'a offert beaucoup pour ma réflexion bien que je le regarde d'une manière critique. Foucault fait une histoire basée sur les discours mais n'observe pas vraiment les pratiques. Ainsi, les exemples de règlements qu'il nous offre n'ont probablement jamais pu être mis en place. Ce que Foucault nous offre ce sont donc des outils que l'on peut utiliser pour comprendre notre société. Et ces outils, avec la réflexion qui y est liée, m'intéressent beaucoup.

Image: Éditeur

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