09/02/2015

Difret

Après la (très) grosse déception que fut Jupiter Ascending je suis allé me plonger dans le film Difret. Imaginez, vous avez eu une très bonne matinée à l'école. Vos notes sont hautes et les autorités scolaires souhaitent vous voir progresser. Vous courez chez vous afin de donner la bonne nouvelle à vos parents. Sur le chemin, 5 personnes à cheval vous suivent. Ils vous prennent et vous forcent à monter puis vous enferment dans une cabane. Le soir venu vous êtes frappée puis violée pour apprendre, le lendemain, que vous êtes mariées à votre voleur. Vous venez d'être victime de la tradition de l’enlèvement marital. Hirut décide de s'enfuir avec une arme laissée de côté. Mais, durant sa fuite, elle est poursuivie et, afin de se défendre, elle tue son ravisseur. Elle est immédiatement emmenée à la police. S'ensuit une longue bataille judiciaire qui confronte les droits des femmes à la tradition afin de sauver la vie d'Hirut.

Ce film possède un certain nombre de problèmes techniques. Mais ce n'est rien d'important face au message qui est au cœur de l'histoire. En effet, la réalisation a pris l'histoire vraie d'une femme pour nous faire comprendre comment fonctionnait la tradition et comment il a été possible, pour un groupe d'avocates qui défendent les femmes, de briser celle-ci. Ainsi, l'intrigue montre deux traditions en conflit. La première est celle des hommes des communautés villageoise qui possède sa propre justice et qui considère les femmes comme un bien d'échange comme un autre. La seconde est la justice basée sur le droit qui considère les citoyen-ne-s à égalité. Ce conflit entre la tradition, considérée comme villageoise, et le droit, est au centre de l'intrigue. Car, alors que le procès n'a pas encore lieu la justice du village a déjà mis en place des mesures qui peuvent aboutir à la mort de la jeune femme. Ce que l'on observe aussi c'est le manque d'entrain de tout un système pour protéger les femmes en danger. Que ce soit l’État, la police ou le procureur tout le monde se fiche de la savoir en danger et blessée. Elle est déjà considérée coupable et une défense est inutile tout en étant difficile à monter. J'ai aussi été frappé par certains discours. En particulier celui d'un médecin qui est censé expertiser l'âge de la jeune femme et qui se base non sur la science mais sur ses impressions pour la considérer "bien formée" et donc adulte. C'est un point que l'on retrouve dans de nombreux cas en occident. Je dois dire que le film est positif bien que dur. On sent que la vie d'Hirut est en danger et que d'autres femmes risquent d'être dans le même cas. On sent la frustration de ses avocates face à un système qui fait tout pour les arrêter. Mais aussi le plaisir quand il y a une victoire même symbolique.

Site officiel

Image : Allociné

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