02/03/2015

Birdman or the unexpected virtue of ignorance

Birdman ou le succès inattendu d'un film dont tout le monde ignorait l'existence. Un film qui a gagné, si je me souviens bien, quatre oscars (je ne regarde ni ne m'informe réellement sur ces événements). Alexandro Gonzalez Inarritu nous dépeint la fin de carrière d'un acteur, Riggan Thomson, totalement oublié après avoir incarné, il y a longtemps, Birdman. Le succès fut très important mais ne dura que peu de temps. De nos jours Riggan Thomson tente de trouver à la fois le succès et une légitimité artistique en produisant, dirigeant et jouant dans l'adaptation d'un livre au théâtre. Cependant, rien ne semble fonctionner comme prévu et, surtout, Riggan Thomson est perdu dans son ancien rôle. Un rôle qui pourrait presque devenir réel.

Le film est à la fois riche thématiquement et techniquement réussit. Techniquement, l'idée de suivre tous les personnages l'un après l'autre est à la fois intéressante et permet de donner l'impression de vivre l'histoire en même temps que les personnages. Les acteurs et actrices sont plus que convaincant-e-s et nous transportent dans leurs personnages. Les thèmes, par contre, sont plus difficiles à décrire car ils sont nombreux, entrelacés et leur message est à la fois juste et faux. Birdman pourrait être un film parlant de l'identité. De nombreuses critiques en parlent ainsi. Le personnage principal tente de retrouver son identité d'acteur face à l'identité d'un personnage qu'il a joué et qui parasite non seulement sa carrière mais aussi son esprit. Dans le même temps il tente de retrouver l'identité d'une personne réelle alors qu'il joue des personnages irréels. Comment est-il possible de retrouver ce que l'on est dans ces circonstances (coïncidence, je viens justement de lire un Batman de Vaughan qui s'intéresse au même thème). Ce thème se croise avec la propre vie de l'acteur principal qui a joué Batman au début des années 90.

Birdman pourrait être aussi sur le monde de l'art, du cinéma et du théâtre surtout. On parle d'artistes qui ne semblent pas être vraiment sains d'esprits. Qui doutent, se détestent, font tout pour réussir même en détruisant les autres et se méprisent mutuellement. Dans le même temps, le film parle de l'état du cinéma actuel. Ou plutôt, du cinéma américain actuel. Celui-ci est, actuellement, dans une frénésie de super-héros pour la simple raison que ça fonctionne (en tout cas pour l'instant). L'avis d’Inarritu est très clair : il n'aime pas. Bien que je sois d'accord, en partie, sur sa critique du genre comics (des mecs en slips qui font respecter leur vision de la justice est plutôt politiquement contestable) je ne suis pas d'accord quand il considère que c'est une sorte de sous-genre pour enfants (il suffit de lire des indépendants pour trouver une richesse intéressante) qui crée un génocide culturel. D'aussi loin que je me souvienne la culture dites populaire a toujours été accusée de mettre à mal la "vraie culture". La "vraie culture" a toujours survécu et la "culture populaire" a toujours muté. Il y a de la place pour tout le monde et geindre sur le désintérêt d'un public pour la philosophie kantienne au cinéma n'est que de l'élitisme à peine déguisé.

Cet élitisme se retrouve dans le traitement de la critique des médias et, en particulier, des médias sociaux. Les critiques et les journalistes sont dépeints d'une manière très virulente. Une critique majeure est insultée alors que le personnage principal explique en quoi elle ne comprend rien au monde. Les journalistes semblent divisés en deux groupes. Les potins qui ne font que créer du vide et les intellectuels qui s'amusent avec des concepts qu'ils ne comprennent pas afin de se rendre importants. Bien qu’Inarritu soit très clair sur sa préférence cela ne l'empêche pas de s'en moquer tout en prouvant son incompréhension totale du monde journalistique et de son fonctionnement. Suite à cela il critique les réseaux sociaux comme un monde sans intérêt rempli par des anonymes incapables de réflexions sauf pour filmer quelque chose afin de faire le buzz. Bref, dans ce film magistralement mis en scène avec des acteurs superbes et des thèmes qui valent la peine d'une réflexion mon impression, personnelle, est que Inarritu montre toutes les personnes qu'il n'aime pas et pleure sur le cinéma qu'il souhaiterait tout en lançant des messages élitistes sur la "vraie culture".

  • Le scénariste est voué au septième cercle des enfers.
  • Twilight. Malgré une prouesse technique et un magnifique jeu de la part des acteurs et actrices je trouve que ce film est surtout un moyen, pour Inarritu, de cracher sur tout le monde tout en se plaçant en juge de ce qu'il faudrait faire.
  • Film de vacances.
  • Bon scénario.
  • Joss Whedon.

Image : Allociné

 

birdman

 

13:56 Écrit par Hassan dans BD/Comics, Comics, contemporain, Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : birdman | | | |  Facebook

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