30/08/2014

Histoire de la sexualité 2: L'usage des plaisirs par Michel Foucault

Titre : Histoire de la sexualité 2: L'usage des plaisirsproduct_9782070746736_195x320.jpg
Auteur : Michel Foucault
Éditeur : Gallimard 1984
Pages : 339

Je continue dans mon exploration de la pensée de Foucault. Après avoir lu Surveiller et Punir et la premier tome de l'Histoire de la sexualité je me lance dans l'Usage des plaisirs le second tome de la l'Histoire de la sexualité. Je ne suis, bien entendu, pas un expert dans la pensée de Foucault je vais donc tenter de montrer au mieux de quoi ce tome est fait.

Tout d'abord, il faut noter que Foucault a changé son programme. Dans ce second tome il inaugure une étude de la sexualité dans l'antiquité. Il commence par les sources grecques. Celles-ci possèdent plusieurs thèmes que Foucault place en 5 parties. Le premier, "la problématisation morale du plaisir" est un moyen pour le philosophe de comprendre comment la Grèce antique pensait le plaisir. Y avait-il des pratiques considérées comme immorales et, donc, interdites, ou alors un autre modèle? Cette première partie lui permet de poser le décor pour le reste du livre qui analyse plus précisément les choses. Dans la seconde, intitulée "Diététique" Foucault montre que ce qui importe n'est pas la moralité de tel ou tel acte. Non, ce qui est pensé c'est la mesure avec laquelle on accomplit les actes. L'homme grec, car on parle surtout d'hommes dans les sources que Foucault utilise, doit se contrôler pour ne pas tomber un usage désordonné des plaisirs. Cet ordre se forme non seulement pour l'acte sexuel mais aussi pour les plaisirs que peuvent être la boisson et la nourriture.

La troisième partie, "Économique", examine le fonctionnement de la société grecque face aux relations sexuelles et la quatrième partie, "Érotique", étudie ce même sujet au point de vue des garçons. Alors que la femme, dans le mariage, est subordonnée mais libre le garçon est égal, ou du moins le deviendra, et libre. Ceci implique un fonctionnement différent de la relation. Les femmes sont censées obéir et former une maisonnée. Les garçons doivent résister aux attentes mais aussi, et surtout, devenir des amis après avoir été des amants. Bien que les relations sexuelles ne soient pas pensées de la même manière qu'aujourd'hui, l'homosexualité n'existait pas en tant que catégorie, cela ne veut pas dire que les relations doivent être identiques. Foucault termine son livre sur un essai qui analyse ce que serait le vrai amour.

Il faut bien le dire: la lecture n'est pas facile. Foucault n'a jamais été un philosophe dont l'accès était aisé. Ceci est encore plus vrai que cette histoire de la sexualité lorsque, comme moi, on n'a pas une culture très approfondie de l'histoire antique grecque. De nombreux termes grecs me sont inconnus bien que les sources utilisées ne soient pas toutes méconnues de ma part. Bien que la lecture ne soit pas facile, et que je ne puisse pas affirmer avoir compris l'entier du propos, je pense que ce tome permet de remettre en question certains propos qui sont tenus aujourd'hui. Au lieu d'une existence naturelle des relations entre hommes et femmes Foucault montre, ici, que celles-ci sont pensées différemment dans l'histoire et que même dans une époque donnée il existe un grand nombre de discours différents. Ce livre est donc un bon moyen de démontrer que la morale est avant tout une construction culturelle et qu'elle peut se modifier selon les époques.

Image: Éditeur

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