20/11/2014

Sous l'oeil de l'expert. Les dossiers judiciaires de personnalité sous la direction de Ludivine Bantigny et Jean-Claude Vimont

Titre : Sous l’œil de l’expert. Les dossiers judiciaires de personnalitéarton609.jpg
Direction : Ludivine Bantigny et Jean-Claude Vimont
Éditeur : PURH 2010
Pages : 192

Les développements récents de la recherche en histoire ont permis de s’intéresser à des sources particulières : les dossiers personnels. Ceux-ci sont mis en place par de nombreuses institutions dont celles de type judiciaires. Ces sources sont précieuses pour comprendre de nombreux sujets. Mais ce sont aussi des écrits particuliers qui demandent éthique et questionnement. Ces deux points sont au centre de ce livre qui regroupe 14 contributions – dont l’introduction – en trois parties.

la première partie se base sur les dossiers d’abandons. Dans ce cadre la première contribution questionne le rôle des historien-ne-s face à ce type de dossier et à la société. En effet, l’accès implique la connaissance de données intimes voir de mieux connaître la biographie d’une personne qu’elle-même. La seconde contribution montre comment on peut utiliser ce type de dossiers pour comprendre le fonctionnement de l’abandon à travers diverses périodes.

La seconde partie, très riche, s’interroge sur les mineurs observés par la justice. On y trouve 8 contributions. Celles-ci s’intéressent à différents types de dossiers pour mettre en avant certaines pratiques des experts. Par exemple, Guillaume Périssol décrit la biographie d’un jeune garçon à travers son dossier. Celui-ci navigue dans les mensonges de l’enfant tout en tentant de découvrir la vérité. Le dossier montre à quel point l’examen est intime et dure dans le temps. Véronique Blanchard, elle, étudie la manière dont la déviance des jeunes filles est théorisée dans ces dossiers. Tandis que Ludivine Bantigny décortique les a priori des assistantes sociales.

Enfin, la dernière partie examine les dossiers du milieu judiciaire. En trois contributions le livre permet de décrire leur fonctionnement et les limites. La dernière contribution, par exemple, étudie la « psychologie naïve » qu’on y trouve. Sous ce terme se cache un jugement des personnes selon des caractéristiques que l’on connaît déjà. Ce jugement est dangereux puisqu’il peut s’avérer trompeur et peser négativement sur la personne dont le dossier parle.

Au final, nous avons ici un petit livre qui pose de nombreuses questions tout en donnant plusieurs pistes. Bien qu’il date de 4 ans il reste, à mon avis, utile pour questionner l’usage de ces sources. Celles-ci posent plusieurs problèmes auxquels les historien-ne-s se doivent de réfléchir dans le cadre d’un travail universitaire.

Image : Éditeur

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