23/08/2015

Ecrire les sciences sociales. Commencer et terminer son article, sa thèse ou son livre par Howard S. Becker

Titre : Écrire les sciences sociales. Commencer et terminer son article, sa thèse ou son livre
Auteur: Howard S. Becker
Éditeur: Economica 2004 (university of Chicago 1986)
Pages: 179

Howard S. Becker est l'un de mes sociologues préférés non seulement pour ses sujets d'intérêts mais aussi pour son écriture particulièrement claire et sans fioriture. Durant les années 80 il avait mis en place un cours sur l'écriture en sociologie qui lui avait permis de réfléchir sur l'activité d'écriture ainsi que les raisons de sa difficulté dans le cadre académique. En effet, de nombreuses personnes dont l'activité principale est la recherche se trouve désarmées lors de l'écriture alors que le métier implique de produire de nombreux textes qu'ils soient publiés ou comme support à une présentation orale. Il faut se poser la question non seulement du pourquoi de cette difficulté mais aussi du comment passer outre.

Dans ce petit livre de 10 chapitres Howard S Becker utilise sa propre expérience en tant que chercheur et professeur afin de donner des conseils. Il explique comment lui-même écrit et tente d'apprécier cette activité tout en expliquant comment il évite les écueils de la page blanche et du moment où l'on cale sur une phrase voir un simple mot. C'est une situation que je connais moi-même malheureusement. Ses conseils, je l'espère, ont comme but de passer outre ces problèmes. Il illustre ceci à l'aide d'exemples aussi bien de moments de réécriture de ses propres productions que de l'effet que ses idées ont eu sur des étudiant-e-s.

Becker, dans ce petit livre, tente aussi d'expliquer pourquoi l'activité d'écriture peut devenir si difficile. Il forme cette explication en tentant de comprendre comment l'univers académique, en particulier l'univers universitaire américain, fonctionne et forme des étudiant-e-s à des formes particulières d'écritures. Par exemple, il y a l'usage d'un vocabulaire particulier qui permet aux jeunes chercheurs et chercheuses de se revendiquer du métier en se rendant incompréhensible. Cet aspect est particulièrement important dans le chapitre 2 dans lequel Becker cite longuement l'une de ses anciennes étudiantes. En second lieu, la pratique de l'écriture est cachée. On ne voit pas, en tant qu'étudiant-e-s, comment écrivent les professeur-e-s. On ne sait donc pas que tout le monde a les même problèmes et que la première version n'est jamais définitive car un brouillon. Une réécriture n'est donc pas un échec mais une partie intégrale du processus de production d'un texte. Enfin, il se concentre aussi sur les jugements qu'implique l'entrée dans le monde académique. C'est un milieu extrêmement compétitif ou tout le monde peut facilement se connaitre et parler de chacun. Un échec devient donc rapidement très dangereux d'un point de vue professionnel. Cet aspect est illustré, de manière très vivante, dans le chapitre 6 écrit par une professeure titularisée qui, pourtant, fait des cauchemars lorsqu'elle écrit.

Au final, que penser de ce livre ? Il est surtout utile aux personnes du milieu académique cherchant un moyen de passer outre leurs problèmes lors de l'écriture. Becker ne tente pas de faire mieux que des manuels professionnels mais tente de donner de petits conseils. Ceux-ci sont particulièrement utiles pour relativiser ses ennuis et se relancer.

Image : Amazon

 

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